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- J'ai invité 10 visiteurs qui vont devoir
mentir, enquêter et assassiner
pour espérer survivre jusqu'à la fin.
Mais pour ça il va falloir gagner sa place.
- Je commence à voir les perdants moi.
- Etre meurtrier c'est votre seule porte de sortie.
Sinon ça aura été un Aller Simple .
(musique majestueuse)
(musique pesante)
(musique pesante)
(sanglots)
- Bonjour, Mme Bien-Aimé! Je suis le Dr Syrah.
- (Astryd) On a essayé d'entrer en contact avec elle,
mais elle répond pas.
- Mme Bien-Aimé?
Suzanne?
Je suis le Dr Syrah. Je suis ici pour vous aider.
Est-ce que vous savez ou vous êtes en ce moment?
- Hmm...
(gémissement)
Je suis mêlée.
- En ce moment, vous êtes à l'urgence psychiatrique
du Centre de l'Ile.
Est-ce que vous savez pourquoi vous êtes ici?
- J'ai pris des... des médicaments.
(sanglots)
- C'est pas des moments faciles, hein?
Mais sachez que vous êtes pas toute seule.
Y a plein de gens ici qui vont vous aider à passer à travers.
On va y aller un pas à la fois, OK?
Mon nom, c'est le Dr Syrah.
(cri) - J'ai eu mal.
Ca sert à rien de faire ça.
- Elle était sous ta responsabilité, Martin!
- Elle a fait ça pendant la nuit.
Dans sa chambre.
- C'est pas vrai.
Ca se peut pas.
Comment?
(hurlant) Comment?
- Elle a pris des pilules.
- C'est sûr que c'est un accident.
Janie, elle aurait jamais fait ça.
(Ils pleurent tous les deux.)
- Elle a laissé une lettre, Evelyne.
(sanglots)
- Elle a 14 ans.
(sanglots)
On se suicide pas à 14 ans.
- (Suzanne) Tu m'avais pas dit qu'elle était si jeune.
- Je suis comme pas capable de défaire sa chambre.
- Je comprends.
- Toi aussi, ç'a fait ça?
- Non.
C'a fait le contraire.
Je n'ai plus jamais été capable de retourner chez nous après ça.
C'est ma soeur qui est allée faire mes boîtes.
Le reste, je l'ai vendu.
Je suis même pas capable de passer proche en auto.
Cette maison-là...
ça me hante.
- Moi, c'est les derniers mois avant sa mort.
C'est en boucle dans ma tête. J'arrête pas d'y penser.
Comment ça que j'ai pas vu qu'elle allait pas bien?
J'aurais dû le voir, que ça allait pas.
- J'aurais dû faire réparer l'estie de porte patio.
- C'est fou, hein?
Y a rien qu'avec toi que je peux parler de ces affaires-là.
- Moi aussi.
Je peux te dire quelque chose d'extrêmement gênant?
- Toujours. - Ha!
J'ai jamais eu de...
J'ai jamais eu de chum de fille avant toi.
- Pour vrai? - Hmm-mm.
- Estie que t'es bizarre! (rire)
(rires)
Il y en a d'autres. Regarde. Ils ont gagné chaque année.
Depuis secondaire 1.
Elle faisait du dessin.
Du design. - Ouais.
(musique douce)
- Elle faisait aussi des affaires,
tu sais, genre des collages puis tout.
Je te le dis! Elle était artiste dans l'âme, elle aussi.
T'as jamais mangé ça? - Non.
- Hein? Voyons, c'est la meilleure. C'est la verte.
Je te jure.
- On mangeait pas tant de crème à glace.
(musique harmonieuse)
- C'est fin, les fleurs.
Je me suis fait une nouvelle amie.
Elle t'a emmené des fleurs.
(exclamation indistincte)
Santé! - Santé. Merci.
- Bien, regarde. C'est pas du vrai.
(rires)
Merci. - Ciao!
(musique harmonieuse)
(chants d'oiseaux)
- J'ai toujours aimé Anna.
