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Original subtitles

Downloaded from YTS.MX

Official YIFY movies site: YTS.MX

Je me souviens pas bien

de mon enfance.

Après la mort de ma mère, ou même avant...

C'est pour ça que je suis contente d'être venue à Los Angeles.

Toute ma vie, j'ai rêvé de me marier à l'église

dans une belle robe.

Avec pas trop de gens...

mais je veux me marier à l'église et être bénie.

Comment va le bébé ?

Tu veux le sentir ?

Pose ta main là.

Ça bouge.

Il m'a donné un coup de pied.

Il saute.

Cela rendra la nuit tranquille, je présume.

Ça ?

J'aime la paix quand je me repose.

Je suis très pointilleux à ce sujet. Les pleurs, ça m'agace.

Derrière les murs de Jéricho !

Pas aussi épais que ceux que Josué a détruits avec sa trompette.

Mais bien plus sûrs.

Vous voyez...

Je n'ai pas de trompette.

Pour vous montrer mes meilleures intentions,

je vous donne mon meilleur pyjama.

Vous voulez bien rejoindre les israélites ?

Vous ne voulez pas ?

Je voulais pouvoir expliquer ce qui m'avait tant touchée.

Le monde entier était sans voix.

C'est stupéfiant, surprenant.

Je pense que vous en perdez vos mots,

une des choses qui arrive

est que vous ne pouvez pas le croire.

Vous perdez vos mots parce que c'est traumatisant.

Une personne a raconté à Lanzmann

qu'il n'y a pas de films sur l'Holocauste du point de vue des victimes.

C'est ce qu'il a essayé de faire,

dresser un portrait d'ensemble

du point de vue des victimes, des Juifs.

Quand cette idée lui a été soumise

par le ministère des Affaires étrangères israélien...

Il a vraiment créé un évènement.

Parce qu'il l'a fait dans le présent.

Il ne voulait pas que ce soit

une chose du passé pour eux,

mais une chose du présent pour nous.

Ils ont détruit les lieux, les fours,

ils ont tout détruit.

Il ne reste aucun papier, rien...

Ils ont détruit les victimes.

Les corps.

Que peut-on filmer ?

Lanzmann a trouvé une façon grâce aux outils du cinéma...

Les paysages des lieux de l'extermination.

Il a réuni les témoins sur les lieux de l'extermination.

Srebnik dit :

"Personne ne peut le comprendre, même pas moi, ici.

"C'est incroyable que je sois ici.

"Mais personne ne peut le comprendre."

Je pense que Lanzmann était d'accord,

c'est impossible de vraiment comprendre.

Les atrocités des nazis ne sont pas compréhensibles.

Après avoir vu le film,

j'en ai fait un sujet d'enseignement,

"littérature comme témoignage".

Porter un témoignage comme une des fonctions de l'art.

Avec le pouvoir de l'art.

Il a réussi grâce au pouvoir de l'art.

Avec une construction presque philosophique du film.

C'est terriblement difficile de témoigner

de quelque chose qui est au-delà de notre imagination.

Et c'était le piège des nazis.

C'est pourquoi ils ne pouvaient pas y croire.

Dans le film de Lanzmann sur Karski,

le juge juif de la Cour suprême américaine,

a dit :

"Je ne dis pas que vous mentez, mais je ne vous crois pas."

Alors qu'il était juif.

Même les Juifs n'y croyaient pas.

Je me souviens qu'il avait écrit une mystérieuse phrase dans une interview,

- quand je l'ai lue, j'étais stupéfait -

il disait

qu'il ne pouvait pas sauver les victimes, il est arrivé après.

Mais il pouvait les accompagner dans la mort

pour ne pas les laisser mourir seuls.

C'est très beau.

Je pense que le travail de l'art témoigne.

L'œuvre de Lanzmann est un témoignage.

Il agit comme un témoignage,

mais il dit : "Il n'existe pas de théorie,

"pas de conclusion

"et ce n'est pas terminé."

J'ai une photo de cette scène qui est...

Même la photo est effrayante.

Il est entouré, devant l'église,

par tous les hommes du village,

les femmes, les hommes du village,

et il avait traversé le village.

