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[...]
[Musique enjouée]
[...]
[Musique douce]
[...]
- Parlons inspirations. Quelles sont vos influences ?
- Je dirais principalement nous-mêmes.
Moi, je dessine. Constance conceptualise.
[...]
Notre motivation
est depuis toujours la quête du presque rien.
Nous avons simplement imaginé,
désiré un être du 21e siècle
entrant chez lui pour redécouvrir le sens plein du vide.
- Le sens plein du vide ? - Oui, oui, le...
Le luxe de l'espace vide.
Le confort du rien.
- Oui, c'est une bonne définition, ça, ma Constance,
"le confort du rien".
Bravo, amour.
- Puisque nous sommes dans ce Palais de Tokyo
au cœur de la rétrospective que vous inaugurerez ce soir,
j'aimerais aborder l'enfance difficile de Valentin.D.
- Mais...
on avait dit pas de questions personnelles.
- Le principe est aussi de montrer la face intime de l'invité.
- Sa face intime le restera.
- Laisse, amour. Laisse. Je vous écoute.
- Nous ne savons rien du petit garçon que vous étiez.
- Vous ne savez rien car il y a peu à raconter.
Ma mère, désespérée,
m'a abandonné bébé à un orphelinat,
en promettant de revenir me chercher.
Malheureusement, je...
je l'attends toujours.
- De qui tenez-vous...
- Stop. C'est un interrogatoire ?
À part moi, Valentin n'a plus de famille.
[Musique joyeuse]
[...]
[Vrombissement d'une meuleuse]
[...]
[Il rit]
[...]
- Louloute !
(Accent ch'ti) - Deux minutes, Gus.
T'es incore in pijama ? Faut qu'on ch'en va !
Allez, va t'habiller, lò !
- Il est quelle heure ?
- On dit po "Il est quelle heure ?",
mais "qué yeur qui y est ?"
- Qué yeur qui y est ? - L'heure de se dépêcher.
Pff, quind est-ce que te causeras normalemint, ti ?
- Maman,
tonton Valentin,
il nous aime bien, maintenant ? - Ouais.
Il ch'est rappelé qu'il avaut une famille.
- Louloute ! - M'occupe eud'Britney, lò !
[Soupir]
- Louloute, viens vir, j'te dis !
- Ti non pu t'es pas incore habillé ?
- J'rinte pu d'dins !
- Dins tin cochtume eude mariage ? T'as grochi ?
- Ché le cochtume ! Y'a rétréchi !
R'garde, j'ai pas grandi des bras.
- Oh lò lò, merte ! - Quo ?
[Elle souffle]
- L'grosse tache est pas partie malgré les 3 lavaches.
- 3 lavaches ?
Louloute... T'as lavé 3 fois mun cochtume ?
- En machine, chur "fragile", lavage à fro, pis à 40°,
pis après, ch'suis passée direct
à 90°,
mais on pouvaut pu mette "fragile".
- 90° ?
Louloute,
qu'est che qu'y a écrit, lò ?
- "Dri cleuhaning".
- Dry cleaning.
Lavache à chec.
Cha veut dire qu'y faut pas le mette en machine,
Faut l'amener à l'pressing pour qu'y le lavent à chec !
- À chec ?
Commint qu'y font pour laver avec eude l'air ?
- Mais pas avec eude l'air.
- Avec quo ? Avec quo ?
Pas d'eau, pas d'air ! Avec quo ?
- "Dry", in inglais, cha veut dire chec.
Un liquide qui lave à chec quo. - Chec ?
Deule liquide chec ? - Ouais.
- Gus... T'as r'picolé in cachette ?
- Oh non, Louloute, eh !
4 mois et 13 jours chobre.
- Gus ! Fais comme cha...
Oh, merte !
Cha chent l'essence.
T'as mingé des légumes ? - Des oignons frais.
- Ben y putent l'essence.
Commence à m'courir,
tun père. Aucun respect pour eule nature.
Désolée pour tun cochtume. Mais bon, teule mets jamais alors...
- Je le mets jamais pour po l'abîmer !
R'garde cha maintenint...
Mun frère y va s'foute deu m'guiffe !
- Un s'en fiche de c'que pinsent les zautes.
Ch't'aime comme t'es, Gus.
Vaut mieux pas être trop bien habillé pour demander de l'argent à prêter !
- Y va dire non. - Ch'est tun frère quind même.
Pis y est enfin contint d'nous voir !
Quo ?
Ch'est po vrai ? Il a po organisé l'fête pour les 80 ans d't'mère ?
- Non, y répond même po au téléphone.
- M'enfin, Gus,
mais t'es un babache.
- Eh cha y est, ch'suis fin prête !
- Faut qu'teu lui causes.
- J'va lui parler quind on chera chul route.
- T'es trop belle, mamie.
- Ma poupoutche, quo ce que j'chuis continte.
J'm'in vais à Paris pour eule première fois deume vie,
à 80 ans !
- Faut faire un vœu, mamie.
- Min vœu, ch'est qu'min Valentin y avaut pas trop chingé !
Mais ch'est drôle,
qu'y ch'rappelle
eude nouzotes comme cha.
- Un n'a pas tous les jours 80 ans !
- Oh...
Ti, m'enfin...
Pourquo t'as mis
tin cochtume eude communion ?
- Ch'est chelui eude mariache. Y a rétréci.
- Comme y avaut eune groche tache, j'l'a lavé en machine.
- Trois fois. - Ben, ravisse,
eule tache est toudis lò
et sun cochtume, il a tout rétréchi.
- Ouais, mais du coup auchi, l'tache, elle est plus petite !
- Chette lò, alors !
Elle a toudis une réponche à tout.
- Mais mi, au moins, j'dis eule vérité. Hein ?
- Oui, bon.
Allez in route. Tous din l'carète.
[Musique joyeuse]
[...]
[Musique intrigante]
- Z'allez d'où comme cha ?
- Ch'est pas tes oignons.
- Z'allez vir l'aut' trouduc à Paris.
- C'est quoi, "trouduc" ?
- Ch'est le 'tiot nom affectueux de tonton Valentin.
- Y'a pu de Valentin. Y'a pas intérêt à remet' les pieds ichi.
- Écoute ben, ch'gros,
ch'est pas ti qui vas m'apprinte à compter.
Un a eu 2 fils et un aura toudis 2 fils !
Et y a perchone ichi
qui m'impêchera eude passer eule jour de mes 80 ans
avec mes 'flots.
- Ah, ch'est aujourd'hui ?
- Quind j'vous disaus qu'y chavaut pas compter.
- Pardon... J'avaus oublié tes 80 ans.
- Ch'est churemint passeque je les fais pas, hein !
Roule, Gus !
- Teu rinte pas pour dîner ?
- Débroules-teu, t'es majeur.
T'es majeur ?
[Vrombissements du moteur]
[Musique cocasse]
[...]
...
[...]
[L'essence s'évacue du tuyau]
Attends, m'biloute.
J'prinds cha en pluch.
- Tu vas acater tout cha ? Ch'est eule même.
- Mais ravisse ! Y'a min Tintin chul couverture !
- Qu'est-che que vos faites, Suzanne ?
- Rin, comme Britney...
Du coloriache ! - Fais pas cha, m'man.
Elle t'adore maintenant.
Ch'est elle qui prépare à souper pour tun anniverchaire.
[Bips]
- Carte refusée. - Ah bon ?
- Cha va, je va payer.
- Ben non, m'man.
- Chi, en plus je va reprente des Paris Match pour mes copines.
Ch'ti lò, j'in veux plus,
y a du marqueur eud'ssus.
- Ch'est vrai. - Ch'est une vieille perchonne.
- Y dit pu qu'y est orphelin ?
- Ah ben non, bien chûr !
Qu'est-ce teu cherches lò ?
- Y doit chûrement parler de mi, maintenant qu'y s'rapellaut
qu'y avaut eune mère.
Ah, brin ! Mes lunettes !
Eume poupoutche, lis à mamie.
- "Le célèbre designer et sa muse..."
- Il s'amuse ?
- Non, mamie, "sa muse".
- Bin, j'ai intendu. Y feraut mieux de travailler.
- Môman,
elle va lire à mamie,
Britney chait pas bien lire incore.
- Ah bon ?
- Ferme eute bouk.
"Vous êtes un grand designer.
"Quelle a été votre chource d'inspirachion ?"
"1re chource d'inspirachion : eume mère.
- Oh, qu'ch'est gentil, cha !
- "Ch'est pour elle que j'faisaus mes premiers déchins.
"Elle est chi dishtinguée."
- Ches premiers déchins, y les fesaut toudis pour mi.
M'tiote biloute.
Cha grandit trop vite, non ?
- Ouais, ouais. Y parle eude l'anniverchaire ?
- Bin ouais.
Y parle eude l'anniverchaire dans le Paris Match.
Hein ?
- Bin, lis.
- Bin oui lò, d'ailleurs,
y dit qu'y prépare une fête pour ches 80 ans
avec sa compagne Constance, qui a hâte
de la rencontrer.
- Quelle faux-cul, chette lò !
Et pourquo que ch'est pas mi qu'y suis chul couverture,
au lieu de chte Parigot, tête eude veau.
- Quelle humiliation d'être rabaissée au rôle de muse !
- On s'en fout.
- Papa, je suis diplômée architecte DPLG.
Avec Valentin,
on fait tout à deux.
- Nos amis ne lisent pas Paris Match.
- Excepté quand on est dedans, toi et ta muse.
[Cri de douleur]
- Ça va, mon chéri ? - Ça va aller.
- Vous n'avez pas mis trop de rails ?
- C'est le concept, justement.
- Se prendre des rails dans la gueule ?
- Tout Paris se précipite dans ce japonais car c'est tendance.
- Je m'en fous, du moment que ça rapporte.
La direction du Sofitel vient ce soir. Faut me les chouchouter.
- Ils vont être conquis.
- Les délais m'inquiètent.
- Si tu le sens pas, on se retire de l'appel d'offre.
