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Zulu
...
*Musique légère Balthazar coupe quelque chose.
*... ...
*...
- Insomnie ?
- Insomnie, mais...
Boeuf de Kobe,
maturé pendant 6 mois,
élevé à la bière, massé au saké.
Doux, tendre, puissant.
Un peu comme...
Comme moi, quoi.
Elle rit.
- Donc toi, tu cuisines du boeuf
à 6h du matin, après une nuit blanche.
- Alors, figure-toi que je suis en congés,
mon psy me l'a conseillé.
Et du coup, je suis seul
et du coup, j'en profite
pour me recentrer,
faire de la méditation transcendantale,
parce que...
Parce que je me fais chier, quoi.
*-Centrale, à toutes les unités.
Une opération de type 9-Y
est en cours...
- Donc, pirater la radio des flics, c'est...
Transcendantal ?
- Ca me berce.
C'est comme le bruit des vagues. - T'es prêt à tout
pour pas rester ici,
à psychoter, parce que l'autre taré
t'a encore envoyé une lettre.
*-A toutes les unités,
disparition inquiétante.
Anaïs Delbarre, 5 ans, cheveux bruns, pyjama rose,
a disparu cette nuit de son domicile.
Musique intrigante
- Merci. - De rien.
Et ce soir, on se voit ? - Oui, peut-être.
...
Tchao !
...
La voiture s'éloigne.
Quoi ? - Ca explique tout, je comprends !
- Quoi ? - Que tu préférais les filles.
- C'est pas le cas.
- Ben si, je vous ai vues, smack !
- Non mais c'est pas possible,
t'as 5 ans d'âge mental.
J'aime tout le monde. Qu'est-ce que tu fous là ?
- Tiens, tu veux ? Il est tout neuf.
- Oui, tiens, vas-y. - Qu'est-ce que je fous là ?
Tu le dis à personne ?
J'ai entendu.
La petite qui a disparu.
- Tu sais ce que ça peut te coûter ?
Tu t'emmerdes autant ?
- Oui. Oui, oui. - Oui, la petite a disparu.
Je vois pas comment monsieur cadavre
peut nous aider. - Monsieur cadavre ?
- Mmm. - Monsieur cadavre ?
C'est un peu réducteur, monsieur cadavre.
Les cadavres, c'est que 10 % de notre masse de travail,
même si au cinéma et la télé,
ils se concentrent essentiellement
dessus, ça doit être plus glamour. - Personne t'a appelé.
- Justement, vous avez un problème.
- Comment ça, quel problème ?
- Vous m'avez pas appelé. Comment vous allez faire sans moi ?
- Tu retournes t'emmerder en congés et tu me laisses la retrouver.
Les premières heures sont cruciales. - Attends ! Défi.
Médecine contre police.
Je te parie qu'avec la médecine légale,
je fais plus que toi avec toute la DPJ. On parie ?
Tu vas perdre. - Tu te fous de ma gueule ?
- Non. - C'est hors de question !
Y a une gamine en danger !
- Mais justement !
Si y a une petite chance que je t'aide à la retrouver,
pourquoi tu dirais non ?
Tu vas pas dire non. Dis oui. - Oui.
C'est bon, viens. Viens.
- Vous n'avez rien remarqué de suspect ?
- Non, je vois pas.
- Y a pas de tensions particulières dans la famille ?
- T'inquiète pas mon chéri, ils vont la retrouver.
Ca va aller.
- Non, tout se passe bien.
- Un problème de voisinage, M. Delbarre ?
- Je vois personne qui pourrait nous en vouloir.
- T'es pas en congés, toi ?
- Euh, moi ? Je...
Non, on m'a appelé.
- Bon.
C'est elle qui a disparu. Anaïs Delbarre, 5 ans.
Elle était encore dans son lit quand sa mère s'est levée vers 4h.
A 5h30, elle n'y était plus,
une porte-fenêtre était fracturée. Pas d'empreintes,
personne n'a rien entendu.
Mais des voisins
ont vu une camionnette blanche garée devant la maison hier après-midi.
Personne n'a ce modèle-là dans la rue
et y a pas eu d'intervention.
- OK, on retrouve ce fourgon.
Demande à la CSU de checker
la vidéosurveillance du coin. Je lance une alerte enlèvement.
Musique intrigante
...
- Vous vous souvenez de Joël Lescouaret ?
- Oui. - Plutôt, oui.
Il a eu une libération conditionnelle l'année dernière,
après 33 ans de prison pour enlèvement, séquestration,
viol et meurtre d'une fillette.
- Sa culpabilité n'a pas été prouvée pour le meurtre
de deux autres fillettes. - Venez voir.
- Enlevées dans leur sommeil et... .
- Et les yeux de leurs poupées arrachés.
