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LE NOM DE LA ROSE
Je voulais amore puella, c'est tout.
S'il vous pla�t ! Salvatore,
il est innocent, innocent !
Un chat noir.
Les yeux arrach�s.
Des �ufs et du crottin.
Vous ne les reconnaissez pas ?
N'�tiez-vous pas inquisiteur � Kilkenny ?
Une fille avait couch� avec le malin
d�guis� en chat.
Vous n'avez pas besoin de moi pour arriver � vos conclusions.
Oui, il est des t�moignages bien plus fiables.
R�v�rend abb�.
R�v�rend abb�.
Qu'y a-t-il ?
Bernard Gui a arr�t� Salvatore avec une sorci�re.
Cet homme
n'est pas tomb� au combat.
Un d�mon sous la forme d'une femme l'a tu�
avant de dispara�tre dans la brume.
Enfermez-les s�par�ment.
Attachez le moine au mur.
Je veux le regarder en face.
Quant � elle,
inutile de l'interroger ce soir.
Si c'est une sorci�re,
elle refusera de parler.
Emmenez-les.
Touchez pas ma puella !
L�-dedans,
sorci�re !
- Qu'as-tu fait ? - J'ai voulu l'aider.
Salvatore l'avait attach�e. Il l'a viol�e !
Ou il a essay� !
Salvatore n'est rien
� c�t� de celui qui la d�tient.
Qui la d�tient ?
Bernard.
Il l'a emmen�e ? Pourquoi ?
Elle n'a rien fait !
Je sais ! Ce seront nos semblables
qui arracheront sous sa peau
ce que le Seigneur a voulu prot�ger et orner par cette peau.
Je dois la voir.
O� est-ce que tu vas ?
Reste ici, idiot.
Cesse de te pr�cipiter,
tu finiras au b�cher.
Ego sum encha�n�.
Salvatore est libre ?
Merci, merci.
Tutto finito ? Je suis pardonn� ?
Ils utilisent mes fers !
Retournez � vos pri�res.
Chassez le mal de ce lieu.
Ayez piti� du pauvre Salvatore.
Plus de douleur, plus de fer chauff� � blanc sur ma peau.
S'il vous pla�t.
Je ne viens pas te faire souffrir. Je viens te prot�ger.
Je veux t'aider...
pour que tu m'aides aussi.
Vous m'aidez, je vous aide.
- Je suis le chien de garde de Dieu. - Moi aussi.
Moi aussi. J'�tais chien.
Chien bon chien.
Je garde les vignes du Seigneur.
Les h�r�tiques sont des renards qui veulent les d�truire.
Es-tu pr�t � m'accompagner ?
� chasser ces renards ?
R�migio a-t-il couch� avec la sorci�re ?
Puella est pas sorci�re.
Elle devait m'aimer,
mais je suis mauvais.
Alors qu'elle, elle est belle.
Elle est bellissima.
Comme la Madone.
Ne blasph�me pas.
Seulement bellissima.
Mais...
puella aime le gar�on.
Quel gar�on ?
Fr�re Guillaume a un gar�on.
Elle l'aime.
Veux-tu dire que Guillaume est m�l� � cette affaire ?
C'est ce que tu dis ?
Adso
est merveilleux et jeune.
C'est lui qu'elle aime.
Je veux qu'elle m'aime, moi.
Moi !
La sorci�re a couch� avec le novice de Guillaume de Baskerville.
O� dort l'inquisiteur ?
Es-tu folle ?
Deuxi�me cellule de la galerie.
Ou peut-�tre la troisi�me. Ne fais pas �a.
Est-ce toi ?
L'ange vengeur ?
Attends.
Est-ce mon tour ?
Je sais que la fin est proche.
Ne me laisse pas.
Si Vous �num�riez les p�ch�s,
qui serait innocent ?
Mais avec Vous,
le pardon existe.
Sauvez-la, Dieu de la mis�ricorde.
