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Musique romantique
-À 8 h, on est virés. -On y va, ça le fera venir.
Musique dissonante
Il a fallu qu'on commence.
-C'est le bout du monde, ici. L'autoroute, les…
-On reprend ?
Ă€ la mesure 38.
Musique classique inquiétante
Note de piano
Sifflement aigu
Note de piano
Sifflement aigu
Note de piano
-Super.
Vraiment super. Merci.
Je savais que tu ferais quelque chose de fort.
-J'ai recomposé…
-On en reparlera. Je dois me sauver.
-Marc, c'est pas possible. -J'ai rendez-vous.
-Et moi ?
-Je dois aussi m'occuper de Walkowicz.
-Il joue depuis 30 ans.
-C'est avec cet argent que je m'occupe de toi.
-Si peu. -Enfin, Louis…
Depuis le Conservatoire, je sais que tu seras un grand compositeur.
Prof de solfège, c'est bien un moment,
mais je vais te faire jouer. -Merci.
-Mais Walkowicz me fait vivre. -Merci.
-Tu comprends ? -Écoute ça en voiture.
-Je t'appelle demain.
-Marc, tu me déposes ?
-Je vais à Orly. -À un taxi, ça ira.
-OK. C'est très bien, Louis.
-Tu t'occupes de Louis parce que c'est un copain ?
-Sa musique est intéressante.
Ça manque un peu de maturité, mais…
-Tu préfères les vieux musiciens.
-Tu dis ça parce que je m'occupe de Walkowicz ?
-Avant, il y a eu Staedier.
-Staediler, c'était autre chose.
Et arrêtez avec le passé ! On dirait des femmes.
-Je vais t'apprendre quelque chose.
-Je connais mon passé. -Une copine a à la vente
un endroit où tu as vécu.
-Ma chambre de bonne ?
-La maison des Staedier.
-3 ans après sa mort ?
-Sa femme vend.
Eh ouais. Dans un couple, Il faut pas mourir le premier.
-Bonjour.
-Merci aux Américains. 3000 personnes tous les soirs !
-J'ai appris.
-Mais avec eux, il faut bien lire le contrat.
Ils m'avaient promis la chambre 714 Ă l'hĂ´tel Pierre.
Je ne l'ai pas eue.
Il faut préciser le numéro de la chambre.
-Lindsay m'avait assuré… -Ils sont comme ça.
S'ils vous doivent un café, ils vous l'amènent sans sucre.
Il faut négocier le sucre.
*Musique classique inquiétante
C'est qui ? -Un ami du Conservatoire.
-Ah, les amis. Vous aimez ? -C'est une première œuvre.
-Il ne vous fera pas gagner trois sous,
mais heureusement je suis lĂ , le vieux Walkowicz.
Vous vous lassez de moi ?
-J'aime la musique contemporaine, je suis son évolution.
C'est aussi mon métier.
-Vous savez chez qui on trouve l'espérance de vie la plus longue ?
Les musiciens. Ensuite, les curés.
Vous n'êtes pas près d'être débarrassé de moi.
-Je n'en ai aucune envie.
-J'ai appris ça récemment. Ça réconforte.
Vous venez dîner avec moi à la Coupole ?
-Je suis attendu.
-Ah. Mais appelez-la.
Vous lui dites que vous la sauterez vers 2 h du matin.
Un moment d'une telle qualité,
ça peut s'attendre. J'ai rencontré
une de vos anciennes amies Ă New York.
Elle veut y vivre. La veuve Staedier.
D'où la vente de Montmartre. -Ça vous intéresse ?
Vous êtes très bien dans votre loft à la Bastille.
Froid, sans émotion, parfait pour un homme d'affaires.
Vous croyez qu'ils auront des oursins ?
-Ce n'est plus la saison.
Musique intrigante
-Il y a du café ?
-Le duplex de l'avenue Rapp, on l'a ?
-On n'est pas les seuls sur le coup, mais j'ai sorti le grand jeu.
L aime les chevaux.
Je lui ai parlé chevaux. Ça lui a plu.
-Il en veut toujours 5 millions ? -Oui.
Mais c'est très beau.
Il y a eu des coups de fil ? -Qui.
D'un dénommé Marc Lambert, un ami de Laurent.
Il m'a presque décrit la maison Staedier.
-Un ami de Laurent ? C'est bizarre.
-En tout cas, il a une voix sexy.
Il doit être petit, brun et cavaleur. Je vois ça d'ici.
Il passe vers 6 h.
-Tu lui feras visiter la maison Staediler.
Ça va avec Paul ?
-Il est parti. Je vois une avocate demain.
-T'inquiète pas, va. T'es la meilleure.
-C'est pas son avis.
-Monsieur ?
-J'ai rendez-vous avec Mlle Muller. M. Lambert.
-Veuillez patienter, je vais la prévenir.
*M. Lambert est lĂ . -Il peut venir.
C'est le copain de Laurent, petit, brun et cavaleur.
On va vérifier ?
-Mme Muller ? Marc Lambert, un ami de Laurent.
-Je sais, Juliette m'a parlé de vous. Asseyez-vous.
-Cavaleur, je suis sûre.
-Bien.
Pour aller plus vite,
je vous demanderai de remplir cette fiche.
Ça simplifie les recherches.
-Oui, oui.
-Oui, je le prends.
Mon client ne veut pas baisser son prix.
Qui, c'est cher, mais c'est assez beau.
-Maison, appartement, loft, pavillon, villa, château…
Je coche "maison".
C'est bien, ces fiches, lĂ .
-Vous savez, demain, il pourrait en demander plus.
Il met en vente sans en avoir très envie.
C'est jamais signé.
Oui.
Réfléchissez vite. Au revoir.
-C'est très complet.
-Oui. C'est pour l'ordinateur.
-Les clés de la place de l'Alma.
-Comment ? -Les clés de la place de l'Alma.
Merci.
-C'est pas Montmartre. -Non, pourquoi ?
-Je veux habiter Ă Montmartre. -C'est plein de touristes.
-J'y ai plein de souvenirs.
-On a tous des souvenirs Ă Montmartre.
Il y a même des boutiques pour ça.
Je peux vous ramener Ă l'agence.
-Non, j'ai aussi plein de souvenirs Ă l'Alma.
-Vous avez des souvenirs dans tout Paris.
-Ça se pourrait, oui.
C'est beau. -Je ne vends que du beau.
-Une vente est une vente. -Pas pour moi.
Ça vous suffit de faire du fric ? -Je suis pas commerçant.
-Que faites-vous ? -J'organise des concerts.
-C'est Un commerce.
-Difficile de faire de l'argent avec la musique contemporaine.
C'est pas le Top 50.
-Pourtant, vous achetez.
-Parce que je crois Ă ma musique.
-Moi, je crois Ă mes maisons.
C'est plein sud, ensoleillé jusqu'au soir.
On ne peut pas ĂŞtre triste ici.
-C'est pas ce que je cherche.
Vous ĂŞtes curieuse.
Je coche "maison", "jardin”, "Montmartre",
et je me retrouve au 4e, place de l'Alma.
-Ah, ce que vous cherchez est extrĂŞmement rare.
J'ai des clients sur liste d'attente
depuis des années.
Alors, quand ça se présente…
-Vous allez m'en montrer beaucoup ? -3 ou 4.
On finira par trouver.
Je vous ramène ? -Oui.
-Très bien.
-Merci.
Musique intrigante
Ah oui, c'est beau. Ah oui.
-Parfait pour un artiste. -Vous avez raison.
Je me sens déjà inspiré.
Ici, je redeviendrai compositeur. Un oratorio, un requiem…
Hélas, c'est un peu cher.
Montmartre ne vous tente plus ? -Je me le demande.
-J'avais raison de vous montrer autre chose.
-Autre chose que quoi ?
-Autre chose que Montmartre.
-Ah oui.
Il paraît que je suis privilégié. -Pourquoi ?
-Parce que hier, votre assistante m'a dit :
"Vous avez de la chance.
"D'habitude, MIle Muller ne fait pas visiter."
-Elle Ă du culot.
Elle aurait bien aimé vous faire visiter elle-même.
-On peut arranger ça ? -Tout à fait.
Je peux téléphoner… -Je veux rien de tout ça.
-Mme Lambert ne peut pas venir ?
-Pas tant que ce seront des visites pour rire.
Elle est un peu âgée et en plus, elle habite Nancy.
-Vous vivez en province ? -Ma mère, oui.
