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- Il aurait jamais dĂ» partir !
Il travaillait ben trop pour prendre des vacances !
Ăa, c'est comme le monde, lĂ , qui a bu toute leur vie
pis qui arrĂȘte d'un coup sec : c'est dangereux, ça !
HĂ©, moi, lĂ , je me rappelle
la premiÚre fois que je l'ai rencontré,
le mot se passait dans le milieu, lĂ ,
comme quoi Michel Gallant se partait son agence,
pis il cherchait du nouveau talent.
Fait que moi, je venais d'arriver de Sherbrooke,
je commençais, mon bébé avait 6 mois.
Fait que comprends-tu qu'il fallait que je travaille ?
Fait que là , je débarque dans son demi sous-sol,
il y avait 2 pupitres, 3 chaises, c'était tout croche,
mais j'Ă©tais ben impressionnĂ©e d'ĂȘtre lĂ , pareil !
Ăa fait que j'avais pas rendez-vous, lĂ ,
il avait jamais entendu parler de moi, j'étais pas connue,
je venais d'arriver, je commençais !
Fait que lĂ , j'ai dit :
"Regarde, moi, je peux faire n'importe quoi.
"Je peux jouer, je peux chanter, ce que tu veux !"
Fait que lĂ , il me dit : "OK, chante-moi donc quelque chose."
Ben lĂ , l, j'ai eu le pire blanc de toute ma vie !
- Non... - J'en avais, des chansons ! C'est pas que j'en avais pas.
Mais il y a rien qui venait pantoute,
sauf la petite comptine, lĂ ,
que je chantais tout le temps à mon bébé, l.
âȘâȘ Ă la claire fontaine âȘ
âȘ Chante, rossignol, chante
âȘ Toi qui as le coeur gai
âȘ Tu as le coeur Ă rire âȘ
âȘ Moi, je l'ai Ă pleurer âȘ
Et lĂ , pendant que je chantais, je me disais : mais quelle conne !
Il va rire de moi en pleine face.
Ben non ! Il avait les yeux remplis d'eau !
âȘ Je voudrais que la rose
âȘ FĂ»t encore au rosier âȘ
âȘ Et que ma douce amie
âȘ FĂ»t encore Ă m'aimer âȘ
âȘ Il y a longtemps que je t'aime âȘ
âȘ Jamais je ne t'oublierai
âȘ Il y a longtemps que je t'aime âȘ
(pleurs)
âȘ Jamais...
(voix enrouĂ©e) : âȘ Je ne t'oublierai âȘ
- Là , ça va faire une semaine.
Il faut qu'on prenne en charge les clients de Michel,
sinon on va les perdre.
Je les ai séparés en trois.
Je nous ai envoyé une liste à toi, moi pis Gabriel.
- Faut qu'on en parle, c'est pas à toi de décider ça.
(soupir)
- On n'a pas le temps.
J'ai parlé à Pierre Curzi hier, il est en choc,
mais il m'a quand mĂȘme dit qu'il partait de l'agence.
Marie Tiffo va suivre, c'est sûr.
Ils pensent qu'on "toffera" pas 6 mois.
- Mais lĂ , Pierre Curzi...
Come on !
On se calme, lĂ .
C'est quand mĂȘme pas lui qui fait rouler l'agence.
- Les clients de Michel,
ça représente 18% de notre chiffre d'affaires.
Si on les perd, on est finis.
- Jean-Fred, je trouve ça super
que tu t'inquiĂštes de l'agence, lĂ ,
sauf que je te rappelle que Michel est mort.
- Ouais, c'est vrai. Les gens meurent.
C'est épouvantable !
- On est lĂ parler d'argent,
alors qu'on devrait ĂȘtre en train mĂ©diter
ou de fermer les portes de l'agence, je sais pas, lĂ .
- Je pense pas qu'on ait le temps.
(sonnerie de cellulaire)
Oui !
Ouais, ouais, je sais, c'est terrible.
Ah, ici, tout le monde est en choc.
- T'as fait un tableau Excel
avec ce que chaque client rapporte ?
- Ouais, je sais.
- Peux-tu croire ?
Il a fait un tableau Excel avec ce que chaque client rapporte !
(soupir)
- France Castel est dans mon bureau.
Je peux pas la prendre, elle m'émeut trop.
- Quoi ?
- Tout ce qu'elle dit sur Michel, sa voix...
ça m'émeut trop.
(pleurs)
- OK, mais lĂ , ça va ĂȘtre une journĂ©e de mme,
t'as la face toute déformée.
- Non, mais toi, t'es correcte, lĂ ?
- Quoi ? Non, assois-toi, lĂ .
(soupir)
Moi, j'ai des émotions pis de toute façon,
il y a Louise Marleau qui m'attend à l'entrée, fait que...
- Louise Marleau ? Parfait !
(reniflement)
On échange.
-Agence Michel Gallant !
Oui, demain, les funérailles sont à 15h00,
à l'église Immaculée-Conception.
MG, bonjour !
Oui !
- Ma chĂšre Louise !
Mes condoléances !
- C'est un choc épouvantable !
- On s'est séparés les clients de Michel en trois.
J'ai envoyé la liste à Jérémie, Camille et toi.
Je veux que t'écrives à tout le monde personnellement.
C'est important qu'ils soient rassurés.
On pense Ă eux, on est lĂ pour rester.
- Juste quand tu me le dis à moi, l, ça fait du bien.
- Ben, tant mieux.
- On pourrait enregistrer ta voix qui dit ça aux clients
pis leur envoyer pour les rassurer.
(petits rires)
- Non.
- Non, je... C'était pas une vraie proposition.
C'était une blague.
Ben, pas une blague, juste pour dire, genre,
que c'est vraiment rassurant...
