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Original subtitles

Monaco, en tant que circuit, en tant que pays,

c'est un endroit spectaculaire.

Je suis sur le circuit tous les jours, car comme c'est fait,

c'est juste les routes classiques que tout le monde prend.

C'est parfait pour faire la course.

Les tribunes sont pleines,

les gens sont sur leur balcon pour vous voir conduire.

C'est un sentiment incroyable. J'adore ça.

Monaco c'est comme Wimbledon au tennis, ou les Masters au golf,

c'est l'apothéose.

COMMENTATEUR

Ça incarne l'histoire, le sérieux, la grandeur.

C'est le joyau de la couronne des sports automobiles.

C'est le prestige, le mythe, l'incarnation.

C'est le glamour. Tout ça mélangé.

JOURNALISTE

Demandez à un pilote, "Où veux-tu gagner ?", ce sera Monaco.

COMMENTATRICE

Quand on vit là-bas, comme Mitch Evans,

gagner veut tout dire.

J'y ai fait plusieurs courses,

dont pas mal de podiums.

Evans a fini sur le podium lors des deux dernières courses ici,

mais il n'a jamais gagné.

Je suis bon sur ce circuit,

mais j'ai jamais réussi à gagner.

Il me faut cette victoire pour dire au revoir à des années de frustration.

- Un café, maman ? - J'adorerais. Merci, chéri.

Regarde ça.

Regarde ça. Une tulipe pour ma maman.

Parfait. Merci, mon chéri. Qu'est-ce que t'es intelligent !

Magnifique.

J'aurais aimé faire d'autres courses en plus cette année,

mais ça a pas été le cas.

MÈRE DE MITCH

À la dernière minute.

Oui, ça fait loin, la Nouvelle-Zélande.

Les gens ne se rendent pas compte de la distance que ça fait,

d'à quel point Mitch est loin de sa famille, vous voyez ?

Ma famille m'a toujours soutenu depuis que j'ai commencé.

Maman m'envoie des messages et ils regardent toutes les courses.

Toute la famille est fière de lui.

On se lève tous, peu importe l'heure du jour ou de la nuit.

Parfois, on dort sur le canapé à la maison

et on met un réveil pour regarder.

C'est dur d'être aussi loin.

Je suis de nature anxieuse.

Je veux qu'il soit en sécurité. C'est très difficile.

JUILLET ITALIE

La voiture de Mitch Evans monte sur une autre !

J'ai touché la roue de Nick, ce qui a renversé ma voiture

et ça a été de pire en pire

et j'ai fini sur sa voiture à lui.

C'est arrivé si vite, c'était très dur de réagir,

et ça a été un sentiment horrible, pour être honnête.

Le côté dangereux de la course, on y pense toujours,

mais on peut pas trop y penser,

sinon on se retient de conduire

et on peut pas se le permettre.

Il faut l'accepter,

sinon, on n'accomplit pas son plein potentiel.

Mon père m'a beaucoup influencé. Il faisait de la course,

mon grand-père aussi.

Du genre : "Je veux faire comme papa."

NOUVELLE-ZÉLANDE

La course, c'est de famille. C'est dans mon ADN, dans mon sang.

Chaque trophée a un sens,

on se concentre là-dessus.

Ils sont à papa, y en a pas beaucoup…

comparé aux garçons.

J'ai eu un gros accident en 96.

PÈRE DE MITCH

Il fallait battre un record de vitesse.

JUIN NOUVELLE-ZÉLANDE

Owen Evans voulait être l'homme le plus rapide du pays.

Son vœu a été exaucé

avec un record de vitesse de 348,48 km/h.

C'est la course suivante qui a failli lui coûter la vie.

La Porsche 911 d'Evans a enregistré

une vitesse supérieure à 300 km/h lors de l'accident.

La voiture s'est désintégrée, mais Evans a survécu.

J'ai eu le bras sectionné.

Les jambes et les genoux écrasés, poumons perforés… les épaules cassées.

Un sacré bazar.

Je m'en rappelle pas. On me montre les photos,

mais j'ai fêté mes deux ans à l'hôpital avec lui.

Une période sombre pour toute la famille.

Je sais pas comment ma mère a fait pour nous autoriser à faire ce sport,

après tout ce qui s'est passé.

Mais je suis heureux que ma mère ait eu le courage

de passer outre ce qui s'est produit.

C'était deux ans seulement avant mon premier tour de kart.

C'était de la folie. Je crois qu'elle était très stressée.

J'ai eu un avant-goût de la conduite à quatre ans.

Les premières courses se font à l'âge de six ans.

