All language subtitles for Rich_young_and_pretty_1951_french

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Original subtitles

RICHE, JEUNE ET JOLIE

Où est Liz ?

- Bonjour Bob. - Alors, vous partez vraiment ?

Si nous ne partons pas, nous saurons faire des bagages.

Cela me fera tout drôle de vous voir partir.

Je ne m'absente que pour un mois. Essayez que je ne vous manque pas trop.

Ne craignez rien.

Je vous manquerai bien un peu, j'espère.

Je ne pensais pas que vous feriez ce voyage

car je croyais que votre père y était hostile.

Il l'est toujours.

Il a une conduite étrange depuis quelque temps.

Vous savez comment sont les parents.

C'est à peine s'il est fier d'être envoyé en Europe

pour représenter son pays aux Nations Unies.

Où est-il ?

Il est au téléphone en train de leur parler.

Et entre le Département d'Etat et moi, nous allons à Paris.

Nous débarquerons à Cherbourg.

Ma fille et ma gouvernante seront avec moi.

Je prendrai contact avec Monsieur Milan dès que je serai arrivé à Paris.

Oui, nous irons tous les deux à Londres assister à la conférence.

C'est très bien.

Au revoir.

Monsieur Rogers, nous avons un problème de malle.

Voulez-vous qu'on expédie la grosse malle à l'hôtel ?

- Oui. - Monsieur Rogers.

Oui, Glynnie ?

Ils n'ont rien voulu entendre ? Nous partons ?

J'étais pourtant convaincu que cela n'arriverait jamais.

Il est trop tard pour avoir des regrets. Notre train part dans 40 minutes.

Liz est-elle prête ?

Elle est prête depuis 6 mois.

Pour rien au monde, elle n'aurait voulu rater ce voyage.

Je le sais.

- N'oubliez pas de m'écrire. - Je n'oublierai pas.

Si vous le permettez, Monsieur...

Si Liz est d'accord, je suis d'accord aussi...

- Au revoir, Bob. - Le temps paraîtra long.

Faites bon voyage, Monsieur.

Au mois prochain.

- Alors, à bientôt. - Et ne jouez pas avec les allumettes.

Le voilà, c'est lui !

- Vous avez fait bon voyage, Monsieur Rogers ? - Oui, merci.

- Vous assisterez à la conférence de Londres ? - Pas de commentaires.

Ce n'est pas une conférence de presse. Pas de photos, s'il vous plaît.

- Bonjour, Paul. - En disant cela, elle pensait à un autre.

- Tu vois, même Claudette s'en rend compte. - Tu es en avance pour la répétition.

Je ne suis pas venu pour la répétition. Je suis venu à propos de ça.

- Tu vois, il l'a amenée. - Il tient peut-être à te la faire connaître.

Tu ne connais pas Jim. Moi non plus, d'ailleurs.

Mais tant d'années ont passé... J'ai pensé que peut-être...

Marie ...Tu ne crois pas que tu ferais mieux de partir avant qu'il n'arrive ?

Ma fille est à Paris, Paul. Elle est ici !

Tout ce que je veux, c'est la voir.

- Est-ce mal ? - Probablement, mais...

Ce n'est pas ce qui importe.

Ce qui importe, c'est que tu la vois sans que son père le sache.

- Tu veux bien m'aider ? - Bien sûr, bien sûr.

Et puis, je veux savoir quel genre de femme tu aurais été

si tu étais née au Texas.

- Comment nous y prendre ? - J'ai déjà tout prévu.

Tu as gagné.

- Je voudrais que tu te vois... - Suis-je belle ?

Je vais être envié par tous les Parisiens.

Monsieur Milan n'a pas encore appelé, nous allons pouvoir nous esquiver.

- Allons-y. Où allons-nous d'abord ? - D'abord ?

Tu veux que je passe une nuit blanche.

Je veux que tu m'emmènes partout.

Vous feriez mieux de commençer par manger. Paris ou pas Paris, il faut manger.

Bonne vieille Glynnie.

Au temps du Roi Arthur, on vous aurait appelé "Lady Glynnie la pratique".

Peu importe mais ne revenez pas avec une indigestion.

C'est bon pour les touristes.

Voulez-vous venir avec nous ?

Non merci, je vais me mettre au lit avec un bon roman français.

Ne m'attend pas, il est possible que je ne rentre pas de la nuit.

Tu fais cela et je le dis à ton père.

Voulez-vous me rappeler votre nom jeune homme ?

Monsieur Jacques Dauphin.

Prenez bien soin de cette jeune femme, Monsieur Dauphin.

Mais bien sûr, ne suis-je pas d'une excellente famille !

Il faut se méfier de ce Français. Son charme est suspect.

N'exagérons rien. Je ne pense pas que vous ayiez quelque chose à craindre.

Si on nous demande Glynnie, nous sommes sortis dans Paris.

- Bonsoir. - Bonsoir.

- Bonsoir Monsieur, Madame. - Bonsoir.

Avez-vous une belle table pour deux ?

Quelque chose de discret ?

Par ici, s'il vous plaît.

- Prendrez-vous du champagne ? - Certainement, l'occasion est exceptionnelle.

Puis-je vous demander quelle est cette occasion ?

Nous ne l'avons pas encore décidé.

Oh, je vois.

- Regarde ce menu ! - Il y a tant de bonnes choses que j'hésite.

Je vais prendre un potage, un canard à l'orange, un soufflé, des crèpes suzette et du café.

J'ai très envie d'une Vichyssoise.

Tu sais bien que le potage froid ne te vaut rien.

- Ensuite, des escargots. - Les escargots sont lourds à digérer.

- Et du boeuf Stroganoff. - Il est fait avec de la sauce au vin.

Mais nous sommes à Paris !

Mais tes crampes d'estomac te suivent partout.

Voulez-vous commander maintenant ?

- Et pour vous Monsieur ? - Je te fais confiance.

Côtelettes de mouton et petits pois à la française.

Cela ne te fera pas mal à l'estomac.

- Veux-tu que nous dansions ? - Cela m'ouvrira peut-être l'appétit.

- Tu danses bien. - Tu danses bien aussi.

Nous devrions danser plus souvent.

- Bonsoir - Bonsoir.

- Puis-je jouer un air spécialement pour vous ? - Je ne crois pas.

Vous avez certainement une préférence. Quel est votre air favori ?

"Sous le ciel bleu du Texas."

- "Sous le ciel bleu...". Quoi ? - Papa !

"Sous le ciel bleu du Texas."

Ne me dites pas que vous ne l'avez jamais entendu.

Nous jouons n'importe quel morceau.

Chantez-nous l'air.

Pas si fort.

J'ai une idée. Vous jouez seulement "oompah oompah ...".

Allons-y.

Oh, non, non, non !

Vous arrêtez de jouer quand il tape des mains.

Quand il chante à nouveau, vous faites à nouveau "oompah".

Comme vous voulez.

- A toi ! - Moi ...? Très bien.

C'est ton tour.

A votre tour maintenant !

Non ! Texas !

- Oh, mes pieds sont... - Chut, ne réveille pas Glynnie.

