All language subtitles for France 2{0x0091-0xBD-0x10}.888

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian Download
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese Download
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Mourir d'Aimer 2009

La sonnerie retentit.

-A l'�le de R�, comme d'habitude.

Il y a pas grand-chose � faire. Et toi?

- Mes parents avaient d�cid� que je devais perfectionner mon allemand.

R�sultat: trois semaines dans le Tyrol, chez un mec d�bile.

- Oh, l'horreur! - T'imagines m�me pas.

Sonnerie.

- Bonjour. - BONJOUR.

-Bonjour.

Bonjour. Ca va?

- H�! Ca va? - Ca va.

- Et allez, une de plus! C'est dur.

-Moi, j'aime bien.

-Chaque ann�e, j'ai un an de plus.

-Tu te trouves vieille?

- Bonjour bonjour. - BONJOUR.

- Chers coll�gues. C'est le grand jour.

Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue.

Je retrouve des visages connus et j'en d�couvre de nouveaux.

Nous accueillons Mlle Duchesne qui enseignera l'espagnol.

Et M. Dumayet qui remplace M. Nimier, parti en retraite.

Je vous rappelle que les parents..

..attendent de nous un enseignement de grande qualit�.

Ils ont le choix. Certains ont pr�f�r� partir vers le priv�.

Mais nous avons r�ussi � stopper l'h�morragie.

En r�alit�, les parents veulent que leurs enfants soient tenus.

J'en vois certains qui soupirent.

C'est l'air du temps. Vous repr�sentez l'autorit�.

Bien.

Vous avez vos emplois de temps? Nous avons fait au mieux.

Je ne vous retiens pas. Bonne rentr�e.

- Merci. - Merci.

- Elle est pire chaque ann�e. - Non.

On y va.

On se d�p�che.

On essaie de faire moins de bruit.

Merci.

Le dernier ferme la porte.

Je suis Gabrielle Delorme...

Silence, s'il vous pla�t.

Je suis votre professeur principal,

..mais je suis avant tout votre professeur de lettres.

Pour chacun, c'est une nouvelle aventure qui commence.

Au coll�ge, vous �tiez les plus �g�s.

L�, vous �tes les petits nouveaux.

C'est la derni�re ligne droite avant votre bac.

Alors il va falloir travailler.

Si vous avez des probl�mes, vous pouvez venir m'en parler.

Mais je ne suis pas une nounou.

Je ne soigne pas non plus les peines de coeur.

Je vais faire l'appel, �a me permettra de vous conna�tre..

..et �a vous permettra de vous conna�tre entre vous.

Vous inscrirez aussi vos nom et pr�nom sur une feuille devant vous.

Andrieu Marc.

-Pr�sent.

- Bertrand Alice. - Pr�sente.

-Malzieu Lucas.

-Pr�sent.

-Michelet Pierre. Michelet...

Ah, Michelet!

Vous y prenez go�t, � la 2de.

-Me charriez pas, madame.

-On va s'arranger..

..pour que ce soit ta derni�re 2de. - Oui.

- J'ai cette conne de Marchadier. - Alice, surveille ton langage.

C'est une coll�gue.

- L'an dernier, elle me collait que des sales notes.

- T'en ramais pas une. - Elle d�couragerait n'importe qui.

-Accroche-toi.

- Tu vas pas me tenir le discours: "Prouve ta t�nacit�."

-Si, justement.

- Les profs ont tous les droits. - Pauvre petite victime.

Monte sur les barricades, d�fends ta cause.

- Tu prends jamais rien au s�rieux. - Tu disais le contraire.

Et toi,

..Rapha�l?

Personne ne te martyrise? - Non, tout le monde est gentil.

-Prends exemple sur ton fr�re.

T�l�phone.

-All�? Oui.

C'est votre p�re. Il veut savoir comment s'est pass�e la rentr�e.

Pas la peine de lui dire que Marchadier est une conne.

-Je vais me g�ner.

- Donc, dans ce passage, que nous dit Stendhal?

Ca fait deux semaines qu'on travaille "Le Rouge et le Noir".

R�pondez ce qui vous vient � l'esprit.

Je veux juste savoir ce que vous comprenez.

Alors, personne?

La timide Marion,

..soudain si t�m�raire.

Toi, au moins, tu te lances.

Les autres, je ne vous f�licite pas.

-Mme de R�nal aime..

..Julien et �a lui fait peur.

- M. Malzieu, c'est votre orgueil qui vous a pouss�..

..� prendre la parole?

Vous auriez pu attendre..

..que Marion s'exprime.

- Mais c'est la bonne r�ponse. - On n'est pas dans un jeu t�l�.

Je suis convaincue que c'est ce qu'allait dire Marion.

- Je comprends pas. - Quoi?

- Pourquoi elle a peur? - A ton avis?

- Parce qu'elle est coinc�e. - C'est une question de milieu.

D'�ge, aussi.

-Donc Julien, il a raison..

..de la bousculer.

-Bien. Puisque Lucas..

..en a fini, nous allons poursuivre.

- Qu'est-ce qu'il fait froid! - Tu sais, la banquise qui fond...

- T'es b�te! Tu fais quoi pour les vacances?

- J'en sais rien. Les enfants vont chez leur p�re.

- Si on faisait une petite vir�e? - Oui. O� �a?

-Sur la c�te.

- La c�te, fin octobre, c'est d�primant.

- Nos apr�s-midis piscine, c'est pas mieux.

-Nos vies sont d�primantes?

- On a 42 ans pass�s, on habite � Angoul�me, on n'a pas de mec...

Giscard va �tre r��lu...

Il y a des vies plus excitantes.

- Et si on chope la cr�ve, en plus de notre d�pression...

"Bette Davis Eyes" interpr�t� par Kim Carnes.

- T'es distant. - Distant?

-Plus comme avant.

- Ca fait un bout de temps qu'on est ensemble.

- Ca fait qu'un mois. - Quand m�me.

- Pour toi, c'est dans la poche. - Mais non, c'est pas �a.

- C'est quoi? - Tu compliques tout.

- Moi? - Un peu, non?

- Il y a une autre fille, c'est �a? - J'ai pas envie de me disputer.

- Elle me fait chier! - Qui?

- A ton avis? - D�j�?

-M�me les gens..

..qui sont enferm�s peuvent �tre libres s'ils se sentent libres.

Soit parce qu'ils ont le souvenir de la libert�..

..ou parce qu'ils ont le courage de la retrouver.

Il y a des gens qui oublient leurs cha�nes,

..qui ont le courage de briser des interdits.

Et il y a des gens qui se croient libres sans l'�tre vraiment.

Moi, par exemple, je suis pas totalement libre.

Je vis dans un pays libre, je peux exprimer des opinions...

Mais je dois ob�ir � mes parents.

Je dois leur rendre des comptes. - Et tu te sentirais plus libre..

..si tu leur d�sob�issais? - Evidemment.

- Libert� ou irresponsabilit�? - Je ferais pas que des conneries.

- Des b�tises. - Oui...

Les parents nous interdisent des trucs, des fois ils ont tort.

Comme rentrer tard. - Ca peut nuire � tes �tudes.

Rires.

- Ils n'aiment pas les m�langes, comme Julien et Mme de R�nal.

- Ils t'ont marqu�, ceux-l�. - Oui.

On a les m�mes opinions que ses parents. On est influenc�s.

- C'est quoi, pour toi, un �tre libre?

- Quelqu'un qui fait des choix, qui ne respecte pas les normes.

-C'est un marginal.

-Non, je trouve pas.

