All language subtitles for El sustituto (2021) fr

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Original subtitles

Vous êtes arrivé à destination.

Il y a quelqu'un ?

Bonjour. Eva Vidal ?

Docteur Eva Vidal ?

Si c'est pour changer de fournisseur, c'est non.

Non, non. Veuillez m'excuser. Je suis journaliste.

Je veux juste vous parler.

Je suis allée à l'hôpital d'Alicante, mais on n'a rien voulu me dire.

J'ai eu vos coordonnées par l'Ordre des médecins.

Je travaille pour un journal en ligne,

El Universal.

Vous connaissez ?

Je ne vais pas souvent sur internet. Encore moins depuis ma retraite.

Pourquoi une journaliste me cherche-t-elle ?

J'écris sur un événement qui a eu lieu à Denia dans les années 1980.

J'ai trouvé votre nom dans un article de l'époque.

Une petite rubrique dans l'InformaciĂłn. Regardez, lĂ .

Votre nom apparaît avec celui d'un policier.

J'aimerais savoir si vous le connaissiez.

Il s'appelait Andrés Expósito.

Andrés !

Ces deux types gâchent le voyage.

Ils pourraient baisser le son.

Je ne comprends pas. On supporte ce boucan depuis deux heures.

Tu peux pas faire quelque chose ?

Comme quoi ?

J'en sais rien,

mais fais quelque chose.

Dieu merci,

ça fait du bien !

Tu leur as dit quoi ?

Rien.

Regarde, papa !

C'est Naranjito.

Mon Dieu, qu'est-ce que ça pue !

Ça sent le fauve, ici !

Tu as vu ce taudis ?

Et le salon...

Si on peut appeler ça un salon.

Regarde !

Tu parles d'une vue sur la mer !

Ils ont vraiment du culot ! Un sacré culot.

Combien de fois je t'ai dit de ne pas payer en avance ?

Chérie, arrête.

Fais attention Ă  ton genou. Tu as mal ?

Papa, je veux aller Ă  la plage.

Pas maintenant, l'eau est encore trop froide.

Mais si tu es sage,

on ira jouer dans le sable dimanche.

D'accord ?

Promis.

Les déménageurs vont arriver, on doit les payer.

- Tu vas oĂą ? - Travailler.

Bonjour.

Si vous n'avez pas deux photos et un cert...

Le commissaire m'attend pour ma prise de fonction.

Je suis Mari Carmen.

Tu peux m'appeler Marica.

Par ici.

Tu veux un café ?

- J'en apporte toujours Ă  6h. - Parfait.

- Décaféiné ? Du lait ? - Double, sans sucre.

Comme José Luis.

Au fond, Ă  droite.

Je suis Andrés, le remplaçant.

Andrés Expósito.

Je préfère Andrés. Tout court.

D'accord... Andrés.

Juan Bonfill.

Allons-y, entrons. Le chef t'attend.

C'est par lĂ .

C'est le nouveau. Il vient d'arriver.

Monsieur.

- Le voyage s'est bien passé ? - Oui, monsieur. Calme.

Tu vas directement prendre les rĂŞnes.

Et voici ton subordonné.

Il est un peu idiot, mais c'est un bon flic.

Prends-en de la graine : 136 arrestations rien que cette année.

Et pas comme toi. L'an dernier, il en a arrêté trois.

L'un d'eux criait dans la rue.

C'était le livreur de gaz.

Bon, je dois y aller.

Colombo, montre-lui son bureau et mets-le au parfum pour tout.

Ici, c'est pas aussi divertissant qu'Ă  Madrid.

Tu vas t'ennuyer, je te le garantis.

Bonne chance.

Bon...

Au moins, je sers Ă  quelque chose, mĂŞme si c'est de mauvais exemple.

VoilĂ  ton bureau.

Il t'a appelé Colombo.

Il dit que je suis toujours à côté de la plaque.

On va être coéquipiers. Donc...

Le matin, c'est ici ou au bar du coin, de 9h Ă  14h.

L'après-midi, c'est la paperasse.

On ne patrouille pas ?

Il nous arrive de sortir,

mais rarement. Il ne se passe jamais rien.

C'est José Luis ?

On l'a retrouvé mort.

- Il s'est passé quoi ? - Il avait...

- Des trous dans les bras. - De l'héroïne ?

- Un inspecteur ? - Affaire classée.

Continue jusqu'Ă  la mer.

Quand on le peut, on doit jeter un œil aux Allemands.

On doit faire quoi, ici ?

Rien.

Comment ça, rien ?

Surveiller.

Surveiller quoi ?

Ordres du commissaire.

Je vois rien, ferme ça !

Tu regarderas un autre jour.

Bonjour.

- On doit rester longtemps ? - Non.

Deux heures.

C'est quoi, ça ?

Il vient par ici.

Reste calme.

Guten Tag, inspecteur.

Il est nouveau ?

Oui, c'est le nouveau.

Andrés Expósito.

Andrés, voici Klaus.

Klaus Dreyer.

Andrés, bienvenue dans notre petit paradis.

Nous sommes tous désolés

pour votre prédécesseur.

Si vous voulez quelque chose Ă  boire,

n'hésitez pas à demander.

Bon courage.

Et merci beaucoup.

Il nous a remerciés.

On y va. C'est bon.

Ça y est, elle dort.

T'as pas froid ?

Cette maison est un tombeau.

Et cette humidité ! Je sais pas si je pourrai m'y faire.

Viens par ici.

Non, je suis crevée.

Lundi, on doit commencer à chercher une école pour septembre.

Il faudra aussi trouver un médecin pour la petite.

En espérant qu'il soit bien.

La pauvre,

elle m'a dit qu'elle avait encore mal.

Quel froid !

Papa, regarde, un château !

Bien joué !

Appelle la centrale, pour une plaque.

- D'accord. C'est pour quand ? - Hier.

T'as noté ?

Bonjour. Alberto, du commissariat de Denia.

Avec Madrid, le service des immatriculations.

C'est urgent.

Merci. Oui, j'attends.

- Vous n'ĂŞtes pas avec Colombo ? - C'est dimanche.

- Il s'est passé un truc ? - Non, mais vous le connaissez.

- Comment ça ? - Le weekend, il patrouille seul.

Les trois principaux accusés écopent de la peine maximale de 30 ans.

Il s'agit du lieutenant-général Milans del Bosch,

du général Armada y Comyn et du lieutenant-colonel Tejero Molina.

C'est donc ça que tu fais le weekend.

J'ai rien de mieux Ă  faire.

Surplombant la salle, le blason

du Conseil suprĂŞme du tribunal militaire,

où figurent les emblèmes des armées...