Il est encore tôt, nous pourrions retourner dans cette boîte de nuit.

Nous pourrions faire le concours de charleston !

- Oh, papa ... - Je ne suis pas si fatigué.

Il tient le coup le vieux garçon !

- J'ai passé une merveilleuse soirée. - C'était un bon moment, non ?

- Ce Monsieur Dauphin me plaît. -Tu lui plais aussi.

Je suis enchantée d'être à Paris.

Glynnie pourra t'emmener partout pendant mes quelques jours à Londres.

Si tu as récupéré, je t'emmènerai à nouveau danser.

Cela me plairait.

- Bonne nuit, papa. - Bonne nuit, ma chérie.

Liz ! N'oublie pas de te laver les dents !

"Bienvenue à Paris. Marie".

Je pensais l'avoir oubliée. Mais j'ai reconnu son écriture.

Je me souviens de la première fois où je l'ai rencontrée.

C'était en 1927. Il y avait une convention de l'American Legion.

BIENVENUE A PARIS

Ne pars pas Jim.

Cette Marie Devarone est la plus jolie fille de Paris

Impossible.

J'ai rendez-vous avec la plus jolie fille de Paris.

Où vas-tu, Jim ?

Je te l'ai dit, voir la plus jolie fille de Paris.

Bonne chance.

Vous n'êtes pas prête ?

Prête pour quoi faire ?

Ils ne vous l'ont pas dit ?

Je suis Jim Rogers.

Votre escorte de la Légion.

Pourquoi ai-je besoin d'une escorte de la Légion ?

Ce n'est pas tellement pour vous, Madame. C'est pour la Légion.

Je vois.

Vous êtes du Texas, non ?

Comment le savez-vous ?

Oh, nous avons un dicton.

Quand tu vois un homme grand et bavard, il est du Texas.

Et du reste, je l'ai vu sur votre calot.

Vous l'avez vu sur...

Où avez-vous appris l'anglais ?

J'ai appris...

Bien, nous pourrons en reparler pendant le dîner.

Je suis désolée, je ne vous connais même pas. Je ne peux vraiment pas sortir avec vous.

Vous avez tout à fait raison.

Je suis un parfait étranger. N'importe quoi peut vous arriver.

Je suis content que vous n'ayez pas accepté de sortir avec moi.

Je vous ramène chez vous en sûreté

et nous ne parlerons à aucun étranger en chemin.

- Mais je viens juste de... - On n'est jamais assez prudent.

- L'American Legion m'a chargé de vous dire... - La situation est déjà bien en main.

Excusez-nous, fiston.

J'appelle un taxi.

Non, j'habite à deux pas d'ici, au coin de la rue.

Vous voulez vraiment rentrer chez vous ?

Vous m'avez dit que vous me ramèneriez chez moi, saine et sauve.

Les Texans sont supposés être des hommes d'honneur.

Bien, je ne ferai pas honte au Texas.

Vous aimez Paris ?

Je ne sais pas. Je n'ai pas eu l'occasion d'en voir grand chose.

J'embarque samedi.

- Voulez-vous faire quelque chose pour moi ? - Je ne sais pas. Quoi donc ?

Faites-moi une liste des endroits qu'il faut que je voie.

Je n'ai rien à faire ce soir. Je pense que je pourrais les visiter.

Tout seul ?

Paris n'est pas une ville qu'il faut visiter tout seul.

Je sais.

Peut-être pourrais-je trouver un chauffeur de taxi sympathique.

Dites à ce taxi d'éviter le Sacré-Coeur, la Tour Eiffel ou l'Arc de Triomphe.

Dites-lui de vous faire voir le vrai Paris.

La place du Tertre. Les petits bistrots. Le Quartier Latin.

- Montparnasse ... - Oh, ce doit être merveilleux.

- J'aimerais... - Ne vous souciez pas de moi.

Je flânerai dans les rues, j'irai dans les cafés. Je regarderai les amoureux rire et chanter.

Ensuite, je regagnerai tout seul mon hôtel. Ne vous inquiétez pas pour moi.

Je serai votre chauffeur de taxi.

C'est ainsi que cela commença.

Je ne savais pas comment cela finirait et cela m'était égal.

Tout ce que je savais, c'est que je n'avais jamais rencontré quelqu'un comme Marie.

Elle tint sa promesse. Elle me fit visiter Paris.

Mais à mes yeux, c'est elle qui incarnait Paris.

Nous passions tout notre temps ensemble et tout ce que nous faisions était amusant.

Nous marchions dans les rues et nous regardions les jeunes amoureux.

Mais ils ne nous voyaient même pas.

Nous allâmes dans les cafés où il y avait de la musique et du vin.

Je me souviens que nous avons beaucoup ri.

C'était un monde merveilleux.

Nous fîmes même un pique-nique sur les berges de la Seine.

J'avais l'intention de lui parler mais le moment ne s'y prêta pas.

Elle devait aller à une répétition.

Je l'accompagnais.

Je ne savais même pas ce que cet homme disait.

On aurait pu aussi bien me faire signer une police d'assurance.

C'est une drôle d'impression de se marier dans une langue étrangère.

Mais peu importe.

L'essentiel pour moi était que Marie fût ma femme.

Nous primes le premier bateau pour l'Amérique.

Et voilà, j'étais un éleveur du Texas

rentrant au pays avec une épouse française.

Même mon troupeau allait être surpris.

Marie n'avait jamais rien vu de comparable au Texas.

Et le Texas, c'est sûr, n'avait jamais rien vu comme Marie.

Je ne l'avais pas perçu au début mais quand nos amis disaient :

"Comment allez-vous ?", cela signifiait "Cela ne tiendra pas !"

Nous n'avions pas beaucoup de sujets de conversation.

J'étais éleveur

et Marie ne s'intéressait pas à l'élevage.

Elle avait le mal du pays.

Mais je pensais que le temps et le Texas soigneraient tout cela.

Un an plus tard, je pensais que tout allait s'arranger.

Elizabeth Bruget Rogers vit le jour.

Bruget était le prénom de mon grand-père. Mais cela ne servit à rien.

Marie vivait dans un autre monde.

Elizabeth fêta ses deux ans.

Mais Marie avait toujours ses pensées à Paris.

Le Texas était à des milliers de kilomètres.

Un jour, Liz et moi revenions d'une promenade à cheval.

Glynnie nous attendait.

Je savais ce que contenait la lettre avant de la lire.

Elle se sentait seule et elle rentrait chez elle.

Le Texas ne pourrait jamais être le pays de Marie.

Nous l'avions tous les deux compris trop tard.

C'était fini.

Quand à moi, je décidais que les choses en resteraient là.

Bonjour, une lettre pour vous.

C'est Monsieur Milan ?

C'est le chasseur avec du courrier.

Rien pour moi ?

Non, c'est pour moi. Une lettre de Bob. Du courrier spécial par avion.

- Rien de grave ? - Il est au Texas et elle est à Paris.

- Ecoutez : "Chère Liz, il est arrivé hier soir." - Qu'est-ce qui est arrivé ?

Un nouveau tracteur.

"C'est un Webster à quatre roues motrices".

- Quelle émotion. - Quoi d'autre ?

