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- Jack dit qu'il te faisait quoi ? - Il m'a viol�e.
- Et c'est pas vrai ? - J'ai pas dit non.
Ma question est :
peut-on dire le mot en A ?
On vise l'adoption, ou on est trop frileux pour le dire ?
- Le coureur ? - Qui ?
- L�che-moi, mec. - Le coureur, le long du canal.
Pourquoi il avait ton argent dans sa poche ?
Je lui ai donn�. J'ai retir� de l'argent pendant le d�jeuner.
Je peux avoir les images des cam�ras de s�curit� ?
Quelle version est la bonne ?
- L'une d'elles est fausse. - �a suffit.
Maman.
C'est pas exceptionnel ?
Au fait, tu as �t� grandiose.
Si on peut dire �a de l'interrogatoire d'une gamine traumatis�e.
On doit pouvoir le dire, sinon on est pas un vrai avocat.
On serait quoi, alors ?
On doit descendre.
- Vous deviez �tre gentille. - Elle l'a �t�.
Vous l'avez vue trembler ?
Vous saviez que cette d�fense ne se ferait pas sans mal.
L'accepter
et comprendre en quoi c'est bien, c'est �tre responsable.
Chose qui vous a �t� retir�e par cet homme.
La fa�on dont Ella vous a appel�e, �a va nous aider.
Le jury a aim�, hein ?
�a va nous aider qu'ils aient vu ma fille trembler...
et �tre accus�e de mentir !
- D�sol�e. - C'est rien.
J'ai toujours �t� seule dans cette maison.
Je veux juste...
Est-ce que c'est bien ?
Tout marche.
Les placards s'ouvrent d'un clin d'�il, les tiroirs sont silencieux.
Aucun bruit, aucun bazar.
Quand on avait des invit�s, on �tait compliment� sur la maison
et Joe disait que c'�tait gr�ce � moi.
"C'est gr�ce � la ma�tresse de maison."
Et tout le monde riait.
Mais c'�tait lui. Il voulait que tout soit blanc et propre...
Tout �tait en verre, on voyait � travers les murs.
Y avait pas de pi�ces sans murs...
Un endroit o� se retrouver.
C'�tait en verre.
Ni couleur ni soleil...
D�sol�e. Je...
Que voulez-vous dire sur la maison ?
Je la d�teste !
Qu'est-ce qui m'arrive ?
Vous parlez.
Il voyait tout.
Il savait tout ce que je faisais.
Ce soir-l�,
que craigniez-vous qu'il apprenne ?
Je suis sortie sans lui dire.
Kate dit qu'elle veut aller au tribunal.
- Je lui ai dit non. - Et tu m'as rien dit ?
Je m'en suis occup�.
�a ne va pas � l'�cole.
�a va. Elle essaie juste de soutenir son amie...
"Plus d'effort. D�concentr�e. Pas la Kate qu'on conna�t."
Tu peux les croire, eux.
Tu veux que je la jette dehors ?
"Navr�, je sais que tu vis le pire calvaire
"qu'un enfant puisse conna�tre,
"mais Kate a des mauvaises notes, tu dois partir."
La vie continue. Tout ne s'arr�te pas � cause d'Ella.
Ou de ta satan�e Juliet.
Vous savez ce qui m'emp�chait de devenir folle ?
- Comment savez-vous ? - Vous avez dit l'avoir fait pour elle.
J'ai cru que je la perdrais.
�a va quand m�me arriver ?
Et mon b�b� ?
On doit �carter le meurtre
et vous faire juger pour homicide involontaire.
Vous disiez que le sursis �tait possible.
Vous devez savoir qu'une peine de prison...
18 mois.
- Quoi ? - C'est le temps
qu'un b�b� peut passer en prison.
Apr�s...
Si la sentence est plus longue, je la perdrais.
Ella me manque.
Ne pas c�liner son enfant, c'est...
�a fait longtemps.
Au commissariat,
ils allaient me laisser la voir.