Il faut commencer jeune et travailler dur.

J'ai tout sacrifié à partir de six ans.

L'école, ma vie sociale, tout a été compromis

pour que je me concentre sur la conduite, la course.

Y a eu beaucoup de problèmes.

Les dernières années de karting,

il avait peut-être cinq week-ends de libres dans l'année.

On prenait toutes nos décisions

par rapport aux courses et aux sponsors.

Puis j'ai déménagé en Europe à l'âge de 16 ans,

en quittant ma famille et mes amis.

La première année a été la plus difficile.

C'est un sport brutal, je l'ai vu,

et au fil des années, ça peut vous abîmer.

C'est sûr qu'en venant à Monaco, Mitch va avoir l'impression

qu'il doit faire mieux qu'à Misano.

Les pires qualifications de la saison pour Mitch Evans.

Mitch Evans a commencé en 15e position et il finit à la 19e place.

Ce n'est pas une perte sèche,

mais je me demande quelle stratégie il va adopter.

Erreur du système de freinage !

Je peux pas piloter dans ces conditions !

Le pire, c'est si les freins lâchent, ou qu'il y a un problème

et qu'on ne contrôle plus la voiture. Ça fait toujours peur.

On voit que Mitch Evans s'est arrêté sur la piste,

lui qui avait commencé la course en pole position hier,

et dont les résultats paraissaient prometteurs,

se retrouve arrêté au neuvième virage.

C'est de pire en pire, cette saison.

Après chaque course, je suis frustré, et déçu.

J'espère retrouver mon élan.

Le championnat s'éloigne de moi de plus en plus.

Ça sent pas bon, pour l'instant.

J'ai passé des mauvaises journées,

j'ai eu des déceptions.

C'est un sport difficile. On doit tous faire avec.

Il faut trouver des moyens de garder sa motivation et d'y retourner.

J'ai eu peu de bonnes courses cette année, mais…

j'espère que tout va changer ce week-end.

Maman est là.

C'est mon porte-bonheur et j'en ai bien besoin.

C'est l'heure pour le joyau de la couronne de cette saison dix, c'est Monaco.

Quelle saison incroyable jusqu'à présent.

Six gagnants différents sur les sept premières courses.

Qu'est-ce qu'on a au programme ?

À vos paris.

Le champion du monde en titre Jake Dennis cherche à obtenir des points

cet après-midi pour conserver son titre.

António Félix da Costa est dans l'ombre de son coéquipier Porsche Pascal Wehrlein.

Et Mitch Evans est à la traîne derrière son coéquipier Nick Cassidy.

Vont-ils se faire la guerre ou travailler ensemble ?

Depuis que Nick a rejoint l'équipe, tout le monde prédit une rivalité

et essaye de créer de la tension entre nous, mais ça nous fait rire,

et on espère que ça va rester comme ça.

Leur duo est très fort.

On veut marquer l'histoire avec Jaguar et faire ce qu'il y a à faire.

Il faut en vouloir,

et adopter le "quoi qu'il en coûte" pour réussir dans ce sport.

Gagner, c'est comme une drogue

et une fois qu'on y a goûté, on en veut toujours plus.

Voilà le premier virage. Les deux jaguars s'insèrent.

Ça va être une course compliquée si Mitch Evans

veut prendre la troisième place.

On passe directement en mode attaque.

Ce qu'il faut absolument souligner,

c'est qu'on perd deux secondes à prendre le mode attaque si tôt.

Le mode attaque en Formule E est une tactique pour gagner en puissance.

COMMENTATEUR / PILOTE F1 ET FE

Mais pour gagner cette puissance,

il faut s'éloigner de la ligne de course conventionnelle

ce qui vous fait perdre du temps.

Chaque pilote doit l'utiliser deux fois dans la course.

Ils doivent déterminer le bon moment d'après la position de leurs adversaires

et faire attention à ne pas perdre leur place dans la course

de manière permanente.

On passe dans le tunnel.

Reste proche de Vandoorne.

Il pourrait attaquer.

T'inquiète, j'ai un plan.

Vandoorne utilise le mode attaque.

Par où va-t-il émerger ?

Evans prend la tête de la course.

Bien joué.

On y va.

Allez, Mitch.

On y est, la fin de la course se transforme en bataille.

Evans, Cassidy et Vandoorne vont se battre.

Trois secondes d'écart. Attaque !

Jaguar joue en équipe.

Ils utilisent Cassidy comme soutien.

Je crois qu'on a deux des pilotes

les plus forts en termes de lecture de la course.