Pas de femme. Ou plusieurs. Je fais des rotations.
Des femmes mariées : on a moins d'histoires.
-Sauf avec les maris. -Les maris…
-Eh ben, les maris ?
-Vous habitez chez vos parents ? -Oui.
-Encore ? -Ça vous étonne ?
-À votre âge ? Vous avez quel âge ?
-J'ai 28 ans. Et je suis bien, chez mes parents.
Ils habitent une grande maison au Vésinet.
J'ai ma chambre de jeune fille.
-Papa, maman, Le Vésinet... -Oui.
C'est très agréable, Le Vésinet. J'y ai tous mes amis.
Vous ne me croyez pas ? -Si, si.
-Ça ne va pas, avec vos parents ?
-Pas trop, non.
Ils m'ont jamais pardonné de ne pas reprendre leur pharmacie.
-Ah, évidemment.
Mon père était content que je reprenne l'agence de Paris.
À son âge, l'agence du Vésinet lui suffit.
-Quand elle rit, c'est gagné.
Mais une fois qu'elle a bien ri,
elle se demande ce qui va
lui arriver. Alors elle s'arrĂŞte et parfois vous en veut.
Trop cher et trop dangereux.
-Appelez-moi vendredi. Quelque chose doit rentrer.
-Avec un escalier ? -Avec de la chance, oui.
Que peut-on faire visiter ?
-C'est pour M. Lambert ?
-Un pavillon de chasse Ă Rambouillet. -Il n'y Ă rien entre nous.
Tu le balades, non ? Il pourrait devenir nerveux.
-On s'est vus deux fois. -Tu te souviens du Libanais ?
Il voulait toujours plus grand.
Dans un appartement de 600 m2, il a essayé de me violer.
J'avais ma bombe. T'as une bombe ?
Et la maison Staedler ?
-Bonjour. -Vous ĂŞtes le jeune couple ?
-Quel couple ? -Qui veut acheter.
-Je suis l'agence Muller. M. Lambert veut acheter.
-Ah.
OĂą est votre femme ? -Pas de femme.
-À votre âge ?
-On peut visiter le reste ? -Oui, allez-y.
-Merci.
-Allez-y seuls, mais il faut rien abîmer.
-Comment peut-il peindre ça à Paris ? -La mémoire.
On voit mieux avec les yeux du souvenir.
-Un jour, avenue de Messine,
j'ai fait visiter un appartement Ă un Libanais.
Et brusquement,
il s'est jeté sur moi et a essayé de me violer.
Alors… j'ai hurlé.
Heureusement, la concierge est arrivée.
Je l'ai échappé belle.
-Votre métier est dangereux.
Cette nuit, je me suis vu dans une maison étrangère,
avec une inconnue, au milieu d'objets,
et que je lui faisais l'amour brusquement.
-Elle était d'accord ? -Je ne m'en souviens pas.
Je ne me souviens pas de son visage.
C'était peut-être vous. -Vous m'auriez reconnue, non ?
Musique intrigante
-Vous n'avez pas ce que je cherche. Je vais essayer ailleurs.
Bonsoir. -Bonsoir.
Musique dissonante
-AIlĂ´ ?
-Hélène Muller. Bonjour.
-Trois jours sans visite, je commençais à m'ennuyer.
-J'ai quelque chose.
-Un duplex à La Défense ?
-C'est Ă Montmartre, une maison.
-Ă€ Montmartre ? Quand ?
-Tout de suite.
-Je peux pas, j'ai…
-Marc ! C'est maintenant.
-Bon, j'arrive.
Musique douce
Je pars, c'est urgent.
La musique s'interrompt.
-C'est lĂ . -La maison Staedler ?
Laissez-moi.
Oh….
-Elle veut pas qu'on entre. -Si, si.
I faut la violer un peu. Venez.
Votre sac.
LĂ , le sac.
Montez.
Allez.
Je rentrais comme ça, parfois.
Allez. Venez, venez.
-Oh, décidément.
-Venez, venez.
C'était le salon de musique.
Vous voyez ? La meilleure bibliothèque de musique de Paris.
Staedler, sa femme et moi, quand je vivais ici.
Je pensais qu'il l'aurait enlevée.
J'avais 18 ans, quand je suis venu faire lle Conservatoire de Paris.
Mon père voulait pas que je parte.
Il voulait que je fasse des études "normales”. Non.
Tout ce que je voulais bien faire, c'était les maths.
C'est utile, les maths, pour la composition.
Ma mère était de mon côté.
Elle savait que sinon, je casserais tout.
En arrivant Ă Paris,
j'ai vécu chez des cousins, je suis rentré au Conservatoire
et j'ai rencontré Laurent,
qui m'a fait découvrir la musique contemporaine.
Et un soir, on est allés écouter une œuvre de Staedier.
Alors là , ça a été un vrai choc.
Je l'ai félicité dans sa loge. Il était avec sa femme, épuisé,
en sueur, comme un boxeur après un combat.
Il m'a quand même écouté. Je ne sais plus ce que je lui ai dit,
mais il m'a invité, peut-être pour se débarrasser de moi.
Alors j'y suis allé une fois, et puis d'autres.
Lä, il s'est occupé de moi.
Il m'a fait travailler la composition et puis…
Je suis resté deux ans ici. Deux ans.
Il joue du piano.
-Le piano est désaccordé, non ?
-Même accordé, ça vous paraîtrait bizarre.
-Police !
-Qu'est-ce qui se passe ?
Notes de piano
-Que faites-vous lĂ ?
-Je suis Hélène Muller.
Je dois vendre la maison de Mme Staedler
et mon client visite.
-Il y à eu effraction. -La clé s'est cassée.
-Je vous embarque ! -Essayez.
Vous allez voir la tĂŞte du divisionnaire Giraud.
Ou celle de votre contrôleur général. C'est un ami depuis 15 ans.
On peut remonter jusqu'au ministre de l'Intérieur.
Laissez-moi avec mon client.
-Un voisin a entendu du bruit. -Foutez le camp.
-Toutes mes excuses.
-C'est un malade.
-Ça saigne ? -Non, mais je vais avoir une bosse.
Tu veux voir la chambre ? -C'est moi qui fais visiter.
On y va.
-Il y a des préliminaires ?
-Les préliminaires, après.
Musique classique intrigante
Alors ? L'endroit te plaît, cette fois ?
-Je prends.
-Tu es sûr de toi ?
-Je vais réfléchir encore un peu.
-Réfléchis vite. Tu n'es pas le seul intéressé.
-Tu me laisseras une petite option ?
-Non. -Non ?
-C'est une affaire comme une autre. Je vends au plus offrant.
-Demain, je pars. Je peux te téléphoner ?
-Tu peux.
-Je prends.
Vous ne regrettez pas New York ? -Non.
C'est juste pour 2, 3 ans,
pour apprendre aux Anglais les méthodes américaines.
-Walkowicz est heureux que ce disque se fasse.
-C'est beaucoup grâce à vous. Merci de nous l'avoir amené.
Il va donner un plus culturel Ă notre catalogue,
un côté vieille Europe.
Si je peux vous rendre service, vous pouvez compter sur moi.
-Même un service un peu spécial ?
-Spécial ?
-C'est encore plus amusant, si c'est spécial.
Les musiciens accordent leurs instruments.
-New York ? Je prends.
-AIlĂ´, Mlle Muller ?
Je suis un ami de Mme Staedier.
-Enchantée.
-Elle m'a signalé qu'elle vendait sa maison.
Je la connais, elle me convient.
-J'ai déjà un client sur l'affaire.
-Mais j'adore Paris, j'adore cette maison.
Je suis prĂŞt Ă doubler le prix.
-C'est impossible. La promesse de vente a été signée.
*Je suis désolée.
-C'est déjà vendu.
-Je rentre Ă Paris. Je reviens demain.
-Les Français sont trop lents en affaires
et trop rapides avec les femmes.
-Bonjour.
-Bonjour.
Et Londres ?
-J'y retourne demain. 2 affaires en mĂŞme temps, c'est trop.
J'achète la maison des Staedier.
C'est déjà vendu ?
-Non.
Mais les clients pressés, ça me fait toujours peur.
-J'aime cette maison.
-Vous voulez signer tout de suite ?
-J'aimerais la revoir encore une fois.
-Quand ? -Maintenant.
-Ce soir.
J'ai fait changer la serrure.
Je me voyais mal sauter par-dessus le mur Ă chaque fois.
