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- Mais je le suis. Je suis Matriochka.
- C'est quoi, ça? - Jake a trouvé une empreinte.
- Garance Augustin, vous êtes en état d'arrestation
pour participation à des actes terroristes.
- Tu me lèves le coeur, Garance.
- Même si c'est mon dernier geste que je fais comme DG,
je vais m'assurer
qu'on vous redonne votre grade et vos anciennes fonctions.
- On a ta source dans le service.
On t'a. Là, tu vas me dire c'est qui, ton partenaire?
- Je veux parler à Véronique. Juste à elle.
- As-tu vu mon gars?
(cri)
(ouverture de porte)
- Maman?
(fermeture de porte)
Maman?
- Oui, je suis là. Je suis juste ici.
- Allô. - Allô.
Me passerais-tu ma brosse?
- Han, han.
- J'avais oublié mon cell. Je vais le chercher.
Ca va?
- Non. Ca va pas pantoute.
- Qu'est-ce qu'il y a?
- On a arrêté coach, tantôt.
- Tu me niaises? Qu'est-ce qu'il a fait?
- Matriochka.
Tu sais, l'artificier criminel,
celui qui a posé des bombes dans ton hôpital.
C'est lui.
Il a avoué.
- Mais ça se peut pas, là!
Voyons, ça fait pas de sens.
Ca doit être une erreur. Pourquoi il aurait fait ça?
- Apparemment, l'argent. Juste le maudit cash.
Ils me demandent de le confronter demain.
Je vais peut-être finir par en savoir plus.
- Tu dois être complètement pétée.
- Je me sens surtout trahie, je te dirais.
Je sais pas si je vais être capable de m'en remettre.
- Tu vas vraiment lui parler?
- Les enquêteurs disent
qu'il va peut-être me dire des affaires à moi
qu'il tairait autrement
puis qu'avec moi, il va peut-être vouloir se vanter.
- Se vanter de quoi?
- Des détails de ce qu'il a fait.
Who knows?
Ils me le diront demain si j'ai la force d'y aller.
- Tu vas comment?
- Honnêtement, je suis un peu perdue.
Je ne sais plus sur quoi ou sur qui
je peux compter maintenant.
- Qu'est-ce que je peux faire?
- Rien, mon grand. Rien.
Il est probablement trop tard.
- J'avais des plans ce soir, mais je peux rester.
- Non. Non, merci, je suis claquée.
Fait que je vais me prendre un somnifère, puis...
je vais essayer de dormir.
- Tu me le dirais, hein?
Si je pouvais faire quelque chose.
Je rentrerai pas tard.
Texte-moi si tu changes d'idée ou si tu veux parler.
- Merci.
Guillaume?
Je t'aime.
- Moi aussi.
(ouverture de porte)
(fermeture de porte)
(bips)
- Merci. - De quoi?
- De m'aider avec l'enquête. Tu le connais mieux que moi.
Avec moi, il dit n'importe quoi. Il dit vrai, il dit faux.
Je ne sais plus, il joue entre les deux.
- Je vais faire ça pour moi.
Si ça vous aide,
c'est totalement involontaire de ma part.
Eric est ou?
- Mon divorce m'a coûté plus cher que je pensais.
Pas mal plus.
J'ai fait des mauvais placements.
J'étais dans le trou.
J'ai connu McLeod dans le temps
que j'étais directrice de poste en région, en Abitibi.
Il était venu faire une job, là, c'était il y a... 10 ans.
On est restés en contact.
Après ça, il m'a approchée discrètement
quand j'ai pris les commandements
des unités spéciales.
Il savait pour mes dettes.
- Pouvez-vous vérifier les empreintes là-dessus
puis les comparer avec celles
qu'on a trouvées sur votre collier piégé?
- Tu l'as pris ou, ta brosse?
- Au magasin à une piastre.
- Les empreintes du collier ont été confirmées hier.
