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...
- Une limande, délicatement cuite au four,
avec sa sauce au jus de citron, là, qui lui coule dessus,
et euh... deux verres de chablis, servi bien frais.
C'est bien, ce que j'ai dit. - Dr Balthazar,
trois mois qu'on se voit, trois mois que vous fuiez les sujets
qui fâchent. - Pas du tout.
- Je suis là pour vous aider.
- Je sais, Dr Ousmane, vous êtes là pour m'aider.
Et c'est très, très, très gentil de votre part.
Merci beaucoup. - En général,
la venue d'une nouvelle personne, ça bouscule les habitudes.
Vous étiez peiné au départ de Bach.
- J'ai donné cette impression ?
Pas du tout ! Le départ
du capitaine Bach, j'ai trouvé ça super,
parce qu'elle en avait besoin... Il coupe du scotch.
Du coup, c'était bien pour tout le monde.
C'est super. C'est mieux comme ça.
- Bien. Parfait.
Et avec la nouvelle,
comment envisagez-vous la relation ? - Comment j'envisage...
Bredouillant Ma relation avec le capitaine... ?
Je l'envisage de manière...
Il inspire et hésite.
... équilibrée.
Mettez "de manière équilibrée". Ca se passe bien.
On a des rapports très...
étroits.
Musique techno Gémissements
- Attends, 2 secondes.
Fais-moi la brouette thaïlandaise. - La quoi ?
- Comme ça...
Il faut que je me retourne.
Par-dessus, comme ça.
- C'est bon, je peux y aller ?
- Une heure...
- Deux fois par semaine. Je sais, je sais...
On fait comme la semaine dernière ? Vous me réveillez à la fin
de la séance ?
Balthazar soupire.
Balthazar bat le rythme sur son torse.
...
Son portable vibre. Oh, pardon.
Excusez-moi. Mon téléphone
de travail. Je peux ? Oui, Delgado ?
Propos inaudibles de Delgado
Là, tout de suite ?
Je suis en pleine séance de psychanalyse. C'est important.
...
Bon, c'est pas de chance, il faut que j'y aille.
OK, d'accord, j'arrive. Ca m'embête, mais...
Euh... j'arrive !
Euh... docteur !
La bouillabaisse, 2 minutes au micro-ondes,
l'océan sur vos papilles. Un régal !
Et... la prochaine fois, j'ai prévu un risotto. Vous allez adorer.
Musique enjouée
...
Vrombissement de moteur
... ...
...
...
C'est une Quattro. La légende !
Cinq cylindres,
quatre soupapes par cylindre.
2144 cm3,
turbocompressé à 1, 5 bar, 450 chevaux. Elle est magnifique !
- Elle est discrète. - Oui. J'ai rajouté des stickers.
J'ai mis "Air Balthazar", une tête de mort,
enfin, des trucs... classes. - Ah ouais, super.
T'as vu la moto ? Hein ? Ca, c'est la classe pour moi.
- Un modèle 74.
- Je sais pas. - Elle fait de la moto ?
- Ca va ? - Ca va, et toi ?
- D'où...
tu sors ça ?
- Tu parles de Jolly Jumper ? C'était à mon père.
Seule chose à laquelle je tiens.
On y va ? - Allez.
- Tu donnes des prénoms à tes motos ? - Oui.
Elle crache bruyamment.
D'un ton faux - Bonjour.
Attends...
Euh... puisque là, ça y est, c'est officiel,
on va commencer à travailler ensemble,
je te propose... euh... qu'on élucide un mystère.
Pourquoi tu m'as jamais rappelé ? - Oh là là ! T'es encore là-dessus ?
- Avoue, c'est difficilement compréhensible !
- Des soirées comme la nôtre, j'en ai je sais pas
combien et je me souviens de rien.
- Ca, c'est normal. Parce que parfois,
tu vois, quand on vit des moments trop intenses,
le cerveau, derrière, il bugge.
- Ca doit être ça. - On y va ?
- C'est monsieur qui a trouvé la victime ?
Bonjour. - Non, c'est Raoul, le chien.
Le chien couine. - D'accord.
Victime identifiée ? - Euh, c'est un petit peu compliqué.
- Pourquoi compliqué ?
Musique mystérieuse
...
Générique
...
Musique de tension
...
- C'est un chien. Il a pu le dénicher n'importe où.
- Ca pourrait être un homicide.
Le tueur se débarrasse du corps,
le découpe, le chien chope un bout.
- Je comprends ta logique... - On checke les forêts, les terrains.
- Je comprends, mais... - On identifie.
Fais les hôpitaux.
Moi, les morgues. - Quelqu'un
aurait des toilettes exiguës ? J'ai besoin de l'attention
du capitaine Costes, vite.
