All language subtitles for Werk.ohne.Autor.2018.French.1080p.BluRau.x264

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Original subtitles

Art moderne.

Oui, mesdames et messieurs.

Jusqu'à la prise de pouvoir des national-socialistes

il a existé un tel art moderne en Allemagne.

Donc ça veut dire, comme le mot lui-même l'indique,

presque chaque année un autre.

Mais l'Allemagne national-socialiste veut encore un art allemand, qui

comme toutes les valeurs créatrices d'un peuple,

doit être et sera, éternel.

Mais s'il manque une valeur aussi éternelle pour notre peuple,

il n’ya pas de valeur plus élevée, même aujourd'hui.

La femme allemande est moquée et assimilée à une prostituée.

Le soldat devient un meurtrier et une victime dénuée de sens

au coeur d'une lutte des classes bolcheviste.

Le respect profond pour la bravoure du soldat

devrait être éradiqué

de la population !

Et la folie, la maladie mentale, sont érigées en principe.

Est-il vraiment nécessaire de supposer

qu'il y ait des hommes qui voient les personnages actuels de notre peuple

comme des crétins dégénérés ?

Les prairies bleues, les ciels verts,

les nuages jaune soufre et ainsi de suite

ou, comme vous pourriez dire, des "expériences" ?

Il n'y a que deux possibilités.

Soit ces soi-disant artistes

voient réellement les choses comme ça

et donc croient ce qu'ils représentent.

Alors, il suffirait de déterminer si les insuffisances oculaires

sont dues à un accident ou à l'hérédité.

Dans le premier cas c'est profondément regrettable pour ces malheureux,

dans le second il est important pour le ministère de l'intérieur du Reich,

au moins de prévenir un héritage supplémentaire

de tels troubles de la vue.

Ou alors ils ne croient pas à la réalité de ces impressions,

mais essaient pour d'autres raisons

de harceler la nation avec ce type de fumisterie.

Alors une telle infraction tombera dans le domaine de la justice pénale.

Qu'est-ce que cela a à voir avec l'art ? Comment cela élève-t-il l'âme ?

Qu'est-ce que cela a à voir avec l'aptitude ? Parce que l'art est une aptitude.

Je pense que tu pourrais le faire aussi.

Oui, oui, ce serait possible. Essaie !

Et quand tu auras fini, demande à tes parents

s'ils te donnent un sou pour cela.

Savez-vous ce qu'ils ont payé à Wassily Kandinsky pour cela ?

2000 marks

Plus que le salaire annuel un ouvrier allemand.

Que fait ton papa ?

Pour le moment il n'a pas de travail.

2000 Mark de l'argent des impôts de la population active allemande.

Nous ferons en sorte que le peuple...

Peut-être que je ne veux pas être peintre après tout.

Ne le dis à personne, mais j'aime cela.

Tante Elisabeth, as-tu vu comment ils t'ont regardé ?

Lundi, personne n'aura d'yeux pour moi.

Car tous ne feront qu'encourager le Führer.

- Bonjour. - Je pense que tu es mieux que Hitler.

- Bonjour. - Bonjour Mademoiselle. Un voyage avec votre neveu?

- Oui - Merci.

- Je vous souhaite un bon voyage. - Merci.

Là en face. C'était notre appartement.

Qu'est-ce qui te manque le plus à Dresde ?

Parfois cela aide, de le dire franchement.

Je sais qui te manque.

La fille aux tresses rouges ardentes.

Quel est son nom déjà ? Johanna ?

- Johanna, c'est ça? Ton amoureuse ? - Mhm.

- Non ? - Pas seulement Johanna.

- Qui d'autre te manque ? - Les Schroeder.

Tu sais?

Le vieux couple chez nous.

Ceux qui se tiennent toujours la main. Comme de petits enfants.

Je les aime. Et le teckel Thilo.

Chaque fois que je l'appelais, il venait à moi.

Il n'y a qu'environ 45 kilomètres de chez nous à Dresde.

Tu peux leur rendre visite aussi souvent que tu veux.

Hm ?

Mais tu as raison bien sûr. Dresde est tout simplement incomparable.

Tu sais quoi?

Je pense que ton père est très fort. Qu'il ne collabore pas.

Une signature,

et il aurait pu conserver sa place de professeur ainsi que l'appartement.

Papa pense que c'est criminel, comme les nazis ...

Sch, sch, je sais.

Tu ne parles comme cela à personne d'autre, n'est-ce pas?

Maman dit qu'elle va le faire adhérer.

Alors l'affiliation est son capitole.

Son capital.

- Au revoir, Mademoiselle May. - Au revoir.

Arrête un moment.

Tante Elisabeth, tu as oublié quelque chose?

Hey, Eddie. Voici à nouveau la petite May.

- Faisons-lui plaisir. - Karl, prêt?

- Bien. - Ensemble.

Bien, à trois. Un, deux, trois.

Fais attention.

Merci.

Peindre un tableau qui ressemble à ça...

C'est ce qu'ils essaient, ces artistes dégénérés.

Oh Elisabeth, encore en retard. Et de quoi as-tu l'air !

Sortez la poitrine. Levez la tête.

Toi.

Premier rang. Viens.

Tu vas lui donner le bouquet.

Heil ! Heil !

Heil !

Heil ! Heil !

Heil ! Heil ! Heil!

Heil ! Heil !

Heil ! Heil ! Heil!

Ne pas détourner le regard.

Ne jamais détourner le regard, Kurt.

Tout ce qui est vrai est beau.

Ce son...

Dedans se trouve toute la force de la musique.

De la vie. De tout l'univers.

Les gens recherchent la formule cosmique.

Mais elle est ici.

Ici

Tu entends cela?

Le "la" double-teinté du piano Blüthner des May à Großschönau.

Et maintenant que je le connais...

Je peux le jouer partout.

Sur la table.

Tu entends ?

Même sur ma tête.

- Tante Elisabeth, tu saignes. - Même sur ma tête.

Elisabeth.

Qu'est-tu en train de faire ?

Un concert pour le Führer.

Délire de jeunesse ? C'est presque sympatique.

"Schizophrénie", "Délire de jeunesse". J'entends tout !

Mais je pense que ce n'est rien

qu'un peu de repos ne puisse guérir.

- Un peu de repos... - Dans une institution, oui.

On ne peut pas essayer à la maison ?

Elle a beaucoup appris au lycée et est allée directement au bureau.

Elisabeth ?

Peut-être est-elle juste surmenée.

C'est votre femme?

Vous ne l'aimez pas, n'est-ce pas ? Je vois cela à la façon dont vous vous tenez là.

Elisabeth.

Attendez dehors, jusqu'à ce que nous ayons fini de parler.

Je ne le répèterai pas.

La schizophrénie étant héréditaire, Je suis obligé de vous demander

s'il y a d'autres cas de maladie mentale dans votre famille ?

Grâce à Dieu, non.

- De la dépression? - Nous sommes tous joyenx..

Nous médecins sommes les gardiens sur la rive du flux héréditaire.

Je dois signaler cela au ministère de la Santé.

La décision sur l'hospitalisation ne vous appartient peut-être pas.

Dr. Michaelis...

Franz.

Je connaissais bien vos parents. Même les grands-parents.

S'il vous plaît...

Ne le signalez pas.

Parce que c'est vous, Mme May.

Mais dites-le si la situation empire, oui ?

- Au revoir. - Heil Hitler.

- Oui, bien sûr, Heil Hitler. - Heil Hitler.

S'il vous plaît passz-moi le service de santé.

- Au revoir, Günther. - Mme May, nous devons partir.

- Prends soin de toi. - Tu vas nous manquer.

- Ce n'est que quelques semaines. - On se voit bientôt.

Au revoir, Ehrenfried.

Au revoir. Tu vas nous manquer.

Mais je ne veux pas, Mami.

Kurt, retourne à l'intérieur.

Kurt.

- Je ne veux pas! - Par les jambes.

Non!

- Vous l'avez? - Oui

Non!

Viens.

Alors, restez tranquille.

Elle sera tout de suite très calme.