C'est pas celles de McLeod.
Tu sais c'est qui, son partner?
Ca serait les empreintes du gars sur les photos?
- Pour la mort de Norm,
est-ce que tu savais que lui était derrière ça?
- Non. Non, non, j'étais pas encore en poste.
Il a commencé à me contacter,
à me faire ses demandes de petits services,
comme il disait, à peu près... 3 mois après.
- Quel genre de services?
- Confirmer un peu d'informations internes,
des rumeurs, des codes, un radio.
Rien qu'il pouvait pas trouver ailleurs.
Il a rapidement augmenté ce qu'il me donnait.
Des prêts, qu'il appelait ça.
Des services entre vétérans, qu'il disait.
Puis à chacune de ses petites demandes,
bien, je me calais un peu plus.
Hé, tu sais ce que c'est, Eric, là?
On met un pied sur la glace,
après ça, on n'arrête pas de glisser.
- C'est pour les gens comme toi qu'ils ont inventé les crampons.
Les services que tu lui rendais,
tu t'es jamais demandé à quoi ça lui servait?
- Bien, je pensais que c'était pour rester dans la game.
Tu sais, les vieux qui décrochent pas,
qui écoutent sur les ondes,
qui veulent avoir le inside information...
Quand j'ai fait la connexion, bien, il était trop tard.
- J'ai fouillé dans tes relevés de carte de crédit.
J'aimerais ça que tu m'expliques ça ici, là.
- Un mini entrepôt.
C'était des affaires qu'il voulait que je lui loue
ou bien que je lui achète.
Hé, rendue là, j'avais appris à ne plus poser de questions.
(soupir)
Je voulais pas sauter en embarquant dans mon char.
- La salle, elle est sous écoute, les caméras sont à on.
Ca roule, il le sait.
On lui a lu ses droits, il a refusé un avocat.
On a besoin qu'il se cale davantage.
On a besoin de réponses à des questions.
Il y a une liste de questions sur le top de la pile.
Tu t'arran...
- Allô, Véronique.
- Pourquoi tu veux pas d'avocat?
- Perte de temps.
Ils vont me relâcher tantôt, tu vas voir.
- C'est qui, lui?
- Je l'ai dit à Eric hier.
C'est un nobody, c'est une marionnette.
(cris de mouettes)
- A partir de quand, toi puis ton partner, vous avez commencé
à vous poignarder dans le dos l'un l'autre?
- De quoi tu parles?
- Les bombes à l'hôpital.
Je sais que c'était les tiennes,
tu me l'as dit quand je les ai désamorcées,
mais ton collègue est venu planter ça devant ma porte.
Si j'avais pas eu ça,
j'aurais pas pu faire la job à temps.
- C'était peut-être moi. Hum? Pour voir si...
- Non. Toi, pour te venger de lui,
t'as planté volontairement une empreinte digitale
sur le collier piégé.
T'étais avec moi puis Guillaume à ma fête.
Fait que c'est ton sous-traitant,
celui que t'appelles ton idiot utile,
c'est lui qui a mis ça dans le cou de Casgrain
avant de le planter dans le trou dans ton champ de pratique,
sachant qu'on allait la trouver,
et que ce serait pas dans nos fichiers.
Parce que toi, toucher à quelque chose sans gants,
tu serais pas capable.
Fait que t'as pris la bombe posée par ton partner
dans ton char, puis tu t'en es fait un alibi.
Ha! C'est brillant, ça.
(petit rire)
- Tu veux savoir quoi, Véro? Hum?
Pose ta vraie question.
- L'avertissement, c'était pour te dire quoi?
- C'est pas ça que tu veux savoir.
T'as juste peur que je te dise son nom.
Puis t'as peur que je le dise à voix haute.
- L'avertissement, Louis, c'était pour te dire quoi?
- On avait une divergence d'opinions,
à savoir si on devait vous cibler ou pas,
toi puis ton équipe.
