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---
Quelqu'un marche.
---
Musique dynamique
---
--- Tintement de vaisselle
---
--- Brouhaha de voix au loin
--- ---
-ON EST LA, ON EST LA, POUR FAIRE CHIER ASTON PLAZA !
ON EST LA, ON EST LA, POUR FAIRE CHIER ASTON PLAZA !
ON EST LA, ON EST LA...
-Rentrez chez vous ! Oh, rentrez chez vous !
-On a l'autorisation d'être là. -S'il vous plaît.
-ON EST LA, ON EST LA, POUR FAIRE CHIER ASTON PLAZA !
ON EST LA, ON EST LA, POUR FAIRE CHIER ASTON PLAZA !
*Musique lounge Léger brouhaha
*--- ---
-Bonjour, mademoiselle. Je peux vous aider ?
-Oui, j'ai rendez-vous avec Agnès Simon.
-C'est l'entrée de service, de l'autre côté.
Vous allez ressortir et prendre à gauche...
-Je suis ici, ce sera plus rapide.
Je vais pas m'amuser à ressortir. -S'il vous plaît,
m'obligez pas à me répéter. -Sinon c'est la sécurité ?
-Je vais vous demander de ressortir
et de faire le tour. -C'est quoi, ces règles ?
-Patrice, Maxime, il t'a demandé.
-Ah bon ? -Il a l'air bien énervé.
-Je vous laisse voir ça avec mon collègue.
Merci, Ali.
(-Dépêche, vas-y.)
(Je lui ai menti.)
Essaye d'avoir une attitude blasée.
Faut qu'on pense que t'es une cliente.
-Qui va croire ça avec ma dégaine ?
-Y a plein de riches, ils ont des vieilles dégaines.
-J'ai une vieille dégaine, moi ? -Non, c'est pas ce que j'ai dit.
Tu vois Billie Eilish ?
Essaye d'avoir la même tête. -OK.
-T'es interne ou t'es externe ? -Je suis externe.
C'est la STM qui m'envoie.
Aspirateur
Et toi, t'es voiturier ?
-Je suis équipier. C'est pour aider les femmes de chambre.
T'as besoin de moi... -Je sais ce que c'est.
T'es le larbin. -Larbin de quoi ?
C'est canon, équipier. -Ca va, je rigole.
Léger brouhaha
-Bienvenue au royaume des larbins.
---
Y a un spa à l'étage. Ici, c'est une vraie petite ville.
Sonnerie de portable Léger brouhaha
-Là, là j'ai cousu, recousu.
Mais, c'est pas possible là, comme ça.
-Voyez avec votre boîte de sous-traitance.
-Mais Agnès m'a dit de venir vous voir.
-OK, mais voyez avec votre boîte de sous-traitance.
-Aïssata, excuse-moi. Tu peux emmener...
-Eva.
-Eva. Tu peux emmener Eva au briefing ?
Elle est nouvelle et...
-Bon, merci, hein. Je vous souhaite une bonne journée.
Léger brouhaha
-D'ici là, le mouvement se sera essoufflé.
Oui, je m'en charge. Merci beaucoup.
-Elles vont rien lâcher, les Cap-Verdiennes.
-On va finir en sous-traitance, même si je suis interne ?
-Violette, je commente pas les rumeurs.
-On va tous y passer. Ils veulent faire des économies.
-C'est ni le lieu ni le moment pour en parler.
On se concentre, c'est bon ?
Bon, je vous présente Eva qui va remplacer Ludivine.
-Bonjour. -Bonjour, Eva.
-Soyez la bienvenue.
-Simone, prenez Eva avec vous aujourd'hui.
Sur la suite Paris, vous avez deux crédits.
Vous lui montrez les règles. -Ca m'arrange pas.
J'ai mes habitudes. Elle va me retarder.
Vous pouvez pas la refiler à une autre ?
-Ca te fait quoi ?
Nous, on est payées à la chambre. On a pas de temps à perdre.
-T'auras une paire de bras en plus. -Mais...
-Je sais faire. Je faisais 25 chambres à l'Ibis.
Elle rit.
-Ma chérie, c'est pas du tout pareil.
-Vous avez fini ? Aïssata, on a un client prio
à la 516, vous vous en chargez ? -Ah non... Déjà hier,
jusqu'à 16h30, j'ai dû attendre pour faire le late check-out, là.
Donc... -Vous vous en chargez.
Safiatou, déménagez les affaires
de la 503 à la 507. Il veut une chambre fumeur côté jardin.
-Pourquoi il l'a pas prise directement ?
-Ah ça...
-Sa femme est partie. Sa maîtresse arrive ce soir.
Je peux y aller ?
-Non, vous prêtez un uniforme à Eva.
Et vous la dépannez sur les produits.
Elle souffle. S'il vous plaît.
C'est déjà assez compliqué. Je compte sur vous. Bon courage.
-Grouille, j'ai pas que ça à faire.
Toujours sur moi que ça retombe. Simone par-ci, par-là...
-Hé, la nouvelle !
Il faut pas remplacer tes copines qui font grève.
Violette rit. -Arrête de l'embêter.
Elle vient d'arriver. Et c'est un bébé.
-Par là.
C'est moi qui fais tout ici,
qui forme tout le monde. Je suis pas l'AFPA.
-Bonjour. -Bonjour.
-Tu fais gaffe à mon costume.
J'en ai pas d'autres. Tu le taches, tu payes la caution.
-Ce serait plus simple si l'hôtel fournissait directement.
-Bah t'as qu'à aller leur dire.
-C'est combien un crédit, ici ? -45 minutes.
-Ca va, on a une heure et demie !
-Ouais, ça va.
-Ah ouais !
Ah, ça blague pas.
Han !
Putain.
-Tutututut !
Tu te recoiffes. -Quoi ?
-Tu te recoiffes. C'est quoi, ça ?
Ca, c'est attitude Ibis. Ca, c'est attitude palace, c'est classe.
Elle rit. -T'es attitude palace, toi ?
-Je suis pas encore low cost, moi, OK ?
-Pff !
Regarde-moi ça, c'est n'importe quoi.
C'est moi qui vais me faire engueuler.
Elle crache. -Mets pas ta salive !
T'es sérieuse ? Tu fais quoi ? -Chut !
On se débrouille comme on peut.
Tu vas là-bas.
-Ca me dégoûte.
C'est bon ?
(-D'abord, tu sonnes. Première fois.)
Elle sonne. (T'attends dix secondes.)
Service !
Allez, bouge, bouge. -Mais non !
Putain, c'est grand.
-Bon, le plus important c'est ça, OK ?
Regarde, oh. Ca, c'est le chrono.
T'appuies ici. Après t'appuies là. Et c'est parti.
-OK. -Allez, bouge.
Va aérer.
-9 800 la nuit ? Simone soupire.
9 800 ? -Bouge-toi, je te dis !
-C'est abusé. -Oh !
Va dans la chambre, ouvre la fenêtre prends un chiffon.
Fais comme ça sur les meubles et les plinthes.
-Les plinthes, ça sert à rien.
-Dans un palace, y a tout qui est important.
Même ton haleine, c'est important. Allez, vas-y.
-ON EST LA ! ON EST LA !
-Elle me va bien. -Viens m'aider, Kim Kardachiante.
Mets-toi de l'autre côté.
Alors à trois, on soulève le matelas, OK ?
-Ouais. -Tu l'as ?
Un, deux, trois. Hop ! -C'est lourd.
-Tu passes le drap en dessous.
Allez, tire bien vers toi.
Et tu lâches.
Ca va ?
-Ouais. -Bien.
T'enchaînes avec ça.
D'abord ces oreillers-là.
Tu tapotes bien. Ouverture vers l'intérieur.
Tu poses, tu relèves, délicatement. Petites oreilles.
Pareil avec les carrés. Dans l'autre sens.
Tu relèves et hop, oreillettes. Tu termines
avec les rouges.
Pose bien dessus.
Et enfin,
avec ça.
Vas-y.
Hop.
Voilà.
Tire vers toi.
Voilà.
Descends un peu.
Et tu relâches. Hop.
