All language subtitles for Les.Invisibles.S01E01.FRENCH.1080p.WEB.H264-COLL3CTiF.srt - 2

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Original subtitles

(bips)

- Oui !

Super !

- HĂ© ! Je vais prendre une petite pause, OK ?

(rire)

Comme... ben, comme je te disais, il est très beau !

Il a des grands yeux, euh, il est très bâti,

super travaillant,

mais je sais pas c'est quoi, on se comprend pas.

Non, mais c'est vrai, quand je le vois avec les autres,

il est parfait, il a de l'écoute, il est accueillant,

mais avec moi, c'est... ça clique juste pas.

- Pis il s'appelle comment, déjà ?

- Avoine !

- Ah ! C'est un beau nom pour un cheval !

- Oui ! Pis je me disais, tant qu'Ă  changer de cheval,

je pourrais peut-être changer de centre équestre.

Tu sais, tant qu'à y être. - Aucun problème.

- Les profs lĂ -bas sont comme un peu snobs.

Si t'es pas en symbiose complète avec ton cheval, ils te jugent.

- On va commencer à s'éloigner de Montréal, par exemple,

comme c'est le 6e centre qu'on essaie.

- Ah, ben, ça me dérange pas de me déplacer.

L'important, c'est que ça marche !

Tu le sais, lĂ , je ferais n'importe quoi pour ce rĂ´le-lĂ .

- Hum ! Pis, euh, il va falloir augmenter la cadence aussi

parce qu'on a dit aux Français

que t'étais super bonne à cheval.

- Ah oui, mais je te l'ai dit, c'est juste du rattrapage,

j'en faisais quand j'étais petite.

- Pis t'allais ouĂą ? - Hein ?

- Dans quel centre équestre t'allais ?

Si t'allais à la même place, peut-être que ça pourrait aider.

- Ah ! Oui... ben non... ça n'existe plus.

- Pis, euh, l'escrime, ça avance ?

- Ben, t'as vu ?

Mais le plus difficile, c'est niaiseux, c'est pas ça.

Le plus difficile, c'est la diction.

Bon, Sophie Faucher, c'est vraiment

la meilleure prof de diction au monde,

mais elle voudrait que je parle

tout le temps avec l'accent français.

Pis je sais pas si t'as déjà essayé, l,

mais quand tu parles avec l'accent français,

ta bouche a comme pas la mĂŞme forme,

c'est comme plus comme ça,

plus comme plus trou de cul de poule, comme ça.

Puis à la longue, sérieux, ça fait mal.

Il y a mon gars aussi. C'est une éponge, en ce moment, mon gars !

Je peux pas lui parler tout le temps à la française.

L'autre jour, il m'a appelé "maman", pas "mamân".

"Maman" ! Non vraiment, lĂ , c'est pas possible !

- Je veux pas te "rusher", mais il faudrait qu'on y aille.

- Mais j'ai encore une heure de pratique.

- Ah non, mais t'as un

shooting photo avec

Elle Québec.

c'est pour ça qu'on est là, il faut qu'on parte !

- C'est vrai, il faudrait y aller, lĂ .

- Putain de merde ! J'avais complètement oublié !

"C'est mieux d'ĂŞtre morte dans la bataille

"que libre dans la fuite.

"Et les blessures que l'on porte au visage et sur..." euh...

"au visage et sur la poitrine sont des étoiles..."

"des étoiles qui guident ceux qui périront"

- Elle est tellement belle ! - Hum !

- La robe rouge, ça marche vraiment bien.

- Hum !

C'est qui, elle ?

- (murmurant) : Ah ! C'est la journaliste.

Luc Boulanger était pas disponible,

ils ont envoyé une nouvelle.

(soupir)

- (murmurant) : Euh, fait que tu te souviens

qu'on dit rien pour le film tant que c'est pas signé ?

- Oui, mais tu m'as dit que tout était réglé

pis que ça signait cette semaine ?

- Oui ! Oui, oui ! Oui, oui, c'est juste que, tu sais, on...

- OK !

(petit rire)

(sonnerie de téléphone)

- AMG, bonjour ! Merci !

- On parle de Patrick Huard.

Veux-tu que je te parle des 20 films qu'il a faits

qui ont "scoré" au box-office ?

Bo

n cop, bad cop, Starbucks ?

- Je veux aller voir le show de Christian Bégin au TNM,

prends-moi 2 billets pour mardi.

- Mardi, t'as la projection du film de Micheline LanctĂ´t.

- Jeudi, d'abord. Demain, je

lunche

avec Gabriel Arcand.

Fais-moi une réservation à L'Express.

Michel ? Michel ? - Oui, oui !

C'est déjà en pré production.

- Euh, mais c'est parce que demain,

tulunches

avec Jean-François Mercier au Leméac.

- T'es gossante des fois, Magalie !

Je vais te prendre ça, OK ?

Non, pas de sucre ! Pas de sucre !

On va "luncher" tout le monde ensemble ! Ça va être le fun !

- À l'Express ou au Leméac ? - C'est une

joke,

Magalie !

Le gros cave pis le psy de

BĂ©

atrice

en mĂŞme temps,

je pense pas, non !

Mets-moi-z-en un Ă  midi pis l'autre Ă  14h00,

je mangerai 2 fois.

Il faudrait que t'appelle Claudie

pour lui dire que je serai pas lĂ  ce soir.

- Claudie ta blonde de la semaine passée ?

- J'ai couché avec une autre Claudie pis je le sais pas ?

Arlette, fais-moi signe

quand Michel ne sera plus au téléphone.

- Je sais pas s'il va avoir le temps, il part en vacances.

- Il est pas encore parti. - Il part lĂ , l.

- Il a "callé" une réunion à 11h00.

- Quand ça, il a "callé" une réunion ? Michel ?

- Euh, fait que qu'est-ce que je dis Ă  Claudie ?