Qui es-tu ?
Adso.
Quel p�ch� te cloue au sol, mon fils ?
Mange,
sorci�re.
Dis-moi, R�migio de Varagine,
as-tu d�j� entendu parler de fra Dolcino de Novare ?
J'ai entendu parler de lui.
L'as-tu rencontr� ?
As-tu convers� avec lui ?
Je l'ai vu.
Plus fort.
Oui, je l'ai vu et j'ai parl� avec lui.
J'�tais moine dans un couvent
pr�s de Novare quand les Dolciniens
se sont r�unis dans la r�gion.
Au d�but,
personne ne comprenait qui ils �taient.
Tu mens.
Tu n'�tais pas au couvent,
tu �tais avec Dolcino.
Comment le sauriez-vous ?
Dis-moi,
Salvatore,
comment as-tu connu R�migio ?
L'archev�que !
Du sang...
Il tape le chien. J'ai tout vu.
Un t�moignage incompr�hensible n'est pas valable.
Dis-moi, Salvatore,
as-tu vu R�migio assassiner un archev�que ?
J'avais une cha�ne...
R�ponds par oui ou non.
Vous avez combattu avec Dolcino ?
Vous avez pill�, tu� et saccag� ?
Grosse montagne.
Oui ou non ?
Les femmes forniquaient librement,
oui ou non ?
M�me la sorci�re putain
qui accompagnait Dolcino ?
Assez !
Marguerite.
Marguerite, tr�s belle.
Lui, il a tu�.
Moi pas tuer.
Salvatore a jamais tu�.
Allons.
Allons.
Mon cher Salvatore...
Je te crois,
Salvatore,
quand tu dis n'avoir jamais tu�.
Contrairement � cette b�te,
tu l'aurais reconnu
car tu as fait le serment de dire la v�rit�.
Salvatore verse pas le sang.
Tu as un bon c�ur.
Un bon c�ur
sait qu'il ne peut aimer un fr�re
qui fraye toujours avec le diable.
Mon cher Salvatore,
quel autre p�ch� te p�se ?
Non, Salvatore.
Dolcino le serpent, avant la chute...
Avant sa d�faite.
Non, ne fais pas �a.
Il a donn� � R�migio
des lettres secr�tes.
Il les a toujours gard�es en s�curit�.
Il les avait avec lui ?
Quelqu'un devait venir les chercher.
Serpent !
Singe lubrique ! J'�tais ton p�re,
ton ami,
ton protecteur !
Il a cach� les lettres ici
en attendant que quelqu'un les r�clame.
Qui, R�migio ?
Tu me remercies comme �a ?
Si je pouvais, je serais � toi.
Tu �tais pour moi dilectissimo.
Esp�ce de fou.
Tu esp�res t'en sortir ?
Qu'est-ce que j'en sais ?
C'est quoi, l'h�r�sie ?
Une seule chose excite l'animal
davantage que le plaisir.
La douleur.
Fr�re Guillaume,
faites-nous part de vos r�flexions.
Avec joie.
On ne peut forcer un homme � croire,
seulement � dire qu'il croit.
Je l'ai vu quand j'�tais inquisiteur et j'ai renonc� � cette activit�.
Sinon, que deviendrait le libre arbitre
sur la base duquel nous serons jug�s dans l'autre vie ?
Sugg�rez-vous que Salvatore a menti ?
Je sugg�re que sous la torture,
un homme dit non seulement ce que veut l'inquisiteur,
mais aussi ce qui lui fera plaisir, imagine-t-il.
Un lien s'�tant cr�� entre vous et lui.
Ce n'est pas l�-dessus que peut se fonder la v�rit�.
Votre philosophie est h�r�tique.
La v�rit� ne vient pas d'un fer chauff� � blanc.
Il n'y a qu'une v�rit�.
L'incandescence de la v�rit� provient
d'une tout autre flamme.