(Tu vires les plis, comme ça, doucement.)
Parfait.
Petite touche finale.
Chocolat, hop.
T'es prête ?
Hop !
Top chrono.
Soupir content
On enchaîne.
T'es crevée ?
T'as intérêt à récupérer vite. Il reste 6 chambres à faire.
On est à la bourre, je te le dis quand même.
-Bon débarras.
-Toi, tu viens des Antilles, non ?
-Ouais. Enfin, c'est mon père.
-Hin hin ! Qu'est-ce que je vous avais dit ?
Violette rit.
J'ai gagné. Je vous avais dit ou pas ?
-Comment tu sais ?
-Les Antillais ont les dents carrées. T'as jamais remarqué ?
-D'où tu sors ça encore, toi ? -Je sais, c'est tout.
En tout cas, j'ai gagné le pari.
Demain, 1re sur les produits d'entretien.
-Ah non ! -C'est ce qu'on... Hé !
C'était le pari. 1re ! Violette rit.
-Ouh là là, non.
-Je vais aller voir Ludivine. Vous venez ?
Elle soupire.
-J'ai pas prévenu mon mari. Il sait même pas cuire un œuf.
Mes enfants mourraient
de faim. Rires
-Moi, franchement, j'aurais bien voulu, mais là,
je suis fatiguée. Ah oui !
-Et toi, Simone, tu viens ?
-J'ai autre chose à faire.
-Pourquoi tu la cherches tout le temps ?
Tu sais bien qu'elle ne viendra jamais.
-Ca va, madame 25 chambres ?
Elles rient.
-Laissez-la tranquille.
-C'est ce que tu nous as dit, non ? 25 chambres ?
*-Aston est fatigué !
-ON EST PAS FATIGUES !
*-La STM est fatiguée !
-ON EST PAS FATIGUES ! -Ludivine !
*-La STM est fatiguée ! -Toi, aussi !
Tu devrais pas te reposer, au lieu de crier ?
*-Aston est fatigué !
-Ecoute, je me reposerai quand on aura gagné.
*-Soutenez les femmes de chambre qui protestent
*contre la maltraitance de la sous-traitance,
*les cadences infernales, le travail dissimulé avec le paiement
*à la chambre, contre les mauvais salaires...
*C'est important. Venez soutenir les femmes de chambre.
*Aston est fatigué ! -ON EST PAS FATIGUES !
-Quand est-ce que tu nous rejoins ?
-Je peux pas, tu sais bien. C'est pas possible.
C'est pas possible...
Musique dynamique
---
-Voilà, mademoiselle.
Ton sandwich. Bon appétit. -Merci beaucoup.
---
Bonjour. -Salut, Eva. Ca va ?
-Oui, ça va. Merci.
-Tiens.
---
--- *Télévision
--- *---
De l'eau coule. -Combien, le Coca ?
-Je sais pas. 5 euros ? -27 euros.
-27 ? Mais c'est des malades ! -Oui.
Et le club sandwich ? -Je sais pas. 9 euros ?
-9 euros ? Bah t'es gentille. 74 euros !
-74 ? Ils ont pété un câble, c'est que du pain de mie !
-Je suis d'accord. -Et t'es payée combien ?
-Je suis payée à la chambre. Entre 10 et 12 euros de l'heure.
-Tu vaux même pas un demi Coca, mon frère. Ils te respectent pas.
Elles rient.
T'es trop nulle.
Elle frappe.
-Oh, dépêche-toi, je vais être en retard !
-Qu'est-ce tu fous ? T'es en train de chier dans la douche ?
-Il prend toute sa vie à chaque fois.
-C'est qui ?
-C'est le dégueulasse du 3e. -Eh oh, je vous entends, hein !
-Ah c'est bien, t'es pas sourd.
-T'es en train de te toucher la nouille ?
-Eh oh !
Elles rient.
-Tu veux ton croissant ?
-J'ai déjà mangé, je te l'ai dit. -Voilà.
Nous, les externes, on aimerait bien avoir le droit au petit-déj.
-Ouais bah là, le droit, tu l'as pris.
-Manger comme ça, en cachette,
c'est pas... -Bonjour.
-Ah salut. Moi, je suis Fatima. Je suis
la représentante syndicale.
Si t'as besoin, tu viens me voir, OK ?
-T'as fini de l'embrouiller avec tes trucs de gauchistes ?
-De gauchistes ? -Ouais.
-T'as eu ton uniforme ?
-Ouais, mais c'est du 36. C'est trop petit.
-Bah oui, ils n'ont pas l'œil sur toi ni sur moi.
Ils ne nous voient pas. -T'as ramené mon uniforme ?
-Ouais. J'ai pas eu le temps de le laver.
-Qui va se taper la lessive, la payer ? C'est encore moi.
Pff !
-Je te dois combien ? -Pour ?
-Pour la lessive.
-C'est une question de principes, pas d'argent.
-J'espère bien que tu vas pas lui prendre son pognon !
-De quoi je me mêle, toi ? -Bon, c'est bon.
Un croissant ? -Elle peut pas.
Elle est pas interne, elle a pas le droit.
-Tu veux pas le tien, on a qu'à dire qu'on lui donne.
-M'y mêle pas. Je veux pas me faire virer.
-Tiens. -Non, non, non !
Tu manges pas ça, toi.
Tu veux perdre ton job ?
C'est ça que tu veux ? Qu'elle le perde ?
-Personne voit.
-Tu me retrouves à la réserve.
-Simone, ça va ? -Si je veux !
-Elle est encore en pleine forme.
-Ah non, mais c'est de pire en pire.
Tu vas bien, toi ? -Ca va bien.
-On va aller s'habiller ? -Oui.
-A tout à l'heure.
-Alors, tu l'as vue, Agnès ?
-Non, pas encore. -Te fais pas d'idée.
Elle va pas te le filer.
-On verra bien.
-Avance, je vais chercher l'aspi.
(-Putain.) -T'as grossi pendant la nuit ?
Dernière fois que je te file les produits. Tu te démerdes.
-OK. -Bah oui, OK.
-Vous n'auriez pas vu Violette, par hasard ?
-NON.
-Il reste des gouttes d'eau et il manque un produit.
-Bonjour !
Elle rit.
-Attendez, Violette, vous avez fait quoi à vos cheveux ?
Elle rit. -Ma fille a fait n'importe quoi.
-Ca vous va bien. C'est raccord avec son prénom.
-Je vous arrête, c'est pas drôle.
Vous allez pas pouvoir travailler comme ça.
Vous allez filer chez le coiffeur pour enlever ça
et vous revenez demain. -Je vais pas perdre une journée.
-Si la direction vous voit comme ça, je prends un blâme.
-Je vais mettre un foulard. -Non, c'est le protocole.
-Pour une couleur, sérieux... On voit jamais les clients.
-Bienvenue dans un palace.
Musique dynamique
Attaque la salle de bains. Je fais la chambre.
---
Tu t'en sors ?
-Ouais, ça va, ça va.
-Simone, tu peux me prêter l'aspirateur ?
-Ah non, j'ai pas fini.
-S'il te plaît ! J'ai plein de chambres
à faire, là. -Va voir à la réserve.
-Safiatou a pris le dernier. -Demande à Safiatou !
-Simone...
Sois mignonne, je vais être en retard.
-Et moi ? Et je dois m'occuper de la petite.
-C'est partout pareil. A l'Ibis, on en avait 1 pour 6.
-Allez, je te l'amène après. -T'es chiante.
Tu me saoules. Prends-le, il s'appelle "reviens".
-Je peux ? -Elle a bon dos, Simone.
-Merci, t'es mignonne. -Ouais, et casse pas tout non plus.
Je te jure...
Elle renifle.
Bah t'as pas encore fini ?
C'est pas le produit vert pour le miroir. C'est le bleu !
T'as laissé des traces.
Tu les vois pas, mais Big Brother va les voir.
Et on finit toujours au raclot, je te l'ai dit.
-Mmh. -Quoi, "mmh" ?
J'irais dix fois plus vite si j'étais seule.
-Ouais bah ça j'avais compris, merci.
-Sur un autre ton, hein.