DIRECTEUR DE L'ÉCURIE JAGUAR TCS

On travaille en équipe

et ils accumulent ensemble des savoirs

qui font d'eux un duo redoutable.

On est coéquipiers, on porte la même combinaison,

on représente la même marque et on veut que ça fonctionne.

Ce championnat, il est pour l'équipe.

On va encore attaquer pendant ce tour.

Regardez Evans, il prend le mode attaque sur son tour.

Mais oui.

Et il est en tête. Une fantastique stratégie d'équipe.

Mitch Evans repasse en deuxième position,

alors Nick Cassidy prend la tête de la course

et Mitch Evans va ralentir sur le reste du circuit.

Nick te demande d'y aller,

on va faire comme d'habitude, et on va échanger.

Des tacticiens de génie chez Jaguar.

Jaguar fait toujours un, deux.

Evans passe par l'intérieur vers Mirabeau.

Nick, je le dis, les deux Jaguar ont parfaitement réussi

à jouer main dans la main.

Ça fait trois podiums ces trois dernières saisons,

mais jamais la première place,

mais voilà qu'à Monaco, c'est Mitch Evans qui sort vainqueur !

Jaguar fait un, deux avec Nick Cassidy en deuxième place,

ici, dans les rues de Monte Carlo.

J'ai attendu ce moment tellement longtemps,

même avant la Formule E.

Et le moment est venu. Du beau travail d'équipe avec Nick.

C'est pour l'équipe.

Quand on goûte à la victoire, qu'on bat tout le monde en championnat,

c'est une décharge de sérotonine qui vous traverse.

Une fois qu'on connaît ce sentiment, on veut pas que ça s'arrête,

on a toujours besoin de sa dose,

et pour moi, c'est une drogue.

C'est pour ça que je suis pilote de course.

Ouais !

Jake Dennis finit en 20e position.

Les dégâts à l'aile avant lui ont coûté des points aujourd'hui.

Il défend son titre de champion du monde,

alors à chaque course où il fait zéro point, on se demande s'il est fini.

Jake dirait que c'est la constance qui permet de gagner un championnat.

Jake va devoir joindre le geste à la parole.

Il lui faut beaucoup de points

pour être sûr que ce défi devienne une réalité.

JAPON

- On en fait une sur deux chacun. - Ah ouais ?

Tu vas le faire ?

Si on se serre la main, je le ferai, mais…

- D'accord. - Voilà.

- Je suis rapide. - On a réussi !

C'est plus rapide en sautant.

Lexi vient aux courses de plus en plus souvent.

C'est agréable d'avoir une présence, surtout les week-ends

où deux courses s'enchaînent,

et si elle est là, je me détends.

Elle comprend parfaitement que je suis là pour bosser.

Elle regarde les courses avec son casque.

Jake adore avoir des invités, une présence physique…

COMPAGNE DE JAKE

… et voir un visage familier,

ça le réconforte instantanément.

Lexi ne vient pas du milieu automobile, ce qui est primordial pour moi.

J'ai rencontré Jake

à la toute première course à laquelle j'assistais de ma vie.

En fait, ça m'aide à finir le week-end,

puis à rentrer à la maison en laissant le travail dehors.

J'aime qu'elle ne soit pas impliquée dans le sport automobile.

- Comme ça ? - Ouais, parfait.

- Waouh, merci. - Tiens, mon cœur.

Merci beaucoup.

- Regarde un peu ça ! - J'adore.

Ça te va à merveille. Allez.

C'est trop cool.

Merci d'avoir ouvert pour nous

Dans ce sport, tout peut basculer

et il faut savoir rester calme.

Il faut l'accepter et se concentrer sur la course.

Du thon bien gras.

Bien, madame la juge.

Lequel est le plus beau ?

Le vôtre. Ou bien celui-là, peut-être.

Ouais !

Bien joué, vous deux.

En dehors du circuit et à la maison,

tu parles pas trop de la course.

Je suis un pilote assez détente.

Tu as confiance, tu te concentres sur ce que tu fais.

Il a une capacité folle à prendre des décisions en une seconde

- et à éviter facilement les choses. - Ouais.

ALLEMAGNE

Bienvenue à Berlin. C'est un week-end très important pour la Formule E.

Non seulement il y a deux courses, mais cette année,

le circuit a été redessiné, c'est une nouveauté pour tous les pilotes.

Venir ici, à Berlin,

faut qu'on assure en termes de performance.

DIRECTEUR DE L'ÉCURIE ANDRETTI

On se rend la vie dure et on part de loin,

alors même si Jake fait un miracle,

faut qu'on s'améliore sur sa vitesse maximum sur un tour,

c'est notre objectif du week-end.