Musique intrigante
Musique tourmentée
Un clou.
-Je suis désolé.
Musique inquiétante
-Merci.
On se voit pas assez. -J'ai du travail.
-L'immobilier, ça marche toujours ? -On est débordés.
On a trop de clients, et tu m'en envoies.
-Moi ? Qui ? -Marc Lambert.
Je fais affaire avec lui.
-C'est lui qui fait des affaires.
-Tu es sympa avec ton ami.
-Je l'adore, mais je suis lucide.
J'espère que tu t'intéresses pas à lui.
-Pourquoi tu dis ça ?
-Les femmes l'intéressent. -Tu peux parler.
-Je suis un moine, à côté.
Et j'ai été amoureux.
On part en week-end Ă la campagne ?
-Non, j'ai pas le temps.
-Tu travailles les week-ends, maintenant ?
Tu les passes avec Lambert ?
-Non, je passe pas mes week-ends avec Lambert.
-Eh ben.… Pourvu que ça dure.
Le jour oĂą tu mordras ton oreiller, je serai lĂ .
-C'est ça, je penserai à ça. Merci.
Walkowicz chante.
Musique tourmentée
-HĂ©, mademoiselle !
Le canto en place, s'il vous plaît.
Le canto, voilĂ !
On recommence.
-C'est pour vous. -Merci.
AIlô ? *-C'est Hélène.
-Ah, bonjour.
-C'est arrangé avec le notaire. On peut signer la semaine prochaine.
-Que dois-je amener ?
*-Un chèque de 10 % de la somme et une carte d'identité.
-Bien. Bien, bien.
J'aimerais revoir la maison dans la journée, pour la lumière.
C'est possible ?
-C'est normal. Quand ?
-Demain après-midi.
-Parfait. À 16 h, Juliette sera sur place.
-Mais pourquoi Juliette ?
-Pour changer. Elle est très bien.
-J'en ai rien Ă foutre ! C'est toi qui viens. Hein ?
-Ă€ vos ordres. Le client Ă toujours raison.
-La maison est plein sud. C'est l'idéal.
Sauf que les pianos n'aiment pas le soleil.
Cette cloison, il faut l'abattre. Qu'est-ce que tu en penses ?
Hélène ? Hélène ?
Musique intrigante
Hélène ?
Hélène ?
-Il me fait froid dans le dos. -Détrompe-toi.
I! adorait les femmes.
S'il nous voit, ça le réconciliera avec moi.
-Que s'est-il passé ?
-Il a vieilli, s'est arrêté de composer et a eu un cancer,
alors je suis devenu l'héritier spirituel.
Je devais continuer l'œuvre.
Mais moi… J'ai essayé, mais c'était difficile.
Je faisais pas du Staediler, alors ça a été très mal reçu.
Très, très mal, même.
Il a hurlé à la trahison, puis il m'a viré.
-Et avec sa femme ?
-Pourquoi ?
-Sur la photo en bas, elle te bouffe des yeux.
-Oh ? Oh.…
-Tu composes toujours ?
-Non. Non, j'ai arrêté.
J'organise des concerts, des festivals.
LĂ oĂą je suis le plus fort, c'est pour trouver du fric.
Le charme. Le charisme, comme on dit. Hein ?
-Je pense que tu fais une erreur en achetant cette maison.
-C'est comme ça que tu fais ton boulot ?
-Avec toi, je le fais mal. -Je trouve pas.
Tu te tapes le client Ă chaque fois ?
-Sale con.
Tu te fiches de cette maison.
Tu t'es même pas renseigné sur le prix.
On va peut-ĂŞtre construire une autoroute sous tes fenĂŞtres.
-Une autoroute ?
Une autoroute là ? Lä, je prends le risque.
J'adore les autoroutes. C'est de la musique contemporaine.
Admettons, c'est un caprice.
Mais je vis comme ça, à l'intuition.
Quand je t'ai rencontrée, j'ai su qu'on ferait l'amour.
J'ai pas été me renseigner sur toi ni demandé le prix.
-Moi, si. -Ah bon ?
-Tu changes de femme comme de chemise.
-Eh oui. Je vis comme ça me chante. Je m'en vante pas.
Je m'en excuse pas non plus. C'est comme ça.
-Moi, si j'étais une maison,
ça me plairait pas, qu'on m'achète sans se renseigner.
-Bonjour, Marc. -Bonjour, Suzanne.
-Bonjour, monsieur.
M. Lambert.
-Asseyez-vous.
Nous allons procéder à la signature d'une promesse de vente
de biens immobiliers
entre les soussignés
Staedler Suzanne, née Demouzon,
et Lambert Marc.
-Ça ne vous ennuie pas que j'achète ? -Le passé ne m'intéresse plus.
-Vous gardez le piano ? -Non, je ne crois pas.
-Tu as ta voiture ?
-Au revoir. -Au revoir, Hélène.
Musique intrigante
-Tu pleures ?
Ça s'est mal passé avec Lambert ?
-Non. Très bien.
-Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
-Il m'a dit…
Il m'a dit au revoir.
-Tu vas faire quoi ? -Que veux-tu que je fasse ?
Je vais dîner avec Antoine. -Il est toujours là , celui-là ?
-Je voulais de l'aventure, j'en ai eu.
On sait quand ça commence, on sait pas comment ça se termine.
Enfin, c'était une belle rencontre sexuelle.
-Tu as raison.
Il ne t'a même pas invitée une fois à dîner.
-Tant mieux.
Parce qu'Antoine, il m'invite régulièrement
et je dois l'écouter parler de la Bourse,
avant qu'il me ramène chez lui.
Avec Marc,
les choses étaient différentes.
On savait ce qu'on cherchait.
Musique tourmentée
Oui… Donc cette pièce, elle fait environ 5 sur 6,
n'est-ce pas ?
-Mon mari et moi
sommes d'accord pour vendre, mais sans visites.
C'est absolument catégorique : pas de visites.
Je ne veux pas d'inconnus chez moi. -MIle Muller ? Elle est lĂ .
Je vous la passe.
C'est pour vous.
-Merci.
AIlô ? *-Hélène ?
-Oui, c'est moi.
-C'est Marc.
-Bonjour. Comment ça va ?
-Je veux te voir.
-Pourquoi ?
-Pour te demander en mariage.
Je veux te le demander à la fin du dîner.
Je préférais te prévenir.
-D'accord.
-D'accord pour quoi ?
-Ben… D'accord pour tout.
-Je passe te prendre Ă 8h.
-Oui.
Euh…
Je dois aller chez le coiffeur. Au revoir.
-Bonsoir, monsieur. Mademoiselle.
-Bonsoir.
Merci.
-Tu es superbe.
-Tu es pas mal non plus.
-Comme d'habitude.
-Pour le vin ? -Champagne rosé.
-Tu viens souvent ici ? -C'est ma cantine préférée.
-Seul ? -Jamais.
Tu vas pas me faire une scène de jalousie ?
-J'aurais préféré un endroit à nous.
-Mais c'est le cas, ici.
-De toutes les personnes que M. Lambert a amenées ici,
Mademoiselle est lla mieux.
-Mais de quoi il se mĂŞle,
celui-lĂ ?
-Ne m'en veuillez pas.
Mes mots ont précédé
ma pensée. J'ai été comme emporté
par un galop intérieur.
-Quel culot !
J'ai jamais vu ça.
-Il est discret, mais tu l'as bouleversé.
-Je suis étonnée d'être là , avec toi. J'ai cru qu'on ne se reverrait plus.
-Moi aussi.
Et puis j'ai été à la mairie, au cadastre.
Je me suis rendu compte
que la maison est trop grande pour moi seul.
-Je serai un meuble de plus ?
-Le plus joli, avec le piano.
-Je suis ravie.
J'ai toujours rêvé de faire partie de l'ameublement.
C'est un destin paisible.
-Pas tant que ça, tu sais.
J'ai l'intention de soumettre certains meubles
à un usage aussi intensif qu'agréable.
-Oh.
Je peux Ă peine attendre.
Tu veux m'épouser ?
-On a dit au dessert.
-Mais c'est long, ici.
On va parler de quoi ? -De nous.
-C'est quoi, "nous" ?
-Au dessert.
-CrĂŞpes Suzette.
-Euh… Crêpes Suzette, c'est un dessert ?
-Oui. Ça te plaît pas ?
-Oh, tu sais, moi, je…
Moi, j'attends.
-Quoi ? -Tu sais quoi.
-Non, je sais pas. Sois plus claire.