- Ton expos� �tait tr�s bien. Tu as travaill� ton sujet.

Je suppose qu'il faut que je remercie aussi..

..l' "Encyclopaedia Universalis".

Tu peux te rasseoir.

Bien.

Quand Paul Val�ry...

nous dit que la libert�...

est un �tat d'esprit...

Michelet.

- Madame. - Vous �tes avec nous?

-Tu le connais?

-Malzieu? Oui, je l'ai en cours.

- Il est comment avec toi? - Il ne prend jamais la parole.

J'ai l'impression de l'ennuyer.

- Et ses notes? - Ca va du moyen au m�diocre.

Et avec toi? - Il a de bons r�sultats.

- Malzieu, fortiche en fran�ais?

- Il s'int�resse � la litt�rature.

- Gabrielle, on va �tre en retard.

Je t'attends aux vestiaires, d'accord?

- Qu'est-ce que tu fais l�? - Je viens souvent.

C'est bon pour mon dos.

- Je t'avais jamais vu avant. - Moi, si.

A bient�t!

- J'ose esp�rer que ce tableau n'est un myst�re pour personne.

- On fait peinture? C'est quoi, le rapport avec le fran�ais?

-Ne range pas tout dans des cases.

Regardez attentivement cette peinture.

Oubliez tout ce que vous savez sur elle..

..et inventez-lui une histoire.

-C'est un devoir?

-Un exercice d'imagination.

Pour vous, Mona Lisa respire l'intelligence,

..elle cherche � s�duire ou elle a l'air constip�?

C'est une femme du monde..

..ou une femme facile?

- C'est quoi, une femme facile? - Une pute.

- Toujours cette l�gendaire retenue, Marie.

Ceci �tant, c'est bien le sens.

Vous pouvez m�me la transformer. En 1919, un surr�aliste,

..Marcel Duchamp, lui a dessin� des moustaches.

Et il a m�me ajout� une l�gende...

L.H.O.O.Q.

Pas de commentaires, Marie.

Je vois que tout le monde a compris.

Donc soyez irr�v�rencieux.

-Ca veut dire quoi?

- Ne respectez pas le mod�le. - On a le droit d'�tre insolent?

-Voici les trois r�gles � suivre.

1/ Allez au-del� des apparences. 2/ Ayez de l'imagination.

3/ Ne mettez pas de tabous l� il n'y en a pas. Ex�cution.

- T'as boss� le truc sur "Mme Bovary"?

- J'ai rien foutu. Mais bon, j'ai jusqu'� mercredi.

- C'est vraiment pas mal. - Elle cherche � s'�clater.

- C'est aussi l'ennui de la province,

..le d�sir des femmes mari�es...

- Depuis quand �a t'int�resse? - Y a pas que le foot dans la vie.

-Y a le shit aussi.

"Les Paradis perdus" Christophe.

-Dans ma veste de soie rose...

Je d�ambule, morose.

Le cr�puscule est grandiose.

Mais peut-�tre,

..un beau jour voudras-tu..

..retrouver avec moi..

..les paradis perdus.

- Au revoir. - Au revoir, madame.

-La litt�rature, c'est termin�.

C'est remplac� par la t�l�.

Le reste, on s'en fiche.

Aucun jeune ne lit. - Moi, si.

Je lis "Les Cerfs-volants" de Romain Gary.

-C'est de la litt�rature?

Vous en pensez quoi, madame? - Il a son style, son univers.

Et il arrive � parler aux jeunes. - Moi, il me parle pas.

- Tu pr�f�res les s�ries t�l�? - Oui.

- Ca demande moins d'efforts? - Carr�ment.

- Toi, t'aimes glander. - Comme toi.

- Ca me plairait d'�tre �crivain. J'aime bien inventer des histoires.

-Ca, c'est s�r.

- Laissez-la s'exprimer. Tu tiens ton journal?

Un journal intime.

Moi, j'en tenais un � ton �ge. - C'est naze.

- C'est bien une r�flexion de gar�on, �a.

Et toi, Lucas, tu ne dis rien. - J'�coute.

- Tu veux faire quoi, plus tard? - Je sais pas, j'attends le d�clic.

Rires.

-A demain.

-Maman!

Maman!

Ca fait dix fois que je t'appelle. Tu me ram�nes?

- Tu n'as pas cours? - Marchadier est malade.

- C'�tait Dumont avec toi? - Tu le connais?

- Je l'ai eu en cours l'an dernier. Pas tr�s brillant. Paresseux.

-Ca va.

- Il est dans ta classe? - Oui.

- Vous �tes ensemble? - Ca te regarde pas.

- On peut parler, non? - Je pr�f�re pas.

-D'accord!

A�e, a�e, a�e...

-OK, c'est lourd, l�.

-Faudrait savoir.

- On mange quoi, ce soir? - Ah, enfin un sujet int�ressant.

-Papa a raison,

..trouve-toi un mec.

- Tu t'en sors? - C'est chiant!

- Corriger les copies, c'est le pire.

Moi, �a me donne envie de d�missionner.

Tu veux un caf�? - Non. Comment tu tiens, toi?

- Parfois, je vais dans un bar, �a me distrait.

Et comme je ne suis pas chez moi, je ne peux pas tout arr�ter..

..pour faire du repassage...

- Comment tu fais pour continuer? - C'est le d�but le plus dur.

Apr�s, on s'y fait.

- C'est encore plus effrayant, l'id�e qu'on va s'y faire.

-Pas de caf�?

- Je me demande si je suis faite pour �a:

..les cours, les copies...

-Tu l'as choisi, ce m�tier?

- Le concours avait l'air facile, je l'ai tent�.

-Tu regrettes?

- Je me pose des questions. On fait pas beaucoup de p�dagogie.

On est des surveillants. Les gamins n'�chappent pas � leur destin.

- Si. Parfois deux ou trois. Il faut se battre pour ceux-l�.

Quand ils s'en sortent, on se dit qu'on n'a pas servi � rien.

- T'as encore la foi? - La foi...

Je croyais l'avoir perdue.

Et puis, j'ai l'impression que �a revient. Oui, �a revient.

Parfois il suffit d'une seule personne.

Une seule personne.

- Madame. - T'es pas en cours, toi?

- Je vous attendais. - Quoi?

-Je vous attendais.

On va boire un caf�? - Pardon?

- Vous comprenez rien. - Si...

- Pas longtemps. - C'est gentil, mais...

Mon fils m'attend.

- Je vous accompagne. - Pas la peine, ma voiture est l�.

- Ca vous emb�te, ma proposition? - Non, mais l�, c'est pas possible.

- Une autre fois, alors. - Oui.

- Promis? - Promis.

- C'est pas des paroles en l'air? - Non, non.

-Je suis content alors.

-Bon, j'y vais.

- Madame. Je peux vous appeler Gabrielle?

-Normalement, j'ai rien oubli�.

- Tu n'oublies jamais rien. - Comment �a?

- Tu es une m�re exemplaire. - Parce que j'oublie rien?

-Tu m'as compris.

-Je couve trop les enfants?

-Non, j'ai pas dit �a.

- Les enfants se sont plaints, c'est �a?

-Non... Non.

- Ils s'�loignent. - Ils grandissent.

-Ils sont pareils avec toi?

- Ils sont plus disponibles pour le peu de temps..

..qu'on partage. - En fait, t'as le beau r�le.

Tu les emm�nes en vacances, tu te tapes pas le sale boulot...

- Tu veux qu'on �change? - Excusez-moi, je suis fatigu�e.

- Tu vois quelqu'un? - Non.