On espère une bonne journée de qualifications

pour se remettre dans le championnat.

C'est plus large que l'an dernier.

Ça va être un sacré merdier.

On le connaît pas, ce circuit.

On peut bosser autant qu'on veut sur simulateur,

mais c'est seulement une fois sur le circuit

qu'on comprend à quoi on a affaire. On verra bien.

Espérons qu'on soit rapide dès le début,

mais bon… On sera fixés dans six heures.

Tous les regards sont braqués sur Jake Dennis.

On passe sa saison au microscope.

Aura-t-il d'autres podiums et sera-t-il assez proche

pour être dans le top à la fin de la saison ?

Je crois que les gens en attendent trop de lui,

quand on voit la totale et sa performance jusqu'à présent.

Il y a beaucoup de points à gagner à Berlin

et ça pourrait tout changer

quant à notre rang dans le Championnat à la fin du week-end.

Je serais embêté qu'on finisse encore derniers.

On a une marge de progression.

QUALIFICATIONS

Jake Dennis, le champion du monde en titre.

Une sacrée journée pour lui, aujourd'hui.

Je dois conduire la pire voiture du monde.

Comment on peut être aussi loin ?

Je fais les deux virages et le tour de ma vie

et pour le reste, ça revient à conduire un putain de tracteur.

C'est pas croyable.

- Dennis est dernier. - Ouais.

C'est le choc.

Il est à des kilomètres de là où il devrait être.

Jake Dennis, pourquoi des qualifications aussi décevantes ?

C'est toujours pareil.

C'est la troisième fois que je commence dans les trois derniers.

On est champion du monde

et on a l'air de débutants,

sauf que les vrais débutants nous ont dépassé aux qualifications.

C'est pas moi qui ai oublié comment conduire,

alors faut que l'équipe Andretti se remette au travail.

J'espère que Norman va faire quelque chose,

il a pas la même voiture que moi,

alors j'espère qu'il finira dans le top dix.

Mais pour moi, c'est un désastre.

Bonne chance pour remonter dans la course.

Merci de nous avoir parlé, Jake.

Sean, parle-moi.

- C'est gênant, mec. - Ouais.

Pour nous tous.

C'est pas toi le gros con qui doit la conduire.

Ouais, bah…

Dans ces moments, faut se serrer les coudes.

La course, c'est beaucoup d'émotion.

On essaye de tout coordonner…

INGÉNIEUR COURSE ANDRETTI

… mais ça ne marche pas à chaque fois.

Les virages un et deux étaient assez rapides, non ?

- Ouais. - Je me suis complètement envolé.

Mais tout le reste est catastrophique.

Le truc, c'est que…

C'est impossible. Je peux pas te donner ça…

- Ouais. Non. - … avec cette voiture.

On se laisse gagner par l'émotion. Surtout Jake.

Il a le cœur sur la main.

Faut agir comme un grand frère, parfois.

La relation entre le pilote et l'ingénieur,

y a pas plus important.

Une des qualités de Sean, c'est comprendre le côté humain

et comprendre complètement ce que je vis dans la voiture,

et je pense que c'est important.

On communique facilement

et on travaille très bien ensemble.

Ce qui m'importe, c'est la confiance,

du moins entre Jake et moi.

On se comprend très bien…

même quand les qualifications sont mauvaises.

Il se passe quoi chez Andretti ?

Norman Nato est bon dernier. C'est le choc.

Norman a bien travaillé. Il est… dernier.

Le champion en titre et son coéquipier n'imaginaient pas débuter la compétition

en monopolisant les dernières places du classement.

On est tous les deux derniers. Il a fait 103.1.

C'est la honte, putain.

Dennis était très dominant

et il a passé les qualifications en force l'an dernier,

mais cette année, ils ont l'air complètement paumés.

Ils savent pas quoi faire. Ils tâtonnent.

C'est la neuvième manche du ePrix 2024 à Berlin.

J'ai hâte de voir comment la course va se dérouler.

Pour la course, l'état d'esprit et l'expérience

de Jake Dennis peuvent l'amener très loin.

Il espère finir dans le top dix.

Ouais, je l'ai vu réussir plus d'une fois.

- Amuse-toi bien, mec. - Toi aussi.

Il faut du cran et de la détermination pour dépasser les mauvais jours

et c'est un vrai défi.

Tout le monde vous regarde.

Si vous perdez, que vous avez pas le moral,

ça aspire l'énergie de toute l'équipe.

Il faut garder le moral, parce que c'est contagieux.

On a une bonne stratégie.

La course va être chaotique, avec beaucoup de dépassements.