- Qu'elle est tellement plate que quand je suis avec elle,

j'ai peur de m'endormir pis plus jamais me réveiller.

- OK ! - You-hou ! Je te niaise !

Coudon ! Mes

jokes

sont si dures que ça à comprendre ?

(respiration haletante)

Magalie ? Viens ici !

C'est quoi, ça ? Qu'est-ce ça fait là ?

- Je sais pas, c'est pas moi.

- Mais c'est qui, d'abord ? - Je sais pas.

- Il y a quelqu'un est entré dans mon bureau

à ton insu pis qui a mis ça là ?

Mais qui ? Qui ?

Qui est venu dans mon bureau

Ă  mon insu mettre un lunch sur mon pupitre ?

Ç'a aucun sens ! Noémie ! Noémie ! Viens ici.

Ça vient d'apparaître sur mon bureau. Je sais pas c'est quoi.

- Ben, c'est un lunch !

Il y a un mot.

"Hâte de te voir, Claudie."

Bec. Bec.

- Claudie s'est pointée à mon travail sans me le dire

pis elle m'a fait un lunch.

(soupir)

HĂ© ! C'est donc ben intrusif !

- Mets-en !

(expiration profonde)

Elle le sait pas, c'est quoi que je veux manger pour dîner.

Je veux dire, je m'excuse, mais c'est un peu psychopathe.

(sonnerie de téléphone)

(reniflement)

- Allô ! Ça va ?

Oui, oui.

Non, c'est ça, je passerai pas à la maison

avant d'aller travailler.

Non, je rentrerai pas coucher non plus.

OK.

(écoulement d'eau)

OK, maman ! Est-ce qu'on peut se reparler plus tard ?

Je suis comme occupée.

Maman !

(soupir)

Ben, je viens de partir de chez Sam.

Ben lĂ , je suis Chicoutimi Nord, pourquoi ?

- Elle, elle est super !

Mais il faudrait quand mĂŞme un petit peu de la fossette.

- Hélène, il y a des rumeurs

d'une méga production européenne avec Gérard Depardieu.

- Euh, ben, j'ai...

j'ai pas le droit de trop en dire, parce que...

Ben, justement, on attend une confirmation de Paris.

- OK.

- Euh, mais, euh.

Mais ça s'appelleLa femme de Don Quichotte.

C'est l'histoire de Dulcinée, en fait,

qui est d'abord fantasmée par Don Quichotte, mais qui...

- Mais Don Quichotte,

c'est Gérard Depardieu qui le joue, là ?

- Oui ! - (riant) : Ah ! Incroyable !

- Mais c'est vraiment...

Vraiment, le personnage principal, c'est Dulcinée, là,

c'est la femme de Don Quichotte; c'est le titre, en fait.

- OK, donc, ce film-lĂ , c'est le petit oumf ! que t'attendais,

l'affaire qui va amener ta carrière à l'international.

- Ah ! Ben lĂ , je sais pas, on verra ce qui va arriver !

(bip de téléphone)

-

Fuck !

Elle niaise !

- Gabriel ? Tu veux qu'on retourne en arrière.

- Non, non ! C'est bon, c'est bon, c'est parfait ! Hum...

(murmurant) : Non, laisse faire !

- Mais c'est... mais c'est sûr que c'est gros, là,

jouer avec Depardieu.

- Oui ! Absolument !

Bon, laissez-moi juste un instant, je vais regarder ça.

Dans mon agenda, en ce moment, j'ai... Désolée.

- Oui, ce serait pour voir Jean-Frédéric Thériault.

- C'est pour un rendez-vous ? - Euh, non.

- Si t'es comédienne, laisse ton CV pis tes photos juste ici.

- Ah oui, non, c'est...

- Mais laisse-moi te dire,

ici, ils prennent juste des gros noms, fait que.

- Ah ! Non, non, je suis pas comédienne,

je veux juste voir Jean-Frédéric Thériault.

- Il a une réunion en ce moment. - OK ! Je vais attendre.

- Ben, il a des rencontres tout l'avant-midi.

Laisse-moi ton nom pis il va te rappeler.

- Ah ! Non, non, c'est correct. Je vais repasser.

- Gabriel ! - OK !

- De l'agence Michel Galant.

Mais non, je l'ai appelée, je l'ai textée, elle répond pas.

Il faut absolument que lui parle avant qu'elle parte sur Paris.

Mais oui, ben, il doit bien y avoir

quelqu'un quelque part qui sait comment la rejoindre !

Ah ! Putain !

Ah ! Je peux pas croire qu'ils nous ont fait ça !

Je peux pas le croire.

- Regarde, Gabriel ! Calme-toi, lĂ . Respire !

Ça va aller. - Aaah ! Oui !

- Tu te rappelles qu'il faut aller à la réunion.

- Ah, c'est vrai !

Ah ! Hélène ! Ah ! Ça va lui faire de la peine !

-

Yan England a été confirmé

su

r

Les larmes du monstre.

- Excellent ! - Oui, il va jouer Arthur, l'amant de Claude Legault.

- Tu racontes n'importe quoi ! Pas son amant, son ami !

- C'est pas n'importe quoi...

- C'est son ami ! Il est pas gai, c'est son ami !

(♪ sonnerie )

- C'est vrai que ça portait à confusion.

- Bon ! HĂ© ! On s'en fout ! - Michel, je m'excuse !

- On en est ouù pour le contrat d'Hélène avec les Français ?

- Bof ! - Bof quoi ?

- Ça joue

rough ?

- Je dirais pas que ça joue

rough,

je dirais plus que ça ne joue plus, en fait.

- Encore ! - Jean-Fred !

- Ça fait un an qu'on travaille là-dessus,

c'est le 2e contrat qu'on perd Ă  cause de lui.

- C'est pas ma faute si on a perdu le contrat d'Éric Bruneau !

C'était un petit personnage.

