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PR�C�DEMMENT DANS MISTER SPADE
Tu ne connais pas la bonne nouvelle ?
On va avoir un bowling ?
Philippe Saint-Andr�
serait revenu au bercail.
J'ai une affaire � te proposer, Spade.
Ne ris pas.
�a va ?
Je vais bien. Mieux que jamais.
J'ignore qui a tir�. Peut-�tre le moine.
Apr�s le d�part de papa,
il a tap� � la grille avec son b�ton.
Dis-moi, Sam,
� part l'antiquit� offerte par Gabrielle
pour la Saint-Valentin ou autre,
as-tu un pistolet en �tat de marche ?
Celui qui voudra me flinguer devra fournir le pistolet.
J'ignore ce que �a signifie.
Mais je reconnais ton incons�quence morale.
Cela �tant dit,
il y a un fou en libert�.
Ta finesse d'esprit
ne suffira pas � te prot�ger.
O� est Teresa ?
MISTER SPADE
Teresa !
Avez-vous vu Teresa ?
Si, si elle est partie hier soir.
Ou si quelqu'un l'a embarqu�e.
Jolie petite auto, M. Spade !
- Vous allez prendre l'air ? - On peut dire �a.
Comme la petite.
- Vous l'avez vue ? - Ce matin, en arrivant.
Les couleurs de l'aube sont un r�ve d'artiste.
- Elle �tait sur la route ? - Elle m'a d�pass�.
Ses chaussures �taient boueuses, comme apr�s une course
et ses yeux...
baiss�s, pleins de tristesse.
De quelle couleur ?
Je dirais qu'ils �taient...
Je me perds dans les d�tails. C'est le m�tier qui veut �a.
Elle avait l'air contrari�e ?
Suite au massacre des s�urs, j'imagine.
Vous �tes au courant ?
Comme tout le monde.
- Elle en a parl� ? - Je lui ai fait signe.
Je voulais discuter,
mais elle m'a ignor�.
Je la comprends.
Pardon ?
Teresa ?
Je ne suis pas le bon interlocuteur.
D'exp�rience, les belles �mes sont toujours perdantes.
�a va te tuer � petit feu.
Les docteurs fument les m�mes.
Je l'ai vu � la t�l�vision.
Tu sembles vraiment appr�cier.
Descends avant d'avoir un vertige et de te rompre le cou.
Je ne bouge pas d'ici.
Philippe ne viendra pas.
Il m'a promis.
Je n'en doute pas.
C'est toi qui as fait �a ?
Tu sais qui l'a fait ?
Comment je saurais ? C'est interdit de venir ici.
Pourtant, tu es l�.
Elles sont toutes mortes.
� quoi ont servi leurs r�gles inutiles ?
Attends donc ton p�re en remplissant tes poumons de fum�e.
Je reviens en fin de journ�e.
Si tu es toujours l�, tu rentres avec moi.
Sinon,
ce fut un plaisir.
Et je vous souhaite une belle vie en cavale.
Et merde !
Tu sais
comment elle s'est retrouv�e dans la chapelle ?
Je ne joue plus � la poup�e.
Donc tu ignores comment elle a perdu la t�te ?
Je l'ai donn�e il y a des lustres.
Cette voiture sent encore la rose.
Elle apportait des friandises � l'orphelinat pour No�l.
Gabrielle.
Des oranges de Californie.
Tu m'en diras tant.
Parfois, elle m'apportait
des livres, un chemisier...
ou autre chose qu'elle ne mettait plus.
Des livres en fran�ais.
Elle disait que je serais bilingue quand je r�verais en fran�ais.
Elle m'avait dit la m�me chose.
H�las, je r�ve encore en anglais,
mais souvent de vins fran�ais.
Elle ne voulait pas que je vous ha�sse.
Pour ce que vous avez fait � mon p�re.
Baisse-toi.
Ne bouge pas.
Rien de cass� ?
M. Spade ?
Sale affaire...
Cette voiture est maudite.
Pas celui qui a explos� mon pare-brise.
Il t'a rat� expr�s ?
On roulait trop lentement pour qu'il me touche pas.
- Et le deuxi�me tir ? - L�gitime d�fense.