J'espère finir dans le top six, dans l'idéal.

- Ouais. - C'est pêchu.

En termes d'efficacité, on a un des meilleurs motopropulseurs,

alors j'espère survivre au moment où je vais passer

de l'arrière à l'avant.

Si je touche pas l'aile avant,

alors j'ai toutes les raisons de ramener un maximum de points à la maison.

Tour 36, Jake Dennis a remonté le flot de voitures.

Il était au dernier rang sur la grille de départ

et le voilà quatrième.

C'est très impressionnant, vu son départ.

Si c'est un circuit très étroit comme à Berlin,

il faut être sans pitié et progresser en jouant des coudes.

Si je le sens, je passe.

Dennis tarde à freiner !

- Allez, Jake. - Non ! Non !

Dac vient de me pousser dans le mur.

J'ai un pneu crevé.

Bien, il… Il revient ?

On va voir si on peut continuer.

Reste !

Non, je suis à plat.

Dennis se met dans la voie des stands,

il doit y avoir un problème.

Et la course de Jake Dennis touche à sa fin.

L'arrière est foutu, putain.

J'abandonne la course, mec.

C'est une mauvaise journée pour Andretti.

Le champion du monde en titre qui a commencé dernier,

est remonté tout en haut.

Mais voilà qu'au tour 37, il finit hors course.

Putain de merde.

Rester constant sur deux saisons, c'est impossible.

On a joué de malchance cette année,

avec des pneus crevés et des dégâts sur l'aile avant.

On essaye et on échoue ensemble, mais c'est pas faute d'essayer.

- On recommence demain ? - Ouais.

- Tu l'avais vu venir ? - Non.

Vraiment ?

Il était derrière toi tout le temps.

Il était à côté, il a tourné à gauche, j'ai pris le mur.

J'ai éclaté l'avant, à gauche et à droite et j'ai crevé.

Quand un week-end de course se passe mal,

il a tendance à ne pas parler de ses émotions.

Je reste assise à côté de lui

et parfois, c'est tout ce dont il a besoin.

Il sait qu'il peut se confier à moi

et que je peux l'aider à décompresser

et lui donner tout ce dont il a besoin

et même si je ne peux rien arranger à la situation,

j'essaye de faire tout ça.

- Tu veux que je reste ? - Oui.

Quand on a autant travaillé, autant fait d'effort,

pour passer de dernier à cinquième,

tout ça pour finir avec une collision débile,

en moins d'une seconde, ça me met hors de moi.

Évidemment, il y a ce moment où tout ça vous échappe,

mais c'est surtout les efforts qu'on a fourni pour rien.

Oui, j'essaye de garder le contrôle.

Tu t'es dit, "Le type qui est 4e, je vais le foutre dans le mur."

Je l'ai pas choisi, mec.

- Mais, tu l'as fait. - Les autres arrivent

sur l'intérieur, moi aussi.

Je devais faire quoi ?

Me donner l'espace…

J'avais quelqu'un à droite.

Si, mec. Tu restes dans ta voie.

- Impossible de bouger. - Je lui rentre dedans.

- J'ai rien fait. - Ouais,

- sauf me foutre dans le mur. - D'accord.

Ce qui m'énerve dans ce que t'as dit, c'est,

"Je savais pas que t'étais là."

Et après, t'as dit, "Ouais, je t'ai vu."

- Ça m'a énervé. - On est sept côte à côte

et puis on forme une sorte d'entonnoir.

- J'allais pas… - Combien de fois

j'ai dû abandonner des virages

- pour rien toucher ? - C'est pareil

- pour tout le monde. - Mais tu l'as pas fait.

Si le mur s'approche de toi…

J'aurais dû abandonner le virage, alors que je suis à côté de toi…

Pas du tout, mec.

C'est le problème.

Tu m'as tapé à gauche.

Faut qu'on se repasse

le moment où j'ai tapé. Je te dirai si j'ai tort…

- avec les infos que j'ai. - La seule chose

qui m'a saoulé, c'est que tu me dises,

"Je t'avais pas vu." C'est des conneries.

- T'étais parti… - Arrête avec tes conneries.

Je m'attendais pas à ça de ta part. De Günther, ouais. Mais pas de toi.

- Beaucoup de… - Pas maintenant, mec. Désolé.

- Pas maintenant. Désolé. - D'accord.

La fin de la course à Berlin a été un retour à la réalité.

Voilà, le championnat est fini.

Je suis parti complètement abattu. Encore un week-end pourri.

Perdre, ça craint. Point barre.

J'apprécie Jake en tant qu'homme et en tant que pilote,

mais y a un truc qu'il arrive pas à dire quand il a tort.