Tu bois pas un peu trop pour ton âge ?

Et toi, tu fumes pas un peu trop pour ton âge ?

L'autre jour, j'ai repéré un couple suspect qui pêchait.

Aujourd'hui, je l'ai revu en voiture.

J'ai noté le numéro de plaque. C'est une voiture de location.

Le contrat est au nom d'une entreprise qui vend des aspirateurs Ă  Paris.

Ça ne te dit rien ?

- T'as transmis l'info ? - Il n'y avait personne.

Ils ont pas l'air d'ĂŞtre du coin.

Écoute...

Il est temps que tu saches comment ça se passe, ici.

On n'est pas lĂ ...

pour surveiller les Allemands.

On est lĂ  pour veiller sur eux.

On nous envoie pour nous assurer que tout va bien.

Nous ne sommes que...

leurs chiens de garde.

Rien de plus.

VoilĂ .

RevoilĂ  le couple.

Qu'est-ce que tu fais ?

Attendez ! Une minute !

ArrĂŞtez-vous !

Sortez de lĂ  !

Sortez du véhicule !

Couvre-moi, j'y vais.

Ça va ?

Oui, ça va.

T'en fais pas pour moi.

Grouille-toi, vas-y !

Pas un geste !

Mais reste tranquille, putain !

Salaud ! Espèce de traître !

ArrĂŞte de bouger, putain !

Tu me dégoûtes !

Personne ne peut s'abaisser à ça.

Soyez maudits, toi,

tes enfants et toute leur descendance !

Et alors ?

Quoi, "et alors" ?

Bon sang, Dieu merci !

C'étaient des étrangers. On les a remis à Madrid.

J'ai du feu dans la poche de ma veste, lĂ -bas.

- On a prévenu ta famille ? - Qui ça ?

Ta femme.

Ma femme !

Ça fait 5 ans qu'on est séparés.

Désolé.

C'est la meilleure décision de ma vie.

Tu ne devrais pas fumer. Encore moins ici.

- Bonjour. - Bonjour, docteur.

Le docteur, c'est moi. Eux, ils sont étudiants.

Allez-y.

C'est leur première blessure par balle.

Ils sont tout excités.

- Pardon. - Pas de problème, j'ai l'habitude.

Juan, tu vas devoir rester quelques jours de plus

pour qu'on termine les examens.

Compris ?

Je me suis tiré une balle dans le pied, pas dans la tête.

Vous ĂŞtes un parent ?

Non, un collègue.

Policier aussi ?

- Juan, ta famille va venir te voir ? - Non.

D'accord. Ne t'inquiète pas.

Bon sang, ça fait mal !

Oui, c'est une blessure par balle. Ça fait déjà 4 fois...

C'est grave, docteur ? Il pourra bien remarcher ?

Il sera guéri d'ici quelques semaines.

La balle lui a juste traversé le cou-de-pied.

Mais je lui ai fait une radio du thorax.

Je n'avais pas vu des poumons aussi laids depuis longtemps.

J'aimerais faire d'autres examens et le garder.

Très bien. Merci.

Vous ĂŞtes nouveau ?

Je remplace l'inspecteur Boada.

- Vous avez trouvé le coupable ? - Pardon ?

Non, rien.

De quoi parlez-vous ?

Quand le légiste est arrivé, le corps était déjà à Alicante.

On m'avait appelée avant, mais juste pour constater le décès.

Il a des traces de piqûres au bras.

Manquait plus que ça.

Putain, quelle honte.

Chef, vous voulez que je commence Ă  interroger...

Non. Finissez vite fait et chacun chez soi.

Si ça s'apprend, ça va être un sacré merdier.

Je me suis rendu compte que ces traces étaient récentes.

Elles devaient remonter à quelques instants après sa mort.

Je l'ai dit à vos collègues.

Les traces d'aiguilles chez les héroïnomanes

présentent toujours des inflammations,

des croûtes ou des pustules.

Les siennes étaient propres.

- Vous en êtes sûre ? - Oui.

C'est le légiste de Valence qui a fait les tests sanguins.

Je ne les ai pas vus, mais je suis prĂŞte Ă  parier

qu'il ne s'est jamais piqué.

Le dossier est classé, c'est une affaire de drogue.

Je le sais. Mais il y a autre chose.

En examinant le corps, j'ai trouvé une autre marque.

Plus grande et plus profonde que les autres.

En plein cœur.

Comment va-t-il ?

Bien, il pourra remarcher dans quelques semaines.

Dieu merci.

- Le commissaire est lĂ  ? - Dans son bureau.

Non, pas celui-lĂ . L'autre.

- Et toi, ça va ? - Bien.

Bonjour. Monsieur...

Olé, olé, voilà notre torero espagnol !

Hier, il s'est fait deux voleurs armés à lui tout seul.

Deux belles bĂŞtes.

Quel héros !

Pas comme le socialiste qui s'est tiré dans le pied.

C'est pas sa faute. Son arme n'a pas de sécurité.

Foutaises.

Monsieur, j'aimerais vous parler.

Rafa, une tournée générale.

Pour le matador. Vive la furie espagnole !

Vous avez vu ?

Après les faits, deux revues locales sont parues.

Aucune n'en parle.

C'étaient des israélites ou des Israéliens, peu importe.

Il n'y a que nous deux qui sommes au courant, d'accord ?

- Que vont-ils devenir ? - Ça dépend de l'Intérieur.

C'est du ressort de Madrid.

Cette affaire ne nous regarde pas. Ni toi ni moi.

T'en as dans le froc.

Et t'as pris un très bon départ, Expósito.

On manque de gars comme toi, maintenant plus que jamais.

J'ai parlé à Valence.

On parle déjà de ta promotion.

Continue comme ça

et tu seras le plus jeune inspecteur de la province.

Putain, je suis en retard.

HĂ©, tout le monde ! Portons un toast !

Ă€ la police espagnole,

Ă  cet homme,

et à Juan Gómez González, dit "Juanito" !

Santé !

Que Dieu vous garde. Salut !

Deuxième tournée, pour la maison.

Arriba España !

Arriba España !

Du nerf, bande de chiffes molles.

Arriba España !

- Alors ? - Il a eu de la chance.

La balle lui a traversé pied proprement.

Heureusement.

Allez, on y va.

J'ai gardé les affaires de Boada dans cette boîte.

Il n'y a pas grand-chose et j'ai jeté les revues,

mais il y a des choses intéressantes.

Je voulais les amener à sa veuve, mais on m'a ordonné de tout jeter.

Mais si tu as besoin de quelque chose...

Garde-la.

Il jouait tout le temps avec.