Ils ?
Un des policiers.
Qu'est-il arriv� ?
Il a pas tenu sa promesse.
Quand a-t-il dit que vous pourriez la voir ?
Apr�s votre d�part.
Avant le 2e interrogatoire.
J'�tais l� quand on l'a inculp�e pour tentative de meurtre.
Comment a-t-elle r�agi ?
Elle a demand� � se brosser les dents.
Autre chose sur son attitude ?
Un peu plus t�t, elle avait le sang de son mari sur elle,
et elle �tait tr�s anxieuse pour sa nuisette.
Sa nuisette ?
Qu'avait-elle ?
Elle �tait � l'envers.
Elle n'aimait pas �a.
Il �tait tr�s important pour elle qu'elle soit...
dans le bon sens.
Que faisiez-vous juste avant 7 h, ce matin-l� ?
Je prenais des notes, � la cantine.
Vous n'�tiez pas � la cantine.
Vous �tiez aux cellules
� dire � Juliet qu'elle pourrait voir sa fille
si elle acceptait un 2e interrogatoire.
Et vous avez �t� clair sur ce que vous vouliez entendre
lors de ce 2e interrogatoire.
Non, jamais de la vie.
Donc,
si on demandait � Ella
si vous aviez organis� une rencontre fortuite
entre elle et sa m�re pr�s des cellules,
afin d'affaiblir une femme d�j� boulevers�e,
ce serait incroyable qu'elle soutienne les propos de sa m�re.
Ce n'est pas arriv�.
Vous dites que l'accus�e ment � ce sujet ?
Je ne vois pas d'autre explication.
� moins que ce soit vrai.
Vous avez cess� de penser d�s que Juliet a franchi le seuil du commissariat.
Vous n'avez jamais envisag� la possibilit� que cette femme
puisse �tre victime de violences, car �a ne rentre pas dans vos sch�mas.
En fait, c'est tout � fait dans nos sch�mas.
On pense toujours � la violence domestique,
- donc, je... - Vous savez donc
que les femmes maltrait�es se pr�sentent comme froides,
particuli�rement sous le coup d'un choc traumatique.
Je suis capable de rep�rer une victime de maltraitance.
Je vous affirme que Juliet Miller n'est pas celle que vous croyez.
- Il ment. - Et on peut le prouver,
si Felix nous laisse rappeler Ella. Ce sera dur pour Juliet.
Il faudrait que ce soit sa d�cision.
Tout va bien ?
Oui, pourquoi ?
Je suis capable de rep�rer la victime d'un t�moin de haute vol�e.
Mets Ella en attente pour un rappel.
En attente ?
Inutile qu'elle reste plus longtemps que n�cessaire.
Ou vous n'avez pas encore les instructions de maman.
La Bible ou le serment ?
La Bible.
Est-il exact que la brigade des stups
op�rait une surveillance
sur le canal du R�gent entre janvier et mars ?
Vous avez leurs rapports ?
Pouvez-vous regarder les entr�es du 9 mars ?
Vous ne regardez pas.
Je sais ce que �a dit.
Fait-on r�f�rence � un certain "CR"
dans ces rapports ?
- Oui. - Qui est-ce ?
C'est Joe Miller, coureur r�gulier.
Fait-on r�f�rence � un certain "J" ?
- Qui est-ce ? - Un dealer du canal.
Y a-t-il contact entre CR et J
le 9 mars ?
� 15 h 47, il est dit
que CR s'arr�te et parle � J et qu'ils s'�changent quelque chose.
Est-il exact que 620 � en billets de 20
ont �t� trouv�es dans la poche de Joe Miller la nuit de sa mort ?
- Oui. - Allons-nous quelque part, Mlle Klein,
ou s'agit-il de remuer la boue ?
Merci, Votre Honneur, pour vos
conseils. Nous y reviendrons avec un autre t�moin.
�tiez-vous au commissariat � 6 h 55
le matin du 10 mars ?