"Empattement 178 cm. 122 cm de calibre ".

- "Longueur 3,81 m Hauteur 1,36 m." - C'est tout ?

Non. "Il a un moteur de 4 cylindres à haute compression".

C'est un vrai romantique...

Vous êtes de parti pris Glynnie. Après tout, ce sera pour eux deux.

Oui, c'est sûrement le rêve d'une jeune fille, un tracteur...

Je lui manque et il vous adresse son bonjour.

Ce doit être Monsieur Milan. Dis-lui que j'arrive dans un instant.

Glynnie, je m'absente quelques jours. Pourrez-vous veiller sur Liz ?

- Et tenez-là à l'écart des étrangers. - Et des mères...

Monsieur Milan ?

- Mademoiselle Rogers ? - Elisabeth Rogers, entrez.

Voici mon fils, André.

Comment allez-vous, Monsieur Milan ?

- Bonjour, je ne... - Excusez-moi.

Qu'alliez-vous dire ?

C'est une agréable surprise, mon père ne m'avait pas parlé de vous.

Ton père n'en savait rien lui-même.

- Ah, Monsieur Milan, je suis Jim Rogers. - Comment allez-vous Monsieur Rogers ?

Voici mon fils, André. André !

Comment allez-vous Monsieur Rogers ? Je suis ravi de vous connaître.

Je vois que vous l'êtes.

C'est sympathique que vous alliez ensemble à Londres.

Je ne vais pas à Londres. Je les conduis seulement à l'aéroport.

Du moins c'est ce qui était prévu mais je pourrais être utile ici.

Qu'avez-vous en tête ?

Peut-être votre fille a-t-elle des courses à faire, Madame Rogers ?

- Je suis Mlle Glynn. - Bonjour Mlle Glynn. Je pensais que...

Il y a de charmantes boutiques, mais il faut savoir les découvrir.

- Et vous savez où les trouver ? - Je n'ai aucune idée des endroits où les trouver.

Vous voyez ?

Nous pouvons prendre un taxi pour l'aéroport.

Nous ne voulons pas empêcher Liz de faire des emplettes.

- Vous serez très satisfait des taxis. - Bien, nous y allons Monsieur Milan ?

Bon shopping.

Merci papa. Je t'achèterai des jolies cravates.

Tu n'auras peut-être pas le temps.

Je suis prête dans un instant. Nous allons faire les boutiques ensemble.

Ce sera charmant.

Je suis vraiment désolée. Elle m'a vu naître. Elle ne réalise pas que j'ai grandi.

- Elle est vraiment myope alors. - Dites-moi...

Vous êtes français mais vous parlez sans accent.

Je suis né en Italie.

Mais vous n'avez pas d'accent italien.

J'ai été à l'école à Londres.

- Pourquoi n'avez-vous pas d'accent anglais ? - Parce que je suis Français.

Excusez-moi.

"Bonjour, Bonjour ..."

- Que fait-il ? - Il veut vous regarder au grand jour.

Ah oui ? Je ne veux pas de cette plaisanterie. Qui est-ce ?

Qui êtes-vous Monsieur ?

Je suis Claude Duval. Regardez ! Elle a le profil d'un ange...

Il dit que vous avez le profil d'un ange.

Il est fou !

Non, c'est Claude Duval. C'est le plus grand peintre français.

Il dit que votre cou a la grâce du cygne.

- Il va faire votre portrait. - Je ne peux vraiment pas...

- Vous avez les plus beaux yeux du monde. - C'est lui qui le dis ?

- Non, c'est moi. - Mais, je...

C'est un grand honneur. Il a peint des célébrités dans le monde.

Mais je ne suis pas célèbre !

Il sera offensé si vous refusez.

Si vous insultez Duval, vous insultez la France.

Vous pourriez provoquer un incident international.

Qui pourrait imaginer que ce petit bonhomme est le plus grand peintre français ?

Oui, Mademoiselle. Je viendrai à 3 heures.

Sans faute !

Je crains de n'être jamais un bon diplomate.

Si vous l'étiez, les autres pays n'auraient aucune chance.

Attendez-moi un instant, je vais me préparer.

- Ne vous en allez pas. - N'ayez crainte.

Fais attention ! J'écoute aux portes.

Ma chère Glynnie, as-tu envie de sortir cet après-midi ?

Tu irais voir l'Arc de triomphe, le Panthéon, la Tour Eiffel, le tombeau de Napoléon.

J'adorerais.

Ne t'en prive pas. Monsieur Milan et moi avons d'autres projets.

- Je ne pense pas que... - Chut.

C'est à quel étage ?

Sans doute au dernier. Un artiste a besoin de lumière.

Il n'y a pas d'ascenseur ?

Voici l'ascenseur.

Il doit monter et descendre chaque jour ?

Uniquement quand il a besoin de sortir.

Il doit être fatigué pour peindre.

Comment allez-vous ?

Entrez, entrez. Je ne peux pas faire votre portrait ici.

Je suis heureux que vous soyez venue.

Je vous remercie de m'avoir sollicitée.

Mais je ne comprends pas pourquoi vous voulez me peindre.

Vous ne m'avez jamais vue avant.

Votre photo était dans le journal.

Mais on n'y voyait pas mon visage.

On y voyait votre...votre coude. J'adore peindre les coudes.

- Excusez-moi. - Merci.

Cet atelier est ravissant, n'est-ce pas ?

Elle est vraiment très jolie.

Elle est jolie. Et moi, je suis un idiot.

Des coudes !

- Vous trouvez qu'elle me ressemble ? - Personne ne vous ressemble.

Qui est ce jeune homme ?

C'est un de mes admirateurs.

Vous pensez qu'elle l'aime ? Vous croyez qu'il s'intéresse à elle ?

Je suis un artiste, pas un psychiatre.

Bien, vous l'avez vue. Maintenant, je vais peindre ses coudes.

S'il vous plaît, encore un service.

Une jolie femme ne doit jamais dire "s'il vous plaît".

Ce serait trop difficile pour les autres.

Pourriez-vous lui suggérer que le jeune homme l'emmène au Parisien ce soir ?

- Pourquoi pas ? - Faites attention à la façon de le faire.

Amenez cela dans la conversation. Par hasard.

Laissez-moi faire. J'ai le tact français.

Pourquoi n'emmenez-vous pas la jeune femme au Parisien ?

Je ne sais pas. Je n'y avais pas songé.

Et vous êtes un Français !

- Aimeriez-vous y aller ? - J'adorerais y aller.

Bien. Ce soir.

Maintenant. Votre manteau, s'il vous plaît.

Parfait. Voulez-vous vous asseoir ici ?

Votre main, s'il vous plaît. Celle-ci aussi. Bien.

Maintenant, nous allons travailler.

- Bonsoir, Mademoiselle. - Bonsoir.

- Avez-vous réservé une table ? - Non, je suis désolé.

Nous devrions avoir une table pour vous. Nous venons d'avoir une annulation.

Suivez-moi, s'il vous plaît.

- Vous aimerions une table près de la scène. - Je n'ai que celle-ci à vous proposer.

- Est-ce la meilleure table... - Si cette table ne vous convient pas...