Et j'ai rien contre le fait que tu sois lesbienne
ou que tu l'étais, là. Je ne sais plus.
Je m'en veux que t'aies pensé ça.
- Mais comment j'aurais pu penser autrement?
- Mais c'est tellement pas ça, on s'est mal comprises.
Je sais pas si tu vas être capable d'entendre
ce que je vais te dire, mais bon,
notre relation peut pas être bien pire.
- Je vais pas te juger, je te le promets.
Je vais essayer fort.
- Quand je t'ai...
(voix étranglée) Quand je t'ai vue dans... dans la poubelle...
...toute mal en point...
je comprenais pas comment on avait pu
te faire du mal comme ça.
Ca m'a remplie d'une telle colère, Suzanne.
J'ai jamais ressenti une violence comme ça en moi.
J'aurais pu tuer...
J'aurais pu tuer la personne qui t'avait fait ça.
C'est comme si toute cette violence en moi
s'était transformée en mission de vie pour toi.
Je me suis promis que plus jamais personne allait
te faire du mal,
que t'allais être la plus forte, la plus intelligente,
la plus aguerrie.
Puis... puis...
puis j'ai réussi.
J'ai réussi.
Sauf que...
j'ai mis la barre tellement haute
pour toi, ma fille, que je t'ai coupée de tout.
T'as le droit d'être fâchée contre moi.
Et je le sais
que d'être fâchée contre moi,
ça t'aide à être moins fâchée contre toi-même.
Suzanne...
Suzanne, c'est pas ta faute pour Anna.
- Tu sais bien que oui, maman.
C'est ma faute.
- Suzanne, tu m'écoutes pas souvent.
Là, tu vas m'écouter, OK?
- C'est ma faute, maman.
- Anna...
Anna s'est étouffée.
C'est tout.
Il faut que tu laisses aller ta peine puis tes remords.
Ca veut pas dire d'oublier.
T'as perdu assez de temps à te punir.
Saute dans ta vie à pieds joints, ma fille.
- Je suis pas capable. - Saute dans ta vie
à pieds joints.
Je t'aime.
- Moi aussi.
(pleurs) - Bon, hum...
Prendrais-tu... Prendrais-tu un petit brandy?
- Je suis alcoolique, maman. - Ah oui, c'est vrai.
Hum... Une petite Corona?
- C'est encore de l'alcool.
- Une Corona sans alcool, Suzanne.
Relaxe.
- Oui, OK.
(signal sonore du walkie-talkie) - Adèle?
Adèle, est-ce que je pourrais avoir
mon petit brandy deux glaces, s'il vous plaît,
et une Corona sans alcool avec de la lime.
Pas du citron, Adèle. De la lime.
- 10-4, madame.
(musique rythmée)
(cri)
- ♪ One, two, three, go ♪
- ♪ Ja ja ja ja ja ja ♪
- ♪ Come on - Ja ja ja ja ja ♪
- ♪ Higher - Ja ja ♪
- Quand on recommence à vivre,
on se prend des petites claques au début.
Faut continuer pareil.
(gémissement de douleur)
(musique entraînante)
(musique entraînante)
- Ca va?
- ♪ Just like the black bird needs to fly ♪
♪ I gotta have you by my side ♪
♪ Cause you make me feel alright ♪
♪ I know some people who play it cool ♪
♪ But baby, I ain't that kinda fool ♪
♪ When I'm with you, girl, that reign no rules ♪
♪ 'Cause you make me feel alright ♪
- Oyez, oyez, mes amis!
Vous pouvez vous rapprocher, s'il vous plaît?
J'ai une petite activité aujourd'hui à vous proposer.
Une activité artistique. Eh oui, artistique.
On fait aussi de l'art ici.
Et j'ai plein de petites couleurs pour vous éclater
à faire une manucure.
- ♪ I know this love is here to stay ♪
♪ Well, I've seen good times And I've seen bad ♪
♪ There've been some happy There've been some sad ♪
♪ But you're the best thing, I ever had ♪
♪ 'Cause you make me feel alright ♪
- M. Vanier, les mains sur la table.
