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La vie est sem�e d'emb�ches
La femme se couvre d'un voile
pour prot�ger son visage et sa vertu,
cacher ses p�ch�s,
dissimuler son doux parfum.
Le voile prend feu
Libert� Confiance en soi...
La femme est n�e sans voile...
Elle doit s'enlaidir ou s'embellir
Qui donc lui a jet� des pierres ?
La vie est sem�e d'emb�ches
La femme est n�e sans voile
Elle doit aimer ou ha�r
Qui donc baise son pied ensanglant� ?
La vie est sem�e d'emb�ches
Puis, un jour
Elle rejette le voile qui descend en flammes
Elle se consume dans un long baiser
Pour redevenir la c�te d'Adam...
La femme cache ses yeux Elle ne voit plus rien
Voil� le proviseur !
LA LUNE DANS LE FOND DU PUITS
Le chant du coq courbe les �pis de riz
envoie les buffles au champ
fait dispara�tre les �toiles du firmament
R�veille-toi, ch�ri, tu dois rentrer au village ce matin
Tes cheveux blanchissent et tombent
Comme l'eau qui passe sous le pont...
Dis, Hanh.
Si je remettais �a � dimanche prochain ?
J'y suis all� il y a 7 jours.
Vas-y, s'il te pla�t, ta m�re t'attend.
Para�t qu'elle a de la fi�vre. Va voir si elle va mieux.
Bonjour, tata Hanh !
J'ai gard� expr�s ce pied de porc pour ton professeur de mari.
Tu connais bien ses go�ts.
Merci bien
Voil� une �pouse mod�le !
C'est que l'�poux en est digne.
Monsieur Phuong
ne mange jamais dans la rue
il a tr�s peur du manque d'hygi�ne.
C'est aussi pour �a que le couple n'a pas d'enfant ?
J'ai mis l'imper. Mets-le si jamais le temps change.
Petit Gris !
Ce que tu es maigre !
Viens avec moi, ton ma�tre ne reviendra plus, tu sais.
J'y vais.
Hanh, Hanh !
J'ai eu du mal � trouver...
- ... ces lys pr�coces. - Justement, mon mari en a demand�.
Hors saison, c'est quasi-introuvable.
Voil� l'argent
Ce n'est rien. Je te les offre.
Merci.
Ma petite Yen, il faut lui passer un savon, s'il te pla�t.
Mais pourquoi ? Elle travaille tr�s bien.
Mal lui en a pris. Elle s'est teint les cheveux en blond.
Comme une Am�rasienne ! Son p�re l'a rou�e de coups et elle cr�ne :
"Mes copines font toutes pareil !"
Toi, elle t'�coutera.
C'est la mode des actrices �trang�res.
�a passera. Ne t'en fais pas trop.
Tata, tu remplaces Thuy aujourd'hui ?
Oui.
Elle doit chanter pour des touristes.
�a ne rapporte pas pratiquement rien.
Et, tu le sais, les chanteuses ont une tr�s mauvaise r�putation.
Comment pourra-t-elle trouver un mari apr�s �a ?
Ne dis pas �a. Elle a une voix d'or. Phuong et moi, nous l'adorons.
Je ne m'oppose pas � ce qu'elle chante.
Mais � son �ge, elle doit penser � se marier.
S'ils voient cet autel, ce sera un PV.
Ils craignent un incendie
L'encens, c'est une ampoule �lectrique
Plus de fum�e, ni parfum.
Tiens, regarde.
Tr�s bonne soie, de quoi faire une belle ao dai.
J'ai d�j� ma garde-robe pour le travail.
� part le lyc�e, je ne vais nulle part.
Hanh, tu es l� ?
Thu, tu m'as fait peur.
Une minute, j'arrive.
Pour laver votre linge, il te faut deux cuvettes ?
Je s�pare celui de Phuong, c'est plus propre.
Est-ce que �a en vaut la peine ?
Voici du th�.
Dommage que Phuong est absent. Il est all� voir sa m�re.
Oui, je l'ai vu passer devant chez moi.
Tu es une vraie f�e du logis. Tout est bien tenu et rutilant.
C'est que mon mari est pointilleux.
L'ancien n'est plus � la mode
On casse tout et on reconstruit
Mon mari compte b�tir aussi.
Que c'est bon, ce th� !
�a vient du fournisseur attitr� de mon mari.
T'as que ce mot "mari" � la bouche. Mari g�t�, mari pourri.