C'est très bien, André.

Madame, Monsieur...la carte.

- Est-ce que la jeune fille est arrivée ? - Je crains de ne pas l'avoir vue.

Elle va venir avec un garçon brun de son âge.

- Je vais guetter les enfants. - Merci Jean.

Pardonnez-moi de vous poser la question mais...

ce garçon brun du même âge que la jeune fille, quel âge a-t-il ?

Je ne sais pas. Sans doute 20 ou 21 ans.

Bonsoir. Mais que faites-vous ici ? Vous devriez être près de la scène.

Comment avez-vous pu leur donner cette table ? C'est une insulte.

Je ne serais pas surpris s'ils ne remettaient pas les pieds ici.

Ils doivent avoir la meilleure table de la maison. Près de la scène.

- Quelqu'un devra être puni pour cela. - Non. Ne vous donnez pas tant de peine.

De la peine ? C'est un honneur pour la France de servir. Suivez-moi.

- C'est magnifique. - Oui, en effet.

Un champagne de 1929, pour commencer.

Si vous voulez vous fier à mon goût. Nous avons un chef qui cuisine des merveilles.

Je préférerais m'en tenir au menu.

Monsieur, vous ne voulez pas des meilleurs plats de France ?

Bien. J'y veillerai personnellement.

- Il y a quelque chose qui ne va pas ? - Non, non, tout va très bien.

La voici. Regarde-là, Paul. N'est-elle pas magnifique ?

- Je regarde sa mère. - Elle est si mignonne...

Il faut que tu lui parles. Et moi aussi...

- Pourquoi ne pas te présenter ? - Non, que pourrais-je lui dire ?

"Bonjour, je suis ta mère ?" Non, je dois faire très attention.

Oui. Et ce garçon avec elle. N'est-ce pas le fils d'Henri Milan ?

Oh oui. Oui, je crois. Son père vient ici de temps en temps.

- Tu vois, tu connais son père. - Mais je ne l'ai jamais rencontré.

Son fils n'a pas besoin de le savoir.

Va te préparer. Nous passons dans quelques minutes.

- André, c'est une folie... - Oui, je sais.

C'est une merveille.

Une de nos plus fines spécialités.

- On va vous présenter la suite. - Il y a d'autres plats ?

- Nous ne pouvons pas manger tout cela. - Qui sait ? Vous pourriez avoir des invités.

Nous n'attendons aucun invité.

Monsieur, c'est le charme de Paris. On ne peut jamais savoir.

- Vous voulez un verre de vin ? - Pierre, quel est ce vin de 1929 ?

- Apportez un 1928, tout de suite ! - Oui, Monsieur.

- Je ne suis qu'un modeste employé de l'Etat. - Monsieur, rien n'est trop bon pour l'Etat !

Si vous voulez m'excuser, je vais m'occuper de la suite du repas.

Bonsoir Mesdames et Messieurs. Bienvenue au Parisien.

Je voudrais chanter une nouvelle chanson.

Une belle chanson sur la plus belle ville du monde.

Paris !

Merci. C'est un grand plaisir pour moi de vous présenter

une grande artiste française : la belle Mademoiselle Marie Devarone.

- N'est-elle pas adorable ? - Je n'ai pas remarqué.

- Bonne chance, chérie. - Merci.

Bonsoir. Merci.

- N'êtes-vous pas le fils d'Henri Milan ? - Oui, André.

J'étais sûre de vous avoir reconnu. Comment va votre cher père ?

Bien, merci. Il ne m'avait pas dit...

- Voulez-vous vous joindre à nous ? - Avec plaisir, merci.

Permettez-moi de vous présenter mademoiselle Elizabeth Rogers.

- Je suis ravie de faire votre connaissance. - Merci. Je suis ravie également.

Pardon, Mademoiselle. Maître Bernais voudrait vous inviter à sa table.

Pas maintenant, Jean. Je suis avec Monsieur Milan.

- Puis-je vous offrir quelque chose ? - Non, merci, j'ai tout ce que je peux désirer.

- J'ai adoré votre chanson. - C'est vrai ?

- Le ministre de l'Intérieur vous demande. - Je le verrai dans un moment.

Vous ne devriez pas le faire attendre. Je travaille pour lui, modestement.

Dans ce cas, je serai très aimable avec lui. J'espère vous revoir bientôt tous les deux ?

- Peut-être pourrais-je vous faire visiter Paris ? - Vous êtes très gentille, mais je...

Peut-être pourrions-nous déjeuner ensemble demain ?

Eh bien, oui, avec plaisir.

Oh, mon Dieu mais je ne peux pas.

J'ai une séance de pose avec Monsieur Duval demain.

Claude ? C'est un vieil ami à moi. Il se fera un plaisir de nous recevoir.

Bien, je dois y aller et être très aimable avec le ministre maintenant.

On se voit demain. Faites mes amitiés à votre père, André.

Merci, Mademoiselle. Je le ferai.

- Au revoir. - Au revoir.

Mon père connais plus de gens que je ne le pensais.

- Est-ce que tout va bien ? - Non.

- Non ? - Non.

La nourriture est délicieuse, mais je ne sais pas comment payer l'addition...

- Mais vous êtes nos invités. - Pourquoi ?

Monsieur, nous n'avons pas souvent la chance d'inviter les hauts fonctionnaires de l'Etat.

N'est-ce pas délicat ?

Je ne savais pas que j'avais autant d'importance.

Peut-être que je devrais demander une augmentation.

- Voulez-vous danser ? - Avec grand plaisir.

- C'est merveilleux. - Nous dansons ?

- Merci. - Pourquoi ?

De chanter comme vous chantez. De danser comme vous dansez.

Et d'être aussi ravissante.

Les garçons du Texas ne parlent pas comme ça.

Téléphone, Pierre.

Allô ?

Je ne vous entends pas.

- Londres... Londres... - Non, je n'ai pas besoin de Londres.

- Ici Londres. Vous êtes là ? - Bien sûr, sinon vous ne m'appelleriez pas.

Allô, Glynnie? Je suis désolé de vous réveiller.

Je ne dormais pas. J'attendais que Liz revienne.

Je croyais vous avoir dit de la surveiller.

Ne vous inquiétez pas, Liz n'a pas vu sa mère. Faites confiance à Glynnie.

Liz est sortie avec André.

Alors, il n'y a rien à craindre.

- Elle est avec André. - Mon fils est un garçon bien élevé.

Nous n'avons pas perdu notre temps. J'ai fait les magasins toute la journée.

J'ai acheté quelques mouchoirs et des fantaisies.

Je crois que j'entends Liz qui rentre. Ne quittez pas, je vais aller la chercher.

- C'était une merveilleuse soirée, André. - Une soirée parfaite.

Ton père est au téléphone. Il t'appelle de Londres.

- Bonne nuit, André. - Bonne nuit.

Vous avez passé une bonne soirée ?

Oui merci. Il ne lui a manqué qu'un baiser d'adieu.

Maintenant, c'est une soirée parfaite.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

Jamais je ne me suis tant amusée. André est tellement adorable.

Nous avons été au Parisien. Tu en as entendu parler ?