(musique entraînante)
- ♪ Just like the sunrise needs the sky ♪
♪ Just like the blackbird needs to fly ♪
♪ I gotta have you by my side ♪
♪ Cause you make me feel alright ♪
(musique entraînante)
♪ I thanked my lucky stars ♪
- Je t'ai préparé ça.
- ♪ That lighten up this way ♪
♪ No matter where we are ♪
♪ I know this love is here to stay ♪
♪ Well, I've seen good times And I've seen bad ♪
♪ There've been some happy There've been some sad ♪
♪ But you're the best thing ♪
(klaxon) ♪ I ever had ♪
♪ 'Cause you make me feel alright ♪
- Ca devient?
- Je mélange un peu les choses. Quand je dis euh...
- Non. Heille!
- Mortimer! (cris de M. Vanier)
(musique entraînante)
- ♪ Just like the sunrise needs the sky ♪
♪ Just like the blackbird needs to fly ♪
♪ I gotta have you by my side ♪
♪ Cause you make me feel alright ♪
♪ I know some people who play it cool ♪
♪ But baby, I ain't that kinda fool ♪
♪ When I'm with you, girl, that reign no rules ♪
♪ 'Cause you make me feel alright ♪
♪ Mmm... that make me feel alright ♪
♪ Hey, 'cause you make me feel alright ♪
♪ Hey, you make me feel alright ♪
♪ Mmm, you make me feel alright ♪
♪ Hey, you make me feel alright ♪
(fin de la chanson)
- Ca fait partie des procédures, mais entre toi et moi,
je trouve pas que ça sert du tout.
- Moi non plus. - Puis...
c'est le fun parce que j'ai vraiment l'impression
que tu m'écoutes en ce moment.
(M. Costco respire rapidement.)
- Est-ce que je pourrais avoir une soupe, s'il vous plaît?
- Bonjour, M. Costco! - Ah!
Enfin, vous m'appelez par mon vrai nom.
- Ca m'aura pris du temps, mais je suis arrivée.
Est-ce qu'une... pomme pourrait faire l'affaire?
Parce que là, c'est pas vraiment l'heure du dîner.
- J'aimerais aller porter une soupe à Jacques.
Depuis quelque temps, il m'inquiète, le pauvre.
- C'est gentil de vous inquiéter pour lui.
- J'aime la camaraderie.
- Bien, j'imagine que pour aujourd'hui,
on peut faire une exception.
- Allez. Venez avec moi, M. Costco.
On va aller chauffer ça au micro-ondes.
- Ah, merci!
C'est très apprécié.
Attendez. Je vais aller chercher mon camarade.
- OK, on bouge pas. - OK, ça marche.
(rire)
- Ah!
On nous a permis de manger une soupe,
même si c'est pas l'heure du dîner.
- (M. Dallaire) OK.
On s'en va manger une soupe. - Bien oui, je vois ça.
- Il est même pas l'heure du dîner.
- Vous êtes chanceux d'avoir quelqu'un
qui s'occupe de vous comme ça?
- J'ai tué quelqu'un, moi. Puis ma soeur, c'est ma femme.
- Bon.
- M. Dallaire, je vous l'ai déjà dit,
il y a des moments pour parler de tout ça.
- Oui. - Ca va t'aider?
- (Mortimer) Allez. - Euh...
- C'est beau ici, hein! - Hmm-mm.
(discussion indistincte)
- Dre Bien-Aimé? - Ah! Oui?
- Il y a quelque chose qui marche pas avec Valérie.
- OK. Qu'est-ce qui se passe?
- Je sais pas, on dirait que c'est comme pas elle.
- Quoi? - C'est pas elle, je vous dis.
(pleurs silencieux)
- Valérie?
Valérie?
- Je veux pas mettre ça.
C'est à qui ces pantalons-là?
- C'est tous tes vêtements à toi, ça.
- Qu'est-ce qu'il se passe?