-Elle a une jolie robe, cette fille. Hm ?
-Oui.
-Vous êtes allé au cinéma ?
-Épouse-moi, Hélène.
-Oui, Marc.
-Oh...
-C'était dur, hein ? -Qui.
-Pour moi aussi.
-T'as rien eu Ă faire.
-La femme souffre parce qu'elle attend.
-C'était délicieux.
-Je… Je déteste les cuisses de grenouille.
-T'as tout mangé. -Je suis polie.
-T'as rien dit ? -Tu m'as rien demandé, Marc.
-"Ah..."
On n'allait pas encore se marier.
Tu me faisais pas manger les cuisses de grenouille de force.
C'est quoi, le mariage ?
-Je me le demande.
-C'est manger ensemble le matin, le soir et mĂŞme le midi.
Et les vieux couples se ressemblent
parce qu'ils mangent la mĂŞme chose depuis 30 ans.
Et 30 ans, je vais te dire…
30 ans, ça fait…
C'est formidable, ces trucs.
Ça convertit les livres en dollars. -On s'en sert jamais.
-Fois… Mais c'est un souvenir.
-De qui ?
-D'Antoine, un copain. -Un copain ?
-Enfin, un amant. Mais aussi un copain.
-T'en as d'autres ?
-Oh !
Deux ou trois.
-C'est raisonnable.
-Aïe, pauvre Antoine…
Ça va lui faire de la peine. -Et aux autres ?
-Pareil.
Et toi, tu vas faire de la peine Ă tes dames ?
-Je n'aime pas ĂŞtre cruel.
-Bon, on en reparlera. Hein ? -Oui.
-On a assez perdu de temps comme ça,
Ă manger des grenouilles et Ă parler d'Antoine,
au lieu de se sauter.
-Tu me surprends, Hélène. -Je te choque, Marc ?
-Garçon, l'addition.
-On se marie quand ?
-Dans deux mois, quand je signe définitivement.
-Ça va faire court. Maman va s'affoler.
-Tu tiens Ă ramener la famille ?
-Si tu n'aimes pas la famille, il faut pas se marier.
-J'avais pas pensé à ça.
-Juliette va faire une drĂ´le de tĂŞte.
Tu sais ce qu'elle disait ? -Non.
-Que tu pensais qu'Ă baiser.
-C'était bien. -Très bien.
-Mieux qu'avec les autres ? -Pourquoi comparer ?
-Les autres, tu vas les revoir ? -Je sais pas.
-Si tu les revois, je pourrai revoir Antoine.
-Si tu le revois, tu me revois plus.
-Alors ne revois plus tes bonnes femmes.
-Elles n'ont aucune importance, ces femmes.
-Le mariage est sacré. Je te jure fidélité.
-C'est un vieux rituel. C'est plus du tout réaliste.
Je voyage.
Me retrouver seul Ă Royan ou Ă Baden-Baden, c'est sinistre.
-Mais seule Ă Paris, quel pied !
-J'ai très envie de me marier avec toi,
mais l'idée de n'avoir personne d'autre, ça me paraît.….
-Aberrant. -Oui.
-Tu sais, moi aussi.
-Si je te trompe, c'est pour me faire plaisir.
Pas pour te blesser.
-La fidélité n'a pas d'importance. -Surtout la tienne.
-Oui ! Toi, tu es beaucoup plus rigoureuse.
Je suis léger. Le mariage me changera pas.
-Si tu me trompes, je partirai.
-Pas question. Si je me marie, c'est pour la vie.
Je vais pas faire comme ces cons qui divorcent trois ans après.
-Très bien. Si je te trompe, tu le sauras jamais.
-Ah non, non plus. Jamais d'hypocrisie. On se dit tout.
-Quel couple moderne, ouvert !
Beurk !
Ça ne marche jamais.
Une chose est pire que l'hypocrisie : le cynisme.
-Je te croyais plus évoluée.
Je vais devoir te jurer fidélité et y croire ?
-Oui.
-LĂ .
LĂ , ici. Assieds-toi lĂ .
Walkowicz est nerveux avant un concert,
comme un débutant. -Oui.
Les musiciens accordent leurs instruments.
-Ça a de l'allure.
-Tu te rends compte de ce que ça a coûté ?
Lambert a encore eu des subventions.
-Il doit coucher avec qui tu sais.
-Il a eu Carole Strachey pour le Stockhausen.
-Ah bon ? -Comment il s'y est pris ?
C'est pas le cachet qu'il offre… -Il a d'autres arguments.
Je ne la vois pas dans un Stockhausen.
-Bonsoir. -BONSOIR.
-Merci.
-Ă€ moi.
Vous avez joué beaucoup plus vite. Deux minutes d'écart.
-Mon métronome, c'est mon cœur. Il doit battre plus vite.
Ă€ cause de vous.
Vous avez aimé ?
-C'est la Tre fois que j'entends une telle musique.
-Vous n'ĂŞtes pas musicienne.
-Non.
-C'est très agréable, d'initier une jolie femme.
Hein, Marc ? -Oui ?
-C'est agréable, d'initier une femme qui ne connaît rien.
-Elle va
s'y mettre.
-Vous allez épouser ce type-là ?
-Absolument.
-Vous ĂŞtes courageuse. Les musiciens,
ça fait des maris épouvantables. N'est-ce pas,
Mina ?
-Suis-je musicien ?
-Quand vous l'aurez compris, ça ira mieux.
Il gagne du fric,
mais il perd son temps.
-Marc devrait se remettre Ă composer ?
-Après ma mort. Pour le moment, je le garde.
-Mme Staedler vend sa maison ?
-Oui, je l'achète.
-Nous nous sommes rencontrés comme ça. Je vends des maisons.
Oh.
-Je suis désolé.
-Laissez, ça n'a aucune importance.
Ça va sécher.
-Le champagne ne tache pas. -Oui, mais…
-Je vous dis
que ça ne tache pas ! -Et voilà .
-ArrĂŞtez !
-Elle me plaît. Elle a du tempérament.
-Avec Louis, comment ça va ?
-C'est pas facile, mais ça avance.
Musique tourmentée
C'était pas bien, hein ?
-Les types ne s'en rendent pas compte.
-J'aime pas qu'on fasse semblant.
-Je voulais pas te vexer.
-Ça peut pas être le 14-Juillet à tous les coups.
-Jusqu'à maintenant… -Ce soir, c'est le 15.
-J'ai pensé à Walkowicz. Ça m'a bloquée.
-Il dit n'importe quoi. Il avait bu.
Après un concert, il est pas dans son état normal.
-Je plains sa femme.
-Tu aurais pu ĂŞtre un peu plus aimable avec lui.
-En plus. En plus. -Ben oui.
Le féliciter pour sa musique.
-J'ai rien compris Ă sa musique, si tu veux savoir.
-C'est pas la peine de pleurer pour ça. Hein ?
-C'est l'énervement.
-On peut pas continuer comme ça.
On ne fait que baiser.
-Une fois mariés, ce sera différent, on vivra ensemble.
-Il y a des choses à régler. La maison, par exemple.
Il faut tout refaire.
-Elle est très bien. -Ce papier peint, c'est vieillot.
-Tu l'adores comme ça. Tu vas tout gâcher.
-Il faut que j'installe une chaîne hi-fi,
pour qu'on entende la musique de partout.
-Celle de Walkowicz ?
-Je te la ferai aimer.
-Quand je fais ma toilette, j'adore écouter le Top 50.
-Tu te fous de moi ?
-Et j'aime les petites pièces avec du papier à fleurs.
-On parlera calmement de ces histoires de maison,
mais on ne baise plus jusqu'au mariage. Ça nous embrouille.
-J'allais te le proposer aussi. -Tu vois.
-Tu l'as senti ? -On fait tout Ă l'envers.
On baise et on règle rien.
-Bonsoir.
Merci de m'avoir invitée. J'avais envie de te parler.
-C'est l'occasion.
Tu enterres ta vie de célibataire
et moi, ma vie de femme mariée.
-Tu as été cambriolée ?
-Non. Paul est venu prendre ses affaires.
Il est comme moi, cet appartement : plein de vide.
-Ça va mieux, non ?
-Je commence Ă m'en sortir.
J'ai accepté l'idée que Paul ne reviendra pas.
L'autre soir, j'ai rencontré un homme chez des amis.
J'ai couché avec lui.
C'était la première fois depuis Paul.
Tu veux boire quelque chose ?