Capitain America ? - Dans un film américain ?

- Dans

Capitain America ? - Dans un film américain ?

- Coupé du scénario à la dernière minute.

C'est une

bad luck ! - C'est pas qui s'est passé.

- Tu dois t'assurer qu'il y ait pas de

bad luck.

- C'est ma faute s'il considère Hélne trop vieille pour le rôle ?

- Hein ? Hélène ? - C'est quoi, le rôle ? Un bébé ?

- La femme de Depardieu.

- C'est ça ! On va tasser toutes les actrices de 35 ans.

On va se ramasser avec des pitounes de 20 ans

ou Guylaine Tremblay !

- Super bonne, Guylaine Tremblay !

- Elle pleure tout le temps, on est tannés !

- Céline Delbos est en ville pour le repérage. Va dîner avec !

- Je l'ai appelée ! - Pis ?

- Elle retourne pas mes appels. - T'es tellement mou !

- Je vais l'appeler ! Je reporte mes vacances. - (Tous) : Non ! Non ! Non !

- Ça fait 8 ans que t'as pas pris de vacances, tu pars !

- On va s'en charger, nous autres, lĂ .

- La femme de Don Quichotte était sûrement très jeune !

- C'est un fantasme, un personnage qu'il s'invente dans sa tĂŞte.

- Justement ! Ils peuvent lui donner l'âge qu'ils veulent !

- J'annule mon voyage. - (Tous) : Non !

OK, Hélene arrête pas d'appeler, je sais pas quoi faire.

- Je vais le fermer, ça me brise trop le coeur.

- Qu'est-ce que je vais faire au Brésil de toute façon ?

- T'as besoin de vacances !

- Gab va s'en occuper ! Gab !

- Oui, oui ! Complètement !

- Ben oui, c'est sûr !

- Je compte sur toi, Gabriel.

- Aucun problème !

- Hum, hum ! Non, mais de quoi on parle, lĂ , exactement ?

Oui, des droits de suite mondiaux

pour Antoine-Olivier Pilon.

OK ! Mais tu veux vraiment qu'on parle de ça, là, l ?

Non, c'est juste que c'est une minisérie

sur Patrick Roy et les...

Comment on appelle ça, là ? Les Remparts de Québec.

(bip)

Oui ! Ben, c'est ça !

Je pense pas qu'on ait besoin

de droits de suite mondiaux pour ça, là.

Magalie ! Magalie !

(murmurant) : Viens ici ! Viens ici !

Réponds à Claudie ! Je n'en peux plus.

AllĂ´ ? Oui, non, je suis lĂ  ! Toute lĂ  ! Absolument !

Oui, je t'écoute me dire que tu veux

que je te donne gratuitement les droits de suite mondiaux.

Oui, je suis ravie de ça !

Oui ! Sinon, lĂ  Un instant !

(murmurant) : Peux-tu ? Jette ! Poubelle !

Je ne veux plus le voir ! Sors-le !

(voix normale) : AllĂ´ ? Oui ! Non, je suis lĂ  !

Encore lĂ  avec toi ! Oui !

- Juste un lunch avec Hélène Florent !

- Non !

- Ça va prendre une heure ! Mon avion est à 16h00 !

- Ta femme va demander le divorce

si tu manques cet avion-lĂ .

- C'est quoi, ça ? - Un téléphone.

- C'est l'échange de textos que t'as eu avec Claudie

en te faisant passer pour moi !

- Oui, oui ! Mais c'est ce que tu m'avais demandé de faire !

- Hum, hum ! Mais c'est quoi ça là ? Hum ?

C'est quoi ça, là ? Au bout du texto ?

C'est quoi ? Hein ? Ça, là !

- C'est un émoticône de chat avec des coeurs.

- Han, han !

- Ah non, mais c'est... c'est par réflexe, là,

moi pis ma soeur, on s'envoie tout le temps ça.

Non, mais je veux dire, ça veut rien dire,

c'est... c'est... c'est juste un chat.

- Un chat ? Genre une chatte ! Avec des yeux de coeurs !

Genre de l'amour !Non mais, t'as quoi dans ta tĂŞte, Magalie ?

(sonnerie de téléphone)

(sanglots)

- Viens-t'en, lĂ  !

- Je ne suis plus capable !

- Ah ! Magalie !

(reniflement)

Tu peux pas pleurer Ă  chaque fois

qu'elle est un peu bĂŞte avec toi, hein !

HonnĂŞtement, c'est lourd !

- En plus, tu vas finir par te déshydrater.

- Ah ! Je le sais, mais c'est parce que

tout le monde est tout le temps stressé ici !

- Hum !

- Je veux dire, faut pas que je le prenne personnel...

c'est pas supposé être un peu le fun, cette job-là ?

- Non, c'est pas...

Hélène ?

Fuck ! Fuck ! Fuck ! Fuck !

Fu

ck ! Fuck !Fuck ! Fuck !

Ah ! Gabriel ! Hélène est là ?

- Hélène ? Hélène Florent ?

- Oui, elle vient de se stationner en arrière.

- En arrière ?

- Oui, elle est en bas lĂ , l.

- OK !... OK !

OK ! Je... je m'en occupe, hein ?

- Oui ! OK, ben, euh, moi, je... je vais aller en haut.

(sonnerie de téléphone)

- Pour la livraison ? Oui, oui ! Super !

- Salut ! - Salut !

- Je viens voir Gabriel.

Salut !

- Oui ?

- Oui, euh, qu'est-ce c'est que je voulais dire, donc ?

- Euh, il y a Hélène Florent qui est montée.

- Ah ! Ouais ! Non, non, euh, je vais aller "luncher", je pense.

- OK ! Fait que tu veux que je dise à Hélène Florent

que t'es party "lunché" ?

- Non ! Non, non, non, non !

De toute façon, c'est l'heure du lunch, là,

tu devrais luncher, toi avec.

- Hein ?