- Ça va pas, je suis pas philanthrope.
Un contrat à plusieurs millions d'euros et les retombées...
Allez, trinquons
à notre futur contrat Sofitel et aux suivants.
Champagne. - Saké.
- Ah, saké, oui.
- Faut qu'on y aille, on doit être dans 10 min avenue Foch.
- C'est quoi le nom de la cliente déjà ? - De Cléry.
- Bonjour.
- BONJOUR.
- Bonjour.
[La voiture démarre]
- Mme De Cléry, comment allez-vous ? - Mal, très mal.
- Ravis de vous revoir. - J'aimerais pouvoir en dire autant.
[Gémissement de douleur]
- Qu'est-ce qui ne va pas ? - Y a un souci avec le mobilier.
Je refuse la réception
de chantier en l'état. Désolée.
- Pardon ? - Et pourquoi ça ?
- Je trouve le canapé très raide. - Raide ?
- Enfin, il est parfait.
Aérien, linéaire,
s'inscrivant parfaitement dans votre espace détente.
- Mon espace détente ?
Hier soir, en regardant la télévision, je me suis coincé
le nerf sciatique.
- Vous étiez peut-être tout simplement mal assise.
- Pour être mal assise, j'étais mal assise !
Ne vous méprenez pas,
c'est beau, mais c'est inconfortable.
C'est comme ces chaises à 3 pieds.
Il faut une assurance-vie, c'est dangereux.
Je défie quiconque de s'y asseoir sans se casser la gueule.
- Cette chaise trépied a remporté le Grand Prix du Design 2016.
- Je lui décerne le Prix de la Cascade 2018.
Voilà ce que je dis.
Jeune homme, venez vous asseoir dans le Grand Prix du Design 2016.
Je peux pas, j'ai trop mal.
Ah ben voilà.
Qu'est-ce que je disais ?
- Relevez-vous !
- Jean-Luc, montrez à Mme De Cléry
comment on s'assied sur la trépied, s'il vous plaît.
- Et voilà.
- Badaboum.
- Vous faites exprès ?
- Bon, allez, j'y vais.
On va pas y passer des heures.
Voilà.
C'est pas compliqué.
- Regardez.
[Soupir]
Simple question d'habitude.
- Et d'élégance.
[Musique cocasse]
[...]
- Il faut les tester, vos meubles, avant de les vendre une fortune !
- On est désolés. On vous fera d'autres propositions.
- J'aurais dû demander
à Philippe Starck de faire la déco.
- Philippe qui ? - Valentin.
- Estimez-vous heureux de ne pas recevoir mes factures d'ostéopathe.
[Gémissement]
[Musique POP]
[...]
- Pas si vite. - Faut y aller.
- Mais je glisse.
- Comment il s'appelle déjà ? - Kad Merad.
- Ah oui, et Julia. - Oui.
- Désolés, on peut pas rester,
mais sincèrement, c'est magnifique. Bravo.
- Vous avez vu l'expo déjà ? - C'est ça.
- Merde, un paparazzi, manquait plus que ça.
- Alors, c'est le grand soir ?
Une impression, une petite phrase !
[Musique lounge]
[...]
- Bienvenue. - Mais enfin...
- Ah, pardon. Pardon, monsieur.
- Ah ben, tiens. - Bonsoir.
- Comment allez-vous ? Voici Paul, mon ostéopathe.
- Bonsoir, enchanté. - Enchanté.
- J'en ai 6 comme ça.
- Plus la table.
- La Monolithe. - La fameuse.
Ouais.
- Bonne visite.
Excusez-nous. - Je vous en prie.
[Gémissements de douleur]
- Je vais vous présenter Kate Fischer, le PDG du groupe Accor.
(Accent anglais) - Bravo.
Au génie et à sa muse.
La rétrospective est
"marvellous".
"Very" inspirant.
- Kate me disait à demi-mot que pour le contrat Sofitel...
- Alexander, non.
Je peux rien dire avant que toutes les projets
sont présentés à le comité.
Mais de vous à moi, vous êtes plus que favoris.
[Vibreur]
[...]
- Ça va ?
- C'est mon frère.
- Il veut quoi ?
- Je sais pas.
- Coupe ton téléphone.
...
- Y doit pas capter à l'intérieur.
- Venau avec mi eud'dins,
mun fils y pourro vous prouver que j'sus vraiment s'mère !
- Il faut un carton d'invitation.
- Si j'reçois un carton
pour eune churprise, ch'est plus eune churprise.
Teu comprin ? - Sans carton,
vous pouvez pas entrer. - Laiche tcherre,
ch'est eune boubourse.
[Musique POP]
In étau chorti fumer eune clope
et eule porte elle se reclaque toute seule.
- Pardon ?
- On est sortis fumer et la porte s'est refermée toute seule.
- Ah ok, allez-y. - Merchi.
[Exclamation de surprise]
Q'ch'est biau ichi !
Et q'ch'est grand !
- Va dire la vérité à t'mère.
Maintenant !
- Bonchoir. Bonchoir.
Bonchoir.
[Elle rit] Bonchoir.
Il est gentil, mon Valentin !
Il a invité beaucoup trop de monte.
- Gus, ch'est la honte lò, vas-y.
- Attends, attends...
Elle dit bonchour.
- Bonchoir, bonchoir.
Merchi d'ête lò pour min anniverchaire.
- Je vous en prie, madame.
- Bon anniversaire.
- Oh, un cadeau !
Merchi. Alors cha, cha me fait plaijir.
[Elle les embrasse]
Merchi beaucoup.
Fallons pas.
Merchi, merchi !
Va po faire eune bec à tout le monte.
En pluch, y a perchonne d'mun quartier !
- Suzanne !
Y'a perchonne du quartier parce que...
- Odette !
Odette eude min club eude couture !
Odette ! Odette !
- Ch'crois pas que ch'est elle !
- Odette, comment qu'cha va ?
Reste pas lò comme un rond de flanc !
- Je m'appelle pas Odette. Je ne vous connais pas.
- Teu fait t'frimeuse.
Tout cha passe que t'es à Paris, teu reconnau pu perchonne.
Crâneuse, va !
- Môman !
Donne tes cadeaux, je va te les garder ! - Ravisse, ravisse.
Eh bah...
Y s'chont pas foulés, hein.
Y m'ont tous acaté le même cadeau.
J'va l'dire à Valentin. Ché pas bien.
Valentin !
Ti, j'te reconnos.
T'es de ch'Nord, hein ? - Non.
Je suis désolée. - T'auraus pas vu min Valentin ?
- Non, pas encore.
- Pascal !
[Rafale de photos]
- Merci !
- De rien !
Ché pas marqué dans les livres
Hé, chopeau !
[Elle continue à chanter]
- La ministre de la Culture.
Madame la ministre, enchanté. Ravi de vous voir.
- Bonjour.
M. Valentin.D,
madame Brandt, bravo.
Cette rétrospective est de toute beauté.
Le savoir-faire français au sommet.
- Merci. - Valentin !
[Exclamation de panique]
- Maman...
- Valentin ?
- Laissez, je compatis.
Le traumatisme de l'orphelin
est une plaie profonde...
Oui...
- Maman... Y a maman. - Où ça ?
- Oui, mon petit, maman est là. Ça va aller.
- C'est gênant...
- Tintin !
- C'est quoi ça ? - Ouh ! Tintin !
- Qui a laissé entrer ces beaufs ?
- What is happening, here ? What's going on ?
[Protestations]
- Qu'est-che qui fout man grind dadais ?
- Amour, calme-toi.
- Comment ? Je suis orphelin et y a ma mère.
- Respire. Tout va bien.
- Mais enfin !
C'est quoi ces conneries ?
- Elle parle avec la ministre ! C'est foutu, faut appeler la sécu.
- Non, pas la sécu, c'est ta mère.
- La mère de qui ? - Faut les exfiltrer.
- Comment ? - Exfiltrer qui ?
- Sa famille. - Quelle famille ? Il est orphelin !
- Il est pas complètement orphelin.
- Soit on l'est, soit on l'est pas.
- Bon papa, occupe-toi de la ministre.
On règle le problème, on t'explique après.
- Y a intérêt ! - Écoute, amour.
Tu vas à la voiture, tu m'attends tranquillement,
je les sors du Palais de Tokyo.
- Oui. - Allez, allez.
- Mun Tintin.
Ch'tiote biloute.
Cha y est, ch'uis là.
- Bonsoir, maman.
[Musique mélancolique]
[Suzanne pleure]
[...]
- Le pauvre...
Il croit voir sa mère partout.
Y a cinq minutes, c'était moi sa maman.
- So sad.
Really.
- You spïk inglish ? Mi auchi, I spïk !
- Bonsoir.
Constance Brandt.
- En vrai, elle a l'air beaucoup moins peau eude vache qu'in photo.
- Merci pour le compliment.
- De rien.
Ch'voudrais vous dire
pour un ménage chans enfant,
ch'est bin trop grind ichi.
- Ah non, ce n'est pas chez nous.
- Tintin !
Maman, elle a Alzheimer.
Cha rêve, ch'est de fêter ches 80 ans avec ches fils,
avant qu'elle oublie tout.
[Musique triste]
- On va à la maison. - Hein ?
- Ce sera beaucoup plus intime pour fêter son anniversaire.
- Qu'eu-ce teu lui a dit ? - La vérité.
Il l'a très bien pris.
[Musique cocasse]
[...]
- Qu'est-ce qu'il fout ?
Mon Dieu... Heureusement, les voisins dorment.
Quel cauchemar ! [Vrombissements]
- Pourquoi chez nous si tu veux plus les voir ?
- Ma mère est malade. Alzheimer.
- Oh, amour...
Je suis désolée.
- On va faire un petit repas puis ils retournent dans le Nord.
- On a rien à dîner et Olga est partie.
- Il y a des choses dans le frigo et elle se souviendra pas.
Désolé de t'imposer ça, ma Constance.
- C'est quand même ta famille.
Même si ce sont des extraterrestres.