- Je t'écoute.
- Je comprends ta logique.
C'est n'importe quoi, ce que tu dis.
Je t'explique ?
Absence totale de particules de terre
dans la plaie. Notre victime
n'a pas pu être enterrée.
Au départ,
ça perturbe.
Je continue ? Amputation de Syme,
probablement avec un couteau à lame tranchante. La putréfaction
n'a pas commencé : l'incision est relativement récente,
moins de 36h. Je suis bon ? - Balthazar...
- Le plus intéressant :
présence d'hématomes
sous-cutanés et infiltration hémorragique des berges
de la tranche de section. Je traduis ?
Notre victime, elle était vivante quand on lui a tranché le pied.
- Elle peut l'être encore.
- Vivante ? - Hm.
- Oui.
Musique intrigante
...
- C'est quoi, vos histoires de toilettes, tout le temps ?
...
Une porte se ferme.
- Il était glauque, le mec de la morgue.
- Le chauve ? - T'a pas trouvé ?
- Il est tout le temps comme ça. Voilà.
En anglais - Welcome to my...
IML.
Alors,
c'est super que vous soyez venus. On vous attendait.
De pied ferme.
Musique légère
Costes souffle.
Bon, alors, l'enquête ?
Ca piétine ? - Non, pas du tout. Non, non.
Hôpitaux et morgues n'ont rien donné. On va trouver.
- On va trouver, parce qu'on a beaucoup travaillé.
On a travaillé d'arrache-pied.
- D'accord. T'as fini ? - Non.
Je peux lever le pied.
- Ben ouais, ça serait super, comme ça,
je vais pouvoir prendre mon pied avec toi.
- Huh ! - Ne réagis pas, Eddy.
C'est une attaque personnelle, ne réagis pas. Merci.
- OK.
- Comment tu veux qu'on fasse ? On passe direct aux conclusions ?
Par exemple, le capitaine Bach,
elle aimait bien les analyses très complètes, avec beaucoup
de détails, mais je peux aussi bâcler mon travail, comme tu veux.
- Fais comme d'habitude.
- OK, très bien. Approche-toi.
- On vient de recevoir le profil ADN. Homme, inconnu du FNAEG.
Vous pouvez voir qu'on est sur un pied gauche,
taille 44 à peu près, plutôt jeune.
C'est subtil, mais il manque quand même tout le corps.
Sinon, dans les détails plus importants,
il y a une petite mycose dégueu au niveau des ongles,
et sous l'ongle du gros orteil,
un hématome qui suggère un choc violent.
- A la radio, on constate plusieurs fractures du métatarse,
avec signes de consolidation, une luxation
de la 1re phalange du gros orteil et des signes
d'aponévrose plantaire. Tout ça indique des impacts répétés
et violents, soit une surutilisation du pied.
- Comme un sportif professionnel.
- Joli !
Mais dans quel sport ?
- Il va me le dire. - En regardant les radios
de plus près, on s'aperçoit qu'il y a quatre nanofractures
sur le métatarse, disposées de manière symétrique.
Comme ça.
Comme si quelque chose
avait écrasé le pied, comme ça.
A quoi ça te fait penser ?
Musique de tension
A des crampons. - OK. On se "focus"
sur les joueurs de foot professionnels, on ratisse tout.
On identifie ce type. - De rien !
- Merci. - Pourquoi tu pars ?
Je t'ai cassé les pieds ?
C'est con, j'en ai encore sous le pied !
J'en ai plein, des comme ça !
Je suis un "pié-cialiste" !
Musique légère
- Ca me fait plaisir que tu m'aies appelée.
- Ca me fait plaisir que tu sois venue.
Très plaisir, même.
...
- Tu peux me dire où sont tes toilettes ?
- Euh... au fond, à gauche.
...
Son portable vibre.
...
Allô ?
...
Allô ? Pleurs de bébé
...
Musique inquiétante
...
- Laisse tomber.
C'est vraiment une salope, hein ?
Oublie-la.
T'as mieux à faire, tu crois pas ?
- Elle me tient, putain. Elle me lâchera jamais.
- Laisse-la pourrir dans sa cellule.
C'est fini pour elle. Elle n'existe plus.
- Si, c'est le problème : elle existe.
- Tu vas faire quoi ?
Pleurnicher, sur un divan ?
Oh...
C'est pas toi, ça, mon caramel. - Tais-toi.
- Elle est au fond de son trou. Et ce bébé avec elle.
Non, mais t'imagines, le gosse ? - Tais-toi.
- L'enfant d'une tarée
et d'un dépressif, qui parle aux morts ?
Lise ricane.