- Noémie, les artistes de l'agence en ce moment
se tournent vers nous pour ĂȘtre rassurĂ©s et consolĂ©s,
pis c'est notre job, dans la vie.
- Ouais. - Les rassurer, OK ?
Fait qu'on s'occupera de nos émotions plus tard. OK ?
- OK.
- Il parait qu'il était en train de s'envoyer en l'air
avec une prostituée brésilienne quand il a eu sa crise de coeur.
- Ah, mon Dieu... Non ! Non, non, non. Il était...
Il était au buffet de l'hÎtel. - Michel ?
Au buffet de l'hĂŽtel ? Franchement !
- Euh, oui. Oui, il était au buffet de l'hÎtel.
- Ah ben...
Je vais ĂȘtre sincĂšre avec toi, lĂ , Gabriel.
La mort de Michel, lĂ , pour moi, c'est un
wake up call.
- Hum, hum.
- Je lui avais dit, Ă Michel, d'ailleurs.
Je veux m'investir dans quelque chose de significatif.
- Hum, je comprends.
- Ah, il m'avait dit, d'ailleurs,
qu'il avait quelque chose pour moi, lĂ ,
que ça s'en venait, hum !
- Ah oui ? Euh, est-ce qu'il a donné plus de détails ?
- Oh non, moi, tu sais, des détails, han !
Non, tout ce que je sais,
c'est que c'était quelque chose d'important.
- Quelque chose d'important. C'est bon ! Je suis lĂ -dessus.
- On passe nos vies Ă faire des choses insignifiantes.
C'est d'une tristesse !
Si, en plus, c'est pour finir mort dans un buffet...
- Oui. Oui, oui, il est tombé à cÎté de la pyramide de fruits.
- Il aimait les bonnes choses de la vie, Michel !
Tu vois ce que je veux dire, hein ?
Pas les buffets !
(rire)
- Hum, Louise, revenons au...
quelque chose d'important.
Vous vouliez dire quelque chose de... d'humanitaire ?
Parce que je sais
que Vision Mondiale cherche toujours des porte-parole.
- Non, non. Non, non, je pense pas.
Non, je pensais plutĂŽt Ă un film, un grand film !
Un film politique,
un film que quand les gens sortent du cinéma, là ,
c'est des meilleures personnes !
Un genre de...
Euh...
Le Déclin
de
l'empire américain...
moderne !
-Déclin de l'empire américain. - Moderne !
- OK !
Super ! Super !
-
Il est correct, le petit ?
- Gabriel ? - Ouais.
- Oui, oui, oui. Oui, oui, ça va.
C'est sûr qu'on est tous sous le choc de la mort de Michel,
comme tu peux t'imaginer.
- Je sais, je comprends. Je comprends.
Hé, pour moi aussi, ça change ben des affaires !
- Ouais. - En tout cas !
Tu sais, je veux dire, c'est comme pour
Symphorien,
lĂ ?
- Ouais !
- Han, c'est Michel qui m'avait convaincue de faire le film.
Ben lĂ , sincĂšrement, lĂ ...
- Hum ?
- Avec mon nouveau spectacle,
au Tour de France qui s'en vient, en plus !
- Ouais.
- Ben, je ne le sais plus, si ça me tente.
- France... France, je comprends,
mais lĂ , le tournage commence dans 3 semaines, lĂ .
Ils dépendent de toi ! - Surtout de Claude Legault !
- Claude Legault va faire un fantastique Symphorien !
- Ben. justement, Mme Sylvain, on s'en fout !
- Non ! Non ! Non, tout le monde adore Mme Sylvain !
Elle est au coeur du film, vraiment !
- Ha ! HĂ©, j'ai jamais compris
pourquoi il fallait qu'elle soit gaspésienne.
Hé, je vais pas parler gaspésien pendant 3 mois.
D'un coup, je reviens jamais normale aprĂšs !
- France, France, t'es encore sous le choc.
C'est normal, mĂȘme moi, je suis sous le choc pis tu sais quoi ?
J'ai envie de tout arrĂȘter, je veux dire, Michel est mort.
- On est Ă la mĂȘme place !
- Sauf que la vie continue.
Il faut qu'on continue, c'est ça que Michel aurait voulu.
- HĂ© ! C'est facile Ă dire, toi, lĂ ! C'est technique, ta job, l !
Ah oui ! Mais moi, je suis... je suis dans la création !
- Hum. - Ben oui !
Il faut que je le sente !
Non, non, non, je vois pas comment je pourrais ĂȘtre drĂŽle.
Non, non, faut que je suive mon instinct
pisSymphorien, je ne le sens plus !
- Attends, je pense que...
Je pense pas qu'on peut parler d'instinct, quand mĂȘme !
Je veux dire, on est tous bouleversés, mais là ...
il y a des gens qui travaillent là -dessus depuis des années,
des gens qui comptent sur ça.
Tu peux pas balayer ça du revers de la main
Ă cause de ton instinct.
Pis rendu lĂ , France, rendu lĂ , l, l'instinct !
C'est quoi, ça, l'instinct ? - Ben... mon instinct !
C'est mon instinct ! - Non, mais attends.
Imagine s'il fallait que tout le monde
commence Ă se fier Ă son instinct,
ça marcherait pas, là .
Moi, lĂ , mon instinct,
il me dit que tu devrais le faire, le film !
- Ah ! Fait que tu penses que mon instinct est pas bon ?
- Non, j'ai jamais dit ça. - Ben, ça ressemble à ça.
- J'ai pas dit ça. - T'as dit quoi ?
- J'ai dit que mon instinct m'a dit
que tu devrais faire le film !
- Moi, mon instinct me dit que je devrais pas
parce que je ne le sens plus !