Générique
...
Une cloche sonne Chants pieux
... ...
...
...
...
...
...
- Je vous attendais.
- Vous allez être placé en garde à vue pour l'enlèvement
et la séquestration d'un mineur de moins de 15 ans.
- L'oblatisme, ce sont les laïcs comme moi
qui font don de leur vie au Seigneur parmi les moines.
Vous croyez à l'absolution ?
- Non. Je crois en la justice. - Anaïs Delbarre
a 5 ans. Enlevée entre 4h30 et 5h du matin. Ca te dit rien ?
T'étais où, toi ?
- Ici, dans mon lit
moi aussi.
J'ai même entendu les laudes.
Il chante un chant religieux.
...
- De la poussière ressuscitera le pécheur pour son jugement.
La messe des morts, Mozart.
- Excellent. Vous connaissez votre catéchisme.
- Les moines chantent pas ça le matin. Alors t'étais où ?
- Arrête tes conneries.
On a vu ta camionnette là-bas !
- Agnus dei, dona nobis pacem.
- Agneau de Dieu.
Le pardon.
C'est pour ça que tu leur arraches les yeux ? T'as honte ?
- Non, vous avez pas compris.
Je fais ça parce que ça m'amuse !
- Tu vas arrêter de te foutre de notre gueule.
Tu vas nous dire où elle est ou je te montre ma version
de l'Ancien Testament : oeil pour oeil, "oculum pro oculo".
- Je vais vous dire où elle est.
Mais d'abord, je veux voir sa chambre.
Ah !
Oculum pro oculo !
- C'est bon.
- On va pas l'emmener dans sa chambre !
- Si ça peut nous aider, je suis prête à l'emmener voir le pape.
*-Centrale à toutes les unités, code 33.
Confirmation code 33.
- Pourquoi t'es encore là, toi ? - Je sais où t'es
et ce que tu fais. Je te suis à la trace.
- Faut vraiment que t'arrêtes.
- Tu crois que je vais te laisser gagner comme ça,
dans mon dos ? - Gagner quoi ?
- Rien. - Ben si.
- Non, y a pas de compétition.
- Y a pas de compétition parce que je vais gagner haut la main !
- Au fait, docteur.
Félicitations, hein.
- Merci. Pour quoi ?
- Le futur bébé.
Garçon ou fille ?
Parce qu'un bébé, ça change la vie.
- Ferme ta gueule !
- Vous pouvez m'aider ?
Il gémit.
...
Musique sombre
...
- Oui, vas-y.
...
Il hume l'air.
- Mmm !
...
Qui a peur du grand méchant loup ?
Méchant loup
...
- Eh, t'as pas entendu ? On t'a dit de pas toucher !
- Vous voulez la retrouver ?
...
Mmm !
- Allez, stop. Stop, stop.
C'est pas lui, il te prend pour une conne.
Il fait ça pour renifler
la chambre d'Anaïs. Ca te manque, les chambres d'enfants ?
C'est pas lui.
- Comme vous voulez. Vous la retrouverez jamais.
- Ah oui ?
Prouve-le.
Prouve que tu sais où elle est.
Tu sais quoi ? Regarde.
Pousse ma main.
Vas-y, pousse-la.
Faiblesse musculaire chronique.
Il avait du mal à rentrer dans la voiture.
Cyanose sous unguéale.
Turgescence jugulaire.
Dyspnée au repos et à l'effort.
Insuffisance cardiaque globale évoluée stade 4.
Pas vrai ? Tu peux à peine
porter un pack d'eau.
Alors enlever Anaïs, c'est impossible.
- J'ai pas le temps pour tes conneries. Tu faisais quoi
dans ton fourgon si c'est pas toi ?
- Ben je l'attendais !
Elle m'a contacté sur Internet.
Elle m'allume depuis une semaine.
- Ferme ta gueule toi, oh !
- Et elle m'a donné rendez-vous hier soir.
Ici. Mais elle est pas venue. Alors j'espère
que celui qui a fait ça
va lui en mettre pour cher à cette petite salope.
- Vas-y, dégage. Dégage de là ! - Allez !
Musique de tension
...
- J'ai les mails de Lescouaret. Il a bien reçu
des messages d'Anaïs avec ses photos.
- Elle lit à peine, alors envoyer des messages !
- On a voulu l'appâter
pour en faire le suspect idéal avec cette histoire de poupées,
pour lui faire porter le chapeau.
Celui qui a écrit les mails à Anaïs.
T'as l'IP ? - Oui.
Julien Vardo, 25 ans, antécédents psychiatriques. Battu par sa mère,
séjours en pédopsychiatrie,
épisodes psychotiques et passages à l'acte violents.