- T'as pas encore rencontré mon père.
[Musique cocasse]
[...]
[soupir]
[Exclamations de surprise]
- Entrez. - Tellement heureux d'venir d'ta baraque.
- Bienvenue.
- Ch'uis fin bénache qu'in ch'artrouve enfin in famile.
- Qu'est-ce qu'elle a dit ?
- Elle est contente d'être là.
- Ah.
- Eh ben !
- Ravisse comme ch'est biau !
- Ravisse ? - Regarde comme c'est beau.
- Ah... Merci.
[Rires gênés]
- Toi aussi, t'femme eum a lavé ta costume à 90 ?
- Voilà.
- T'vois, y a pas qu'mi.
- C'est vraiment bizarre,
ça pue l'essence, non ?
- Mais oui.
- Ch'est les légumes.
Des légumes bio eude not' fermette.
- Voilà !
- Merci beaucoup...
Il faut les rincer, peut-être ?
- Faut bien les cuire.
Ça enlève l'odeur. - En partie...
[Soupir de dégoût]
[Exclamation de surprise]
Rien n'est préparé. Olga ?
La table n'est pas mise !
- Attends, j'ai un message.
Ah, Olga, justement. - Non !
- Si. - Et ?
- Elle est tombée dans un escalier, elle s'est cassée les deux jambes.
- Oh, la pauvre. - Les deux ?
- Oui, c'est terrible, ça a dû faire très mal.
C'est atroce.
- On va devoir se débrouiller sans elle.
- C'est gênant. - On revient.
- Installez-vous.
Chut, chut !
[Exclamation de dégoût]
- On n'a pas de gâteau.
- Si, y en a un au frigo !
- Merde, il est entamé.
- Oh... Donne !
- Tu fais quoi ?
- Le "M" de maman.
- T'es un génie.
Il est parfait. - On n'a pas de bougies.
Les allumettes !
- Oh, merde ! - Les allumettes...
- Hé, Louloute !
- Ché biau. - Ché le même qu'au mobile home,
sul boîte de chocolats.
- Ah ! Oui, mais c'est pas comparable.
- Bah, ché chûr !
Eux, ils ont pas les chocolats.
Qu'est-che qui m'cherre min coshtume.
J'in peux plus eude courir mi.
Oh, merde !
'Gus !
- Oh lò lò...
- Cha va, cha va !
Cha va, cha va !
- Teu t'étau pas fait mal ?
- Non, cha va môman, ch'est ce bazar. Bizarre.
- Ch'est particulier ce qu'fait le roi du dizingue.
- Du design, Louloute, pas du dizingue.
- JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX ANNIVERSAIRE
- Vas-y môman, chouffle.
- Y'a dejà servi ch'gâteau.
- Non, regarde, c'est le "M" de maman.
- Oui, ou le "W" de waouh.
- Souffle, mamie.
- Soufflez, Suzette.
- Suzanne.
- Suzanne, pardon.
- Bravo, môman.
- Fais un vœu, mamie.
- Min vœu,
ch'est que min Tintin et l'aute lò,
y m'ont acaté
un biau cadeau.
Bah quo ?
Y'a bin un ch'tio cadeau pour mes 80 ans ?
- OUI...
- Olga l'a rangé... - Non !
J'cros qu'in va arrêter l'chirque.
- Quel cirque ?
- Faut pas m'prinde pour eune boubourse.
- Boubourse ? - Couillon... Couillonne !
Mais quoi ? - Un gâteau entamé,
deux bougies d'eune bougeoir, rien pour l'dîner !
- On vous a dit pourquoi. - Cha va...
Y'a pas une photo de mi dans ch'teu baraque chi frode !
- Cha fait longtemps qu'un cha pas vus.
On va en faire lò des photos. - Gus !
Dis l'vérité, ch'te plaît.
- Ch'est deume faute, j'ai menti.
J'ai raconté que ch'est ti qu'organisaus tout,
sinon t'auraus jamais voulu me vir.
On a besoin de 10 000 euros.
- 5 000. - 8 000, pour pas tout perd'.
- Comme tu oses alors qu'elle a Alzheimer ?
- Ch'est qui qu'a Alzheimer ?
- Ti, môman, mais teu t'en souvins pu.
- Quo que ch'est que toutes ches carabistouilles ?
- Ch'est pas possib' Gus. Arrête eude mintir.
- 8 000 euros, ch'te plaît.
Ch'est rin pour ti.
- C'est dégueulasse de venir à Paris pour me gratter du pognon.
- 6 000 ?
- Va te faire voir, t'auras rien. - Valentin, arrête.
- Bon, allez.
Un part d'ichi. - Maman !
- Maman.
Attends.
Maman, attends.
Tu peux dormir, ici. Tu vas pas faire la route de nuit.
On se rattrapera demain.
- Non merchi.
J'me ch'uis toudis battue pour mes gosses,
pour qu'y s'en chortent mieux que mi.
Un peut d'venir riche,
mais faut jamais oblier d'où qu'ch'est qu'un vint.
Ti, t'as oublié qui qu't'étaus, et cha, ch'est d'une tristesse.
- Laisse-moi... - Écoute, j'va te dire, Valentin,
ches retrouvailles,
j'in avaus rêvé mille fois pindint toutes ches années.
Finalement, ch'est un cauchemar passe que ch't'avaus retrouvé
mais j'te reconnaus pu.
Cha, ché pire que tout.
- Tu ne connais pas la violence du milieu
dans lequel je suis.
Je t'ai fait du mal.
J'aurais pas réussi sans ce mensonge.
- Qui ch'est qu'y t'dit que t'as réuchi ?
- Ah ben, quind même.
- Maman... - Non, non.
- Mi, ch'uis p't'ête un minteur,
mais ti t'étaus plus généreux avant, quand t'avaus rin.
- Pas la peine de venir pour dire une connerie pareille.
- Ti, un jour, t'avaus déchidé eude devenir orphelin.
Et ben mi ch'soir,
j'accepte eude perdre un enfant.
Adieu.
- Non, maman. - Arrête. Viens.
[Musique triste]
Ça va ?
- On n'est plus du même monde, elle peut pas comprendre.
- Elle peut pas l'accepter.
- C'est ça. Tout à fait ça.
- Ça t'a secoué de les revoir. - Dans ces conditions...
Je comprends mieux pourquoi j'ai fui.
- C'est fini, maintenant. Ils sont partis.
[Musique intrigante]
- Oh, non, pas ça...
*- Vous sortez de chez Valentin.D ?
Vous connaissez Valentin.D ?
*- Mi, ch'uis l'frère à l'orphelin,
lò, ch'est cha mère.
- Mon beau-frère, ché un ch'ti.
Il a honte eude nous.
Chon vrai nom, ch'est Duquenne.
- Valentin.D ?
Le célèbre designer orphelin ?
- Y'est orphelin comme mi ch'uis danseuse à l'apéro d'Paris !
- L'opéra, pas l'apéro, Louloute.
- Tout le monde y a compris. Me reprins pas devant l'caméro.
- Arrêtez tout de suite !
*- Immédiatement !
Vous n'avez aucune autorisation !
- On t'a grillé, prolo ch'ti !
*T'es grillé ! *- Donnez cette caméra.
- Valentin, reviens ! J'appelle papa, il va s'en occuper !
[Souffle court]
- Oh, le fumier !
- Bravo !
Allô, papa 7
- Ton paparazzi, c'était un grand, brun,
barbu, genre...
adolescent mal fini ?
- Oui, comment tu sais ? - Je le connais.
Il va vendre au plus offrant, ce sera nous.
On va lui rendre une petite visite.
- Non, Alexander...
Il faut dire la vérité.
J'appelle l'attachée de presse.
- T'es dingue ! On va perdre le contrat Sofitel.
- Je garde mon talent.
Je serai pas le 1er à mentir sur mon passé.
- Attends la signature du contrat !
Après, t'annonceras tout ce que tu voudras !
- Y aura une autre raison de mentir.
J'ai fait assez de mal comme ça à ma famille.
- C'est nous, ta famille ! Laisse-moi faire.
Valentin, arrête ! Valentin !
Valentin, merde !
- Bonsoir, Dominique. - Tu fais une connerie.
Raccroche !
Oh, putain !
[Musique inquiétante]
[Cris]
[Musique inquiétante]
[...]
(Oh, putain.)
Oh merde, merde, merde...
(Putain)
Valentin.
Valentin ?
(Oh, merde...)
[Musique intrigante]
[...]
Au secours !
[...]
- Où qu'y est, min fils ?
- En salle d'opération. Traumatisme crânien.
Il est opéré en urgence.
- Ch'est pas vrai. - Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Je sais pas... Je l'ai trouvé par terre, dans la rue.
Inconscient. D'après la police,
sûrement un chauffard qui s'est enfui.
- Quelle ordure. Ch'est un Parisien cha.
- T'inquiète pas, ma chérie.
Le professeur Rosenberg s'occupe de lui.
- Celui dont on a fait l'appartement ?
- Oui, c'est lui.
[Gémissements de douleur] - Oh la vache !
- Professeur Rosenberg !
Comment va-t-il ? - Bonsoir, Constance.
Je ne peux rien vous dire, il est toujours en salle d'opération.
- Qu'est-ce que vous faites là ?
[Cris de douleur]
- J'ai pas pu terminer.
J'ai le nerf sciatique qui me fait souffrir.
Nous l'avons placé
dans un coma artificiel,
de manière à soulager la pression de l'hémorragie
dans sa boîte crânienne.
- Il a fait une hémorragie cérébrale ?
- Min Tintin, y est tombé dins l'coma...
EI dernière fos que j'lui a parlé,
j'lui ai dit qu'y étaut pu min fils.
- T'inquiète pas, môman.
J'ai bien vu qu'y t'a pas cru...
Cha va aller. Y va s'in chortir, hein, docteur ?
- Il va vivre, oui.
Mais il aura des séquelles importantes.
Amnésie partielle, voire totale.
- Ah, tant mieux !