En fait, c'est toi que je veux voir
� la demande du syndicat du lyc�e.
Qu'y a-t-il ?
Je suis charg�e de te mettre au courant :
Une lettre anonyme d�nonce ton mari pour bigamie
Le syndicat et le Parti ont enqu�t� : c'est bien exact.
Les mauvaises langues, n'�coute pas.
C'est pourtant vrai.
Au village, chez sa m�re, il y a cette femme et le gosse.
Va voir toi-m�me.
Maman Hanh est arriv�e !
Salut mon gar�on, tu as grandi !
Fais-moi le crabe.
Voil� le crabe. Et ses pinces !
Maman Tham, voici Maman Hanh.
M�re, tu vas mieux ?
�a va mieux. Heureusement que Tham est l� pour s'occuper de moi.
S'il fallait compter sur vous deux, je serais d�j� morte.
Tu sens les pieds de b�b� ?
Il donne des coups, bien forts.
Toi, d�gage !
Pourquoi n'es-tu pas venue avec lui ? Le v�lo, c'est fatigant.
Ici on prend Tham pour une cousine qui vient aider M�re.
Nous sommes discrets.
Comment l'ont-ils su ?
� force de chercher, ils trouvent...
Si Thu est au courant, Ha aussi, forc�ment.
�a va compliquer les choses.
Je suis inqui�te.
Ch�rie, nous n'avons rien fait de mal.
Je vais r�gler tout �a.
Maman, je sais compter jusqu'� dix. Un, deux...
D�gage !
Va jouer l�-bas. Nous avons � parler.
�a va �tre tr�s, tr�s compliqu�.
Allez discuter � l'int�rieur.
En vous voyant discutailler comme �a, les gens vont jaser, pour s�r !
Que se passe-t-il ?
Rien... enfin, des probl�mes au lyc�e.
La jaque a m�ri sur l'arbre. C'est go�teux.
Il faut bien te nourrir.
Ne l�sine pas sur les d�penses.
Riz et nuoc mam, c'est mon menu.
Ordre de M�re. C'est pour faciliter l'accouchement.
Nourris-toi en cachette !
Et Monsieur, pendant tout ce temps, quelle vitalit� !
Chaque fois qu'il rentre ici, il m'�puise.
Emm�ne-moi en ville... Je m'ennuie ici.
D�s que tu seras plus grand. Tu iras � l'�cole en ville.
Quand j'aurai cette taille, d'accord ?
Promis. Chante-moi la chanson de l'aigrette...
Petite aigrette sur le bambou perch�e...
Prends place.
Cette histoire, comment vas-tu la r�gler ?
Quelle histoire ?
Celle dont je suis venue l'autre jour parler avec toi.
Bien, vu ma st�rilit�...
j'accepte cette situation. Je ne lui en veux pas.
Il t'a tromp�e, tu le savais. Et tu nous l'as cach� ?
Il ne m'a pas tromp�e.
Allons discuter dehors !
Laissez nous
Comme tu le sais, Phuong est fils unique.
Sa m�re vit seule, �g�e et malade.
J'ai eu du mal � obtenir qu'il ait un enfant.
Pourquoi choisir cette pratique f�odale et anachronique ?
Et tu l'as pouss� � cette inconduite !
Tout ce que je veux
C'est qu'il soit heureux
Et sa m�re combl�e.
Au d�but, il ne voulait pas.
Par amour pour moi,
et aussi � cause du qu'en-dira-t-on,
�tant donn� sa position de proviseur. J'ai d� le supplier.
Le scandale a �clat�,
� un mauvais moment : �lections du proviseur.
Regarde ce Ha qui se pavane. Monsieur se voit d�j� proviseur.
Tu es rentr�.
Un peu de canne � sucre.
Repose-toi pendant que je r�chauffe le repas.
Je n'ai pas faim.
Du potage de lys au crabe !
Bien chaud et d�licieux.
Je te l'ai dit. Je n'ai besoin de rien.
Pourquoi la r�union a tant dur� ?
Tant de perfidie de la part de Ha, �a m'�c�ure.
Je l'ai pris comme un fr�re,
l'ai propos� comme proviseur-adjoint,
lui ai confi� nos probl�mes de famille.
Et le voil� qui me trahit
pour une minuscule parcelle de pouvoir.
Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
Rien.
Je m'en moque, si je ne suis pas r��lu.
L'important, c'est notre couple.
Mais sa tra�trise m'�c�ure.
Et les mauvaises langues vont se donner � c�ur joie.