- Pis euh, de toute façon, Jérémie va s'en occuper.

- OK ! Ben, oui, oui ! Tu veux que...

Ben, oui, ça me ferait plaisir de... de "luncher".

- Ah ! Euh, OK ! Oui, oui, mais on y va lĂ , hein !

- OK !

- Ah ! Jérémie !

- Hé ! Hélène !

- Qu'est-ce qui se passe ?

Vous vous êtes sauvés du photo

shoot

Ă  matin,

vous m'avez pas dit bye,

pis là, Gabriel ne répond plus à mes appels.

- Oui, Gabriel est en rendez-vous

à l'extérieur pour toute la journée.

- Mais ça l'a jamais empêché de prendre mes appels.

- C'est vraiment une grosse journée.

- Il est ouù, à l'extérieur ? Au resto à côté, comme d'habitude ?

- Non, non, à l'extérieur, là.

Hé ! Je suis désolé,

mais il faut absolument que je prenne cet appel.

Allô ? Oui, je t'écoute ! Hum, hum ! Oui !

HĂ© ! C'est vraiment beau, ton style matelot.

Love it !

Hé ! Ça fait genre des mois que j'attends ton appel.

Est-ce que t'as ton agenda ?

- Il est ouĂą Michel ?

- Il attend son taxi, il part.

- Michel ! Michel ! Deux secondes, excuse-moi ! Je... je...

Écoute, je suis encore sur le dossier d'Antoine-Olivier Pilon,

pis là, le producteur est en train de négocier

sur des détails inutiles, je ne sais plus quoi faire.

- Mais il t'a donné ce que tu voulais. Sois patiente.

- Il veut avoir le dernier mot,

c'est en train de me rendre complètement folle.

- C'est quoi la règle ?

- Jamais faire en sorte

que l'autre perde la face complètement, je sais.

- Hum, hum ! C'est pas Ă  propos de toi ou de ton ego ?

On travaille dans l'ombre ! Toi, ta job, c'est d'ĂŞtre invisible !

- Invisible !

J'avais juste besoin que tu me le dises !

(petit rire des deux)

Allez ! Allez !

(soupir)

- Bon ben ! C'est vrai, lĂ  ? Je m'en vais ?

- On dirait, oui !

- Essayez de pas faire sauter l'agence

pendant que je vais ĂŞtre parti.

- Promis ! Bon voyage !

- Je peux vous aider ?

- Oui ! Ce serait pour voir Jean-Frédéric Thériault.

- Oui ? Je suis son assistante.

- Enchantée !

- Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?

- Comme je viens de dire,

j'aimerais voir Jean-Frédéric Thériault.

- Je dois dire quelque chose à Jean-Frédéric, il est occupé.

Avez-vous un motif ? Une intention ?

- Jérémie veut savoir si Hélène est partie.

- Je sais pas.

- Je vais attendre pis au pire, je repasserai. - Comme vous voulez !

- En tout cas, je sais pas ce qu'il va lui dire !

Après tout ce qu'elle a fait, trop vieille, c'est dégueulasse !

- Oh ! Wow !

Vous étiez dans

la Galère

pis dans

Toute la vérité,

hein ?

- Oui !

- Je peux prendre une photo avec vous ?

Je suis pas mal sûre que ma mère, elle vous aime beaucoup.

- Ben oui !

- OK ! OK !

(déclic)

Merci !

- De rien !

- Fait que c'est ça, je suis pas vraiment réceptionniste,

c'est juste une job en attendant.

Euh, je suis comédienne.

- Ah oui ?

- Oui ! Je joue dans la salle petite salle intime du Prospero.

- Oui, le... le Prospero.

- Oui, oui, oui !

Le titre de la pièce est un peu long, je le sais.

Ça s'appelle

Le sexe me donne envie de

mo

urir et je meurs pour toi.

Mais, pour vrai, ça dit quelque chose de tellement...

Nathalie Petrowsky a adoré.

Oui ! - Super ! Ok

- Euh, j'ai peut-ĂŞtre encore des coupons promo.

Tiens !

- Ah, ben ! C'est...

- OK ! Ça t'intéresse pas, ce que je dis.

- Ah ! Non, non, non !

C'est juste que j'ai... un petit problème de job.

- Un petit problème de job ?

- Hélène, euh. Hé ! Ça va ?

- Je t'ai appelé plein de fois !

- Ah oui ! Ah, ç'a pas arrêté, aujourd'hui, là.

(soufflement)

- Pis ? Les Français ?

- Ben justement !

J'étais au téléphone avec Céline Delbos,

qui me disait que...

C'est vrai que j'étais au téléphone ?

- Ah oui, oui ! Il a pas arrêté, j'étais mme vexée !

- Oui !

- Fait que ?

- Ben, c'est ça, là. Euh, ils ont, euh...

(claquement de langue)

un petit problème de cohérence historique sur le film.

- OK ?

(claquement de langue)

- Euh, ben, ils ont réalisé qu'au 16e siècle,

les femmes se mariaient Ă ... 15 ans ?

- Oh ! 14 ans, mĂŞme !

- Hum ! Pis, euh, elles tombaient enceintes Ă  genre 16, 17 ans ?

- Hum ! Exact !

- Pis elles mouraient Ă  30-35 ans. Max.

Fait que... ils se sont dit :

"On peut pas vraiment prendre une actrice de 40 ans

"pour jouer Dulcinée."

Mais on peut pas en prendre une non plus de 15 ans,

fait que...

ils ont décidé... de prendre...

un homme.

- Un homme ? - Un homme !

(expiration)

- Un homme... pour jouer la femme de Don Quichotte.

C'est fucké, hein ?

(petit rire)

- Tu sais quoi ?

Je pense que je vais aller me chercher un autre agent.

- Hein ? Mais... pourquoi ?

- Je le sais qu'ils veulent pas de moi à cause de mon âge.