-Un jus de fruit.
Avec un peu de gin.
-Toutes ces années avec Paul…
Il me faisait toujours l'amour de la même façon.
J'ai essayé de l'éduquer. Il y a rien à faire.
Il a changé quand on s'est mariés, du jour au lendemain.
Pourtant, il était drôle. l avait des idées marrantes.
Après le mariage, il voulait ses pantoufles,
sa pipe et son journal.
J'étais sa femme, tu comprends ?
Le mariage, c'est sérieux. Une épouse, ça se respecte.
J'ai acheté La Joie du sexe et je l'ai forcé à le lire avec moi.
-C'était pas la joie ?
-Il s'est endormi.
Il y a six mois, il rentre un soir Ă la maison,
ïl enlève ses chaussures, sort Le Monde et me dit :
"Il faut que je te parle. Avec Christine…"
Christine…
"J'ai une vie sexuelle heureuse."
-Tu me remontes pas vraiment le moral.
-Oh, avec Marc, c'est différent.
-On commence Ă se poser des questions.
Tu sais ce qu'on a décidé ? Tu vas rire, mais…
On a décidé de ne plus faire l'amour avant le mariage.
-Il va aller ailleurs ?
-Papa ?
Papa ?
Papa ?
Papa ? -Que fais-tu ?
Il faut aller te coucher.
-Je veux qu'il revienne, papa.
-Viens. Tu verras
ton papa samedi.
Papa est parti habiter ailleurs.
-Je veux qu'il revienne.
-Maman et papa ne s'entendaient plus.
Mais il aime son petit garçon. -Je veux qu'il revienne.
-J'en peux plus. C'est comme ça toutes les nuits.
-Donne. Donne-le-Mmoi.
Viens. -Je veux mon papa.
-Viens. Viens.
Tu sais, si tu arrĂŞtes de pleurer et si tu fais dodo,
demain, je t'achète une voiture.
-Je veux un camion.
-RÉ, DO, SI
LA, SI, LA
SOL
-Très bien. À mercredi.
-AU REVOIR. -Au revoir.
T'as écouté la bande ?
-C'est bien. Ne change rien. -Tu crois ?
-J'aimerais parler d'autre chose que de musique.
-Quoi ? T'as des problèmes ?
-Un café. -T'as fait une connerie ?
-Anne, ça va ?
-Tu vas la voir à midi. Elle t'a fait ta potée lorraine.
-Et que devient Élise ? -De plus en plus belle.
Je suis gâteux.
-Ça lui fait quel âge ? -Huit mois.
-T'en as pas marre, d'être marié ?
-Non. Non, ça, c'est super.
On a des problèmes de fric, mais Anne travaille.
-Et au plumard ?
-Quoi ?
-C'est comme avant ?
-Tu me demandes des trucs…
-T'en as pas marre, d'ĂŞtre avec la mĂŞme bonne femme ?
-C'est pas une "bonne femme", c'est ma femme.
Et elle est… -Unique, évidemment.
-Tu comprends rien. Evidemment, tu collectionnes.
Tu vises pas la qualité, mais la quantité.
T'es pas près de rencontrer l'âme sœur.
-Tu devrais faire le courrier du cœur.
-Vas-y, cynisme, dérision, la pirouette et on s'en sort.
Je me demande pourquoi tu me poses ces questions.
-Je vais me marier.
-Non ? -Je me renseigne.
-Sans blague ?
-Oui.
-Parce que t'es obligé ? Elle attend un môme ?
C'est quoi, le problème ?
-Quel problème ? -T'as l'air préoccupé.
-T'es un ami, oui ou non ? -Écoute, oui.
On va y répondre, à tes questions.
On se retrouve Ă la maison. Hein ?
Commence Ă en parler avec Anne.
-Ça va.
-Je peux fumer ?
-Non, il y a la petite.
-Louis en est fou.
-Elle le rend très heureux. C'est vraiment un père.
-Comme je disais Ă Louis, je me pose des questions.
-Il m'a dit : "Marc veut se marier."
-Ah bon ?
-J'ai quelque chose pour la petite. -C'est gentil, merci.
-J'espère que ça lui plaira. J'y connais pas grand-chose.
La vendeuse m'a dit…
-Il est génial ! Oh, pardon.
-Eh oui, je vais me marier.
-Formidable. Louis m'a dit : "Il devrait s'y mettre.”
-Ă€ quoi ?
-Pardon.
AllĂ´ ? Oui.
Ah. Bon, j'arrive tout de suite.
Oh, évidemment…
Je te laisse Élise.
Le gosse du voisin a avalé du verre.
-Oh, ben non. Non.
Élise…
Oh non. Attends…
Pleure pas, va.
Tiens.
LĂ .
Oh !
LĂ . Je te pose lĂ .
Bouge pas.
Regarde Carotte.
Regarde. Élise.
Carotte.
Regarde. OĂą tu vas ?
Élise, viens.
Regarde.
Ho lĂ .
LĂ , regarde.
Regarde. Oh !
Ho lĂ !
Regarde.
Regarde les petites voitures.
Regarde comme c'est beau.
Qu'est-ce qu'elle fout, ta mère ?
Mais non.
Mais non. Tu pues, toi.
Oh non, mon costume ! Mon Kenzo, oh non !
Oh non !
Oh lĂ lĂ .
Et il me vomit dessus !
Oh !
-Merci. Il faut que je te change, j'ai l'impression.
-Oh !
Et moi, alors ? Regarde.
-La salle de bains est dans le couloir, Ă droite.
VoilĂ .
Je vais nettoyer ça. -Tu crois ?
-Je donnerai un coup de fer pour sécher.
-Qu'est-ce que tu fous là ? -Tu m'as invité à déjeuner.
Hélène !
-Bonjour. -Tu bois quelque chose ?
-Non, je vois un client après.
-C'est bien.
Il fallait que je te parle. J'ai si peu de temps.
J'espérais passer la soirée avec toi, mais c'est impossible.
Je répète avec les chœurs,
Carole arrive après-demain et elle ne reste que trois jours.
Je dois tout préparer avant son arrivée.
-J'ai beaucoup de travail aussi. C'est ce que tu voulais me dire ?
-Non, c'est Ă propos des enfants.
-Quels enfants ? -Les nĂ´tres.
-On n'en a pas encore. -Je suppose que…
-On va pas en parler entre deux escaliers.
Attendons d'avoir une soirée.
-C'est important, pour une femme.
La procréation, c'est le but du mariage.
Mais des tas de gens se marient et n'ont pas d'enfants.
-Mais il faut pas être égoiste. -Je suis très égoiste.
-Attends. Tu voudrais des enfants vite ?
-Ah non, je suis pas pressé du tout.
-Moi non plus. Ça me paraît pas un problème urgent.
Tu es… Hé.
Dans combien de temps penses-tu… -Plus tard.
Ă€ vrai dire, jamais.
-Je serais pas une bonne mère ?
-C'est pas ça du tout. Ah non, au contraire.
C'est moi qui serais pas un père formidable.
Je me sens pas prêt, je suis pas assez mûr.
-T'as 40 ans !
-J'ai 40 ans et je veux pas de mĂ´mes.
C'est sale, ça bousille tout.
Ça fait que chier.
J'ai un costume de foutu Ă cause de la gamine de Louis.
Oui !
-J'en veux pas non plus.
-Quoi ? -J'en veux pas.
Ça me fait peur.
-Les accouchements ne sont plus risqués.
-Ce qui me fait peur, c'est d'élever un enfant sans père.
-Mais je suis lĂ .
-Les pères, on sait où ça commence, pas où ça finit.
-Merci de ta confiance.
-Le gosse de Juliette se met devant la porte…
-Je suis pas le mari de Juliette.
Je veux ĂŞtre le tien.
-On se voit quand ?
J'aimerais… Oh !
J'aimerais te présenter mes parents. -Avec plaisir,
mais on Ă des tas de choses Ă se dire.
-T'es débordé !
-Le week-end, ça va. On se le confirme ce soir.
-D'accord.
Au revoir.
Bon. Alors on se voit samedi en fin de journée.
Je t'embrasse.
-Alors ? C'est pour quand ? -Pas si vite.
Pour le moment, on discute. On se bloque la soirée du samedi.
-Dis oui Ă tout et fais ce que tu veux.
-C'est ce que tu as fait. T'as vu la réussite.
On préfère poser les questions avant.
-Vous êtes habités par la passion. Vous me bouleversez.