Je peux pas ĂȘtre drĂŽle dans ces conditions-lĂ !
- France, France, France.
Je pense juste que tu devrais pas prendre de décision là , l.
Tout le monde est sous le coup de l'émotion,
je remets pas en doute ton instinct, je me dis juste que,
peut-ĂȘtre, ton instinct est un peu triste en ce moment.
- ArrĂȘte, Alexandra !
Le plus tu parles, lĂ , han, plus je m'ennuie de Michel !
Au moins, lui, il me faisait confiance !
Bonne chance ! - France ! France !
France, je suis désolée !
France, ton instinct est fantastique !
- On devrait pas avoir à faire ça.
Tu sais, écrire aux clients de l'agence
pour leur annoncer la mort de Michel,
je veux dire, c'est ben trop déprimant.
- En tout cas, oublie pas
d'écrire une phrase personnalisée
pour chaque acteur, han !
Euh, par exemple...
"En passant, t'étais magnifique au
Tricheur !"
ou ben "Super article dans le Journal de Montréal !"
- Pis qu'est-ce que je fais pour les gens qui font rien ?
- Ben, tu cherches :
"Encore hier, quelqu'un me parlait
"de ton apparition auxDétecteurs de mensonges, en 96."
(sonnerie de cellulaire)
- C'est bizarre, s'il est représenté par une autre agence.
- AllĂŽ !
- Oui, oui, mais c'est nous qui le représentons.
- Ouais, ben, si c'est bon pour toi, moi aussi, ça marche.
OK.
C'est quoi, ton adresse, déjà ?
- Tu voulais me voir ?
- Ah oui, Jérémie.
Faut trouver un contrat Ă Louise Marleau.
- Tu penses pas qu'on devrait fermer l'agence ?
Tu sais, genre, pour vivre notre deuil Ă l'interne ?
- Il y a pas de distance entre nos clients et nous, Jérémie.
On est une grande famille.
- Tu dis ça pis je suis encore plus triste.
- Hum. Louise Marleau. OK ?
- Hum, hum.
- Pis, euh, on a une nouvelle cliente aussi.
Sofia.
- Qui ?
- Sofia, là , la réceptionniste.
Je suis allé voir sa piÚce, c'était... c'était fabuleux !
- La réceptionniste ?
- Ben quoi ? J'ai décidé de la représenter.
Faut la mettre sur le site.
Fait que tu tourneras un petit démo, quelque chose, OK ?
- Attends un peu, lĂ , j'ai bien entendu ?
Sofia, la réceptionniste ?
- Non, non, non, non. Sofia, l'actrice !
- Je suis rentrée hier du Brésil.
Le corps de Michel arrive ce matin.
- C'est terrible...
- J'aurais pas dĂ» insister pour qu'on parte.
En 15 ans de mariage,
il a toujours trouvé le moyen de gùcher mes vacances.
- C'est tout un choc.
- Ouais, tout un choc ! Pour beaucoup de monde.
Quand la communauté artistique pleure quelqu'un, ça pleure !
- Michel était trÚs aimé du milieu.
- Ouais, c'est un peu,
comment dire, dépossédant pour la famille.
- En tout cas, je veux que tu saches
que si t'as besoin de quoi que ce soit, je suis lĂ .
Pis je pourrais prendre en charge l'agence, par intérim.
Tu sais ce que c'est, les grosses boßtes comme ça,
ça fonctionne pas bien quand il y a pas de capitaine.
- Ăa, c'est sĂ»r.
Merci d'ĂȘtre lĂ !
J'apprécie beaucoup.
- Je suis lĂ 100%.
- C'est toi qui vas écrire l'hommage à la cérémonie.
- Ah, euh...
Je... Je pensais que c'était la famille qui faisait ça, non ?
- Ouais. Je l'écrirais ben, mais, tu sais, je suis sa femme.
Qu'est-ce que tu veux que je dise ?
Que c'était non seulement mon mari,
mais mon meilleur ami, bla-bla-bla.
Si au moins, ç'avait été vrai.
- Es-tu correct ?
- Dans quel sens ?
- Juste... en général.
- Mon patron et ami est décédé subitement.
Je fais ce que je peux.
- Je suis désolée.
J'ai passé ma vie à avoir peur que tu meures.
Genre, dans un accident d'avion
ou quelque chose de spectaculaire.
Assez pour que ce soit dans le journal.
J'imaginais que j'allais à tes funérailles
pis que personne savait j'étais qui.
Pis je pleurais, mĂȘme si je te connaissais pas.
- Les psys diraient
que tu souhaitais secrĂštement que je meure, mais bon.
- Ouais, ben, je pense
que les psys diraient aussi que c'était normal, non ?
- Je savais que ça allait arriver un moment donné.
J'allais finir par péter une coche
en entendant quelqu'un parler de son instinct.
Tasse-toi. Tasse.
AiĂŻe !
- (riant) : Ben lĂ !
(soupir)
J'imagine que c'est de ma faute, lĂ .
J'aurais jamais dĂ» te laisser avec France Castel,
elle est tellement émouvante !
- Ouais, mais c'est pour ça qu'on a besoin de France Castel.
Le monde aime France Castel.
C'est ça qui va faire un bon film au box-office.
Ăa va faire du bien au QuĂ©bec.
- Ah, mais tu vas trouver quelqu'un d'autre, lĂ .
- Ben lĂ , 3 semaines d'avis.
- Ben, il y en a plein de bonnes actrices de cette génération-là .
- OK, ouais,
t'iras dire ça aux producteurs pis aux distributeurs,
ils vont ĂȘtre contents.
- Ah, inquiĂšte-toi pas, tu vas trouver.