Non, je veux dire tant mieux qu'il soit pas mort.
Si c'est juste de l'amnésie...
Il peut vivre avec ?
- Est-ce qu'on peut le voir ?
[Cris de douleur] - Constance.
Vous devriez rentrer vous reposer. J'ai votre portable.
- Hé, môman. Faut qu'in trouve un hôtel pas ker.
- Mais non, vous allez dormir à la maison.
- Nous fautes, on veut déringer personne.
- Suzanne,
dans ce moment si difficile,
c'est mieux qu'on reste soudés.
En famille.
[Musique triste]
[...]
[Il soupire]
[Musique cocasse]
[...]
[Bips des machines]
- Hein ?
[...]
[Musique cocasse]
[...]
[Il croque de la coquille d'œuf]
[Musique enjouée]
- Vous avez réussi à dormir ? - Pas gramint.
Pas vraimint.
- Moi non plus.
On doit avoir du café en vrac, faut juste que je le trouve.
- Vous imbêtau pas avec cha.
Un bol eude thé, cha me va auchi.
- D'accord... Alors, les bols...
- Vous venau d'inménager ?
- Non, pourquoi ?
- Ch'est drôle, in dirau que ch'est pas vote baraque.
- Ah non, mais je m'occupe rarement de la cuisine.
C'est Olga qui fait tout, c'est une perle.
Là, elle est en retard.
- Ben elle ch'est pas cassé les deux guiboles ?
- Ah bon ?
Ah oui, oui. Je m'en rappelle, maintenant.
[Tintements de clés] Les deux jambes.
- Pardon pour le retard.
Ma ligne de métro était bloquée.
J'ai eu peur que ce soit une grève, heureusement non, c'était un suicide.
- Tant mieux.
- Bonjour, madame. Olga.
- Suzanne.
Eule mère à Valentin.
- Valentin ?
M. Valentin ?
- Oui, ch'est cha, ch'est cha.
Y'est pu orphelin.
Ch'suis ressuscitée.
- Voilà...
- Je fais les chambres ? - S'il vous plaît, oui.
- Cha va mieux ches guiboles.
Ch'est costaud les os eude Polonaise.
Merchi.
Ch'est vraiment l'baraque des minteus, ichi...
- Des ?
- Des minsonges.
- Je suis désolée, Suzanne. C'est vrai que...
On vous a très mal accueillie, hier, avec Valentin.
C'était minable.
Vous allez peut-être pas me croire, mais
je suis heureuse de vous rencontrer.
- Mi auchi.
Constance, j'aimeraus chavoir,
est-che que min Valentin vous a parlé de mi, pendint toutes ches années ?
[Musique triste]
- J'aimerais tellement vous dire oui.
- Ch'est pas grave, je m'in doutaus un peu.
[Sonnerie]
- C'est l'hôpital.
Allô ?
Oui, professeur.
C'est merveilleux. Il s'est réveillé.
Il parle. - Oh, min Diousse.
- D'accord.
Merci, professeur, merci.
- Ch'est un miraque ! Merchi min Diousse.
[Musique enjouée]
[...]
- Bonjour, je suis le Pr. Legard, j'ai terminé l'opération.
- Le Pr. Rosenberg n'est pas là ?
- Non, cloué au lit à cause d'une sciatique.
- On peut voir Valentin ?
- Il est préférable de ne pas tous y aller.
Peut-être sa mère, d'abord, puis les autres.
- Oui, oui. - Très bien.
Bon, votre fils est confus,
ce qui est normal à 48 h du traumatisme.
Il ne faut surtout pas le contrarier.
- Min Tintin ! - Môman !
Oh, vingt de diousse !
Ch'uis content de t'vir.
Ch'ais pas ce que j'ai lò, ch'uis mou comme eune chique !
- Il ne s'exprime pas normalement.
- Ch'est ti boubourse qui parles pas normalement
avec tin acchent d'Parigot.
Tête eude veau !
- Ah, d'accord...
Je vais faire venir les autres.
- Ch'est qui ?
- Ch'est tin docteur.
Ch'est li qui t'a chauvé.
- Hein ? - Bah ouais.
Apparamint, ch'est un miraque,
cha t'a remis les idées tout dins l'bon sens.
- Ah, oui, j'me rappelle.
Quo que t'as fait à tes cheveux ? Pourquo qu'y chont tout blinc ?
- ('M'est à cause de vous oies.
Chaque chouchis, paf, allez !
Un cheveu blinc.
- Ah, ch'tai créé du chouchi... - Ah, cha, oui.
Tu ch'ais,
teu nous avaus fait eune peur bleue avec ton acchident.
- Je ch'ais, je ch'uis désolé pour ma mob.
- Quelle mob ?
- Ma mobylette.
- Eute mobylette, mais y existe pu.
- J'va la réporer, si pôpa y m'laiche printe ches joutils dins chin atelier.
- Quo que ch'est que teu baves, ma biloute ?
- Min acchident d'mobylette lò, que j'ai tapé m'tiète.
- Tin acchident d'mobylette, ch'etaut y a 25 ans.
- Y a 25 ans ?
- Bah oui.
- 25 ans que ch'uis à l'hôpital ?
- Non, t'as pas fait 25 ans d'hôpital.
- Ch'est pas un hôpital, ichi ?
- Chi ! Mais ch'a fait pas 25 ans qu't'es d'dins !
Hé, dis, ti...
T'embrouilles tout.
- Hein ?
D'où qu'elle est ma mobylette ?
- Ch'ais pas.
J'cros qu'un l'a mis aux incombrants ou alors tin père
l'a broyée.
Min Tintin...
T'as mal queque part ?
Qu'est-che qu'y a ?
- Ma mobylette... Ma mobylette...
Pourquoi il a fait cha, pôpa ?
- Mais teu vas pas braire pour eune mobylette.
- J'ai pu de mobylette.
- Oh, Tintin...
J'va t'en racater eune aute.
- Oh, merchi, môman.
[La porte s'ouvre]
- Bonchour !
- Oh, vous êtes lò, vous auchi.
Oh ! Vingt diousse !
Vous avez l'air fatigué.
Oh, Gus !
T'as grochi !
Oh, mon amour...
Tu m'as tellement manque.
[Il continue à l'embrasser]
- Ch'est pas mi, ch'est l'aute.
- Bonjour, madame.
Euh, Louloute.
J'a failli mourir, on peut dire lò vérité.
Môman, avec Louloute,
ça fait des mois qu'on s'aime.
- Quo ?
- Nan !
- On va ch'marier.
- Elle est déjà mariée !
- Hein ? Avec qui ?
- Avec mi !
- Hein ? - Bah, ouais !
Gustave, ouais !
- Qu'est-che que ch'est que ch'brun ?
- Qu'est-ce qu'il dit ?
Valentin, mon Valentin, c'est moi, amour...
Ta Constance avec qui tu vis, tu travailles,
depuis 10 ans.
- Qui ch'est celle-là ?
- Je comprends pas, là. - On va le laisser se reposer.
Venez dans mon cabinet.
- Louloute !
Pourquo qu't'as marié mon frère ?
- Y a longtemps, déjà 5
- Pourquo que teu réponds, y a longtemps ?
Hein ? - Bah, oui.
Ch'ais pas, mi.
Parce que che l'aime, ch'est cha.
[Musique cocasse]
[...]
Quo ?
- Teu m'as dit que t'avaus un tchio peu flirté avec Tintin
quind vous z'étiau in 6e.
- Ouais, ch'est cha.
- Arrête tes carabistouilles.
- Ch'est loin tout cha, Gus.
- Vous étiez ensemble combien de temps ?
- Me rappelle pu bien.
- Dis-meu l'vérité, Louloute.
- Deule 6e à l'terminale.
À Peu près.
- Vous avez couché enchemble ?
- Nan !
Pas in 6e, in tout cas.
- Louloute.
- Après la seconde.
- Combien eut' fois ?
[Elle compte à voix basse]
- Gus, arrête, in étaut des gamins.
Y m'a laissée pour partir à Paris,
ch'uis tombée amoureuse eute ti !
Ch'est ti que j'aime. Gus...
Min pouchin !
Ch'tiot pouchin !
- Cette zone sous-durale a été touchée
par l'hématome.
Il présente des séquelles importantes
dues à son traumatisme crânien. - Bien fait.
- Gustave !
Il est très confus parce qu'il m'a confondu avec cha femme.
Hein ? - On se demande bien pourquo.
- Cela provoque des altérations
mémorielles ou sensorielles.
Il est en pleine confusion spatio-temporelle.
- Comme dans Sh'tar Trek ? - Gus !
Ch'te plaît. - Bah quoi ?
- Ch'te plaît !
- Cha va. Cha va.
- Aujourd'hui,
il s'est réveillé à l'âge de son accident de mobylette.
- Il avaut 17 ans.
Y roulaut chans casque. - Comment c'est possible ?
- Ça n'a rien d'étonnant.
- Ça va durer combien de temps ? Quand est-ce qu'il sera normal ?
- Y est ben mieux.
Y est normal, là !
- Avec cet accent ?
- Mais y en a plus d'acchent, justemint.
- Aidez-moi à retrouver le vrai Valentin.
- Mais ch'est lui, eule vrai !
- Il faut être attentif, qu'il recolle les morceaux
en lui expliquant qui il est devenu
en 25 ans.
Il a 2 mois pour recouvrer la mémoire et faire des progrès,
après, il restera comme ça.
- Ah, non...
[Musique intrigante]
[...]
- Ch'est d'où qu'on est ? Pourquo on rinte pas à l'baraque ?
- Quoi ?
- Y veut rintrer à sa maison, dans ch'Nord.
Ch'est ichi t'baraque.
- Hein ?
- C'est ici, chez toi. Ta maison, ici.
- Ichi. - Euh... Ichi.
Eule braque,
ici. - Eule baraque.
- Eule ? - Eule baraque.
- Eule braque ! - Non, eule baraque !
- Oui... Eule baraque...
- Eule baraque !
- Eule baraque, ichi !