Il avait ses tics, comme nous tous.

Et ces briquets ?

Prends-en un.

Je ne fume pas.

Le dossier complet de Boada est toujours dans l'armoire.

Mais il peut disparaître à tout moment.

José Luis était un homme bien.

À son arrivée, il avait des rêves. Comme nous tous.

Puis la vie les brise peu Ă  peu, sans qu'on s'en rende compte.

Ne laisse pas cet endroit te changer comme il nous a changés.

Qu'y avait-il entre Marica et Boada ?

Boada se la tapait, tout le monde le sait.

- Enfin, je veux dire... - C'est bon.

Enfin, ils étaient...

AllĂ´ ? Oui, il vient d'arriver.

Très bien, je vous le passe.

Pas de quoi, madame.

C'est ta femme. Et elle a l'air contente.

Viens !

- Qu'est-ce qu'on fait lĂ  ? - Tais-toi, tu verras.

Par ici, dépêche-toi. Allez !

- Qu'est-ce que c'est ? - Notre nouvelle maison, mon amour !

Cent mètres carrés, une cheminée... On a une cheminée !

Deux salles de bain, une cuisine complètement équipée,

une piscine commune, un garage.

Et cette vue magnifique !

Regarde !

Souris un peu ! On peut se réjouir, non ?

Et la terrasse, viens voir !

Seigneur, quelle vue !

La petite en est folle.

Pas vrai, trésor ?

Papa, y a des balançoires, une piscine et on voit les vagues !

Combien ça coûte ?

Rien.

Rien ?

On paierait le mĂŞme loyer qu'Ă  l'autre. Pas plus.

Tout ça, c'est grâce à ton ami Klaus. Et charges communes comprises.

- Quel Klaus ? - Ton ami allemand.

L'agence appartient Ă  un de ses amis.

Et ceci, c'est pour te remercier pour ce que tu as fait hier.

Je sais pas, mais il a parlé de toi comme d'un héros.

Nous sommes une communauté pacifique, des personnes calmes

qui ne demandent qu'Ă  passer leurs derniers jours en paix.

Mon père a bâti cet hôtel il y a 30 ans.

C'était son rêve. Et moi, je marche dans ses pas.

Ton pays nous fait un grand cadeau : le soleil.

Nous ne sommes là que pour en profiter sans déranger qui que ce soit.

Pour l'appartement, c'est le moins qu'on puisse faire.

Quand j'ai vu ta maison...

Je ne peux pas laisser quelqu'un comme toi vivre comme ça.

Merci beaucoup, mais...

On va boire un schnaps en ton honneur.

Et ce n'est pas tout.

C'est pour toi.

Prends-la.

Tu ne vas pas l'ouvrir ?

C'est un souvenir.

- Je ne peux pas l'accepter. - Mais si.

En souvenir de ce que tu as fait, comme une médaille.

Alors, on a de la visite ?

C'est un honneur de vous rencontrer.

Asseyez-vous.

La montre vous plaît ?

Elle est allemande ?

Non, elle est suisse.

Sur ce plan et celui du chocolat, on n'a pas encore réussi à les dépasser.

D'après vous, qui va gagner ?

Les élections ?

La politique ne nous intéresse pas.

L'Espagne a une très bonne équipe. Avec beaucoup de caractère.

Mais en fin de compte,

ce n'est pas suffisant.

Nous, nous avons un système.

Et une discipline de jeu.

Et ça, c'est important.

Nous avons aussi...

Une arme secrète.

Nous avons une arme secrète :

Karl-Heinz...

Rummenigge !

Santé !

Pour la 15, je tenterais cortisone et bronchodilatateurs pour voir...

comment ça évolue.

Un instant, s'il vous plaît.

Puis vous me faites un rapport. Merci beaucoup.

Inspecteur.

Inspecteur adjoint, pour l'instant.

Étrange, on n'arrête pas de se tromper.

Je me suis juste trompé de personne. Pardon, docteur.

LĂ , je vois que c'est vous le chef.

Je suis médecin, mais je n'ai pas beaucoup de poids.

Je suis remplaçante, comme vous. Pour un arrêt de quelques mois.

Ici, une femme, qui plus est de classe ouvrière,

n'est le chef de rien.

Je peux vous parler ?

J'ai eu accès au rapport du légiste de Boada.

Vous aviez raison.

Pas de stupéfiants dans le sang.

Juste de l'alcool, de la paraffine,

du benzène, du méthanol, du plomb...

C'est de l'essence.

- De l'essence ? - Oui.

Pourquoi s'injecter de l'essence ? Ça défonce ?

Aucune personne saine d'esprit ne s'injecterait ça.

La mort serait quasi immédiate.

Quasi, car dans l'intervalle, la douleur serait atroce.

Je vois... Merci.

Je peux t'appeler Andrés ?

J'aimerais te demander un service personnel.

Ça n'entre pas dans le cadre de tes devoirs de policier

donc si c'est non, je comprendrai.

J'ai refait des examens à ton collègue et je n'ai plus aucun doute.

La maladie s'est propagée très vite.

Quelle maladie ?

Il a un cancer en phase terminale.

On peut ?

Oui, bien sûr.

Quoi ?

La première fois que j'ai vu Andrés, je l'ai pris pour un pauvre type.

Juan...

Nous sommes lĂ  pour t'annoncer quelque chose d'important.

Ces derniers jours, je t'ai fait passer des examens...

Il était très timide et un peu balourd.

Nous t'avons découvert une tumeur au poumon gauche.

Mais ce jour-lĂ ,

quand j'ai annoncé le diagnostic à son collègue...

Je me suis rendu compte qu'il était différent.

Je ne savais pas pourquoi, mais...

Je pouvais ressentir une grande souffrance en lui.

Il ressentait la souffrance des autres comme si c'était la sienne.

Je te raconte tout ça, mais si ça se trouve, je te gonfle.

Non, tout m'intéresse.

Se représenter les personnages,

c'est toujours bien pour construire une histoire.

Je suis contente que ça te serve.

- Tu veux du sucre ? - Non, merci.

Au bout d'un temps, Juan est sorti de l'hĂ´pital.

Dans son état, inutile de le garder. On ne pouvait plus rien faire.

Je pense que les patients en phase terminale

méritent de passer leurs derniers jours dignement.

HĂ©, Colombo !

T'es vivant ?

Comment tu vas ?

Mieux. Ils viennent de me lâcher.

Je peux respirer tranquille.

Tu fais quoi ?

Je voulais m'en occuper depuis un moment.

J'ai changé les bougies et le carburateur.

Et nettoyé les cylindres, qui ne compressaient plus.

Et j'ai ajouté un turbo. Regarde.