- T'étais de quel bord?
- A moi de savoir, à toi de trouver.
- Quand est-ce qu'on passe
de l'autre bord de la clôture, coach?
Ma première journée sur la job,
tu m'as plantée devant notre devise, notre logo:
"Pour que d'autres ne meurent pas".
Puis tu m'as dit: "Si t'es pas capable de vivre avec ça,
aussi bien retourner dans la patrouille."
- C'est toi qui me poses la question?
Parce que j'ai eu droit à une pension de cul
après avoir passé ma vie
à essayer de sauver celle des autres,
en risquant à chaque fois que ce soit ma dernière seconde.
Parce que les logos, les devises puis les uniformes,
ça paye pas un siège d'avion en classe affaires.
Puis tu sais quoi?
C'est tellement plus jouissif
de fabriquer des bombes que de les désamorcer.
- J'étais ta protégée! Oui.
Tu m'as tout appris.
J'ai passé 8 ans de ma vie à te faire confiance,
à te confier ma vie à chaque fois que j'allais downrange!
Réalises-tu le mal que tu me fais, à moi?
Je t'aimais comme un père!
(bip)
Bien, devine quoi, coach.
Ca va être le temps d'assumer ce que vous avez fait,
toi puis ton partner.
Tu sais, là, le gars que t'aimes,
mais qui t'a rendu malheureux parce qu'il aimait un autre.
Hein?
Puis tu vas pas me confirmer c'est qui
parce que t'as peur de lui, de ce qu'il peut te faire,
parce que le vrai Matriochka, c'est pas toi.
C'est lui.
- Tu le sais, c'est qui, hein?
- J'ai une bonne idée, oui.
- Astheure, veux-tu que je te dise comment je l'ai recruté?
Comment, en couchant avec,
puis en lui parlant doucement,
je l'ai convaincu de faire ça?
Comment, ensemble, on a tout planifié?
Tu veux que je te le dise?
Parce que j'en ai, des choses à dire.
- T'aimerais ça, que je te dise oui, mais c'est non.
Parce que tu veux juste un auditoire pendu à tes lèvres,
puis ce sera pas moi,
parce que tu n'es plus rien pour moi, McLeod.
(coups à la porte)
- Minute!
- Allô, Guigui!
- Quel mot de "une minute" tu comprends pas?
- Mon Dieu, t'es bien à pic, à matin!
Je peux repartir avec mes cafés, hein!
- Non, non. C'est juste que je travaille sur du très précis.
- C'est quoi?
- Un truc pour l'unité de médecine sportive.
- Ca fait quoi?
- Je peux avoir le café?
(soupir)
- Comment était ta mère, un matin?
- Demande-lui.
- Elle me le dira pas.
- Bien, je te le dirai pas non plus.
Je suis un peu tanné d'être votre go between. Parlez-vous.
- Bien, tu nous changeras pas, hein!
C'est comme ça qu'on communique le mieux,
par des intermédiaires.
Non, mais pour vrai, elle était comment?
- C'est quand, la dernière fois que tu lui as parlé?
- Hier, après le désamorçage des bombes, mais elle était crevée.
- Bien, elle l'est encore.
(soupir)
- Bon...
Bien, je vais essayer de passer la voir ce soir après la job.
- Je ferais pas ça. Passe demain matin à la place.
- Pourquoi?
- Bien, d'après toi,
elle est comment quand elle est très fatiguée?
- Un porc-épic.
- Hum. Justement.
- Hum! OK! Merci du conseil.
Bon, je remonte travailler. A plus!
(fermeture de porte)
- Comment tu vas?
- Comme une femme qui vient de découvrir
que son mentor est un tueur en série.
- J'en reviens pas, j'ai vraiment de la peine pour toi.
- Mais pourquoi c'est juste moi qui suis ici?
- Parce que si je me trompe, il y a juste toi qui vas le savoir.