Bonjour, le pedigree ! - Tu vas fermer
ta gueule !
Une porte s'ouvre.
Une porte se ferme.
Musique de tension
...
- C'est bien notre victime, José Bénézi, 19 ans.
...
Ca va ? T'as l'air crevée.
- J'ai passé la nuit à réveiller les coachs de la région.
T'as eu la copine de Bénézi ? - Oui.
Elle m'a dit qu'il était gentil, promis un bel avenir.
Pauvre gosse.
- Son coach m'a dit qu'il n'était pas là
depuis trois jours.
Alors, Balthazar, on a quoi ?
- Pardon, excusez-moi. Tu... Hop, voilà.
Tu contamines...
ma scène de crime. - Pardon.
- Le tueur s'est pas juste contenté
de lui couper les deux pieds vivants :
j'ai une dizaine d'hématomes
et de fractures. Il s'est fait massacrer.
- Et...
tu crois qu'on aurait pu le sauver en arrivant plus tôt ?
- Il a perdu connaissance, s'est vidé de son sang,
en quelques minutes.
On a trois jours de retard.
- Allô, oui ? - OK.
Je préviens la procureure. - Non.
Putain... - Quoi ?
- On a une nouvelle victime.
Cette fois, il lui manque la tête.
Camille ? - Ouais ?
- C'était lui, Mehdi Oran.
28 ans.
- Pas mal.
- Il était mannequin.
Et célibataire.
La femme de ménage l'a trouvé décapité il y a 2h.
- Vidéosurveillance ?
- Rien. Il a dû repérer les lieux avant.
- Balthazar, c'est le même tueur ?
- Euh... probablement.
Les lésions indiquent des coups d'une violence extrême,
comme sur la 1re victime. Il y a beaucoup de sang
et pas de projection : le tueur n'a pas utilisé d'outil mécanique
pour la découpe, mais un couteau avec une lame...
- Tranchante, oui.
- Comme José Bénézi.
- Il y a un texto là, de ce matin.
"On te voit à l'hôtel pour parler du contrat. Max."
Les échanges sont récents.
- La copine de José a dit qu'il s'était fait
un pote à la muscu, Max.
Elle l'a jamais vu.
- Putain !
Il a approché ses deux victimes avant de les massacrer.
Musique de tension
...
Max...
...
Balthazar chantonne.
...
- Ce pied, il vaut de l'or.
L'année dernière, on m'a élu meilleur buteur.
J'étais à ça d'intégrer Clairefontaine.
- Vous allez voir ma gueule dans une pub à la télé.
J'allais rendre fiers mes parents.
Mes amis. - Pourquoi il a fait ça,
ce Max ? Nous tabasser, nous massacrer ?
Et ensuite, nous couper un membre ?
Bip
- Les coups sont aléatoires, multiples.
Et violents.
Thorax, visage,
dos,
et tout ça, à mains nues.
On dirait une rage incontrôlable.
Un déchaînement de violence.
- Et toi, comment tu fais pour rester aussi calme ?
- Tu flirtes avec la nouvelle,
fais des blagues, vous vous marrez...
Tu fais le boss parfait avec Fatim et Eddy.
- Alors que depuis ton mariage, tu dors pas, tu bois trop...
Tu fais tout pour surtout pas penser aux trucs
qui te rongent. - Je suis censé faire quoi ?
Me mettre à chialer ?
Mh ?
Péter un câble, comme le mec qui vous a fait ça ?
- Tu pètes déjà un câble tous les soirs, Balthazar.
C'est pour ça que tu veux plus dormir seul
et que tu rappelles n'importe quelle ex qui passe.
T'es comme un gamin qui a peur du mort.
...
Bip - La tranche de section
au niveau de l'amputation est nette, sans marque d'hésitation.
Idem pour toi, Mehdi.
C'est pas une précision chirurgicale, mais...
Mais il a pas paniqué.
Il a pas tremblé devant la tâche.
Bip - Comme si c'était pas
sa première fois.
...
- Ah, mais t'as pas pris le pain ? - C'est ton tour.
- Tu m'as dit que mardi, tu t'en occupais.
- On est mercredi, débile. Pourquoi je compte encore sur toi ?
- Parce que tu veux mon corps ?
- Eddy ! Fatim ! Euh...
J'ai besoin d'un dossier
de tous les décès avec amputation de ces 12 derniers mois.
OK ? - OK, ouais.
- Mh ?
- Vous le diriez s'il y avait un problème entre vous ?
- Bah... C'est-à-dire ?
Pourquoi tu dis ça ?
- On dirait qu'il y a un malaise entre vous depuis que...
Depuis que vous avez couché ensemble,
dans des toilettes, salement dans des positions dégueulasses.