C'est "désolé".

Je veux pas qu'on se fasse la guéguerre.

Il faut qu'on travaille ensemble pour s'améliorer.

Et je crois que parfois, dire, "Je suis désolé, j'ai fait une erreur",

ça peut vraiment aider pour mieux s'entendre avec quelqu'un.

C'est l'émotion du sport. Je me préoccupe des gens.

Mais je peux aller dans l'atelier Andretti

et prendre un café avec n'importe lequel de ces gars.

J'ai été pilote trois ans chez eux, j'ai aucun problème avec ça.

Et ils n'ont aucun problème avec moi.

- Je l'ai vu. - Je suis pas le genre à faire ça.

Non.

- Il était pas à côté. - Oui, je sais, enfin…

Il m'a donné l'impression que vous étiez côte à côte.

Ce que je viens de voir,

c'est son essieu avant aligné avec ton essieu arrière.

J'avais un type à droite, impossible d'avancer.

Ouais.

- Tout va bien. Bonne chance. - Ouais.

C'est la dixième manche du championnat du monde ABB FIA de Formule E 2024.

Le classement a beaucoup changé en l'espace de 24 heures,

l'excitation est toujours à son comble pour cette seconde journée d'action.

Est-ce que Porsche va performer pour la deuxième course du week-end ?

António Félix da Costa aurait bien besoin de quelques points de plus.

Piloter chez Porsche en Allemagne avec des fans allemands partout

et les membres du conseil d'administration.

C'est une course importante.

Avant Berlin, la saison d'António n'était pas terrible.

On se pose beaucoup de questions sur son futur.

Cette année, des rumeurs ont circulé

concernant la relation entre da Costa et Florian Modlinger,

qui aurait tourné au vinaigre.

UN MOIS PLUS TÔT

On a découvert que Nico Müller a passé des tests chez Porsche,

ce qui suggère possiblement qu'ils cherchent un remplaçant

pour António Félix da Costa.

C'est assez inhabituel

de faire un test en pleine saison avec un pilote d'une autre équipe, non ?

Je sais pas si c'est commun ou non.

Chacun se fera son opinion.

Cette semaine, tout le monde a parlé d'António Félix da Costa

et le voilà dans le dernier virage pour gagner l'ePrix de Misano !

António Félix da Costa a été disqualifié.

Wehrlein gagne à Misano !

Ces 25 points ont disparu à Misano.

António est plus loin que jamais

de son coéquipier, du point de vue des points.

On dirait qu'António

n'est pas soutenu par son équipe

et qu'il a du mal avec ça.

La course, c'est brutal.

De nombreux pilotes se sont fait planter par leur équipe

et António Félix da Costa le sait mieux que quiconque.

Comment se passe cette saison ?

Ça a pas été facile.

J'ai été très peu performant par le passé, tu l'as bien vu.

Mais on a traversé ce merdier ensemble,

en équipe.

Ils sont d'une culture différente,

plus froide.

Mais je suis le seul qu'on tient pour responsable.

Si je veux retourner la situation, je dois le faire seul.

Les fans de Berlin remplissent les tribunes

et se préparent pour le sacre d'un pilote à Tempelhof.

La compétition est telle en Formule E

que si votre pilote ne performe pas, vous devez tout analyser.

Une fois sur le circuit, vous avez la pression.

Quand les feux passent au vert, la préparation des semaines précédentes

doit se révéler fructueuse.

Les feux sont au vert, top départ.

Mitch Evans fait un départ fantastique.

Nick Cassidy aussi, il le suit et s'approche du premier virage.

Et on a un contact. L'aile avant pour Evans.

Da Costa à la sixième place.

Maintenant à la cinquième. Il remonte dans le classement.

Da Costa donne tout. Il veut conserver l'avantage.

C'est comme ça qu'il est remonté. Il veut prendre la tête. Regardez.

C'était une décision claire, il ne s'est pas posé de question.

Voilà Evans sur le côté, pour le troisième virage

et il prend la tête de la course en évinçant António Félix da Costa.

Fente tardive de Jake Dennis sur l'intérieur.

L'écart se comble toujours.

C'est ridicule, putain.

Evans est loin sur l'intérieur.

Et voilà António Félix da Costa.

Le tour final commence et c'est António Félix da Costa

qui bénéficie d'un avantage fantastique.

Bien joué, garde le cap. On y va !

Il ne reste que quelques virages.

António Félix da Costa n'a pas gagné

depuis qu'on lui a volé sa victoire à Misano.

Mais le voilà pour l'ultime virage. António Félix da Costa.