(déclic)
- Pourquoi tu penses que c'est ici?
- C'est Garance Augustin qui loue ça pour McLeod.
- Ah...
Si t'as raison, c'est piégé.
(bip)
(bips)
(bips rapides)
Ouais, bien... On est à la bonne place.
(bips rapides)
Je "ping" plein de sortes d'explosifs.
- Ah oui, hein? OK...
Là, comment on va entrer?
On est mieux d'appeler tes remplaçants?
- Non, non. S'il y a un piège, il est en dedans.
- OK.
(grincement)
C'a l'air beau.
Ah oui, hein? OK.
- Passe-moi mes outils! - Oui.
Mais... Véro?
Est-ce que ce serait mieux que je m'éloigne un peu?
- On est good.
- Fuck...
- Touche à rien. Allume rien.
- No shit.
- Une douzaine de modèles de détonateurs différents.
Il y a assez d'explosifs ici
pour faire sauter la moitié de la ville.
Ha! Méchante collection de mécanismes de mise à feu.
- Ca ressemble pas mal à votre atelier au garage.
- Il y a 2 ateliers.
Ca, c'est celui à Louis.
Je reconnaîtrais n'importe ou sa façon de placer ses outils.
C'est ordonné, planifié, logique.
Il y a même la photo de la vieille équipe
que j'ai au bureau, checke.
Puis ça, bien...
c'est celui de son collègue.
C'est l'autre moitié.
C'est le vrai Matriochka.
Il travaille de manière impulsive.
Checke, il y a des résidus.
(soufflement)
De la contamination croisée. C'est presque dangereux.
Comme s'il s'en foutait que ça lui pète dans la face.
Ils devaient venir à tour de rôle.
Coach aurait jamais toléré que quelqu'un travaille
tout croche de même en sa présence.
- Véro?
- J'ai vu.
- Faut appeler Casgrain.
- Attends.
- C'est quoi?
- Samuel a trouvé ça dans le champ de pratique de Matriochka.
C'est ce qui reste d'un ordinateur
qu'ils ont fait sauter pour tester je sais pas quoi, là.
C'est un ordinateur de l'hôpital.
Un ordinateur qui a été pris dans...
dans l'atelier de Guillaume.
(bips de cellulaires)
- Osti, c'est Casgrain, il faut que j'aille au bureau.
Quoi?
Voyons, qu'est-ce qu'il y a?
Attends. Casgrain...
Qu'est-ce que ça veut dire, ça?
Match, empreinte, collier piégé, et brosse. Quelle brosse?
Voyons! Véro?
Quoi? Qu'est-ce qu'il y a?
- Les empreintes.
- Ouais?
- Les empreintes...
- Oui. Qu'est-ce qu'il y a?
- Les empreintes...
c'est celles de Guillaume.
Matriochka... Matriochka, c'est...
Osti, je peux pas croire!
Matriochka, c'est...
(sanglots)
- Tabarnac...
T'es folle.
Ha! Pourquoi il ferait ça?
- Penses-y. Penses-y, il a les connaissances!
Tout ce qu'il a pas appris de moi
en me regardant travailler dans mon atelier avant son accident,
Louis lui a montré.
Les compétences en électronique, les dispositifs complexes.
C'est lui, osti! Pense au profil que j'ai dressé.
Repasse tous les événements. Ca matche.
- Non. No fucking way.
T'as pas de preuves! Ca, c'est pas une preuve!
- Dis-moi, jure-moi qu'il y a pas une étincelle de doute
dans ta tête.
Je veux dire, là, après, sa presque noyade,
son arrêt cardiaque.
Tu sais, quand la psy, elle nous a dit
que dans les séquelles d'hypoxie du cerveau,
il y avait l'émergence puis la fixation
de peut-être une sociopathie latente, osti!
Tous ses problèmes à l'école de police!
- Non, hé! Arrête.