Il devient surveillant au lycée Jeanne d'Arc, à Saint-Cloud.
- Le lycée de Lucie Delbarre,
la grande soeur d'Anaïs.
- Oh merde !
*-toujours aucune nouvelle de la petite Anaïs Delbarre,
disparue la nuit dernière dans sa chambre.
Les enquêteurs explorent la moindre piste...
- Je me sens inutile, nulle.
Tout le monde la cherche sauf nous.
- C'est clair.
Pas de corps, on sert à rien. Comme un samedi soir sans capote.
Non, mais ça, c'était avant nous.
Hein, mon bébé ? D'ailleurs, quitte à rien faire,
on pourrait passer aux crapuleries...
- Vous allez quelque part ?
Non ? Tant mieux. Ce Julien Vardo est introuvable,
ça fait 3 jours qu'il a pas mis les pieds ni chez lui, ni au lycée.
On reprend tout à zéro,
on relit le dossier médical
de Julien Vardo, d'Anaïs Delbarre,
le dossier médical de sa soeur, Lucie.
On relit le dossier médical
de toute la famille Delbarre.
- On les a déjà relus, y a rien.
- Eh ben, on va les re-re-relire. On n'a que ça.
Bagels au boeuf de Kobe.
J'en ai fait assez pour tenir un siège.
On y passe toute la nuit s'il le faut, mais on trouve
quelque chose qui permette
de retrouver la petite. Et par la même occasion,
on en profite pour prouver à nos amis de la police
que les champions, c'est nous.
Avec ou sans cadavre.
- Vous avez du nouveau ?
Notification
- Non, mais on avance.
...
D'ailleurs, Lucie,
Julien Vardo,
vous le connaissez ?
- Le pion ?
- Oui.
- Oui, mais je calcule pas les losers.
- Des camarades vous ont vus vous disputer devant le lycée.
...
Lucie ?
- Concentre-toi, s'il te plaît. C'est important, tu répondras
à tes followers plus tard.
- C'est bon, je l'ai juste envoyé chier, genre "tu hors de ma vue".
- Tu hors de ma vue, ça veut dire quoi ?
- Je sais pas. - Wejdene !
Vous connaissez pas ?
- Si, j'ai entendu...
- Bref...
Ce boloss se faisait des films.
Des mois qu'il me suivait partout,
qu'il me matait, me prenait en photo.
Il a 10 piges de plus que moi !
Ca m'a fait flipper.
- Pourquoi tu m'as rien dit ?
- C'était pas si grave.
Juste un pauvre type
qui cherchait des amis. Je l'ai tèj et c'était fini !
- Et il a réagi comment ?
- Ben il était super vénère.
Musique sombre
Vous croyez que c'est lui ?
A cause de ce que je lui ai dit ?
...
- Bon, imaginons que Vardo fasse une fixette érotomane sur Lucie.
Il la suit tous les soirs à la sortie du lycée,
elle le jette, il pète un plomb.
- Quoi ? Attends... Tu dis que le mec est vexé
et il enlève sa petite soeur pour se venger ?
- Pourquoi pas ? On place tous les téléphones
des Delbarre sur écoute et on épluche tout :
relevés téléphoniques, bornages.
Il faut qu'on la retrouve avant qu'il lui fasse du mal.
- Est-ce que...
Est-ce que ça vous dit que je vous fasse un peu de...
Café ?
Il rit.
- Ils croient toujours que tu les as pas grillés.
Ils attendent quoi pour t'en parler ?
- Je sais pas.
Ils ont peut-être pas osé au début
et maintenant, ils savent plus comment faire.
- Mmm. Comme toi avec le psy, quoi.
- Ouais.
Sauf que je vais plus pouvoir l'éviter très longtemps.
Si je retourne pas le voir aujourd'hui, je me fais virer.
- En tout cas, il va pouvoir te renflouer en cachetons,
et ça, c'est une très bonne nouvelle.
C'est vraiment pas mal, ces trucs-là.
Mmm, une petite fille en détresse.
C'est la belle excuse pour rester ici, avec Eddy et Fatim,
plutôt que seul, à l'appart, face à soi-même.
- Je pense à elle, à ses parents.
- Tu sais ce qu'ils ressentent, maintenant.
Pleurs de bébé
...
- Laisse-moi travailler.
...
Oui !
Oui, je suis déjà là.
Depuis un moment. Je vous attends de pied ferme.
C'est la petite longueur d'avance, qui fait toute la différence.
C'est pour ça que j'ai gagné. - T'as vu ta tête ?
Faut que tu dormes. - Jamais je vous laisse seuls
tous les deux, c'est pas équitable.
- Balthazar, on l'a déjà dit... - Oui, c'est pas une compétition.
Je sais, c'est moi qui vais gagner. Vous avez quoi ?