Vous avez mis un préservatif ? - C'EST BON !
- Je veux pas me mêler de ce qui me regarde pas,
mais dans la vie, parfois,
on peut se retrouver dans une situation dans laquelle
on est très attiré
par un collègue de travail
et ça se termine par des rapports sexuels.
Et dans ces cas-là, il peut arriver
qu'on ait du mal à retrouver un rapport sain
avec cette personne. Et je comprends.
Je me retrouve aussi dans cette situation.
Je peux pas dire avec qui. - Avec capitaine Costes ?
- Pas du tout.
Elle t'en a parlé ?
Elle t'a dit un truc ? Elle t'a dit quoi ?
Que ça lui a plu ?
- Au contraire.
- Si, bien sûr que ça lui a plu.
Quoi ? Je vais te dire, ça lui a tellement plu
que...
Elle a oublié.
C'était aux toilettes.
C'est toujours bien dans les toilettes.
- T'inquiète pas pour nous, tout va bien.
- OK.
- Et toi, comment ça va ?
- Avec la nouvelle ? Nickel. Super.
Elle est un peu sauvage, mais elle est bien.
Elle est bien, elle est bien.
- Et le reste ?
- Quel reste ?
- Bah, tu sais.
Maya... Et le reste.
Musique douce
...
- Y a pas de reste.
...
Ciao !
Vrombissement du moteur
...
Musique sombre
...
- Et ça, là ?
C'est son coeur qui bat parfaitement, il est en forme.
Elle hurle.
- Non, fais pas ça !
Mon amour ! Mon amour !
- C'est son coeur qui bat parfaitement, il est en forme.
- Il est beau notre bébé. Vibreur
... ...
... ...
Pleurs d'un bébé
...
- Je les ai entendus.
... ...
Il faut faire avec, mh ?
Ils sont dans ta tête.
...
- J'ai rien trouvé sur Max au club de sport
ni en remontant son numéro.
Ce type-là, il existe pas.
Ton idée, là, c'est notre seule vraie piste.
Il va falloir que ça marche. - C'est un chien.
Il a flairé le gibier, il va retourner là où il l'a trouvé.
- Y a intérêt, on va pas suivre un clébard à 6h pour rien.
- Je pouvais assurer seule
si tu voulais glander au lit avec ta copine.
- Ma copine ? Elle acquiesce.
- Moi, c'est jamais avant le mariage.
Et toi ? T'as quelqu'un dans ta vie ?
- Ouais.
Un poisson rouge.
C'est reposant et ça fait pas de vagues.
- Et ça ronfle pas.
- J'ai jamais été très douée pour les relations longues.
J'ai juste arrêté d'essayer.
- Comme moi.
Le chien aboie.
Ton arrivée à Paris, ça va ? Tu connais du monde ?
- Non, mais avec des affaires comme ça, je vais m'amuser.
Musique de tension
...
Le chien grogne.
...
Le chien aboie.
...
...
...
Aboiements au loin ...
...
Le chien couine au loin.
...
Vibreur d'un téléphone
Fracas et couinements au loin
Capitaine Costes. *-Capitaine Costes !
Raphaël Balthazar. Ca rappelle pas, mais ça décroche.
*C'est chouette. Sérieusement,
je pense que je sais
ce qu'est en train d'essayer de faire Max.
*J'ai fait des recherches sur des enquêtes non résolues.
Il a fait 3 autres victimes Par amputation aussi,
et la police a pas fait le rapprochement
parce qu'il a utilisé des modes opératoires différents,
sauf pour Mehdi et pour José,
les 2 derniers.
Il s'est pas donné la peine pour eux.
Et je pense qu'il s'est pas donné la peine pour eux
parce qu'il a presque fini.
- Fini quoi ?
Musique de tension
- Je crois que Max essaye de reconstituer un corps.
...
La dernière pièce du puzzle.
La créature est composée de 5 fragments de corps différents.
Les membres
sont reliés avec soin.
On met en évidence sur les zones de jonction
la présence de berges cutanées suturées de façon nette...
Et régulière.
- Ce taré nous a massacrés
pour jouer à la poupée ?
(- Ouais.)
Y a pas de limite à la folie humaine.
- Tu parles de Max, là ?
Ou de Maya ? - De toi, peut-être.
Tu peux tenir
longtemps comme ça ? - Allez, il faut que je me concentre.
Je dois comprendre qui est Max et pourquoi il a fait ça.
- Pourquoi nous ?
On se connaissait pas. On n'a rien en commun.
- Vous faites tous partie d'un même puzzle.
Il y a forcément un lien.
(Il y a forcément un lien...)
Musique intrigante
Tête de mannequin.