Elle n'appartient ni aux h�r�tiques ni � ceux qui les prot�gent.
La torture est un mal n�cessaire.
Qui conduit � la destruction d'un homme.
Qui permet d'obtenir non pas sa v�rit�,
mais la v�tre.
Salvatore !
Va.
Retourne m�diter dans ta cellule.
Nous consid�rerons ton t�moignage
d'un �il bienveillant.
Merci.
Il semblerait que tu avais avec toi certaines lettres
de Dolcino.
Tu les as cach�es dans la biblioth�que.
Tu attendais quelqu'un
ou quelque �v�nement.
Ce n'est pas vrai.
Amenez Malachie d'Hildesheim.
N'appelle pas � l'aide.
Montre que tu as compris.
O� est la prison ?
Sous la forge.
O� ?
Par la porte, � gauche.
Je vous ai demand�
si vous aviez re�u de la part de l'accus� ici pr�sent
des lettres.
Tu as jur� de ne pas me nuire.
Je ne suis pas un parjure.
J'avais gard� tes lettres secr�tes. Je les ai remises
� notre r�v�rend fr�re Bernard
seulement apr�s que tu as tu� S�verin.
Mais tu sais que je n'ai pas tu� S�verin.
Tu le sais, tu �tais d�j� l�.
Moi ?
Je suis all� � l'infirmerie
apr�s qu'on t'y a trouv�.
Alors, R�migio, que faisais-tu
dans le laboratoire de S�verin ?
J'ai entendu fr�re Guillaume
dire � S�verin de prot�ger des feuillets.
J'ai pens� aux lettres.
Tu savais donc, pour les lettres.
R�v�rend inquisiteur,
de quoi est-il accus� ?
D'avoir �t� h�r�tique
bri�vement dans sa jeunesse ?
De l'�tre aujourd'hui ? D'avoir tu� S�verin ?
Contre quoi pr�f�rez-vous le d�fendre ?
Tant que nous y sommes,
j'aimerais �galement savoir,
fr�re Guillaume, de quels feuillets vous parliez
quand le cell�rier, je suppose, a mal compris.
Il a mal compris. Vous supposez bien.
Nous parlions d'un trait� sur l'hydrophobie canine
d'Ayyub al Ruhawi.
Un livre admirablement savant
que vous devez conna�tre
et qui a d� souvent vous servir.
Le sujet �tait �tranger � l'affaire qui nous occupe.
De quelle affaire s'agit-il ?
Si fr�re Guillaume
avait ces derniers jours pr�t� attention aux h�r�tiques
plut�t qu'aux chiens de l'abbaye,
peut-�tre aurait-il d�couvert qu'un homme tr�s dangereux
s'�tait install� au sein de l'abbaye.
Ces lettres sont les restes d'une h�r�sie.
Quelqu'un est pr�t ici
� tuer pour les obtenir.
Je n'ai rien � voir avec ces meurtres.
Silence !
Oui.
Tenez votre langue.
Attention � la cinqui�me trompette.
La douleur sera celle
d'un millier de piq�res de scorpion.
Monseigneur, laissez-moi vous dire ce qui s'est pass�.
J'ai cru que Malachie
voulait se d�barrasser des lettres
et les avaient confi�es � S�verin en attendant.
Je suis all� voir S�verin pour les d�truire.
Mais il �tait d�j� mort, alors j'ai fouill�
dans ses affaires.
Pourquoi les aurais-je donn�es � S�verin ?
J'ignorais leur contenu.
Malachie d'Hildesheim,
vous n'�tes pas l� en tant qu'accus�,
mais en tant que t�moin.
Vous n'avez rien � craindre.
Comme j'ai la charge du seul endroit de l'abbaye
qui soit interdit aux autres,
R�migio m'a demand�,
� son arriv�e ici, de garder des documents
d'une nature secr�te.
Il les avait re�us en confession.