- Ca. Ca date de cette nuit.
Voix déformée *-Mme Delbarre, j'ai votre fille.
*-Quoi ? Vous êtes qui ? *-Je veux 100 000 euros, cash.
*-Prouve qu'elle est avec toi.
*-Je veux rentrer, maman ! *-Je rappelle
dans 10 heures. J'ai laissé un cadeau devant votre porte.
*-Papa, maman !
*-Si tu touches à ma fille, je te tue !
Tonalité
Musique de tension
- Vous l'avez pas ouvert ?
- Non, j'ai pas touché pour pas contaminer.
- OK. Vous avez bien fait.
- On a la somme. Des amis ont mis au pot.
- M. Delbarre, je sais
que vous faites tout
pour retrouver Anaïs, mais ne vous précipitez pas.
- Me précipiter ?
Ce taré a ma petite, là !
- Si je peux me permettre,
elle essaie de vous dire que dans ces cas-là...
Notification
- C'est lui ? - C'est lui.
Voix déformée *-100 000 euros cash,
dans le sac à dos noir que j'ai laissé.
Déposez-le à midi dans la poubelle devant le bâtiment.
5, rue des Oiseaux.
C'est votre seule chance de revoir votre fille vivante.
- Je vous déconseille
fortement de payer.
Quand il aura l'argent, Anaïs ne vaudra plus rien.
La retrouver sera dur.
- On fait quoi, alors ? - On est une dizaine de flics
à bosser jour et nuit, on va la retrouver.
- Ce qu'on vous demande est difficile,
mais il faut nous faire confiance, il faut gagner du temps.
Dites-lui qu'il vous faut un peu plus de temps
pour réunir l'argent.
- Elle a raison.
- Est-ce qu'on peut compter sur vous ?
- D'accord.
On va faire ça.
- Il ment.
Il va payer.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- La synergologie. L'interprétation de la communication non verbale.
Il dit qu'il est d'accord pour pas payer et il regarde quoi ?
Le téléphone, son lien avec le ravisseur.
Il nous dit A et il pense B.
J'ai relevé 7 signes dans son comportement
qui indiquent qu'il ment.
- Un peu chelou, là.
- Après, vous êtes pas obligés d'être d'accord avec moi !
Y a des gens qui pensent que la Terre est plate.
Balthazar rit.
Musique intrigante
...
Signal radio *-Il viendra pas.
C'est un truc de charlatan, son histoire à Balthazar.
*-On sait jamais. Maintenant qu'on est là, on reste concentrés.
Si Delbarre vient déposer l'argent, on doit tous être prêts.
*-OK, bien reçu.
...
- Ah putain, t'es chiant !
Elles sont pas bonnes.
- Alors ?
- Quoi ? - Il est passé ?
- Ben non. En même temps, il a dit qu'il viendrait pas.
- Ah oui ? - Mmm.
- Il est 11h59. Dans une minute,
Delbarre va déposer l'argent dans la poubelle.
Vardo va le récupérer d'une manière ou d'une autre,
mais grâce à moi, vous avez quadrillé
tout le quartier. - Pas sûr que Delbarre vienne,
alors Vardo... - Ah oui ? Bien sûr.
Musique de tension
- Delbarre arrive.
*Je répète : Delbarre arrive.
- On t'a dit un truc dans l'oreillette ?
J'ai pas entendu.
*-Delbarre est là.
...
On ouvre l'oeil.
On interpelle le moindre suspect.
La sonnerie retentit.
...
...
Putain, c'est quoi ce bordel ?
...
*Ne lâchez pas la poubelle des yeux, OK ?
Vas-y. Vas-y.
- Pardon, pardon. Pardon !
Le sac est plus là.
- Il est plus là. Police ! Restez là, personne ne sort !
Ouvrez vos sacs.
...
Musique intense
- Arrête-toi, Julien !
...
Julien !
...
Stop, Julien !
...
Et merde...
...
OK...
Je te veux pas de mal, Julien.
Je veux juste retrouver Anaïs.
- Vous comprenez pas.
- Fais pas ça !
Fais pas ça, tu vas te tuer !
- Vous la retrouverez jamais !
- Fais pas ça ! Non !
- D'accord. Merci.
Il est dans le coma, mais ils savent pas s'il en sortira.
T'y es pour rien.
- J'ai pas réussi à l'en empêcher.
- Hé...
Tu peux pas sauver tout le monde.
Et c'est pas fini,
on va retracer son parcours avec la vidéosurveillance,
ça va peut-être nous mener à la petite.
Y a une chance qu'elle soit encore en vie.
- Ouais.
- En attendant, tu rentres chez toi et tu dors.
Franchement, t'as vraiment une sale gueule.