Dois-je m�me quitter le m�tier ?
Ne t'inqui�te pas trop.
Les autres coll�gues nous soutiennent tous.
Je le sais bien,
mais en cas de "conduite immorale" personne n'y pourra rien.
Pour nos sup�rieurs si la situation conjugale est r�gl�e,
tout rentrera dans l'ordre.
Ch�rie,
C'�tait entendu que Tham s'en irait
avec un p�cule
en nous laissant le gosse
Mais, voyant que M�re a besoin d'une aide-soignante...
Y a qu'� trouver une autre
Je compatissais � la situation de Tham.
Compassion !
Ta compassion
nous a mis dans un p�trin embarrassant et humiliant !
Hanh !
C'est dix mille ?
Oui
Entre donc.
Phuong est au lyc�e ?
Il est tr�s souvent absent. J'en ignore les raisons.
C'est � cause de moi, je le sais bien.
Tu as toujours �t� gentille avec moi.
Il faut que je m'en aille. C'est la seule solution possible.
Mais o� veux-tu t'en aller, dans l'�tat o� tu es ?
Je n'en sais rien.
Il est �crit
que je vais de malheur en malheur
Je pensais vous donner un enfant,
puis, avec le p�cule, recommencer ma vie
dans mon village.
C'est un peu de ta faute aussi.
Si, � la naissance du gar�on,
tu m'avais laiss� partir, on n'en serait pas l�.
Te voil� encore plus triste, c'est bien de ma faute.
Ne te fais surtout pas de souci pour ma situation.
Je suis habitu�e au malheur.
La seule chose que je d�sire c'est de revoir, parfois, le petit.
Sois tranquille.
Laisse nous r�gler nous-m�mes ce probl�me.
On t'en reparlera, d'accord ?
� propos, j'ai achet� du lait et du sucre.
Gr�ce � Phuong comme proviseur, en cinq ans,
notre lyc�e est devenu le n� 1 de la province.
Il ne s'agit pas de la comp�tence, incontestable, de Phuong.
Ce qui nous trouble, c'est sa vie priv�e
qui scandalise l'opinion publique.
On attend des dirigeants
qu'ils soient aussi irr�prochables que comp�tents.
J'ai toujours �prouv� du respect pour le professeur Phuong.
Quel choc pour moi d'apprendre qu'il vit en bigamie.
Il nous place vis � vis de tous dans une situation intenable.
Continuons le tour de table.
Pour la section syndicale,
la situation conjugale de Phuong, sans �tre exemplaire,
est r�guli�re.
Le divorce d'avec Hanh a �t� prononc� dans les r�gles.
Voici l'attestation.
Ensuite, il s'est remari� dans le respect de la loi.
Gentille fille � maman...
Je veux porter ma s�ur
Dis bonjour � ton fr�re !
Maman, maman... qui ne sait m�me pas porter un b�b�
Fi-fille � Mamie
Peu importe que Papa et Maman t'aiment ou pas
Ta Mamie est l�, vrai ?
On est arriv� !
Elle est belle, la maison.
Mais o� est la t�l� ?
Je t'en ach�terai une, d'accord ?
Ces yeux, ces sourcils...
Tu es vraiment le portrait de Papa.
Nan, je veux ressembler � toi.
C'est vrai, j'ai la m�me bouche que toi.
Note bien, voil� ta taille aujourd'hui.
Une fois grand, je travaillerai pour te nourrir, maman Hanh !
Que c'est gentil.
Et puis,
appelle-moi d�sormais Maman. Maman tout court.
Faut pas confondre les deux Mamans, Mamie l'a dit.
Vite, les l�gumes.
Donne-moi une assiette.
Va me cueillir un piment.
Du piment vert, m'man ?
Lave-le bien.
Mets le couvert.
Le bol � Papa
� Maman Hanh
� petit Nhut.
- Les baguettes. - Pour moi aussi ?
Oui, faut t'y habituer.
Prends le riz.
Doucement.
Prie Papa de venir.
- Croise tes bras. - S'il te pla�t.
Les baguettes � moi.
Papa en premier, les baguettes les plus longues.
C'est bien.
Miam, miam, c'est bon.
Sois poli. Il faut attendre que Papa commence.
- Voil� pour toi. - Merci, Papa.
Doucement. Mastique sans bruit.
Le jardin secret
Je suis en qu�te
De notre jardin secret
O� toi et moi serons seuls
Au milieu des arbres
et des plantes
� �couter battre nos c�urs
Dans le bruissement du vent.