- Ca te ferait du bien. - Et toi, S�verine?

-Quoi, S�verine?

-Ca va avec elle?

-Tu es impossible!

- J'aimerais qu'il arrive quelque chose, mais il n'arrive rien.

- Bon, je vais y aller, on a de la route.

Et ils doivent m'attendre.

-Hum.

- Je te les ram�ne samedi. - Oui.

-A samedi!

"Les Mots bleus" interpr�t� par Christophe.

- Il n'y a plus d'horloge, plus de clocher.

Dans le square, les arbres sont couch�s.

Je reviens par le train de nuit.

- Vous n'avez pas � vous inqui�ter. - Merci.

-Au revoir.

Les suivants, s'il vous pla�t.

Bonjour... Bonjour. Entrez, je vous en prie.

Asseyez-vous.

Vous �tes? - Les parents de Lucas Malzieu.

-Ah oui, Lucas. Lucas Malzieu...

C'est un �l�ve int�ressant. Il participe.

-Ah bon? Vous �tes s�re?

- Oui. Il pose des questions, il a fait un expos�...

-Si on nous avait dit �a...

On n'arrive pas � le faire lire. - Comme quoi, tout arrive.

- Pourtant, on en a des livres. Nous sommes profs � l'universit�.

- Je l'ignorais. - Lucas ne l'a pas..

..indiqu� sur la fiche de rentr�e?

- Je n'en fais pas remplir. - Ah, tr�s bien.

-Il a des fr�res et soeurs?

-Il a une petite soeur...

Tr�s sage, tr�s gentille.

- Peut-�tre avez-vous des questions?

-Il est comment avec vous?

- Attentif, actif, pr�sent... C'est un �l�ve qui se remarque.

-C'est-�-dire?

- Il... ne laisse pas indiff�rent. - Mais c'est une qualit�..

..ou un d�faut? - Une qualit�, bien s�r.

-Parce que, � la maison,

..il est tr�s renferm�.

Il ne parle presque pas. Il s'enferme dans sa chambre...

- C'est de son �ge. - A table, il ne dit pas un mot.

-Ca n'int�resse pas madame.

- Dans certains cours, c'est vrai, il est un petit peu taciturne.

-C'est pas qu'avec nous.

Il n'y a qu'avec vous qu'il est bien.

-C'est un r�sum� un peu rapide.

-Non.

C'est pas un reproche, mais vous, vous avez su le prendre.

- Sans doute. Bien, si vous n'avez pas d'autres questions...

- On va pas abuser de votre temps.

Merci. - Au revoir.

- Au revoir, madame. - Au revoir.

-Je d�teste les f�tes.

- En g�n�ral, c'est plut�t les gens comme moi qui n'aime pas �a.

Les courses, les cadeaux, la bonne humeur obligatoire...

Et les r�unions de famille.

Les gens comme toi aiment �a, non? - Faut croire que j'ai de l'avance.

- Tu prends quoi? - Comme vous.

-Ca m'�tonnerait.

Un martini blanc.

-Deux.

-Tes parents t'autorisent?

- Ils n'ont aucune id�e de ce que je fais.

Ou plut�t �a les arrange de croire que je suis irr�prochable.

- Ils t'agacent un peu, on dirait. C'est l'�ge, ma fille est pareille.

- J'ai pas grand-chose en commun avec elle.

- Pourquoi? - Elle fait gamine.

- Vous devez avoir le m�me �ge. - Elle est aussi m�re que moi?

- Disons qu'elle est un peu moins hardie.

Merci.

-Pourquoi..

..vous �tes l�? - Parce que tu me l'as demand�.

-Vous allez souvent au caf�..

..avec vos �l�ves? - Pas souvent.

-Ils vous le demandent pas..

..ou vous refusez? - Les deux.

-Il faut pas..

..de familiarit�, c'est �a? - C'est �a.

C'est pas comme il y a dix ans.

Enfin, j'en sais rien.

-Alors pourquoi vous �tes l�?

- Je sais pas... Parce que je te l'ai promis.

- Vous tenez vos promesses? - J'essaie.

-Moi, je sais pourquoi je suis l�.

Vous me demandez pas pourquoi?

-Pourquoi?

-J'ai envie d'�tre avec vous.

-Sant�, alors.

-Sant�.

Ca vous g�ne ce que je vous dis? - Disons que c'est inhabituel.

- Et ce qui est inhabituel vous g�ne?

-Tu fais de la rh�torique.

- C'est quoi? On dirait un compliment mal tourn�.

- C'�tait plut�t une esquive. - Pourquoi vous esquivez?

-Tu es bien hardi.

- Vous nous avez demand� d'�tre "irr�v�rencieux".

Je suis pas cens� l'appliquer?

-Si.

-Donc pourquoi vous esquivez?

-Je suis pas tr�s � l'aise.

-Mais vous �tes l� avec moi.

-Oui.

-Vous restez?

-Oui.

Je crois que ta soeur est saoule. Tu es pompette, toi, hein?

- On peut aller ouvrir les cadeaux? - Bien s�r, mon tr�sor.

Allez, viens, toi.

C'est bien �a que tu voulais? J'ai demand� � ta soeur.

-Oui, c'est �a.

- Ah, c'est cool. Je pensais pas que tu... Merci.

- Comme tu m'as fait passer devant 20 fois, j'ai devin� le message.

- Tu vois, quand tu veux. - Ta gratitude me touche, ma fille.

- C'est le m�me que l'an dernier. On sait jamais quoi t'offrir.

Et puis on n'a pas de sous.

- Ca me fait tr�s plaisir. - Te force pas.

Tu vas pas nous expliquer que c'est l'intention qui compte.

Elle chantonne.

Le t�l�phone sonne.

-Alice, d�croche, je suis occup�e!

-All�?

Maman! - C'est qui?

-Je sais pas.

- All�? *-C'est Lucas.

-Comment tu as eu mon num�ro?

*-Tu as l'air surprise.

- Je ne m'attendais pas... *-T'es contente ou pas?

- T'es o�? *-Sur l'�le de R�. On a une maison.

*T'es avec tes enfants? C'est ta fille qui m'a r�pondu?

- Tu lui as dit quoi? *-Rien. Tu sais, elle s'en fout.

- Pourquoi tu m'appelles? *-Parce que je pense � toi.

*Alors j'ai eu envie de te t�l�phoner. Tu es toujours l�?

- Oui. Mais il faut que j'y retourne.

*-Gabrielle. - Oui?

*-Tu me manques.

- Finalement, les vacances scolaires, c'est pire que l'�cole.

Tu as re�u la note du syndicat? Il y a gr�ve le 8.

- Pour une fois que je suis d'accord avec eux...

C'est plus possible.

Les suppressions de postes, leurs r�formes � la con...

- Les �l�ves d�filent avec nous. - C'est bien, non?

- C'est l'occasion de s�cher. - Tu te trompes.

Ils sont plus politis�s qu'on le dit.

Ils ont envie de s'engager.

- La s�ance est � 20 h 30? - 35.

Je t'invite.

- Ils veulent vraiment s'engager? - Ils ont le sens de la r�volte.

"La femme d'� c�t�."

- Moi, les miens, ils sont amorphes. - Moi, ils aiment bien discuter.

Ils cherchent � comprendre. Ils sont plus m�rs qu'on le pense.

- Michelet, tu le trouves m�r? - Tu prends le plus mou de tous.

Mais Malzieu, tu le trouves pas m�r?

- Il a de l'assurance, mais �a reste un ado.

- Il a un comportement d'adulte avec moi. Il sait ce qu'il veut.