- Un, c'est ridicule, je leur ai dit,

deux, c'est pas eux, c'est Gérard Depardieu,

fait qu'on s'entend que...

- Gérard Depardieu !

Le vieux qui pisse dans les corridors d'avion

parce qu'il est trop saoul me trouve trop vieille.

Pis toi, t'es mĂŞme pas capable

de trouver un seul petit argument pour me défendre.

- Oh ! Mais j'ai essayé, là !

On parle quand même de Gérard Depardieu,

mais je te jure, je leur ai téléphoné.

- C'est beau !

- Hélène !

Aaah !

- C'est qui, le traître ? Hein ? C'est qui ?

- Woh ! Gabriel ! Gabriel ! Qu'est-ce qui se passe ?

- Il y a quelqu'un qui a parlé à Hélene. C'est pour qui ?

C'est pour l'agence de Maxime Vanasse, hein ? C'est ça ?

- Attends ! Attends ! Tu paranoiĂŻes, lĂ  !

- Non, mais tu sais comment ils sont,

ils essaient toujours de voler nos clients !

- Qu'est-ce qui se passe ? Il a encore perdu sa brocheuse ?

- Hélène est partie.

(soupir)

- Michel va le tuer !

- Donne-moi le cellulaire de Céline Delbos.

- Tout de suite !

- Gabriel, tu te calmes.

(soupir)

- Je vais perdre ma job !

- Ben non, voyons ! Tout le monde t'adore ! À part Jean-Fred.

- C'est pas une job pour le monde trop fin.

- T'es pas trop fin, t'as peur de te faire rejeter, c'est pire.

Pis t'es en amour avec Hélène Florent.

- Pff ! Elle est mariée, elle a un bébé !

- T'es en manque de cul.

- N'importe quoi.

- Ça fait combien de temps que t'as pas eu de blonde ?

- Ah ! Regarde qui qui parle ?

La minute qu'une fille est moindrement fine,

tu la traites de psychopathe.

- Elle est rentrée dans mon bureau à mon insu.

Elle m'a apporté un lunch, je veux elle...

elle me connaît pas.

Elle sait pas ce que j'ai vécu dans mon passé.

Je veux dire, un lunch,

ça te renvoie tout de suite à ton enfance.

Peut-être que j'en avais pas de lunch quand j'étais petite.

Peut-ĂŞtre que j'ai eu une enfance triste.

- Peut-ĂŞtre que j'ai eu une enfance triste.

- Mais non ! Mais ça, elle le sait pas.

Voyons ! T'es ben...

- HĂ© ! T'as raison ! Totale psychopathe.

- Pis mon assistante

qui lui envoies des émoticônes de chats pis de coeurs.

(rire)

- Ouh ! HĂ© ! LĂ , c'est fini, hein,

elle va me harceler jusqu'Ă  la fin des temps.

- Hum !

- HĂ© ! Les gens ! Non, mais les gens, je rĂŞve !

Les gens sont tellement dépendants affectifs !

Comme toi ! Depuis que ton ex est partie, t'es comme plus lĂ .

Pis je m'excuse, mais ça affecte ton travail.

- Ah ! OK !

C'est parce que mon ex est partie

que Gérard Depardieu trouve Hélène trop vieille.

- T'as pas l'air en contrĂ´le. Vraiment pas.

(murmurant) : Regarde ! Regarde la belle rousse.

- Hum ? Qui ça ?

- La rousse, juste lĂ .

- Ah ! Bonsoir, Céline !

Merci beaucoup pour cette rencontre de dernière minute.

- J'ai pas beaucoup de temps.

- Je sais, mais je me suis

quand mĂŞme permis d'apporter une petite bouteille.

- Oh ! Tu t'en rappelles !

- Ah ! Je me souviens quand tu avais commandé ça en...

- Cannes 93.

- J'avais tellement pas les moyens de me payer ça !

(rires)

Je comprends que je m'en souviens !

- Visiblement, les choses ont bien changé pour toi ! - Si peu ! Si peu !

- D'ailleurs, je suis vraiment désolée

qu'on ait dû se retirer du projet à l'époque.

- J'aurais fait la mĂŞme chose.

D'ailleurs, je veux que tu te sentes très à l'aise !

On comprend très bien pour Hélène Florent.

- Tu sais ce que c'est, hein; c'est toujours pareil,

le personnage évolue jusqu'à la fin.

- Ben oui !

- Tantôt on veut de l'émerveillement,

tantĂ´t, on veut de la profondeur...

- Mais ce qui est plate, c'est qu'elle a tout ça, Hélène.

- Ouais, mais je suis désolée, la décision est prise.

- Oui, mais vous avez quand même besoin d'une actrice québécoise

pour la coproduction, non ?

- Oui, oui, on est en discussion

avec l'agente de Sarah-Jeanne Labrosse.

(petit rire)

- Pour faire la femme de Depardieu ?

- Dulcinée, elle a pas d'âge, hein, Dulcinée.

(rire)

- Non, c'est sûr ! Ah ! Ben non !

C'est sûr !

(bip de téléphone)

Sinon, euh, ça se passe bien, la paperasse ?

Téléfilm est content ? Patrimoine Canada ?

Le ministère de la Culture ?

- Ça va ! C'est un peu compliqué, comme d'habitude,

mais on y arrive.

- Les crédits d'impôt ? Les permis de travail ? C'est bon ?

- C'est quoi, toutes ces questions ?

- Non, non, c'est juste que je connais très bien

le nouveau ministre de la Culture, Louis-Philippe.

Super bon gars !

Et ce qui est drĂ´le,

c'est qu'il vient de l'île d'Orléans, lui aussi.

Comme Hélène. Hélne a passé ses étés là-bas.

- Hum, hum.

- Tu sais qu'ils sont seulement 7000 habitants sur cette île-là.

Du coup, tout le monde se connaît, hein !