Ma m�re a vu un m�dium.
Je trouve pas de mari car je suis mari�e � quelqu'un de l'Au-Del�.
On a m�me deux enfants.
Tu crois � ces balivernes ?
Moi pas, ma m�re oui.
Elle s'inqui�te pour moi, et la voir comme �a m'attriste.
Elle va faire un rite de rupture
comme quoi je demanderai le divorce
avec mon mari de l'autre monde. Un g�n�ral, il para�t.
Petit Gris !
C'est le chien que vous cherchez ?
On a transf�r� la tombe de son ma�tre, et depuis, il a disparu.
Il le cherche sans doute.
Phuong a maigri � vue d'�il.
Oui, il veille tard et devient insomniaque.
Il a trop de soucis.
Tu es inconsciente, ou quoi ? Les soucis, il en a plein.
Ils ne le laisseront pas en paix.
Et toi, sans le savoir, tu as...
enfreint la loi.
Comment ?
Tu partages la vie d'un homme mari�.
Mais nous avons...
fait un "divorce blanc", je sais !
Aux yeux de la loi, vous �tes bel et bien divorc�s.
Suppose que Tham te poursuive,
que feras-tu ?
Moi, G�n�ral, Gouverneur du Sud
Je vous salue, � tous.
Madame mon �pouse, Madame ma belle-m�re.
Vous m'avez demand� de venir. Sans doute pour un motif important ?
Mes respects, mon G�n�ral.
Un vivant a demand� la main de ma fille Dieu Thuy ici pr�sente.
Je vous prie d'accepter nos offrandes
et d'autoriser ma fille � se marier.
Pourquoi nous s�parer
nous qui sommes li�s par un amour ardent ?
Ma fille n'a pas encore trouv� chaussures � ses pieds.
Mais nous voudrions vous demander votre accord pr�alable.
Qu'en dites-vous, Madame mon �pouse ?
Fille, je dois ob�issance � mes parents.
Aux v�ux de la famille, je ne m'y opposerai pas.
Je d�sire avant tout votre bonheur.
Mais mon c�ur saigne. Immense est l'amour que j'ai pour vous
Jamais vous ne retrouverez pareil sentiment
dans ce monde d'ici-bas.
Entre nos deux mondes si proches
la fronti�re est infranchissable.
Je ne me permettrai jamais
de m'opposer � votre bonheur.
En signe de reconnaissance,
Voici nos offrandes : meubles et immeubles...
une effigie de ma fille...
Veuillez rompre la baguette et la m�daille.
S'il vous pla�t, votre paraphe ici.
Voici l'effigie de ma fille.
Celle de la nourrice qui s'occupera des enfants.
Concernant nos deux enfants, quelle est votre d�cision ?
Au nom de ma fille, je vous les confie.
Nos mondes se s�parent,
Dites adieu � votre m�re !
Veuillez rompre la baguette et la m�daille.
Veuillez y poser votre main.
Tu pleures, Maman Hanh ?
Faut pas pleurer, c'est pas bien.
Des deux mains et on dit quoi ?
- S'il te pla�t, les patates. - Bien.
Tu ne croise pas les bras, Maman ?
S'il te pla�t.
Maman, elle a pleur�, tout � l'heure.
Petit rapporteur ! Le crabe, il va te pincer !
Viens vers moi, fiston !
Emp�le crabe, Papa !
Attention ! Tu me fais tomber.
Il est pas difficile, mais...
Au r�veil, une tasse de th� au lotus
Au repas, rien de recherch�, mais il faut conna�tre ses go�ts.
Les produits frais, les plats servis chaud.
Fleurs de coloquin avec saumure B�uf aux fleurs de lys...
Saveur et couleur, c'est primordial.
La soupi�re, le bol de riz,
le plat de l�gumes... tout doit �tre dispos�
avec go�t, chaque chose � sa place.
Dans le nuoc mam, n'oublie jamais le piment vert
Il n'en mange pas, mais l'ar�me du piment
et sa couleur lui ouvrent l'app�tit.
L'essentiel, c'est la propret� et l'ordre.
Les v�tements, bien rang�s dans l'armoire.
Les habits du lendemain matin d�pos�s au pied du lit.
Au pied, et pas ailleurs.
Son bureau doit �tre bien rang�
Pas de va-et-vient pendant son travail.
Il a le sommeil l�ger.