- Et il veut quoi? - Prendre des risques, s'affirmer...

- Tu crois qu'il est bien, ce film? - La critique de T�l�rama est bonne.

-Alors si T�l�rama a aim�...

*-GISCARD AU RANCARD! GISCARD AU PLACARD!

Sir�ne de police.

- Tu viens � la manif? - Pour faire le guignol...

-Tout le monde y va.

- Y en a pas un qui est foutu de te citer une revendication.

- T'es rabat-joie. - Tu veux faire la r�volution?

-Ca commence par des manifs.

- Tu crois que Giscard, �a va l'impressionner votre d�fil�?

- Moi, j'y vais. - Dis plut�t que tu vas la voir.

-Laisse tomber.

Sir�ne.

- GISCARD AU PLACARD! GISCARD AU RANCARD!

GISCARD AU PLACARD!

GISCARD AU RANCARD!

GISCARD AU PLACARD! GISCARD AU RANCARD!

GISCARD AU PLACARD! GISCARD AU RANCARD!

-On y va, on y va.

Giscard au placard! Giscard au rancard!

Marie, allez, viens.

-Qu'est-ce que tu fais l�?

Bonjour, Mme Guilbert. - Bonjour, Lucas.

- Ils lancent des gaz lacrymog�nes.

- T'as les yeux rouges. - Et toi?

-Thomas croit pas � la r�volution.

- Il a pas forc�ment tort. - Tu y crois, toi, Gabrielle?

En mai 68, t'avais 30 ans? - A peu pr�s.

- Et tu y as pas cru? - Il y avait de l'espoir.

-On l'a pas gard� longtemps.

- C'�tait mieux que les diamants de Bokassa et le gros Raymond Barre.

- Le pire, c'est l'id�e qu'il y a une classe dominante,

..le m�pris pour le peuple et cette bourgeoisie... L'ordre moral.

- J'arr�te pas de le dire � Gabrielle.

Ta copine a raison.

- Vivement Fran�ois Mitterrand. - Il va nous filer..

..des radios libres.

- Bon, on y retourne? - J'ai les yeux qui me br�lent.

- Vous venez, Malzieu? - Non, je reste avec Gabrielle.

- Souhaitez-moi bon courage. Ca barde.

Brouhaha.

- J'ai jamais pens� qu'un jour, je viendrais dans cet h�tel.

Faut dire, on ne va pas � l'h�tel dans la ville o� on habite.

- Sauf quand on a un amant. - C'est un joli mot, "amant".

-Je suis ton amant.

Je suis ton amant. - C'est de la folie.

- J'�tais s�r que tu allais dire �a. - Et c'est pas vrai peut-�tre?

- Si, c'est vrai, mais c'est bien. C'est bien que ce soit de la folie.

- J'�tais s�re que tu allais dire �a.

-Gabrielle.

-Oui?

-Je veux pas que tu dises:

.. "Faut qu'on parle." - J'allais pas dire �a.

- S�rieux? - S�rieux.

- On devrait en faire plus souvent, des manifs.

- Tu vois, la r�volution, c'est pas une id�e morte.

Bruit de la douche. - Tu sais quoi?

Le bruit de la douche dans la pi�ce d'� c�t�,

..quand on vient de faire l'amour, c'est un moment parfait.

- Tu pourrais faire un effort. - Oui, je verrai.

-Comment �a?

Tu emm�nes ta soeur ou pas?

-OK, je l'emm�ne.

T'es contente?

-Oui!

- Tiens. - Merci.

- Au fait, je vous ai pas dit, je serai pas l� samedi soir.

-On va chez ta grand-m�re.

- Vous irez sans moi. Elle survivra, depuis le temps qu'elle survit.

-Tu es ind�licat.

C'est ta grand-m�re malgr� tout.

Tu fais quoi samedi soir?

- Je vais au cin�ma avec ma prof de lettres.

- Ah bon? Vous avez une sortie scolaire?

- Non, juste elle et moi. - Comment �a?

- Quoi? - Juste elle et toi?

-On va voir un film et voil�.

-Voil�?

- Et si c'�tait ton prof de maths qui te le proposait, tu irais?

- T'es fou? - Tu rentres pas tard en tout cas.

-On cherche quoi?

-On cherche rien, on regarde.

- Il faut que je d�crypte? - Qu'est-ce que tu vas imaginer?

- Je te connais bien et il me semble que tu essaies..

..de me dire quelque chose. - Ecoute... non.

Non, je t'assure.

- C'est tes enfants? - Quoi, mes enfants? Non, �a va.

- Gabrielle, tu es tendue. - Mais je t'assure, tout va bien.

- C'est Malzieu? - Quoi, Malzieu?

- Vous �tes all�s o� l'autre jour, apr�s la manif? Je vous ai perdus.

-Il se passe un truc avec Malzieu.

- Un truc? - Oui, un truc.

- Il ne peut rien se passer. Tu as 42 ans, il en a 15.

-Bient�t 16.

- T'as pas fait de connerie? - Ce serait quoi, une connerie?

-Non, c'est absurde.

Ne me dis pas que...

Il est mineur. - Je sais.

- C'est pas vrai! - Plus bas.

-Non, mais t'as perdu la t�te?

Tu sais..

..ce que tu risques? La majorit� sexuelle est � 18 ans.

-On sait ce qu'on fait.

- C'est un m�me. - Je sais.

-C'est pas une histoire s�rieuse?

Vous pouvez tout arr�ter, non?

- Mes parents voulaient plus me l�cher. Je suis d�sol�.

- Pas ici, on pourrait nous voir. - Et alors?

-Il faut qu'on parle.

- Je m'en doutais, t'avais une voix bizarre au t�l�phone.

Et ce rendez-vous, c'�tait bizarre. - Viens.

-J'ai pas envie de parler.

- On peut discuter, �valuer la situation, non?

- Evaluer la situation... T'es romantique, toi!

- Ne me donne pas le mauvais r�le.

-Vas-y, je t'�coute.

- D'abord j'aimerais savoir pourquoi tu es avec moi.

Je plaisante pas. On peut �tre s�rieux un peu, non?

- J'en ai pas envie. Je suis s�rieux tout le reste du temps.

Je suis avec toi pour ne pas �tre ce que je suis le reste du temps.

- Je suis vieille. - Et alors?

- A ton �ge, j'avais pas envie d'�tre avec un vieux.

- T'es pas moi. - Et j'ai des hanches, du ventre...

Si je me teignais pas, j'aurais les cheveux gris.

-Moi, je t'aime comme tu es.

- C'est �a que je comprends pas. - Y a rien � comprendre.

C'est comme �a et c'est tout.

Mais moi aussi, je suis surpris.

Quand je vais le dire � Thomas...

- Tu comptes le dire � Thomas? - Oui. C'est mon pote.

Et puis on n'a rien fait de mal.

Tu caches des choses � tes amies? - Non. Mais je me donne du temps.

- T'as besoin de temps pour �tre s�re? T'es pas s�re, c'est �a?

- Tu sais le risque que je prends?

-On n'a rien sans rien.

- Je peux �tre sanctionn�e, vir�e... Sans parler des sanctions p�nales.

- T'as l'air bien renseign�e. - Il y a d�tournement de mineur.

- D�tournement de mineur... Je te parle d'une histoire d'amour.

- Tu es mon �l�ve. - Et toi, la femme que j'aime.

- Ma fille pourrait �tre ta grande soeur.

- C'�tait d�j� le cas il y a 2 jours quand on a couch� ensemble.

- Donc le romantisme chez Flaubert et le romantisme chez Stendhal..