Là, tu parles de Guillaume, OK? Les psys, ça se trompe.
Puis on avait eu une autre évaluation
qui disait exactement le contraire!
- Mon fils a voulu me tuer!
(sanglots)
- Tu dérapes, là.
Peut-être que Guillaume, il a mauvais caractère,
il est orgueilleux, il est prime comme moi,
mais c'est pas un tueur.
Mon fils, c'est pas un tueur, OK?
Tu dérapes big time.
Puis parce que je t'aime,
je vais faire comme si j'avais rien entendu, OK?
- J'aurais dû écouter Normand.
Il le savait, qu'il y avait quelque chose
qui se passait avec Guillaume.
Puis je peux pas croire que je vais dire ça, mais...
C'est ma faute.
- Non. - C'est de ma fucking faute!
C'est ma faute! C'est ma faute.
- Là... là, tu vas te calmer.
On va parler de ça plus tard, OK?
Parce que, clairement,
t'es encore sous le choc de ce qui s'est passé hier.
Moi, je vais appeler Casgrain.
Je vais lui dire que j'ai trouvé l'atelier de McLeod,
puis il va s'en venir ici avec la cavalerie.
Je pense que ce serait une bonne idée
que tu sois pas là quand ils débarquent.
Pendant ce temps-là, moi...
moi, je vais chercher le vrai Matriochka.
Hé, puis tu sais quoi, Véro?
Va consulter. Ca presse.
- Yes. Yes. Yes, yes!
Out.
(sonnerie de cellulaire)
Go.
Je peux pas avoir une minute à moi.
Rapporte! Viens!
(sonnerie de cellulaire)
Out. Out!
Assis. Reste.
(sonnerie de téléphone)
Sergente, il y a quelque chose?
- Bachira, je suis chez nous, mais j'ai besoin de ton aide.
- A quel sujet?
- Hum... On peut se voir au garage?
J'ai besoin de ton opinion sur quelque chose.
- Il va y avoir beaucoup de monde au garage.
Toute l'équipe de relève va être là.
Vous voulez pas faire ça chez moi à la place?
- OK.
- Vous avez l'adresse?
- Oui. Je peux savoir dans combien de temps?
Parce que c'est un petit peu pressé.
- Oui, je vais être chez moi dans 15 minutes.
- OK. Ciao.
- Bye.
(vrombissement d'une moto approchant)
- Oh... T'as rien de plus fort?
- Qu'est-ce qui se passe, Véro?
- J'ai fait des recherches
puis je pense qu'on appelle ça un appel à la prière.
As-tu vu ça du temps que t'étais dans l'armée?
- Oui, j'en ai entendu parler.
C'est un dispositif pour faire sauter
les 2 mains en même temps.
L'Etat islamique s'en servait
pour punir les femmes.
Une fois que tu n'as plus tes mains,
tout ce que tu peux faire, c'est mendier.
(sonnerie de cellulaire)
- Attends un peu. Deux secondes.
Allô.
- On va arrêter de faire semblant.
- Ce serait mieux.
- Ce qu'on va faire:
on se rejoint à la maison dans 20 minutes.
Juste nous deux.
On va se dire les vraies affaires.
- Guillaume, tu vas faire quoi quand ils vont t'arrêter?
- Il va falloir qu'ils m'attrapent avant.
- Louis va leur dire comment!
Tu peux être sûr que même s'il t'aime,
il va se faire passer en premier!
(vrombissement d'une moto)
(bips)
- Hé! Stop, stop!
- T'as pas de moyens, t'as rien, Guillaume!
- Qui dit que j'ai pas fait payer quelques victimes
en argent comptant?
Qui dit que j'ai pas fait de coups en solo
sans que lui, il sache?
Si tu veux savoir, va falloir que tu viennes.
Jusqu'à maintenant, je me suis gardé une petite gêne.
Tu veux pas me voir avec plus rien à perdre.