La Scopolamine agit vite.

Oui, attachez la ceinture.

- La valise. - Oh oui, bien sûr.

- Ce sont ses affaires. - Oui

Ne détourne jamais les yeux.

Mes chers collègues.

Je veux vous féliciter.

Le pour-cent le plus faible du peuple allemand

a été rendu stérile depuis l'introduction de la loi.

400.000

Un chiffre remarquable.

Une contribution au renforcement,

pour laquelle les générations futures vous remercieront.

J'espère maintenant qu'un jour

nous vivrons dans un monde

où les rues seront totalement exemptes de mongoliens, de malades mentaux

et autres monstres.

Mais maintenant il me semble qu'il est temps de passer à l'étape suivante.

En raison des frappes aériennes anglaises

nous avons un besoin accru en hôpitaux alternatifs.

Nous ne pouvons pas tolérer qu'un soldat allemand

se voie refuser une place dans un hôpital

simplement parce qu'elle est utilisée pour soigner des vies inutiles.

Comment pouvons-nous aider? Que pouvons-nous faire ?

Merci pour cette question, Carl.

Messieurs,

Désormais vous ne serez plus seulement des médecins et des agents SS.

Vous devenez évaluateurs du tribunal de la santé héréditaire.

Qu'est-ce que ça veut dire?

Maintenant, un patient, que vous avez rendu stérile

et dont vous avez marqué la fiche d'un signe "moins" bleu,

reste à l'asile.

Mais si nous trouvons ici un signe "plus" rouge,

nous comprenons qu'il s'agit d'une vie sans valeur,

et ce patient est transféré dans l'une des trois institutions désignées

dans l'extrème est du Reich

où il est libéré de son existence dénuée de sens.

Votre crayon.

Votre Épée.

Enquête et discussion préliminaire. Elisabeth May, 23 ans.

- Rendez-vous pour la stérilisation aujourd'hui à 15h45. - Merci.

Vous pouvez entrer. Saluez le Professeur...

Vous pouvez vous asseoir là.

C'est votre fille qui a peint ça ?

Pourquoi, crois-tu, es-tu ici?

Parce-que parfois je ne pense pas correctement.

Savez-vous quel genre de clinique je dirige ?

Une clinique gynécologique.

Une gentille fille, votre fille.

Je le vois sur l'image.

Pas vraiment beaucoup de talent artistique.

Vous en êtes peut-être plutôt content. Mais beaucoup de coeur.

J'ai un neveu de cet âge.

Il a beaucoup de talent.

Je vais avec lui dans des expositions. Pour l'encourager.

Bien.

Alors allez dans la pièce à côté vous allonger sur le fauteuil d'examen.

Vos vêtements...

- Je veux voir le professeur Seeband ! - Excusez-moi un instant.

Depuis des semaines je veux un rendez-vous. On ne me répond pas !

- J'ai le droit ! - Excusez-moi, professeur. Je n'ai pas pu l'arrêter.

M. Lohse-Wächtler.

Ils m'ont demandé: "Voulez-vous que la souffrance de votre fille

se poursuive dans la prochaine génération ?"

C'est pourquoi j'ai accepté l'opération. Qu'en est-il de la souffrance de ma fille maintenant ?

Qu'en est-il de ma souffrance ?

Je ne peux pas continuer la conversation sur ce ton.

Je vais vous montrer, Professeur Seeband. A l'association médicale du Reich.

Faites-le, Herr Lohse-Wächtler. Faites ça.

Vous avez prêté serment en tant que médecin. Laissez-moi partir.

- Un jour vous paierez cela ! - Allez.

Vous paierez cela!

Vous paierez tous cela !

Vous paierez cela !

Professeur Seeband ! Un jour !

Calmement.

Ça aurait été mieux que vous n'eussiez pas vu ça.

- Je suis de bonne descendance et en bonne santé. - Trois experts pensent le contraire.

- Non ! - Rasseyez-vous.

Vous allez maintenant dans la salle d'examen et après dans la salle d'opération.

Et vous allez coopérer là-bas.

Sinon, on vous attachera,

Et ce sera plus difficile et plus douloureux.

S'il vous plaît, M. Seeband...

Professeur, s'il vous plaît.

Pour le Führer. Je vais donner naissance à des enfants. Des enfants sains. Des enfants aryens.

Et je les donnerai au Führer, comme nous le devons.

Mes enfants donneront aussi leurs enfants au Führer.

- Venez. - Pour la guerre!

Vous avez besoin de soldats, non ? Vous avez besoin de soldats !

Qui d'autre devrait se battre ?

Je suis juste parfois confuse.

Très rarement. S'il vous plaît, non !

S'il vous plaît, je ne veux pas.

Venez maintenant...

- Les gars, j'ai besoin d'aide ! - Vous êtes aussi un père.

- Pour votre fille qui peint aussi. - C'est assez.

Je pourrais être sa soeur. Vous pourriez être mon père.

S'il vous plaît, papa.

S'il vous plaît, papa.

Non!

Papa, s'il vous plaît !

Papa !

S'il vous plaît, papa !

Papa, s'il vous plaît !

S'il vous plaît, papa !

- Anna. - Oui, Professeur ?

Je n'opèrerai pas Melle May moi-même. Demandez à Blockmann de le faire.

- Il est prévu en salle d'accouchement. - Alors changez le planning !

Merci.

Hopp!

Tu es chic dans ton uniforme. Elisabeth sera contente.

Johann ?

Oui

- Tu sais... - Je sais, après la guerre c'est mon capital.

Et n'oublie pas la salutation. "Heil Hitler".

Si ça ne sort pas de tes lèvres, dis rapidement "trois litres".

Une truie ne remarquera rien.

Et ne dis pas que tu peint toujours. Et surtout rien sur ces nus.

Le même photographe ? Personne ne l'a demandé.

Heil Hitler.

Trois litres

Nous sommes annoncés pour une visite. Pour Elisabeth May.

Je suis Johann Barnert, le beau-frère.

Voici ses frères Ehrenfried et Günther May.

Sa soeur Waltraut. Et sa mère Malvine.

L'arrière gauche un peu à droite.

Melle Elisabeth May. A été déplacée avant-hier.

Déplacée ? Ce n'est pas possible.

Ordre du bureau central.

Mais où ?

N'en manque-t-il pas deux ?

Kathe, nous sommes prêts.

Où a-t-elle été transférée ?

- Hôpital de Großschweidnitz. - Grossschweidnitz ?

C'est à deux jours d'ici. Comment pourrions-nous lui rendre visite?

Nous devons travailler. Les garçons ne sont en congé que maintenant.

Je ne peux pas vous en dire plus.

Je dois y aller maintenant. Heil Hitler.

C'est lui.

J'écris au ministère.

S'il vous plaît regardez.

Des bandes de papier d'aluminium. J'ai lu quelque chose là dessus.

Avec cela ils perturbent les liaisons radio.

Johanna ! Johanna, réveille-toi!

- Johanna... - Maman...Maman !

Par ici ! Devant il y un remblai.

Planquez-vous !

Günther !

Günther !

Je t'aime bien.

Je t'aime bien aussi.

Oui, Bon. Ça marche comme ça.

- M. Seeband ? - Professeur Seeband. Oui c'est moi.

M. Seeband...

Professeur Seeband.

Qu'est-ce qu'il a dit ?

Il veut que tu l'appelles "Monsieur le professeur".

D'accord, Monsieur le professeur.

Où est Burghard Kroll ?

- Qui ? - Burghard Kroll.

Le chef de la Reichs-Arbeitsgemeinschaft.

Nous sommes au courant de vos réunions à Berlin.

Je ne sais pas de quoi vous parlez. Je ne connais pas cet homme.

Je ne le connais toujours pas.

Si mon enfant n'est pas né en bonne santé,

mérite-t-il de mourir ?

Il n'y a qu'un espace limité et des ressources limitées sur cette terre.

Qui devrait avoir doit à cela? Les malades ou les gens sains?

Bientôt, sur cette terre, il y aura au moins une place de plus disponible.

Attrappez le ballon ! Allez !