Le Dac attaque et gagne pour Tag Heuer Porsche en Allemagne.

Ouais, ma poule ! P1 !

Oui !

- C'est comme ça qu'on fait. - Bien joué. Beau boulot.

C'est comme ça qu'on fait.

Une course à domicile, en plus. Merci, Porsche.

Tag Heuer Porsche savoure sa victoire.

Une mission rondement menée par António Félix da Costa.

António Félix da Costa, quel moment pour vous.

Votre première victoire officielle de la saison.

On verra bien.

On m'a enlevé l'autre après quelques heures,

mais j'ai confiance…

On a tout ce qu'il faut, c'est génial de gagner…

dans une course à domicile pour Porsche.

On a tellement de spectateurs,

de gens qui travaillent à l'usine,

qui n'ont pas l'occasion de venir souvent.

- Oui, elle fait du bien, celle-là. - Ouais.

Quand ça va pas, faut redoubler d'efforts,

et en étant bien accompagné,

ça rend le tout plus facile.

Je dédie cette course au beau-père de mon ingénieur,

qui est décédé cette semaine. Elle est pour sa famille et lui.

Merci beaucoup. Félicitations.

Aujourd'hui, tout s'est bien passé.

Ça fait du bien. Je suis soulagé.

Da Costa remporte enfin une victoire qu'on ne lui retirera pas.

VOIX D'ANDREW VAN DE BURGT PODCASTER

Ce changement de performance

va-t-il suffire à panser les blessures d'une relation à bout de souffle ?

C'est une grande question.

La saison de da Costa a été compliquée sur le circuit comme en dehors.

Sa relation avec Porsche est loin d'être parfaite.

Il reste des problèmes résiduels.

S'ils arrivent à trouver leur entente pour travailler ensemble,

à reconnaître leurs différences et à tourner la page,

pourquoi ils renonceraient à António Félix da Costa et son équipe ?

Impossible.

Olivia.

Super cool. Avec le mode sport de la voiture,

écoute un peu le bruit…

Comme dans Star Wars. C'est incroyable.

C'est une Porsche aussi.

Regardez ça. C'est incroyable.

Regardez la taille des vagues. Elles vont loin.

L'eau est tellement blanche.

Personne va se baigner aujourd'hui.

Y a toujours des phases à vide.

Chaque année en FE,

tout le monde a au moins deux ou trois courses à zéro point.

Malheureusement, je les ai enchaînées.

Dans le sport, on est aussi bon qu'au match ou à la course d'avant.

Dans les mauvais moments, on réagit différemment.

Je suis un type loyal et je me suis engagé avec la marque

et leur projet, et je m'y voyais

presque jusqu'à la retraite, mais les choses changent.

J'essaye de garder l'esprit ouvert

et de ne pas prendre de décision à chaud.

Je dis pas que je veux m'en aller. Je veux pas.

Mais Florian cherche le succès.

Vous gagnez, et il vous adore. Vous perdez, et il vous déteste.

Ça m'a fait du bien, ces vacances,

surtout mentalement, après cette saison très difficile.

J'étais stressé, pour être honnête.

J'ai mis les choses en perspective

et je me suis demandé ce qu'il y avait de si terrible.

Mais je suis pas comme ça.

C'est pas moi, le méchant de l'histoire.

Je suis le gentil. Je gagne. Je me bats.

Toute mon idée, comment je marche, comment je parle,

c'est basé sur le fait d'avoir une carrière forte,

basé sur le fait… de performer.

Et quand je performe pas, je sais pas comment me comporter.

Dans ma carrière, j'ai beaucoup gagné et j'ai beaucoup perdu.

Je sais comment marche le métier, et…

s'inquiéter toujours plus, se mettre la pression, ça n'aide pas.

Il faut que ça fonctionne, et sinon,

on y retourne, on recommence.

Abandonner n'est pas une option.

Je suis prêt à me relever et à y retourner, vous comprenez ?

CHINE

Bienvenue à Shanghai.

La chaleur est étouffante sur le circuit.

On sent la chaleur qui émane du goudron.

Nick Cassidy de chez Jaguar est en haut du classement,

avec 25 points d'écart sur son coéquipier Mitch Evans.

Son adversaire le plus proche est Pascal Wehrlein, en deuxième.

Mais António Félix da Costa a besoin de marquer des points,

sinon une victoire, pour revenir dans la course.

Da Costa a travaillé très dur.

En début d'année, il a échoué à trois courses,

avant de faire son retour en pleine forme.

S'il avait eu 25 points à Misano,

il serait à la poursuite du titre.