Tous les Polonais connaissaient les tueries.

Et ils l'avaient entendu chanter. Il ne parle pas, ils parlent.

Il sourit juste.

Il a un sourire fantastique.

Il a un visage tragique.

C'est un homme magnifique.

Srebnik sourit. Tout ce temps, il est silencieux.

Mon interprétation était...

Srebnik devient un témoin pour la 1re fois.

Il dit : "Quand j'étais enfant, ça ne m'a pas affecté.

"Parce que tout ce que j'ai toujours vu était des cadavres.

"Rien ne m'a affecté."

Il devient un témoin conscient maintenant,

de ce qui lui est arrivé enfant.

Parce que maintenant ça l'affecte.

Enfant, il était inconscient.

30 ans après vous avoir lue pour la 1re fois,

j'ai réalisé

que peut-être je commençais à trouver quelques mots grâce à vous.

C'est pour cela que j'ai fait ce voyage.

Il y a un mot utile en français, qui est "gratitude".

Merci, vous êtes très...

gentil et généreux avec moi.

Il y a si longtemps !

Content de te voir. Depuis combien d'années ? Trois ?

Deux.

Truffaut a dit un jour...

Ainsi va l'histoire,

et c'est ainsi que Godard commençait Hélas pour moi.

Le Baal Shem Tov fut appelé

car le peuple juif était en danger.

Alors il est allé dans la forêt,

un endroit sacré dans la forêt.

Il a allumé le feu sacré,

il a dit la prière

et le miracle s'est accompli.

Les gens étaient sauvés.

Une génération plus tard,

son disciple,

et je ne me souviens plus du nom des disciples,

a été appelé à nouveau pour sauver le peuple juif,

qui était encore en danger,

ce qui est constant évidemment pour les Juifs.

Alors il est allé dans la forêt.

Il a allumé la flamme. Il ne se souvenait plus de la prière.

Mais parce qu'il avait retrouvé l'endroit

et qu'il avait allumé le feu sacré,

le miracle s'est accompli et les Juifs furent sauvés.

Quand son disciple est arrivé, confronté à la même situation...

Le disciple du disciple, exactement.

Il est allé dans la forêt.

Il ne se souvenait pas comment allumer le feu,

ni comment dire la prière

mais parce qu'il connaissait l'endroit dans la forêt,

le miracle s'est accompli.

Quand le disciple de ce disciple

fut à nouveau confronté à la même situation,

il ne connaissait pas l'endroit dans la forêt,

ni la prière,

ni comment allumer le feu sacré,

mais il savait comment raconter l'histoire.

Comme il savait raconter l'histoire, le miracle s'est accompli.

On pourrait donc se demander, viendra-t-il un moment

où quelqu'un ne se souviendra plus comment raconter l'histoire ?

Je ne pense pas.

- Nous connaissons l'histoire. - Oui.

Parfois il peut sembler que l'histoire ait été perdue,

mais elle peut toujours être retrouvée et racontée à nouveau.

On peut penser à de nombreux exemples pour l'illustrer,

aussi je pense que c'est un espoir.

J'ai toujours aimé ce conte.

Y a-t-il un film que tu as vu

qui t'a conduit à la possibilité de réaliser un film ?

Toi, Kent Jones.

Je n'ai pas de réponse,

mais la seule façon pour moi de répondre,

c'est quand j'ai vu La horde sauvage...

De Sam Peckinpah.

Au moment où...

William Holden, Ernest Borgnine, Warren Oates et tout le gang

disent qu'ils veulent récupérer leur homme,

celui que les bandits avaient attrapé.

Il s'appelle Angel, interprété par Jaime Sanchez.

Le bandit dit : "Tu veux Angel ? OK, tu peux avoir Angel."

Alors il l'attrape,

le type avait été battu à mort,

il lui relève la tête,

prend un couteau et...

Cela provoque une série de cuts

où tu vois Ernest Borgnine bouche bée,

William Holden...

Ils regardent autour d'eux et puis c'est la fin.

La bataille commence, ils savent qu'ils vont tous mourir.

Quand j'ai vu cette scène, j'ai pensé :

J'aurais aimé diriger ça !

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