Il y avait une chanteuse qui est venue discuter avec nous.

Elle nous a transmis son bon souvenir pour Monsieur Milan.

Je vais lui dire, il est justement ici.

J'ai un message pour vous d'une jolie femme. Elle dit que vous êtes un de ses amis.

Quel est son nom ?

Quel est son nom, Liz ?

Marie Devarone. Tu en as entendu parler ? Allô...Allô.

Oui, j'ai entendu parler d'elle.

Qu'avons-nous fait ? Des conférences, un tas de choses.

Nous pensions rester jusqu'à la fin de la semaine.

Mais je pense que nous pouvons avoir terminé demain.

Je te verrai demain soir, Liz. Bonne nuit, chérie.

- Demain, cela me paraît trop tôt. - Cela me paraît trop tard.

- Comme vous voulez. Qui était cette femme ? - Marie Devarone.

Elle est charmante mais je ne l'ai jamais rencontrée. Elle connait sans doute André.

Mon fils connait plus de monde que je ne le pensais.

Oh, mon Dieu ! Et si elle n'aime pas le thé ?

Elle est américaine. Elle boit de tout.

Si elle ne m'aimait pas un peu, elle n'aurait pas accepté de me revoir, non ?

Est-ce que cela ne veut pas dire qu'elle m'aime un peu ?

Marie,

cessez de me poser des questions stupides. Je peins.

Excusez-moi.

Claude, qu'arriverait-il si je lui disais que je suis sa mère ?

Je serais sans doute tué par son père.

- Ils sont là ! - Ils sont invités ici, non ?

Depuis que vous êtes devenue maman...

Oh, allez les recevoir !

Je vais les faire entrer.

- Monsieur Duval. - Entrez, entrez.

- Bonjour Elisabeth. - Bonjour Mademoiselle Devarone.

Je vous en prie, appelez moi Marie. Comment allez-vous, André ?

Allez-vous peindre à nouveau mon coude ?

Non, maintenant, je vais peindre votre visage.

Le visage d'un ange.

Allez vous changer là-bas.

Ce n'est plus la peine de jouer la comédie. Nouss allons prendre le thé.

Quelle comédie ? Elle a un très joli visage. Je veux le peindre.

- Oui mais je veux lui parler. - Vous pourrez lui parler plus tard.

- J'ai des fourmis dans les jambes. - Chassez-les... mais ne bougez pas.

Bien, mais c'est impossible sans bouger.

C'est bon, arrêtons-nous et prenons le thé.

- Mon Dieu, c'est éreintant. - J'imagine que ça doit l'être.

Elle imagine que ça doit l'être. Elle a posé des centaines de fois.

Vraiment ?

Oui, quelquefois.

- Je ne suis vraiment pas surprise. - Merci

Maintenant, prenons le thé. Vous aimez le thé ?

Je bois de tout.

Asseyez-vous ici et André là. Du sucre ?

Un seul, s'il vous plaît.

J'aime beaucoup Le Parisien.

J'en suis heureuse.

Il faudra que j'y retourne avec Liz.

Ils sont très aimables avec les fonctionnaires.

- Parlez-moi de vous. - Il n'y a pas grand chose à dire.

Il y a beaucoup à dire au contraire.

Elle danse divinement, chante comme un ange et...

- Oh, arrêtez ! - Vous chantez ?

Mon père m'a fait donner des leçons de chant quand j'étais toute petite.

Votre père vous a fait donner des leçons de chant ?

C'est charmant.

Oh, je viens juste de m'en souvenir !

J'ai des peintures à faire dans l'autre pièce.

- Voulez-vous m'aider ? - Bien sûr, Monsieur.

Où êtes-vous allée à l'école ?

A Clary au Texas, où je suis née, dans une petite ferme.

Oui, une jolie petite ferme...

Elle était vraiment petite mais papa l'a agrandie depuis la mort de ma mère.

Mon père était un gros éleveur quand il s'est intéressé à la politique.

Il travaille pour l'ONU.

Il est ici pour faire un discours.

Mais bien sûr, il n'aurait pu le faire sans Mlle Glynnie et moi.

Cette Mlle Glynnie... Elle est sûrement très bien.

Oui, elle est merveilleuse. Elle s'occupe de moi depuis ma naissance.

Mais ce n'est pas pareil, n'est-ce-pas ? Je veux dire...

Il doit y avoir des moments où c'est difficile de ne pas avoir de mère ?

Je ne sais pas. Je n'ai jamais eu de mère.

Elisabeth, cela vous ferait plaisir si...

Oui ?

...si nous nous revoyons avant votre départ ?

- Oh, j'adorerais ! - Moi aussi.

Vous êtes étonnant. Je n'aurais jamais cru que nous pourrions finir en une journée.

Quel rush !

- J'ai des choses à faire à Paris. - Pour affaires ?

Non. C'est pour le plaisir.

Ah, formidable !

- Juste, quoi ? - Oh papa. Nous ne t'attendions pas si tôt.

J'ai pris le premier avion.

Bonjour, Monsieur.

Où est Glynnie ?

- Tu te souviens d'André, n'est-ce pas ? - Où est Glynnie ?

André l'a envoyée chez le coiffeur.

Je veux la voir immédiatement.

Quelque chose ne va pas, Monsieur ?

Non, tout va très bien.

Je veux seulement voir ma gouvernante, si vous me le permettez.

Je m'excuse, Monsieur.

Eh bien, asseyez-vous.

Maintenant qu'Elizabeth est dans l'autre pièce,

je voudrais avoir une petite conversation avec vous.

Je voudrais vous parler moi aussi. C'est à propos d'Elizabeth.

- Nous nous sommes beaucoup vus... - Où avez-vous rencontré Marie Devarone ?

- Au Parisien où elle travaille. Je suis fou d'elle. - De Marie Devarone ?

Non, d'Elizabeth. Vous ne savez pas grand chose de moi mais...

Combien de fois Marie et Liz se sont-elles vues ?

- Plusieurs fois, je crois. - Qu'a dit Liz à son propos ?

Juste que c'est une femme charmante et une merveilleuse chanteuse. A propos...

- J'aimerais épouser votre fille. - Comment Liz a-t-elle pu...

- Que dites-vous ? - Je voudrais épouser votre fille.

Cela vous prend soudainement ?

C'est parce que vous n'avez pas voulu m'écouter, Monsieur.

- Mais vous êtes un jeune homme ! - Je sais et Elizabeth est une jeune fille.

- C'est pour cela que nous voulons nous marier. - Ah, oui ?

Je ne pense pas pouvoir vous répondre maintenant.

Je dois en parler aussi avec Elizabeth.

Nous ne voulons rien faire à la hâte, André.

J'examinerai votre proposition avec beaucoup, beaucoup de sérieux.

Merci, Monsieur.

Après cela, je ne pense pas que vous épouserez Elizabeth.

Elizabeth !

Elizabeth !

- Oui, papa ? Où est André ? - Il est parti.

- Où est-il allé ? - Je ne lui ai pas demandé sa destination.

J'espère que tu n'as pas été désagréable avec André.

C'est vraiment un garçon formidable.