Voilà.
Tu reconnais ?
- Bonjour, tonton.
- T'es qui, ti ?
- Je m'appelle Britney.
- Ch'est ta nièce. Ma fille.
Que j'ai eue avec m'femme Louloute. Enfin je cros...
- Qu'est-ce tu fais ? - Besoin d'un remontint.
- Gustave, non, non. Eh oh !
- Quo ?
Quo qu'y y a ? Y'a pas que ti
qui peux faire des "entorses".
- Un étaut pas insemble quand j'étaus avec li.
- Hein ? Avec qui t'es chortie, ma Louloute ?
- Avec perchonne, Tintin !
- Teu m'as minti.
- Chi un veut rintrer avant eule nuit, faut se dépêcher.
- Môman. In route, lò.
- Merchi pour tout, hein ! Au revoir.
- Non. Toi, tu restes ici, amour.
- Elle m'appelle "amour", chais pas qui ch'est.
- Ch'est t'femme et ichi, ch'est t'baraque.
- Hein ? - Oui.
- Je veux pas rester lò, mi.
J'veux rintrer dans ch'Nord. - Môman.
Pas question
de l'ramener avec nouz'autes. - Gus !
Min Tintin,
écoute,
un aimeraut bien t'ramener avec nous
à l'baraque, mais on peut po.
Tin docteur a dit qu'y fallaut
que teu t'rappelles de t'nouvelle vie d'avant.
- Je comprint rin à quo que t'baves.
Chuis mate eude toutes ches carabistoules, lò.
- Et si vous restiez un peu plus ?
Ça pourrait être une transition plus douce pour lui.
Pour moi aussi...
- Ah ouais ! Moi, j'adore ici.
- Bin mi, j'veux bin.
Chi cha peut aider,
in peut rester un t'chio peu. Hein ?
Ouais. [Gus soupire]
- Eh oh ! Oh ! On a di tquoi ?
- Qu'un va rester, elle est contente.
[Musique intrigante]
- Merchi.
- Quo ch'est que cha ?
- Salade d'asperges à la spiruline. Ton plat préféré.
- Non, min plat préféré, ch'est eule fricadelle,
chicons au gratin, carbonates...
Hein, môman ? - Bin ouais, min Tintin.
Mais paraît que ch'est cha qu't'aimes, maintenint.
- Oh ? - Ouais.
[Valentin soupire]
- On est mal achis suche caïelle !
- Cha, ch'est vrai.
- Qu'est-ce qu'il a dit ?
- La chaise fait mal aux fesses.
- Critique po trop,
ch'est ti qui les as dechinées, ches caïelles.
- Même chi j'ai mal à min cul,
ch'uis trop content qu'on che retrouve tous enfin réunite in famile.
[...]
- Oh !
- Pourquoi pôpa y est pas lò ?
- Y avaut trop de boulot à la casse, hein ?
- Ouais.
Tun père y bosse eude trop.
- Y sait que j'ai failli mourir ? - Oui, mais
il veut plus te voir.
Et qu'il a plus
qu'un seul fils parce que t'es un trouduc.
- Ch'est chûr
que ch'gros, cha jamais été un poète.
[Téléphone]
[...]
*Cha va, ch'gros ? Teu t'in chors tout cheul ?
T'es po incore mort eude faim ? *- Aucun problème.
Ch'uis même mieux depuis que ch'uis cheul.
- Tant mieux, passe qu'j'va pas rintrer
*tout de chuite. - Hein ?
- Quo "hein" ? *- Pourquo ?
Faut que teu rintes lò !
- Tun fils, y a eu un acchident.
- Gus ? *- Non, pas Gus.
Valentin.
- Vois pas qui ch'est.
*- Oh, arrête.
Y va mieux, lò.
Ch'te rappelerau quind teu chera mieux luné.
- Faut que j'te laisse. J'aime nin minger fro.
- Quo que teu t'es préparé pour chouper ?
- Me chuis fait
un waterzoï au pichon, hein,
avec deule flamiche au maroilles.
- Eh bin, j'in revins po.
*Bon appétit, ch'gros.
- À ti auchi.
- Comment il va ?
- C'est horrible.
- Quoi ? - Il est amnésique.
Il a 17 ans d'âge mental.
- Mais c'est formidable, ça. - Quoi ?
- Je veux dire, c'est l'âge de la créativité, de l'insouciance.
- J'en peux plus, papa.
Je comprends pas ce qu'il se passe, c'est plus mon Valentin.
Et quand il parle...
- Oui ?
- Quand il parle...
Je vais pas tenir, papa, je suis proche du burn-out.
- Reprends-toi, ma chérie.
Ça va aller.
Tu vas te battre. - C'est pas possible.
- Mais si, allez.
- Cha y est, elle dort.
Gus.
- Attends, Louloute.
- Non, non. - Louloute.
Pourquo que tu m'as quitté ?
- On va pas y arriver.
Ti m'as quittée quand t'es parti à Paris.
Ch'étaut y a 25 ans. - Pourquo que j'aurau fait cha ?
- Qui va à l'ducasse perd cha place.
- Ferme eute guiffe,
tizaute !
- Comminchau pas à vous friter.
- Ch'est pas mi.
Y r'met 2 chous. - Ch'est les 2 !
- "Ch'est Gus, y r'met 2 chous..." Le petit innochent...
J'va faire mes études à Paris...
[Ils continuent à s'énerver]
- Pourquoi ils parlent comme ça ?
- C'est du Ch'ti.
- Du ch'lips ?
- Du Ch'ti. - Du Ch'ti.
- Ch'est pas tin kien. - Non, Ch'est m'femme.
- C'est une catastrophe et le rendez-vous Sofitel ?
- T'as que ce mot à la bouche !
- T'as de la chance que j'a arrêté d'boire, sinon...
- Ferme eute guiffe !
- Faut le rééduquer, lui réapprendre
à parler, à marcher.
- Regarde, il est con comme ses pieds.
C'est horrible ce que j'ai dit.
- Bon,je... Je...
Je décale le rendez-vous.
Occupe-toi de lui,
je te rappelle. Ça va aller.
Je... Je...
- Arrêtez cha. - Y pue l'alcool.
- T'as qu'à dire que je bois.
- Viens.
Rapproche-toi.
Regarde.
- Oh, ch'est nous. - Oui.
Tu vois, les chaises ?
C'est toi qui les dessines.
Là, c'est toi
qui poses devant notre table Monolithe.
Elle nous a fait connaître.
Nous, quand on s'est rencontrés au Salon du Design
de Milan.
Coup de foudre.
Tu voulais fuir la foule, l'ambiance de foire.
Alors on a été à l'opéra voir Carmen,
après on s'est embrassés et on s'est plus quittés.
[Elle chantonne l'air de Carmen]
[...]
[Il le chantonne à son tour]
Tu t'en souviens ?
- Et puis churtout, plus besoin de rincher
Ajax sans traces et chans frotter
Ajax, ch'est le goût de la liberté
Ajax, chans traces
Me rappelle bien d'cette pub d'Ajax.
Hein, la mémoire me revient ?
- Non.
Pas la bonne.
Bon, il est tard. Vaut mieux dormir. Demain, on a une grosse journée.
- D'accord.
Ch'est d'où qu'elle est, ma chambre ?
- Ici, c'est ta chambre.
- D'où qu'est mon lit ?
- Valentin, on vit ensemble. Donc on dort
dans le même... - Lit.
- Voilà.
- Ah.
Bonne nuit, madame.
- Et arrête de m'appeler "madame", je t'en supplie.
- Bonne nuit, mademoiselle.
[Grognements bestiaux]
[...]
- Cha va pas ? T'as envie de dégobiller ?
- J'ai envie de ti. - Ouh lò !
Nan. Ch'suis pas d'humeur, j'ai mal à m'tiète.
- Teu m'fais une salate eude cul tourné ?
- Bonne nuit, Gus.
[...]
- Tu l'aimes incore ? Pour cha que teu veux pas de mi...
- Tu chais bien que ch'est ti que j'ker.
- Teu l'aimes incore.
- Nan.
- Ben fais-meu l'amour alors !
- Au dechus de 2 grammes, t'cheu fais un câlin,
ch'est tout.
Viens lò, min grand dadais.
[Ronflement]
Attends.
[Gémissements d'effort]
[Soupir]
[Exclamation de panique]
[Musique cocasse]
[...]
- Oh...
[...]
Qu'est qu'ch'est que cha ?
[...]
[Cri]
[...]
[Cris de douleur]
[...]
[Cri]
[Musique intrigante]
[...]
[Cri]
- C'est inquiétant. - Bien sûr.
- Il a tout oublié.
Bonjour.
- Bonjour, Valentin.
- Euh...
Me rappelle pas de tizaute.
- Normal, c'est la 1re fois que nous nous voyons.
- Ch'est pour cha, vôt' tiête, éme disaut rin.
- Alors, "c'est pour cela que votre visage m'était
"inconnu."
- Hein ?
- Oui,
votre beau-père m'envoie. Je suis orthophoniste.
Je suis là pour vous aider à perdre ce vilain accent.
- Ch'est ti qui causes avec in acchent eude frimeu, lò.
- On ne dit pas "lò",
mais "là", on ouvre la mâchoire : "Là".
- Lò. - Là.
- Lò. Hein ?
- Comme "la-pin".
- Lo-pin.
- La-pin.
- Lo-pin.
Un lopin. Hein ?
- On va faire plus simple.
Vous répétez après moi :
A, E, I, O, U.
- O, O, l,O, O.
- Non.
(En exagèrant) - A,
E,
I,
O,
U.
- O,
O,
I,
O,
O.
- On va travailler avec l'imagier.
Hop.
Qu'est-ce que c'est ?
- Ah ben, un lopin.
- Non, un lièvre.
- Ah, un lièv'.
- Très bien. - Non, "vre".
- Un lièv'. - "vre".
- "Rrr". - Très bien.
- Mais... (- C'est bon.)
- Un kien. - Non, un chien.
- Un kien.