Ils ne devaient tomber
aux mains de profanes, disait-il.
Il n'osait pas les garder lui-m�me.
J'ai accept�,
ne soup�onnant pas la nature h�r�tique des documents.
Sans m'en informer ?
La biblioth�que n'est pas cens�e accueillir les affaires des moines.
L'affaire me semblait de peu d'importance.
- J'ai p�ch� sans malice. - Bien s�r.
Nous sommes tous convaincus
que vous avez agi de bonne foi.
�tait-ce ces lettres ?
Oui.
Ce sont les lettres.
C'est suffisant.
Disposez, Malachie d'Hildesheim.
Tu cachais ses lettres et lui,
il te montrait le cul des novices
aux cuisines.
Silence !
Silence, j'ai dit !
Qui ose dire ces vulgarit�s ?
Il sera puni,
et s�v�rement.
Reconnais-tu ces feuillets comme t'appartenant,
R�migio ?
Ce sont des lettres de l'h�r�tique Dolcino.
Des lettres � ses partisans.
Des messages de haine
envers l'ignoble �glise,
et d'espoir en l'av�nement d'un pr�tendu pape saint.
Il incite ses disciples � poursuivre la lutte
et il parle de sa fille, Anna.
La connais-tu ?
Non, monseigneur, je ne la connais pas.
J'ignorais m�me qu'il avait une fille.
Que voulez-vous ?
Que tu avoues.
Que voulez-vous donc
que j'avoue ?
Que tu �tais avec Dolcino.
Que tu as cru en ses id�es et pris part � ses actions.
Oui.
J'ai cru en ces choses.
Nous devions provoquer le renouveau de l'�glise,
que des pervers comme vous ont d�truite.
En quelques ann�es, nous autres pauvres
et d�sh�rit�s,
nous avons vaincu quatre, oui, quatre arm�es
que vous aviez lanc�es contre nous.
J'avoue que je croyais en la foi v�ritable
de toute mon �me.
J'avoue que nous avions renonc� � tous nos biens
et que nous n'acceptions d'argent de personne.
Tu as incendi� et pill�.
Nous avons incendi� et pill�, oui.
Nous avions d�clar� que la pauvret�
�tait la loi universelle.
L'h�r�sie de ceux
qui pr�chaient et pr�chent encore
la pauvret� m�ne in�vitablement
aux crimes et au chaos.
Voil� la le�on que tout homme de foi doit retenir.
Arr�tons l�.
R�v�rend.
Vous insinuez que les actes de R�migio
sont ceux de l'ordre franciscain.
Nous rejetons la haine.
Nous condamnons toute violence.
Vous, en revanche,
usez des m�thodes des h�r�tiques.
Je le redis, on n'impose pas la foi par la violence.
Tu ne commettras point d'adult�re. Tu ne tueras point.
Tu ne voleras pas.
Dites-vous donc
que pour notre Seigneur,
les commandements ne sont pas coercitifs ?
Nous tuions pour punir et pour purifier par le sang.
Nous �tions les ap�tres du Christ.
Tous les autres
l'avaient trahi.
Notre r�gle venait directement de Dieu,
pas de vous !
Chiens maudits !
Faux pr�dicateurs, charognes putrides !
Oiseaux de malheur !
Laquais de la putain d'Avignon !
J'en ai assez entendu !
Je vous accompagne.
Fais attention.
As-tu...
quelque chose � me demander ?
En effet.
Je t'�coute.
Je voulais vous demander...
En montant � l'abbaye, on a rencontr� une fille.
- La sorci�re. - Ce n'est pas une sorci�re.
Je vous demande de la b�nir
et de lui donner l'absolution...
avant que l'inquisiteur lui fasse du mal.
Tu es un bon gar�on.
Peut-�tre trop bon.
Ouvrez la porte.
Je ne sens pas le malin autour de toi.
Agenouille-toi.