Louis-Philippe adore Hélène. Ils ont le même âge.

- Hum, hum.

- Alors c'est sûr qu'il serait déçu

qu'elle a été écartée du rôle, comme ça,

à la dernière minute, surtout pour son âge.

- Il a pas Ă  l'apprendre.

- C'est un petit milieu. Tout se sait.

- Tu bluffes, lĂ .

- Moi ? Bluffer ?

(bip de téléphone)

- Comment ça, je ne suis plus avec Sam ?

Il a mis ça sur Facebook ? Oh ! Mon Dieu qu'il est cave !

Ben, ç'a l'air qu'on n'est plus ensemble.

Ben, je le savais mĂŞme pas,

comment tu voulais que je te le dise ?

Je

suis à Montréal.

Je peux pas venir Ă  la maison.

Je

suis à Montréal.

Ben, je le sais pas,ça s'est passé super vite hier.

On s'est engueulé, j'ai paniqué,

j'ai pris l'autobus

pi

s je suis partie à Montréal.

AllĂ´ ?

Ah, maman !

S'

il te plaît, boude pas, là !

Je suis en peine d'amour.

(aboiements au loin)

(timbre de la sonnette)

(coups Ă  la porte)

- Eh ben ! Jean-Frédéric ! Merci ! Tu peux entrer !

- J'espère que je te dérange pas, j'étais le coin.

- Oh non ! Travail en arrière.

Tu peux venir me rejoindre si la pluie te dérange pas trop.

- Ah ! Non ! Non !

(ouverture de porte)

(fermeture de porte)

(aboiements au loin)

Ah ! Les 2 mains dans la terre !

Fait que... fait que tu t'en vas chez MVE ?

- Non, je penserais pas, non.

J'ai l'impression que ce serait du pareil au mĂŞme.

Tellement de

bullshit dans ce métier-là,

je commence à être tannée.

- Je le sais.

- Est-ce que tu me donnerais le seau qui là s'il te plaît ?

- Oui !

- C'est juste du compost.

- Oui, oui ! Oui, oui !

(gazouillis d'oiseaux)

C'est le fun la... la ruelle qui est au bout du...

Tu sais, Hélène, euh...

je comprends très bien que tu sois déçue.

Je sais que t'avais une belle relation avec Gabriel,

un vrai rapport.

Je me suis quand même permis de parler avec Céline Delbos,

pis je pense qu'elle serait prête à reconsidérer.

- Ah ! Ben, il faudrait qu'elle le dise Ă  Depardieu !

- Il faut que tu comprennes qu'ils sont une vision

vraiment précise du personnage de Dulcinée.

Il la voit comme un fantasme,

comme un personnage qui a pas d'âge.

- Ça existe pas, pas d'âge !

- Oui, ça existe, pas d'âge.

Pas d'âge comme dans pas de signes d'âge.

- OK !

- Pis c'est parfait, t'aurais presque rien Ă  faire.

- Attends ! De quoi on parle, là ? De chirurgie esthétique ?

- Juste un peu, lĂ . Autour des yeux. Presque rien.

- Ils peuvent pas me demander ça.

- Ils veulent que ce soit au contrat.

- Attends ! C'est épouvantable, là !

De quel droit, ils peuvent ?

- Plus tĂ´t tu commences, moins t'en as Ă  faire

sur le long terme, c'est préventif.

- Je me suis toujours dit que j'irais pas lĂ .

- Il faut pas capoter avec ça,

c'est aussi simple que de se teindre les cheveux, lĂ ,

est-ce que c'est ta vraie couleur ?

- Attends, tu penses que moi,

j'ai jamais pensé à ça, la chirurgie esthétique ?

HĂ© ! J'ai plein d'amies actrices, on en parle, on en parle !

Vraiment souvent !

Pis pour moi, ben c'est non, ça m'intéresse pas !

- Hélène, c'est pas moi ! C'est eux qui exigent ça, c'est...

Pis en mĂŞme temps, c'est...

c'est rendu très banal, hein, je...

MĂŞme ma femme !

- Ben voyons ! Attends ! Ta femme !

Elle a pas besoin de ça, ta femme !

C'est... c'est l'élégance incarnée,

c'est une chorégraphe incroyable !

- Pourquoi tu penses qu'elle a pas l'air d'en avoir besoin ?

- Emmanuelle Dumont ! Voyons donc !

- Chaque année, un peu de botox.

De l'acide hyaluronique pour ses sillons nasogéniens.

Léger remodelage des pommettes

pis, euh, les paupières, il y a 2 ans.

- Ben oui, mais... elle a l'air tellement pur !

- Et j'ai ici le dernier contrat de Patrick Huard,

ils ont ajouté plein de modifications.

(sonnerie)

- Oui, Sofia ?

OK.

Non, je m'en viens.

- Est-ce que ça va ?

- Bonjour ?

- Bonjour !

- Pourquoi t'as pas appelé avant ?

- Je voulais te faire une surprise.

- Qu'est-ce que t'as dit à la réceptionniste ?

- J'ai juste dit que je voulais te voir, je suis pas conne.

- Qu'est-ce que tu fais à Montréal ? T'es en vacances ?

- Oui pis non, je me cherche une job.

- Pourquoi ? T'étais pas bien à Saguenay ?

Pourtant, c'est beau en tas, Saguenay !

Le coeur du coeur du Québec, les bleuets !

Tout le monde rĂŞve de vivre lĂ .

- En tout cas, toi, ça t'as jamais tenté.

- Mais t'avais pas une bonne job ?

- Je travaillais dans un dépanneur.

- Non, mais t'étais pas dans le...

la grosse affaire, lĂ , la...

- Ah ! La Fabuleuse ?

- Oui, la Fabuleuse...

- ... histoire d'un royaume.

(rire)

- Ah ! J'ai fait la sécurité un été.

On fouillait les sacs et on disait de passer,

on n'était payés, c'est cave !