..sont ancr�s dans des milieux diff�rents,

..des g�ographies distinctes.

Chez Stendhal, il y a des ambitions � assouvir.

La passion est souvent flamboyante, pleine de vivacit�.

Chez Flaubert, on tente aussi d'�chapper � son milieu,

..mais c'est plus �triqu�.

Les �motions sont plus contenues.

Il y a moins de libert� dans l'�criture.

Marion.

Tu veux dire quelque chose? - Non.

- Tu devrais. Tu ne participes pas assez.

Tu te reposes sur tes lauriers. - Mais madame.

Elle a rien fait.

-Ca te va bien de la d�fendre.

Tu peux nous donner ton opinion sur le romantisme chez Stendhal?

- C'est bon, je dirai plus rien.

Sonnerie.

- On se voit quand? - Il faut rester discret au lyc�e.

- Y a plus personne. - Il y a ton attitude en cours...

- Mon attitude? - Ne joue pas les na�fs.

Et puis les murs ont des oreilles. J'y vais, ma fille m'attend.

- Tu m'appelles? - Oui.

On sonne.

On frappe.

- Gabrielle, ouvre, c'est Lucas. - Je t'avais dit de ne pas venir.

- Ouvre-moi! - Chut, les enfants dorment.

Mais...

Qu'est-ce qui te prend? - Je voulais te voir.

- Tu en avais tellement envie? - Pardon.

Claquement de porte.

*Musique � la radio.

- Tu vas faire la gueule longtemps? - Je fais pas la gueule.

- C'est � cause d'hier soir? - Je veux pas en parler.

- Il va falloir. - Pourquoi?

-Parce que c'est ma vie.

Et je veux partager avec toi..

..les choses importantes. - Mais il a mon �ge, Lucas Malzieu.

-J'ai remarqu�.

Je peux t'expliquer? - Non.

Tu couches avec lui? - C'est pas �a, le probl�me.

-C'est un putain de probl�me.

- Je te parle d'une histoire d'amour.

J'ai �t� la premi�re surprise. Je ne m'y attendais pas du tout.

- Tu vas continuer? - Oui.

-Je peux pas le croire.

Et papa, tu vas lui dire? - Ca le regarde pas.

- Tu crois qu'il va r�agir comment? - On est divorc�s.

- Il ferait pas �a, lui. - Rappelle-moi l'�ge de S�verine.

- Elle, au moins, elle est majeure. - Tu caricatures tout.

- Et Rapha�l? Tu y as pas pens�, bien s�r.

Qu'est-ce que les gens vont dire? - Je m'en fous des gens.

Je peux pas �tre heureuse? Je rencontre un type qui m'aime.

Et je devrais laisser tomber?

Parce que je suis trop vieille?

Parce que ma fille n'est pas d'accord? J'ai le droit de quoi?

Dis-moi. J'ai le droit de vous �lever et de crever lentement.

C'est �a, la vie que tu veux pour moi?

- Les autres m�res, elles sont pas comme toi.

Tu es ridicule.

A ton �ge... - Quoi, mon �ge?

- Je suis en retard, je vais prendre ma douche.

- Tu as besoin de te confesser? Je croyais que tu �tais de gauche.

- Tu apprendras que j'ai �t� baptis�e.

Tu ne fais pas �a pour le grand frisson?

Le plaisir de d�sob�ir.

-C'est ce que tu crois?

- Je me pose la question. - Moi, je me pose pas de questions.

Je sais ce que je fais.

- T'as 15 ans. - Presque 16.

A mon �ge, on n'est pas m�r?

On n'est pas capable d'y voir clair?

Tu penses que je suis pas m�r? - Je pense que tu es un homme.

Qu'est-ce que vont dire tes parents?

- Mais ne recommence pas. Pense � nous un peu.

- Je fais que �a. J'arrive pas � faire autre chose que penser � toi.

-Ca, c'est bon signe.

- Si on continue, toi et moi, on ne pourra pas plaider..

..l'irresponsabilit�. On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.

- Je suis pas irresponsable. Je sais exactement ce que je fais.

Ca va aller.

J'ai envie de toi. - Moi aussi.

- T'as bien compris, t'es s�r? - Tu me prends pour un d�bile?

- Redis-moi ce que tu dois dire � mes parents. Allez, r�p�te.

- Je les remercie de nous pr�ter la maison de l'�le de R�.

On fera bien attention � tout...

- Ce qui compte, c'est qu'ils avalent la pilule.

Et t'as pas oubli� qu'on est cens�s y aller en train?

- Non. Je passerai te chercher le jour du d�part.

Il va falloir que je me l�ve aux aurores pour jouer les alibis.

- Vous avez l'heure, monsieur? - 9 heures 5.

-Merci, monsieur.

- T'es en retard, je me caillais, moi.

J'avais peur..

..de croiser mon p�re. - Bonjour quand m�me.

"Les Mots bleus" interpr�t� par Christophe.

- Il est six heures au clocher de l'�glise.

Dans le square, les fleurs po�tisent.

Une fille va sortir de la mairie.

Comme chaque soir je l'attends, elle me sourit.

Il faudrait que je lui parle � tout prix.

Je lui dirai les mots bleus,

..les mots qu'on dit avec les yeux.

Parler me semble ridicule.

Je m'�lance et puis je recule..

..devant une phrase inutile..

..qui briserait l'instant fragile..

..d'une rencontre.

D'une rencontre.

Je lui dirai...

- J'aime bien quand on est tous les deux.

-Merci.

-Je l'appellerai sans la nommer...

- A nous. - A nous.

- Je suis peut-�tre d�mod�. Le vent d'hiver souffle en avril...

- Ils nous regardent. Ils doivent nous prendre pour des malades.

- Ce qu'ils pensent, on s'en fout. - Oui, on les emmerde.

Mesdames messieurs, on vous emmerde!

Gabrielle rit.

-On va se faire choper.

- Ca te g�ne qu'on nous voie? - Non, au contraire.

Et toi, tu t'y fais, on dirait.

- Ils vont bien? - Ils adorent l'Italie.

En plus, leur p�re les g�te. - Bref, tout va bien.

-On peut dire �a.

Musique �lectronique.

Il augmente le volume sonore.

- G�nial, non? - C'est quoi?

- Tu connais pas?! - Barbara, tu connais?

-Encore des trucs de vieux?

-Et...

Tu as su quand pour nous? - Tout de suite.

Alors �a y est, c'est la fin du voyage.

- Ne sois pas si m�lodramatique, on se voit demain.

-Ce sera pas pareil.

- Les parenth�ses enchant�es se referment, un jour.

- Tu vois, �a va �tre moins bien. - Ce sera autre chose.

On est plus forts.

-Oui, on est plus forts.

Merci.

J'ai envie de t'embrasser. - Pas ici.

-C'est lourd.

- Qu'est-ce que tu faisais avec elle? R�ponds-moi!

- Elle �tait � la gare quand notre train est arriv�.

Elle m'a ramen�.

- Je dois croire �a?! - Je m'en fous!

-Change de ton!

- Tu m'accuses sans savoir! - Tu ne me sortiras pas de l'id�e..

..que cette femme te tourne autour. C'est malsain!

-Tu connais �a.

- Tu nous as menti! Je veux qu'elle arr�te de te courir apr�s.

- Mais si c'�tait moi qui lui courais apr�s?

-On en reparlera!

-C'est maman.

C'�tait comment, tes vacances? - Tr�s bien.

Il se passe quelque chose?

C'est un de ces face-�-face..

..o� on se dit tout?