Vous avez loué une salle de réunion ?
-Rigole, espèce d'aigrie.
T'aimerais bien
que ça foire,
que je sois malheureuse,
comme toi.
On a le droit de faire autre chose.
-Bonjour, madame. Merci beaucoup.
-Pour discuter, on sera bien, ici.
-T'as loué une salle ? -Avec traduction simultanée.
-Non, jamais avant une négociation.
-Ă€ toi. -Merci.
On commence par quoi ?
-Eh bien…
Par la fidélité.
On n'avait pas l'air tout Ă fait d'accord.
-Ça m'étonnerait qu'on le soit un jour.
-Tu veux pas bouger ? -Et toi ?
Des amis se sont mariés et lui a droit à 2 nuits par semaine,
le jeudi et le mardi. Ça te plairait ?
-C'est sinistre, ce genre d'accords.
Commençons par quelque chose de plus facile.
-Comme tu veux.
L'argent.
-Tu veux absolument en parler ? -J'y tiens.
Qu'amènes-tu dans la corbeille ? -Ben, la maison.
-20 ans de crédit. À part ça ?
-Mais je gagne très bien ma vie aussi.
Et toi ? -Tu le sauras chez le notaire.
On fera un contrat de mariage. Je vaux plus que toi.
-Ouais. -La musique, ça marche aujourd'hui.
Demain, allez savoir.
Alors que les gens auront toujours besoin de se loger.
-OK. J'épouse une fille riche.
Mais un jour, je serai célèbre.
-Je prends le risque.
On passe Ă autre chose ? -Oui.
-On va habiter oĂą ?
-Ben, chez nous, Ă Montmartre.
-Tous les jours ? -Les couples mariés vivent ensemble.
-Je peux allumer ? -Oui, allez-y.
Pourquoi ? -Je veux un endroit Ă moi.
-Une garçonnière ? -Une garçonnière pour fille.
Ma chambre chez mes parents. -On s'en débarrassera jamais.
-Tu pourras écouter ta cacophonie tranquille.
On mange ensemble ? -Ben oui.
Vous êtes marié ? -Je l'ai été 3 fois.
-Qu'en pensez-vous ?
-Mademoiselle voulait une aspirine ? -Oui, merci.
C'est quoi, la suite ? -Le cul.
-Alors on dîne avant. -Oui.
Oh, laissez. J'adore le bordeaux.
-Je préfère le bourgogne.
-Bon appétit.
-On va pas négocier la bouffe. -Pourquoi pas ?
-On mange 2 fois par jour. -On ne baisera pas autant.
-Je déteste sauter un repas. -Moi, ça m'arrive souvent.
-On peut manger tranquille ? -Qui.
On a tout vu, non ?
Ah, j'oubliais.
Le cul.
Pourquoi en parler ? On est d'accord, non ?
-Au début, toujours.
-Ce sera toujours le début.
-Entrez.
-Je peux débarrasser ? -Oui, allez-y.
Rhabille-toi, on sort.
Musique étrange
-Dis donc, c'est bizarre, cet endroit.
-Ça te plaît pas ? -C'est un peu glauque, non ?
Musique entraînante
-Elle est pas mal.
-Pourquoi tu m'as amenée là ?
Un questionnaire de cul ? -Oui.
-D'où ça sort ? -D'un journal de cul.
-Tu lis ça, toi ? -Ca m'arrive.
-C'est de la viande. -De la belle viande.
-La mienne te suffit pas ?
-Réponds pas tout de suite. -Pourquoi je répondrais ?
-Pour connaître tes goûts. -Tu les connais, mes goûts.
-Pas assez. C'était toujours pareil.
-Pourquoi ? -Parce que c'était bien.
-C'était bien,
mais je me disais que je t'éduquerais.
-Quoi ? -Ben oui.
Beaucoup d'hommes rĂŞvent Ă des trucs et n'osent pas passer Ă l'action.
Une femme intelligente les aide à épanouir en douceur leur sexualité.
-T'en as déjà épanoui beaucoup
comme ça ? -Ça te plairait de te faire
sodomiser ? -Ça va pas, non ?
-Si je me fais sodomiser, toi aussi. -C'est pas pareil.
-Marc, je trouve ça lamentable.
C'est ton idée de la sexualité ?
Si tu veux savoir si j'aime être sodomisée, t'as qu'à essayer.
-On n'a jamais eu le temps. -Tu l'auras.
-Mais on sera mariés.
-Tu me baiseras comme un curé sous prétexte qu'on sera mariés ?
-Tu deviens grossière. -Ton truc, c'est distingué ?
-Écoute, j'ai peur, tu m'entends ?
J'ai peur de la monotonie.
Surtout avec tes histoires de fidélité.
-J'aime aussi découvrir
des trucs, mais on peut faire ça ensemble.
À quoi ça sert, que je coche cette case ?
Dans 10 ans, tu me diras : "À genoux, t'as signé" ?
-C'est pour être sûr. -On peut pas être sûr.
Tu veux quoi ?
On arrĂŞte ou on continue ?
-On continue.
-T'inquiète pas.
Je t'apprendrai tout ce que tu ne sais pas.
Et tout ce que je ne sais pas, tu me l'apprendras.
-Et si j'avais voulu arrĂŞter ?
-J'aurais dit : "Au revoir, monsieur. Merci pour la promenade."
Marc, je me sens vidée. Je veux rentrer chez moi.
-On a encore des choses Ă se dire.
-Je répondrais à côté. Je veux être en forme pour demain.
Tu viens ? -Oui, oui, je viendrai.
-Bon. Bonsoir. -Bonsoir.
-Halte lĂ ! Au pied !
Vous êtes le fiancé ? -Oui.
-Ils sont sur la terrasse. Olivier.
-Le petit frère ? -C'est ça, le petit frère.
Musique intrigante
-Ravie de vous connaître.
-Je suis très heureux. Tenez.
Vous n'en avez pas besoin, mais…
-Merci.
-Je suis son père.
-Hélène… -...à a beaucoup parlé de moi.
-Papa charrie tout le monde.
Bonjour. -Bonjour.
-Whisky ? -Oui.
-Vous aimez le whisky ? -Oui.
-J'espère que vous ne finirez pas comme l'Américain.
-Papa… -Quel Américain ?
-Le fiancé de ma fille. Enfin, celui d'avant.
-Ah oui, elle m'en a parlé.
-Il était sympathique, mais il n'a pas fait long feu.
-Mon père fait ça à chaque fois. -À chaque fois ?
-Il essaie de décourager les types qu'Hélène ramène.
-Oh, Olivier.
-Vous voulez vraiment épouser ma fille ?
-Oui.
-Ce n'est pas n'importe qui. -Justement.
-Étes-vous intelligent ? -Ah.
-Ma fille est très intelligente.
-Le déjeuner est servi.
Les assiettes étaient à ma mère. -Oui.
-Elles feront partie de mon trousseau.
On a intérêt à se marier.
-Tu prendras aussi les cuillères
en ivoire.
-On n'aura plus rien.
Nous sommes très attachés aux traditions familiales.
Vous n'ĂŞtes pas malade ? -Il a plus faim.
-Mon mari est un ancien résistant. Il résiste et résiste encore.
-Qui.
-LĂ , c'est un prunier.
Cette année, on sait pas pourquoi, il a rien donné.
Celui-là , l'année dernière, on l'a presque perdu.
Oh.
Sens ça. C'est de la menthe.
J'adore cette odeur.
-J'ai envie de faire l'amour avec toi.
-On avait dit que…
-C'est des conneries. Je veux baiser.
-Tout Ă l'heure. Tout Ă l'heure.
-Non, maintenant. -ArrĂŞte.
Il y a mes parents. ArrĂŞte.
Il y a les voisins autour. ArrĂŞte !
ArrĂŞte, Marc !
ArrĂŞte ! ArrĂŞte !
ArrĂŞte !
ArrĂŞte.
Couché ! Couché !
Marc… T'es dégueulasse.
-T'es bien protégée.
-Pourquoi… Pourquoi tu fais ça ?
C'est ça ! Tu fous la merde et tu t'en vas !
-Tu restes avec eux ou tu viens avec moi.
On va chez Staedier.
-Non. J'irai nulle part avec toi. -Que fais-tu lĂ ?
-Les voisins ont tout vu. -Les voisins ? Tu me déçois.
-Ils jouent au bridge avec mes parents.
-Qu'est-ce que je fais lĂ -dedans ? -Rien du tout.