Pieds de footballeur, jambes de danseur.
Mains de pianiste.
Il a pris le meilleur de chacun
comme s'il voulait créer un corps parfait.
...
L'homme idéal.
- L'homme idéal ?
Mais pour en faire quoi, putain ?
- Non, B+ ! - Ah, B+.
- Stop !
Est-ce que vous êtes prêts
pour l'autopsie la plus ouf
de votre life ? - GRAVE !
...
- Mh... Il a choisi de belles pièces.
- Ca va ? Je te dérange pas, là ?
- J'admire un travail abouti. - Ouais.
Arrête ! - Bah si.
- Mais il est pas abouti.
Il manque le coeur.
La pièce maîtresse.
Il va recommencer.
- Y a un problème ? - Il est arrivé quelque chose.
- Vous l'avez vue où, la dernière fois ?
- A la maison. Elle avait vendu un service à thé sur Internet
et elle avait rendez-vous sur un parking.
Un certain Max. - Un Max ?
- Oui, Max.
On roule pas sur l'or.
Sylvia avait l'habitude de revendre nos vieilleries sur le Net.
Ce Max a appelé.
Il lui a donné rendez-vous
au parking et j'ai plus de nouvelles depuis.
- Vous avez une photo de votre femme ?
- Oui.
Tenez. - Merci.
Musique de tension
- Vous savez...
Ma femme, c'est tout ce que j'ai,
alors, s'il lui arrive quoi que ce soit, je...
...
- Je peux la garder ?
- Oui.
- Et rentrez chez vous,
M. Diaz, ça sert à rien de rester ici.
On vous appelle dès qu'on a des nouvelles.
(- D'accord.)
...
Merci. Au revoir. - Au revoir.
...
Bon, il faut qu'on lance un avis de recherche
et qu'on checke les vidéosurveillances du parking.
La dernière pièce du puzzle, c'est elle, il va prendre son coeur.
- C'est particulier.
Vous avez hypnotisé des patients avec ça ?
- Alors...
Qu'est-ce que vous avez fait, hier ?
Musique pesante
...
- Hier, j'ai...
...
Hier, j'ai fait un cauchemar.
Comme toutes les nuits.
J'en fais toutes les nuits.
Je... Je rêve de...
l'autre folle, là, avec qui je me suis marié
et qui attend un bébé de moi.
J'ai toujours voulu être papa,
mais ce bébé, je veux pas qu'il naisse.
J'en veux pas.
C'est monstrueux et je le suis probablement autant que sa mère.
Et...
Et le problème, c'est que... C'est que...
C'est que je l'entends crier. Je l'entends pleurer.
Et je sais pas si c'est dans ma tête ou dans la réalité,
mais je l'entends pleurer comme si... Comme si...
Comme s'il me suppliait de pas l'abandonner.
...
Et le pire, c'est que la seule personne à qui je peux en parler
c'est Lise, c'est la femme de ma vie qui est décédée.
Qui est décédée y a 14 ans, putain !
...
Je suis complètement taré.
- Qu'est-ce que vous avez fait, hier ?
- Vous m'écoutez pas ?
Un risotto !
Comme promis. Vous savez,
j'ai un secret pour une recette onctueuse,
mais avec des grains fermes et détachés.
C'est très important, "détachés".
- Je n'ai pas besoin que vous me parliez pour vous analyser.
Bâillements, somnolence,
les yeux cernés, changements de posture,
ce sont tous les signes d'une grande fatigue psychologique.
- J'ai beaucoup de travail, on est sur une affaire compliquée.
- Je sais pourquoi
votre hiérarchie vous fait suivre.
Vous ne voulez pas en parler ?
Musique de tension
Parlez-moi de Maya.
...
Vous aimez la cuisine ?
...
Que fait la cocotte lorsqu'on n'évacue pas la pression ?
...
Musique intrigante
- C'est la caméra de la rue
près du rendez-vous de la femme de Diaz.
...
C'est pas fini.
...
- C'est lui, notre tueur.
Agrandis son visage et checke la plaque.
On doit l'identier avant qu'il la bute.
- Tu lèches la coquille ?
- Non, mais pourquoi t'es là ?
- Euh...
- Et pour savoir, capitaine Bach te laissait la coller
en permanence ? - Elle me le demandait.
Tout le temps. C'était pénible ! Vraiment.
Partout, il fallait que je sois avec elle.
Tout le temps !
Demande à Delgado. - Ah ouais ?
- Tu peux juste remettre le moment où il va à sa voiture ?
- OK.
...
Regardez, on dirait qu'il a une scoliose.
- Et alors ?
Tu vas lui conseiller un kiné ?
- Tu sais à quoi peut mener une grosse scoliose ? Non.