- Oui. - Avez-vous vu l'inspecteur Sexton ?
- Oui. - Que mangeait-il ?
- Pardon ? - Sexton nous dit
qu'il �tait � la cantine entre 6 h 30 et 7 h 30
� prendre ses notes.
C'est l� que vous avez d� le voir.
� 6 h 55.
�a doit �tre �a.
Inutile de vous rappeler que vous �tes sous serment.
En effet.
- Je viens de perdre une heure. - Merci.
- J'ai d� me parjurer. - Ce n'est pas ma faute.
Bien s�r que si. J'ai d� corroborer votre mensonge.
C'est votre choix. Vous n'�tiez pas oblig�.
C'est eux ou nous.
Peu importe vos aspirations, sous serment, vous �tes des n�tres.
J'�tais � l'�tage, dans la chambre, avec Joe.
Puis je suis descendue.
J'ai pris un couteau de cuisine.
Je suis remont�e avec.
Qu'aviez-vous l'intention de faire avec le couteau ?
M'en servir.
Voudriez-vous aider le jury
en nous parlant du ton de l'accus�e lors de l'interrogatoire ?
Sans �motion.
Merci.
En avez-vous parl� avec votre mari ?
Ils pr�tendent que non, mais tous les policiers le font.
Quand avez-vous parl� de l'enqu�te avec lui pour la premi�re fois ?
On �tait tous les deux au poste, cette nuit-l�.
Et l'avez-vous vu vers 7 h le matin suivant ?
O� �a ?
Aux cellules.
� 6 h 55.
Vous �tes tr�s pr�cise.
Ma vie est faite d'horaires
et de calepin, vous savez...
Chaque minute compte.
Je me trompe jamais l�-dessus.
Quelqu'un sugg�rant que votre �poux �tait � la cantine
� ce moment pr�cis serait un menteur.
Ma m�re disait toujours : "Si son nez s'allonge..."
- C'est un menteur ? - Oui, tout � fait.
G�nial.
Les policiers peuvent mentir.
C'est toujours bon de le rappeler au jury.
Plus important, pourquoi Jane Grady contredit Juliet sur le viol.
Qu'y gagne-t-elle ? O� vas-tu ?
- Les avocats r�p�tent la m�me erreur. - Laquelle ?
Obnubil�s par les preuves fournies, on oublie d'en chercher nous-m�mes.
Donc, mentir ne te g�ne pas ?
Quel pourcentage d'accus�s est coupable ?
Vraiment coupable.
90 %. Officieusement, n'importe quel avocat
te le confirmerait.
- Mentir te g�ne pas ? - Combien s'en tirent ?
- Je veux le savoir. - Au moins la moiti�.
Tu veux savoir ?
Je vais pas culpabiliser de ne pas suivre les r�gles.
Mais vous vous prenez pour Dieu.
Donc, si tu avais su quel �tait le topo,
tu aurais menti ?
Alors ?
Vous avez menti, chef.
Pourquoi ?
Votre mari ne m�rite pas de perdre sa carri�re pour cette affaire.
C'est un bon policier faisant son boulot.
�a n'en fait pas un homme bien, hein ?
Vous allez bien ?
�a va.
Un peu
enceinte, mais �a va.
Il n'est pas au courant.
Pourquoi ?
Je ne veux pas lui dire.
Tu es fatigu�e ?
Rentrons.
Allez.
Je ne rentre pas.
- Comment le savez-vous ? - Je suis all�e chez elle.
- Elle n'a jamais parl� d'enfants. - Vous avez demand� ?
- Elle a dit quoi ? - Non.
- Elle ne le dirait pas, hein ? - Quel �ge a-t-elle ?
Douze ou treize ans.
Elle a dit que son mari ne l'avait pas viol�e.
C'�tait on ne peut plus clair.
Vous �tes menteuse ?
Pourquoi ?
Avez-vous dit � l'accus�e que vous n'aviez pas d'enfants ?