J'allais le renverser.
�videmment.
Je n'�tais peut-�tre pas la cible.
Ravissant.
Mon nouveau voisin.
Un dr�le de num�ro.
C'�tait peut-�tre Philippe.
Avec Teresa dans la voiture ?
J'ai du mal � le croire, m�me venant de Philippe.
Il est bless�.
Il sera facile � retrouver, pour de fins limiers comme toi et...
Samuel.
Tu devais �viter "cr�tin" et "idiot" pour parler de lui.
C'est affectueux.
On a appel� les h�pitaux.
Aucun bless� par balle.
Idem chez les v�t�rinaires et les dentistes.
Je vois que vous ma�trisez la situation.
Vous me pr�tez votre avocat ?
Tu avais 4 ans.
Je l'ai emmen�e au Canard noir.
Une institution � Rodez.
�a m'a co�t� 20 francs.
Je te rembourserai.
C'�tait de l'argent bien d�pens�.
Vu ton grand sourire niais, j'imagine que Mlle Rousse et toi
�changez � nouveau...
Dans le bureau du g�n�ral.
Sur son bureau.
Sans froisser le dossier de Philippe, j'esp�re.
Le dossier du sergent Saint-Andr�
est plut�t l�ger.
Plusieurs noms, dates et lieux ont �t� masqu�s.
Il est aux services secrets.
D�sol�, c'est peu.
C'est d�j� beaucoup.
Philippe, un espion ?
La guerre a vraiment pris trop d'hommes comp�tents.
J'ai aussi entendu quelque chose.
Une rumeur.
Il y a un bar pr�s de la caserne,
fr�quent� par des anciens du deuxi�me bureau.
J'y prends un verre de temps en temps.
L'autre soir, on y plaisantait
sur une fille que Saint-Andr� planquait chez lui
� son dernier passage.
S�rement pas une premi�re.
C'�tait une Alg�rienne. Personne ne conna�t son nom.
Merci, Henri. C'est tr�s utile.
Pas de quoi.
Je dois vous avouer
que depuis l'enfance,
vous �tes un h�ros pour moi.
Un h�ros ?
Un conseil...
Trouve mieux.
Tu sais ce qu'on dit.
Marie-toi pour l'argent, divorce pour l'amour.
Ce n'est pas : "Marie-toi et m�rite chaque sou" ?
Lequel tu pr�f�res ?
Redemande-moi plus tard.
Tu n'as rien oubli�, ma ch�rie ?
On va nager, non ?
Que dira le jardinier ?
Je n'ai pas peur que le jardinier me quitte pour une jeunette.
Si j'�tais toi, j'aurais plut�t peur des moustiques.
Je ne te quitterai jamais.
Je te rappelle que j'ai d'autres atouts que mon argent.
Comment pourrais-je l'oublier ?
Pourquoi les innocents paient-ils toujours � notre place ?
Pour nos p�ch�s ?
Quand les nazis vous ont rendu visite,
la M�re sup�rieure fournissait des armes � la R�sistance.
Et donc ?
Il n'y a pas d'innocents.
Tout de m�me,
on essaie d'�tre du bon c�t�.
Encore faudrait-il savoir lequel c'est.
Six religieuses abattues. Cinq dossiers.
Laquelle manque ?
Je les connaissais toutes,
je les examinais tous les six mois.
Trois �taient espagnoles.
Une portugaise. Et la M�re sup�rieure �tait n�e ici.
La derni�re �tait une Nord-Africaine encore inconnue.
Elle n'a pas de dossier.
Je l'ai rencontr�e bri�vement.
Puis-je voir les corps ?
Patrice les a pr�par�s pour les transf�rer � Paris.
Patrice veut-il vraiment que Paris envahisse sa ville ?
Absolument pas.
Mais il comprend qu'avec six religieuses massacr�es,
et m�me s'il y en avait eu moins,
la pression est in�vitable.
Les Parisiens sont mieux �quip�s.
Ma comp�tence en autopsie
va de "mort d'une chute d'�chelle" � "mort d'une crise cardiaque".
N'oubliez pas "mort d'ennui".
Vous plaisantez,
mais les instructions du minist�re �taient strictes et claires.