Une camptocormie.
C'est la maladie du dos courbé.
- Comme Julio, le mari de Sylvia !
- Ouais, sauf que les 2 types
ils ont rien à voir.
Julio, jamais il aurait pu soulever sa femme,
ou même d'ailleurs José Bénézi ou Mehdi Oran.
- Angela Cavallo.
C'est un cas de médecine. 1982,
son fils répare une bagnole,
Chevrolet, le cric se casse, la voiture s'écrase sur lui.
Angela, 51 ans, 65 kilos,
soulève la bagnole,
1, 5 tonne, s'il te plaît,
pour libérer son fils.
- Genre super-héros. - Non, adrénaline.
C'est comme un super pouvoir.
Au besoin, les vaisseaux sanguins se dilatent,
le coeur accélère
et la force musculaire augmente. - Julio a 15 cm de moins
que Max, mais sans ses lunettes, s'il est sous une forte adrénaline,
ça peut parfaitement être Max !
- C'est pour ça que je suis là. Pour ce type d'informations.
- C'est pas vrai ! Diaz vient de mettre KO notre homme
devant chez lui. Il s'est enfui il y a 30 minutes.
Max, c'est lui ! - Putain !
Et je l'avais dans mon bureau. Quelle conne !
- Faut qu'on le localise. - OK.
Je vais retourner à mon IML
et voir ce que je peux trouver.
- Bien sûr ! Bien sûr, il bute des gens
pour reconstruire une poupée,
il va pas abandonner. - Tu vas où ? Tu sais où il est ?
Tu vas où, là ?
Et toi, tu vas où ?
Vous allez au même endroit ?
C'est moi qui pars sans répondre normalement.
Musique de tension
...
Musique angoissante
...
- Bouge pas !
...
- Mais qu'est-ce que je fais là ?
C'est quoi, cette horreur ?
...
Je comprends pas pourquoi je suis là.
De quoi on m'accuse ? Je connais
pas ces personnes.
Je blesserais pas
ma femme. - Arrête, maintenant !
Tes empreintes, là, tu vois ?
Ca matche avec celles trouvées sur les victimes, alors elle est où ?
- Je comprends pas.
Musique intrigante
...
- Alors écoute-moi bien maintenant. Regarde-moi !
Si tu me dis pas tout de suite où est ta femme, je vais
devenir ton pire cauchemar
et crois-moi, tu veux pas que ça arrive.
D'accord, Max ?
- Mais, Julio ! Je m'appelle Julio !
...
- T'es encore là, toi ? - Ouais, j'avais...
Je... J'avais une idée...
- Putain, ce connard
dit rien et sa femme est peut-être morte.
Il faut le faire parler. - Euh...
Je me suis dit peut-être
que si, par exemple, on commençait
par écouter ce qu'il a à dire...
- Il a tué 5 personnes, tu veux que je le câline ?
- C'est drôle, ça. Ca fait pas avancer le...
Mais c'est drôle. Vous saviez
tous les deux que Julio a une excroissance dans le dos
depuis sa naissance ?
Et c'est cette excroissance qui a provoqué sa scoliose.
Or, il y a 6 mois,
il a eu des douleurs telles qu'il a été se faire hospitaliser.
- Quel rapport avec un quintuple meurtre ?
- C'est normal, parce que c'est moi le légiste.
- Ah !
- C'est pas juste parce que je suis un légiste,
mais je suis le meilleur.
Mais vraiment.
- Il plaisante ? Rassure-moi.
- Bref. Il faudrait que je parle à Julio.
- Oui, carrément et je te file mon arme !
- Euh... - Non. Enfin, un médecin
parle pas aux suspects.
- Franchement, c'est dommage parce qu'avec Bach...
- Vous faisiez comme ça
et ça marchait, c'est ça ? - Voilà, exactement !
- Oui, je suis bête !
Ben non !
N'insiste pas.
- Moi, j'insiste jamais.
- Merde, c'est la proc'.
On s'est bien compris, là ?
- 5 sur 5.
Musique douce
...
- Madame la procureur.
...
- Vous avez vu un médecin il y a 6 mois ?
Pour des douleurs au dos ?
- Oui.
Musique pesante
- Vous vous souvenez de ce qu'il vous a dit ?
- Eh bien, non, mais...
J'ai des problèmes de mémoire en ce moment.
...
- Il vous a fait faire des radios.
C'est comme ça qu'il a compris
Regardez.
...
Là. Dans l'omoplate.
- Qu'est-ce que c'est ?
- C'est un foetus.
Mort.
C'est un jumeau parasite.