- (pleurant) Il se passe que je veux partir,
mais qu'ils me donnent pas mes vêtements!
- OK.
Puis ce que t'as dans tes mains, c'est quoi?
C'est des pantalons, ça?
Ouais?
Est-ce que ça te dérange de les mettre en attendant,
le temps qu'on trouve tes vêtements à toi?
- (chuchotant) Va donc chercher Mortimer puis Claude.
- OK.
- Est-ce que je peux partir, maintenant?
- Bien, veux-tu, on va jaser un petit peu?
- Non, non, je...
Je veux pas parler, là. Je veux m'en aller.
- Tu veux partir ou?
- Je... Il faut que je m'entraîne.
Je... - OK. Tu t'entraînes pour quoi?
- Je danse ce soir! Je danse!
Je danse tous les soirs ces temps-ci.
Ca me retarde, là, de parler.
- Je comprends.
- Je pense que je vais être en retard.
Il y a même pas de séchoir ici.
(sanglots)
C'est pas correct.
- Mme Richer?
Mme Richer?
Valérie?
A qui je parle en ce moment?
- A moi. - OK.
Et c'est qui, ça, toi?
- Euh... Je suis...
Je suis vraiment tannée de vous parler.
- Valérie Richer, est-ce que ça dit quelque chose?
C'est ton nom, ça.
(musique sombre)
- Je connais pas de Valérie.
- Non! Non!
Non, non, non! Wô! Wô! Wô! Wô!
(Valérie crie.) - Vous l'amenez dans sa chambre.
- Valérie, calme-toi. - La 2e porte à gauche.
- Je te connais pas, touche-moi pas!
- Arrête de te débattre, Valérie. Ca sert à rien.
- Non! - Stop! Stop! Ici!
- Valérie! - Non! Non!
- Arrête de l'appeler Valérie. Ca sert à rien.
Claude, PRN, Haldol, Ativan - Yes!
(hurlements) OK...
(pleurs) OK, OK...
Shh, shh, shh, shh, shh...
(musique sombre)
(musique sombre)
- Non, je vous le dis, là, elle était complètement zombie,
puis là, elle est sortie de la douche,
puis tout d'un coup, elle parlait puis elle était agitée.
- Il s'est-tu passé d'autres choses avant ça?
- Elle est pas tombée ou un truc dans le genre?
- Non, pas à ma connaissance, là.
- Elle a changé d'un coup en sortant de la douche.
- Paf! De même!
Je l'avais même jamais entendue dire un mot avant aujourd'hui.
- Moi non plus.
- Puis là, elle se prend pour quelqu'un d'autre ou quoi?
- Non, pas quelqu'un d'autre.
Ca me semble plus un état dissociatif,
comme pour pas affronter la réalité.
- C'est comme si elle avait
des genres d'épisodes ou elle était pas elle-même?
- C'est comme si sa tête la ramenait avant l'incident,
mais je comprends pas pourquoi elle se souvient pas de son nom.
Je comprends pas c'est dû à quoi.
- Bien, elle a quand même mis ses enfants dans le frigo.
- Ouais, mais même ça, ça prend un déclencheur pour faire ça.
- Tu penses que ç'aurait pu commencer avant l'incident?
- Je me demande.
Je me rappelle que quand j'étais chez elle
et que je l'appelais Valérie, elle répondait pas non plus.
Il y a de quoi qui m'échappe.
Une chose est sûre, il va falloir être vigilants,
parce qu'elle peut être très violente, cette patiente-là.
- Elle est toute petite, pourtant.
- Je vais te dire, elle est puissante comme quatre hommes.
J'ai encore mal aux bras, moi.
- Faut pas la sous-estimer.
Elle peut être très violente physiquement,
puis elle peut passer de zéro à mille.
- OK, bien, je vais repasser une couche avec le personnel.
- Oui. Merci, Hélène. T'as bien fait de venir me voir.
- (fière) Ah, bien...
je l'ai vu de suite, hein, qu'il y avait quelque chose
qui clochait, là.