- Fait que comme je te disais,
c'est un peu petit pis mes parents habitent en haut,
mais comme t'as pu voir, on a notre propre entrée,
fait que ça, c'est quand mĂȘme cool.
- C'est parfait !
T'es vraiment fin de me dépanner.
Je connais personne à Montréal.
Pis je viens d'avoir ma premiĂšre paye, lĂ ,
mais je sais pas ouĂč aller.
C'est, comme, pas évident.
- Ben, écoute, c'est super !
Tu peux... Ăcoute, tu peux dormir sur le sofa ou...
il y a mon lit, dans ma chambre.
- Ben, c'est comme je te disais, lĂ .
Le temps que tu me dĂ©pannes, on est mieux d'ĂȘtre juste amis,
juste pour pas mĂȘler les affaires.
- Oui, oui, si tu dors dans le lit,
moi, je vais dormir sur le sofa, lĂ !
Tu m'as pas laissé finir, fait que...
- OK !
- OK.
- Mais je vais prendre le sofa.
- Ben, excellent choix !
Vraiment, c'est super confortable ! Pis...
- OK, on arrĂȘte. On arrĂȘte.
- Ouais.
On est juste colocs.
- Arlette, quand il a fondé l'agence,
c'était qui, donc, les premiers clients de Michel ?
- Euh, Julien Poulin, Denise Filiatrault,
Micheline LanctÎt, Michel CÎté.
- Ah ouais. OK.
- Pourquoi ?
- Je suis en train de lui écrire un hommage, là .
- Ah oui ? Pour Michel ou pour l'agence ?
- Ăa va ensemble.
- Ouais, pas nécessairement.
- Qu'est-ce que tu veux que je dise, lĂ ?
Que c'était un bon vivant qui aimait les femmes ? Je pense pas.
Il a fondé la plus grosse agence au Québec,
ç'a le mĂ©rite d'ĂȘtre soulignĂ©.
- Ouais, mais il a pas juste bĂąti un
success story,
c'était surtout fondé sur les rapports humains.
- Euh, oui, oui...
- Ben oui, mais c'est pas quelque chose
que tu divises comme ça,
n'importe comment dans un tableau Excel.
- Ah... OK !
OK, c'est de ça qu'on parle, là .
- Tu peux pas leur attribuer un agent comme ça
sans les consulter.
- Faut ben commencer quelque part, lĂ , ils ont pas d'agent.
- J'aurais pu m'en occuper.
- T'es pas une agente.
- Ils me connaissent.
J'ai fondé l'agence avec Michel, je suis là depuis le début.
- Comme assistante,
lĂ , c'est d'un agent qu'ils ont besoin, c'est tout.
Merci pour l'info !
Merci infiniment, Louise, de vous ĂȘtre dĂ©placĂ©e !
J'aurais pu vous envoyer le scénario par messager.
- Déjà ? Mais t'es efficace ! J'aime ça !
- Ouais ! C'est ça !
Mais je préférais vous en parler en personne ! Hein ?
- Ah, on va prendre 2 verres de champagne !
- Euh...
- Tout de suite !
- HĂ©, avoir su, lĂ , j'aurais pas attendu que Michel meure
pour te prendre comme agent.
- Bon. Vous serez pas déçue !
-Symphorien ?
- Ben, vous parliez de faire
quelque chose d'important, de politique.
- Mais c'est pas genre vaudeville, ça ?
- Ben, reprendre un succĂšs
qui fait partie de l'ADN de la culture québécoise,
c'est trĂšs politique,
c'est fondamental pour la fierté nationale !
- Non, mais c'est quand mĂȘme de la grosse comĂ©die premier degrĂ©.
- Ah, non, non, non, pas du tout.
Vous feriez Mme Sylvain,
c'est un personnage trÚs féministe, han ?
Elle joue des chambres à des hommes, elle est célibataire.
à l'époque, en plus, hein...
Ah non, non, non, franchement,
je vous aurais pas fait venir jusqu'ici
si j'étais pas convaincu que c'est un projet politique.
- Oui, on peut peut-ĂȘtre prendre ça comme un hommage.
- Hum, hum ! Hum, hum !
Le tournage commence dans 3 semaines.
- Ah. Je suis un bouche-trou ?
- Ah non ! Non, non, non, non, non, non, pas du tout, lĂ .
Ah non, franchement,
tout le monde rĂȘve de vous offrir un rĂŽle comme ça !
Mais les gens osent pas,
ils pensent que c'est pas assez noble.
Mais moi, ce que je ressens,
c'est que vous avez envie de surprendre, hum ?
Et de vous faire surprendre !
- Qui est-ce qui devait le faire ?
- Euh, France Castel.
- Ah...
Ătonnant.
Ătonnant !
Non, c'est une bonne chanteuse, ouais...
une bonne animatrice, mais...
jouer, c'est quand mĂȘme un autre mĂ©tier.
- Ah. - Hein ?
- Merci !
- Merci !
- Santé !
- Santé !
- France, c'est Alexandra !
Je voulais m'excuser pour hier, lĂ , j'aurais pas dĂ»...
C'est juste que ta décision m'a pris par surprise.
Euh, j'avais l'impression que c'était pas réfléchi. Hum...
Pas que toi, t'es pas réfléchie,
c'est juste que j'avais l'impression...
(âȘ sifflement )
Euh, rappelle-moi, OK ? Merci, bye !
Camille ? Camille.
- Oui !
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je sifflais. - Non, c'est quoi, ça ?
- Ah ! C'est... France Castel vient de m'appeler.
Elle veut ravoir son poster de
Starmania,
fait que je vais lui envoyer par messager.
- OK, pis toi, tu te poses pas de question,
tu le prends comme ça, tu dis rien, tu m'en parles pas.