C'est un phénomène qui touche 1 naissance sur 500 000 dans les cas
de grossesse gémellaire. Il se passe que, in utero,
l'un des deux foetus absorbe l'autre
et ensuite, même après l'accouchement,
le foetus mort continue à se développer à l'intérieur
de celui qui a survécu.
- Je...
Je comprends pas.
- C'est pas connu parce que les survivants
ne vivent pas longtemps, mais il y a des exceptions.
Francesco Lentini, par exemple.
C'était un showman américain qui est décédé en 1966.
Il est né avec un jumeau parasite
qui se composait d'un bassin, d'un système génital
et d'une jambe qui sortait du côté de sa hanche.
Plus récemment, au Bengladesh,
un bébé est né avec...
Le bas d'un autre bébé
qui sortait de son torse. Il y a plein d'exemples.
...
- Vous voulez dire que je...
Que je vis avec...
Un frère mort...
A l'intérieur de moi ?
- C'est ce que vous a dit votre médecin il y a 6 mois.
- Mais c'est immonde ! Comment j'ai pu oublier une chose pareille ?
- Votre cerveau a essayé de vous protéger
en dissociant votre personnalité,
en vous créant un double.
Ce jumeau, justement,
dont vous avez essayé de refuser l'existence.
Max.
- C'est pas moi qui ai tué tous ces gens.
- Non, c'est pas vous.
C'est Max.
Et c'est à lui que j'aimerais parler, en fait,
parce que je sais
qu'il est là.
- Je sais pas comment faire, je savais pas qu'il existait.
- Vous savez pas quand il se manifeste ?
- Non ! - Je pense qu'il se manifeste
quand vous ne pouvez plus gérer une situation.
Musique inquiétante
...
T'as compris ? - Ca va fermer sa gueule ?
...
- Salut, Max.
- C'est la dernière fois que tu fais ça.
Tu vois, tu le stresses là.
- Max, tu te rends compte
que tu ruines sa vie ? - Et ma vie à moi alors ?
Tu sais ce que c'est d'être dans un autre corps ?
- T'as jamais vécu, Max.
Tu es mort dans le ventre de ta mère.
- C'est à lui d'être le parasite et à moi d'avoir le corps.
Il ricane.
...
Regarde-le. Mais, regarde.
Regarde.
Il est incapable de s'en occuper, il est lâche, raté.
- C'est pour ça que t'as voulu faire cette poupée ?
- Il me faut un corps
performant,
parfait et rien qu'à moi.
- Et Sylvia ?
Pourquoi elle ?
- Mais si tu l'avais vue avec mon frère, mais...
J'ai jamais vu une dame aussi belle.
Je comprends pas
comment elle peut aimer ce raté.
- Tu me dis où elle est ?
- Je sais pas.
Musique angoissante
Pourquoi je ferais ça ? - Parce que t'as fait ça pour rien.
Tu pourras jamais finir ta poupée, Max.
...
- Tant pis.
...
Je me contenterai
de mon corps.
Brouhaha lointain
- Tu te fous de moi, là !
T'as pas compris quoi ?
- Il souffre d'un dédoublement... - Je te l'ai interdit.
- Bach aussi l'interdisait. - Putain !
Ecoute-moi bien
maintenant, d'accord ?
Bach avait l'air super, je suis désolée qu'elle soit partie
et qu'il se soit passé un truc entre vous.
Le truc, c'est que là, c'est moi qui la remplace
et moi qui décide. C'est clair ?
- Hyper clair.
Comme de l'eau de roche dans laquelle il y a pas
de sédiments, de l'eau claire. - Super.
Génial ! - Mais grave génial !
Mais ça change rien. - A quoi ?
- C'est moi qui ai raison.
Camille, écoute-moi, écoute-moi.
Ecoute-moi, t'énerve pas.
Clairement,
il s'est passé un truc pour que t'aies absolument besoin
d'avoir besoin de personne.
Et franchement,
j'ai pas de problème avec ça.
Mais là...
T'as besoin de moi pour retrouver Sylvia.
Musique intrigante
...
- Pourquoi Max dirait où elle est ?
- Il le dira pas.
Mais Julio était présent quand Max a enlevé Sylvia
et même s'il était pas conscient il en a gardé un souvenir
sensoriel et si j'arrive à m'adresser à ses sens
sans passer par sa tête,
je peux peut-être retrouver Sylvia.
- Vas-y.
- Julio,
vous êtes le seul à pouvoir nous aider.
Vous voulez essayer ? - Oui.
- Vous connaissez l'hypnose ?
- Oui.
- Ca permet de court-circuiter
les processus mentaux
et d'accéder directement à l'inconscient.
Notamment grâce aux ruptures de pattern.
Asseyez-vous, s'il vous plaît.
Et dormez. Vous vous sentez bien.