C'est ce dont il m'a informé.

- Alors, vous avez vu Marie Devarone ? - Oui, elle est formidable.

Je suis content que tout le monde soit si formidable.

Il n'y a plus qu'à rester à Paris et à ne plus rentrer chez nous.

Ce n'est pas une si mauvaise idée. Et je le ferai peut-être.

Liz, ne parle pas comme ça !

Tu n'arrêtes pas de crier depuis que tu es dans cette pièce.

Que se passe-t-il ?

Rien. Je pars à Londres pour quelques jours.

Je rentre à la maison et je trouve ma fille

qui veut épouser un Français que je n'ai jamais vu avant.

Et qui veut passer le reste de sa vie à Paris. A part ça, rien de préoccupant.

Ce qui te gêne, c'est qu'André est français.

Tu as dit toi-même qu'il ne doit pas y avoir de barrières entre les peuples...

- Je voulais dire... - Que cela s'applique aux autres.

Elizabeth, je t'interdis de revoir à nouveau André ou cette Marie.

- Tu m'interdis ? Je ne suis plus une enfant. - Je suis obligé de te traiter comme telle.

Je vais réserver pour notre retour.

Je suis venue dès que j'ai pu. Que se passe-t-il ?

Qu'avez-vous fait à votre tête ? C'est affreux.

- J'ai une réservation au nom de Rogers. - Par ici, Monsieur.

Entrez.

Entre, Jim.

- Que doit-on dire après tant d'années ? - Ce que tu as oublié de dire autrefois : "Adieu".

Je le reconnais. "Adieu" Jim. C'est ridicule.

- Oui, j'en conviens. - Assieds-toi.

Tu as bonne mine.

Je vais bien. J'ai appris que tu as vu Elisabeth.

Oui. C'est une charmante enfant. Et si mignonne.

- Elle tient de moi. - Tu dois être très fier. Tu l'as très bien élevée.

Merci.

- En tous cas, jusqu'à présent. - Quelque chose ne va pas ?

C'est difficile à expliquer.

Elle se prend pour Jeanne d'Arc.

Je ne comprends pas.

Elle joue la martyre parce que je ne veux pas

qu'elle épouse un Français qu'elle connait depuis moins d'une semaine.

André est un très charmant garçon. Pourquoi ne se marieraient-ils pas ?

Tu es la dernière personne au monde qui devrait poser cette question !

Tu es contre à cause de nous ?

Oui.

La place de Liz est en Amérique. Elle doit se marier avec un très gentil garçon.

- Lui en as-tu parlé ? - Je lui ai défendu de revoir André.

- C'est maladroit. - Je connais Liz.

Et je crois qu'il est préférable que tu cesses de la voir.

Entrez.

Pardon, Mademoiselle. Ils sont là.

Je m'en vais.

- Un instant... Qui est là ? - Mademoiselle Rogers et Monsieur Milan.

Elle ne peut pas être ici !

Si elle n'était pas ici, elle n'occuperait pas ma meilleure table !

- Elle ne m'a jamais désobéi avant. - Ne la blâme pas trop.

C'est moi que je dois blâmer.

Jim.

Nous voulons tous les deux qu'Elizabeth soit heureuse.

Peut-être puis-je l'aider.

- Comment ? - Assieds-toi.

Je ne veux pas qu'elle commette la même erreur que nous.

Si elle aime ce garçon en Amérique, elle doit l'épouser.

Et elle s'apercevra qu'André n'était qu'une romance passagère.

Quoi ? Qu'est-ce qu'une romance passagère ?

Quoi qu'il en soit, si tu me laisses t'aider,

elle épousera ce garçon qui est son voisin.

Tu en es sûre ?

A condition que tu me laisses faire.

Fais attention qu'ils ne te voient pas sortir.

Et surtout ne dis rien à Elizabeth.

- Je vais m'y efforcer. - J'aime quand tu as besoin de moi.

C'était la seule chose qui n'allait pas avec toi. Tu n'avais jamais besoin de moi.

Tes cheveux sont un peu clairsemés.

Oh, non...

Tu es très bien.

- Et toi tu es... - Oui ?

- Ta voix s'est beaucoup améliorée. - Merci.

C'est ce que toutes les femmes aiment entendre dire.

Que leur voix s'est beaucoup améliorée.

Une année en France te ferait beaucoup de bien.

Chérie, je... Excusez-moi, je pensais que tu étais seule.

Non, non, ne pars pas. Nous parlions souvenirs avec un vieil ami.

Monsieur Rogers, Monsieur Sarnac.

Comment allez-vous ?

Le père d'Elizabeth. Vous avez une fille délicieuse.

Merci beaucoup.

- Je peux compter sur toi ? - Elizabeth peut compter sur moi.

- Au revoir. - Au revoir, Jim.

- Eh bien ? - Je le trouve très grand.

Et très sympathique.

Je suis toujours mal à l'aise quand deux divorcés deviennent amis.

C'est très inconvenant !

Il est venu me parler d'Elizabeth.

Paul, comment peut-on empêcher deux être de s'aimer ?

Tu t'adresses à la mauvaise personne.

Jim a raison. Elle ne devrait pas épouser André.

Elle ne sera jamais heureuse.

Je crains que devenir mère après tant d'années ne soit au-dessus de tes forces.

Ne t'occupe pas de cette affaire.

C'est peut-être la seule chose que je ne pourrais jamais faire pour elle.

J'espère que tu ne commets pas une erreur.

- C'est appétissant. - Merci, Monsieur.

Je suis surpris que tous les fonctionnaires ne dînent pas ici.

Il faudra que je leur en parle.

Vous paraissez bien distraite, Elisabeth.

Je suis désolée. Je m'inquiète pour papa. Depuis quelque temps, il n'est plus le même.

Bonsoir.

Puis-je vous présenter Monsieur Sarnac ? Mademoiselle Rogers, Monsieur Milan.

- Je vous en prie, asseyez-vous. - Votre robe est ravissante.

- Merci, vous êtes adorable. - Vous vous amusez ?

Oui, j'adore Paris. Ce soir, André me servira de guide.

Rien ne presse.

- J'ai tellement de choses à vous demander. - Vous vous intéressez à l'Amérique ?

Oui, mais aussi à vous. Que faisiez-vous quand vous étiez enfant ?

Oh, mon Dieu...

Quand j'avais 7 ans, je capturais papa au lasso.

Et je m'entrainais aussi sur Glynnie.

Je me rappelle aussi une tempête un jour d'hiver.

Le ruisseau d'habitude à sec se mit à grossir avec la pluie...

Il se mit à déborder. Je ne me rendais pas compte du danger.

La pension était nouvelle pour moi, aussi je mis ma plus belle robe.

Mais elles étaient toutes en sweater et en pantalon.

Je parie que vous étiez la meilleure élève de votre classe.

Oh, je ne sais pas...

Mon Dieu, tout le monde est parti.

Nous avons...je veux dire... J'ai parlé durant des heures.

Cela m'a semblé des secondes. Vous ne m'en avez pas dit assez sur vous.

Voulez-vous déjeuner avec André chez moi demain ?

- Merci. Avec plaisir. - J'en suis heureuse.

