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- C'est quoi, ce machin jaune ? - Quoi, ça ?
- Oui. - Une grue. Viens, on traverse.
Viens ! Dépêche-toi.
C'est une grue mobile.
Pour le tramway.
Viens, viens.
Tu vas te salir.
Attends, donne-moi la glace.
Fais plutôt comme ça.
Regarde, mange d'abord le bout.
Comme ça.
Maintenant, mange le reste.
Tiens-la bien haut.
- Ça te plaît ? - Oui.
Garde-la en hauteur.
Allez.
Je mange tout.
Attention au trottoir.
Comme ça, bravo.
Les mains d'abord.
Bien, bien.
Comment les gens ont appris que l'eau s'appelait "eau" ?
De leur maman ou leur papa.
Mais qui a dit la toute première fois le mot "eau" ?
- Les Romains, je crois. - Qui ?
Les arrière-arrière-grands-parents de mamie.
- Ils ont inventé "eau" ? - Ils l'ont appelée "aqua".
Ne dis pas que tu as mangé des sucreries.
D'accord. Comment ils appelaient une armoire ?
Blabla-armoire !
Ils parlaient vite.
Je vais fumer vite fait.
Comment ils disaient "Alexandra" ?
"Alexandra", c'est le nom que maman et moi avons choisi.
Viens.
"Alexandra" te va bien.
- Tu préfères "Georgeta" ? - Non.
Très bien. Viens.
Papa, regarde !
Tu es très forte.
J'appelle l'ascenseur.
- Il ne marche pas ? Encore ? - Non.
On monte Ă pied.
Bonsoir.
Monsieur Tavi, ça va bien ?
Ça va, oui. Et toi ?
Je vais Ă l'hĂ´pital.
C'est grave ?
Ma sœur a une discopathie. Ça va aller.
Regarde, papa, je peux faire ça.
Sors vite de lĂ .
Sors.
Ne fais plus ça.
J'en peux plus, tu me portes ?
Non.
S'il te plaît, porte-moi comme un sac à patate !
Baisse bien la tĂŞte.
- Pourquoi tu t'appelles Tavi ? - Ça vient d'Octavian.
Mes parents ont choisi ce nom. Mamie.
Ah, mamie !
- Bonjour. - Ah, c'est vous.
Je pensais que c'était César. Tu vas bien, chérie ?
- Bonjour ! - Mon vélo est cassé.
Comment ça ?
Une roue est tombée.
Non, c'est la pédale qui s'est dévissée.
Tu vas le réparer, hein ?
Tout de suite.
Enlève tes chaussures d'abord.
On va enlever les chaussures. C'était bien, le parc ?
Oui.
- Tu t'es bien amusée ? - Oui.
Viens manger.
On va d'abord laver les mains.
Mes mains sont propres.
Encore des tatouages !
Ça partira.
On va te changer.
Je préfère le lait de Fulga et le chocolat de Milka.
La vache Milka a du chocolat au lait.
Milka était dans le parc ? Elle est grande ?
Non, c'était Fulga.
On va nourrir ton bébé.
Oui.
Ita, où est la boîte à outils ?
Peut-ĂŞtre dans la nouvelle armoire
ou dans la voiture de César.
Bien.
Ça va ?
- Oui, j'ai bientĂ´t fini. - D'accord.
Samedi prochain, Alexandra aura son cours de piano.
Samedi ?
Madame Ivanov a un concert vendredi.
- Je ne suis pas d'accord. - Je n'ai pas le choix.
Le samedi est mon jour avec elle.
- Tu peux l'amener au cours. - Non.
- Non ? - C'est mon temps Ă moi.
C'est son temps Ă elle, il lui faut des cours.
Tu as choisi exprès le samedi, c'est du sabotage.
La prof ne peut que samedi.
On doit faire le mieux pour son enfant.
Passer du temps avec son père est essentiel.
Alexandra ne dit plus "papa".
Je ne comprends pas.
Alexandra m'a demandé pourquoi je m'appelle Tavi.
Elle a même répété la question.
- Et alors ? - C'est honteux !
Déshabituer ma fille de m'appeler "papa" !
Tu as un problème, toi. C'est un enfant.
- Oui, le mien. - Hélas.