- Ben oui ! Mais là, qu'est-ce que tu vas faire à Montréal ?

- Ben, comme ç'a toujours été mon rêve de faire de la télé,

je me disais que tu pourrais peut-ĂŞtre m'aider.

(rire)

- Je pense pas, non.

- Je suis sérieuse.

- As-tu des études ? De l'expérience ? Quelque chose ?

- Tu connais plein de monde !

- Que tu dises ça, ça montre

que tu sais pas de quoi tu parles.

- Ben, je vais faire n'importe quoi, placer des spots.

- C'est un technicien qui fait ça.

- Maquiller le monde ? - La maquilleuse.

- Je vais m'occuper de la bouffe.

- Cantinier.

- Je m'en fous, je vais faire n'importe quoi.

- Ça existe pas, n'importe quoi.

Regarde, si t'aimes tant la télé,

abonne-toi Ă  illico pis trouve-toi une vraie job.

Hein ?

Regarde, euh, c'est tout ce que je peux faire.

-

T'as peur que...

(soupir)

- C'est quoi ? Une finissante de l'École nationale ?

- Chloé Fiset, Conservatoire de Québec.

-

Inquiète toi pas...

-

Elle prend bien la lumière !

- Elle vient de finir l'école, elle a fait 2 courts métrages

je suis sûr qu'elle va avoir une belle carrière.

- C'est ce que t'as trouvé de plus urgent à faire ?

- Si je réussis à aller chercher du nouveau talent

avant que Michel revienne, ça va faire ça de pris.

- Parce que tu penses vraiment

que tu peux remplacer Hélène Florent

par une finissante de l'école de théâtre

pis Michel s'en rendra pas compte ?

- Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?

Elle ne veut plus me parler.

- T'as raison !

Reste assis ! Bouge surtout pas !

(soupir)

(expiration)

- Oh ! T'es venu !

- Je t'ai apporté des restants pour ton compost.

- (riant) : Merci !

- J'ai fait le tour des poubelles de l'agence.

- Les gens sont tellement négligents !

- Je le sais !

Euh, Hélène, je m'excuse.

J'ai trop attendu avant de venir te parler...

(inspiration)

J'étais complètement dépassé.

Tu mérites le meilleur,

pis je veux jamais avoir Ă  te donner des mauvaises nouvelles.

- On s'en fout, lĂ . Je suis juste contente que tu sois lĂ .

Je suis tellement nerveuse !

- Nerveuse pourquoi ?

- T'as pas parlé à Jean-Frédéric ?

- Qu'est-ce qui se passe ?

- C'est les Français, là. Ils veulent que je fasse...

C'est pas grand-chose, lĂ , du botox, des niaiseries,

pis après, on signe le contrat pis on n'en parle plus.

- C'est une super bonne nouvelle.

- T'as pas l'air sûr.

- Non, non, je suis sûr.

- Tu me fais douter. - Ben...

- Mon rendez-vous est dans une demi-heure.

- Hélène, moi, je suis avec toi à 100%, l.

Si tu veux y aller, tu y vas.

T'es superbe, Hélène ! Tu peux ben en faire, un peu de...

c'est des détails, au fond, là, ça change rien.

Tu vas ĂŞtre belle pareil, hum ?

(voix entremêlées au loin)

- Bonjour, Madame Florent !

- Bonjour ! J'ai, euh, j'ai rendez-vous avec le Dr Lubek...

- Oui, ce sera pas très long.

Si vous pouvez remplir votre fiche de santé, s'il vous plaît.

- Ça va bien ?

(sonnerie de téléphone)

- Oui, bonjour !

- Je viens voir Jean-Frédéric.

- Oui, il y a Hélène qui est arrivée.

- AllĂ´ ! Tiens, Sofia, c'est pour la poste.

- OK !

- Oh ! Allô, Hélène !

Est-ce qu'il y a quelqu'un qui a vu mes clés ?

Je ne les trouve plus.

- (Noémie) : Tu peux faire un envoi régulier.

- (Sofia) : T'es sûre ?

- (Noémie) : Oui.

- Hélène ? Ça va ?

- Hum !

- J'ai pas eu le temps de venir la regarder. Pis ?

- Ah ! C'est le début de la fin.

- C'est drĂ´le, elle ressemblait

comme Ă  Nicole Kidman, trouves-tu ?

- Oui !

- Tu remarqueras !

- Non, mais c'est sûr que je vais m'évanouir.

- Ç'a l'air de quoi ? C'a marché ?

- Oui ! Elle a l'air de Nicole Kidman.

- Mais ta gueule, Magalie ! Ta gueule !

Nicole Kidman, mais je...

- OK, arrĂŞte, lĂ  ! Change de face.

- Quoi ? - C'est pas ta vraie face, ça !

C'est ton imitation d'Anne-Marie Losique.

- ArrĂŞte !

- Tu me l'as montrée,

ton imitation au party des Gémeaux il y a 3 ans.

- ArrĂŞte ! T'es en train de me faire rater mon affaire !

- Oh ! Merci, mon Dieu ! Tu l'as pas fait !

- Ben non, je l'ai pas fait ! Qu'est-ce tu penses ?

Je suis allée voir une amie maquilleuse,

regarde, elle m'a tout mis des

ta

pes,

ça tire tout un peu.

- Hélène Florent 2.0.

Tu l'as pas fait.

- Non !

- Hélene, c'est dans le contrat.

- J'ai une facture, si tu veux.

- C'est pas une facture qu'ils veulent, c'est...

- Attends lĂ , tu penses qu'ils vont venir me dire

dans ma face que c'est pas correct ?

Non seulement, ils osent me demander

de faire de la chirurgie esthétique,

mais en plus, ils vont venir me dire

que la quantité de botox est pas suffisante !

Mais non ! Ils oseront pas !

Pour vrai, je suis prĂŞte Ă  gager avec vous

qu'ils ne diront rien.