Ca, par terre, c'est moi qui vais le ramasser peut-être ?
N'importe quoi, je te jure.
Cri de douleur -Ca va ?
Respiration forte
Ca va ?
---
-C'est rien. -Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Les filles ! -Faux mouvement.
-Ca fait dix minutes que ça devrait être terminé.
Bon...
Là, ça, c'est pas possible.
Ensuite, là, y a une tache aussi. Bon, Eva,
il va vite falloir prendre le pli.
D'accord ?
Tiens, en parlant de pli...
Ca, c'est pas possible aussi.
Je remontre.
On tend les lanières, on tire pour éviter les plis.
Et on fait
apparaître le logo, surtout. Compris ?
-Vous avez été femme de chambre ?
-Non, pas du tout. Moi, j'ai fait une école d'hôtellerie.
Bon, Simone, tout va bien ?
-Bah oui. Oui, oui. Hein, ça se passe bien ?
-Oui. -Oui.
-Sûres ? -OUI.
-Très bien. Ca devrait déjà être fini.
-Oui, oui.
-A tout à l'heure. -On arrive. Merci.
-Elle a été femme de chambre. -Pas toi, ça se voit.
-Tu connais le jeu "Riche ou pas riche" ?
-Non. C'est quoi ?
-En fait, tu regardes les passants.
T'essaies de deviner s'ils sont blindés ou pas. D'accord ?
-OK. -Par exemple,
lui, là-bas ?
-Lui, il est riche. -Non.
Il est ou vendeur chez Zara ou chauffeur Uber.
-Tu dis ça parce que c'est un renoi.
-Non, regarde ses chaussures pointues.
Il les a achetées au marché. -T'es raciste.
-Je suis pas raciste.
T'es sérieuse, là ?
Elle, là-bas ? -Elle, elle est riche.
-Elle est pas comme nous, mais pas riche.
-Regarde son sac, ça vaut une blinde.
-Eva, ça te dirait que...
qu'on se voie, un de ces quatre ?
-Bah, on se voit là.
-Non mais en dehors du palace.
-Faut voir. -Comment ça, "faut voir" ?
Oui ou non ?
-Lui, il est ultra riche. -Il est super riche.
Supra riche. -Supra !
-Il a l'étal. Il a l'argent, lui.
-L'argent. -C'est sûr.
-Dans une semaine, j'ai le même dos que Simone.
-Simone...
Simone, Simone... Elle a la tête dure.
Mais ils vont finir par la mettre à la retraite.
-Bonjour, mesdames. -Vous avez besoin de renforts ?
Safiatou rit.
-C'est quel renfort, ça ? Un asticot et un handicapé.
-Oh ! -Ca, c'est cruel.
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-Un handicapé à l'accueil peut heurter la sensibilité des clients.
-Comment tu t'es fait ça ? -Le frigo sur le torse.
Une vertèbre broyée. Ils ont voulu me virer.
Alors qu'en 20 ans, pas une erreur, rien !
Heureusement que le syndicat s'en est mêlé.
-J'aurais pris un chèque et je me serais barrée.
-Pour faire quoi ? J'adore travailler ici, c'est ma maison.
C'est classe de bosser dans un palace.
Sans parler des pourboires.
Une Saoudienne me filait 500 euros tous les matins
juste parce que je lui pliais son pyjama.
-500 euros ? Pour un pyjama ?
-Et l'Américain ! -Ah oui !
Il lui filait un billet quand il changeait de chaîne.
-Quand je changeais. -Je te jure.
-J'ai plié un paquet de pyjamas, j'ai jamais vu un seul euro.
Musique dramatique
---
-Y a maman ! Petit rire
-Ca va ? T'es déjà douché ?
C'est bien.
---
Oh là là.
Hé, mon grand. -Ca va, maman ?
-Ca va et toi ? -Ca va.
-Ca va, les devoirs ? -Ca va.
J'ai mis le poulet dans le four. -C'est gentil, merci.
-De rien.
---
--- Elle soupire.
--- *Télévision
-Tiens,
j'ai trouvé tes médicaments. -Merci.
--- *---
Elle soupire. -Maman...
Petit rire
--- *---
--- Elle soupire.
--- *---
-Moussa, va fermer la porte.
--- *---
On a eu le rendez-vous à la préfecture.
*---
-J'espère que cette fois,
ils vont moins nous embêter. -Ca va aller.
*---
-On va voir.
*---
*--- Elle soupire.
*---
Il est où, Salif ? -Il est sorti.
-Mais toi, aussi... Je t'ai pas dit qu'il était puni ?
-Laisse-le, il est jeune. Elle soupire.
-Arrête de tout lui passer.
Il fait n'importe quoi, lui, en ce moment.
*--- ---
-My name is Simone.
Mmh !
What a sunny day !
Good morning, sir.
Good morning.
-On reprend depuis le début, donc ça fait... Trois, quatre.
Claquettes
---
-Vous voulez venir ?
---
Allez, continuez, continuez.
---
Pliez les genoux.
Pliez les genoux. C'est ça.
Léger brouhaha
---
-Salut, Eric. -Salut.
---
-Tu manges avec ton tablier, toi ? Fais gaffe,
faut pas le tacher. -Ouais, t'inquiète.
---
-Alors... Aïe. Elle souffle.
Léger brouhaha
Miam miam, miam miam et miam miam.
---
-Pourquoi elles me regardent comme ça ?
-Qui ça ?
-Bah elles, là.
---
-Parce que t'es une cliente.
-Quoi ?
-C'est comme ça qu'on appelle les externes.
Parce que vous êtes de passage.
---
-T'as pas peur qu'on te voie avec moi ?
-Moi ? -Mmh.
Elle rit.
---
Pourquoi tu te mets pas en arrêt ?
-Pourquoi tu fais des ménages ici ?
-Faut bien tafer quelque part. -Ah ouais ? A ton âge ?
Tu penses pas qu'il y a autre chose à foutre ?
Tu mérites mieux, non ?
Ils en disent quoi, tes parents ?
Hein ?
OK, parle à mon cul, ma tête est malade.
-Pas connu mon père, embrouille avec ma mère.
A 18 ans, le foyer m'a foutu dehors.
Fallait tafer, donc me voilà. T'es contente ?
-C'est tout ?
T'as fini ?
C'est pas une excuse.
Franchement, barre-toi d'ici. T'as rien à foutre ici.
-Bon, j'y retourne.
-Mmh mmh.
Hé.
Plutôt que mon arthrose, tu veux mon diabète ?
Petit rire -Merci.
-Merci qui ? -Merci, Simone.
-Mmh. Go.
Léger brouhaha
Y a un problème ?
--- Rire forcé
-Alors, je vous écoute.
-Je voulais voir avec vous pour samedi.
Aïssata est d'accord pour me le prendre.
Comme ça, moi, je peux prendre son lundi.
-Il faut pas voir ça avec moi, mais avec la STM directement.
-Vous savez le temps que ça va prendre
si on fait une demande avant.
-Bon, OK, je vais m'arranger. D'accord ?
-Merci.
-Vous vouliez me demander autre chose ?
-Oui.
-Je vous écoute.
-L'hôtel sait que je travaille bien et que j'adore venir travailler.
Je pourrais prendre le poste d'interne
que Sylvie va libérer au troisième ?
Agnès soupire.
-Ca, je pense pas que... -Non parce que je...
Je suis en train de renouveler mes papiers.
Et vraiment, à chaque fois, c'est des embêtements avec leurs contrats.
Vraiment. Ca m'arrangerait si l'hôtel pouvait m'internaliser.
-Mais je sais déjà tout ça. -Ca change tout.
-Si ça tenait qu'à moi, je le ferais.
Mais la situation est extrêmement compliquée, là.
-Mmh.
-Mais je vais faire la demande. Promis.
-Merci.
-Mais je préfère vous prévenir : c'est pas la tendance.
Musique dramatique
---
*-Venez soutenir les femmes de chambre contre l'Aston Plaza.
*C'est important. Venez les soutenir.
---
Réveil
---
Vibreur
---
Je sais que c'est pas évident. C'est pas facile pour vous.
On va y arriver. C'est pour ça qu'on lutte.