Dis-nous
comment tu as tu� tes fr�res � l'abbaye
et pourquoi.
Ne me faites pas avouer ce que je n'ai pas fait.
Vous l'avez entendu.
Il a eu autrefois les mains souill�es de sang.
Mais le voil� innocent.
Viens.
Dans mes bras,
fr�re R�migio.
Que je puisse te consoler
des accusations...
que des hommes mauvais ont port�es contre toi.
Pr�parez les instruments de torture.
�vitez les mutilations.
Que la mort soit savour�e
et attendue, mais ne vienne pas
avant des aveux complets, volontaires
et purificateurs.
Non, monseigneur, pas la torture.
Je suis un l�che.
J'ai particip� sans h�siter � l'administration
de ce domaine de l'Ant�christ.
J'ai aid� � l'enrichir comme un porc.
Abb�,
vous avez empli votre coffre secret, indiff�rent au sort des pauvres
et des afflig�s.
L'eau b�nite suffira � laver votre �me ?
Assez !
Assez.
Abb�.
Pourquoi �tes-vous press� ?
Sa m�re
�tait une grande dame,
mais quand elle a entendu le sermon de Saint Fran�ois,
elle a d�cid� de donner sa fortune aux pauvres.
Il l'a fait d�clarer
non compos mentis.
Peux-tu imaginer
ses coffrets de bijoux
donn�s aux pauvres ?
Dolcino et Marguerite sont des saints.
Vous �tes des d�mons.
Je crois en eux.
L'interrogatoire est termin�.
Non, il n'est pas fini.
Vous voulez un cadavre.
Et vous avez besoin
que j'avoue d'autres crimes.
Alors �coutez attentivement.
J'ai tu� Adelme d'Otrante
par haine de sa jeunesse.
J'ai tu� Venantius de Salvemec parce qu'il �tait trop savant.
J'ai tu� B�renger d'Arundel
par haine de sa biblioth�que.
J'ai tu� S�verin de Sant-Emmerano.
Pourquoi ?
Parce qu'il collectionnait les herbes,
alors qu'on avait que des cadavres � manger.
Je pourrais tuer les autres aussi,
y compris l'abb� que j'ai nourri,
mais toujours ex�cr�.
Sous la menace de la torture, un homme avoue ce qu'il a fait
et ce qu'il aurait voulu faire,
m�me s'il ne le savait pas.
Cela vous suffit ?
Non.
Vous voulez savoir comment je les ai tu�s.
Le diable agit pour nous
si on sait lui commander.
Comment as-tu command� au diable ?
Vous le savez,
boucher des ap�tres.
On prend un chat noir.
C'est bien �a ? Le monstre vous a expliqu�.
On lui arrache les yeux.
On l'emm�ne � minuit � la crois�e des chemins
et on crie � gorge d�ploy�e.
"Grand Lucifer, empereur de l'enfer,
"je t'offre ce chat
"en sacrifice !
"Entre dans le corps
"de mon ennemi et m�ne-le � la mort.
"Fais ce que je commande
"au nom de tous les chefs
"des l�gions de l'enfer.
"Adramelech,
"Alastor et Azazel !
"Abigor ! Pecca pro nobis.
"Amon ! Miserere nobis.
"B�lial ! Libera nos a malo.
"Sama�l !
"Haborym ! Zaebos !
"Focalor !"
Faites-le taire !
� pr�sent,
c'est bel et bien termin�.
L'accus� a avou�.
Il sera conduit
en Avignon.
Il y sera br�l� sur le b�cher comme h�r�tique.
Ce terrible �pisode
qui a vu cet homme commettre des crimes abominables
est maintenant conclu.
L'abbaye pourra d�sormais vivre en paix.
Mais le monde...
Le monde n'a pas encore trouv� la paix.
La source de la vilenie h�r�tique
jaillit des l�vres de nombreux pr�dicateurs.
Ils sont respect�s et impunis.