Vous n'avez pas précisé si vous étiez membre du parti.

Étiez-vous membre du parti?

M. le directeur, j'ai été très longtemps...

Oui, ou non M. Barnert ?

Oui

Mais je ne suis pas un nazi.

Je veux dire, les trois quarts des enseignants étaient dans le parti.

Nous voudrions confier les jeunes au quart restant. Au revoir.

J'ai chaud.

Camarade?

Camarade !

Quoi?

Les contractions ne lui accordent aucun repos.

L'enfant est mal placé. Il ne peut pas sortir.

Comment?

Appelle l'interprète. Immédiatement !

Il est méfiant. Il demande pourquoi vous voulez aider.

Je veux aider, parce-que je peux.

Tu peux aller.

Une gitane m'a prévenu... que je ne n'aurais pas d'enfant.

C'est le destin...

De travers, s'il vous plaît. Placez-la de travrers.

Combien de semaines ?

- 36. - Tension artérielle ?

110 à 70.

Comment pourrais-je croire que je puisse quand-même avoir des enfants ?

Dites-lui quelle aura certainement un enfant.

Et si elle veut, encore beaucoup plus.

L'enfant se présente mal.

Pendant les contractions, l'utérus est trop difficile à manœuvrer.

Je vais ouvrir le sac amniotique.

Dans une pause de travail, Je vais retourner l'enfant.

Je suis un interprète militaire.

Faites-le.

Gants.

La vodka, s'il vous plaît.

N'y touchez pas.

- Je le fais sans anesthésie.

J'ai déjà une jambe.

Attendons la prochaine contraction.

Je place l'index dans la bouche de l'enfant.

Je tourne l'enfant sur le thorax...

et tire lentement la tête dehors.

Un garçon, un garçon en pleine santé...

Alexander Mikhailowitch.

et une mère magnifique, en bonne santé.

Félicitaions, Major.

Qui sauve une vie, sauve le monde entier.

Vous avez sauvé mon monde,

Professeur.

Personne ne touchera à un cheveu de votre tête.

Vous êtes maintenant sous ma protection personnelle.

Préparez la chambre d'amis pour le professeur

...et donnez-lui des vêtements décents.

Père, vous ne devez plus vous inquiéter.

J'ai compris. J'ai compris.

- Quoi? Qu'as tu compris? - Tout. Tout.

Comment tout est lié. Que tout est lié.

Tout.

La formule du monde.

Je...

Je ne dois plus jamais m'inquiéter. Je ne dois plus jamais avoir peur.

Je suis intouchable.

- C'est bien. - Non, mon père, vous ne comprenez pas.

Vous ne devez plus vous inquiétez non plus. Vraiment.

Je ne dois même plus devenir peintre. Je peux prendre n'importe quel travail.

Et je trouverai toujours la chose juste, la vérité.

Je suis content pour toi, vraiment.

Je doit conserver cela.

Je dois le conserver, n'importe comment.

J'ai compris.

Je sais à qui tu penses.

Mais il n'est pas comme ça.

- Bonjour, mon père. - Bonjour, mon garçon.

L'alignement, collègue.

Tu fais cela pour te sentir meilleur que nous ?

- Quoi? - Ça.

Dessiner les formes à main levée, alors que nous luttons avec des pochoirs.

Tu veux nous épater ? Pourquoi fais-tu ça ?

Je le fais parce que je peux le faire.

Tu peux aussi emporter les crayons, si tu les rapportes.

En janvier s'ouvrent les candidatures pour l'académie des beaux-arts.

Je suis satisfait de ce travail.

A quoi cela sert-il ?

Est-ce que cela aide le travailleur ?

Est-ce que ça donne de la force à ton père pour nettoyer les escaliers ?

Tu veux pourtant l'aider...

Tu lui as même procuré ce travail.

Vous avez eu beaucoup de merde, non ?

Mais est-ce que ça t'aide à te taire ?

Est-ce que ça aide à construire un monde, où vos enfants seront mieux ?

C'est cela, l'objectif du communisme.

Je soutiendrai ta candidature.

À l'académie des beaux-arts, les filles sont plus jolies qu'ici.

Pouvez-vous voir

que chacun ici a laissé sa vanité de côté

et se met au service de la cause, au service au peuple ?

Travaillez sur votre attitude. Travaillez sur votre métier.

Et le bon art émergera par lui-même.

A titre d'exemple d'avertissement je voudrais citer Pablo Picasso ...

chez qui il y a de fortes images réalistes,

qui font clairement comprendre la solidarité de la classe ouvrière

mais qui très vite

glissent dans un formalisme décadent, obscène.

Pourquoi ?

Parce qu'il voulait être considéré comme innovateur, et pas comme traditionnaliste.

Novation, indépendancs créative, liberté artistique.

Des mots qui, pour un artiste, sont très tentants.

Moi, moi, moi.

Mais la vraie liberté ne peut gagner un artiste moderne

que s'il se met au service des intérêts du peuple.

Le "Moi, moi, moi" ne mène qu'au malheur.

Au mieux, il mène à être soutenu

par de riches collectionneurs décadents.

Exploitants des travailleurs, qui sont idolâtrés

pour n'avoir rien en commun avec le peuple,

pas même le goût de l'art.

Déclin, mysticisme, pornographie.

Formes vides, constructions artificielles.

Taches, lignes, sphères, cônes.

Tout ça pour être considéré comme novateur?

Oui, c'est nouveau.

Mais c'est aussi faux.

Et c'est vain, stupide, anti-démocratique, décadent.

Soyez différent, messieurs. Soyez différent

Avant, le marteau était un peu plus haut.

Oui c'est vrai, C'était un peu plus haut.

Oui, encore un peu.

- Alors ici? - Et la main gauche plus au milieu.

Oui, exactement, et la droite était beaucoup plus loin devant.

- Encore un peu. - Oui, plus loin.

Encore un peu.

- Comme ça ? - Plus loin, plus loin.

Plus loin. Droit devant.

Exactement. C'est comme ça, non?

- Oui, c'est comme ça. - C'est comme ça.

Non, ce n'était pas comme ça.

Arrêtez ces bétises.

Il était un peu plus haut.

Non. Un peu plus bas.

Non, il était plus haut.

Plus bas.

Plus bas, Plus haut, Plus bas, Plus haut,

Plus bas, PLus haut.

Camarade professeur ?

Camarade professeur, Les jeunes ici sont complètement fous.

Je porte ici aussi une grande responsabilité.

Oui, sommes-nous ici à l'école maternelle ?

Oui, il semble bien que ce soit le cas.

Hé, dans la section mode ils donnent des crayons occidentaux.

Pardon.

Pardon.

Pardon.

- Merci. - Avec plaisir.

- 2B. Merci. - Bonjour, Ernst.

- Génial, que vous les partagiez. - Bien sûr, avec plaisir.

- Salue Lise de ma part. - Oui, je le ferai. Merci.

Michi.

Merci, Elisabeth.

N'espère pas. C'est pour moi.

Regarde, pour apprendre comment on fait.

2B ou 4B?

- Hé bien? - Euh ...

2B, mais...

Je préfèrerais beaucoup plus un rendez-vous avec toi.

- Tenons-nous en au crayon. - Tu es sûre ?

Bien sûr.

Tu t'appelle Elisabeth ?

Tu en veux un aussi ?

Il ne reste plus que des 4B maintenant.

Merci.

Un faisan doré comme toi ne mérite pas un cendrier ordinaire.

Faisan doré ?

- Oui - Je ne peux pas laisser dire ça.

Je le pense aussi.

Une promenade ?

Dans le parc ?

Pour que je puisse corriger mon erreur de jugement ?

Tu voulais quand-même me parler...

En fait, je voulais faire une promenade avec toi.

Bien.

Alors, c'est moi qui vais faire la conversation.

Réalisme socialiste.

C'est ton truc?

Probablement autant que pour toi la mode de Lotte Ulbricht.

Pourquoi me regardes-tu toujours comme cela ?

Tu me rappelles quelqu'un.

Aimerais-tu me peindre ?