- Oui. - Bon.
Donc... on se voit tantôt. - Oui.
- Tantôt?
- Bien, Emilien organise un apéro, non?
- Bien oui. Oui, oui. - Emilien?
- Emilien. Emilien Delcourt.
- Tu déconnes ou...? - Pas pantoute.
Il est arrivé le matin avec des gros plateaux de fromages,
puis il a réservé la salle de réunion puis tout.
C'était écrit sur le babillard des employés. T'as pas lu, toi?
- Qui regarde le babillard des employés ici?
- Moi. - Moi aussi.
- Moi. - OK.
- Heille, j'ai scanné les bouteilles qu'il a apportées
avec mon application de la SAQ.
C'est des christi de bonnes bouteilles.
C'est des bouteilles en haut de 40 piasses.
Il est désagréable,
mais il est pas cheap, le beau Emilien.
J'aime ça, les 5 à 7!
Je suis une fille de 5 à 7. - Ha! Ha! Ha!
(signal de déverrouillage de porte)
- T'étais au courant pour la fête?
- Ouais. J'ai même aidé Emilien à l'organiser.
- Tu m'as pas dit. - Ca se peut.
- Donc, tu vas au 5 à 7, là?
- Emilien qui fait quelque chose pour les autres?
Je veux pas manquer ça.
En plus, y a un invité surprise. Qui ça?
- Surprise!
- Donc, tu manges pas à la maison?
- Bien, je te rejoins plus tard, si ça te tente pas de rester.
- Bien, c'est un petit peu délicat avec ma mère.
Et comment tu vas faire, toi, pour rentrer?
- Non, mais je vais m'arranger. Inquiète-toi pas.
Je suis une adulte. - OK.
Pourquoi tu m'as pas attendu tout à l'heure avec Valérie?
- Euh... euh... Par inattention, je sais pas.
- Je suis censé être là quand tu vois des patients, en fait.
- Oui, mais là, techniquement, j'étais pas toute seule,
j'étais avec Hélène, puis je pouvais pas savoir
que ç'allait escalader comme ça, là.
Mais t'as raison, je... j'ai été imprudente.
- Oui, parce que dès que je m'absente, tu te fais attaquer.
- Bien là, t'exagères.
- Peut-être, mais bon, moi, ça me retourne un peu
qu'on puisse te faire du mal, c'est tout.
- Je m'excuse. - Y a pas de problème.
- Puis... merci. J'étais contente que t'arrives.
- Elle est forte, la ballerine, hein?
- Ouais, vraiment. - Carrément.
Bon. On a fini.
- Non, il reste un patient. - Qui ça?
- Ton préféré. - Oh, putain...
Bon, euh...
- Veux-tu venir aux toilettes avec moi
ou je peux y aller toute seule?
- Oh! Pardon. Ouais, vas-y.
- Merci.
- Mais si tu veux, je peux t'accompagner, hein!
(Toc! Toc! Toc! Toc! Toc!)
Suzanne? - Oui?
- Suzanne, ça va? - Oui, oui.
- OK. Je suis là, hein!
(musique grave)
- Charles, niaise-moi pas.
C'est à qui cet argent-là? - C'est à nous.
- T'as fait 300 000 la semaine passée,
puis 600 000 cette semaine?
- Oui. On a fait des très bons placements pharmaceutiques.
Puis c'est juste... On a vu juste, mon amour.
Avec la COVID, tu sais, tout a explosé et c'est juste le début.
Tout ce dont on a rêvé, on va pouvoir enfin le faire.
- Ca explique pas comment un comptable peut faire
un million en deux semaines.
- 900 000. - Heille!
- Bien!
- C'est quoi cette ostie d'arnaque là encore?
- Ca fait trois ans qu'on travaille là-dessus, Judith.
C'est pas une arnaque! - Sur quoi, exactement?
Je veux dire, avec qui?
- Je vais pas te nommer toutes les actions, là.
C'est des collègues que tu connais.
Des gars qui ont fait leur droit, des pères de famille.