- Ben, je me suis dit que ça devait ĂȘtre Ă elle,
je veux dire, sa photo est dessus.
- Non, mais c'est à moi, ça.
- Ah.
- Ben non, c'est pas le temps de donner ton scénario
Ă Denise Filiatrault.
Elle va t'arracher la tĂȘte. OK.
Les gens pensent que les funérailles de Michel,
c'est le Gala Artis.
- Beaucoup d'actrices se sont proposées
pour chanter à la réception.
- Ah. - Woh ! Non, non !
Excuse-moi ! - Hein ?
- Je suis pas Ă l'aise que tu t'assoies lĂ .
- Quoi ? - C'est la place de Michel !
- C'est juste une chaise.
- C'est pas juste une chaise, c'est celle de Michel,
mort, il y a une semaine, il y en a une autre.
- C'est la place d'Arlette. - Non, je crois pas.
- Je reste ? - Ben oui.
- D'habitude, j'étais là pour assister Michel
pendant les réunions d'équipe, mais là ,
je savais pas, comme les autres assistants sont pas lĂ .
- Reste, reste !
- En tout cas, j'ai pas besoin de notes.
- Reste ! - J'ai une bonne nouvelle !
J'ai trouvé une remplaçante pour France Castel.
- OK, c'est qui, lĂ ? - Envoye !
- Louise Marleau.
- Ben voyons. - Qu'est-ce que tu fais ?
- Je me suicide. - Hein ?
- Louise Marleau pour jouer une sympathique Gaspésienne
dans
Symphorien ?
- C'est une grande actrice, Louise Marleau !
- Tant qu'Ă y ĂȘtre, on prendra Luc Picard pour jouer Ephrem ?
- Il était trÚs bon, mon petit Luc, dans
Babine.
- C'est une comédie, OK ?
C'est un hommage au vaudeville québécois,
ça prend du timing comique,
pas des prix de meilleure actrice
dans un film contemplatif !
- Elle est drĂŽle, Louise Marleau,
elle était hilarante dans.... dans
Cruising Bar !
- Parce qu'elle jouait une snob finie, Gabriel !
- TrĂšs grande actrice ! - OK, ta gueule, Arlette !
- Ben voyons donc.
- OK, il y a autre chose Ă l'horaire ? Non ? Super !
Ăa, c'est Ă moi. Bye !
- "Bite molle".
- C'est drĂŽle, pareil.
Louise Marleau pour remplacer France Castel.
- J'adore Gab, il améliore ma vie d'environ 36%,
mais sérieusement, des fois,
il est vraiment à cÎté de la plaque.
(petit rire)
- Quand on connaĂźt l'historique entre les deux, c'est drĂŽle !
- Quel historique ?
- Elles sont pas capables de se sentir.
- Hein ? J'ai jamais entendu parler de ça.
- C'est une vieille histoire.
à ce que je sache, ça s'est jamais réglé.
Bon, ça remonte au temps ouĂč France chantait au Flamand Rose
pis Michel se tenait lĂ pour se rapprocher du talent.
- Attends, mais Michel sortait avec France ?
- Han-han.
Jusqu'Ă ce qu'il tombe en amour avec Louise.
- (chuchotant) : Ah, mon Dieu, mon Dieu... Ah, mon Dieu !
C'est tellement parfait !
J'ai un plan.
- Je viens de te donner des munitions, han !
Alors, on se calme sur le "Ta gueule, Arlette !"
- Bah... Ta gueule, Arlette.
(rire)
âȘ âȘ
Ah... Vous n'avez plus de place.
C'est vraiment plate parce que... France ?
C'est France Castel, c'est ma grande amie ! France, je...
Je reviens.
France Castel, comment ça va ?
Oh !
Wow ! Ăa va ?
- Ăa va, ça va.
- Ah, c'est drĂŽle,
je sors justement d'une projection au Quartier latin.
- Ah oui ? - Ouais !
Je savais pas que tu venais te faire coiffer ici !
- Ben non, c'est sûr que tu savais pas.
- Non, non, je savais pas pis j'ai décidé de venir aussi,
faire des petites retouches juste avant les funérailles.
- Ah. - Ouais.
France, je suis désolée pour hier.
- Ah, c'est correct, c'est correct.
- Non, mais je suis contente qu'on se croise
parce que je voulais dire :
la production respecte complĂštement ton choix,
ils vont annuler ton contrat.
- Tant mieux !
- Ouais, ç'a été un choc, là , c'est sûr, hein, mais...
Non, mais ça va, lĂ . Ăa va.
Pis, bon, c'est encore confidentiel, lĂ ,
je devrais pas te dire ça, mais on pense à Louise Marleau.
Pour le rĂŽle de Mme Sylvain.
(rire)
- Louise Marleau ? - Ouais.
- L'ex de Claude Dubois ?
- Oui, elle a toute une filmographie, hein !
Je veux dire, on se le cachera pas, lĂ ,
le succĂšs de
Cruising Bar, oui, oui, Michel CÎté, là ,
mais c'est quand mĂȘme d'elle dont on se rappelle.
Tu sais, la phrase, lĂ : "Bite molle.""Bite molle."
"Bite molle."
- Eh ben !
Louise Marleau en Gaspésienne !
On n'a plus les Gaspésiennes qu'on avait !
Mais c'est vrai qu'elle est drĂŽle
comme un poteau de téléphone.
-
Malgré une baisse
de
s accidents du travail
de 37% en 10 ans,
les statistiques
de
meurent alarmantes.
Un jour sur quatre, un Québécois
perd la vie au travail.
Ă tous les...
- J'ai convaincu France Castel de faire le film.
Ah... Je lui ai fait croire
que la production voulait Louise Marleau.