Tu commences à me faire peur. - Je suis juste un peu fatigué.
- Ouais.
- Tu crois quand même pas que je vais vous laisser gagner comme ça ?
Musique mélancolique
...
Et merde.
...
- Raph... Raph, ça va ? - Oui, ça va !
- Ca fait deux jours que t'as par dormi,
t'es sûr...
- Il a enlevé Anaïs.
En analysant son corps, on remontera
jusqu'à l'endroit où il la détient.
Deux jours, c'est beaucoup trop long.
- J'ai les résultats de la toxico. Recherche du THC
dans les cheveux et les urines positive.
C'est un fumeur régulier de cannabis.
Tu vois, faut que t'arrêtes.
- C'est bon, vous avez fini ? Tu peux commencer ?
- Ouais.
Hématomes présents sur toute la face postérieure du tronc,
prédominants sur les zones saillantes.
Ca correspond aux zones d'impact
pendant la chute.
- Et ça, ça correspond
aux zones d'impact de la chute ?
*Bruitages du jeu vidéo
- Ah !
...
- Ca va ? - Ca va ?
- T'es une gameuse ?
- Oui. - Tiens.
- Merci. - Je suis plus "Battleward".
En ce moment, c'est plus
"Century Of Kingdom", niveau 39, c'est pas mal.
Elle rit.
J'ai un peu galéré pour trouver le lingot argenté.
- Mais je joue pas,
c'est la session de Vardo.
- Ah, d'accord ! Moi aussi, je joue de temps en temps.
Je joue pas beaucoup.
- J'ai réfléchi, on s'est concentrés uniquement sur Julien.
Mais c'est un homme isolé
et un gros fumeur de cannabis.
Le mec aurait fait un enlèvement, une demande rançon
et une mise en scène tout seul.
- Un complice ?
On a checké ses SMS, mails, réseaux sociaux,
il a échangé avec personne.
- Exactement. Donc s'il a pas fait ça tout seul,
comment il communique avec son complice ?
- OK. Le jeu.
- Ouais. A la BRB, on avait repéré que le grand banditisme...
Communiquait par jeux vidéo.
C'est pas écouté par le renseignement.
Julien a peut-être eu la même idée. Je joue avec son avatar.
- Ouais, je vois.
Je peux ?
- Carrément, je suis nulle.
- Laisse faire le pro.
Voilà, l'obélisque.
Sur le tableau, y a les petites annonces.
C'est comme ça qu'ils se parlent.
- C'est complètement codé.
- Il faut mettre les lunettes antiatomiques.
Voilà. Ha !
T'as les messages des dernières 24h.
- Tu joues seulement de temps en temps, hein ?
- Hm ! - Ouais.
Alors... "Le plan B Licorne en marche, demande envoyée."
- La Licorne, ce serait pas Anaïs ?
- C'est quoi, ça ? Goldenleopard.
- C'est son complice.
- OK. Tu mets la pression à l'éditeur du jeu,
il faut qu'on sache qui c'est. - OK.
- J'ai pas eu le temps de me préparer à manger, avec la disparition.
- Ca doit être difficile de gérer toute cette tension.
- Ah ! Et nanani, nanana...
- Vous parvenez à garder une certaine distance ?
- Fais gaffe, il cherche la faille, mon lapin.
- Oui, ça va.
- T'as vu le gros poil qui lui pousse dans le nez ?
Vraiment ! - Arrête, s'il te plaît.
- A qui parlez-vous, docteur ?
- A personne.
Si, à vous.
- On va arrêter de tourner autour du pot.
On se voit depuis plusieurs mois. Voilà ce que je pense.
Vous êtes un homme triste.
Et seul.
Vous n'arrivez pas
à vous remettre de la mort de votre femme.
Vous lui parlez.
Elle est peut-être même là, en ce moment, à côté de nous.
C'est votre dernier rempart contre la solitude.
La seule personne qui ne vous décevra jamais,
parce qu'elle n'existe pas.
Musique de tension
...
Vous avez d'autres amis imaginaires ?
Vous leur parlez depuis longtemps ?
- Je suis fils unique. Et...
Il s'éclaircit la voix.
Quand j'étais petit, ça se passait pas très bien avec mes parents.
Et je me sentais très seul. Donc je me suis inventé
un copain imaginaire, Alexandre,
qui était...
Comme... mon frère.
Je rigolais avec lui, je faisais des conneries avec lui,
et ça m'a aidé à tenir.
Alors... Qu'est-ce que ça peut vous foutre
que les gens à qui je parle
existent ou pas, s'ils m'aident à tenir, docteur ?
- Vous préférez parler à Lise, qui n'existe pas,
plutôt qu'à moi, qui suis devant vous ?
- Bon allez, c'est bon.