Il m'a �t� interdit de toucher aux corps.
Mais je ne les ai re�ues qu'apr�s...
avoir trouv� ceci au cou de la Nord-Africaine.
J'ignorais que les religieuses avaient droit aux bijoux.
Les vraies, en tout cas.
La pi�ce de rechange doit arriver d'Angleterre.
�a va �tre long ?
- On t'a tir� dessus ? - On a tir� dans ma direction.
Une petite seconde.
Je tiens � cette voiture.
Quoi que vous ressentiez pour feu Jacques Larvaron,
promettez-moi d'en prendre bien soin.
Je la traiterai comme toute jolie femme m�prisable.
Avec respect en sa pr�sence,
d�sir en son absence.
Bien.
On s'est compris.
Je crois.
Tchao, Anatole.
Tu passais dans le coin ?
On n'a pas l'habitude des fusillades, ici.
Pas depuis longtemps.
Pas depuis la guerre.
C'�tait des collabos qui tuaient des r�sistants
et vice-versa.
Pas des dingues qui ex�cutent des religieuses.
Il y a eu une autre guerre depuis, je te rappelle.
Et tu le sais comme moi, elle a rendu fous beaucoup de gens.
Mais il ne s'agit pas d'eux. Il s'agit de toi.
Je connais six mortes qui ne seraient pas d'accord.
C'�tait hier.
Aujourd'hui, on t'a tir� dessus.
Mais ce n'est pas moi qui t'inqui�te.
- �a aurait pu �tre Jean-Pierre ? - Oui, �a aurait pu.
Mais ce n'est pas lui.
Comment le sais-tu ?
Il parle beaucoup, mais un meurtre ? Non.
Jean-Pierre dirait le contraire.
Comme tout ancien combattant.
Voil� pourquoi on leur donne des m�dailles et un bel uniforme.
Pour que dans le miroir, ils voient un soldat.
Et celui qui a br�l� son uniforme
et vendu ses m�dailles ?
Il voit quoi ?
Tu crois le comprendre, mais tu l'intimides.
Tu intimides la plupart des hommes.
Ils ne me connaissent pas.
Mais je me moque de ce qu'on pense de moi.
L'indiff�rence ne rend pas invincible.
Brode cette devise sur un coussin.
Parfois, Sam...
M. Spade !
Je vous pr�sente ma m�re.
Lady Cynthia. Sam Spade.
Comment allez-vous, M. Spade ?
J'ai connu mieux.
Navr�e d'envahir votre domaine si diablement beau sans invitation,
mais George a dit que �a ne vous g�nerait pas.
Il a eu raison. Enchant�.
M. Spade ?
S'il vous pla�t.
N'h�sitez pas � refuser,
mais j'ai un grand service � vous demander.
Demandez toujours.
Je n'ai jamais vu le tableau peint par mon mari pour votre femme.
Accepteriez-vous
que j'entre pour jeter un �il ?
Puis-je venir �galement ? Je n'ai pas vu cette toile
depuis son d�voilement.
Plus on est de fous...
George et moi louons la villa d'� c�t�.
Nous sommes voisins.
Certes, ce n'est pas aussi exquis que tout ceci.
La famille de Gabrielle a fait une affaire.
L'ancien propri�taire est mort brusquement.
Il a �t� guillotin�.
Il s'est fait d�capiter juste apr�s Marie-Antoinette.
Juste ciel !
M�re, il te taquine.
Formidable !
Je suis extr�mement cr�dule, M. Spade.
Permettez-moi d'en douter.
Merci.
George, regarde !
Cet endroit est merveilleux.
On ne sait plus faire ce genre de choses.
C'est absolument
superbe.
M�re, regarde les ombres.
St John a toujours eu un don pour la couleur.
George, regarde comme il a su capturer
les teintes d�licates de la peau de cette jolie dame nue.
Vous saurez retrouver la sortie sans moi.
Oui, merci mille fois, c'est adorable.
Une derni�re chose.
Je crois que nous avons un ami en commun.
Philippe Saint-Andr� ?
Je ne dirais pas que nous sommes amis.
Nos chemins se sont crois�s, il y a bien longtemps.
Je vois.
J'ai cru comprendre
qu'il �tait revenu � Bozouls.