Ă'a marchĂ©, j'ai fait un Jean-FrĂ©dĂ©ric de moi-mĂȘme !
Je lui ai menti en pleine face
pis je l'ai complÚtement manipulée, c'est épouvantable !
Hé, mais c'était tellement jouissif, là !
- OK, mais qu'est-ce qu'on fait avec Louise ?
- Quessé, Louise ?
- Ben, elle rencontrait la réalisatrice ce matin !
- Wou-hou ! Elle m'adore !
- Hein !
- Hé, on a mangé,
elle m'a fait découvrir un restaurant extraordinaire
dans le Mile-Ex !
On a parlé cinéma, politique,
c'est une rencontre extraordinaire !
Je tourne dans 3 semaines !
(rire)
- Wow !
- Bonjour, Zacharie !
- Mademoiselle.
- Zacharie, j'avais justement un scénario à te remettre,
si tu pouvais me suivre.
- Là , toi, tu vas lui dire que ça marchera pas.
- C'est la réalisatrice qui décide.
- Mais qu'est-ce que t'avais d'affaire Ă te mĂȘler de ça ?
- T'étais en crise d'angoisse.
- Mais pis ça, qu'est-ce que ça change ?
- J'ai voulu t'aider !
- Non, t'as voulu faire ton smatte devant Louise Marleau,
Ce rÎle-là a été écrit pour France Castel,
fait que tu vas voir ta petite Louise Marleau
pis tu lui dis que ça marchera pas.
- Change de ton, je suis pas ton employé !
- Gabriel, je t'avertis, OK, je t'avertis !
T'es mieux de pas laisser pourrir cette situation-lĂ !
(soupir)
- Louise ! Hé, c'est des bonnes nouvelles, ça !
Fait que...
- Tu sais qu'il va y avoir un buffet tantĂŽt ?
- Je sais, mais si je mange pas à des heures réguliÚres,
je fais de l'hypoglycémie.
- C'est parce qu'on s'en va à des funérailles.
Il y a de la bouffe aprĂšs
parce qu'avant, normalement, les gens ont pas d'appétit
parce que justement, ils s'en vont à des funérailles.
(sonnerie de téléphone)
Jérémie à l'appareil.
Ah, allÎ, ma chouette ! Comment ça va ?
Je sais, écoute, moi, je suis en choc, là .
C'est un peu comme si ...
C'est un peu comme si la terre avait été envahie
par des robots insensibles tout d'un coup
pis que j'étais incapable de fonctionner,
mais à part ça, ça va, hum, ça va.
Sofia ? Ah oui, Sofia, la récep...
(raclement de gorge)
Excuse-moi, je veux dire l'exceptionnelle Sofia.
T'es rapide, toi ! Je viens juste de mettre en ligne son démo.
- Camille...
J'adore ça, ce qu'on fait là ,
mais je vais juste aller aux funérailles
pis on recommence ça tout de suite aprÚs, OK ?
- Ah... Ouais.
Faut partir.
- Faut que j'aille voir mon pĂšre.
- Ton pĂšre ?
âȘ âȘ
Beurk ! Beurk ! Beurk ! Beurk ! Beurk !
- Bonjour ! Merci d'ĂȘtre venue !
- Bonjour ! - Bonjour !
- Ah ! Oui, bonjour ! Merci !
- Bonjour ! - Bonjour ! Merci d'ĂȘtre venu.
- Monsieur, bonjour ! C'est qui, ça ?
- Je sais pas. Merci d'ĂȘtre venue !
- Merci ! Bonjour ! - Merci ! Merci, infiniment !
- Oui, bonjour, Monsieur... C'est quoi, son nom ?
(voix entremĂȘlĂ©es)
- Elle nous déteste.
- Non, mais c'est normal,
on a passé 3 fois plus de temps avec son mari que...
- (accent gaspésien) : Ah, c'est ben triste, tout ça !
Triste comme la mer qui se jette sur la grĂšve
un soir de pleine lune !
- Oui, c'est trĂšs triste, France.
- Ah, je vais dire comme on dit :
si le pĂȘcheur a le vin triste, fais-le rire, fais-le rire !
Ăa va rĂ©veiller le poisson ! Vive la comĂ©die !
- Gabriel est juste lĂ .
- (accent gaspésien) : Ah ben !
Si c'est pas Gabriel à François Jean !
- Ha !
- HĂ©, la nuit derniĂšre, j'ai fait un rĂȘve spectaculaire !
On était tous les deux sur le rocher Percé,
les goélands venaient se poser sur nos épaules,
il y en avait, il y en avait, il y en avait, lĂ !
HĂ©, c'est ben simple, je n'ai plus de mot !
Ha ! - Nous nous plus, Louise !
Nous non plus ! - Bouche bée !
- HĂ©, je vais te mordre, toi !
(rires)
- "Je vais te mordre, toi !" - HĂ©, s'il te plaĂźt.
- Ben, voyons donc...
- (accent gaspésien) : Ah... C'est ben triste, tout ça !
- C'est pas encore réglé, ça ?
(soupir)
- OK, je sais ce qu'on va faire, on va parler à la réalisatrice.
On va lui dire de prendre France Castel
pis je vais parler Ă Louise Marleau.
- Moi, sérieusement, je commence à avoir des doutes.
Je trouve que c'est un trĂšs bon "anti-casting"
pour Louise Marleau.
- Je ne sais plus, je ne sais plus.
- Hé, tu sais, dans la série
The Shield,
lĂ ...
- (ensemble) : Hum.
- ... quand ils sont pris avec 2 chefs de gang de rue
pis ils ne savent plus quoi faire, lĂ , lequel choisir,
ben, ils les enferment tous les deux
pour les forcer à régler ça tout seuls.