- Un chien.
- Un qu-chien.
- Un g'va.
C'est un g'va, cha.
- Un cheval.
- Ah ? Ch'est auchi un g'va.
[Soupir désespéré]
Du shampoing.
- De la crème solaire.
- Forcément, dans le Nord...
- Ah...
- Une bolle.
- Oui, une balle.
- Des godaches. - Oui.
(On verra après. On avance. C'est important.)
- Un chlip. - Oui.
Un chlip.
- Eune caïelle. - Oui !
- Un biclou.
- Oui, on verra
tout à l'heure.
- Eune carète.
- Oui !
- Eune mobylette.
(- Passez, passez.)
- Eune tab'.
- "ble".
- Y ch'en fout d'la couleur. Y veut l'nom.
- Un portab'.
- Oui.
- Un portab'. - Oui, un portable.
C'est bien, y en avait pas il y a 25 ans.
Ça veut dire que sa mémoire récente n'a pas complètement disparu.
- Oui, enfin, il dit "portab" au lieu de "portable".
Il est en possession que de 2 voyelles : l et O.
Ça va être compliqué de s'exprimer.
- Sa mémoire est altérée, mais pas effacée. C'est positif !
- Sera-t-il prêt dans 10 jours
comme l'exige votre père ?
J'en doute. - Bonjour,
tertous.
- Oh !
Môman !
- T'as ben dormi,
- C'est pas le seul à traiter ?
- Non, mais eux, c'est pas urgent.
- Allez, fais eune bèque à maman.
- Cha fait plaisir eude vous vir
comme cha. - Belle image
d'un fils et deuche mère.
- Mon Dieu, mon Dieu, mais il sera jamais prêt.
- Ch'est bon d'ête in famile après
touch'timps perdu.
Oh, que ch'est bon.
- Non, Valentin, Valentin.
- J't'aime ! J'te ker ! J'te ker !
- Oh !
- Qu'est che que t'fais ? - Arrête !
Vingt diousse !
- Gustave, Valentin ! Arrêtez !
- L'avez bouffé
deule vaque inragée ou quo ?
- Môman, pars pas comme cha ! - Chi !
J'n'ai marre eude vouzotes deux.
Ch'est comme cha que je vous ai élevés ? A vous batte ?
- Regarte, in n'est réconciliés avec Gus.
- Parle pour ti.
- Teu parles d'un anniverchaire !
J'en peux pu, mi. Vous m'faites r'gretter d'avoir eu des gosses.
- Dis pas cha. - Ferme eute bouk !
Rinte dins l'carète !
- Attends, môman.
Commint qu'un va faire pour l'argent ?
- Imprunter eude l'argent à ton amant, plutôt crever !
- Ben ch'est cha qui va nous arriver !
- Tais-teu et monte dans l'carète.
Me parle po comme eute mère, elle te parle !
- Pourquo vous vous dichputez ? - On t'a pas sonné !
- Gus ! Mais...
Gus !
[Il démarre la voiture et la fait vrombir]
[...]
- Depuis longtemps, je veux te ramener ta boîte de crayons de couleur.
T'as dû l'oublier tellement tu es parti vite.
Je les ai utilisés un peu quand même.
- Oh, merci.
[Cri] - Quo ?
- Britney, y a pas Britney ! - Britney !
- Britney, on l'a oubliée.
- Mais ch'est pas possible.
[Vrombissement du moteur]
Britney.
[...]
[Il parle en sanglotant]
- Je comprends pas.
- Hein ?
(hésitante) - Cha va aller. Cha va aller.
[Musique douce]
[...]
[Il sanglote]
[...]
Y a un Tony, ici ?
- Oui, moi.
- Vous êtes du Nord ? - Oui.
Moi qui fais tout pour perdre mon accent...
- Oui, mais attention, je veux pas apprendre,
je veux comprendre.
- Mais pour comprinte, y faut apprinte.
- Hein ? - Hein ?
Cha ch'est un bon début !
- Oui... Asseyez-vous.
Alors, je vous écoute.
Les basiques. - Les A se prononcent O.
- J'avais compris. - Y a pas de subjonctif.
On dit : "Y faut que j'y vais".
- Pas de conjugaison ? - Non.
Un temps. On a un temps.
- Oh merte ! J'a mis deule berdoule chur ma godache.
- Bien ! Et qué qu'on va ker quand in ch'est mis deule berdoule ?
- Oui, alors... Il faut que j'aille...
Donc j'vo, j'va, j'vais, j'va, j'vo.
- J'va.
- Je sais pas trop... Ker !
- Ker !
- C'est "aimer" aussi ?
- Oui, c'est "chercher", "aimer", ça fait tout. C'est un générique.
Ça veut tout dire. - Très peu de mots, en fait.
- C'est ça. - Pas de conjugaison.
- Non, pas besoin. - Ker...
la tazingue...
- Non, la wazingue !
Wazingue, washing, c'est américain !
- Américain !
- Simp', hein !
- C'est violent quand même.
- On se tient droit.
On ferme la bouche.
Naturellement.
Oui, mais...
Ayez l'air intelligent, je ne sais pas si c'est possible.
Bon...
Alors.
La salade. On se tient droit.
[L'horloge sonne]
On ferme la bouche.
Voilà.
S'il vous plaît.
On se concentre !
On me regarde.
Merci. Voilà.
On se tient droit.
On ferme la bouche et salade.
Droit, bouche, salade.
Droit, bouche, salade.
Non, on ne coupe pas la salade.
On la plie.
- Ah.
- Mais non !
- Vous m'avez dit : "on la plie".
- On la plie mais avec les couverts.
Bon, c'est bien.
Bien.
Petite gorgée.
Délicatement. C'est très bien.
- Mets le doigt. - Allez, on y va.
C'est joli, ça.
Vous l'encouragez
à faire n'importe quoi !
- C'est mieux ça que de braire, non ?
- Ch'est mieux cha que d'braire !
Elle parle ch'ti !
D'ou ch'est qu't'as appris à parler ch'ti ?
- T'apprinds l'parigot, j'apprinds le ch'ti.
Y a pas de raison que je fasse pas d'effort.
- Ça suffit !
Le cours est terminé !
[Musique joyeuse]
- Valentin, arrête !
Arrête, Valentin...
- Ch'est biau.
Bonjour. Valentin.
Bonjour.
Bonjour. Valentin.
Bonjour.
- Léonard. - Valentin.
Et Constance.
Dis bonjour. - Bonjour.
Ils savent qui on est. Ce sont nos employés.
- On peut dire bonjour, quand même. - Oui. Oui, oui.
- Me dis pas qu'ch'est min bureau, ichi.
- Si. Tout est à toi. Enfin, à nous.
[...]
- Ça y est, c'est reparti.
[...]
- Voici les méridiennes pour le lobby du Sofitel.
- Et les échantillons de tissu ?
- Les voilà. - Merci.
- Cha n'a l'air confortob', cha.
Faut met' des accoudoirs, on a oublié, regad' cha.
Et des couchins !
Des couchins partout qu'on soit achi d'dans
bien confortob', au fond, quo.
Hein !
[...]
- Oui ! Mais voilà !
*- Je te reconnais, tu es d'ici.
*- Ti, j'te reconnaus, t'es d'min coin.
- Ti, j'te reconnaus, t'es d'min coin.
T'es d'min coin.
- Non, la bouche, cul-de-poule.
[...]
*- Il pleut des cordes, couvrons-nous.
*- Vingt diousse, ça drache, lò.
- C'est moche.
Vingt diousse, ça drache, lò. Vaut me remett' le K-way.
*- Vous êtes totalement ivre.
*- Ti, t'as pas une tiète à shucher des glachons.
*- Il est fort possible que je vous gifle.
*- J'va t'mette une claque dans t'guiffe.
[Exclamation de désapprobation]
*- Ne restez pas bouche bée, vous allez avaler votre nez.
*- Ferme eute bouk, ton nez va ker eude d'dins.
- Ferme eute bouk, ton nez va ker eude d'dins.
[Exclamation de surprise]
- Pourquo qu'ch'est shi ker ?
- Shi ker ? - Cha coûte ker, ch'est ker.
- Ah, c'est cher...
C'est les prix avec la marge habituelle.
- Rajoutez 5 % à 10 % au prix coûtant, c'est shuffisant.
- Ça sera beaucoup moins cher.
- Les clients sheront contents et on vendra plus de meub'.
- Alors ?
- Bon... C'est plus osé.
Mais c'est très intéressant.
Mes copines sont folles de jalousie.
Et alors, je...
Ce gros bloc décoratif posé au centre de la salle à manger...
C'est très bauhaus, non ? - Tout à fait.
- Ça prend beaucoup de place.
- Un classique de notre collection.
La table Monolithe.
- Mais oui, c'est une table. Quelle gourde.
Alors, je me demande...
Comment est-ce qu'on fait pour placer ses jambes
autour de la table ?
- Ouais, tiens !
Merte. D'où qu'ch'est qu'elle fout ches guiboles ?
- Mais enfin, Valentin. Sur les côtés.
Grâce aux chaises amazones.
Comme ceci.
- Ou alors faut être cul-de-jatte.
[Musique enjouée]
[...]
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- J'ai eu un flash, lò.
- Quoi ?
- Ma remise eud' diplôme, à l'école Boulle.
- Ça veut dire que ta mémoire est en train de revenir !
C'est quoi, dis-moi ?
- J'vois des visages, mes dessins...
L'appréhension, l'émotion...
Le plus beau jour de ma vie.
Quoi ?
- Je pensais que c'était notre rencontre.
Mais tu te rappelles pas.
- Ah, non...
- Bah non... - Désolé.
- Tu te souviens de rien ?
[Il soupire]
[Musique douce]
[...]
Et là, tu te rappelles ?
[...]
- Fais voir, encore.
[...]
- Toujours pas ? [Il souffle]
- J'adore cet exercice.
[...]
- Tu cherches quoi ? - J'ai perdu une godache.
- On s'en fout, non ? - Ouais.