On n'est pas des bandits, sacrament!
- Eux autres, là,
sont-tu au courant que t'as touché autant d'argent?
- Si moi, j'ai touché 900 000,
imagine eux autres combien ils ont fait.
- Ah ouais!
Si je les appelle, c'est-tu ça qu'ils vont me dire?
Que c'est juste des actions en Bourse?
- Tu vas avoir l'air d'une conne. Puis moi aussi.
Mais tu veux appeler un associé pour qu'il te le confirme?
Parfait!
Qui tu veux qu'on appelle?
Envoye! Qui?
- J'y crois pas pantoute à tes affaires d'actions.
- Bon.
(émotive) Puis toi non plus, je te crois plus.
Tu mens comme tu respires. Ca fait peur.
Tu fais peur, Charles.
Donc là, je m'en vais dormir chez Sophie,
puis quand j'en reviens, je veux que tu sois partie.
- Judith.
Judith!
Judith, ça va être correct.
Hein?
Voyons donc.
Regarde.
Laisse faire le kayak. J'ai une idée. On va aller en canot.
- Voyons! Sacre-moi, patience!
- OK, bien, va faire un tour et on en reparle après, hein?
(musique angoissante)
Alors? - Alors?
- Vous êtes-vous remise de votre super performance au procès?
Ha! Ha! Ha!
Ha! Ha! Ha!
Ha! Ha! Excusez.
J'ai toujours pas de nouvelles pour mon transfert sur l'aile A.
- C'est pas vous qui décidez sur quel étage vous allez aller.
- J'ai pas plus de nouvelles.
- Votre transfert va avoir lieu,
mais c'est une procédure qui demande un peu de temps.
- Non, non, non, non, non.
Ca me convient pas comme réponse.
Il en va de mon rétablissement de ma santé mentale.
Je refuse que mon médecin traitant soit aussi
celui qui a fait mon évaluation. C'est inacceptable.
- Je comprends que pour vous, ça peut paraître étrange,
mais c'est une situation très courante ici,
et vous avez vous-même accepté de venir ici en ces termes.
- Mais comment je peux guérir si vous êtes contre moi, sacrament?
- Tu frappes pas sur la table, d'accord?
Quand tu t'entretiens avec le Dre Bien-Aimé,
c'est dans le calme et respect, sinon je te ramène à ta chambre.
- J'aime pas du tout votre nouvelle façon
de vous adresser à vos patients.
On n'a pas élevé les cochons ensemble.
Vous allez me vouvoyer,
m'appeler par mon nom de famille.
- Y a pas de problème.
On va s'adresser à vous de la manière dont vous le désirez.
Puis je suis pas contre vous, Charles.
Pardon.
M. Villeneuve. (soupir de frustration)
- C'est absurde.
- Qu'est-ce qui est absurde?
- J'ai été déclaré non responsable de mes actes
par un tribunal
parce que je suis malade.
Je viens ici pour qu'on me soigne.
Mais comment je peux être soigné si mon médecin traitant pense
et a affirmé au procès que j'étais pas malade?
- Le système fonctionne comme ça.
Moi, je vais m'assurer de poursuivre
le processus de guérison avec vous
et de compléter votre transfert
comme n'importe quel autre patient.
- Vous me détestez. - Non.
Je perds pas mon temps à détester des patients.
J'ai d'autres choses à faire.
- Vous allez jamais me laisser partir d'ici, je le sais.
- Je vous assure que mes intentions sont justes,
mais vous avez le droit de penser ce que vous voulez.
- Si mon transfert arrive pas bientôt,
je vous le dis, ce sera pas beau.
Vous me voulez pas contre vous.
- C'est encore des menaces, ça.
- Je vous assure que mes intentions sont justes.
Mais vous pouvez penser ce que vous voulez.
- Oh, mais j'y compte bien.
Je vais suivre votre dossier de très près.
Vous pouvez compter sur moi.
J'abandonne jamais un patient.
(rire) (conversations)
- Elle viendra pas, Louise.