Je ne sais pas...

Aimerais-tu me confectionner un costume ?

Je dois rentrer à la maison.

Puis-je t'accompagner ?

Seulement jusqu'à ta porte.

Tu prends des cours de danse ?

J'habite ici. La maison nous appartient.

Donc tu n'as pas encore réfuté le faisan doré.

Nous avons juste eu de la chance. Pas une seule bombe ne nous a touchés.

Avant la guerre, toute la rue ressemblait à ceci.

Au revoir, Kurt.

Au revoir...

Elisabeth.

Puis-je t'appeler autrement ? As-tu un surnom ?

En fait, tout le monde m'appelle Elisabeth.

"En fait" signifie que c'est exactement le contraire qui est vrai.

Bon

Mon père m'appelle Ellie.

Au revoir, Ellie.

Elisabeth.

Faites plus attention au regard. Et plus de volume, oui?

Tu aurais pu prendre un peu plus de temps, Kurt.

C'est bien.

C'est fini pour aujourd'hui.

Ah oui ! Bonne nuit.

À demain.

Un faisan doré comme ouvrière ?

Tu es mon travail semestriel maintenant.

Un costume... Pour toi

Je ne l'enlèverai plus jamais.

Tu es si belle. C'est presque non-romantique.

C'est trop facile de t'aimer.

Est-ce que tu m'aimes?

Est-ce que tu m'aimes?

Sinon ça ne va pas pour moi.

Sinon, ça ne va pas.

Je t'aime

Vraiment ?

Oui.

Je t'aime.

Je t'aime

Je t'aime

Mes parents.

Je pensais qu'ils habitaient à Chemnitz.

C'est vrai.

Mon père.

Que fait-on maintenant?

- Et Elisabeth ? - Elle dort profondément.

Elle avait laissé une bougie allumée. Quand deviendra-t-elle enfin adulte ?

Oui, la jeunesse.

Entre amis, on se raconte ce genre de choses. Allez !

Puisque je te le dis ! J'ai fait du jardinage.

Aha, du jardinage !

Tu avais sans doute la main verte !

Ah, la voilà, ta jardinière.

On s'en va.

Merci d'avoir risqué ta vie pour ma réputation.

S'il te plaît, ne fais plus jamais quelque chose d'aussi fou.

- Est-ce que tes parents... - Ils n'ont rien remarqué.

Rien du tout.

Ils retournent à Dresde.

Mon père récupère son ancien poste de directeur de la clinique.

Il doit encore louer une chambre,

sinon il sera la cible de l'administration du logement.

Il placera une annonce lundi.

Est-ce que tu n'aimerais pas...

découvrir cette annonce le premier ?

Tout à fait par hasard ?

Si je tombe amoureuse d'un locataire qu'ils ont choisi,

ils ne pourront pas m'en vouloir.

Ta mère, euh... Elle ne va pas se douter de quelque chose ?

Oh, maman. Elle est si innocente.

Ne t'inquiète pas pour ça. Il n'y a rien à craindre.

Vraiment. Rien du tout.

Oui?

Je me présente au sujet de l'annonce. La chambre est-elle encore à louer ?

Il y a juste un quart d'heure que nous avons accroché la pancarte.

Est-ce que ça veut dire oui ?

Je vous en prie.

- Madame Seeband ? - Oui ?

- Il y a une personne intéressée. - C'est allé vite !

Court, court, haut. Bras en l'air.

Court, court, long. Court, court, long.

La tête haute. Court, court, long.

Court, court, long. Court, court, long.

Court, court, haut. Bras en l'air.

Barnert, Kurt.

- Que fais-tu comme profession ? - Je suis étudiant.

Dans la mode ?

- La peinture. - La peinture ?

Carl, il y a un locataire pour l'une des chambres. Viens !

Vous avez une paralysie faciale.

Paralysie faciale partielle.

La commissure des lèvres tombante.

Avez-vous eu un accident ? Ou une borreliose ?

Apportez cela au bureau, alors mon mari pourra lui parler.

Mon mari est un médecin passionné,

vous avez droit à un diagnostic gratuit.

Vous devriez faire examiner cela.

Kurt vient avec les meilleures recommandations.

Il est étudiant, non-fumeur.

Et nous avons déjà convenu du loyer.

C'est bien sûr à vous de décider, s'il reçoit la chambre.

- Il veut être peintre. - Je suis peintre.

Notre façade commence à s'écailler. On pourrait peut-être porter cela en compte.

Je ne suis pas ce genre de peintre.

De quel genre es-tu ?

- Peintre de tableaux. - Réalisme socialiste ?

Y a-t-il autre chose ?

J'espère que non.

Vous aurez la chambre quand même.

- Merci, M. Seeband. - Professeur Seeband, s'il vous plaît.

Beau costume.

Pourquoi es-tu encore debout si tard ?

J'étais encore... dehors.

Alcool ?

Cela ne peut pas être vraiment bénéfique pour ton travail.

Pense à aller au lit.

Je n'aime pas ce Kurt.

Nous devons veiller à ce qu'Ellie ne soit pas trop familière avec lui.

Pourquoi ?

Pour qu'elle puisse faire un bon mariage, naturellement.

Tout comme tu as fait un bon mariage.

Professeur Seeband, à propos d'hier, Je ne vais naturellement chez personne...

Vous avez un nouveau sujet.

Moi.

Pour la galerie des directeurs.

A peu près dans ce style.

Nous commençons demain à 16 heures, dans mon bureau à la clinique, d'accord ?

Puisque le peuple de la RDA souhaite l'unité de l'Allemagne,

le ministre-président Geotewohl du gouvernement de Bonn...

Le professeur arrive tout de suite. Installe-toi.

...des élections libres, interallemandes.

Ces propositions ont été rejetées par les puissances occidentales

et le gouvernement Adenauer

conformément à leur politique de guerre.

En conformité avec leur politique de guerre

le gouvernement de Bonn et les puissances d'occupation occidentales

... à la ligne de démarcation...

... introduit un service frontalier strict, pour se différencier de la RDA

et par là même la division de l'Allemagne...

Merci, Messieurs. Bonne journée.

Kurt.

J'ai pensé que vous installeriez votre chevalet ...

ici.

L'absence d'une protection appropriée de la RDA

est exploité par les puissances occidentales

pour faire entrer de plus en plus

d'espions, de terroriste et de contrebandiers dans notre territoire.

Ceux-ci, après avoir rempli leur tâche criminelle,

ont, jusqu'à présent, la possibilité de

retourner facilement, via la ligne de démarcation, en Allemagne de l'Ouest.

C'est pourquoi nous sommes obligés de prendre des mesures

visant à défendre les intérêts pacifiques de la population

de la République démocratique allemande

Ces mesures ont été confiées au ministère de la Sûreté de l'Etat.

C'est ce que j'avais imaginé. Très bien.

Demain à 16 heures, nous continuons.

Deux séances devraient suffire, oui ?

Pourquoi regardes-tu encore ces vieilles photos ?

Pourquoi même la photo d'amateur la plus stupide a-t-elle plus de réalité que mon tableau ?

- Papa aime ça. - Oui, c'est justement ça.

Presque personne n'aime une photo de lui-même.

Mais tout le monde devrait aimer un tableau.

Car la photo doit être plus vraie.

Au fait, pourquoi ton père est-il allé à Chemnitz ?

Il était pourtant déjà directeur ici avant.

- Hm? - Il ne veut pas que nous en parlions.

A l'époque, il a soigné les femmes de Göring et Goebbels.

Car il est considéré comme le meilleur gynécologue.

Ils ont fait 200 km depuis Berlin.

Comme si personne là-bas ne maîtrisait un frottis cellulaire.

On doit s'imaginer cela.

Et ils l'ont ensuite fait membre d'honneur de la SS.

Il ne pouvait pas refuser.

Mais après la guerre c'était difficile de faire comprendre aux Russes

qu'il n'a rien eu d'autre à faire avec les nazis.

Ils ont fouillé toutes les archives, mais n'ont rien trouvé contre lui.