Vous entendez ma voix et vous partez profondément dans cet état.
*Je vais décompter de 5 à 1 et vous allez vous réveiller
dans un endroit blanc. Tout sera blanc autour.
Quand je vais décompter, vous descendrez
de plus en plus profond dans cet état d'hypnose.
5.
4.
3.
32.
1. Tout est blanc.
Maintenant, vous vous connectez à la mémoire de Max.
La dernière fois que vous avez vu Sylvia, vous étiez là.
Qu'est-ce que vous voyez ?
- Il y a rien qui revient.
Musique intrigante
En écho Vos sens se souviennent.
...
Vous êtes avec Sylvia, vous la portez.
Vous sentez sa peau.
- Oui, je la porte.
Elle dort.
Sa peau est chaude parce qu'il y a du soleil
et du vent.
...
Et je sens autre chose. Il y a...
...
C'est du blé.
...
C'est comme un champ de blé.
...
- C'est bien, Julio. On avance.
Vos sens se focalisent.
Vous sentez un parfum ?
...
- Oui.
Sylvia a mis son parfum de toujours.
Mais je sens autre chose.
Comme une odeur étrange.
Une odeur de sapins.
- De sapins ?
Comme dans une forêt ?
- Non.
Pas comme une forêt.
- Elle vous rappelle quelque chose. Quoi ?
- Je me souviens, quand j'étais enfant.
Rires d'enfants en écho
...
Ma famille.
...
- C'est un endroit que vous connaissez ?
Qu'est-ce que vous entendez ?
...
- J'entends des bruits. - Quoi, comme bruits ?
Fracas lointains
- Je sais plus.
...
- Restez avec moi.
- Je vous l'ai déjà dit.
Mon frère, c'est une merde.
Je commande. OK ?
- Julio, restez avec moi.
- C'est à moi que tu vas parler.
Il ricane.
- OK, Max. - OK.
Musique pesante
Merci, Julio.
Ca, c'est la main de Julio. Fixez-la.
Musique étrange
Pensez à votre femme, elle a besoin de vous, elle vous aime.
Vous êtes plus fort que Max.
Vous connaissez cet endroit.
Vous y avez déjà été.
Musique intrigante
...
- Oui.
J'entends les bruits à nouveau.
...
Le champ de blé.
...
L'odeur de sapins,
la lessive.
Fracas
Ce bruit, je le connais.
J'y jouais quand j'étais petit.
...
*-C'est le silo de ma tante. - Sa tante ?
J'ai vu un truc dans le dossier. Une exploitation agricole,
entourée de blé.
Tiens, regarde.
A 37 bornes.
Musique pesante
- Pardon, pardon !
...
Martèlements
- Au secours, au secours !
Au secours !
Je suis là !
...
Cris et sanglots
...
...
Echos d'une sirène de police
...
- Madame Diaz ?
- Au secours !
- Madame Diaz, vous nous entendez ?
- Madame Diaz !
Tout va bien, madame Diaz, on arrive.
Ne vous inquiétez pas.
- C'est fini, Sylvia, on est là.
On est là.
- J'ai appelé un copain chirurgien
pour lui enlever son excroissance dans le dos.
J'espère que ça va l'aider. - Moi aussi.
Le pauvre.
- Je ne suis pas mauvais, en hypnose.
- J'ai vu ça.
Non !
Non, non ! - Je t'ai pas fait la proposition.
Je t'hypnotise,
tu te souviens de la boîte thaïlandaise,
tu me dis que c'était extraordinaire,
ça te soulage, puis comme ça, on n'en parle plus.
- Ca t'énerve que je dise le contraire.
- Un peu, ouais.
- C'est pour ça que je te le dis.
- Ouais ? - Ouais.
A demain, Balthazar. - A plus.
C'est cool de bosser avec toi.
C'est cool.
- Eh, attends, attends.
Camille, on va boire des mousses,
faire du baby entre collègues, tu viens ?
- Je te prends quand tu veux au baby, mais j'ai un rendez-vous.
- Tu connais du monde à Paris, alors.
- C'est de vieilles connaissance. - OK, à demain, alors.
- A demain. - Ciao.
- On sort ?
Cool.
On va où ?
- Chez le psy. J'ai encore rendez-vous.
- Oh, non, pas lui. Il est tellement badant.
- Je sais. - Je veux pas y aller.
- J'ai ma hiérarchie sur le dos, je peux pas déconner.
- Meilleur légiste du pays. De quoi t'as peur ?
Qu'on te vire ?
Elle épèle en anglais. W C M.
Whiskey...
- CHIPS... . MUSIC.
Musique mélancolique
...
Musique intrigante
SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA
...
.
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