C'est pourquoi nous faisons chambres � part.
C'est tant mieux. Mais je crains...
... que les all�es et venues vont l'�puiser.
Quoi d'autre, Hanh ?
Comme je suis seule maintenant
Un peu de l�gume me suffit.
Quelle triste d�nouement.
Si c'est comme �a que la bont� est r�compens�e.
Merci
Pas facile de trouver un homme qui en vaut la peine !
Alors que les vauriens �a court les rues.
Au fait,
tu devrais faire un saut chez Mme Thoi le m�dium,
comprendre le pourquoi de tant de mal�dictions.
Je sais bien que vous autres, intellectuelles,
modernistes, ne croyez pas du tout � ces balivernes.
Mais �a ne co�te rien d'essayer.
C'est bien vrai.
Un jour apr�s mon divorce avec le g�n�ral
je suis tomb�e
sur mon ex copain qui est revenu des USA.
Depuis, il me poursuit.
Tu vois. Ils vont se marier au Nouvel An.
C'est vrai ? Toutes mes f�licitations !
Et le G�n�ral qui s'est sacrifi� par amour pour toi,
quelle grandeur d'�me !
S'il �tait de ce monde...
jamais je ne l'aurais laiss� tomber.
Et les enfants, comment se d�brouillent-ils ?
Ma fille, occupe-toi de tes propres affaires !
Va voir le m�dium,
Demande-lui de te faire rencontrer "ton" g�n�ral !
Petit Gris !
O� as-tu �t� ? Je t'ai cherch� partout.
Pauvre de toi. Tu me reconnais ?
T'as �chapp� aux bouffeurs de chien.
Ton ma�tre est bien mort. Inutile de le chercher.
Viens chez moi.
Tu as encore oubli� le piment.
� quoi bon puisque de toute fa�on tu n'en manges pas ?
Reviens � la table, comme il faut !
Ce n'est qu'un gosse. Comme il faut ?
Maniaque !
Tu es rentr�.
Ferme un peu les portes !
�coute, c'est dr�le.
La femme de Ha lui a donn� un premier gar�on
Ils ont donn� un banquet.
Les grands pontes �taient tous pr�sents.
Soudain, une jeune femme s'est point�e, vingt ans � peine,
un b�b� d'un mois au bras,
qui r�clamait justice.
Monsieur a mis ses �ufs dans deux paniers !
Les invit�s ont pris la tangente avant d'�tre servis.
J'ai voulu aller voir Tham et les gosses
mais j'ai peur de vous g�ner.
Ce n'est pas le moment. Il y aura une r�union du Parti.
Si tout va bien, on aura plus rien � craindre.
Donne-moi la guitare. Des fois, je m'ennuie.
Tu me dis pas Maman ?
Maman dit que c'est elle, Maman. Comment faire ?
Appelle-moi Tata, suis comme ta ma�tresse � l'�cole.
Et voici le crabe !
Bonjour, Hanh.
Entre, j'en ai pour une minute.
Un homme doit savoir tout faire
m�me la cuisine, au cas o� sa femme accouche !
Quand il �tait avec moi,
il ne touchait � rien.
Quand tombait la pluie, moi absente,
il rentrait tout au plus ma chemise.
Quant � mes pantalons, jamais de la vie !
Si Monsieur trouve sale notre linge
il n'a qu'� prendre une perche
quitte � la laver ensuite au savon !
Nous allons louer une maison pr�s du march� pour mon futur commerce.
Mademoiselle,
Depuis des jours, elle n'a rien mang�.
Son esprit est ailleurs.
Le souffle mauvais se fixe entre les sourcils.
Elle est malade � force de frustrations.
D�livrez-la de la mal�diction, je vous prie.
C'est tout simplement de la fatigue.
Et le froid que j'ai attrap�.
�coute Mademoiselle le m�dium.
Ton mal, c'est pas les m�decins qui pourront t'en gu�rir.
Les voies de gu�rison sont multiples.
Les m�decines occidentale, orientale... chacune a ses m�thodes.
Les miennes, c'est d'�couter les paroles divines.
Viens les �couter.
Je m'appelle Hanh.
- Quel �ge ? - 33 ans
Que les divinit�s me montrent la Voie du Bien et de la V�rit�.
Ton destin est marqu� par le Faux travesti en Vrai.
La Lune dans le fond du puits
ce n'est qu'un reflet que tu vois.
Le Faux, dans ton esprit, passe pour le Vrai
et le Vrai devient le Faux. Tout s'emm�le, inextricable.