Un "moment de v�rit�"?

-On a toujours discut�.

-Non, on a toujours..

..fait semblant.

-Je suis pas ton ennemie.

-Bon, je t'�coute.

- On est inquiets, ton p�re et moi. Tu nous caches des choses.

-C'est normal.

C'est... Comment il dirait, papa? "L'ordre des choses."

- Tu �tais vraiment dans la maison de l'�le de R�? Avec Thomas?

- Non, pas avec lui. - Avec qui d'autre?

-Pose-la, ta question.

- C'est qui, Mme Delorme, pour toi? - Une amie.

- C'est ton professeur. - On peut se voir en dehors.

Tu parles bien avec tes �tudiants. - Pas comme �a!

- Tu sais pas la fa�on dont on se parle.

-Je devine.

Ca doit �tre un truc de m�re. - Ah bon?

- Ca te ressemble pas, cette histoire.

- Tu me connais peut-�tre mal. - Mais je veux te conna�tre mieux.

-C'est un peu tard, non?

-Tu le crois, toi?

-Maman.

Je tiens � elle et elle tient � moi.

Ne va pas tout g�cher.

Tu dis rien. - Je sais pas quoi te dire.

- Tu comprends, au moins? - Je suis pas s�re.

Non, je suis pas s�re.

- Rimbaud, page 222. Vous ouvrez les livres.

"Je m'en allais, les poings dans mes poches crev�es.

"Mon paletot aussi devenait id�al.

"J'allais sous le ciel, Muse, et j'�tais ton f�al.

"Oh l� l�, que d'amours splendides j'ai r�v�es."

- Bonjour. - Bonjour.

- Marie, ce serait bien que tu dises quelque chose.

-Te dire quoi?

Les gens commencent � parler.

-Ah bon? Je m'en fiche, des gens.

-Tu l'aimes?

- Oui. C'est effrayant � dire, mais oui.

-Tu trouves �a effrayant?

- J'ai jamais dit le contraire. C'est effrayant et merveilleux.

J'aime sa jeunesse, sa vitalit�...

Son insouciance.

C'est merveilleux ce qui m'arrive. - On corrige les copies?

-T'as raison.

Retournons dans le r�el.

- Ca se passe pas bien avec mes vieux.

- T'as l�ch� le morceau? - Ils avaient compris.

- Tu leur as tout dit? - Pas tout en d�tail. T'es fou?

-Comprends-les.

-Ca va, y a pas mort d'homme.

Et puis ils sont de gauche. Ils me bassinent avec leur combat..

..contre l'injustice, contre l'intol�rance.

Ils sont abonn�s au "Nouvel Obs", ils croient en l'Homme, tu vois?

-Ca n'emp�che pas.

- Ils auraient pr�f�r� que je sois p�d�.

-Ah oui?

-Mon p�re m'a dit: "Mon fils,

"..la libert� n'est pas le droit de faire ce que tu veux."

- Et tu lui as r�pondu quoi? - "La libert� n'a pas de limites."

- Bonjour. D�sol�e d'�tre en retard. - Ca n'a pas d'importance.

- Vous avez vos habitudes ici? - C'est pas tr�s loin de la fac.

Pour vous, c'�tait peut-�tre pas tr�s pratique.

-C'est pas un souci.

- Vous prenez quelque chose? - Un caf�.

- Un caf�. - Avec un verre d'eau, merci.

-Merci, en tout cas...

d'�tre venue. Ce que j'ai � vous dire n'est pas tr�s...

facile. - Je m'en doute.

- Ah bon? - Il s'agit..

..de Lucas.

De mes rapports avec Lucas.

Merci, monsieur.

-Exactement.

J'ai l'impression que ces rapports..

..sortent du cadre strict du lyc�e.

-En effet.

-Ah.

Je ne crois pas �tre vieux jeu. J'ai fait Mai 68, du bon c�t�.

Et puis, je suis enseignant comme vous.

Je sais qu'on peut s'attacher parfois � des �l�ves, mais l�...

- Ca d�passe la limite autoris�e? - On peut dire �a.

Je ne veux pas tout savoir.

Mais je devine qu'il s'est cr�� entre vous une intimit�.

Le mot "intimit�" vous convient? - C'est un joli mot.

-Ce qu'il recouvre..

..est moins joli. Mon fils n'a pas 16 ans.

-Il est trop jeune..

..pour savoir ce qu'il veut? - Non.

Mais il est influen�able.

- Je trouve, au contraire, qu'il est tr�s d�termin�.

- Vous devriez le d�courager. - Pourquoi?

- Ca n'est pas s�rieux entre vous? - Si.

-Ca ne peut pas continuer.

-Parce que vous l'avez d�cid�?

- C'est contraire � la morale. - La morale... Laquelle exactement?

-La morale g�n�rale.

-La morale g�n�rale...

- Vous trouvez que c'est normal? - Non, mais �a n'est pas laid.

- Mais regardez-vous! Et puis vous enfreignez la loi.

-C'est une menace?

-A vous de voir.

-Nous avons termin�?

- Donc vous ne laisserez pas mon fils tranquille?

-J'ai �t� claire.

-Tr�s claire.

-Laissez.

C'est pour moi.

Je peux? - C'est pour Angoul�me?

-Oui.

Lucas?

J'esp�rais tomber sur toi. Je viens de voir ton p�re.

J'ai besoin de te voir. Non, rien de grave.

J'ai juste envie que tu me serres dans tes bras.

Bonjour.

Alice? Rapha�l?

Vous �tes rentr�s?

Rapha�l?

Alice?

- Tu pourrais frapper. - Et toi, tu pourrais r�pondre.

- Il t'a attendue apr�s le sport. - Oh, zut. J'ai compl�tement oubli�.

Pourquoi tu m'as pas appel�e? - Il l'a fait, mais t'�tais pas l�.

- Comment il s'est d�brouill�? - Moi, j'�tais l� quand il a appel�.

Je suis all�e le chercher. - Excuse-moi, mon ch�ri.

Ca m'est sorti de la t�te. - C'est pas grave.

- Je vais pr�parer le d�ner. - Tu manges l�?

-Garde tes remarques.

-M�me quand t'es l�, t'es ailleurs.

-Merci d'�tre venue aussi vite.

Je vous ai sans doute un peu bouscul�e au t�l�phone.

Nous avons un probl�me.

Ne faites pas celle qui ne comprend pas.

Je vous demande de m'aider un peu. - Vous aider?

- J'ai re�u la visite de M. Malzieu, le p�re de Lucas.

Je vous avoue que j'ai �t�... Comment dire?

Edifi�e..

..par l'histoire qu'il m'a racont�e.

Au d�but, je ne l'ai pas cru. J'ai pens� � une m�prise.

Mais il m'a assur� que vous aviez confirm� ces informations.

Vous l'avez rencontr�, semble-t-il.

Bref,

..je suis tomb�e des nues.

En 17 ans, c'est la premi�re fois que je suis confront�e..

..� une situation pareille.

Vous ne dites rien?

-Je vous �coute, madame.

- Les �l�ves dont nous avons la charge..

..sont pour la plupart mineurs.

- J'avais remarqu� ce d�tail. - Un d�tail?

Vous n'ignorez pas qu'un professeur,

..dans l'exercice de ses fonctions, n'a pas le droit...

Je ne vais pas vous rappeler les dispositions qui prot�gent..

..les enfants et l'institution. Le lien de subordination, etc.

Alors?

- Je n'ai jamais �voqu� ma vie priv�e avec vous.

Je ne vais pas commencer aujourd'hui.