Le professeur m'a appelé aujourd'hui un artiste "Type Willi Sitte".

C'est bien Il a du succès.

"Type Willi Sitte" ?

Je pense que je dois partir d'ici.

Où partir ?

Tu ne penses pas ça sérieusement.

Tout se passe si bien pour nous.

Je ne pouvais pas abandonner Maman.

Kurt! Ta thèse de diplôme a convaincu la délégation.

Ils t'on choisi pour peindre la fresque murale du nouveau musée d'histoire.

Thème: Unité de la classe ouvrière.

Beaucoup de professeurs auraient également aimé recevoir la commande.

- Peinture murale? - Oui

Je ne suis pas un peintre de mur.

Kurt, nous savons tout les deux que tu peux faire cela.

Non, je suis désolé, ce n'est pas pour moi

C'est juste de la décoration.

Tu aurais du travail d'un seul coup. Même de l'argent.

Je ne suis pas comme ça.

Je, je, je...

Non, ne bouge pas. S'il te plaît.

Comme ça je peux m'imaginer que nous sommes un seul corps.

Je suis enceinte.

Alors tu m'appartiens entièrement à présent.

Entièrement à moi, je veux dire.

Nous devons leur dire, Ellie.

Peut-être tout d'abord, que nous sommes vraiment ensemble.

Répartir le choc en petits coups.

Je crois que ta mère soupçonne déjà quelque chose.

Ce n'est pas maman qui m'inquiète.

Papa va tomber des nues.

Pour lui j'ai toujours douze ans.

Je crois qu'Ellie est enceinte.

Quoi?

La température de ses mains est un peu plus élevée depuis des semaines,

mais pas de symptôme de rhume.

Elle est sortie deux fois pendant le dîner hier soir,

au petit déjeuner elle n'a pas touché son porridge

et s'est cramponnée au dossier de la chaise quand elle s'est levée.

Troisième mois, je dirais.

Peut-être même le quatrième.

Oh, mon Dieu, c'est encore une enfant.

Ce n'est pas son âge le problème, mais l'homme.

Mais qui est-il ?

Leptosome, mélancolique.

Fils d'un homme qui s’est donné la mort parce qu'il devait nettoyer des escaliers.

Mon père aurait appelé ça "Tir sélectif".

Ce n'est pas le matériel génétique que je souhaite pour notre progéniture.

Nous devons empêcher ça.

Et comment ?

Après 30 ans en gynécologie je sais

qu'un avortement peut mettre fin à pratiquement toutes les amourettes.

Non, je ne le sais pas non plus. Quelle est la différence?

Le psychotique croit que deux et deux font cinq.

Alors que le névrosé sait bien que le résultat est quatre,

seulement cela l'inquiète.

Il y a quelque chose que nous voulons vous dire.

A propos de ton académie? Cela m'intéresse toujours très fort.

Non. Bien que... Aussi à propos de l'académie.

Kurt a été chargé de la peinture murale au musée d'histoire.

C'est-à-dire les murs.

C'est une fresque au sujet de l'unité de la classe ouvrière.

Oui, et à propos d'unité...

Qu'y a-t-il, mon enfant ?

Rien de désagréable, j'espère.

Epargne mes nerfs.

Nous...

Nous sommes... ensemble.

Tu travailles aussi sur la fresque?

Nous sommes un couple. Déjà depuis quelque temps.

Un couple d'étudiants?

Un couple d'amoureux.

- Et il y a autre chose... - C'est une grande nouvelle.

Oui, mais il y a autre chose que nous...

Mon Dieu, Je dois d'abord digérer ça.

Cela vient maintenant très soudainement.

S'il vous plaît. Apportez de l'eau au professeur.

Merci bien. Merci.

Je suis content que vous nous l'ayez dit.

Et que vous l'ayez dit tôt.

Il y a quelque chose à propos d'Ellie que tu dois savoir.

Nous ne voulions pas inquiéter Ellie inutilement avec ça,

c'est pourquoi nous ne lui avons jamais franchement expliqué, mais...

quand elle était enfant, Ellie a souffert d'une grave inflammation de la cavité pelvienne,

entraînant la formation de tissu cicatriciel dans les trompes de Fallope

et il en est résulté une lésion importante des cils.

Des cils ?

Les cils de la muqueuse de l'oviducte,

qui transportent l'oeuf fécondé vers l'utérus.

Nous recherchons actuellement de manière intensive un moyen

d'y remédier chirurgicalement.

Mais si elle...

tombe enceinte avant...

le risque d'une gravidité extra-utérine,

d'une grossesse extra-utérine,

d'une grossesse dans l'oviducte, serait très grand.

Ce qui à son tour pourrait entraîner une hémorragie interne grave.

Je dois donc te prévenir.

Autrement dit, en tant que père, je te préviens

de ne pas être intime avec elle, jusqu'à ce que nous puissions remédier à cela.

Une grossesse à l'heure actuelle

pourrait mettre la vie d'Ellie en danger.

Tu m'as compris ? Mettre sa vie en danger.

Et si elle était déjà enceinte ?

Alors je devrais l'examiner immédiatement.

Je dois agir immédiatement.

La grossesse est plus avancée que je craignais.

C'est déjà le troisième mois.

Un avortement ?

Si je ne retire pas le fœtus immédiatement, elle ne survivra pas à la grossesse.

Ici ?

Nous avons une réputation à défendre.

Est-ce vraiment le seul moyen ? Vraiment ?

Tu doute de mes compétences ?

Est-ce que je ferais une chose comme ça, à ma fille,

si ce n'était pas nécessaire ?

Il s'est fait faire un uniforme de SS.

Il a passé des heures à poser dedans. Devant le miroir.

Jusqu'à ce qu'il sache à quel point il était beau dedans.

Il se fichait que je le regarde.

J'étais petite.

Sur la casquette il y avait une tête de mort.

En argent.

Une tête de mort.

Un médecin est pourtant supposé guérir les gens.

Il devrait pourtant guérir.

Est-ce que je serai toujours à sa merci ?

Un médecin talentueux, un humaniste,

un co-concepteur de notre république socialiste,

en bref, un modèle pour tous les membres de sa corporation,

voilà pourquoi je peux, en ce 11 décembre, jour du service de santé de la RDA,

lui remettre la médaille Robert-Koch et le titre de "médecin du peuple"

Merci, camarade Ministre, pour ces paroles aimables,

que je ne mérite pas.

En tant que médecin et membre de la société je ne fais que mon devoir.

Je ne suis un rouage dans la transmission du mouvement socialiste mondial.

Tout comme le peintre de ce trop flatteur portrait de moi

n'est qu'une petite roue,

imppossible à distinguer des autre peintres par son style.

Comme toutes les petites roues d'un gros appareil qui,

avec l'aide de l'Union soviétique parvient à se diriger vers un grand objectif commun.

Le Communisme.

Merci.

Que voulait-il?

Je dois aller demain au siège du KGB.

Il n'en a pas dit plus.

Le plan n'a pas fonctionné. Ils sont plus proches qu'avant.

Patience, Martha.

Juste de la patience.

Général Murayov, Le professeur Seeband.

Vous pouvez aller.

Carl.

Carl.

Attends, je dois te montrer quelque chose.

Viens, assieds-toi.

Carl, je suis transféré.

Retour à Moscou. Je ne pourrai plus te protéger.

Tous les autres sont arrêtés.

La recherche de Burghard Kroll et le ...

"Coordonnateur médical de la région de Dresde pour la mise en oeuvre de l'euthanasie "

est toujours ouverte dans les dossiers.

Je ne peux pas garantir,

que mon successeur ne recommencera pas des investigations

auprès de médecins et d'infirmières.

Tu dois aussi quitter la RDA et ne jamais y revenir.

Fais une demande de sortie pour toi et ta femme.

Elle sera approuvée.

A l'ouest ils ne soupçonneront pas la vérité.

J'espère que de notre côté non plus.

Carl.

Tu ne peux pas me dire quelque chose à propos de Kroll ?

Où est-il ?

Qui d'autre était présent à vos réunions ?

Tu m'aiderais beaucoup.