Merci.
J'étais po un peu rapide ?
- Si.
- Ch'uis désolé.
- C'était bien, ça m'a rappelé la 1re fois.
- Pour mi, ch'était la 1re fois.
- Quoi ?
- Rien. - Arrête, Valentin.
Me mens pas, c'est pire que tout.
- J'aime pas trop tromper Louloute.
- Valentin !
- Non, attends !
Pardon ! - C'est pas possible.
- Oui, je suis désolé.
J'arrive pas à me rappeler de notre vie d'avant,
je vais y arriver. Il faut !
Parce qu'on a l'air heureux.
- Oui.
- Où que tu vas ? J'ai encore envie de ti.
Si... - Ch'est pas d'mi qu't'as envie.
Ch'est de Louloute. - Non.
- Si. - J'te jure que non.
Je vais te le prouver.
- Tu penses à qui, là ?
- À ti !
- Et c'est qui, mi ? - C'est Constanche.
- Non. Constance.
- Constanche. - Constance.
- Constanche. - Non !
- Constanche.
- Laisse tomber, on l'aura jamais.
[...]
- J'ai rattrapé le coup sur les devis divisés par 10,
mais il faut l'arrêter.
Il est nuisible. Il devrait être sous tutelle.
- S'il signe, vous devenez majoritaire. Vous récupérez
le nom de Valentin.D. Mais bon...
Ça m'étonnerait qu'il accepte.
- Il est con comme une pelle.
On lui ferait signer
n'importe quoi.
- Tant mieux parce qu'on est borderline.
- Pas un mot à ma fille.
Ah, tiens !
Le voilà, ce grand couillon.
[Rires moqueurs]
[Musique intrigante]
[...]
- Hein !
- Hein ! Comment ça va, le ch'lip ?
Le ch'lip, là ! Hein ?
Allez...
Faut que tu signes là.
- Voilà. - Pour l'avenir de la société.
- Ch'est qui, li ?
- C'est notre avocat...
- Je suis son avocat.
- Un seul avocat, ça suffit. On se fait confiance.
On va pas payer deux fois !
Remercie-moi, je te fais faire des économies.
- Merchi...
- Ça va pas ?
- J'comprends po grand-chose à touch charabia, mi.
Ch'est d'où que j'chigne ?
- Là, c'est là. Voilà.
- Voilà. Ch'est tout ?
- Pour aujourd'hui, c'est déjà pas mal.
- Ben oui.
Eh bah...
bon appétit.
[Musique triste]
[...]
- T'étais où ?
On a le vernissage de l'expo Vassili Belkov.
Tiens, ferme ma robe, s'il te plaît.
Pardon, je m'énerve pour rien.
Tu pouvais pas te rappeler.
Je suis désolée, j'ai encore des vieux réflexes de notre vie d'avant.
On était très carrés.
Va te changer, biloute. J'aimerais pas avoir 2 h de retard.
J'ai mis ton coshtume shur eule lit.
Allez, vas-y.
- Constance, faut que je te dise. - Papa m'a dit qu'il y a
les patrons du Sofitel et Kate Fisher se pose des questions.
Mais on s'en fout. Ok ?
S'ils nous choisissent pas, tant pis pour eux.
Ch'est des babaches.
- Kate n'est pas arrivée. C'est mieux qu'il ne parle pas trop.
- Voilà mon couple de l'année, quelle bonne surprise.
Merci d'être venus. - Nous n'aurions pas manqué ça.
- Valentin, comment va ?
- Il peut pas parler, il a une extinction de voix. Hein !
Ah, il peut pas répondre !
- Mais comment ça se fait ?
- Il gueule trop sur ses équipes.
- Venez.
[Rires]
Vassili, regarde qui est là. - Constance, ma princesse !
- Vassili ! What's up ?
- Alors mon Valentin,
tu parles avec une patate chaude
dans la bouche ?
- Quo qu'cha peut t'foutre, boubourse ?
Teu t'intinds po parler ti
avec tin acchent de Parigot ?
T'as vu t'guiffe, ti !
Tu ch'ais quo ?
Eute mère, elle t'verrait, elle aurait envie d'braire.
Ferme eute bouk, ton nez y va ker eude d'dins.
[Ils s'éloignent]
- Qu'est-ce qui te prend ?
Depuis quand tu parles ch'lips ?
- Le ch'ti ! Y a pas que Valentin qui fait des efforts.
- T'as fait une hémorragie ?
- Quoi ? - Tu veux tout foutre en l'air ?
- C'est sa langue maternelle.
- Non mais je rêve.
- C'est l'homme que j'aime.
- L'homme que tu aimes n'existe plus. Tu veux vivre avec un beauf ?
C'est même pas une question d'argent,
c'est une question d'art, de choix de vie, de philosophie.
Il est toujours aussi abruti. Zéro progrès.
Tu te plains d'être sa muse, sa potiche.
Tu vas l'assumer le regard du métier ?
Le cynisme de notre milieu ? Tes amis, regarde-les !
Ils te jugent sans savoir ce qu'il se passe.
[Il soupire]
[Musique triste]
- Valentin...
[...]
[Musique mélancolique]
[...]
- Bonjour, tonton.
- Bonjour.
J'ai fait un dessin pour toi.
- Merci.
C'est très beau.
- J'en ai fait un pour toute la famille.
- Ça va leur faire plaisir.
Tonton, pourquoi tu rentres pas ?
Pourquoi tu restes là ?
- J'aime pas ce que je suis devenu, j'essaie de me rappeler qui j'étais.
- Vous, les grands, vous vous compliquez la vie.
Vous nous dites tout le temps :
"Tu peux pas comprendre." "C'est trop difficile à t'expliquer."
"Pose pas de questions."
"Tu comprendras plus tard."
Mais en fait, quand vous êtes grands, vous comprenez plus rien.
Vous regrettez qu'un truc,
c'est quand vous étiez petits.
- C'est vrai.
Que dois-je faire ? - Trop difficile à t'expliquer.
Tu peux pas comprendre.
T'es trop vieux.
Maman !
Maman !
Regarde qui est là.
- Bonjour, Louloute.
'Gus !
- Britney, viens ichi ! Faut pas parler aux inconnus.
- Juste cinq minutes pour vous parler, ensuite, je disparais.
- Un en veut pas d'tin argint. - Pourquo ?
Chi, un en veut, hein.
- Cha a mis l'bazar entre mi et Gus.
- Ouais, mais cha va mieux lò ?
- Y ch'est r'mis à picoler.
- Mais non, ch'est du picon bière !
Ch'est pas d'l'alcool, ch'est un désaltérint.
- Teu te désaltères au picon bière à 8 h du mat' ?
Faut qu't'arrêtes eude boire !
Et toi, Valentin va-t'en.
- Bien envoyé, Louloute !
- Pardonne-moi d'avoir trahi ton amour,
de t'avoir abandonnée pour partir à Paris... égoïstement.
- Qu'est-ce tu cros ?
Que ch'uis tombée dins les bras de tin frère par dépit amoureux ?
Bin rin à voir.
Bon, d'accord, min Gus,
ch'est pas eune flèche, y a pas une grinte ambichion,
ch'est un picolo, un goulaf, qu'est fier comme eune crotte.
Mais ch'est pas eune feignasse,
ch'est un généreux avec eule coeur chur eule main.
Li, même avec rin,
y partageraut quind même.
Et pis, tous les matins
et tous les soirs, eudepis 15 ans,
y m'prépare eume broche à dint in mettant du dentifriche eudechus
avec eule tiot verre d'eau à côté.
Comme cha.
Ch'est bête comme chou, hein.
Ch'est pour cha que j'l'aime.
Ch'est li que j'ai choisi.
Arrête de braire.
- Mais ch'uis ému ! - Non, t'es bourré.
- Ouais, mais ch'uis auchi ému !
Ch'est tellemint biau ch'que teu dis !
Parche que mi auchi, j'l'aime, ma Louloute.
Parche que, tous les matins, et tous les soirs,
depuis 15 ans,
elle m'fait à bouffer,
fait les courses,
va chercher Britney... - Ferme eute guiffe !
- ... fait le ménache... - Tais-teu.
- Et ma lessive. - Tais-teu.
- Je t'aime tellemint. [Elle soupire]
[Il déchire un chèque]
- Non.
- Laissez-moi une chance de me rattraper.
- Nan.
- Ravisse eule chiffe.
- Vous en ferez meilleur usage que moi.
[Fracas métallique]
Non !
- Valentin, attention ! - Papa, tu fais quoi ?
[Il rit]
- Il est fâché, papy. - Britney, à l'intérieur.
- Papa,
arrête, mais qu'est-ce que tu fais ?
- Fous l'camp ! J'veux plus t'vir. - D'accord.
Mais pose-la, sans ça, je peux pas partir.
- Y a 25 ans, non plus,
teu pouvais pas. Et qui qu'a r'mis in état
ton épave pour que teu alles vive tun rêve ?
Qui t'a donné une vie d'économie
pour payer tun école d'artishte, lò !
(- Valentin.)
- Papa.
- Et qui ch'est, une fois à Paris,
qu'a oublié d'où qu'y venaut ?
Qui ch'est débarrassé deule carète
parche qu'y la trouvait trop prolo !
T'as honte eude mi.
T'as honte eude mi.
Mais ch'est ti, la honte !
- Arrête, Joseph !
- Non, papa !
Non !
- Non, Joseph !
Non ! ' Papa. papa
- T'as voulu ête orphelin ?
Bin, vas-y, tire.
Tire !
- Pardon.
Pardon, je te demande pardon, papa.
Oui, c'est moi, la honte.
Mais je...
Je voulais pas vous blesser, je vous aime.
Je t'aime, papa.
Je t'aime, maman. Je t'aime.
Je vous aime tous les deux.
C'est moi que j'aime pas.
Pardon. Pardon.
[Il sanglote] (Pardon.)
- Min Tintin.
[Musique poignante]
- Ti auchi, t'es bourrée.
- Non, ch'uis émue.