Shanghai sera une course cruciale.

Il devrait rester dans la bataille.

Il te faut tout optimiser.

CELUI QUI ATTAQUE VA VITE

Les pilotes sont des humains et chaque humain est différent.

Mon travail est de tout diriger de manière positive pour la marque.

António a connu un début très difficile et très compliqué,

mais on travaille ensemble, en équipe.

C'est comme ça qu'on gagne des courses.

Et le voilà. Da Costa troisième aux qualifications.

Ouais !

Bien joué.

- Merci. - Bien, mec.

Il sera troisième sur la ligne de départ.

C'est bien, troisième.

Je peux gagner.

J'ai déjà fait pire que ça.

Hâte de voir ce que le pilote portugais va faire.

Il est très impressionnant dans les courses avec autant d'énergie.

António a toujours la rage nécessaire pour se battre.

VOIX DE NICKI SHIELDS COMMENTATRICE

Même après avoir perdu à Misano, il avait le désir

et la croyance qu'il méritait sa place.

"Si vous voulez pas de moi, quelqu'un d'autre me voudra."

Il me reste quoi ? Sept à dix ans de carrière ?

Je veux ce qu'il y a de mieux. Les voitures, les marques, les circuits.

Je veux contrôler mon destin.

J'ai déjà payé ma dette.

Je veux qu'on me demande, je sais ce que je veux faire.

António Félix da Costa,

première fois qu'il démarre à la troisième place.

Il cherche une deuxième victoire.

Les feux s'allument et c'est le top départ.

On surveille da Costa

à l'approche du premier virage.

Da Costa se fixe à la troisième place.

Da Costa semble en confiance.

Il sait qu'il en a sous le pied avec cette voiture.

Da Costa regarde du côté de Vandoorne.

Est-ce qu'il peut passer ? Oui, il passe.

Evans descend à la neuvième place.

Da Costa se débrouille très bien. Il est intelligent.

Il a toujours été dans le top trois.

Mais jamais premier.

Il semble être dans une bonne position.

Les pilotes suivent un rythme soutenu.

Il reste 50 % d'énergie à da Costa, Evans et Cassidy.

Et c'est da Costa qui prend la tête.

Il faut qu'il les domine, qu'il crée l'écart. C'est le moment.

À cause du rêve que je me suis créé,

j'essaye de rattraper ma saison, car je sais comment gagner une course.

Je me dis toujours, "Je peux encore gagner."

Je crois en l'impossible.

Il prend la tête de la course

et il roule dans l'air pur.

Tandis qu'on arrive sur la ligne d'arrivée,

da Costa commence à tirer sur la corde.

Jake Hughes,

il se tire la bourre avec António Félix da Costa pour gagner.

Il ne veut pas lui accorder la victoire.

Et voilà Mitch Evans, cinquième pour le moment.

C'est la foire d'empoigne entre da Costa et Hughes.

Une toute petite erreur pourrait coûter la victoire à da Costa.

C'est la dernière enfilade de virages

et je pense que ça va aller.

Il a très bien piloté sur cette course, il a bien contrôlé,

António Félix da Costa.

Allez, allez.

J'adore faire mon grand retour après une période à vide.

Je suis très heureux de performer comme aujourd'hui.

On rembobine jusqu'en février.

Rapidement, puis on revient,

parce que je veux pas trop y penser.

Florian n'est pas mon ennemi, c'est un point important à souligner.

À ce stade, je fais la course pour moi.

Oui, c'est quelqu'un d'important et il décide si je reste ou si je pars.

Mais une part de moi se dit, "Même si je gagne,

ça ne lui suffira pas."

Lundi, j'étais au téléphone avec mon agent

et tel gars me propose ça et telle équipe ceci.

Mais je lui ai dit, "Non, non, je veux gagner avec cette équipe."

"Je dois rester."

"Je dois réussir pour moi."

DANS LE PROCHAIN ÉPISODE

On se bat avec le peu qu'il nous reste.

La presse, mes amis, tout le monde me dit,

"Mec, tu peux gagner."

Cassidy déborde trop. C'est une erreur.

Il dérape sur l'herbe. Il perd le contrôle.

On assiste à un combat inattendu

pour le titre de champion.

Oui, c'est extraordinaire. Complètement ouvert, hein ?

Un titre décisif dans la Tamise.

Wehrlein et Evans se battent pour le titre,

tout comme António Félix da Costa, notre nouvel outsider.

Tout se joue maintenant.

Il faut avoir l'état d'esprit du "quoi qu'il en coûte".

La dernière course de la saison.

Sous-titres : Eve Dubouchet

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