Pour montrer qu'on est là, et c'est le seul moyen de communication
avec eux.
Ca fait plus de 3 mois, et ils veulent toujours pas discuter.
Ils veulent nous tenir tête, mais on va rien lâcher.
Et oubliez pas un truc : l'hôtel, c'est vous, c'est pas eux.
-On mendie pas de l'argent.
On demande à être écoutées et considérées.
Tant que ce sera pas le cas,
qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il fasse froid,
nous, on sera là et on bougera pas.
OK ? On lâche rien.
-ON LACHE RIEN !
ON LACHE RIEN ! ON LACHE RIEN !
ON LACHE RIEN ! ON LACHE RIEN ! -Motivés !
-ON LACHE RIEN !
ON LACHE RIEN !
ON LACHE RIEN ! -On a mal au dos !
-ON LACHE RIEN ! ON LACHE RIEN ! ON LACHE RIEN !
Elle rit.
-C'est trop voyant ?
-Un petit peu quand même.
-J'en peux plus de ma fille. Je lui ai dit "auburne".
-Tu lui as dit "auburne" ou "auburn" ?
-C'est la même chose.
Comment elle s'arrange pour rater toutes ses couleurs ?
---
Regarde.
Je ne vais pas me laisser faire.
-Ah ouais, c'est pas con.
-Voilà. Comme ça...
Ca gratte un peu, mais je vais pas rater une journée de travail.
-T'as raison, James Brown.
Elles rient.
---
-Coucou.
Elle est jolie, ta coupe. -Merci. Si tu savais...
Allez, à tout à l'heure, les filles. -Salut.
T'as été écouter Ludivine, toi. Je t'ai vue.
-Et alors ?
-Faut pas traîner avec elle ni avec les autres.
-Je suis grande.
-Ca va t'amener que des emmerdes. Je dis ça, c'est pour toi.
-T'as quoi contre elles ?
-J'ai rien contre elles.
C'est elles qui ont tout contre l'hôtel.
Avec le bordel qu'elles foutent.
Tu crois que les clients ont envie de venir ? Non.
Ca fait du boulot en moins.
-Et comment elles se font entendre si elles gueulent pas ?
Hein ?
-Aïe.
-Ce qu'elles revendiquent, c'est pas que contre la sous-traitance
ou le fait d'être internalisées.
C'est pour avoir de meilleurs salaires et conditions de travail.
Un lève-lit, par exemple, tu vois.
Avec ton dos en vrac, t'aimerais pas avoir un lève-lit ?
Ca nous faciliterait beaucoup de choses.
C'est bon.
-Moi, je préfère avoir un dos en vrac qu'un dos au chômage.
Tu me fais rire, toi.
Elle soupire.
-Jeudi prochain, c'est le dîner de Noël du personnel.
-On peut être invitées là cette fois-ci,
ou pas ?
Pour avoir des bulles pour se taquiner le palais.
C'est possible ?
-Je suis désolée.
-Mais on fait partie de l'équipe, non ?
-C'est comme ça.
-Bah voilà.
-Qui serait intéressée pour des extras ?
-Bah moi.
Du coup. -Faudra faire quoi ?
-Faut nettoyer la salle après le dîner.
C'est plutôt pas mal payé.
-OK, bah je suis là. -Sûres ?
-Ouais, sûre.
-OK, je vous note sur la liste. Très bien.
Merci. Je vous laisse y retourner.
-Merci. -A tout à l'heure.
Aspirateur
---
-Ma chérie,
tu peux pas me prêter ton aspirateur, s'il te plaît ?
-Va voir Eva. J'ai pas fini.
-Mais...
En tout cas, vivement la retraite, toi.
Violette rit.
-Je suis pressée d'aller à la retraite. Je file à Abidjan.
-Qu'est-ce que tu vas faire là-bas ?
---
-Je vais ouvrir mon agence matrimoniale.
-Avec toutes les applis qui existent,
ton agence, là, oublie !
-T'y connais rien. Je suis forte pour former des couples.
Je vais me faire plein d'argent, tu verras.
Je peux te présenter quelqu'un, si tu veux ?
-Je claque des doigts, y a 10 Sénégalais qui veulent se marier.
---
Ma chérie, remets ta perruque.
-Han !
Merci.
-Quand tu m'as proposé un endroit calme,
j'imaginais tout sauf ça.
-Ca te plaît pas ?
-Si mais... me balader entre les morts,
c'est pas trop mon délire.
Je suis pas un croque-mort. -Je sais pas...
-C'est ton truc ?
-Ouah ! On dirait un igloo, carrément.
Il doit pas avoir beaucoup de visites.
-Attends, rentre pas !
Regarde la grosse toile d'araignée.
-Ca fait flipper. Rentre.
-Jamais de la vie ! Ca va pas ou quoi ?
Y a des esprits. -Des esprits ?
-Bien sûr. -T'y crois ?
C'est peut-être l'esprit de l'amour !
-Ah, t'es gênant. -Trop gênant.
-Vas-y, t'es gênant. Avance.
Riche. -Je te jure...
Mon but dans la vie, c'est d'avoir ça quand je serai mort.
-Les gens veulent réussir leur vie, et toi, ta mort.
T'es bizarre.
-Lui, pas riche.
Ah lui, il était au chômage. Elle rit.
Même dans la mort, on est pas égaux. C'est un truc de ouf.
Musique calme
---
-Tu fais quoi ?
-Rien. Quoi ?
-Je t'arrête. Pas de premier baiser dans un cimetière.
-Je voulais pas te faire un bisou ! -Mais...
-T'es sérieuse ? -Menteur, va.
Tu crois que tu vas me la faire ? -T'es parano.
-Je suis parano ? -Ouais.
-Je t'ai vu. -J'ai fait quoi ?
-T'as avancé ta tête. -Mais non, c'est...
-C'est quoi ? -C'est le banc. Il est bancal.
---
-Toujours à fumer en douce, toi. -Oui.
-Ca va ? -Bonsoir.
---
Grincement d'une porte
---
Gémissement de douleur
Elle souffle.
On ouvre une porte.
Elle souffle.
---
-Bonsoir.
Pardon ? Elle sursaute.
Il rit. Excusez-moi.
---
Ca va ? -Oui.
-D'accord. Bon bah, parfait alors.
Bonne soirée. -Merci.
Excusez-moi ? -Oui ?
-Le cours de danse là, y en a pas ce soir ?
-Non, c'est plus le mercredi. Ca a été déplacé au jeudi.
C'est à la même heure.
-Ah, c'est jeudi ? -Ouais.
-Ah bon.
-A bientôt. -Mmh.
Il ferme la porte.
Brouhaha au loin
-Mais ils font quoi, là ?
Oh...
---
Elle soupire.
Brouhaha au loin
-Au fait, vous avez vu ?
Celle qui a remplacé Sylvie là, au troisième ?
---
-Ils ont pris quelqu'un ? Rire jaune
-Eh oui. -C'est pas la rebeu costaud ?
Bien tajine, bien couscous !
-Mmh, c'est elle.
-C'est elle ? J'aurais kiffé qu'elle bosse avec nous.
Elle aurait fait lève-lit.
Elle a de ces bras !
Ca se voit qu'elle pousse à la salle de ouf.
-Elle vient de la STM, je crois.
-Il faut aller.
Brouhaha au loin
-Mais elle a dit qu'elle nous préviendrait.
-Je m'en fous.
---
-Les filles !
Qu'est-ce que vous faites là ? Je vous ai dit d'attendre.
-Ca fait deux heures qu'on attend. On a aussi une vie, non ?
-Oui, je sais, mais... -C'est long.
-C'est bientôt fini.
Vous voulez des gâteaux ?
-Bah moi, je dis pas non.
-Allez-y, installez-vous.
---
Safiatou soupire.
-Eva !
-Ah, ça va ? -Non, ça va pas.
Je t'appelle toute la journée, tu réponds pas.
-Pourquoi ?
-L'ASE veut que tu libères la chambre.
J'ai gardé tes affaires.
-C'est mes affaires ? -Oui.
Eva !
Elle frappe. -Ouvre !