- Ah !

Boy !

- On gage quoi ?

- Excuse-moi, aurais-tu une enveloppe ?

- Euh, oui. Attends.

- S'il te plaît, Magalie, tu peux pas me faire ça !

- T'es tellement toxique ! T'es en train de me voler mon âme !

- Je le sais, je le sais ! Tu me l'as déjà dit !

Mais lĂ , c'est pas une raison !

Peut-être que t'es juste fatiguée !

Prends-toi de la gelée royale.

Viens travailler au bureau à vélo, ça va te faire du bien !

Ça va te recrinquer !

Pis honnĂŞtement, je suis peut-ĂŞtre bte,

mais t'es pas la meilleure assistante au monde,

si je peux me permettre.

OK ! OK ! Regarde, je me tais. Zip !

(sanglot)

S'il te plaît, Magalie ! S'il te plaît !

Franchement, Noémie, c'est pas un spectacle !

Mais non, mais sérieusement,

c'était pas la meilleure assistante au monde, hein !

Ça te tenterait pas, une petite promotion ?

- Hein ? Moi ?

Non, en fait, je suis pas vraiment réceptionniste,

je suis comédienne.

- Ah !

- Je pense que je vous en avais déjà parlé.

D'ailleurs, j'en profite

parce que j'ai justement un spectacle...

- Moi, ça m'intéresserait.

- Toi ? Suis-moi.

- Ah ! Bonjour, Mme Delbos !

- Donc, euh, c'est ici qu'on scelle l'entente,

tout ce qui a été négocié se retrouve en annexe,

alors, du coup, hein, il ne nous reste plus qu'Ă  signer.

C'est magnifique ! On est très contents ! C'est réussi.

- Oui, oui, c'est bien !

C'est vrai que c'est très naturel, hein !

- Oui !

- Bon, ben, on signe alors. On y va ! On plonge !

(rires)

- Envoye ! Let's go !

- Hein ? Allez !

- On plonge, hein ! La réunion de la princesse et du géant !

- Exactement !

(rires)

- Et vive le cinéma !

On se retrouvera Ă  la terrasse du...

- ... du petit resto sur la plage, lĂ .

- T'as vraiment dit : "Vive le cinéma !"

- Ah non ! Je peux pas croire ! - HĂ© ! C'est gĂŞnant, lĂ  !

- Merci ! Oui !

- Mais t'as fait un travail incroyable.

Je te remercie ! - C'est naturel.

- C'était comme le sprint final avant la fin

après tout ce que Gabriel avait fait pendant l'année.

- Mais c'est important, le sprint final.

- Hum ! En même temps, je suis comme habituée

de travailler avec Gabriel

pis il a vraiment travaillé fort là-dessus depuis longtemps,

ça fait que... ben, si ça te dérange pas,

je resterais avec lui.

- Ben non ! Absolument ! Aucun problème.

- C'est toute la même agence de toute façon, non ?

- Hein, Frédéric ?

- Hum !

- Tout Ă  fait ! Tout Ă  fait !

Ben ! HĂ© ! Hum ?

Et vive le cinéma !

(rires)

- Ah ! Fatigant !

- Fait que...

- Euh, Camille.

- Camille ! - Oui !

- Tu fais quoi dans la vie, Camille ?

- Ben là, je viens juste d'arriver à Montréal.

- D'ouĂą ?

- Saguenay.

- Hum ! Tu faisais quoi, lĂ -bas ?

- Euh, je veux... je travaillais sur la Fabuleuse.

- Ça existe encore, ça ?

- Ah oui ! Pis c'est rendu vraiment gros, lĂ ,

c'est comme Broadway, mais au Saguenay.

- Hum ! Hum ! Pis tu faisais quoi ?

- Euh, je... j'étais dans la gestion de crise

parce que le show est porté

par des gens extrêmement passionnés, des gens...

- Hum !

- Ce qu'il faut comprendre avec la Fabuleuse,

c'est qu'il y a personne qui fait ça pour l'argent,

c'est des vrais.

- Hum !

- Mais tu sais, ça vient avec des crises d'angoisse,

sentiment de l'imposteur, peur de... de l'effet de grandeur.

- Hum.

- Fait que moi, j'étais là pour les rassurer, là.

Un petit verre d'eau, vitamine C, un peu de vodka...

- Ah oui !

- Pot.

- Hum, t'étais vraiment au coeur du système, oui.

- Exact, oui !

- As-tu un chum ?

- Non.

- Pas de projet d'enfants ?

- Non, vraiment pas.

- Ça te dérange de ne plus avoir aucune soirée ?

Aucune fin de semaine ?

De regarder tout ce qui se fait Ă  la TV mĂŞme quand tu dors ?

- Non, non, c'est parfait !

- Réunion !

Réunion d'équipe !

- Oui, j'ai entendu.

(soupir)

Qu'est-ce c'est tu fais lĂ  ?

- Je me suis trouvé une job.

Je suis la nouvelle assistante d'Alexandra.

(petit rire)

- Non, non ! Non, tu peux pas.

- À cause ?

- À cause ? Est-ce que tu me poses sérieusement la question ?

Non, c'est non !

- Non, c'est oui ! J'ai une job.

- Joue pas Ă  ce jeu-l avec moi, Camille, OK ?

- Pourquoi ? Qu'est-ce que tu vas faire ?

Dire à tout le monde que je suis ta fille illégitime

pis que tu veux pas m'avoir dans ta vie ?

C'est ça que je pensais.

Il y a pas danger, je garde la job.

(forte respiration)

Sous-titrage :

MELS

- Il me semble que je fais tout le temps des rôles de ténébreux

qui sont toujours des bons gars, au fond,

mais lĂ , l, on a menteur compulsif superficiel.

Un gars qui se pogne plein de pitounes !

Un vrai

big shot de la finance, j'adore ça !

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