Est-ce vrai ?
Donc, vous vous �tes refus�e � tout contact avec votre fille
pendant votre d�tention provisoire ?
Oui, pendant six mois.
Si elle m'avait rendu visite, les autorit�s l'auraient su.
Elle a d� beaucoup vous manquer ?
Oui.
Six mois, �a a d� �tre insoutenable pour vous.
Vous avez �t� lib�r�e sous caution,
deux jours apr�s votre d�position.
Vous feriez n'importe quoi pour votre fille ?
Oui.
Mentir � la police sur une cod�tenue n'a pas d� �tre compliqu�.
Je dis la v�rit�.
Elle le sait.
Demandez-lui.
Je ne connaissais pas d'homme plus exceptionnel que Joe Miller.
Sa mort m'est insoutenable
et je ne laisserai pas sa m�moire �tre salie.
Pourquoi avait-il 620 � sur lui, ce jour-l� ?
- Je lui ai donn�. - Vous avez souvent autant de liquide ?
Entre vous, moi et ces quatre murs : oui.
On a relev� des empreintes sur un des billets
appartenant � un dealer connu.
C'est ce que vous voulez imputer � Joe ?
Sa fille est dehors.
Appelez-la et dites-moi, en sa pr�sence,
que son p�re touchait � la drogue.
Un probl�me, ch�rie ? T'as pas les couilles ?
- C'est votre habitude ? - Quoi ?
Questionner pour �viter de r�pondre.
- Vous voulez une r�ponse ? - Oui.
Je lui ai donn� 600 �.
Et quand ce ne sera plus sous scell�s,
elles iront � l'�uvre caritative pr�vue.
Mentir est requis dans votre m�tier.
Vous prot�gez les v�tres, peu importe la mani�re.
La mort de Joe Miller ne vous emp�chera de mentir pour lui.
Relev� bancaire du 9 mars.
600 � retir�es du distributeur au coin du cabinet.
Horodat� !
� consigner.
Il courait le marathon contre le cancer de la prostate.
Voil� l'homme qu'il �tait.
Je le sponsorisais. 600 � plus la d�duction.
Le seul secret qu'il avait pour moi.
Quel secret ?
Je dois le dire ?
Il courait pour les 10 000 Anglais qui meurent de ce cancer chaque ann�e.
Et il courait pour moi.
Bravo.
Vous �tes s�r ?
Tout le monde aime une victime.
Quoi ? J'invente ?
Excusez-moi.
Je dois pisser.
- Merde ! - Opportunisme �hont� ?
- C'est bien ce que le jury va penser ? - Vous saviez.
- Pourquoi Ella est l� ? - On pourrait la rappeler.
L'avez-vous vue trembler apr�s la derni�re fois ?
Opportuniste et sans c�ur, le jury va vous adorer.
Je sais pas comment vous osez leur faire face.
Il a raison.
D�s que je me l�ve, une femme du premier rang
croise les bras. Le jury n'est pas avec nous.
Il faut tirer quelque chose d'Ella.
Elle devrait aller en prison ?
Je ne peux pas le dire. Ce serait incorrect.
Mais qu'est-ce que tu en penses ?
As-tu vu ta m�re
au poste de police ?
Ceux disant le contraire
mentiraient ?
Ma m�re dit ne pas m'avoir vue ?
Elle dit qu'elle t'a vue.
L'inspecteur Sexton, qu'elle ne t'a pas vue.
Qui dit vrai ?
Je sais pas. Je m'en souviens pas.
Crois-tu que ta m�re
ment ?
Elle a tu� mon p�re.
- Il �tait si gentil avec elle. - Tu n'en sais rien.
Tu n'�tais pas constamment avec eux.
Tu ne peux pas savoir ce qui se passait entre eux
dans leur chambre.
Je peux.
Je le sais.
Que sais-tu ?
Il lui disait des gentillesses.
Comme : "Je t'aime" ?