- N'en parlons pas. - Et alors ?
Elle est curieuse, elle pose des questions.
Laisse tomber ces explications Ă la con.
Ça ne marche pas.
Je pense que quelqu'un l'influence,
quelqu'un qui a intérêt à l'éloigner de moi.
Écoute.
Ce n'est ni moi ni César.
Très bien.
- Parole d'honneur. - Très bien.
Samedi Ă 9 h, je prendrai la petite.
- Et tu l'emmèneras au piano. - Je fais ce que je veux.
C'est fini les ordres, Mme Ceausescu.
Le piano est très important. Et ce n'est pas ton argent.
Ah bon ? C'est moi qui paie l'école.
Alexandra vient avec moi samedi. Point.
Tu es incroyable !
Et si je ne te la laissais pas ?
Quand elle est malade, c'est légal de la garder.
- C'est un complot ou quoi ? - Mon vélo est réparé ?
- Tu es parano. - Ne dis pas ça devant elle.
- C'est quoi, parano ? - Bravo !
Tu as fini de manger ?
- Mais mon vélo ! - Attends, chérie.
Viens finir ton repas tout de suite !
Putain de bordel de merde !
Tu fais chier, connasse ! Tiens !
Chienne !
Enfoirée !
Je t'emmerde, salope !
Tu fais chier !
Tavi, si tu as faim, on a du sauté de carottes.
Non, merci.
- Tout va bien ? - Oui.
- Ça va, le boulot ? - Oui.
Toujours brancher, débrancher...
- Tu as l'air abattu. - Je le suis.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Comment ne pas ĂŞtre abattu ?
Iulia veut m'éloigner de la petite.
- Comment ça ? - Elle lui a appris
Ă ne plus m'appeler "papa",
Ă m'appeler "Tavi" au lieu de "tati".
- Je n'ai pas remarqué. - C'est mon impression.
Aujourd'hui, Alexandra m'a demandé mon nom.
Elle m'a appelé "Tavi".
- Quand ? - Au toboggan.
"Tavi" au lieu de "tati".
C'est pernicieux de la part de Iulia.
Je ne veux pas m'en mĂŞler, mais toi aussi...
Moi ? Quoi ?
Alexandra est une gamine, elle peut se tromper de lettre.
Elle dit "maman" sans erreur.
Comment ?
Elle ne mélange pas les lettres.
Sa mère s'appelle Iulia.
Si son nom ressemblait Ă "maman", elle pourrait se tromper.
Je suis sûr qu'elle veut empêcher Alexandra de m'aimer.
S'il te plaît !
César et Iulia peuvent faire un enfant ou en adopter.
Alexandra restera ma fille.
Tu es encore en train de te plaindre à ma mère ?
Pas du tout.
Arrête tes conneries. Éteins ta cigarette.
Des conneries, tu en apprends plein Ă ma fille.
Ce n'est pas vrai. Je te demande de ne pas fumer.
- On ne fume plus ici. - Depuis quand ?
- Mercredi. - Je ne te crois pas.
Tu es vraiment parano.
- Arrête, Iulia. - Il a toujours été parano.
Il était toujours malade. Souviens-toi de ses crises.
Il y a un an, il a fracassé la télé.
- Tu m'avais provoqué. - Non.
C'est un malade mental.
Iulia, Tavi, arrĂŞtez de vous disputer,
de vous haïr comme ça !
On n'a qu'une vie. On regrette toujours ses erreurs.
C'est vrai.
De quoi tu te mĂŞles, toi ? Tu te tais ou tu sors d'ici.
Tu entends ?
Tu es vraiment mauvaise.
Si tu traites comme ça ta propre mère...
Répare ce foutu vélo et dégage.
Je le répare.
Laisse plutĂ´t, nous le ferons.
Va te faire foutre.
Cet ascenseur est incroyable !
Le supermarché était blindé.
- Qu'est-ce que tu m'as apporté ? - Rien.
Le matin, c'est plus cool.
- Qu'est-ce que tu m'as ramené ? - De l'ananas.
Donne !
Finis d'abord ton assiette.
Je veux l'ananas.
Si tu manges tout, tu en auras.
- Ça va ? - Salut. Ça va.