Raph, tu prends les cachets, on se casse.
- Je suis là pour vous aider.
Faites-moi confiance.
- Donnez-moi une autre boîte
d'anxiolytiques, alors. - J'en ai déjà donné une.
Elle devait durer un mois.
Vous connaissez les risques
de l'automédication. - Oui,
mais là, j'en ai besoin.
Je vais pas trouver une pharmacie ouverte,
à cette heure-là. J'ai besoin
d'avoir la tête froide pour retrouver Anaïs.
- D'accord.
Musique mélancolique
...
Allez-y mollo.
- Merci.
...
Musique intrigante
...
Pétaradements
- Attends.
- Attention !
- C'est quoi, ce bordel ?
Cri
Pétaradements
- Qu'est-ce qui se passe, putain ?
- Attention !
...
- Couvre-toi !
- Attention !
- Couvre-toi !
...
- Wow !
Putain !
C'est une vanne, là ?
- OK, vous rangez vos armes,
on range nos armes.
- C'est comme ça que l'IML va retrouver une fillette de 5 ans ?
en jouant au paintball ?
- Euh... Oui.
- "Si vis pacum,
"para bellem". Moi aussi, je parle un peu le latin.
- Déjà, c'est "Si vis pacem, para bellum".
- Para bellum. - Et je vois pas le rapport.
- Je sais pas ce que ça veut dire !
- Euh... On a trouvé
sur le corps
de Julien Vardo des traces peu communes.
Des traces
qui correspondent à des lésions
de forme arrondie,
qui, selon les résultats
d'une expérience scientifique au protocole très rigoureux...
Pétaradement Il crie.
- J'ai super mal, pourquoi
tu m'as fait ça ? - Correspondent
pile-poil au diamètre...
- Des billes de paintball.
- Voilà !
- OK, pas con. Vardo connaît, c'est grand,
y a de l'espace, à l'écart du monde.
Il peut planquer la fille
sur un terrain de paintball. - Il peut.
Mais c'est pas tout.
On a retrouvé des résidus
sur les cheveux d'Anaïs.
Et vous, à la police, vous en avez retrouvés ?
- Non.
C'est pas notre travail.
- C'est le nôtre. C'est pour ça que vous avez besoin
de la médecine légale !
On a retrouvé
des résidus qui correspondent à de la poudre qu'on utilise...
- Oh ! - Oh !
- Dans la composition des poudres à canon.
- Très bien, on croise : paintball, poudre à canon.
Ca peut être un vieux fort
ou un ancien terrain d'entraînement militaire.
- Des écuries militaires reconverties
en terrains de paintball.
- C'est où ?
- A 10 km de chez les Delbarre.
- OK, on y va.
Merci, les gars. - De rien.
Musique intrigante
- Non, arrête. Arrête !
- Cours ! - C'est pas drôle, putain !
Musique de tension Sirènes de police
... ...
Un chien aboie.
...
...
- Unité 41, on a besoin de renfort !
...
- Les gars, vous allez par là.
...
Le chien aboie.
...
OK. Vas-y, tu peux ouvrir.
...
Anaïs ?
- On l'emmène
aux urgences pédiatriques, par précaution.
D'après le SAMU, elle a été endormie avec des somnifères.
A part ça, elle a l'air d'aller bien.
- Tu m'étonnes,
c'était Disneyland là-bas.
- C'est quand même bizarre. Elle a les mêmes jeux
que dans sa chambre. Il l'a bien traitée,
mais de là à se donner autant de mal...
- Goldenleopard.
- Quoi ?
- Oh putain, je sais qui c'est.
Ils frappent.
Des pas approchent.
- Bonne nouvelle, on l'a retrouvée. - C'est pas vrai !
Chéri ! Chéri, ils l'ont retrouvée !
Ils l'ont retrouvée !
Comment elle va ? Elle est où ? On peut la voir ?
- On fait des analyses, mais elle va bien.
- Lucie, Paul, ils ont retrouvé votre soeur, elle va bien !
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Elle était où ?
- Je sais pas, Lucie va nous le dire.
Musique de tension
Goldenleopard ?
T'es la complice de Vardo.
...
Lucie, tu te rends compte de ce que t'as fait ?
Julien est dans le coma,
des dizaines de policiers ont cherché Anaïs
nuit et jour.
Et t'as pensé à ta soeur ?
tu la réveilles au milieu de la nuit, tu l'emmènes,
tu la laisses seule. Elle a 5 ans !
- Jamais je lui aurais fait de mal, je l'adore.
- D'accord. Alors tu peux m'expliquer pourquoi vous avez fait ça ?
Hé, Lucie. C'est à moi que tu parles.
- On l'a fait pour l'argent.