Je vous attends demain à 14h00.

Même les musiciens de l'orchestre s'en vont.

Il faut aviser. Je vais remplacer l'orchestre.

Nous allons créer l'ambiance. Restez ici, Marie. C'est pour vous.

Venez, j'ai besoin d'aide.

Il faudra peut-être le faire réparer.

Quoi donc ?

Le trou que vous avez fait dans ce tapis.

Il est trois heures du matin !

Vous devriez avoir honte de vous. Ce n'est plus une enfant.

A son âge, elle sait ce qu'elle a à faire. Quand elle rentrera, elle va prendre...

Vous ne ferez rien et vous vous tairez !

Vous savez quelle heure il est ? Il est plus de trois heures du matin !

Il ne faut pas que nous ayons l'air de lui dicter sa conduite.

- Pourquoi n'allez-vous pas vous coucher ? - Pourquoi n'y allez vous pas non plus ?

C'est ce que je pensais !

Je vais aller vous faire un peu de café, Monsieur Rogers.

Merci, Glynnie.

- Bonjour, Madame. - Bonjour.

Nous voudrions quatre oeufs, une demi-livre de bacon, du café et du pain.

Nous allons préparer nous-mêmes le petit-déjeuner ?

Oui, c'est vous qui allez le préparer.

Oh, c'est formidable !

Je prends le plateau. Suivez-moi, s'il vous plaît.

Hé, clients !

Si cela pouvait ne jamais finir.

Vous devez beaucoup aimer le bacon et les oeufs.

Vous savez ce que je veux dire. Vous allez bientôt rentrer chez vous.

Je sais.

Vous ne devez pas partir, Elizabeth.

Ce n'est pas le lieu pour vous faire part de mes sentiments, mais...

Voulez-vous être ma femme ? Je vous aime tellement.

- Je ne sais pas quoi dire. - Vous n'avez pas à répondre maintenant.

Répondez-moi cet après-midi.

Garçon !

C'est elle. N'oubliez pas ce que je viens de dire.

Ne restez pas là, Monsieur Rogers.

- Bonne nuit, André. - Bonne nuit, Elizabeth.

- Nous nous verrons pour le déjeuner. - Vous devriez aller vous reposer.

Certainement. Vous aussi.

Je dormirai bien. Tâchez d'en faire autant.

- Vous aussi. - Certainement.

- Bonne nuit, ma chérie. - Bonne nuit, André chéri.

Monsieur Rogers, pourquoi votre gouvernement ne pourrait-il pas...

Ne parlons pas des raisons pour lesquelles cela ne peut se faire.

Parlons des raisons pour lesquelles cela peut être fait.

Je ne connais pas le mot français pour cela.

Mais en Amérique, nous appelons cela la bureaucratie.

Je veux voir... Excusez-moi un instant...

- Tu sors ? - Oui, je ne voulais pas te déranger.

Juste quelques points à régler.

Où vas-tu ?

Cela te déplaira sans doute mais je vais déjeuner.

Je ne t'ai jamais reproché d'aller déjeuner.

- Je vais rejoindre André et Marie Devarone. - Bien, faites un bon déjeuner.

- Tu ne protestes pas ? - Pourquoi protester ?

Ces messieurs m'attendent dans la pièce à côté.

A tout à l'heure, mon chou.

- Avez-vous parlé à votre père ? - Non.

Il est d'accord pour que nous déjeunions ensemble.

Mais je n'ai rien dit à propos de notre projet de mariage.

Je le laisse faire un peu mieux connaissance avec André.

Bien sûr !

Vous aussi, vous avez peu de temps pour faire connaissance l'un l'autre.

Nous avons le reste de notre vie pour nous connaitre.

C'est si romantique qu'André et vous vous soyez rencontrés ainsi.

Presque par accident.

Vous vous connaissez depuis moins d'une semaine.

Et vous voulez déjà passer le reste de votre vie ensemble.

- Avril à Paris... - C'est l'éternelle chanson.

Mais cela n'a rien à voir.

Nous nous serions aimés n'importe où de la même façon.

N'importe où.

L'âme de Paris renait à chaque printemps. C'est la ville des amoureux.

Une vieille légende dit que quand des étrangers se rencontrent ici,

il y a toujours un heureux commencement.

Et quelle fin ?

Ce n'est qu'une légende. Où pensez-vous vivre ?

- A Paris... - Au Texas...

Je veux dire, partout où André le voudra, bien sûr.

- Son travail est ici. - Vous devez avoir une belle situation, André.

- En vérité, pas tellement. - Vous êtes modeste !

Je suis persuadé que vous pourrez offrir à Elizabeth

toutes les belles choses auxquelles elle est habituée.

A vrai dire, mon traitement n'est pas très élevé.

Ce sera un peu difficile les premiers temps.

Une seule pièce avec de l'eau froide est amusante quand on s'aime.

Eh bien, nous pourrions vivre au Texas.

Vous pourriez travailler pour papa. Il serait ravi.

J'en suis sûr mais je préfère conserver mon indépendance.

Il n'y a pas de raison que ce ne soit pas le cas.

- Et puis, j'ai un revenu personnel. - Et André a son amour-propre.

Certainement.

Je ne veux pas être à votre charge ou à celle de votre père.

Vous ne serez à la charge de personne. Vous devrez travailler.

Je n'ai aucune disposition pour être cow-boy.

Si nécessaire, vous pourriez apprendre. Mon père a été cow-boy.

Je ne suis pas votre père.

J'ai une très bonne situation ici.

Vous venez de dire qu'elle n'était pas brillante.

Elle a suffi à mon père à ses débuts et il a fait son chemin.

Il faut respecter le métier de son mari, Elisabeth.

- Sans doute, mais ... - Vous voulez que je devienne un cow-boy.

Mais je n'ai aucune envie de vivre au Texas.

Je suis parfaitement heureux dans mon propre pays.

Si vous y tenez, restez-y dans votre pays.

Je ne déteste rien de plus que l'entêtement.

Vous l'entendez !

Mon père avait raison.

On ne devrait jamais se marier entre gens de pays différents.

Vous ne savez pas de quoi vous m'avez sauvée.

Je vous en remercierai toujours. Au revoir.

Merci pour ce charmant déjeuner.

Vous avez entendu ce qu'elle a dit ? Vous l'avez sauvée !

Que suis-je pour elle ? Un monstre ?

C'est moi qui vient d'être sauvé.

Ma mère avait raison. Les Américains sont des touristes.

Je viens de l'échapper belle. Merci. Au revoir, Mademoiselle.

Oh, merci pour ce très charmant déjeuner.

Ce qui fait le charme de Paris, c'est sa folle gaieté.

Je déteste Paris.

Tu as sûrement eu une querelle avec la Tour Eiffel.

Les petites querelles font partie de l'amour.

C'est plus grave.

- Je lui ai dit des choses terribles. - S'il t'aime, il te fera des excuses.

Et s'il ne fait pas d'excuses ?

Ne court pas ce risque. Demande-lui de venir ici.

Le ferais-tu ?

Il est un peu jeune pour moi. Mais si j'étais à ta place, je le ferais.