- Le vélo est cassé ? - C'est réparé.
Super.
- Laisse... - Non, je le fais.
- Qu'est-ce que tu as ? - Demande Ă Tavi.
- Qu'est-ce que vous avez tous ? - Moi, rien.
Mais Octavian est parano.
Pourquoi ?
Il dit qu'on empĂŞche la petite
de l'appeler "papa" et de le voir.
Pourquoi tu mens ?
Tu n'as pas honte ?
J'ai remarqué qu'Alexandra ne m'appelait plus "papa".
Je veux savoir pourquoi.
C'est une exagération mensongère.
Dis-lui.
Il y a deux semaines, j'ai remarqué aussi...
Quoi ?
Alexandra m'a appelé "papa".
- Quand ? - Je ne sais plus.
En rentrant de l'école, dans la voiture.
Je suis toujours parano maintenant ?
C'était vrai ! C'est toi qui mens.
Je lui ai dit : "Tavi est ton père. Moi, je suis César."
Je n'ai pas envie qu'elle confonde.
Soyons francs : ma fille est manipulée. C'est moche.
Encore ça ?
J'avais raison.
Le piano, l'ananas. Manipulation.
L'ananas ?
C'est Ă ses parents de lui acheter Ă manger.
Comme vous voulez.
C'est normal qu'elle appelle "papa"
celui qui lui achète des choses.
Tu lui chercherais des médicaments à minuit ?
Bien sûr que je le ferais.
C'est absurde.
Absurde ou pas, Alexandra ne reconnaît plus son père.
C'est votre faute.
- Tu exagères. - Vous l'avez désorientée.
- Viens, maman ! - Pourquoi ?
Alexandra, viens lĂ .
Ta poupée mangera après. On doit parler.
- Qu'est-ce que tu veux ? - Reste ici, comme témoin.
Chérie, qui est ta grand-mère ?
- Le vélo est prêt ? - Prêt.
Réponds-moi, qui est ta grand-mère ?
- Bravo. Et ta maman ? - C'est toi.
Bravo.
- Ça ne va plus se casser ? - Non.
Papa a réparé ton vélo.
Alexandra, tu es attentive ? Qui est César ?
César est César.
- Où est-il ? - Sur le canapé.
Et ton papa ? Qui est ton papa ?
Bravo, Alexandra.
Montre-nous ton papa.
Maintenant, remercie-le pour le vélo.
Écoute, Alexandra.
Est-ce qu'on t'a demandé de ne plus l'appeler "papa" ?
On t'a demandé ça ?
Je veux de l'ananas.
Oui, mais réponds à la question.
Allez, Alexandra.
Dis-nous.
Elle n'a pas envie.
Tu as été sage, ouvrons la boîte d'ananas.
Personne ne l'influence, tu as vu toi-mĂŞme.
Oui, peut-ĂŞtre.
Je te l'avais dit.
L'enfant va bien, elle mange et dort bien.
Elle se développe normalement.
Nous n'allons plus chez Vlad ?
- Quelle heure est-il ? - Six heures.
Je vais partir.
Mes cigarettes...
Papa va partir maintenant.
- Tu vas au travail ? - Oui, j'ai du boulot.
On se voit la semaine prochaine ?
Oui.
Tu veux aller au cirque, voir des animaux sur des vélos ?
- Oui, je veux. - Il y aura un clown très drôle.
C'est vrai ?
Tu vas voir, ça va te plaire. Il marche sur un fil.
- On va y aller, hein ? - Oui. Tu veux de l'ananas ?
Je vais en donner à mon bébé.
Mange tout.
Je viendrai te chercher samedi, oui ?
- N'oublie pas le piano. - Ça ne m'intéresse pas.
- Au revoir, chérie. - Au revoir, papa.
Au revoir.
- Mme Ivanov le prendra mal. - Je m'en fous.
Laisse, Iulia. Je parlerai Ă Mme Ivanov.
Et si elle refuse de changer de date ?
On verra.
Si elle refuse, on ira samedi.
- Au revoir, ma princesse. - Au revoir, papa.
- Bonsoir, m'sieur. - Bonsoir.
- À bientôt. - À bientôt.
Bonjour.
Adaptation : Raluca Mocan pour Télé-Europe
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