- Mais il ne s'agit pas de votre vie priv�e. Lucas Malzieu est un �l�ve.

- Rien ne s'est produit dans le lyc�e.

-Ne jouez pas � ce jeu-l�!

- Je ne joue pas, je s�pare les choses.

- Je trouve, au contraire, que vous m�langez les genres.

Ce qui est en contradiction avec vos devoirs d'enseignant.

Vous �tes suppos�e..

..incarner l'autorit�, imposer la discipline, le respect des r�gles.

Ca vous a �chapp�.

- Mais lorsque je suis devant mes �l�ves, je suis leur professeur.

Je leur transmets un savoir et aucun n'a d�fi� mon autorit�.

-Vous avez perdu..

..la t�te?!

Vous avez une liaison avec un gamin!

C'est fini, Mai 68!

- Je me fiche de Mai 68. Je fais mon m�tier, je suis bien not�e.

Le reste ne regarde que moi.

- Savez-vous ce qu'il va arriver quand l'affaire sera �bruit�e?

Ce sera un �norme scandale.

Enorme.

Personne ne prendra votre d�fense. Tout le monde vous tombera dessus.

Vos bonnes notes ne vous sauveront pas.

-J'ai pris mes responsabilit�s.

-Les avez-vous mesur�es?

Venez. Marchons un peu, voulez-vous?

-On risque de nous entendre.

-Il n'y a plus personne.

-Et apr�s?

-Quoi, apr�s?

- Si je suivais vos conseils, il se passerait quoi apr�s?

- Vous n'auriez plus qu'� demander votre mutation.

Elle vous sera accord�e.

Avec votre anciennet�, vous pouvez aller o� vous le souhaitez.

-Je n'envisage pas de partir.

- Et si j'enlevais ma casquette de proviseur deux minutes?

-C'est-�-dire?

- Si nous nous parlions de femme � femme?

- Si nous nous parlions comme �a, vous me donneriez raison.

- Vous avez une curieuse conception de l'�mancipation.

- Et vous, de la f�minit�, si je peux me permettre.

- Vous ne voulez pas �tre raisonnable?

-Je le suis depuis si longtemps.

- Vous ne pourrez pas pr�tendre qu'on ne vous a pas pr�venue.

- Si le p�re de Lucas n'avait pas agit� le chiffon rouge,

..cette histoire ne concernerait que Lucas et moi.

- Oui, mais voil�, le p�re a agit� le chiffon rouge.

- Alors il va falloir proc�der � la mise � mort de l'animal.

Je peux prendre cong�, maintenant?

- Je suis l� pour t'aider. - J'ai pas besoin d'�tre aid�.

C'est mes parents qui vous ont demand� de me convoquer?

-Non, c'est Mme le proviseur.

- Qu'elle se m�le de ses affaires. - C'est ce qu'elle fait.

-Qu'est-ce que je fais l�?

- Cette femme... - Gabrielle?

-Mme Delorme.

Elle t'a envo�t�?

-Envo�t�?

C'est des termes de sorcellerie. Vous la voyez comme une sorci�re?

-Le mot �tait mal choisi.

Disons que... tu subis son influence.

- J'ai l'air d'�tre sous influence? - Tu as 15 ans.

-Je peux pas prendre de d�cision?

-Tu manques de discernement.

- Je sais ce que je fais. Et vous, vous savez ce que vous faites?

Vous foutez la merde.

Sir�ne d'ambulance.

-8/5.

C'est faible, c'est pour �a que vous vous �tes �vanouie.

Vous �tes surmen�e? - On a pas mal de travail.

Je suis prof de fran�ais.

-Il faut pr�server votre sant�.

- Je vais pouvoir rentrer chez moi? - Oui, c'est qu'un �tourdissement.

Il va falloir vous reposer et prendre quelques vitamines.

Vous avez des ennuis particuliers? - Rien que je ne puisse r�gler.

- Vous avez eu de la chance que quelqu'un se trouve l�.

Les rives de la Charente, � cette �poque-l�, c'est le d�sert.

Qu'alliez-vous faire l�-bas? - J'aime bien le fleuve.

- Moi aussi, mais pas ce coin-l�.

- J'ai pas fait attention, je me suis laiss� guider.

- Il faut se m�fier du hasard. Il joue parfois des tours.

- Mes enfants ne sont pas pr�venus? - Non.

-Docteur.

-Oui?

-Merci.

- Je vous en prie, c'est mon travail.

- Comment tu veux que je reste en place?

Poitiers, tu imagines?

J'irai pas. - Tu vas faire quoi? Fuguer?

- Pourquoi pas? - Ce serait pire.

- Tu trouves pas �a grave que mes parents m'envoient...

-Ton p�re est d�termin�.

- Tu laisses faire. - Tu es mineur.

Il menace de demander mon renvoi si on n'est pas s�par�s.

On n'a pas le choix.

- Comment tu peux te r�signer aussi facilement?

- J'�value les forces en pr�sence. - Arr�te!

-Assieds-toi, viens.

- En plus, il me supprime mon argent de poche comme si j'avais 5 ans.

- Il te rappelle que tu es un enfant.

- Je suis pas un enfant. - Moi, je le sais. Pas lui. Pas eux.

- Tu viendras? Tu viendras me voir?

Il doit bien y avoir des perms dans cette taule.

-Oui, je viendrai.

On reste ensemble.

Quoi qu'il arrive, on reste ensemble.

- Le roman d'apprentissage, "Les Illusions perdues", page 307.

Malzieu!

Malzieu!

- Votre fils m'a dit que vous veniez ici le mercredi.

-C'est lui..

..qui vous envoie? - Non.

Je vous d�range?

- Qu'est-ce que vous me voulez? - Vous parler.

- Vous vous �tes tout dit avec mon mari.

- C'est un homme. Il ne comprend pas les choses comme nous, les femmes.

- Dans cette affaire, je suis une m�re.

- Vous n'avez jamais �t� amoureuse? - Vous �tes amoureuse de mon fils?!

- Vous en doutez? - Vous allez me suivre longtemps?

-Je peux vous attendre dehors.

- Nous avons le m�me �ge. - Et c'est trop tard pour aimer?

- Qu'attendez-vous de moi? - Que vous me compreniez.

-Je prot�ge mon fils.

-En l'�loignant?

- Vous avez des enfants? - Deux.

-Et s'ils �taient en danger?

-Je ne mets pas Lucas en danger.

-Je ne sais pas.

Tout �a, �a a �t� si inattendu. Il fallait prendre une d�cision.

-Il me manque. Et je lui manque.

-Ca suffit comme �a.

- Tu lis quoi? - "Ast�rix".

- C'est bien? - Ben, c'est "Ast�rix".

- Tu vas bien? - Oui.

- Ta soeur m'a dit qu'elle t'avait racont� ce qui m'arrive.

Tu veux pas arr�ter de lire..

..qu'on en parle?

Ca t'ennuie ce qui m'arrive?

-Non.

-Ta soeur, �a lui pla�t pas.

-Moi, si.

- Ah bon? - Oui.

Un grand fr�re, je veux bien essayer.

- Tu sais que je t'aime, toi. - Oui, je sais.

- C'est Lucas. Dans une cabine, je t'expliquerai.

Il faut que tu viennes.

Il faut que tu viennes me chercher et qu'on s'en aille tous les deux.

Demain, vers 18 h?

Tu verras, il y a une petite rue sur le c�t�.

Gabrielle.

Je voudrais qu'on soit demain.

Gabrielle.

Je t'aime.

- Tiens. Il y avait rien d'autre.