Auteuil 8632.

- Je ne veux pas avoir l'air de céder. - Mais ne sois pas trop dure quand même.

Ce n'est qu'un homme. Il pourrait craquer.

Je serai gentille mais ferme.

C'est ça, je serai ferme.

André chéri.

Il est... ?

Indéfiniment...

Merci.

Il a quitté Paris.

Bonjour ! Nous allons tous les trois ce soir à l'Opéra.

Les entrées sont impossibles à obtenir mais le vieux docteur Rogers...

- Vous n'aimez pas l'opéra ? - Nous avons notre propre petit opéra.

Je veux rentrer à la maison.

Que se passe-t-il ?

Je veux rentrer à la maison, c'est tout.

- Quand pouvons-nous partir ? - Il y a un avion cette nuit mais...

- Nous pouvons le prendre ? - Entendu. Je vais réserver.

Oh, Glynnie !

Entrez.

- Elizabeth ! - Je suis venue vous dire au revoir.

Nous allons à l'aéroport.

- Où est votre père ? - Il m'attend dehors.

- Vous êtes contente de rentrer chez vous ? - Très contente.

Vous devez avoir hâte de revoir Bob, non ?

- Vous avez hâte de revoir Bob ? - Oh, oui, certainement.

Je dois m'excuser pour ma façon d'agir.

- Je me suis si mal conduite. - Vous étiez furieuse contre André.

- C'était des futilités... - Mais c'est déjà oublié ?

Certainement.

Oui. C'était ridicule de ma part de lui accorder la moindre pensée.

Non que je pense que nous soyons ennemis...

Ce n'est pas important...

Je lui ai téléphoné pour lui faire mes adieux.

Et savez-vous ce que j'ai appris ?

Non, je...

Il a pris la fuite !

Il n'a même pas eu le courage de rester pour avoir une explication.

Un lâche ! On n'agit pas ainsi au Texas.

Quel genre d'homme est-ce qui préfère la fuite à une bonne explication ?

Il a bien fait de partir car si jamais il me tombait sous la main...

Je ne sais pas ce que je ferais.

C'est heureux qu'il vous soit indifférent.

Marie !

Nous passons dans quelques minutes.

Très bien, Paul.

Nous avons un numéro à faire. Attendez-moi ici. Je voudrais vous parler.

- Mon père m'attend dehors... - C'est très important.

- Bien. - Merci.

- Paul ! - Oui, j'ai entendu.

Elle s'en va en Amérique pour épouser un homme qu'elle n'aime pas.

Et c'est ma faute !

Il faut retrouver André.

Mais comment ? Il est parti.

Je vais téléphoner chez lui, on me dira peut-être où il est.

S'il le faut, je préviendrai l'inspecteur Lebeau.

Je m'arrangerai pour qu'il le fasse ramener.

Ce n'est pas la peine.

Je crois que nous commencerons le spectacle en retard ce soir.

Oui !

- Bonsoir. - Je croyais que vous aviez quitté Paris.

Oui, j'ai roulé durant deux heures

et j'étais tellement en colère que j'ai fait demi-tour.

Pour quelle raison est-ce moi qui partirais ?

Je vis ici. C'est à celle de quitter Paris.

C'est ce qu'elle a fait.

Je sais, j'ai appelé pour lui dire au revoir. Elle était partie pour l'Amérique.

- N'est-ce pas ce que vous avez souhaité ? - Bien sûr, je suis content qu'elle soit partie.

Mais elle aurait pu avoir l'élégance de me dire au revoir.

Comment les gens sont-ils élevés aux Etats-Unis ?

Est-ce qu'une jeune fille française agirait ainsi ?

Non ! Je vous affirme que non, c'est une jeune fille...

- Mais vous n'êtes plus intéressé par elle. - Bien sûr que non.

Je dois faire mon numéro, maintenant.

Je voudrais vous parler.

Cela ne vous ennuie pas de m'attendre dans les coulisses ?

Je pensais que vous saviez quel bateau elle avait pris.

Nous en parlerons plus tard.

Je reviens dans quelques minutes.

Si elle ne se dépêche pas, nous allons rater l'avion.

Il y en aura un autre.

Ouais.

Allô ? Non, elle n'est pas là pour l'instant.

Vous êtes Monsieur Duval. C'est Elizabeth Rogers.

Nous allons partir maintenant.

Non, au contraire. Je regretterai vivement Paris mais...

Si c'est André qui me fait fuir ?

Pourquoi laisserai-je cet insupportable...

Elle n'est pas là pour l'instant.

Ce petit vaniteux...

André, chéri !

Je vous ai appelé mais vous étiez parti...

On m'a dit que vous étiez partie pour les Etats-Unis...

Chérie, ne me quittez jamais, jamais.

- Pardon Monsieur, avez-vous réservé ? - Non.

Je sais, je chanterai une chanson de plus.

- Bonsoir. - Où est Elizabeth ?

Elle est ici. Suis-moi.

- Où est-elle ? - Avec celui qu'elle aime.

De quoi parles-tu ?

Nous nous sommes trompés.

Ce qui nous est arrivé n'a rien à voir avec Elizabeth et André.

- Ils méritent de tenter leur chance. - Mais nous sommes convenus que...

Oui, mais les pays et les frontières n'ont rien à voir avec l'amour.

Nou n'étions pas faits l'un pour l'autre. Notre mariage fut...

Elle allait commettre une grave erreur, Jim.

Cela ne peut pas marcher. Elle connaît à peine ce garçon.

Elle ne peut pas être amoureuse de lui....

- C'est ma mère. - C'est merveilleux.

- Cela vous ennuie ? - Pourquoi ? Je suis française aussi.

- Allons le leur dire. - Non. Je ne suis pas censée le savoir.

Je vais te montrer quelque chose.

Elizabeth ! Je suis en train de t'attendre.

- J'espère que vous n'êtes pas fâché. - Bien sûr que je le suis !

Je veux juste que tu te maries en anglais.

- Merci, Monsieur. - Oh, papa !

Je suppose que vous pourrez vivre en partie aux Etats-Unis et en partie à Paris.

Merci, mais j'ai une très bonne situation ici.

Je pense que je pourrai arranger votre mutation.

Nous appellerons cela un prêt-bail.

- Mon tour de chant ! Paul m'attend. - Allons-y.

Je vous dis que je les ai vus entrer ici ! Qu'avez-vous fait d'eux ?

Je n'ai rien fait avec eux. Je vous ai dit qu'il n'y a personne ici.

Ah, ils ne sont pas ici ? Arrière, valet !

Je vous croyais partis.

Nous sommes revenus.

Nous allons rater l'avion !

Nous en prendrons un autre. Asseyez-vous.

Je ne pouvais pas vous laisser partir sans votre cadeau de mariage.

Voilà.

N'est-ce pas magnifique ?

Cela ne vous ennuie pas si je le donne à Marie ?

- Bien sûr que non. - Asseyez-vous. Asseyez-vous !

J'ai quelque chose à te dire.

Il faut t'y préparer. Ce sera une grosse surprise.

Oh, vraiment ?

Dès que cette chanson sera terminée.

FIN

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