Ouvre, c'est ma chambre ! -Hé ! T'es qui, toi ?
-Tu prendras pas ma chambre !
-C'est ma chambre ! -Ouvre !
Putain ! -Qu'est-ce que tu fais ?
-C'est ma chambre ! Je veux rentrer !
-On verra ça demain avec Aziz. -Me touche pas !
-Mais ils t'ont rien dit ?
-Ils m'ont dit jusqu'à mes 21 ans.
Il me reste un mois. Un mois de plus.
Qu'est-ce que ça peut leur foutre ?
Je peux leur payer, leur chambre de merde.
-On a qu'à partager ma chambre, si tu veux.
Faut juste qu'Aziz, il te voie pas.
-Non. Non, non, t'inquiète.
J'ai pas envie de me cacher.
-Et tu vas aller où ?
-Je vais me débrouiller.
-Te débrouiller, avec toutes tes affaires ?
-Ouais, t'inquiète, je vais me débrouiller.
Au pire,
j'ai des entrées dans le palace.
-Des entrées ? T'as même pas un euro pour t'acheter une canette,
elle a des entrées au palace à 9 000 euros, elle.
Va là-bas.
Elles rient.
---
Fais attention à toi, quand même.
S'il te plaît.
Musique dramatique
---
--- Elle renifle.
---
--- Elle soupire.
---
--- On ferme une porte.
Pas à l'approche
---
-Bonjour. -Bonjour.
-Bonjour.
Maman, qu'est-ce qu'elle fait là, la dame ?
Pourquoi elle dormait là ?
-J'en sais rien, moi.
Elle soupire.
-Elle habite ici ?
-Non, je crois pas, jamais vue.
Elle expire.
-OK.
-Alors ? Ils ont dit quoi ?
-Ils refusent de discuter. C'est non.
Ils veulent rien savoir. -Et voilà.
C'est fichu.
Voilà.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-On a demandé un rendez-vous avec la direction.
Ils veulent pas négocier.
-Ils veulent pas vous entendre au moins ?
Elle soupire.
-Je sais pas vous, mais y en a marre.
Y en a marre. Y en a marre !
Y en a marre !
Elle tchipe.
-Calme-toi, Safiatou. -Tu fais quoi, là ?
-Y en a marre d'être invisible.
Y en a marre qu'on nous exploite.
Marre qu'on se moque de nous comme ça.
-Mais tu vas où, là ? -Ils croient quoi ?
Qu'on va rester comme ça, qu'on va rien dire ?
On fermera pas nos bouches.
On ferme pas nos bouches.
-Mais tu... tu vas où, là ?
Safiatou !
Safiatou !
Hé ! Safiatou, tu vas où ?
-Je vais prévenir les autres.
Discussion animée entre Safiatou et Aïssata au loin
-J'y vais.
Elle soupire.
-Tu peux m'aider ?
C'est quoi, ton sac, là ? -C'est rien.
-Tu peux venir chez moi, si tu veux.
-Non, c'est bon.
-Fais pas ta madame, là.
Tu sais pas où dormir ? Tu viens chez moi, un point c'est tout.
-Ils veulent pas nous écouter.
Ils vont nous entendre !
Elle tape.
Y en a marre ! -Y EN A MARRE !
-Y en a marre ! -Y EN A MARRE !
-Y en a marre ! -Y EN A MARRE !
-Y en a marre !
-Y EN A MARRE !
-Mal au dos ! -MAL AU DOS !
-Mal aux jambes ! -MAL AUX JAMBES !
-J'ai mal aux bras ! -MAL AUX BRAS !
-Y en a marre ! -Y EN A MARRE !
-On bouge pas ! -ON BOUGE PAS !
-On reste là ! -ON RESTE LA !
-On est là !
Cris des manifestants au loin
---
-Merci.
---
--- Elle soupire.
-Bon, on en est où ? Hein ?
C'est pas possible. Si je le vois, le client va le voir.
Les miettes... Vous avez pas fait le sol ?
-Je cours derrière un aspirateur qu'on me donne jamais.
-Vous le faites exprès ou quoi ?
La chambre doit être terminée dans 10 mn.
Elle marmonne.
(-J'en ai ras-le-bol.) Bris de céramique
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Elle est tombée, elle est cassée. Je suis désolée.
Elle soupire.
---
-Eva, c'est pas possible, ça.
Si un client le voit, on fait comment ?
-Il me restait quatre chambres...
-C'est ma faute si Safiatou nous a plantées ? Non !
Donc on y va, on termine les chambres. Pas possible...
Elle soupire.
-Agnès !
Agnès ! -Oui ?
Venez voir ! C'est la cata au 531 ! ---
-C'est pas vrai, qu'est-ce qui se passe ?
Cancanement
-Regardez, c'est la cata.
---
-C'est pas vrai... -C'est des canards !
-Vous me rangez ce téléphone et vous allez aider Simone !
---
Bah, aidez-moi ! -Qui ? Moi ?
-Bah oui ! -Je touche pas !
-Mais c'est pas vrai ! -Jamais !
---
Elle crie.
--- ---
-Viens là !
Cancanement
-Faut l'attraper par les pieds.
--- ---
Attrapez-le par les pieds. -Vous avez qu'à le faire !
OK. Violette ? -Oui ?
-Ouvrez la porte.
-Je peux pas tout faire. -Ouvrez !
--- ---
-Oh là là !
-C'est de la torture. -Y a la police.
-Attendez, laissez-moi passer.
Bonjour. -Bonjour.
-Qu'est-ce qui se passe ? -A vous de nous le dire.
-On manifeste. On a le droit, on a les autorisations.
On est là depuis un moment. -Vous allez venir avec nous.
-Me touchez pas, déjà. On est là, on a le droit de manifester.
Vous êtes obligés de venir à 100, là ?
*Propos indistincts d'un policier
*--- Huées
*--- ---
*-Reculez !
-Circulez, tout le monde ! -Lâchez-nous !
-On a le droit de manifester.
-Vous allez venir avec nous. -Laissez-le.
Musique de tension Cris
--- ---
-Lâchez-moi.
--- ---
-Laissez-la !
--- ---
Lâchez-la, elle est enceinte !
--- Elle crie.
---
--- Respiration forte
--- Elle crie.
--- ---
-Lâchez-moi !
---
--- Cris
--- Respiration forte
--- ---
--- Gémissement
--- Cris
--- ---
--- Respiration forte
--- ---
--- Gémissement
---
-Laissez-moi !
Cris
--- ---
---
--- Respiration forte
--- ---
---
-Simone !
Simone ! -Je suis là...
Elle gémit.
-Simone ? -Chut !
(-Qu'est-ce qui se passe ? T'es tombée ?)
-Tu vois pas ? -Ca va ?
-Vas-y, aide-moi.
Gémissement T'as rien dans les bras, toi.
-Attends... -Eva !
-Merde. (-Putain...)
-Eva !
Alors, avec Simone ?
Respiration forte
Qu'est-ce qui se passe ? C'est quoi, ce bordel ?
-Non, j'étais en train de... -Elle est où, Simone ?
-Euh...
-Non mais c'est pas vrai ?
Simone, qu'est-ce qui s'est passé ?
-C'est rien, y avait une tache sur la moquette
et la couette est tombée.
-Vous êtes tombée de l'escabeau. -Juste un petit peu.
-Vous êtes tombée.
Aidez-moi.
-Non mais ça va aller. -Non, non.
Respiration forte
Gémissement
-Je vais mettre du baume du tigre.
Et on va faire la chambre avec la petite.
-Simone, vous venez me voir en fin de journée.
-Mais ça va aller, je vous dis.
-Vous venez me voir à la fin de la journée.
Vous l'aidez à se relever, vous terminez.
-Allez, viens, Simone. On y va.
Sanglot
Allez, viens.
Respiration forte
Tu t'occupes de rien. Je vais tout faire.
---
-Bon, Simone...
Elle soupire.
C'est plus possible.
Non, non, on va plus pouvoir continuer comme ça.
-Mais si.
J'ai l'habitude, c'est rien. Un coup de glace, et ça repart.