- C'est Julien qui a eu l'idée ?
Il t'a obligée ?
- Non.
J'étouffais à la maison, je voulais partir.
Passer mon permis, me payer un appart.
J'ai besoin de respirer.
- Et Julien ?
- Il était prêt à tout pour moi.
Il était facile à convaincre.
- Lucie, tu réalises ce que t'as fait ?
Et Anaïs... - Excusez-moi, M. Delbarre.
Je parle à votre fille.
Merci.
- On voulait pas que ça aille aussi loin.
Je suis désolée.
- Quand avez-vous eu l'idée de faire ça ?
- Y a... Y a deux semaines.
On... .
On s'est disputés, avec papa. Ca devait s'arrêter.
Et...
J'ai décidé... - Stop.
C'est fini. Elle dira plus rien
sans un avocat. - Attendez...
Anaïs enlevée, un homme dans le coma.
Vous voulez pas savoir
ce qui s'est passé, M. Delbarre ? - Si.
Lucie a fait une connerie.
Enorme.
Mais c'est ma fille.
Je dois la protéger.
- Je vais devoir la mettre en garde à vue.
Musique de tension
- Tout ça pour du fric.
- J'ai du mal à y croire.
Pourquoi ce plan foireux avec Lescouaret ?
Et cette demande de rançon 24h après l'enlèvement.
Pourquoi pas tout de suite ? - Et Julien qui saute.
Pour quoi ? Payer un appartement et un permis de conduire
à sa copine ? Ca n'a pas de sens.
Y a un truc qui nous échappe. - Je sais.
Mais Lucie a avoué, on a retrouvé Anaïs et Julien bougera pas.
Je viens d'avoir la proc', l'affaire est close.
Le reste concerne
le juge et les avocats. - Belle journée pour la police.
On a retrouvé la petite et on a écrasé la médecine légale.
- Quoi ?
Comment ça, écrasé ?
Je vous ai mis sur toutes les voies.
Je vous ai mis sur chaque piste.
- Ouais. - On n'a pas retrouvé la petite ?
- Si, et alors ? - Eh ben, on a gagné le match.
- Le match ? Vous vouliez pas jouer.
- Tant qu'on n'avait pas retrouvé la petite, non.
Maintenant, c'est pas pareil.
Elle rit.
Si tu voulais pas perdre, fallait pas jouer !
- Très bon.
- Les biscuits... Je les ai léchés
et je me suis essuyé les aisselles avec.
- Non mais c'est pas vrai.
- Ah bon ?
- Alors, ils ont admis la supériorité de la médecine légale ?
- Pas du tout, ils disent qu'ils ont gagné.
- Quoi ? On a trouvé Lescouaret, on l'a innocenté,
on a anticipé la demande de rançon
et on a trouvé où était caché la petite.
- C'est un peu malhonnête, je te l'accorde.
Ca s'appelle de la mauvaise foi.
Mais tu sais quoi ? Même en mauvaise foi, on les bat.
On les bat dans tout.
- Au moins, la petite est saine et sauve.
Je vais me coucher. - Et te doucher, s'il te plaît.
Musique intrigante
...
- Eddy, Fatim !
...
Lucie et son frère, ils sont bien nés par césarienne, non ?
...
Tu sais ce que c'est ?
Oui ?
Ca, je vais le frotter à l'intérieur de ta bouche,
mais tu vas rien sentir. D'accord ?
OK !
Et voilà, c'est fini !
J'ai vu la photo de la cachette que ta soeur a organisée,
c'était beau.
Elle est chouette, ta soeur. - Oui, elle est gentille.
- Elle est gentille comment ?
- Elle joue aux Barbie avec moi.
On fait l'école. Et la nuit,
elle vient dormir avec moi quand j'ai peur.
- T'as peur de quoi ?
Musique sombre
...
Tu sais, parfois, la nuit, moi aussi j'ai peur.
- T'as peur de quoi ?
- C'est un secret, tu le répètes à personne.
Parfois,
la nuit, j'entends des bruits,
et parfois, je sais pas s'ils existent ou pas.
Et ça me fait peur.
Et toi ?
- Moi, c'est lui qui me fait peur.
...
- Quoi, le loup ? - La nuit, des fois,
il vient.
Je le dessine en rose, en vert,
comme ça il fait moins peur.
...
- Eh ben...
En tout cas, je te promets qu'il pourra pas rentrer ici.
- Le loup, il peut rentrer partout.
...
- Putain...
Tu te rends compte de ce que ça implique ?
Musique mélancolique
- Je préfèrerais me planter.
...
- Vous voulez quoi ? C'était moi.
- Je vérifie que ta santé est compatible
avec une garde à vue.
Rien d'autre.
...
Je sais que t'as pas fait ça
pour l'argent.