Je n'y comprends rien.
Le Vrai et le Faux, qu'est-ce qu'ils ont � voir avec ma maladie ?
La parole divine est trop profonde.
Des fois, on ne la comprend qu'apr�s coup.
Mais c'est bien vrai.
Elle adore son mari.
Et le voil� qui se met avec la concubine.
Ne pleure plus.
Cesse tes larmes.
Je te d�livrerai du karma fatidique.
Pourquoi ces pleurs ?
Tu n'as rien perdu.
Ce que tu crois avoir perdu l'avait �t� depuis longtemps.
Tu pleures sur des chim�res comme cet orang-outan
qui croit tenir sa proie alors que c'est des menottes vides.
J'ai eu tort de leur en vouloir. Ils sont mari et femme.
Ils ont des enfants.
Je suis de trop... Je ne suis rien.
Quand on aime, il faut tout accepter.
Quand on veut garder, il ne faut rien c�der.
Mais quand on donne, il faut tout donner.
Telle est la volont� du destin.
Tu ne vivras pas toute la vie avec un seul et m�me homme.
Car quelqu'un dans l'au-del� t'a choisie.
Le destin a d�cid� ainsi ?
Ce sera bient�t la f�te de la D�esse-M�re.
Les princes, les g�n�raux... seront tous pr�sents.
Tu y verras, qui sait, celui � qui tu es destin�e.
Qui est l� ?
Qui est l� ?
Le crabe te pince...
Tata, � qui sont ces v�tements ?
� mon fils. C'est pour le T�t.
Allez-vous en. Laissez la tata tranquille.
Bonjour Phuong.
�a fait longtemps...
Tu as chang� la serrure ?
Tiens-le-moi, veux-tu ?
Tu as chang� de moto ? Elle est magnifique.
Entre, s'il te pla�t.
Voil� du th�.
Tham et les gosses vont bien ?
Je t'en prie, arr�te toutes ces simagr�es et ces superstitions.
Les rumeurs sur tes fr�quentations avec le m�dium me font du tort.
Apr�s tout, tu as �t� ma femme...
et je suis � la t�te d'un lyc�e.
Je demanderai ta r�int�gration.
Les �l�ves, les coll�gues t'adorent et t'appr�cient.
Tu me bl�mes, n'est-ce pas ?
Tout cela, ce n'est pas moi qui ai voulu.
Mais c'est toi, de ton plein gr�.
Encore une fois, je t'en supplie, arr�te toutes ces simagr�es.
Tu es all� voir le m�dium hier ?
Alors, je comprends.
Elle m'a dit que si je voulais te voir revenir
elle ferait une c�r�monie de divorce avec le g�n�ral...
Ne m'en veux pas trop.
C'�tait la p�riode du puritanisme,
tu le sais bien.
Maintenant, les mentalit�s ont chang�. Les gens ne vont plus jaser...
... quand je reviens te rendre visite.
De te voir si seule, �a me fait mal.
Je ne t'en veux pas.
Mais tu me demandes l'impossible.
Je t'ai donn� la moiti� de ma vie.
Tout s'est arrang� pour toi. Laisse-moi en paix maintenant.
J'ai �t� ton �pouse fid�le et d�vou�e.
Maintenant que je suis mari�e au g�n�ral je suis toute � lui.
Il m'a sauv�e de la mort. Jamais je ne le quitterai.
Il ne m'a jamais r�pudi�e ni abandonn�e, lui.
Mais ce soi-disant g�n�ral,
ce fant�me, n'existe pas !
Il n'existe que dans ton imagination morbide !
Je suis en qu�te de notre jardin secret
O� toi et moi, nous serons seuls
Au milieu des arbres
et des plantes
� �couter battre nos c�urs
dans le bruissement du vent.
Je suis en qu�te de notre jardin secret
O� la frondaison ondule dans le vent
Nous nous couchons dans la verdure
Isol�s du monde.
Je suis en qu�te de notre jardin secret
La vie n'est qu'illusions
Je ne cherche que l'amour
l'amour sans regret
Qui marque � jamais nos �mes.
� la tomb�e du jour
Le jardin plong� dans la m�lancolie
Tu me manques
comme tu ne m'as jamais manqu�.
Reste ici,
dans ce jardin sauvage
Nous �couterons les murmures
de l'amour
passionn� et cruel.
Adaptation : NGUYEN NGOC GIAO
Sous-titrage : B & B Communication
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