Petit rire
-Je suis pas sûre que ça puisse repartir.
Cette semaine, vous rentrez chez vous.
Et vous allez voir le médecin.
D'accord ?
-Si vous me mettez à l'arrêt, ça va faire quoi ?
Trois jours de salaire en moins.
Je peux pas, trois jours. -C'est non négociable.
Vous allez voir le médecin du travail.
Je vais être franche :
je voudrais qu'il vous déclare inapte.
Que vous preniez votre retraite.
Non, mais Simone... -Quoi ?
-Je vous vois dans les chambres. Je vous vois souffrir.
Vous tenez plus la cadence.
Je dois faire appel aux filles pour terminer les chambres.
Je vous assure.
-C'est pas vrai. Mes chambres sont toujours nickel.
Y a jamais eu de problème.
-Je vous assure. -S'il te plaît.
S'il te plaît, me mets pas à la retraite.
Tu sais que ma vie, c'est mon boulot.
S'il te plaît.
-Je suis désolée.
Soit vous allez chez le médecin,
soit je demande votre licenciement.
Pour toucher quoi ? 4-5 mois de salaire pour 25 ans de travail.
Elle soupire et renifle.
S'il vous plaît, m'obligez pas à faire ça.
Respiration forte
---
--- Musique dramatique
S'il vous plaît.
---
-Je peux y aller ? C'est tout ? T'as fini ton truc ?
---
Bonne chienne de garde toi, bravo.
---
Tu fais bien ton boulot.
---
N'oublie jamais d'où tu viens, jamais.
---
--- Elle claque la porte.
-J'ai rejoint Ludivine et les filles.
-C'est une blague, j'espère ?
-Est-ce que j'ai une tête à rigoler ?
-Mais comment on va faire ?
Tu vas reprendre tes esprits,
tu vas t'excuser...
-Je vais m'excuser ? -Oui, tu vas t'excuser.
-Je vais m'excuser ? Je vais m'excuser de quoi ?
-On a pas le choix !
-Si on a le choix. On a le choix.
J'ai décidé que c'était fini de me faire exploiter.
C'est fini !
Personne ici va me forcer à faire quoi que ce soit.
---
Tu me regardes, là ? Tu me vois ?
---
-Ludivine et le bébé, t'as des nouvelles ?
-Ouais. Mais elle a eu de la chance.
Elle est clouée au lit, elle devra arrêter les piquets de grève.
---
-Bah au final, ils auront réussi.
A lui clouer le bec.
---
Pff ! De toute façon,
ils nous écoutent pas.
---
Ils nous voient même pas.
---
On est leurs invisibles.
---
On est leurs petits riens.
---
Leurs petites mains.
---
Eclaboussement
-Ah, c'est froid.
T'as raison, ça fait du bien.
Simone respire fort.
-C'est moins fort que la cortisone, mais c'est pas pire.
---
-T'as une sacrée collection. -De ?
-Tes figurines.
-Ah, ça.
Ca, c'était avec ma sœur.
Quand on était gosses, on était fans de la reine.
Pour faire anglais, j'appelais Yvette "Stevette".
Elles rient.
On voulait aller en Angleterre. C'était notre kiff.
-Et vous y êtes allées ? -Bah non.
J'y ai jamais été. C'est ma sœur qui m'a ramené tout ça.
C'est chouette, hein ? -Ouais.
Et ton poisson, il s'appelle comment ?
-George V.
Petit rire
Comme c'est le cinquième, bah "V". Comme l'hôtel.
J'y ai bossé d'ailleurs, au George V, l'hôtel.
-Ah ouais ? -Ouais.
Bon, allez.
C'est pas tout ça, mais demain, y a le boulot.
Faut pas que tu te couches trop tard.
-Mmh.
Elle soupire.
Bon, allez. Moi, j'y vais.
-Tiens.
-Je vais pas manger tout ça. -C'est pour les filles.
-Oh !
-Tu leur fileras ?
-Ouais. Merci. -Voilà.
-Tu vas faire quoi, aujourd'hui ?
-Pff. Je sais pas. J'ai pas l'habitude de rien faire.
-Bah repose-toi.
-Mmh. Vas-y, toi. Tu vas être en retard.
-Ouais. Bon...
Bisou et merci, hein.
-Ouais. Et le moule, il s'appelle "reviens".
Léger brouhaha
---
-Regarde, la petite. -Ah, ma chérie !
-Aïssata, t'as rejoint ? -Bah écoute que veux-tu ? Oui.
-C'est quoi, ça ?
-C'est pas grave. -C'est pas grave ?
Moi, je vous dis, je vois des flics passer, je fuis.
Ah oui !
-Ca va pas se produire. -Je vous ai ramené du gâteau.
C'est Simone qui l'a fait. -Simone ?
Simone a fait du gâteau pour nous ? -Ouais.
Petit rire
-J'y vais. -Te mets pas en retard, toi. Salut.
-Non mais il faut vraiment me briefer parce que moi, je flippe.
-Si vous avez quelque chose d'autre
à me demander par rapport au briefing...
Ah bah, voilà. Eva, c'est pas trop tôt.
Je vous présente Bintou et Anya qui vont remplacer
Safiatou et Simone. A partir...
-Ah ouais, vous avez pas perdu de temps.
25 ans de boîte et remplacée dans la nuit.
Putain...
-Quoi ? Attendez, pardon, excusez-moi...
-Pourquoi la virer à deux ans de sa retraite ?
-Je rêve.
Déjà, ça vous concerne absolument pas. Vous parlez sans savoir.
Et vous avez quelque chose à dire
sur la gestion de mon équipe ? C'est nouveau, ça ?
Une autre réflexion, et j'appelle la STM pour qu'ils vous mutent.
C'est clair ?
Vous vous prenez pour qui ?
Pour terminer le briefing,
Bintou, aujourd'hui, vous serez en binôme avec Violette.
On démarre, 5e étage de la chambre 511 à 519.
Ensuite... Eva ?
Nouveau binôme aujourd'hui. Vous serez avec Anya.
Vous prenez la suite des chambres 532 jusqu'à 535.
Montrez votre enthousiasme.
Ricanement Bonne journée.
-Hé.
Ca se fait pas de remplacer les copines qui font grève.
Elle soupire.
(-Putain...)
-Ben alors, Prince Ali ?
T'es déjà fatigué ?
Ca va, je rigole.
-J'ai pas envie de rigoler.
-Qu'est-ce qui t'arrive ?
-Elle me casse les couilles, cette grève.
Je suis pas femme de chambre.
-T'es sérieux ?
-Marre de me taper votre taf de merde
parce qu'elles en ont marre de faire leur boulot.
J'ai pas signé pour nettoyer les chiottes. Elles, oui.
-T'as pété un câble.
-Tu réfléchis ? Tu crois que ça sert à quelque chose ?
Tu crois qu'elles vont faire
bouger les choses ? -On devrait faire quoi ?
On devrait se taire et frotter gentiment ?
-Mais l'hôtel, il s'en bat les couilles de vous.
Pour eux, vous êtes rien. On est rien.
T'es personne. -On est rien, nous ?
Tu verras si on sert à rien !
Vous allez voir si on est rien, si on est indispensables !
Egoïste de merde.
Musique de tension
---
(-Vas-y !)
--- Il soupire.
Brouhaha
-Oh !
---
-Qu'est-ce qu'elle fait là ?
Tu fais quoi ici ? Non, hein !
-Si, je vous rejoins. -Mais comment...
-Bah oui ! -Tu vas te créer des problèmes.
-M'en fous. -Elle est grande, laisse-la.
Viens ici !
-Tu veux vraiment ? -Oui.
-Viens. Moi-même, elle m'a fait venir.
-Pardon, il faut accueillir la petite.
Acclamations
---
-Merci beaucoup ! Merci !
-Va boire un café. -Bienvenue. Bois un coup.
-Merci. Oh, oui !
-A la tienne. -Je suis des vôtres.
Merci.
-Toi aussi, tu y as le droit maintenant.
Acclamations
---
Respiration forte
---
-Vous connaissez mon avis.
Voilà.
Prenez soin de vous, Simone.
-Je vais essayer.