Je n'ai jamais rencontré cet homme.

Je ne sais rien de lui.

Nous ne nous reverrons pas, mon ami.

J'espère avoir ainsi payé ma dette.

Tu peux aller.

Chère Ellie, cher Kurt.

Maintenant tu es depuis deux heures mon gendre.

Je laisse ma fille sous ta garde,

quand nous quitterons la RDA à la fin du mois.

Il n'y a qu'une chose que je veux te révéler pour la route de ta vie.

Il ne suffit pas d'être bon.

J'ai vu comment des hommes, qui n'étaient que bons,

ont été abusés, expropriés, même éliminés.

Si tu veux la sécurité dans ta vie,

quoi que tu fasses,

tu dois être le meilleur.

Pas l'un des meilleurs.

Le meilleur.

Aux époux !

- A la vôtre - Santé.

Prosit.

"Et ainsi je suis maintenant employé à Oldenburg

dans la clinique Sanderbusch, avec la perspective

de reprendre la direction après la retraite d'Erkner dans deux ans

Prends soin de toi, ton papa."

Le voilà encore retombé sur ses pieds, semble-t-il.

Combien me donnerais-tu pour la Warburg ?

Tu es sûr que ça va ?

Sais-tu combien de temps une personne normale doit attendre une voiture pareille ?

Je n'en ai plus aucun plaisir.

300 marks?

Kurt, à l'ouest, ils ne peignent plus.

Là-bas, peindre est considéré comme "bourgeois".

Je pensais que bourgeois pour eux c'était bien.

Oh, je sais.

Bien sûr, nous voulons tous ici nous débarrasser de toi, bien sûr, mais...

Tu as une vie ici.

Tu as de l'argent. Tu es en train de devenir célèbre.

Je veux dire, je peux amener des filles au lit parce que je suis ton assistant

Tu peux gérer les apparatchiks comme personne.

Tu auras 30 ans l'année prochaine. Ce n'est plus si jeune.

Tu es...

Pourquoi ?

- Parce qu'il ne s'agit pas de tout cela. - De quoi s'agit-il alors ?

De la vérité.

Et qui dit la vérité ?

Moi, moi, moi.

- 260 ? - D'accord.

- As-tu besoin de toiles ? - Tu en as ?

Autant que de peintures. Dans l'atelier.

Quoi?

Peint dessus, s'il te plaît. Toutes. Je ne veux plus les voir.

Cois-moi, ça ne vaut rien tout ce que j'ai peint là.

Et ces peintures murales ? Tu ne peux pas les détruire.

D'autres vont prendre la relève pour moi.

Halte ! Ne bougez plus !

- Qu'avez-vous dans la valise ? - Des choses qui appartiennent à mon beau-frère.

Train entrant en gare, direction Jardin Zoologique.

S'il vous plaît, restez derrière.

- C'est presque trop facile. - Plus pour longtemps.

Prochain arrêt: Jardin zoologique.

- Votre nom ? - Barnert, Kurt.

S'il vous plaît, remplissez cela.

Vos lits sont là-bas. Je viens à vous.

Mme Müller ? Mme Müller ?

- Merci bien. - Bonjour.

- S'il vous plaît. - Merci bien.

- S'il vous plaît. - Merci.

Cher professeur,

Quand vous lirez ces lignes, Je serai à l'ouest.

Je ne pouvais pas vous parler avant,

sinon vous auriez été passible d'une condamnation.

Vous avez toujours été très bon avec moi.

C'est pour cette raison, vous me croirez peut-être,

que je n'ai pas pris cette décision à la légère.

Mhm ?

Bonjour, je suis Kurt.

- Dois-je revenir plus tard ? - Non, entrez.

Klaus, tranquille, hm ?

Sinon tu va gâcher le cadeau d'anniversaire de ton papa à ta maman.

- Quel âge avez-vous ? - 29.

- Je vais avoir 30 ans. - Vous avez l'air plus jeune.

Hm, Munich est déjà une bonne idée. Là les gens ont de l'argent.

Là ils ont constamment besoin de portraits et de paysages.

A Hamburg également.

Ce que je déconseille, c'est Düsseldorf.

- Düsseldorf ? - Mmh.

Rien que de l'art moderne. Vous savez, avant-gardiste.

Si vous n'étiez pas à l'académie, vous n'avez aucune chance là-bas de toute façon.

C'est un peu comme une mafia. Munich c'est bien.

Hamburg c'est bien.

Et Berlin est plutôt moyen.

Mais bon, tu vois ça toi-même.

Klaus, tranquille.

- Bonjour. Je suis Kurt. Barnert. - Mhm.

J'ai appelé pour une visite guidée.

Tu as moins de 26 ans, non?

Bien, et que veux-tu faire ?

Action ? Installation ? Sculpture ?

- Peinture en fait. - Peinture ?

Oublions ça, je suis aussi de l'Est. Mecklenburg.

- Harry, Harry Preusser. - Kurt.

C'est à dire que plus personne ne peint ici.

Les gens veulent quelque chose de nouveau. Une idée.

- Une idée ? - Oui, mais pas ça.

Du nouveau. Ou du moins, reconditionné.

Comme Yves Kein, qui dit: "Je revendique l'outremer pour moi.

Je l'ai même breveté.

C'est le bleu Yves Klein maintenant. Je ne m'exprime qu'avec cela.

Je peins la poitrine nue d'une jolie femme avec ça.

Et elle la frotte sur la poitrine d'une autre jolie femme.

Je peins des éponges avec, et je les colle sur la toile."

Ça ne sert à rien, si quelqu'un a eu l'idée avant.

Lucio Fontana découpe des toiles depuis six ans.

Mais Katrin a de beaux seins fermes, Et donc on la laisse faire.

C'est Adrian Schimmel.

Le nom dit tout.

Il s'appelle en réalité Adrian Finck, fils du directeur de Mannesmann.

Un morveux. Et il sait parler, c'est clair.

Mais si l'idée du papier peint suffit ?

En d'autres termes: Que vous dit l'ensemble de la composition ?

Oui, je trouve cela joli.

Mais c'est naturellement, quand même, pour ainsi dire... un papier peint.

- Désolée. - oui

Oui

Mais vous voyez, seulement en apparence.

C'est ce que nous recherchons, nous les artistes.

Ce qui est caché derrière le décoratif.

Regardez: Le vide, exprimé par le blanc,

que je mets entre les motifs.

La banalité, incarnée par les motifs récurrents.

Et l'éclat insensé par les couleurs fluorescentes.

C'est ce qui vous a amené ici.

Vous avez un sens artistique profond.

Sinon, vous n'auriez pas atterri ici. Vos amis voient un joli papier peint.

Vous voyez ce qu'il y a derrière.

Beau.

Et...

Peut-on acheter quelque chose comme ça?

On peut. C'est le côté formidable de l'Art.

Le diable chie toujours sur le plus gros tas ! Bah, tu sais cela.

Mais aucun artiste ne devrait parler comme ça de son travail.

Il veut prouver à sa famille prospère

qu'il peut réussir sans eux.

Pour eux, seul le charbon compte.

Je veux prouver à ma famille infortunée,

que je peux quand même réussir.

Là aussi, seul le charbon compte. Tout va de travers avec les familles.

Mais on ne doit pas avoir plus de 26 ans, quand on a l'idée, sinon ça ne marche pas.

- Pourquoi ? - Réfléchis...

Picasso avait 26 ans aux "Demoiselles d'Avignon".

Duchamp avait 25 ans quand il a peint "Nu descendant un escalier".

Et Michel-Ange avait 24 ans pour sa Pieta.

- Au revoir. - Au revoir.

- Comment appelle-tu ça ? - "Pendule-Pomme de terre" ...

- C'est fini, les points ? - En ce moment, je m'intéresse à la pomme de terre.

Voici Kurt. Il vient aussi de l'Est. Il va étudier ici.

Ah, alors tu as sûrement dû écouter le discours de Harry sur l'idée.

Tu n'y crois pas ?

Je suis plus intéressé par ...

les pommes de terre.