- C'est comme dansL'amour avec un grand A !
- (ensemble) : Hum.
- Johanne Fontaine, lĂ , pis....
- Paul Hébert. - Paul Hébert !
Ils sont enfermés dans un sauna,
ça les force à régler leurs problÚmes de couple.
- Hum, hum. - C'est bon !
- Sérieusement, je pense que c'est une bonne idée.
(voix entremĂȘlĂ©es)
- Qu'est-ce qui se passe ?
(soupir)
- Je suis pas lĂ .
Je suis pas en contact avec mes émotions,
je vais dire n'importe quoi.
Je vais encore passer pour le plus insensible de la terre
avec ma liste de faits saillants de l'agence.
Je veux dire, on parle de Michel.
Michel.
Je sens rien.
- Tu sais que quand t'es trop ému tu bloques,
faut juste que tu l'acceptes.
T'as qu'à dire au début de ton discours, là ,
que c'est irréaliste, que t'es en choc, hein ?
- Ouais.
- Voulez-vous un café ? Un verre d'eau ?
- Non, ça va. - Gabriel vient vous rejoindre.
Il m'a dit de bien vous installer dans son bureau.
- Bonjour ! Ăa va bien ? - Bonjour !
(bip)
- Oui, oui, oui, oui, oui.
- Non !
(chuchotant) : Il y a déjà quelqu'un.
- (chuchotant) : Ce sera pas long, je reviens.
Faites-vous-en pas !
(soupir)
(soupir)
- Bonjour, France.
- Louise.
Alexandra m'a dit
qu
'elle voulait me parler.
-
Gabriel m'a dit ça aussi.
- Bizarre, je vois pas pourquoi ils voudraient nous parler,
nous deux en mĂȘme temps.
- Non, c'est bizarre, trĂšs bizarre.
De toute façon, tu ne le fais plus, le film, toi.
- Ah... Moi, je ne le sais plus.
- Ah...
Ben, moi...
je me suis vraiment bien entendue avec la réalisatrice !
HĂ©, j'ai l'impression que Michel aurait voulu que je le fasse.
- (riant) : Ah oui ?
- Oui. Toi, non ?
- Ah, moi, je suis sûre !
-Est-ce que vous avez continué
Ă
vous voir, Michel et toi ?
-
Moi pis Michel ?
Ben oui ! C'Ă©tait mon agent, quand mĂȘme !
- Mais moi aussi !
- Bah, c'est sûr qu'on allait au restaurant
au moins une fois par mois.
- Il aimait les bonnes tables, Michel.
- Hum ! Ăa, oui !
- Ah, c'est pour ça
que leur histoire de mort au buffet de l'hĂŽtel...
(tintement buccal)
Ă d'autres !
(rire)
- Ă l'hĂŽtel, oui !
Buffet, bof...
- Mais ça dépend de quel buffet on parle !
Si tu comprends ce que je veux dire !
- (riant) : Ouais ! Ouais !
C'est sûr que l'ùge lui avait pas gùché l'appétit.
- Ah, euh, vous avez continué à ...
- Oh ! Non, non, non, non ! Il me racontait !
- Ah...
-Astheure qu'il
es
t mort, lĂ , hein...
on peut ben se le dire !
Hein ? C'était pas fort, fort, son affaire !
- Je suis contente que tu me dises ça,
je pensais que c'était moi.
- Non, non, non, non, non !
Il faisait sa petite affaire, lĂ .
"Biding", bing, bang !
Merci, bonsoir !
Ou
ps, il est parti !
-
HĂ©, moi, une fois,
l
Ă , pour vrai,
j'étais en train de me revirer et pis, oups !
C'était trop tard, il était parti.
- Non ! - Oui, je te le jure !
(rire)
- Tu l'as pas vu venir, comme on dit !
(rires)
-
Non, je l'ai pas
vu
venir, pantoute !
- (riant) : T'aurais dĂ» lui voir la petite face, pis son petit :
"Hi ! Hi ! Hi ! Hi !"
(rire)
(rires)
- Non, c'était pas comme Pierre.
- ArrĂȘte. - C'est beau, c'est beau.
- Ah... Pourquoi ?
- Ben là , ça nous regarde pas, là .
- Pauvre Michel !
(rire)
On fait quoi ?
- Ben, je sais pas,
on dit à la réalisatrice de les prendre, les deux.
- Hein ? Deux Mme Sylvain ?
- Ben, elle a pas d'amies, Mme Sylvain ?
- Oh oui, la commĂšre, lĂ . - Hum, hum !
- Elle est pas déjà "castée", elle ?
- On s'en fout. Ăa, c'est mieux, lĂ .
- Ah, c'est tellement mieux !
(voix entremĂȘlĂ©es)
- Excuse. Je peux te parler 2 minutes ?
- Ben oui, justement ! Camille ! Maman, je te présente Camille.
Camille, Emmanuelle, ma mĂšre.
- Ăa me fait plaisir !
- Enchantée !
- Euh, Camille, c'est la nouvelle assistante d'Alexandra.
- Et aussi notre nouvelle coloc, si j'ai bien compris.
- Si on veut.
- HĂ© ! Tout se passe bien ici ?
- Oui ! - Tu connais Camille ?
La nouvelle assistante d'Alexandra Martel !
- T'es en retard dans les nouvelles, mon amour !
C'est aussi la nouvelle coloc de Zacharie.
- Je savais pas que vous aviez un fils comédien.
(petit rire)
- T'es complĂštement folle, toi ?
- En passant, t'as un 3e rÎle dans une série télé.
- Tu me niaises ?
- C'est juste un 3e rĂŽle, mais...
- Pis tu me dis ça ? J'ai une ligne ?