- 20 minutes.
Il faut que j'y aille.
- Guillaume, ton fils, est...
- Oui.
Regarde le plan. Trouve une faille.
- Non, mais tu peux pas y aller toute seule, là.
- C'est mon gars.
C'est ma responsabilité.
Parle à personne, OK?
- OK.
- T'attends mon appel.
- Fuck!
Fuck!
Fuck!
- Vous savez que je vais être obligé de rendre des comptes?
Le ministre veut ma tête.
Le premier ministre veut ma tête.
Le syndicat a déjà commencé à planifier le party.
L'Association des cadres aussi.
- C'est dommage. Vous étiez pas pire comme DG.
- Je suis pas un policier de carrière,
je suis un administrateur,
mais j'ai assez d'expérience pour savoir
qu'il y a des façons de faire
pour vous garder en détention préventive.
Vous allez commencer à purger du temps dur
avant même que le procès commence.
Et si vous pensez que vous allez être capable de vous faufiler,
oubliez ça.
Moi, on va vite m'oublier, mais vous,
je vais vous donner en pâture aux médias.
Demain, votre face va être partout.
Votre vie est finie.
(fermeture de porte)
- Ca, c'est pour m'avoir brisé le coeur.
(soupir)
Comment j'ai fait pour rien voir?
- Depuis que j'ai repris connaissance,
après mon coma, après l'accident...
j'ai arrêté d'être ce que tu connaissais.
J'ai appris ce qui est important pour moi,
puis comment te le cacher.
- Tu sais ce qu'ils vont te faire, hein?
- Je suis mort une fois.
Mourir une autre fois, là, il y a rien là.
- Guillaume...
Guillaume...
Qu'est-ce que je...
(gazouillis d'oiseaux)
(sonnette)
- (Eric): Véro! Véro, es-tu là?
(sonnerie de cellulaire)
- Oui, allô?
Oui, Eric?
Non, non, je l'ai pas vue.
Elle est pas au bureau?
Bien, si elle répond pas, elle est pas au bureau,
son char est pas là, puis elle est pas à la maison,
je sais pas ou est-ce que....
OK. Bien oui, OK, je lui dirai.
Hé, je voulais... Allô?
Allô?
(brouhaha)
- Julie! Guillaume est pas à son bureau
puis je suis pas capable de trouver Véro.
- Bien là, ils doivent être à la maison.
- Non, non, ils sont pas là. Je suis passé.
Les lumières sont éteintes. La voiture est pas là.
- Bien, je... je sais pas quoi te dire.
C'est quoi, l'urgence?
- C'est juste un mauvais feeling.
- Quoi?
- Faut que je pense comme lui.
- Eric, de quoi tu parles?
- Rien. Ca va. Rien.
- Hé...
Ca va?
Pas trop fuzzy? J'ai bien dosé ça.
Bouge pas. - Ah...
- Ca finirait mal pour toi.
(frémissement)
Là...
(petit rire)
J'en ai fait, des tests,
pour arriver à la bonne quantité d'explosifs!
J'ai patenté ça avec précision.
Les 2 petites charges vont péter vers le bas,
vers tes mains.
Si tu bouges,
même pour te reposer les bras sur les jambes, boum, boum!
Plus de mains.
(frémissement)
- Guillaume...
- T'étais mon idole, tu sais.
J'ai grandi avec une mère policière.
Technicienne en explosive.
- C'est pas rien.
- Guillaume...
Là, là, tu vas m'enlever ça.
OK? Puis on va se parler, toi puis moi.
Puis je te promets que je vais rien dire à personne.
- Tu vas te taire, c'est ça que tu vas faire!
Je me voyais faire comme toi.
Je me voyais travailler avec toi.
Attention, là.
Une couple de millimètres d'un bord ou de l'autre, puis...
- Je... je t'en supplie.
T'es malade!
Il faut que t'ailles te faire soigner.