- Jacques!
Jacques, je suis là.
Je suis là.
- Louise. - Je suis arrivée.
- Allô, Louise! - Allô, Jacques!
- Je... Je suis content de...
que... que tu sois venue.
Les autres jours, t'étais pas venue.
- Je sais. J'excuse pour ça.
- Non, c'est correct. C'est correct.
- Viens t'asseoir. - Oui.
- Je m'excuse pour tellement d'affaires.
Tu sais...
Quand je me suis rendu compte
que tu ne te rappelais plus de rien
et qu'ils te gelaient tellement avec les médicaments
que tu savais même pas toi-même qui t'étais...
...j'ai essayé de te couper de ma vie, Jacques.
Puis je t'ai fait accroire que t'étais mon frère.
Pour essayer d'être normale,
pas être celle qui aime un fou
et qui a fait un petit avec son frère adoptif.
J'ai pas été capable.
Je peux pas vivre sans toi, Jacques.
T'es ma moitié.
Même si c'est dur de t'aimer et que j'ai honte.
Mon Dieu que j'ai honte!
Je m'excuse pour ça.
Mais c'est ça pareil. - Non. C'est correct, Louise.
C'est tout correct.
- Je t'aime, Jacques.
Je vais toujours t'aimer.
- On s'aime, nous autres, hein?
- Ouais. - Ouais.
- Regarde-moi bien comme il faut, là.
- OK.
- Moi, je n'en peux plus de venir te voir ici.
Et je veux que Paul te connaisse comme son père.
- Oui. Oui.
- Je veux que tu guérisses, Jacques.
Ca se peut, ça.
Ta psy bizarre, elle l'a dit.
- OK.
- Il y a une vie consciente qui t'attend au bout.
- Oui.
- Faut que tu sortes d'ici, Jacques.
Faut que tu sois avec nous autres.
Avec moi puis Paul.
- Mon Paul.
- Oui, ton Paul. Ton fils.
Promets-moi que tu vas tout faire
pour nous revenir, Jacques.
Hein?
- Je te le promets, Louise.
Je te le promets. OK.
- Ta famille t'attend.
- Ma famille. Ouais. - Ouais.
OK.
(musique mélancolique)
- Penses-tu que je devrais dire un mot?
- Si tu le sens. - Ouais.
Ouais.
(brouhaha de conversation)
Euh... Ding, ding, ding, ding! Excusez-moi, tout le monde!
Pardon, juste... Voilà.
Juste un petit instant. Je...
Je veux pas vous déranger très longtemps.
Je voulais juste vous dire que...
(raclement de gorge)
Comme... comme Suzanne nous l'a suggéré,
j'ai organisé ce petit 5 à 7 pour qu'on puisse
passer du temps ensemble
dans un cadre un petit peu plus décontracté
et... qu'on s'amuse, hein!
Euh, je... je voulais vous dire aussi
que même si je suis...
un petit peu rigide
et parfois même aussi un peu...
- Bête? - Oui.
Oui.
Hum...
Je voulais vous dire que même si je ne suis pas parfait,
je vous apprécie tous beaucoup
et que je me considère chanceux
de travailler avec chacun d'entre vous.
Voilà.
A l'aile D. - Oui, à l'aile D!
- A l'aile D! - Santé, tout le monde!
- Il y a du blanc, du rouge... - Santé!
- Santé! - Santé! A l'aile D!
(musique harmonieuse)
(conversations indistinctes)
(exclamation joyeuse)
- Allô!
- Là, là, je suis top shape.
Ca va bien. - Bon.
- T'es belle. - T'es coupé tes cheveux.
- Mais là, t'es-tu revenue?
- Mmm! - C'est gentil d'être venue.
Je suis très content. - Moi aussi, je suis contente.
- Euh, excusez-moi, tout le monde.
Je vous présente Dre Lord-Sirois, psychologue.
C'est ma fille. (rires)
Elle va travailler à l'aile C et aussi avec nous, à l'aile D.