Ça ajoute de l'oxygène au mélange.

La voiture roule plus vite.

C'est un truc de loubards de Madrid.

T'aurais dû être mécano.

- Plus d'argent et de tranquillité. - J'ai failli.

Au fait, va falloir que tu m'expliques

comment cette épave n'affiche que 90 km.

Vu son piteux état, elle a au moins fait 600 000 km.

Vous avez fait le tour du monde avec ?

Je sors pas du village, j'aime pas conduire.

- Quelqu'un d'autre l'a prise récemment ? - Non, personne.

Seuls Boada et moi nous en servions. Personne d'autre.

Je la lave ? C'est pas avec ça que vous pourrez draguer.

Boada prenait-il souvent la voiture à des fins privées ?

Tous les mois, il disparaissait trois jours avec.

Je pensais que tu le savais.

Première nouvelle.

- Tu sais oĂą il allait ? - Non.

Passe-moi ça.

Attends...

Boada avait le mĂŞme.

Boada, moi et tout le village.

- Tu vas souvent au Charli's ? - Dès que possible.

En fonction de ma paie. Mais moins que Boada.

Puisse-t-il reposer en paix, le pauvre.

Boada était tout le temps là-bas. C'était sa deuxième maison.

Je ne l'accompagnais pas.

Les derniers temps, c'était difficile de le suivre.

Tu sais quoi ?

Ça fait un bail que je suis pas sorti.

Tu fais quoi, cet après-midi ?

Moi ?

J'ai rendez-vous avec Bárbara Rey.

Salut, chéri.

Une bière.

Et pour le joli cœur ?

Sois polie ou il fait fermer ton claque.

Ça va, mon petit poulet.

Faut rire un peu, dans la vie. Non ?

Mets-lui un cognac.

Les consommations...

Et la monnaie.

C'est quoi, ça ?

Les taxes.

Elle graissait sûrement la patte à Boada et elle pense continuer.

On voudrait te poser une question sur...

L'autre, Boada.

Le mort ?

Il m'adressait Ă  peine la parole.

Ces dernières années, il montait avec Miriam.

Ils étaient comme cul et chemise, tu vois ?

Je l'appelle ?

Salut, mon mignon.

Il paraît que tu veux me parler ?

Non, pas moi. Lui.

Monte avec lui.

C'est la maison qui régale.

T'es très mignon.

- Viens, on va s'amuser. - Je veux juste parler.

Bien sûr... On va parler.

Tu m'as amené des cadeaux ?

Quels cadeaux ?

José Luis m'en apportait toujours.

De la poudre magique...

Du cheval ?

Du cheval, oui.

Je crois qu'il doit m'en rester par ici.

Et voilĂ .

Qu'est-ce que tu fais ?

Je me pique pas.

Je suis pas dingue.

Je ne fais que sniffer, un tout petit peu.

Ça va te détendre.

Parce que...

je te sens un peu tendu.

Qu'est-ce que tu fais ?

Je garde ça le temps que tu me répondes.

- T'es un connard... - T'as pas idée.

Se balader sans papiers, c'est dangereux.

Et un gros fils de pute.

Boada... Il en prenait aussi ?

De la coke, quand on en avait.

Des pilules et beaucoup d'alcool.

C'était une perle.

Mais le cheval, il y touchait pas.

Regarde.

Tu connais les deux types avec lui ?

Regarde.

Aucune idée de qui c'est.

Mais c'est à Bilbao. C'est la place San José.

J'y ai travaillé pendant deux ans quand j'étais môme.

José Luis allait souvent à Bilbao.

Il ramenait la came de lĂ .

Je le sais, parce que quand il rentrait... Il me ramenait des cadeaux.

Donc, il revendait.

Il ne faisait que m'en donner.

- Un petit peu. - C'est ça. Et comment tu le sais ?

Si tu m'embrasses comme si j'étais ta copine,

je te dirai un secret.

Je te propose autre chose.

Si tu me dis ce secret,

je te rends tes papiers.

Un jour,

il m'a dit que cette merde,

c'était seulement pour les Gitans.

- Pour les Gitans ? - Rien que pour eux.

- T'en es sûre ? - Oui.

Au fait...

Ce qu'a dit la patronne Ă  propos de l'invitation,

ça tient toujours ?

Évidemment, chéri.

Ce n'est pas pour moi, mais pour mon ami.

J'ai ramené des renforts !

C'est samedi soir

Et ma mère me dit "Reste, viens t'asseoir."

Mais c'est samedi soir Non, je sors boire !

Bonjour, inspecteurs.

Et alors, on se fait plaisir, Ă  la police nationale ?

Mes hommages, cher cavalier espagnol.

- Qu'est-ce que tu fais lĂ , toi ? - Rien. Et toi ?

- Je travaille. - C'est ça.

Et votre pied, inspecteur ?

Au fait, on tire pas ces balles-lĂ  avec le pied.

Mes hommages.

D'oĂą tu connais ce petit con ?

C'est mon fils.

Viens, aide-moi un peu.

- Attention. - Oui, ne t'inquiète pas.

Viens, monte !

Suis-moi.

Voyons voir. OĂą est-elle ?

Tu vis vraiment ici ?

Te voilĂ  !

Je l'ai trouvée !

VoilĂ , tiens.

Bienvenue sur l'Albatros.

Colombo, tu sais si Boada avait des problèmes avec l'ETA ?

Quoi ?

Il ramenait de la came de Bilbao.

Tu le savais ?

Boada travaillait Ă  Bilbao avant d'atterrir ici.

C'est une photo de l'époque.

LĂ -bas, il avait des amis et des relations, mais rien de plus.

L'ETA !

Ces guerres ne l'empĂŞchaient pas de dormir.

Tiens, bois.

Tu sais quoi ?

Je sais pourquoi j'ai chopé cette merde.

- Parce que tu fumes comme un pompier ? - Mon cul.

J'ai ça parce que...

Parce que j'ai tu tous ces trucs.

Parce que j'ai été trop con.

Parce que j'ai obéi et que... je les ai aidés à cacher tout ça

et puis que j'ai baissé la tête.

Toutes ces choses restent en toi.

Et avec le temps,

tu pourris de l'intérieur.

Je dois y aller.

Tu ne devrais pas porter cette montre.

Pas toi.

Je peux savoir où tu étais ?

J'étais inquiète.

T'es encore bourré ?

Tu me dégoûtes.

On a reçu une invitation de tes amis allemands.

Je n'ai rien Ă  me mettre.

Mais c'est dans un mois, je trouverai bien.

Lola...

FĂŠTE ANNUELLE DU PRINTEMPS

Merci beaucoup.