Viens, avant que tu ne soit corrompu.

Arendt lvo. Personne ne sait ce qu'il veut.

Avant, il avait tout décomposé

en points de même couleur imprimés sur des disques.

Cela aurait pu être une vraie idée. Et maintenant ça !

Et dans deux mois ça peut être tout autre chose.

Notre professeur.

Antonius van Verten, vous avez dû entendre parler de lui en Saxe.

Un original.

Sa préférence c'est le "mythe".

Il porte toujours ce chapeau.

Une fois une étudiante sexy l'a séduit,

juste pour le voir sans chapeau.

Même au lit, il l'a gardé !

- Il ne travaille qu'avec du feutre et de la graisse. - Et pourquoi ?

Cela reste son mystérieux secret.

Nous devons aller à toutes ses conférences, mais il ne nous regarde jamais.

Il dit que nous seuls pouvons savoir si nous travaillons bien.

Je crois que nous ne nous en soucions pas.

Eh bien, lui non plus.

Si tu es admis, tu obtiens un studio...

Tout dépend de la décision de ce fou.

Allez, viens. Ce n'est pas si intéressant.

Tu n'as pas soumis de portfolio.

Je ne pouvais rien emporter.

Et qu'as-tu fait jusqu'à présent?

J'ai peint.

- En RDA ? - Oui

Réalisme socialiste ?

Maintenant, ils ont effectivement construit un mur.

As-tu senti cela venir?

"Personne n'a l'intention" signifie généralement que c'est exactement le contraire qui est vrai.

Mais en quelque sorte, c'est encore de l'art, ce mur.

Une oeuvre d'art paysager.

La réalisation artisanale est sans intérêt.

Des centaines de milliers de personnes ont des difficultés avec cela.

Folie allemande conséquente.

Qu'est-ce que tu aimes en matière d'art ?

Tu n'aimes pas parler de toi, hein ?

Mais tes yeux me disent que tu en as vu plus que nous tous.

Les deux seules conditions pour toi, comme pour tous les autres, sont

que premièrement tu viennes aux conférences,

et deuxièmement, que tu ne demandes jamais

que je regarde quoi que ce soit de ce que tu fais.

D'accord ?

Que ce soit bon pour toi ou non, de toute façon toi seul le sait.

Un pas en avant, deux pas en arrière.

Oh, allez.

Ne dis pas que tu ne peux pas faire tout ce que tu veux, ici !

Oui, si seulement je savais quoi...

SPD ?

CDU ?

- Qui choisissez-vous ? - CDU !

- FDP ! - Union de la paix !

Ce sont des criminels !

- Comme s'ils étaient meilleurs ! - SPD !

Ne votez pas du tout.

Ne choisissez plus jamais un parti.

Choisissez l'art.

C'est un l'un ou l'autre.

Ce n'est que dans l'art que la liberté n'est pas une illusion.

Après cette catastrophe, seul l'artiste

peut redonner aux hommes le sens de leur liberté.

Toute personne, qu'elle soit éboueur

ou agriculteur,

a ses chances de devenir artiste.

S'il développe ses propres compétences subjectives

sans contrainte.

Si vous n'êtes pas libre,

complètement libre,

personne ne le sera.

En vous libérant,

vous libérez le monde.

Vous êtes des prêtres.

Vous êtes des révolutionnaires.

Vous êtes des libérateurs.

Apportez votre offrande.

Ne me dis pas que tu es passé aux fentes.

C'est presque une idée.

Tu apprends vite.

Je l'ai perdu.

Je suis allée chez le docteur.

Je ne pourrai pas avoir d'enfant.

Et sais-tu ce qu'il a dit ?

C'était l'avortement.

Aucun dommage aux cils.

Le col utérin a été endommagé.

Insuffisance cervicale.

Nous n'arriverons jamais au troisième mois.

Parce que...

Parce qu'il voulait la garder pure...

il a éteint sa propre lignée.

Nous n'aurons pas d'enfants, Kurt.

Tes tableaux...

Tes tableaux seront nos enfants, n'est-ce pas ?

C'est bien.

Oui...

La dernière fois, nous avons...

Euh...

Non. Non, non.

Euh...

Est-ce que vous êtes tous intéressés par Lehmbruck ?

On verra mieux avec le projecteur.

Oui, Lembruck.

il dit:

"Chaque oeuvre d'art doit avoir quelque chose dès les premiers jours de l'humanité."

Donc...

comme si c'était juste divin.

Comme si elle sortait maintenant...

de la masse originelle, de la côte...

Non

Non, non, sinon, euh ...

Est-ce que l'un d'entre vous a appris quelque chose cette semaine ?

Une idée...

qu'il voudrait partager avec nous ?

Les chiffres du Lotto !

Non, vraiment. Les chiffres du Lotto.

Si je vous cite maintenant six nombres aléatoires...

5, 7, 23, 29, 44, 11 ...

... alors c'est stupide.

Mais si je lis les numéros gagnants du tirage du Lotto...

Tu permets ?

"2, 17, 19,

25, 45, 48".

Alors ils ont quelque chose de vrai, de convainquant, euh...

oui, presque beau.

Oui

C'était mon ...

mon idée.

Vous pouvez rentrer à la maison. Je n'ai rien pour vous aujourd'hui.

Kurt, tu peux venir par ici ?

Oui ?

Je veux voir ton travail.

Quand ?

Quand ça te convient. Si tu es d'accord.

Fais-le moi savoir.

A quoi penses-tu donc ?

S'il aime ton travail, tu obtiendras une galerie.

- Après ta copine aura une voiture. - Je suis marié.

Alors ta femme et ta copine auront une voiture.

Je ne sais pas si c'est assez bon ce que je fais là.

D'une certaine manière ce ne l'est pas.

C'est avant tout subjectif. Si ce n'était pas subjectif, ce serait de l'artisanat.

C'est aussi une question de chance, tu comprends ?

Et qu'il s'intéresse à tes affaires,

quelle qu'en soit la raison, c'est ta chance.

Il ne veut pas se tromper.

Il veut juste voir quelque chose de brillant dans ton travail.

Ne te mets pas en travers du chemin.

Ils sont bons, tes travaux. Vraiment.

Ils sont bons.

Dans la guerre, j'étais opérateur radio dans la Luftwaffe.

J'étais un minable opérateur radio.

Et mon pilote était un minable pilote. Quatre semaines de formation.

Dès notre deuxième mission Nous avons été abattus au-dessus de la Crimée.

Le pilote est mort sur le coup.

J'ai été extrait de l'épave par des Tatars nomades.

Avec des brûlures dont à vrai dire j'aurais dû mourir.

Les paysans,

ces mêmes paysans que j'aurais dû bombarder,

m'ont tirés de l'épave...

et m'ont soigné avec ce qu'ils avaient.

Ils ont frotté mes plaies avec de la graisse...

et m'ont enveloppé dans des couvertures de feutre.

Je suis resté avec eux pendant un an.

Après cela je me suis rendu aux Américains.

Si je me demande ce que je sais vraiment,

ce que j'ai vraiment éprouvé dans la vie,

ce que je peux affirmer, sans mentir...

c'est la graisse sur ma peau.

Un monde de graisse et de feutre.

Quand les autres me parlent d'amour,

de femmes, de leurs enfants,

ou de sexe, alors je sais ce qu'ils veulent dire...

juste parce que j'ai senti le feutre et la graisse sur ma peau.

Je n'ai rien vécu avant cela.

Mon enfance a été heureuse et protégée. Quelques gifles, très peu.

Mes professeurs m'aimaient bien.

Je voulais être commerçant, comme mon père.

Je n'avais aucun talent artistique.

Et je n'ai rien vécu depuis.

Je suis resté heureux.

J'ai passé la fin de la guerre

dans un hôpital militaire avec de gentilles infirmières.

De très gentilles infirmières.

Après, un succès assez rapide et cette chaire ici.

Mais...

la graisse et le feutre...

Je les ai tellement traversés,

Je les ai tellement compris, comme...

comme Descartes a compris sa propre existence.

"Je pense, donc je suis."