Dépose-moi chez Juliette. -Non.
Vous allez vous monter le chou. C'est qu'une mal baisée.
-ArrĂŞte. -Quoi ?
-ArrĂŞte ! Je veux descendre !
Arrête-toi ! -Ça va, oui.
Déjà de retour ?
-C'était la voisine !
On va oĂą ? -Chez papa et maman.
-Marc, mes parents sont des gens formidables.
Je ne veux pas leur faire de la peine.
Je veux me marier,
mais ne me force pas Ă renier mes parents.
-Ma famille, tu la verras pas.
-Bonjour. -Bonjour.
-Un paquet pour Mlle Muller. -Très bien. Merci.
-Je vais lui donner.
-Tu veux savoir ? -Non.
-Un cadeau de Marc.
Un cadeau de rupture.
-Oh non.
-Ce soir,
dîner d'adieu.
On se quitte en beauté.
Je vais essayer.
Je veux être tellement belle qu'il en crève.
-Pourquoi ?
-J'en peux plus, Juliette. Je veux du calme.
-Avant, ça te plaisait pas.
-Quelque chose en lui refuse d'ĂŞtre heureux.
En moi aussi, je suppose.
Ces discussions…
-Tu voulais de la passion.
-Il n'y Ă plus de passion. On ne baise plus.
On se dit des horreurs avec le sourire.
Alors qu'on veut se sauter dessus.
Juliette,
tu me comprends ?
-Non.
Vous êtes trop bêtes, trop gâtés.
Vous vouliez trop.
Vous n'avez plus rien. C'est malin.
-Bonsoir. -M. Marc est déjà là .
-Bonsoir. -Bonsoir.
Tu es superbe.
-C'est la robe. -Non, c'est toi.
-Tu as l'air en forme. C'est nouveau, ce complet ?
-Oui.
Un Yougoslave. Un nouveau tailleur, rue de Richelieu.
C'est brillant, ça change.
-Je me demande pourquoi on se quitte.
T'es le type le mieux que j'aie jamais rencontré.
-La soirée n'est pas finie. Peut-être qu'on se quitte pas.
-Elle est décolletée, la robe, tu trouves pas ?
-C'est pour ça que je l'ai choisie. Je suis sûr que je m'en souviendrai.
-Juliette trouve qu'on est bĂŞtes. -Oui.
Pour une fois, Juliette n'a pas tort.
-C'est peut-ĂŞtre la vie qui est bĂŞte.
On a fait tout ce qu'on a pu.
-Je veux pas que ça s'abîme.
Je veux garder de toi une image éblouissante.
Tu m'en veux.
Tu attendais autre chose.
Je sais pas quoi.
Je peux pas te le donner. C'est insupportable.
-Tu m'as trahie.
Je t'en veux de m'avoir trahie.
Je pensais que ça serait difficile, mais pas que tu me trahirais.
-Non. Je t'ai pas trahie, je t'ai déçue.
-C'est la mĂŞme chose. Et puis tu m'as menti.
-Ce soir, c'est ma fĂŞte.
-Tu voulais pas qu'on se marie. Tu voulais me séduire.
Tu veux plaire par n'importe quel moyen.
Tu es un joueur. C'est charmant, mais il y a des moments
oĂą il faut s'arrĂŞter de jouer.
-Tu voulais pas non plus.
In'y a qu'une moitié de toi qui veut.
Tu es bien, dans ta vie confortable.
Tu prends pas de risques.
-Pourquoi je laisserais tout tomber pour toi ?
Qu'est-ce que tu m'apportes ?
-Je suis pas Superman et je baisserai pas mes tarifs.
-Depuis le début, tu ne prends pas mes perches.
Chacun espérait que l'autre allait se livrer.
Je n'ai pas pu t'atteindre.
Je ne sais pas qui tu es.
Ni qui je suis, maintenant.
Je veux me récupérer, je…
Lâche-moi, tu me fais mal !
Et ça fait longtemps.
J'en ai marre, de faire semblant.
-Je t'ai tendu des perches aussi. On n'est pas synchronisés.
Tu te méfies de tout.
-Évidemment que je me méfie. T'es pas net, tu te caches.
La surface est trop belle, Marc. Il n'y a pas que la surface.
Tu crois que j'ai craqué pour tes yeux verts ?
Ils sont mĂŞme pas verts.
Ils paraissent verts Ă cause de ta cravate.
J'ai horreur du vert.
-Tais-toi, on nous écoute.
-Je m'en fous, des gens. Tu sais pourquoi tu m'as plu ?
-Vas-y. -Parce que tu es beau,
parce que tu as du fric,
parce que tu es M. Marc Lambert, organisateur de concerts,
avec ton nom dans le journal
et des nénettes à tes trousses, par rotation.
"Oh, M. Lambert ! Couchez avec moi !
"J'ai les jambes assez ouvertes ? Vous aimez ça comme ça ?
"Comme ça, vous préférez ?" -C'est pas toi, là .
-Comme tous les Dom Juan, tu voulais une femme froide et bien élevée.
Tu m'aurais acheté du Chanel. Regarde-moi bien.
Ce que tu vois lĂ ,
en ce moment, c'est moi, pour une fois, la vraie Hélène.
-Le père Muller m'avait prévenu.
-Je ne suis pas froide, je ne suis pas bien élevée.
Je suis enfermĂ©e dans ce truc-lĂ
et je cherche un type qui m'aide Ă en sortir,
qui me décoince une fois pour toutes.
J'y arrive pas, toute seule.
-Hélène,
on a vécu de très bons moments.
-Le mariage, c'est plus que des bons moments.
Ton charme, c'est un truc de pouvoir.
Je me dis que si je me laisse aller,
si j'ai vraiment un élan vers toi,
tu en profiteras.
T'as pas vraiment d'élans non plus.
Tu veux tout contrôler. Tu te méfies de moi pour tout.
Ce qui marchait le mieux, c'était le sexe.
Ça te satisfaisait pas, puisque tu as voulu arrêter.
Tout ce que tu as trouvé, au lieu de m'en parler,
c'est de me flanquer ton questionnaire Ă la figure.
-Je savais pas qu'on en était là ,
que tu le ressentais aussi vivement.
-C'est bien toi, ça.
J'ai accepté de t'épouser,
et tu t'étonnes que j'aie des sentiments vifs.
Tiens… Tu sais ce qui m'a fait le plus de peine ?
-Non, mais tu vas me le dire.
-Tu n'as pas été capable de dire que tu m'aimais.
-Toi non plus, tu me l'as pas dit.
-Non. Tu me disais rien, j'ai suivi.
-Pourquoi je te le dirais ? J'aime pas mentir.
-Euh…
S'il te plaît, mon vestiaire.
-J'y vais.
Musique mélancolique
-Monsieur, vous désirez ?
-Euh…
Hélène !
Musique angoissante
-Non !
-Hélène !
Hélène !
Hélène !
Musique angoissante
-Ca fait mal !
Doucement.
Doucement !
-Videz, videz, videz, videz.
Gonflez Ă fond ! Allez, allez !
Soufflez !
Regonflez, ressoufflez.
Regonflez, ressoufflez.
-C'est horrible. Je serai comme ça toute ma vie ?
-Oui, il y a rien Ă faire.
-Je m'y habituerai jamais.
-Ils disent tous ça etils s'y font.
-Comment ça va ?
-Mieux. J'ai l'impression d'avoir 70 ans, mais ça va passer.
Vous avez des nouvelles d'Hélène ? -Hélène ?
Elle est encore très fatiguée.
Je m'occupe de l'agence avec son père jusqu'à son retour.
Je vous ai apporté les papiers.
Puisque vous ne pouvez pas venir chez le notaire.
La vente devait avoir lieu aujourd'hui.
-Oui. Je pensais qu'Hélène viendrait.
-Hélène n'a pas pu venir.
Vous voulez toujours acheter ? -Oui.
-Bon.
Alors signez là et mettez votre nom…
-Elle avait qu'Ă venir. Je signe pas.
Qu'elle m'apporte les papiers elle-mĂŞme.
-Elle n'est pas encore en état de travailler.
-Je ne signe rien sans Hélène.
-Tant pis pour vous.
-Donnez-moi ça.
Elle est chez ses parents ?
-Je sais pas.
-Je vous crois pas.
Qu'est-ce qu'on me cache ?
-Vous veniez de rompre, avant l'accident.
-Vous êtes sa meilleure amie. Dites-moi la vérité.