Regarde-moi ça...

Mon Dieu, quelle classe !

On les croirait sortis tout droit d'un magazine !

Dire que tu ne voulais pas venir.

- Une demi-heure. - Je ne connais personne, ici.

On doit se faire des relations. Et ces gens...

Ces gens seront parfaits pour nous.

Tu as vu comme tout est joli ?

Quel bon goût !

Regarde...

- On y va. - Tu ne peux pas me faire ça.

Pardon, je ne comprends pas.

Que vous portez une très belle robe.

Merci !

Et que vous devez me donner le nom de votre styliste.

Mon styliste ?

Je l'ai faite moi-mĂŞme.

Je couds.

Avant le mariage, j'étais styliste. Enfin... apprentie.

- Vous avez beaucoup de goût. - Merci.

C'est très joli.

Käthe Bauer.

C'est un plaisir.

Moi, c'est Dolores. Enchantée.

Et voici mon mari, Andrés.

Enchantée.

Et cette jolie petite fille ?

Dis "bonsoir".

Voici JĂĽrgen, mon mari.

Je te présente Dolores et...

C'est votre premier anniversaire du FĂĽhrer ?

Cette bande de fous le fĂŞte tous les 20 avril depuis...

je ne sais plus quand.

Quel est votre métier, si je peux demander ?

- Je suis policier. - Un métier d'avenir !

Je suis dans l'immobilier.

J'habite dans votre beau village depuis 10 ans, déjà.

Au début, c'était difficile de s'installer,

mais maintenant, les affaires ont le vent en poupe.

Nous possédons plusieurs immeubles à appartements.

Et nous sommes en plein essor Ă  Calpe, Altea et Benidorm.

Dans ce pays, la démocratie a de plus en plus de pouvoir.

Et c'est bon pour les affaires.

Vous n'avez jamais songé à investir ?

Eh bien, si ça arrive, investissez dans la brique.

C'est ce qu'il y a de plus sûr, je vous le dis.

Si ça vous tente, n'hésitez pas à nous contacter.

Nous vous aiderons avec plaisir.

Il faut avancer.

Seuls les idiots sont à la traîne.

Cet allemand est fou.

Allons-y.

- Quoi ? - On y va. Maintenant.

Attends. OĂą est la petite ?

Comment ça ?

- Où est-elle ? - Elle était là il y a un instant.

Trésor, où es-tu ?

Merde. Fait chier.

Chérie ?

- Chérie, qu'est-ce que tu fais là ? - Ah, c'est vous ?

Vous avez une très gentille fille.

Coucou, papa !

Asseyez-vous près de nous.

Il faut surveiller le genou de cette jolie petite fille.

Ce n'est qu'une légère ostéomyélite,

mais il faut la surveiller.

- Chérie, viens ici. - Qu'est-ce qui vous prend ?

Mon Dieu, où étais-tu, chérie ?

Voilà, mystère résolu.

On y va. Maintenant !

Andrés, ça va ?

Tu m'expliques ?

Tu vas oĂą, maintenant ?

Colombo, t'es lĂ  ?

Réveille-toi !

Quelle heure il est ?

Il te rappelle quelqu'un ?

C'est le père de Klaus.

Le général Dreyer. Le fondateur des bungalows.

C'était un fonctionnaire discret de la Gestapo.

Pendant la guerre,

il est monté en grade et il a fini chef des transports de la SS.

C'était le bras droit d'Adolf Eichmann,

le plus haut responsable de la "solution finale".

Il a signé lui-même les ordres de déportation de milliers de personnes

vers les camps de concentration pour les exterminer.

Condamné à mort par contumace à Nuremberg.

Et lui, tu le reconnais ?

Il n'avait que 25 ans, lĂ .

Mais il était à la fête.

Ils l'appellent tous Oscar, mais son vrai nom, c'est Otto Heckel.

Il était Untersturmführer dans la SS.

Condamné à perpétuité en Hollande pour crime contre l'humanité.

Il dirigeait les Tulipes noires,

un groupe de répression

responsable de l'exécution de milliers de personnes à Amsterdam.

Et lui, lĂ  ?

C'est...

Je rassemble ces preuves depuis des années.

Je note chaque entrée et chaque sortie.

J'identifie chacun de ces meurtriers.

Et lui ?

Lui, c'est...

Bingo ! Le gros bonnet !

Le docteur Aribert Heim.

Avec Josef Mengele, le médecin d'Auschwitz,

c'est l'un des trois nazis les plus recherchés au monde.

Le docteur Heim était le médecin du camp de Mauthausen.

Il était connu pour ses expérimentations tordues.

Il utilisait les prisonniers comme cobayes.

Il est accusé d'avoir torturé et tué des milliers de gens.

Surtout des enfants.

Pendant la guerre,

on le surnommait "docteur la Mort".

Mais les prisonniers espagnols le surnommaient "Banderillero".

Regarde.

Dans cet article, un prisonnier du camp explique

comment lui et 22 autres ont été empoisonnés par Heim lui-même.

Des injections d'essence en plein cœur.

On dirait bien que Heim

se délectait de la souffrance de ses victimes.

Qu'envisages-tu de faire de tout ça ?

Attendre.

Jusqu'à présent, la démocratie n'est qu'une blague.

Une pirouette pour nous faire croire que les choses ont changé,

mais c'est toujours les mĂŞmes qui dirigent.

Jusqu'à présent, on ne peut rien faire. Mais bientôt...

Après les élections, les choses vont changer. Pour de bon.

LĂ , ce sera Ă  nous de jouer.

Mais en attendant, on ne peut faire qu'une chose :

attendre.

Attendre.

PAIN, TRAVAIL ET LIBERTÉ

Que la petite vive avec un mourant ? N'y pense mĂŞme pas !

Qu'est-ce que tu fais ?

Je peux savoir ce que tu fais ?

- Regarde-moi quand je te parle ! - Ne crie pas.

Je vais rester avec lui jusqu'Ă  ce qu'il aille mieux. Ou pas.

Ma chérie, papa s'en va pendant quelques jours.

Mais il t'aime très fort.

Fais-moi un bisou.

Où vas-tu, Andrés ? Dis-le-moi !

Si tu passes cette porte, ne t'avise pas de revenir !

En pleine ovation, les 24 drapeaux se déploient en cercle.

Ils représentent les 24 pays qui participent à cette Coupe du monde.

Ce moment précis est porteur d'un message de paix.

On descendrait pas fumer une clope ?

Juste une.

Change de chaîne.

... présent dans le cœur de tous les Espagnols.

On assiste ici à une présentation en société un peu brutale.

Tu préfères ça ?