Il a tout remis en question. Tout.

Tout pourrait être illusion, tromperie, imagination.

Mais il sut alors que quelque chose suscitait ces pensées.

Et que par conséquent quelque chose doit exister.

Et ce quelque chose, il l'appelle...

"Moi".

Mais qui es-tu?

Qu'es-tu ?

Ça...

Tu n'es pas ça.

Comment s'est passée ta journée?

Productive.

Villa Cimbrone.

- C'est aussi Villa Cimbrone. - Non, Villa Rufolo.

Mais c'est aussi à Ravello.

Oh, la belle voiture.

- L'hôtel. - Le Sirenuse.

Oh mon Dieu, Pompéi.

A 30 ans tu étudies encore ?

A 30 ans, J'étais médecin-chef à Dresden.

A 30 ans Mozart...

était mort.

Je comprends, que tu ne veuilles pas de soutien.

Et c'est louable.

Je te fais une proposition.

Je connais très bien le directeur de la clinique gynécologique de Düsseldorf.

J'y suis toujours chargé de consultations.

Je vais te trouver un travail à temps partiel auprès de lui.

Quelque chose de convenable.

Peut-être trois heures, tôt le matin, non ?

Mhm.

Comme cela tu auras de quoi vivre

Et tu auras encore assez de temps pour...

peindre.

Est-ce qu'il ne peut pas nous laisser tranquilles ?

Juste disparaître de notre vie ?

Peut-être que le travail à la clinique aidera.

Kurt Barnert, je viens sur la recommandation du professeur Seeband.

Blanc sur blanc. C'est ça, le nouvel art ?

"Symbole du vide". Tu pourrais l'appeler comme ça.

Cela fera peut-être sensation.

Viens, je t'invite à dîner. Mon chauffeur attend dehors.

Ça doit être apporté à Bonn à l'administration

pour que je puisse recevoir un passeport permanent.

Il est prêt à être remis. Voici la procuration.

Je pensais, comme tu habites près de Bonn, que tu pourrais faire ça pour moi ?

Tu pourra gagner un peu d'argent en plus.

Je serai de retour la semaine prochaine, pour prendre le passeport, oui?

- Professeur, un café ? - Oui, merçi.

Burghard Kroll capturé !

Le tueur malade a vécu dix ans au Schleswig-Holstein sans être inquiété !

Un sou.

Merci.

Le tueur malade.

Merci.

Le tueur malade. 10 Pfennig.

- Merci bien, au revoir. - Ciao.

- Professore, un café. - Merci.

Vous fumez?

63 ans, c'est un âge où on peut commencer.

Les conséquences ne me rattrapperont plus.

Termine ton repas à ton aise. Malheureusement, je dois partir.

Mes salutations à Ellie.

- Bonsoir. - Bonsoir, professeur.

- Puis-je ? - Vous pouvez l'emporter.

- Je n'ai besoin que des pages sportives. - Merci.

"Blanc sur blanc ...

...Symbole du vide".

Ton beau-père?

Quel idiot !

Tu sais, pour la première fois, je souhaite à quelqu'un plus de succès qu'à moi.

Ton erreur, c'est que tu t'accroches toujours à la toile et au chevalet.

La peinture est tout simplement morte.

Juste comme ...

la danse folklorique ou la dentellerie ou le film muet.

Je ne te veux que du bien, sinon je te laisserais continuer comme ça.

Nous ne pouvons plus être médecins !

"Le tueur malade capturé après 18 ans."

TUEUR MALADE

Kurt?

Qu'est ce que c'est ?

Je ne sais pas non plus, mais je pense que ça y est !

- Peindre des photos ? - Oui.

Désolé.

Je suis satisfait du progrès de la construction.

Nous aimons entendre ça, Professeur.

- Vous connaissez mes préoccupations. - Oui.

La largeur des portes des salles d'opérations

doit être augmentée de 25 centimètres.

Ainsi nous pourrons passer facilement avec les lits.

C'est vrai, professeur. Merci pour votre suggestion.

Tu comprends, je pense, pourquoi je ne t'ai pas présenté, ce matin.

C'aurait été mal venu.

Comment va l'art ? Mais avant tout: As-tu mon passeport ?

Je...

Malheureusement, je dois y aller maintenant.

Merci.

Pardon.

A-t-on déjà vu une chose pareille ?

Que lui as-tu dit ? Qu'avait-il ?

Si tu savais comme tu es belle maintenant.

Je suis enceinte

Quatrième mois

J'étais chez le médecin. Nous allons être des parents.

Nous serons des parents.

C'est dimanche, il n'y a personne. Je te le promets

S'il te plaît, il n'y a personne.

S'il te plaît, comme hier.

S'il te plaît, dis-le moi encore et puis descends.

Je suis enceinte.

Ce ne sont pas des pommes de terre, hein ?

Que dirais-tu, si je devenais ton galeriste ?

Adrian Schimmel, le galeriste ?

Adrian Finck.

Nous devrions commencer.

Y a-t-il déjà des questions à Kurt Barnert ?

Alors je poserai peut-être la première question.

M. Barnert,

Beaucoup de vos tableaux sont peints d'après des photos d'amateur ou de magazines.

Le tableau "Nu dans un escalier"...

c'est pourtant un hommage à Duchamp ?

Oui

Heinz Viersen, du Westdeutsche Zeitung.

M. Barnert,

Dans votre magnifique tableau "Mère et enfant", que nous voyons ici...

Qui est représenté ? Votre mère et vous ?

Non, c'est simplement une photo d'amateur.

Quand je peins, ça m'est égal, à vrai dire.

Mais si vous peignez un portrait, alors vous devez connaître la personne.

C'est encore mieux si je ne la connais pas.

Alors je vois mieux ce qui est vraiment là.

D'où l'image avec les photos de passeport de l'automate ?

Une photo sans auteur ?

Oui

Avec l'officier de la Wehrmacht,

vous ne faites pas un témoignage sur la Wehrmacht ?

Non, je ne fais pas de témoignage. Je fais, euh ...

des tableaux.

C'est à dire, des photos. Des photos avec d'autres moyens.

Hermann Schreiber, SDR.

Vous reprenez aussi la composition précise de la photo d'amateur.

Cela fait beaucoup de coïncidences.

Non, pas des coïncidences. Euh...

C'est réel, cohérent, vrai.

Seule la réalité est cohérente. Chaque réalité est cohérente.

Tout ce qui est vrai est beau.

Que voulez-vous dire par là ?

Hm ...

Si je nomme maintenant six nombres,

alors c'est stupide, insensé.

Mais si les six nombres sont

les numéros gagnants du Lotto, alors ils ont du sens,

une cohérence, une valeur, oui, presque une beauté.

C'est pareil avec les photos.

Je veux la vérité.

Oui, M. Meybert ?

Urs Meybert, Chronique artistique.

Qu'elle est la prochaine étape pour vous ? Encore des photos floues ?

Non, j'en ai assez de ça maintenant.

Pour l'instant je m'intéresse à la palette des couleurs.

Palette des couleurs ?

Oui

Là on aura des ennuis.

Là aussi on aura des ennuis.

Photos de magazines sélectionnées au hasard, photos de passeport d'automates,

instantanés choisis dans des albums de famille.

Le tout rendu flou par la peinture.

Avec de tels tableaux,

qui, pour des raisons inexplicables possèdent un vrai pouvoir,

Kurt Barnert semble

amener les artistes de sa génération à évoluer.

Et ceci avec la peinture, supposée morte.

Mais ...

comme beaucoup de sa génération il n'a rien à raconter, rien à dire.

Il rompt avec chaque tradition,

prend congé de l'approche biographique de l'art

et crée ainsi pour la première fois dans l'histoire de l'art

une oeuvre sans auteur.

- Ç'était bien ? - C'était super.

Tu es sûr, je ne peux pas te reconduire?

J'ai envie de marcher encore un peu.

Tu étais bien aujourd'hui.

Très bien.

Ça va être bien.

A trois...

Un.

Deux.

Trois.

ŒUVRE SANS AUTEUR

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