J'adorerais le saluer.
Je ne peux rien pour vous. J'ignore o� il est.
Quel dommage !
D'o� le connaissez-vous ?
Il y a des ann�es, il a achet�
un des chefs-d'�uvre de mon mari.
Ah bon ?
Pour une somme rondelette.
Vous �tes s�re qu'on parle du m�me Philippe Saint-Andr� ?
Le mien ne mettrait aucune somme, encore moins rondelette,
dans quelque chose qu'il pourrait plut�t voler.
Ce matin, j'ai d� demander � Basem de m'emmener
acheter deux nouveaux pneus.
La roue de secours, c'�tait oblig� ?
J'ignore de quoi vous parlez.
On croirait entendre ta m�re.
C'�tait sa r�ponse pr�f�r�e.
"J'ignore de quoi vous parlez."
C'�tait presque un tic.
�a vous apprendra � dire du mal de ma m�re.
�a va ? Vous �tes malade ?
Je suis en pleine forme.
Dis-moi o� tu as vu l'�clat.
Personne n'aurait tir� d'ici.
Qu'est-ce que c'est ?
Un indice ?
Ce n'est qu'un paquet de cigarettes vide.
- Il n'est pas l� depuis longtemps. - Tu crois ?
Il y avait du vent, hier. Il aurait �t� recouvert de feuilles.
Th�orie int�ressante.
Qu'as-tu vu dans la chapelle ?
Je meurs de faim.
Helena me fait des raviolis.
Qu'as-tu vu dans la chapelle ?
Je vous l'ai dit.
Le moine a frapp� la M�re sup�rieure,
et on s'est enfuies.
Tu me l'as dit et tu �tais tr�s convaincante.
Mais quelqu'un a enferm� les filles,
et ce matin, on t'a tir� dessus.
Sur moi ?
Pour te faire peur. Et te faire taire.
Donc, soit tu as vu quelque chose,
soit tu en sais trop.
Pourquoi Philippe est-il venu te voir ?
Je suis sa fille.
Mais il n'a pas jug� utile de te dire
qui l'avait agress� et pourquoi ?
C'�tait pour me prot�ger.
De quelle fa�on ?
En te laissant seule ?
Mon p�re n'est pas venu me voir.
Il cherchait quelqu'un d'autre.
Une des religieuses.
Laquelle ?
La nouvelle.
Apr�s le coup de feu, son plan a chang�.
Oui, c'est eux.
Eux ?
- Le gamin �tait avec elle ? - Non.
Il est arriv� un mois apr�s.
Avec papa.
Philippe a d�barqu�, bless�, avec un enfant.
Que t'a-t-il dit ?
De cacher le petit en attendant qu'il trouve une planque.
Il devait revenir le lendemain.
Il te laisse le gamin, file,
et le moine frappe � la porte.
Je cachais Zayd dans le clocher quand j'ai entendu crier.
Elles fuyaient la chapelle.
Elles avaient vu un pr�tre frapper la sup�rieure.
Donc tu ne l'as pas vu, contrairement � ce que tu as dit.
Et ensuite ?
Tu as enferm� les filles ?
Pour leur s�curit�.
J'ai couru dans ma chambre.
Et j'ai entendu un coup de feu.
Le moine criait.
Il a dit � s�ur Ang�lique
de le regarder
demander � chacune d'elles o� �tait le petit.
Et devant leur silence...
il les a abattues.
Une par une.
J'ai voulu fermer les yeux, mais je n'ai pas pu.
Et ensuite...
Ensuite ?
Il m'a vue.
Tu lui as dit o� il �tait ?
Tu n'avais pas peur ?
J'avais mon couteau.
J'ai d� le laisser, h�las.
Dans la chapelle ?
Dans le moine.
J'ai fil� au clocher, mais le petit �tait parti.
Qui est ce gamin pour lequel six personnes ont �t� assassin�es ?
Je ne sais pas.
Mais juste avant de mourir...
s�ur Ang�lique a dit quelque chose.
Le Mahdi ?
Dans quoi est-ce que ton p�re t'a embarqu�e ?
Adaptation : Joanna Levy
Sous-titrage TITRAFILM
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