-ON EST LA !
MEME SI ASTON NE VEUT PAS, ON EST LA !
ON EST LA ! ON EST LA ! ON EST LA !
Cris
-Salaud !
Salopard !
Descends de là ! Montre-toi, salaud !
Tu sais en combien de temps ça va sécher ?
Saloperie !
Allez, on s'arrête pas !
-On est là ! -ON EST LA !
MEME SI ASTON NE VEUT PAS, ON EST LA !
ON EST LA ! ON EST LA ! ON EST LA !
ON EST LA !
Musique douce
---
--- Propos indistincts
---
--- Elle soupire.
---
Sonnerie de portable -Ah.
-Ca y est ?
-Ouais, Fatima, attends deux secondes.
S'il vous plaît, rapprochez-vous. C'est Fatima.
Vas-y, tu peux parler. T'es sur haut-parleur.
*-Ils refusent de discuter.
*Ils restent sur ce qu'on s'est dit.
-NON !
-Non mais ils attendent quoi ?
Ils veulent qu'on brûle ce satané hôtel
pour réagir ?
---
-Bonjour.
---
-Eh bah dis donc, t'es experte maintenant.
-Ouais.
-Tiens.
---
La petite touche finale.
-Merci.
--- Légers gémissements d'effort
-Bonne nuit. -Bonne nuit.
---
--- Brouhaha des manifestants au loin
--- ---
-Voilà.
-Vous voulez une cuillère ou pas ? Ca va ?
Mangez, mangez, mangez.
Faut manger, hein. -Hop.
Tiens.
-C'est bon.
Brouhaha
-Salut, les filles.
Tenez, c'est de la part de la direction.
-Hein ? Ah bon ?
-Non, pas du tout.
C'est de la part d'Ali. Il les a mis de côté.
-Il est où ? -Là.
-Ah !
-Ah !
Je peux te présenter quelqu'un.
Je te fais un prix. -Ca va aller, merci.
-Pour que vous sachiez,
ils ont fermé le 2e étage. -HEIN ?
-Le 2e étage est fermé. -Thierry, tu entends ?
Ils ont fermé le 2e étage !
Cris de joie
---
On a gagné !
-J'expose nos revendications, puis je vous laisse la parole.
Mais bon on s'énerve pas, parce que...
-C'est mon mari.
-BONJOUR. -On a rendez-vous pour la médiation.
Il soupire. Sonnerie
-Ca y est, ça se connecte.
*-Bonjour. Vous m'entendez bien là ?
-Oui.
*-Allez-y, monsieur Bonneau.
-On aurait préféré être reçus en personne
plutôt que de parler à travers un écran...
*-Allons directement au but.
-Notre revendication principale a pas changé,
à savoir l'arrêt de votre politique d'externalisation.
Stoppez votre contrat de sous-traitance
pour qu'elles soient internalisées.
*-Le groupe ne souhaite pas internaliser ce marché.
*Nous sommes là pour trouver un consensus
*autour des différents points, comme l'achat
*d'aspirateurs... -Ah ça, c'est bien, hein ?
-C'est une blague ?
-Ah non, c'est pas bien.
-Pardon, pardon, excusez-moi, je comprends pas.
Vous avez les moyens de nous internaliser,
de donner des meilleurs salaires et conditions de travail
et vous préférez qu'on continue
de souffrir avec la sous-traitance ?
*-Ce que vous dites est un mensonge.
*On ne maltraite pas nos employés.
-Non mais pardon ?
Je vous ai prévenus que les conditions étaient pénibles,
la cadence trop intense. Et les heures supp pas payées ?
Et vous m'avez dit :
"Vous pouvez faire la grève un an, on bougera pas le petit doigt."
-On subit toutes vos décisions pour quelques économies.
Mais on est toutes déjà tombées malades.
On a toutes des tendinites,
le dos en vrac !
On est obligées de travailler pour renouveler nos papiers.
Et vous profitez de ça pour nous exploiter.
Pour vous, on doit se taire, c'est tout !
Tous les matins, on part au travail sans voir nos enfants.
Et le soir, on est tellement fatiguées
qu'on peut pas profiter d'eux.
Tout ça pour que vous fassiez vos économies.
Nous, on aime notre travail, on aime l'hôtel.
C'est pour ça qu'on crie,
pour de meilleures conditions de travail.
Musique dramatique
*-Concernant les cadences,
*nous n'avons rien à dire de plus. Pareil sur les salaires.
*L'hôtel à quelque chose à ajouter ?
*-Non. -Super.
---
-Eh bah ! -Ils font chier.
--- Petit rire jaune
---
--- ---
---
-Cha, for, step, cha, for, step,
step, cha, for, step.
Là, on fait le bridge par derrière.
-CHA, FOR, STEP, STEP, CHA, FOR, STEP.
CHA, FOR, STEP, STEP, CHA, FOR, STEP.
-Et là, on fait... hop.
Petit cri Ca va ?
-Oui. -D'accord.
On se le fait en miroir ? -Ouais.
-Tu pars de la droite. -Là ?
-Ouais, exactement. Sept, huit...
-CHA, FOR, STEP,
CHA, FOR, STEP,
CHA, FOR, STEP, STEP...
Ils rient. -Cha, for, step, cha, for, step.
Brouhaha d'enfants
---
-Je ne sais pas c'est quoi le plus dur.
Faire le ménage ou faire la grève ? On reste debout.
Non, j'ai passé l'âge. Je suis épuisée.
-C'est fatigant, hein.
C'est bien.
-Heureusement qu'il y en a qui sont solidaires !
Si on continue juste à manifester comme ça,
on va pas aller bien loin. Trouvons ce qui les fait bien chier.
-On a qu'à bloquer l'entrée, les portes.
Les clients, ils rentrent pas.
On bloque tout. -Non, s'il te plaît.
Ils vont appeler les flics. Pas envie qu'on me cogne.
-Aïssata, toi, aussi... Ils ont pas que ça à faire.
-Penses-tu !
-Il va pas y en avoir tous les jours.
-Si on veut bien les faire chier,
organisons un truc pendant la Fashion Week.
C'est là où y a le plus de monde à l'hôtel.
Et nous, on galère. -Elle a raison.
C'est vrai.
On a qu'à faire notre propre Fashion Week.
Ca veut dire, on organise un défilé
devant l'hôtel, pendant la Fashion Week.
-Ouais. -N'importe quoi.
-C'est bien, ça.
-Mais fais venir Jean-Paul "Goutier", tant que tu y es.
Non, mais...
-C'est une bonne idée, non ? -Très bonne idée !
On va ramener plein de journalistes. -Beaucoup de journalistes.
-Ca sera le défilé du peuple !
-Exactement ! -Le défilé du peuple.
Elles rient.
*-Bienvenue au défilé des femmes de chambre, du peuple !
*Venez, messieurs-dames. C'est gratuit, très sympa.
*Bienvenue, monsieur !
*Bienvenue au défilé des femmes de chambre, du peuple !
"Here Come the Hotstepper" (Ini Kamoze)
--- Acclamations
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-Allez !
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-Allez ! Vas-y !
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-Merci, merci.
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--- Petit rire
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--- Acclamations
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-C'est quel style ? -C'est antillais.
-Ah ! Et alors vous, Violette ?
-Moi ? A la française.
Brigitte Macron ! -Ah bon ?
Je dirais plutôt la reine d'Angleterre.
Elles rient. Franchement, là...
Vous êtes superbes.
-C'est de la discrimination sexiste, raciale et systémique,
tout ça soutenu par la sous-traitance.
Ils se servent de la situation économique
pour profiter de façon abusive de la vulnérabilité de leurs employés.
La plupart savent ni lire ni écrire.
Donc franchement, c'est pas joli joli.
-Le vrai problème,
c'est l'externalisation du cœur de métier.
Un hôtel sans femme de chambre, c'est un restaurant.
- Ca va pas.
Non, ça va pas.
On a pas de 13e mois, on a pas de tickets loisirs,
on a pas de plateau repas.
Nos produits ne sont pas fournis par l'hôtel,
mais par une société de sous-traitance
qui fait des économies sur ces produits.