- T'as besoin d'aide.
- Mais non! Mais non!
Quand le courant m'a avalé,
puis que je t'ai appelé à l'aide,
quand j'ai eu besoin de toi
pour la première vraie fois dans ma vie,
t'as rien fait.
- J'avais 2 personnes accrochées à moi,
puis j'essayais de gagner la rive.
- Moi, je me suis noyé!
J'ai perdu une partie de mon cerveau.
- Moi aussi, je vis avec les conséquences
de ce qui s'est passé ce jour-là.
Si c'était à refaire, je le referais pas.
Tu passerais en premier.
- Toi, la sainte Véronique!
Tu ferais passer ton gars avant 2 vies innocentes à sauver?
J'y crois pas.
- Faut que tu me croies.
- Bien, il est trop tard. Assume.
- Ton père puis ses collègues savent que c'est toi,
l'autre moitié de Matriochka.
- Ha! Ils m'attraperont pas.
- McLeod va collaborer.
- Ah? Tu savais pas?
Coach est mort il y a une heure. Boum!
Fuck, il a été facile à manipuler, le vieux cochon.
- Tout ça, là...
C'était ton idée ou c'était la sienne?
C'est lui qui t'a recruté?
- Bien... l'idée de faire du cash,
l'idée de se mettre à deux pour brouiller les cartes,
les signatures, les pistes, les alibis.
Oui, oui, c'était lui.
Mais l'idée originale de faire des bombes,
c'était moi.
- T'es devenu son amant quand?
- Ha! C'est lui qui est devenu mon amant.
C'est moi qui l'ai charmé.
- Pourquoi tu m'as donné le...
le plan maître des bombes à l'hôpital?
(petit rire)
- On avait assez d'argent.
C'était juste l'égo de Louis.
Il voulait vous mettre le nez dans votre impuissance,
devant son savoir.
Puis...
je voulais te garder pour moi.
Pas question que tu sautes là-bas, là, non!
Tu vas vivre.
Mais sans tes mains.
Tu vas perdre ce qui fait de ta force,
comme tu m'as enlevé ce qui aurait fait la mienne.
- Recule!
Guillaume...
Comment?
Tu vas désamorcer ce que ta mère tient dans ses mains
avant qu'on saute tous, puis après, on va jaser.
Guillaume... S'il te plaît.
Hé, fais pas ça!
Pas de mouvements brusques, sinon tu...
- Tu feras rien.
- C'est ma job, Guillaume.
- Eric, non.
Non, tu pourras pas vivre avec ça.
- Guillaume, je t'en supplie, force-moi pas.
- Eric, non! Non!
(cri)
- C'est bon.
(sanglots)
Véro...
Véro, comment je fais?
Parle-moi, aide-moi. Comment je fais?
(sanglots)
Comment je fais?
- Comment t'as fait pour savoir
qu'il fallait que tu reviennes ici?
(sirène au loin)
"Guillaume, garage résidence avec votre ex."
Qui t'a envoyé ça?
- Je sais pas.
On a retracé le cell.
Il était dans une poubelle, pas d'empreintes.
- Le 3e gars.
- Le 3e gars.
Il y a juste Al-Sayid qui est là?
- Véro voulait que ce soit elle.
C'a l'air que c'est la meilleure
pour ce type de bombe là.
Man...
s'il arrive quelque chose à Véro...
- Je sais que ça change rien à ta douleur,
mais il t'a pas laissé le choix.
- Ouais.
- Comment tu vas procéder?
- Je pense que j'ai trouvé le point faible dans son design.
- Tu vas...
- Désolée, sergente, mais là, vous êtes la civile,
puis c'est moi, la PTE downrange.
On se tait puis on me laisse travailler.
On garde tout ça droit, s'il vous plaît.
(vrombissement d'une perceuse)
C'est fini.
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(♪ Elephant par 070 Shake ♪)
Sous-titrage: MELS
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