-Elles me plaisent beaucoup. Viens.

- Pourquoi tu es all�e voir ma m�re? Ca servait � rien.

Mais �a me pla�t. - Ca te pla�t?

-Oui.

Ca veut dire que tu m'aimes.

- On va s'arr�ter parce qu'il pleut fort.

-Ici?

Tu sais o� on est?

-Non.

Je sais pas.

- Le surveillant du lyc�e vous a vus vous enfuir.

Vous avez conscience qu'il s'agit d'un enl�vement?

Oui, madame, votre acte peut �tre caract�ris� comme un enl�vement.

- T'es malade ou quoi? Tu te rends compte de ce que tu as fait?

Ta famille �tait folle d'inqui�tude.

Dis quelque chose.

Elle a abus� de toi?

Tu es un gar�on sens�. T'as pas pu d�cider de t'enfuir tout seul.

Reconnais que tu es sous son emprise.

- Je vois que vous avez des enfants. Ils sont o�?

Ils sont o� pendant que vous batifolez?

Quelqu'un s'en occupe?

Vous �tes irresponsable. Vous devez �tre mise hors d'�tat de nuire.

-Elle t'a forc�..

..� faire des choses? Mais parle, enfin!

-C'est le proviseur.

- Bernard Chavanel. Cet enfant est sous mon autorit�.

Ses parents m'ont demand� de le ramener. Pr�venez-moi..

..quand vous en aurez fini.

- "Je d�pose plainte contre Mme Delorme, r�sidant � Angoul�me,

"..professeur, exer�ant un lien de subordination sur mon fils,

"..et demande que soit appliqu�e la loi r�primant..

"..le d�tournement de mineur."

- Cet enfant a d'abord �t� sous votre responsabilit�.

Il �tait votre �l�ve..

..et vous l'avez d�tourn� du droit chemin, si l'on peut dire.

Madame, je vous parle.

Son p�re vous a demand� de cesser votre relation.

Et vous avez ignor� sa l�gitime requ�te. Est-ce exact?

-Oui.

- Je ne vous ai pas entendue. - Oui.

- L'enfant a �t� soustrait � votre emprise...

-Je n'exerce aucune emprise.

-C'est ce que nous d�terminerons.

- J'ai le droit de donner ma version ou vous instruisez � charge?

- Nous questionnerons l'enfant. - Cessez de l'appeler comme �a.

-Bref. Vous allez le retrouver.

-Il m'a appel�e � l'aide.

-Et vous l'avez conduit � fuguer?

-On avait besoin d'�tre ensemble.

- Vous l'avez vol� � ses parents, vous l'avez vol� � la soci�t�.

Pour votre usage personnel.

- Vous salissez tout. - C'est moi qui salis?

Bref. Une plainte a �t� d�pos�e, je l'instruis.

Je pourrais..

..ordonner votre d�tention.

Je pourrais vous retirer la garde de vos enfants.

-Laissez-les tranquilles.

Ils ne sont pour rien dans cette affaire.

- Il fallait y penser avant. - Pourquoi on me les retirerait?

- Vous vous consid�rez comme une m�re exemplaire?

Vous vous �tes rendue indigne..

..de conserver vos droits maternels.

- Tu ne pourrais renoncer � cette femme qu'avec sa permission.

- Je veux pas renoncer � la voir! - C'est la m�me chose!

- Entrez, je vous en prie. - Merci.

J'arrive pas � oublier les gendarmes.

Ils nous ont interrog�s...

C'�tait tellement humiliant de devoir se justifier.

Et puis, il y a eu le juge aussi.

Je voudrais dire que je vais bien, mais c'est faux.

Je suis devenue quelqu'un d'autre.

Vous avez envie..

..d'�tre ailleurs, parfois? - Oui.

- Vous faites quoi dans ce cas-l�? - Je pars... J'essaie de partir.

C'est pas toujours facile avec les obligations qu'on a:

..la famille, tout �a.

Et quand je pars pas, eh bien, je r�ve que je pars.

- Vous avez des enfants? - Une petite fille de 10 ans.

- Vous pourriez l'abandonner? - Non. Non, s�rement pas.

-Si vous n'aviez pas le choix?

Vous avez dit..

..que vous ne m'aviez pas reconnue. Mais vous avez lu les journaux.

-Oui, j'ai lu les journaux.

-Et?

-Et?

Je suis l�.

Avec vous.

Conversations diffuses.

- Mesdames, on arr�te les comm�rages!

Tout le monde avec moi. Posez �a.

Ca va, messieurs, �a va! Asseyez-vous, s'il vous pla�t!

On frappe. - Entrez.

- Excusez-moi, madame. Vous avez vu les journalistes � l'entr�e?

- Nous n'avons rien � d�clarer. C'est compris?

-C'est une mesure pr�ventive.

Je vous avais demand� de ne plus chercher � voir Lucas Malzieu.

Pourquoi �tre retourn�e l�-bas? Vous saviez que c'�tait inutile.

Il faut que vous retrouviez la ma�trise de vous-m�me.

Soyez raisonnable.

J'escompte que votre petit s�jour va vous y aider.

Bruit de porte.

- Ils ne m'ont gard�e qu'une nuit. Le juge voulait m'impressionner.

Si, je t'aurais pr�venue, mais ils ne m'ont dit..

..qu'au dernier moment qu'ils me lib�raient.

Ca va, je t'assure.

La proviseure est venue me voir.

Elle m'a annonc� que le rectorat allait prendre des sanctions:

..mutation d'office, radiation... J'ai pas demand�, je m'en fous.

Tu sais, Marie, le plus terrible, c'�tait son air triomphant.

Le genre "on vous avait pr�venue".

Et puis son d�go�t.

C'est inoubliable, un d�go�t pareil.

Dans la rue. Je rentre chez moi.

Non, t'es adorable, mais les enfants m'attendent.

Oui, promis.

A demain.

Voix d'Alice. *-Vous �tes bien chez les Delorme.

*Laissez un message apr�s le bip.

-All�, c'est maman. Je suis sortie.

Je pensais que tu �tais rentr�e. J'aurais bien aim� te parler.

Mais c'est pas grave.

Je t'embrasse. C'�tait maman.

Je t'embrasse.

Je t'aime.

Je t'aime, tu sais.

-Gabrielle.

-Tu es venu, c'est bien.

- Ca va? - Oui.

- Ca n'a pas �t� trop dur? - Ils font des montagnes pour rien.

-On aurait pu venir.

- C'�tait pas ta place, ni celle des enfants.

- On avait rendez-vous ici, il y a longtemps.

- Je me demandais si tu te souvenais.

-J'ai pas tout oubli�.

-Vas-y, parle, je t'�coute.

- C'est toi qui voulais me voir. - Tu ne m'as encore rien dit..

..sur cette histoire.

- Je veux pas. - Tu en penses quoi?

-Que tu es folle.

-Folle?

- Irresponsable si tu pr�f�res.

- Tu n'y vas pas par quatre chemins.

-Ca peut pas continuer.

-Si tu le dis.

- Les enfants sont perturb�s. Je vais les prendre un peu.

Ca te permettra de te reposer, de faire le point.

-T'as raison.

Tu sais ces choses-l�, toi.

-Je les ai pr�venus.

-C'est bien. Tu as tout organis�.

- Et tu comptes faire quoi � propos de...

Enfin, du gar�on.

- Je vais arr�ter. Je vais t'�couter.

Je vais tous vous �couter.

-C'est la bonne d�cision.

-Salut, petit!

Fais attention � toi.

Sifflement du gaz.

Sous-titrage MFP.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.