Vous trouvez ça normal ? Il faut que ça change !
Voilà. Nous, on en peut plus.
Elle râle.
-Nos salaires ne valent pas un 10e du prix de la nuit dans leur palace.
Nos vies ne valent même pas un seul de leur client.
On en a marre de pas être écoutées,
de pas être entendues, d'être que des petites mains.
Personne n'a le droit de nous mépriser.
Musique rythmée Brouhaha animé
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Elle soupire.
-Café ? -Ouais, je veux bien.
-C'est bien, ce que vous avez dit.
-Tu trouves ? -Ouais.
-Moi, j'aurais pas su. -Mais si.
On a foutu la pression de ouf.
D'autres hôtels ont lancé des mouvements.
On va gagner.
-Mmh.
-Quoi ? T'as pas l'air convaincue.
-Je sais pas.
Et toi, tu vas faire quoi ?
-Comment ça ? -Après la grève, tu vas faire quoi ?
-Bah je sais pas.
-Tu sais pas ?
Tu vas remettre ton petit uniforme ?
Mmh.
T'aimes bien te foutre à quatre pattes
pour frotter les plinthes et te niquer le dos comme moi ?
C'est ça que tu veux ?
C'est un bon plan, ça.
T'aimes bien ramasser la merde des autres ?
T'aimes bien quand un bidet est rempli de vomi
parce qu'un gros porc a gerbé dedans et l'a pas nettoyé ?
T'aimes bien passer après lui ?
C'est cet avenir-là que tu veux pour toi ?
Super idée.
Les filles, elles ont pas le choix.
C'est pour ça qu'elles le font.
Pour éviter que leurs gosses fassent la même chose.
T'as pas capté ça ?
Pense à toi un petit peu.
Elles soupirent. Brouhaha
---
-Riche ou pas riche ?
-Lui, il est blindé.
-Archi blindé, même.
-Je pensais pas tout ce que j'ai dit.
-Pff, mytho, va.
-C'est vrai que je mytho un peu.
-Arrête, sincèrement. Tu le pensais ou pas ?
-Evidemment que non.
Je suis désolé.
-Regarde sa dégaine.
Ses grandes chaussettes roses.
-Je te jure, ça, c'est un châtelain.
Il a des chevaux, une écurie. Il a même un écuyer.
-Un écuyer ? -Ouais.
-Eva ! Eva !
-Oh, putain.
Léger brouhaha
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-Alors ? -On a plutôt des bonnes nouvelles.
-Ah !
-Je vous demanderai de pas faire de bruit
parce que ça, ça pourrait jouer en notre défaveur. OK ?
Notre dépôt de plainte et notre Fashion Week,
ça a eu son effet.
Cris de joie -Ah yes ! Voilà !
-Ca commence à les emmerder sérieusement.
Ils veulent entamer des négociations
sur les points cruciaux
et c'est plutôt bien parti. Cris de joie
Chut ! Je vous ai dit de pas faire de bruit.
Ils veulent négocier si on retire notre plainte et arrête nos actions.
Ca, on va y réfléchir.
Je vous avoue qu'en 30 ans de carrière, moi, j'ai jamais vu ça.
J'ai jamais vu des battantes comme vous. Bravo.
Musique douce Acclamations
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-ON A GAGNE ! -Non...
On "va" gagner.
On va gagner !
--- Cris de joie
--- -ON VA GAGNER ! ON VA GAGNER !
--- ON VA GAGNER ! ON VA GAGNER !
--- ON VA GAGNER ! ON VA GAGNER !
Les manifestants continuent à scander "on va gagner".
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--- Claquettes
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-Je pensais que c'était bourgeois, les claquettes.
-Non, Franck m'a expliqué.
Dans le temps, en Louisiane, des immigrés irlandais ont débarqué.
Ceux qui avaient fui la famine.
Ils sont arrivés avec leurs trucs en bois.
Ils communiquaient avec les esclaves noirs
dans les usines où ils travaillaient...
Vas-y, remets-moi mon truc.
Les filles sont contentes ?
-Grave, elles sont tellement contentes.
Mais Agnès faisait la gueule. -Pourquoi ?
-Parce que j'ai démissionné.
-T'as démissionné ?
-Je vais reprendre mes études.
-C'est vrai ? -Ouais.
-Putain, c'est trop bien.
Bravo.
-Tiens.
J'en ai plus besoin.
-Bah t'es sûre ? -Mmh.
J'ai un petit truc pour toi, aussi.
Un cadeau pour te remercier.
-Fallait pas.
-Après tout ce que t'as fait pour moi...
-Tu l'aurais pas fait, toi ?
Bah alors.
Musique douce
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--- Elle sanglote.
-Tu passeras le "Hello" à la famille royale.
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Tu vas me faire pleurer.
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-C'est malin. Je vais ressembler à quoi maintenant ?
-T'es magnifique. -Ah bah oui, j'imagine.
-Vraiment, comme ça, t'es...
Lady Simone.
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-Simone ?
Salut. -Bonjour.
-Euh...
On t'attend devant. -Ouais, j'arrive.
-A tout de suite.
-Mmh.
J'ai ma petite idée de qui va t'accompagner à Buckingham.
-Si c'est pas lui, ce sera un autre.
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--- Elle sanglote.
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-Merci.
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Et tu m'oublies pas, hein.
-Ca risque pas.
--- Petit rire
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Elle sanglote.
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Elle renifle.
"Santé" (Stromae)
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-A ceux qui n'en ont pas
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A ceux qui n'en ont pas
Rosa
Rosa
Quand on fout le bordel, tu nettoies
Et toi, Albert
Quand on trinque, tu ramasses les verres
Céline -Céli...
-Bataire -Bataire
-Toi, tu te prends des vestes au vestiaire
Arlette, arrête
*-Y en a marre de la galère !
-Et si on célébrait ceux qui ne célèbrent pas
Pour une fois, j'aimerais lever mon verre
A ceux qui n'en ont pas
A ceux qui n'en ont pas
---
*-On a mal au dos ! -ON A MAL AU DOS !
*-On a mal au dos ! -ON A MAL AU DOS !
---
-Quoi, les bonnes manières ?
Pourquoi je ferais semblant ?
Toute façon, elle est payée pour le faire
Tu te prends pour ma mère ? Dans une heure, je reviens
Que ce soit propre Qu'on puisse y manger par terre
Trois heures que j'attends
-16 000 euros une suite par nuit. C'est même pas leur salaire annuel.
-Appelle-moi ton responsable Et fais vite
Elle pourrait se finir comme ça, ta carrière
Oui, célébrons ceux qui ne célèbrent pas
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Encore une fois, j'aimerais lever mon verre
A ceux qui n'en ont pas
A ceux qui n'en ont pas
---
Cris
---
A ceux qui n'en ont pas
-... de la société STM sont en grève.
Les femmes de chambres...
--- Brouhaha
-ON EST SOUS-PAYEES !
-Frotter, frotter
Mieux vaut ne pas s'y Frotter...
-Qui a déjà touché 900 euros ? 1 000 euros ? Personne.
-ON EST SOUS-PAYEES ! -Brosser, brosser
Tu pourras toujours te Brosser...
-Je vous ai pas dit par jour. Par mois !
Qui a déjà touché 800 euros, 900 euros par mois ?
-Encore une fois, j'aimerais lever mon verre
A ceux qui n'en ont pas
A ceux qui n'en ont pas
Brouhaha
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-Pilotes d'avion ou infirmières
Propos indistincts
-On risque de tout perdre.
-Boulangers ou marins-pêcheurs
-Personnellement, je gagne 1 100 euros.
-Aux jeunes parents bercés par les pleurs
Aux insomniaques de profession
Et tous ceux qui souffrent de peines de cœur
Qui n'ont pas le cœur aux célébrations
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Qui n'ont pas le cœur aux célébrations
-Je disais à mes collègues : "Il faut tenir.
"On aura la victoire. Et on en a eu une belle."
-Vous voulez que ça soit à un exemple ?
-Il faut que ça soit
un exemple pour tous ceux qui vont écouter,
qui vont nous regarder.
La lutte paye !
Musique dramatique
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