Alors... Emilien.
- Emilien. - Enchantée.
Bonjour! Bienvenue! - Claude.
Enchantée. Je suis infirmière. - OK, cool!
Ah, puis tu dois être Dre Bien-Aimé, c'est ça?
- Oui.
- Ah, je suis contente de vous rencontrer.
Mon père m'a beaucoup parlé de toi... de vous. Pardon.
- Bon... Bonjour!
(chanson d'opéra, "Norma, acte 1: Casta Diva")
- Bon, bien, on va se recroiser. - Oui. Oui.
- Mortimer... - Bonjour! Enchanté.
- Enchantée. - Ismael... Laima...
Et ici... Diane! - Diane!
Je suis aux consoles.
Je débarre les portes, puis je suis pas barrée.
(rires)
- Hélène, sociothérapeute. Bienvenue!
Vous allez avoir du fun avec nous autres.
- Oui, non, non, tu t'ennuieras pas. Ca, c'est certain.
(Le moteur ne démarre pas.)
- Putain de merde!
Ca va, maman?
(musique mélancolique)
(musique mélancolique)
(cris) Calme-toi, calme-toi.
Calme-toi, calme-toi, ça suffit.
Allez, allez, on se repose, là. On se repose, maman.
Calme-toi.
Bon, allez.
Dors, maman. Ca suffit, là, maintenant. Faut dormir.
C'est bon. Bonne nuit, maman.
(musique mélancolique)
(coups dans la porte)
Non, maman! Maman! Maman! Non! Non!
Maman, arrête, s'il te plaît. S'il te... Maman, stop!
Retourne te coucher, là. - J'ai peur.
- Non, ça suffit, maman. Il faut dormir, là.
Va te coucher, s'il te plaît, maman.
Ca suffit, là. On a tout fait. Va te coucher.
(Les coups continuent.) Allez, maman, s'il te plaît.
- Mortimer... - Je sais que c'est dur.
Mais va te coucher, maman. Je t'aime. Allez, va te coucher.
S'il te plaît, maman. Là, c'est l'heure de dormir.
(Les coups s'arrêtent.)
Merci, maman. T'inquiète pas, ça va aller.
Ca va aller, maman. T'inquiète pas.
Allez, à demain, maman. Je t'aime. Allez, bonne nuit.
(La mère pleure.)
(musique mélancolique)
- L'abonné que vous tentez de joindre ne peut répondre.
(Toc! Toc! Toc! Toc! Toc!)
- J'ai essayé de t'appeler.
- Mon cell est mort.
(ricanement)
(chute)
- Maman! Maman! Maman! - Adélaide?
- Maman! Maman! Maman!
Maman! Maman, attends. Réveille-toi, maman.
Maman, réveille-toi. - OK, faut pas trop la bouger.
Mortimer, faut pas trop la bouger.
- Elle bouge son cou. Elle bouge son cou, maman.
- Oui, mais même à ça, faut pas trop la bouger.
Faut appeler une ambulance maintenant.
J'ai besoin de ton cell. Mon cell est mort.
- Non. Maman... - Je sais que c'est dur.
(sanglots) Mortimer, donne-moi ton cell.
Tout de suite. C'est très important.
Il faut appeler une ambulance maintenant.
- Non, appelle pas l'ambulance. Ils prennent dix ans pour venir.
Donc, on va l'amener à l'hôpital directement.
Maman, ça va aller. L'hôpital est à deux minutes.
Maman, bouge un peu. - Non, faut pas qu'elle bouge.
- On peut pas rester là sans rien faire.
On va l'amener à l'hôpital directement.
Putain, j'ai pas ma voiture! J'ai pas ma voiture, putain!
Putain de vie! - Qu'est-ce que tu veux faire?
- On va l'amener nous-mêmes. C'est pas grave. On va marcher.
On va marcher, maman. T'inquiète pas.
- Prends-la comme il faut.
Soulève-la. Tiens son cou.
(musique classique)
(musique classique)
Sous-titrage: SETTE inc.
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