Tu l'aimes trop, Anaïs.
...
T'es trop proche d'elle.
Tu passes du temps avec elle,
tu joues avec elle,
tu la consoles.
Tu la protèges quand elle a peur du loup.
...
C'est pour ça que tu l'as emmenée.
Pour la protéger.
Parce que ce loup, tu le connais.
Tu sais qui c'est.
C'est ton père.
Musique sombre
Toi aussi, il te rendait visite la nuit.
C'est pour ça que Julien a accepté de t'aider,
il connaît les parents abusifs.
Il a pratiqué, il connaît.
...
Alors, probablement
que ton père a commencé à s'attaquer à Anaïs.
Et ça, tu pouvais pas l'accepter. Pas elle.
Pas celle que t'aimes le plus au monde.
...
J'ai compris parce que ton frère et toi,
vous êtes nés par césarienne.
Anaïs par voie basse, à domicile.
C'est déjà très rare d'accoucher par voie basse après deux césariennes,
mais à domicile...
Alors que ton frère et toi,
vous êtes nés à l'hôpital. C'était pas logique.
...
C'était pas logique.
...
C'est parce que la vraie mère d'Anaïs,
c'est toi, Lucie.
...
Oui.
...
J'ai comparé vos ADN.
Entre parent et enfant, y a 50 % d'ADN en commun.
Vous, vous en avez 75.
...
Et ça, c'est parce que le père d'Anaïs,
c'est Louis.
C'est ton père.
...
C'est lui qui t'a fait ça.
...
- On va s'occuper de toi, Lucie.
Il te fera plus rien. Ni à toi, ni à Anaïs.
...
Tiens.
Musique intense
...
La gamine enceinte
à 13 ans, quoi. Comment la mère a pu laisser faire ça ?
Elle était forcément au courant.
- Protection de l'agresseur,
maintien de l'équilibre familial,
elle a fermé les yeux pour croire à l'illusion
d'une famille parfaite. - Ca me dégoûte.
En tout cas,
le procureur abandonne les poursuites
contre Lucie et Julien. - Génial. Et Anaïs ?
- Elle va rester avec Lucie. Les services sociaux
la soutiennent. - Cool.
- Les deux petites sont hors de danger grâce à toi.
- Pardon ? J'ai pas entendu.
- C'est grâce à toi.
- La fin de la phrase ? - Grâce à toi.
- Tu veux la vérité ? Vous étiez sur le coup, donc bravo.
Je l'aurais pas fait sans vous, ex aequo.
- Pas de gage, alors ? - Pas de gage.
- Et moi, je sens le pâté ? - Non ! Pas de gage, bravo !
- Allez !
- J'ai un petit gage pour vous. - Ah bon ?
- Venez. - J'ai peur.
- Ouais.
- This could be a chance
I won't let you down
Just know that I want you
I want you around
'Cause I'm in the dark
? ? ?
- WHEN I'M WITHOUT YOU
WITH ANYONE ELSE
I ASK YOU TO DANCE
PLEASE GIVE ME A CHANCE
*-Centrale, pour 1re et 6e.
- Je pensais que t'avais arrêté.
- Euh... J'ai arrêté.
- Mm. - Juste, j'ai recommencé.
- D'accord.
Si t'avais vraiment gagné, j'aurais eu
quel gage ? - J'ai gagné.
- Non. En plus, t'as dit : on est ex aequo.
- Oui, pour te faire plaisir.
Mais c'est moi qui ai gagné.
Ton gage... - Hm ?
Moi, je pense que t'as un secret.
- Hm ? - Un truc que tu veux pas dire.
Et... Je t'aurais demandé ce que c'est.
Et tu m'aurais pas répondu.
Et toi ?
Dans le cas impossible où tu aurais gagné ?
- Euh... Exactement pareil.
Et tu m'aurais pas répondu
non plus.
*Musique entraînante - On y va !
Ouais, c'est nous !
*-Bonsoir à tous !
Vous moquez pas, hein !
Il bâille.
Salut. - Tchao.
- Tchao, bye. - Bye.
- Tchao tchao.
- Tu viens ?
- Non, je finis mon verre.
- T'es sûr ?
Tchao.
- Monsieur, s'il vous plaît. On va fermer.
Musique mélancolique
...
*-C'est notre chanson, mon amour.
I'm tired
Oh so tired of crying
Don't you know
That a part of me is gone ?
Everybody told me
That you would leave me
And now you're gone
Oh baby now you're gone
- Everybody told me
That you would hurt me
And yes you do
Oooh
I'm tired
Oh so tired I cry
Don't you know oh
That a part of me is dying
Everybody told me
That you would leave me
And now you're gone
Oh honey now you're gone
Oh
SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA
.
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