- Trois. - Oh, mon Dieu !
Mon Dieu ! Tu me dis ça là , l ?
- Chut ! - Je te trouvais pas.
- Merci beaucoup d'ĂȘtre lĂ , tous.
C'est vraiment touchant de vous voir aussi nombreux.
Et aussi nombreuses.
J'ai jamais été trÚs bonne avec les hommages ou les discours,
mais je tenais Ă vous remercier.
Maintenant, j'inviterais Jean-Frédéric à ... Ben, voyons !
Il était là il y a 2 minutes, lui.
Il est ouĂč, lĂ ?
- Ben, je pourrais peut-ĂȘtre dire quelques mots.
Hum !
- Il porte mĂȘme pas ton nom !
- Tu ne t'approches plus de ma famille !
- T'aurais pu me dire que j'avais un demi-frĂšre.
- Qu'est-ce que ça change ? - Ăa change tout !
- Non, ça change rien, ça te regarde pas.
Je ne veux plus que tu t'approches de ma famille.
C'est clair, ça ?
- Moi aussi, je suis ta famille.
(ouverture de porte)
-J'imagine que
si
vous ĂȘtes ici,
c'est parce que
vo
us avez tous déjà bu
un bon verre de scotch avec Michel !
(rires)
J'aimerais qu'on lĂšve notre verre Ă Michel.
Qui a fait une carriĂšre spectaculaire
et qui, mĂȘme de la coulisse,
a réussi à marquer le milieu artistique du Québec.
J'aimerais aussi qu'on se souvienne de l'homme...
qui a jamais perdu de vue l'essentiel.
Michel, quand il buvait,
il levait pas juste son verre à ta santé,
il levait son verre à la liberté !
C'est un mot tellement galvaudé...
On ne sait plus vraiment ce que ça veut dire.
Mais lui, quand il le disait,
je sais pas...
C'était sa façon de le dire ? C'était...
Je sais pas, ça prenait tout son sens.
(soupir)
Liberté, Michel !
- (ensemble) : Liberté ! Liberté !
(brouhaha)
- (ensemble) : Liberté !
- (Homme) : Ouais !
- HĂ©, je te cherchais !
- Pourquoi tu me l'as pas dit
que Jean-Frédéric, c'était ton pÚre ?
- Ben là , je pensais pas que c'était important.
- Non, sauf que j'habite dans le sous-sol d'un de mes boss.
- Ben, je m'excuse.
C'est que je le dis jamais que c'est mon pĂšre.
Je veux pas que le monde pense que j'obtiens des rĂŽles
parce que je suis le fils de Jean-Frédéric Thériault.
- Faut vraiment qu'on arrĂȘte ça.
- Ouais, ouais. - Non ! C'est non !
- Ben, franchement, mon pĂšre, il s'en fout des assistants.
Pisanyway,
il s'en fout de ce que je fais de ma vie,
fait que c'est ben correct, lĂ .
- C'est non, on arrĂȘte lĂ .
- OK, je comprends.
Faudrait pas compromettre ta grande carriĂšre d'assistante
pour un coup de foudre.
C'est correct.
(rire)
- Tiens.
- Ah... On a survécu.
- Je pense que dans n'importe quelle circonstance,
rĂ©unir tous les clients d'une agence dans une mĂȘme piĂšce,
c'est périlleux.
- Hum, en plus, Michel était pas là pour épater la galerie.
- Il aurait été content, pareil.
- Hum. - Ah oui.
Voir tous ses clients réunis
dans une mĂȘme salle que tous les agents de la ville,
il aurait été ravi !
(rires)
- Arlette.
Ton discours était parfait.
- Hum. - C'est vrai, Arlette.
- Liberté ! - Liberté !
- Ah, je vous cherchais. - Ah ! Veux-tu un verre ?
- Je voulais vous parler un peu de l'agence.
Arlette, si tu permets.
- Euh, non, si on est pour parler de l'agence,
je pense qu'Arlette peut rester lĂ .
- Je pense aussi. - Ben oui, c'est Arlette.
- Ce sera pas long. - Bon, ben...
Puisque vous avez pas besoin de moi pour prendre des notes !
- Tu peux fermer la porte.
- Merci, Arlette.
- Michel a pas laissé de testament.
Fait que, légalement, toutes ses parts me reviennent.
Ce qui veut dire que je suis propriétaire de l'agence à 60%.
J'ai décidé de vendre l'agence.
- Vendre ? - Hum...
Ă qui ?
- Je sais pas, au plus offrant.
- Estelle, on est partenaires, on est avec toi. Faut pas...
- Non, mais on va prendre le temps d'en parler, lĂ .
- Je veux bouger vite.
Une agence, plus ça perd de clients,
plus ça perd de valeur.
Pis sans Michel... - On s'en occupe de l'agence.
- Je veux pas voir tout ce que Michel a bĂąti
disparaĂźtre du jour au lendemain.
- OK, on vient d'enterrer Michel il y a mĂȘme pas une heure.
- Je vous tiendrai au courant.
(ouverture de porte)
- Elle a oublié Michel.
Estelle ! Estelle.
T'as oublié Michel.
- Je vous le laisse.
Il était tout le temps ici, de toute façon.
(ouverture de porte)
(fermeture de porte)
-
Les peines d'amour,
le
s hommes...
la vie.
Tout finit par partir en fumée.
Sous-titrage :
MELS
- C'est payant, lespower couples.
Véro et Louis, c'est du vieux stock !
Eux autres, ils veulent de la chair fraĂźche.
Tu sais, entre pis moi, il y a quelque chose de plus beau,
de plus hot, que Julie Le Breton pis moi comme
power couple ?
Je suis pas sûr de ça !
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