Sans déconner...

Va falloir émigrer si t'aimes pas le foot.

Il y a trop de monde dans les couloirs, on ne peut pas travailler.

Bonjour.

Pardon. Bonjour.

Désolée, mais ça fait des jours que ça dure.

Comment tu te sens ?

Cette semaine, deux autres gamins sont morts.

Encore des Gitans. Syndrome aigu de manque.

Celui d'aujourd'hui s'est suicidé.

Si on n'était pas là où on est,

je dirais que c'est un nettoyage ethnique en règle.

Je ne comprends pas, on dirait que seuls les Gitans prennent de l'héroïne.

On la leur fournissait.

Celui qui la leur vendait pour presque rien a disparu.

Comment ça ?

Il est mort.

C'était Boada.

Planque ça, c'est un flic.

Passe-moi ça. Allez, passe-le-moi.

On va discuter un peu.

Et de quoi, si on sait rien ?

Du flic dont on a retrouvé le cadavre ici.

- Et qui vous refilait de l'héro. - On sait rien.

- Tu veux nous faire porter le chapeau ? - J'ai pas dit ça.

On n'est pas fous au point de tuer un flic.

Ce qui arrive, c'est déjà assez.

Cousin ! Ils sont déjà là !

Tu vois, mon pote ? Ça a déjà commencé.

OĂą allons-nous vivre ?

On n'a plus de maison !

Ça va ?

Pas du tout, chef.

Viens, je t'emmène à l'hôpital. On t'aidera, là-bas.

Au fil des semaines,

je fréquentais plus Andrés.

Il venait voir son collègue presque tous les jours.

Il restait des heures.

Parfois, il passait mĂŞme la nuit.

Et un après-midi,

je ne sais pas trop comment...

Je comprends, mais je...

Bien, Ă  plus tard.

- Bonjour. - Ça va ?

Tu viens passer la nuit avec Juan ?

Oui, je reste autant que je peux.

Il n'aime pas ĂŞtre seul.

Personne n'aime ĂŞtre seul.

Personne.

J'ai besoin de prendre un peu l'air.

Ça te dirait d'aller boire un verre ?

Tu m'invites Ă  sortir ?

Le soir, quand je regarde le ciel, j'aime penser

que ce que je vois, c'est le passé.

Pourquoi ?

L'étoile Polaire...

est à 400 années-lumière.

Donc, quand tu la regardes,

tu la vois comme elle était il y a très longtemps.

C'est le temps que met la lumière pour arriver ici.

Quand j'étais petite, mon père m'emmenait pêcher à la plage.

Il m'expliquait tout ça. Ça me fait penser à lui.

Petit, j'aimais aussi regarder le ciel.

Je le contemplais des heures.

On m'avait dit que mes parents étaient là-haut.

Du coup, je le regardais longtemps. Je croyais pouvoir les apercevoir.

Ils sont morts ?

Je ne les ai jamais connus.

J'ai été élevé par les services sociaux.

Dans...

un orphelinat.

Quelle horreur.

Ça a été difficile.

Mais je n'en veux Ă  personne.

Sans ces gens, je ne serais rien.

Ils m'ont donné une éducation.

J'ai pu étudier la mécanique puis entrer dans la police.

Je suis désolée.

Ça a dû être très difficile, je n'imagine même pas.

Tu ramènes beaucoup de nanas dans ce rafiot de merde ?

Eva ?

C'est quoi, tout ça ?

Regarde.

De l'essence injectée dans le cœur.

Ça te parle ?

La grande passion de Heim, alias "docteur la Mort".

Bon sang, mais c'est...

Lui...

et tous ces salauds se dorent la pilule ici depuis des années.

Et Boada travaillait pour eux.

Il ramenait de l'héroïne des bas-fonds de Bilbao

pour rendre les Gitans accros et détruire le village.

L'administration a autorisé la démolition des bidonvilles

et la construction d'un complexe géré...

par l'agence immobilière Promosol.

Tu sais qui dirige cette entreprise ?

Tous ces types.

Les Israéliens étaient là pour l'un d'eux.

Pour Heim, sans doute. C'est lui, le gros bonnet.

Mais il y a un truc que je ne comprends pas.

Quoi ?

Pourquoi éliminer Boada, s'il travaillait pour eux ?

Rafa !

Laisse ça et viens m'aider, bordel !

C'était le contraste et pas la lumière, imbéciles !

C'est toi, la lumière !

Regardez !

On dirait des singes.

Des Indiens sortis de la forĂŞt ! Manque plus que les sarbacanes !

- Va voir le match. - Vraiment ? Tu restes pas ?

Merci.

Mon petit doigt m'a dit que tu posais des questions

et que tu fouinais dans une affaire classée.

Tu sais de quoi je parle. Je n'aime pas me répéter.

Donc, pour la dernière fois...

Laisse tomber cette affaire ou tu vas le regretter.

Tu ne réponds pas ?

Fait chier.

On assiste à la rébellion des petits.

T'aimes le football, maintenant ?

Ça va ?

Ça va pas très fort.

- Vraiment pas très fort. - Attends.

S'il vous plaît, par ici ! Il saigne beaucoup !

Par ici !

Attention !

Comme ça, doucement. Ça va aller.

Va vite chercher le médecin ! Dépêche !

Non, attends. Attends !

OĂą tu vas ?

T'es venu voir ton père. Pourquoi tu montes pas ?

- Je suis pas là pour lui. - T'étais là comme ça ?

Je suis pas venu le voir. C'est un lâche et un rouge.

T'as aucune idée de qui est ton père. Tu m'entends ?

Je peux y aller ?

Écoute, je me serais coupé un bras pour pouvoir parler à mon père,

ne fût-ce que 5 minutes. Crois-moi.

Je peux y aller ou tu vas m'arrĂŞter ?

Je sais pas. T'as quelque chose Ă  te reprocher ?

Sacré plongeon du gardien du Honduras.

Voyons maintenant les conséquences de ce match nul

sur le classement de la sélection nationale.

Bonjour, ici Valence.

"Plongeon Ă  la hondurienne", titrait ce matin un journal sportif

en référence au match d'hier au stade Luis Casanova.

Ce plongeon pèse toujours sur le moral des supporters espagnols.

Tout le monde regarde ce truc.

Change de chaîne.

Change.

... n'est pas forcément dangereuse. C'est différent avec la veuve noire.

Mieux ?

Elle a l'air d'une araignée normale, mais peut être mortelle.

Nous ne pouvons pas montrer le mâle.

Comme cela arrive habituellement, la veuve noire l'a dévoré.

La veuve...

- Tu sais oĂą vivait Boada ? - Quelle veuve ?