Pas ce qu'on vous dit de dire !
-Vous lui faites peur. Hélène a toujours eu peur d'aimer.
Elle s'est défilée au dernier moment.
Un jour, il y a longtemps, elle m'a dit :
"Si j'aime un homme, je donnerai tout.
"Après ça, j'aurai plus rien."
-Avec moi, c'était différent.
Elle n'a jamais eu ça avant.
-Vous ĂŞtes malade.
Vous voyez pas la réalité. Elle est fragile.
Le souvenir de l'accident la hante. Elle veut oublier tout ça.
C'est fini pour elle. Elle a tiré un trait.
-Salope.
Je l'aime à en crever et ça vous fait plaisir.
Ça vous fait plaisir ? Vous êtes amoureuse d'Hélène ?
-Vous êtes con. Il fallait lui dire tout ça.
À Hélène, pas à moi.
-Aidez-moi. Aidez-moi.
Aidez-moi.
-AIlĂ´ ?
-Passez-moi Hélène.
-Vous avez vu l'heure ? Hélène dort.
-Passez-la-moi.
*-Vous avez assez fait de dégâts comme ça.
Hm ? Une fois pour toutes, foutez-lui la paix.
-Voyons, M. Lambert.
-Je veux mon imper.
-Dans l'armoire, connasse.
-Vous me parlez pas d'Hélène ?
-C'est pas la peine. Au revoir.
-J'avais quelque chose pour vous. Tant pis.
-Donnez-le-moi !
Musique troublante
-Vous allez oĂą, M. Lambert ?
On ne peut pas vous laisser partir.
-Vous êtes cinglé ?
-Où est Hélène ? -Pas là .
-Je sais qu'elle est lĂ !
-Revenez demain.
-Hélène !
OĂą est-elle ?
Hélène.
Hélène !
Où est… Hélène !
Hélène…
Je veux la voir.
OĂą est-elle, hein ?
Hélène ?
Musique inquiétante
Hélène ?
-Attention, elle est fragile.
-Oh, Hélène.
Musique douce
-Oh !
-Oh...
Oh….
Non. Je veux pas que tu voies mon dos.
-J'aime ton dos.
J'aime tout de toi.
Tu vois ? Moi aussi.
Viens, on s'en va.
-OĂą on va ? -Mais chez nous, Ă la maison.
Musique lente
Musique tourmentée
-Regarde-moi.
Marc.
Ça va ? Ça va ?
-Attends… Oui.
Viens sur moi.
-Toi, ne bouge pas. -Oui.
-Ne bouge pas.
-Le voilĂ .
Ou la voilĂ .
C'est encore trop tĂ´t pour le sexe.
-Je veux pas le savoir.
-Je suis très contente pour toi. Et Marc ?
-Il a repris la musique, la sienne. Il compose.
-Reviens dans deux mois. -Oui.
Au revoir. -Au revoir.
Notes de piano
Il chantonne.
-Viens.
Tiens.
Colle bien ton ventre. Je veux qu'il entende.
-Oui.
Maman Mozart dormait sur le clavecin ?
-Il paraît. Écoute.
Musique grave
-Je passais par là , j'ai entendu de la musique et je suis entré.
La dernière fois que je suis venu,
c'était il y a dix ans.
Je croyais que vous alliez tout casser.
-Non, on a justement… -Le mois prochain,
je commence une tournée en Europe.
-Je ne travaille plus pour vous.
-On commence par Amsterdam. -Non, non, non, non.
-Ensuite, Berlin. -Non.
Non, non.
Je travaille pour moi, maintenant. -Quoi ?
Vous vous prenez pour un musicien ?
Vous croyez que le talent est venu avec cette maison ?
Imbécile !
C'est de la musique, ça ?
Notes de piano
C'est de la merde. -Joué comme ça, oui.
Vous ne pouvez rien. -Je peux faire beaucoup.
Je connais tout lle monde !
Personne ne vous écoutera, personne ne vous jouera !
Vous ramperez Ă mes pieds !
Sans moi, vous n'ĂŞtes rien !
-Calmez-vous. -Tout ça à cause d'elle !
Cette pétasse !
Un trou !
Ce n'est qu'un trou ! Les femmes ne sont que des trous !
Vous tombez dedans, vous allez disparaître !
-Marc ! -Un trou !
-On a passé de bons moments.
-Tu crois qu'il a tout entendu ?
-Pourquoi t'as peur ?
Hein ?
Musique grave au piano
VoilĂ . Merci. Au revoir.
Alors…
"M. Lambert, nous vous informons que votre sonate a été retenue
"pour être présentée sous votre direction
"Ă l'audition qui aura lieu Ă Montreux."
Musique grave
-Marc.
Ne me laisse pas seule. C'est pour bientĂ´t.
-Je pars deux jours, mais je serai lĂ quand il faut.
-Ne me laisse pas, Marc.
-Enfin, tu accouches dans un mois.
-Je ne sais pas quand j'accouche. C'est lui qui décide, pas moi.
-Alors j'arrĂŞte tout ? Hein ?
Je fixe ton nombril et j'attends ?
-Toujours des roses ?
-Marc ?
-Il est parti Ă Montreux.
-Il va revenir.
-C'est ma faute.
I! s'est remis à sa sonate. C'est moi qui l'ai poussé.
-Le mois dernier, ça allait bien.
-Pas vraiment. J'ai…
J'ai commencé à avoir peur.
Je rĂŞve que je peux pas arriver Ă l'hĂ´pital,
que le bébé….
Qu'il y a du sang partout,
qu'il veut pas naître.
Je suis toute seule.
-Vous avez choisi un bon hôpital et pris vos précautions.
Encore 15 jours de patience.
-L'hôpital, ça me rend malade.
J'ai l'impression que l'incendie recommence,
que mon ventre est en feu.
-Hélène, calme-toi.
-Maman.… Appelle Marc, maman. J'ai besoin de lui.
-Viens dormir. Ça peut attendre demain. Viens.
Musique grave
-Tu as mal ?
-Un peu.
-J'appelle l'hĂ´pital. -Non, appelle Marc.
Je veux Marc.
-Elle joue la comédie. Elle veut faire revenir Marc.
Musique au piano
-Appelez l'aéroport. Je veux un avion privé.
-Maintenant ? -Oui, maintenant.
-Marc.
Je veux Marc.
-J'ai appelé l'hôpital. L'ambulance va arriver.
-Non, j'irai pas. Je veux Marc.
Musique lente
-Marc.
-Allez, parlez.
-Marc. -Allez.
-L'ambulance arrive.
-Non, c'est moi qui l'emmène. Viens, Hélène. Doucement.
T'as pas mal ?
-Non, ça va. Tout à l'heure, j'avais très mal.
-Quand est-ce
que ça a commencé ? -Je sais plus. Hier soir.
J'ai appelé Anne.
Elle est pas là . J'ai eu l'autre, son collègue,
que j'aime pas.
Il m'a dit que je m'inquiétais pour rien.
J'ai eu des contractions cette nuit.
Ça recommence.
-T'inquiète pas. On arrive sur l'autoroute.
-Oui.
Ça vient. -Attends.
-Ça vient.
-T'inquiète pas.
On arrive, on arrive.
La bretelle, c'est bon.
Qui, mais attends.
-Je peux pas attendre. -Attends, on arrive.
Merde, ça bouchonne.
-Marc, ça vient, il vient. -Non, non !
Pas maintenant, ça bouchonne.
AIl ? Ici Marc Lambert. Passez-moi le Dr Degaucher.
AIlô, docteur ? Ça bouchonne. Je fais quoi ?
-Ça a été à Montreux ?
-Oui, très bien.
Elle, elle va très mal, docteur !
Envoyez
un hélico !
Je suis sur la bretelle, à côté !
Comment ça, c'est pas possible ?
Ça fait une heure qu'on est bloqués sur cette route de merde.
-J'accouche, Marc.
Marc, il vient.
-Mais il se rend pas compte !
-Doucement. Doucement.
Ça secoue, Marc. -Oui.
-Doucement.
-T'as rien ? -Non.
J'accouche !
-Attends, j'arrive.
J'arrive.
-Vite.
-Allez, viens. Attends.
-Ça vient. Ça vient, Marc. -Attends. Attends.
Comme ça.
Musique douce
Je le vois.
Je vois sa tĂŞte.
-Attrape-le. Attrape-le.
Attrape-le.
-Il est reparti.
-La prochaine fois, tu l'attrapes.
Musique douce
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