- C'est bientôt à vous. - Merci, on arrive.
C'est pas possible, qu'est-ce qu'il fout ?
- Je sais pas. Il est pas rentré de la nuit.
J'espère qu'il t'a pas entendu à la galerie.
- Il va pas venir.
Kate va le prendre comme un affront, elle doute déjà.
On va perdre le marché. Quel merdier !
- Moi, j'espère juste qu'il va bien.
- Mais...
qu'est-ce que c'est que ça ?
- Ça va ? T'as eu un accident ?
- Non, une explication houleuse avec mon père. C'est réglé.
- Mais... il parle plus ch'lips.
- Non.
- Bon allez,
on y va, vite.
- Ils ont 20 minutes de retard.
Ah, ben voilà.
- Excusez-nous pour le retard, problème de voiture.
- Chalut, tertous.
Commint qu'cha va, ti z'aute ?
Ben faut réponte, hein.
"Ouais" ! Allez ! Saque d'dins.
Commint qu'cha va, ti z'aute ?
(- OUAIS.)
- Grosse ambience, ichi.
- Valentin, qu'est-ce que... tu fais ?
- J'ai déchidé de chinger le projet
parche que les meub' eude frimeux, l'déco d'péteux, ch'est moche.
Aujourd'hui, faut du recycab' et du confortab'.
Pour les jeunes, du recycab'
et pour les vieux, du confortab'. Y n'a pour tous.
Des quechtions ?
- T'es content ? On est virés avant même qu'ils aient choisi.
- Ouais, c'est dommage.
- T'es vraiment dégueulasse.
Pourquoi tu m'as menti ?
- C'est avant que je mentais.
À toi, à moi, à tout le monde.
J'avais oublié qui j'étais. Je me suis
libéré du mensonge, je me sens bien.
- C'est bien, bravo.
En foutant tout en l'air ?
Juste, t'as pensé à moi ?
- J'arrête pas de penser à toi, Constance.
J'aimerais tellement qu'on puisse tout recommencer.
- Tout recommencer ?
Mais je fais quoi depuis un mois ?
J'essaie pas de te comprendre, de te soutenir, de te protéger ?
Je me suis pas mise au ch'ti ?
J'ai l'impression qu'on n'a jamais été aussi proches.
Et toi, tu fais quoi pour moi ?
Tu débarques là...
tu ruines la boîte,
tu m'humilies,
tu humilies mon père.
- Ton père...
C'est lui qui m'a foncé dessus en voiture.
- Tu confonds.
C'est lui qui t'a retrouvé et emmené à l'hôpital.
- D'accord.
[Musique dramatique]
[...]
- Constance.
Tu m'écoutes ? [Elle acquiesce]
On a perdu le Sofitel à cause de lui, mais...
faut voir le positif.
J'ai récupéré ses parts, la marque Valentin.D est à nous.
- Dis-moi.
On n'a jamais retrouvé le chauffard qui l'a renversé.
T'es arrivé juste après...
t'as vu personne s'enfuir ?
Comment ça se fait ?
Dis-moi que c'est pas toi qui l'as renversé.
Dis-moi que c'est pas toi.
- C'était...
C'était un accident.
J'étais en marche arrière, je voyais pas ce que je faisais...
C'était un accident... bête.
Pardon.
Constance, reviens. Je...
Il voulait foutre la boîte en l'air,
assumer sa famille d'abrutis... Constance !
[Musique cocasse]
- D'où qu'elle vient chette salate ? Pas du gardin ?
- Elle l'a acatée au marché.
- Elle a un aut' goût.
- Quo qu'ch'est qu'y fait ?
Mais ch'est pas vrai.
[Exclamations de délectation]
- Pôpa.
- Tiot peu ? - Non.
- Ça va.
- Non, merchi. - Non, merchi.
- Non, merci.
[L'air de Carmen retentit]
*[...]
- Ch'est quoi, cha ? - Quo qu'ch'est ?
- C'est pour moi.
*L'amour est enfant de bohème
*Il n'a jamais, jamais connu de loi
- Ajax, sans traces
Et sans frotter
Ajax sans traces et c'est la liberté
Ajax sans traces [Elle rit]
Ch'est là-dechus qu'on ch'est rencontrés. Mais une 2e fois.
- Je me souviens très bien, de la 1re et de la 2e.
- Ch'est laquelle que tu préfères ?
- La 3e.
*[...]
[Exclamations de joie étouffées]
*[...]
J'aimerais te présenter ma famille. - Avec plaisir.
- Bravo, j'adore. - Merci beaucoup.
Il est déjà 17 h.
- Faut qu'on speede. - Ouais.
- Messieurs, dames, on ferme plus tôt aujourd'hui.
Merci. - Au revoir.
[Musique douce]
[...]
- Avec votre carburant, j'ai gagné 30 km/h.
- Ah ouais ? Allez-y mollo, quand même.
[Gus rit]
- Bon anniversaire, Mme Duquenne.
- Merchi !
- Ah merte, ch'est aujourd'hui ?
- Non, mi, cha tombe tous les 2 ans.
Pour cha que teu fais plus vieux que mi.
- Pardon, Suzanne. J'avais oublié.
- Comme tous les ans eudepis 50 ans.
- Psst.
[Ils rient]
580.
600.
610.
620.
En une journée.
- Ch'est trop d'archent, cha.
- C'est jamais trop.
[Klaxon]
- Shuzanne, Valentin et Constance,
ils vous ont appelée pour votre anniverchaire ?
- Non plus. Ils ont chûrement pas le temps.
- Oh, m'an ! Viens vir !
Quo qu'ch'est qu'toutes ces lumières ?
- Oh !
- Regarde cha !
- BON ANNIVERSAIRE !
BON ANNIVERSAIRE, SUZANNE !
[Cris de joie]
- Bon anniversaire !
[Encouragements] - SUZANNE ! SUZANNE !
Que je t'aime (Johnny Hallyday)
[...]
[Vrombissements]
[...]
- Quind tes queveux ch 'étalent
[...]
Pareil du choleil d'été
Et que tin oreiller
Ressemb' aux quamps eude blé
Quind l'omb' et eule lumière
Dechinent chur tin corps
Des terrils, des peupliers
Et des jîles au tréjor
[...]
Allez, viens, viens !
- Non, non ! [Encouragements]
[Applaudissements et cris de joie]
[...]
- Quind min corps chur tin corps
Lourd comme un quéval mort
Ne ch 'ait pas, ne ch 'ait pu
Sh'il exchiste encore
Quand on in fait l'amour
Comme d'aut font l 'guerre
Quind ch'est mi eul soldat Qui meurt
Et pis qui la r'perd
[...]
Que j'te ker. - Mi auchi, j'te ker.
- Que j'te ker.
- Mi auchi, l'gros, j'te ker.
Encore pu que ti.
[Cris de joie]
[...] - SUZANNE ! SUZANNE !
[...]
[Musique cocasse]
[...]
- Hein ?
- Allô, les pompiers ?
Je suis sur un film de Dany Boon.
- Comment tu oses utiliser maman avec son Alzheimer ?
- Qui ch'est qu'a Alzheimer ?
- C'est ti, môman. Tu t'en rappelles pu.
[Rires]
- On n'est pas sortis de l'auberge.
- Gus a minti parch'qu'il a manqué de courage. C'est...
- Allez, on respire trois fois.
1, 2, 3...
- Oh, Valentin !
[Rires] - On est hors-champ.
Il va pleurer, il a les yeux qui brillent.
- Vous me faites r'gretter.
- Dis pas cha. - Ta gueule, toi. Rinte dins l'carète !
[Rires]
- Coupe pas !
- Mi, ch'uis p't'ête un minteu,
mais ti t'étais 'coup généreux... [Rires]
- Redis la phrase.
Avec toutes les syllabes.
S'il te plaît. - Voyelles. Consonnes.
- Bravo, cette rétrospetive...
C'est d'une toute beauté.
- On va la refaire avec les consonnes.
[Rires]
- Mi, ch'uis p't'ête un minteu...
Non...
Allez.
- Oh, ch'est ti, Christiane !
Christiane... [Rires]
- On peut savoir qui est Christiane ? [Rires]
[...] Coupe ! Coupe !
- Où ch'qu'est min fils ? [Il bafouille]
- Quelquefois, ça m'arrive.
Pardon.
Pour l'opérer en urgence. - Ch'est pas vrai.
- T'avais un truc, là ! - Ch'est quoi ?
- T'avais un machin.
- N'importe quoi !
[Rires]
- Ils l'opèrent en urgence.
- T'as un truc, là !
[Rires]
- Vous avez vu l'expo, déjà ? - Non.
- Je savais pas.
- Non. On adore. [Rires]
On adore.
On peut pas rester, mais... [Rires]
[...]
- Ch'est ichi, eule baraque. - Oui, c'est ici.
Ta maison.
Ta baraque. Ichi.
Eule baraque ! Ichi !
- EULE BARAQUE ICHI !
[Rires]
- Eule...
Eule...
tazingue ! - Non, wazingue !
C'est américain ! - Américain !
- C'est simp' ! - C'est tellement violent !
[Rires]
[Musique enjouée]
[...]
- Avant qu'elle oublie tout.
Môman... [Rires]
- On va à la maison.
[Rires]
[...]
On va à la maison !
Oui, on va à la maison !
[Il répète sa phrase de texte]
Voilà, c'est bon !
Ce sera beaucoup plus intime...
Ne ris pas, Line. Line, elle rit !
Ma remise de diplôme.
Ah merde, il me faut l'accent ch'ti !
[Rires]
- Une confusion spatio-temporelle. - Comme dans Shtar Trek !
Comme dans Shtar Trek !
Comme dans Shtar Trek !
[Rires]
[...]
- Riez pas, vous allez suer !
[...]
- Ajax ch'est le goût de la liberté
Ajax sans traces
[Reprise de Carmen - (Georges Bizet)]
[...]
- Attends...
On en refait un ? - Une dernière !
- Allez, on fait pas de blague, là !
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