Nom de Dieu ! J'habite dans le bloc en face.

On est lĂ  pour quoi ?

Chercher son appartement. Rosario Fernández.

Trouvé !

José Luis Boada, Rosario Fernández, 4B.

C'est parti.

Et quoi, je monte avec toi ?

- Et je dis quoi ? - Viens.

Sonne.

Encore.

Personne. On fait quoi ?

On entre.

Comment ça, "on entre" ?

- T'as appris ça à l'Académie ? - Non, à l'école de la vie.

C'est évident, elle est partie.

- On cherche quoi ? - Un indice.

Peu importe quoi, si ça nous mène à elle.

Viens voir !

Quoi ?

- C'est quoi ? - Des barbituriques, en masse.

Un hypnotique puissant contre l'anxiété et la dépression.

Cette femme va très mal. Et elle est accro.

OĂą qu'elle soit, elle doit en avoir besoin.

Donc elle doit toujours voir son psychiatre.

- On doit trouver ce psy. - Oui, mais il n'y en a pas ici.

On l'a sûrement envoyée à l'hôpital d'Alicante.

Ils ont son dossier, alors.

Si elle a eu une prescription récemment, ses données peuvent être à jour.

Si c'est un bon médecin, il l'aura fait. Tu le ferais, toi ?

Je suis un très bon médecin.

C'est très surveillé. Il y a des caméras partout.

Et on rentre comment, alors ?

J'ai un truc qui marche Ă  chaque fois, mais pas tout le temps.

C'est quoi ?

Qui est-ce ?

Moi.

Après vous.

Par ici, je vous prie.

Ça me plaît bien.

Tu crois que tout ça vaut combien ?

Ils sont lĂ , madame.

Merci, Victor. Tu peux disposer.

Entrez.

Venez vous asseoir.

J'ai engagé un majordome canon,

et finalement, c'est une vraie gonzesse.

Son mec le rejoint le soir et ils le font dans la piscine.

Comme si je l'ignorais !

Au moins, la vue est agréable. Vous êtes de la police ?

Je remplace José Luis, feu votre mari.

Je vois que la police s'améliore avec ce changement.

- En quoi puis-je vous aider ? - Vous avez investi en sécurité.

- Que craignez-vous ? - Les voleurs.

Je me fie peu Ă  la police.

J'ai passé ma vie avec un flic.

Saviez-vous que José Luis travaillait pour les Allemands ?

J'ai des raisons de croire qu'ils l'ont liquidé.

Et qu'avant de le tuer, ils l'ont torturé de manière répétée.

Tu es de la police aussi ? Ça ne te va pas.

Tu es allée à l'université. Si seulement j'avais pu étudier !

Mais à mon époque, jamais !

Vous n'ĂŞtes pas surprise ?

Évidemment que non.

Rien de ce qu'il a pu faire ne me surprend.

Avant, il n'était pas comme ça.

Puis c'est devenu un salaud, comme eux.

Cet endroit te changera. Tu verras.

Ils payaient bien au point de pouvoir acheter tout ça ?

Certes, ils nous ont laissé l'appartement.

Et ce gros allemand, Klaus...

Il lui a aussi offert une magnifique montre en or.

Mais ils payaient des cacahuètes.

Certains recevaient de l'argent, mais lui, rien.

En plus de la picole, il aimait les putes.

Et tout ça, ce n'est pas gratuit.

Cette maison, je l'ai achetée avec mes économies.

Avec ce que j'avais sous le matelas.

Est-ce un crime de vouloir vivre plus confortablement ?

C'est très cher.

Une édition limitée de Chanel achetée à Paris.

Quelle belle ville ! Tu y es déjà allée ?

Non, mais j'adorerais.

Ça vous plairait.

- Les boutiques, les restaurants... - Quand y êtes-vous allée ?

- Où ça ? - À Paris.

Attention, je peux vérifier.

Il y a deux mois, pour un weekend shopping.

Le shopping est-il un crime aussi ?

Tu ne peux pas laisser tomber, n'est-ce pas ?

Quoi ?

L'affaire.

Je sais pourquoi t'y arrives pas.

ExpĂłsito.

C'est ainsi qu'on appelle les enfants élevés par les services sociaux.

LĂ -bas, on leur vole tout.

Leur nom, leur enfance...

Tu n'es pas idiot, Andrés.

Tu sais que c'est lĂ  qu'on enfermait les enfants des rouges,

des fusillés et de ceux qui avaient perdu la guerre.

Et tu sais qu'avec les Allemands,

c'est la mĂŞme merde.

C'est pour ça que tu peux pas laisser tomber.

Tout est lĂ .

Les noms, les dates...

Je veux que tu le fasses.

Que je fasse quoi ?

Je veux que tout le monde sache.

Quand les socialistes gagneront, ce sera Ă  nous de jouer.

Dis-moi que tu le feras. Promets-moi que tu le feras.

Je le ferai.

Promis.

Récompense pour l'arrestation d'Aribert Heim

Les israélites ou les Israéliens, peu importe.

Ils avaient une voiture au nom d'une entreprise située à Paris.

Puis l'autre jour, chez la veuve, encore Paris.

Paris était la clé. Lis ça.

"Le centre Wiesenthal offrira 500 000 dollars Ă  quiconque

fournira une piste conduisant au repaire d'Aribert Heim."

La veuve a ramené plus que du parfum.

Elle a ramené 70 millions de pesetas.

Boada en a eu marre de voir passer des mallettes

sans jamais en recevoir une.

Les Allemands le traitaient bien. L'appartement...

La montre.

Parfois un salaire pour faire la mule, mais il voulait plus. Beaucoup plus.

Il a menacé de les dénoncer aux Juifs.

Et il l'a fait.

Voilà pourquoi ils l'ont tué.

C'est terminé, alors ?

Affaire classée.

Non, on ne sait pas qui l'a liquidé.

Si, tu viens de le dire, les Allemands.

Au bout du compte, au dernier moment,

un seul individu appuie sur la détente.

Ou enfonce l'aiguille.

Je vais remettre toutes les infos de Colombo Ă  Paris.

Et je vais le faire gratos. Pas comme le macchabée.

Ça me fait peur que tu continues.

Laisse tomber, s'il te plaît. Écoute-moi.

- Je ne veux pas te perdre. - Non. Eva...

Ce monde est rempli d'enfoirés qui font chier constamment.

Ils sont casse-couilles, mais on s'y habitue.

Mais lĂ , c'est pas pareil.

On parle d'un autre type d'enfoirés.

Les gros fils de putes.

Et on dirait que j'ai atterri lĂ  oĂą ils se cachent tous.