Je consid�re comme �tant des amis des h�r�tiques
tous ceux qui prononcent ces discours
et qui lisent ces livres.
Ils sont aussi dangereux que les assassins.
Dolcino citait J�sus et l'�vangile.
Consid�reriez-vous J�sus et ses ap�tres
comme des h�r�tiques et des assassins
parce que les Dolciniens utilisaient leurs mots ?
Je veux trouver le livre interdit.
Vous oubliez qu'ils veulent br�ler une innocente.
Je n'ai pas oubli�, crois-moi.
O� est le livre ?
Quel livre ?
Bence, aucun de nous deux n'est idiot.
Pourquoi l'aurais-je ?
Je n'ai pas reconnu le livre, mais toi, si.
Tu es retourn� le chercher. O� est-il ?
Je ne peux le dire.
- J'en parlerai � l'abb�. - C'est l'abb�
qui m'a ordonn� le silence.
Malachie m'a pris comme aide.
L'abb� vient d'approuver.
Bence,
l'autre jour, tu as dit que tu br�lais de curiosit�.
Tu ne voulais pas que les myst�res demeurent.
Il est devenu gardien de ces secrets.
Il les gardera et aura tout le temps qu'il voudra
pour les �tudier.
Notre Malachie a r�ussi de belles choses.
S'il y avait une justice,
le Diable viendrait l'emporter d�s ce soir.
Malachie connaissait son homme, Il a repris le livre
et scell� les l�vres de Bence. Il s'agit encore de luxure.
Il n'y a pas que le d�sir charnel.
Bernard Gui a des d�sirs.
Il a un d�sir d�form� de justice
qui se confond avec un d�sir de pouvoir.
Bence a le d�sir des livres.
La luxure n'a rien � voir avec l'amour,
pas m�me avec l'amour charnel.
L'amour v�ritable
veut le bien de l'�tre aim�.
Quelle horrible journ�e !
Ne d�sesp�re pas.
Un moine d'Orient m'a dit un jour
que trois choses ne pouvaient rester cach�es.
Le soleil, la lune
et la v�rit�.
Attends-moi.
On doit partir.
Ce n'est pas de cette cha�ne
qu'il faut me lib�rer.
Je veux les lettres.
Tu es son portrait crach�.
- Je veux ces lettres. - Pourquoi ?
- C'est tout ce qu'il reste. - L'inquisiteur les a.
Je n'�tais qu'une enfant. Pourquoi ?
J'esp�rais
que si Marguerite te voyait...
Marguerite.
Je suis Anna !
Je n'�tais rien pour Marguerite, ni pour mon p�re.
Je ne suis pas comme elle.
Je voulais vivre en paix
avec mon fils
et avec mon homme.
C'est moi qui ai trahi ton p�re.
Ils m'avaient promis
d'�pargner Marguerite.
Vas-y.
Je t'ai sauv�e pr�cis�ment pour �a.
Pour venger ton p�re et ta m�re. Fais-le !
Tue-moi et va-t'en. Fais-le !
� l'aide !
Il m'a attaqu�.
Il est fort.
Vite, � la prison.
Retournes-y, allez.
V�rifiez toutes les cellules.
Soyez prudents, il est peut-�tre arm�.
Vous avez vu son visage ?
Non, Votre Excellence.
Mais il �tait fort.
Son bras �tait comme une pince en fer.
Son couteau �tait un couperet.
Sa voix ?
Un murmure.
Presque f�minine.
Une odeur ?
J'avais peur.
Soufre ? Ch�vre ?
�uf pourri ?
Poisson pourri, peut-�tre ?
Ou merde ?
Absolument pas.
Mais...
plut�t le musc.
C'est �a.
L'odeur d'une putain.
Il m'avait pr�venu.
Vraiment...
Il a le pouvoir de mille scorpions.
Adaptation : Clotilde Maville
Sous-titrage : VSI - Paris
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