Je ne veux pas quitter ce village.

Mais je ne veux pas d'eux ici.

Rien.

- Je dois y aller, on m'attend. - Moi, je reste.

VoilĂ  la grandeur du changement !

La grande puissance du changement !

Que nous pouvons tous offrir

à ceux qui viendront après nous.

Passe, c'est mon tour.

Prenez-en de la graine.

Bon. À toi, petit.

On va voir si tu vises comme ton père.

C'est un Luger. Il a fait Stalingrad.

Non, Ă  lui d'y aller. Donne.

Andrés, t'es là ?

Je te l'ai déjà dit, c'est : "K1, ici la centrale."

Oui. K1, ici la centrale. Je répète : K1, ici la centrale.

Bien. Ici K1, Ă  vous.

C'est Colombo... L'hôpital a appelé. Terminé.

... et à sa famille et ses proches, à nous tous qui sommes restés ici-bas,

accorde-nous de trouver la consolation dans la foi

jusqu'Ă  ce que soit venu le moment de le rejoindre nous aussi,

à Tes côtés, au sein de Ton royaume éternel.

Au nom de Jésus-Christ, Notre Seigneur.

Allez en paix.

C'est un coup dur, mais tu es fort.

Et tu es l'homme de la maison. Tu dois prendre soin de ta mère.

Un dimanche, on ira voir les taureaux Ă  Alicante.

La mort de son collègue a beaucoup touché Andrés.

Il a changé.

Cette affaire l'obsédait.

Il cherchait des indices et se repassait les détails.

Jusqu'Ă  ce fameux jour.

C'était pendant la finale de la Coupe du monde.

Un après-midi de juillet.

C'était une finale inintéressante, comme on avait été éliminés.

Le match n'intéressait personne.

Enfin, si.

Les étrangers.

Les Allemands et les Italiens devenaient fous.

Vas-y, putain.

Tu vas oĂą, bordel ?

On ne bouge plus !

Espèce d'imbécile !

Reste tranquille, putain !

Par ici !

Vite ! Celui-ci !

- Pas un geste ! - Ne tirez pas !

Je ne bouge pas !

Sors !

Dégage, putain !

Viens ici !

Et merde.

Bordel !

Il fait chier avec sa putain de 127.

Bordel de merde.

Viens.

Viens par ici !

Reste lĂ , ducon !

Ne bouge pas.

Eh oui... C'était moi.

Boada n'était pas un junkie.

On lui a fait les marques au bras pour tromper la galerie.

Cette nuit-lĂ ...

je me suis laissé emporter par l'émotion.

J'ai été trop vite, putain.

Après coup, le docteur m'a dit

qu'il fallait faire ça très lentement.

Regarde-moi.

Regarde-moi, enfoiré. Je veux voir ça.

Putain, regarde-moi.

Je veux voir la mort sur ton visage.

Dis-moi que tu le feras.

Promets-le-moi.

Soyez maudits, toi,

tes enfants et toute leur descendance !

Promets-moi que tu le feras.

Salaud ! Espèce de traître !

Bordel de merde !

Prends-le...

et t'es mort.

Sors de lĂ .

Les clés !

Avance.

Rouge de merde !

Ce qui s'est passé...

J'ignore comment il a fait,

mais il n'a pas fallu 5 minutes à Andrés pour obtenir des aveux.

Le meurtre de Boada avait été commandité par Klaus,

en échange d'une Mercedes.

Il revient !

Les papiers étaient toujours dans la boîte à gants

et au nom de Klaus.

Ça a suffi pour obtenir un mandat d'arrestation.

Karl Dreyer, vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre de Boada.

Andrés, j'ai droit à un avocat !

Donc il les a eus ? Il a élucidé l'affaire ?

Il y a bien eu un procès.

Mais Andrés n'a rien pu faire, car il s'est retrouvé sans preuve.

Ils avaient tout brûlé.

Klaus et les autres assassins ont été blanchis,

car les Allemands avaient engagé les meilleurs avocats de Madrid.

Andrés était seul.

Je l'ai soutenu autant que j'ai pu.

Je lui ai trouvé un avocat.

Un vieil ami qui a fait tout ce qui était en son pouvoir.

À la fin du procès, Andrés était anéanti, incapable de parler.

Non, vraiment. C'est pas le moment.

Je me rappelle avoir répondu à la question d'un journaliste.

D'oĂą...

cet article.

Et ta présence ici.

Ça a dû être très dur pour lui.

Il a été licencié, bien sûr.

Mais le plus dur, ça a été de perdre sa fille.

Il l'aimait plus que tout au monde.

Cette femme

l'en a éloignée...

Puis elles se sont volatilisées sans laisser de trace.

Depuis la fenĂŞtre de l'hĂ´tel Palace,

Felipe González et Alfonso Guerra saluent une foule

qui a fêté cette victoire socialiste en divers endroits de la capitale

jusqu'au petit matin.

Espèce d'enfoiré.

Malgré tout, je pense que du positif est ressorti de tout ça.

Avec le temps,

j'ai fini par me dire...

que c'était en quelque sorte une petite victoire pour Andrés.

Les Allemands se sont sentis menacés.

Ils ont commencé à quitter le pays.

Mais beaucoup sont restés, aussi. J'en croise encore au village.

Et que s'est-il passé entre vous ? Entre Andrés et toi ?

Tu sais, la vie...

On s'est éloignés.

Je me rappelle l'avoir vu une ou deux fois après le procès.

Mais je ne m'en souviens pas bien.

Je me souviens très peu de cet été-là.

Mis Ă  part que...

les socialistes ont gagné les élections.

On ne parlait que du changement.

Même si en réalité, je ne vois pas trop ce qui a changé.

Pour toi, ça a changé. Quelques jours plus tard,

on t'a nommée chef du service pneumologie à l'hôpital d'Alicante.

Quelques années plus tard, tu es devenue directrice.

Il n'y a plus de thé. Je refais chauffer de l'eau ?

Non, merci.

Je dois y aller.

J'aimerais rentrer Ă  Madrid avant la nuit.

Merci du fond du cœur pour tout ce que tu m'as raconté.

C'est une histoire incroyable.

Et cet homme, Andrés... Ça devait être quelqu'un de spécial.

"Devait ĂŞtre" ? Il vit toujours.

Oui, il vit toujours Ă  Denia.

Tout le monde le connaît. Il vit au port.

Il répare des moteurs de bateaux, entre autres.

VOTEZ RAFAEL DĂŚAZ

Oui, c'est moi.

Attendez une minute.

Dites-moi, que puis-je pour vous ?

Salut, papa.

Sous-titres : Aurore Delcuve

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