Je m'excuse, Ella,
mais tu veux que ce soit vrai,
donc ton esprit te le fait croire.
Je l'ai entendu.
Comment l'as-tu entendu ?
Je m'asseyais dans les escaliers.
Je le faisais souvent.
Tu as entendu autre chose ?
Qu'as-tu entendu ?
Il l'a dit tout doucement.
Quoi donc ?
On ne t'entend pas, Ella.
"Tourne-toi. Tourne-toi, ch�rie."
- Arr�tez �a ! - Mme Miller, du calme.
- Milord, je dois protester... - Dis-le plus fort, pour le jury.
- On doit l'entendre ! - Qu'est-ce qui se passe ?
Dis-le encore une fois, pour le jury.
"Tourne-toi.
"Tourne-toi, ch�rie."
Je t'aime.
Ella, s'il te pla�t...
- Faisons sortir le jury. - Le jury peut se retirer.
Je t'aime.
Tout va bien.
Je t'aime.
Tout ira bien.
Ella entendait quoi par l� ?
Pourquoi avoir pris une douche avant le retour de Joe ?
- Je sais pas. - Si, vous le savez.
Joe savait, pour la douche. Et �a l'a �nerv� ?
- O� est Anna ? - Vous saviez que �a l'�nerverait.
Quand avez-vous d�couvert votre grossesse ?
Ce jour-l� ?
Pourquoi �a l'aurait �nerv� ?
D'o� vient cette blessure � la main ?
En faisant la vaisselle. Elle a un dr�le d'aspect.
- Apr�s tant de mois ? - Pourquoi vous faites �a ?
Le contre-interrogatoire sera bien pire. Vous devez �tre pr�par�e.
Qu'est-ce qui a �nerv� Joe, ce soir-l� ?
Allez.
Dites-le !
On n'a pas parl� de l'assurance-vie sur l'ordinateur.
On peut descendre tr�s bas, quand notre vie nous �chappe.
C'�tait vous, sur l'ordinateur, n'est-ce pas ?
Je crois savoir pourquoi.
J'ai vu juste,
n'est-ce pas ?
Ne le dites � personne.
Promettez-le.
J'ai cru en vous
d�s le d�but.
On arrive au d�nouement.
L�, vous le faites pour vous-m�me.
Elle a parl� de l'assurance-vie ?
- Non. - Ils seront au courant.
Si je n'en parle pas, Nick le fera en contre-interrogatoire.
Et alors, Juliet devra y faire face.
Vous devriez voir �a.
Merci.
Pourquoi l'aimiez-vous ?
Il �tait dr�le, chaleureux,
et il me donnait l'impression d'�tre ce qui comptait le plus pour lui.
Et puis, il se transformait.
Il critiquait ce que j'avais fait ou ce que je n'avais pas fait.
C'�tait tellement dur de tenter de faire comme il fallait,
� longueur de temps.
� chaque minute, j'essayais de savoir ce qu'il fallait faire.
Qu'est-ce qui se passait quand il... se transformait ?
Il se mettait en col�re.
�tait-il en col�re, le soir en question ?
Lui arrivait-il d'�tre en col�re contre Ella ?
Contre vous, devant Ella ?
- Elle ne l'a jamais vu vous battre. - Il ne me frappait pas.
D'une certaine fa�on, j'aurais aim� que oui.
Au moins, �'aurait �t� clair.
J'aurais su exactement ce qu'il faisait.
� vrai dire, je le voyais avec Ella
et je ne le d�celais pas.
Comment arrivait-il � si bien le cacher ?
Et puis, j'ai cru commencer � perdre la t�te.
Il s'en rendait compte ?
- De quoi ? - Que vous perdiez la t�te ?
Il savait tout � mon sujet.
Tout le temps.
- Il voulait vous faire perdre la t�te ? - Question tendancieuse.
- Reformulez. - Il me l'a dit.
Quoi ?
Il a dit :
"Tu ne vas pas tr�s bien, et �a va empirer.
"Ne t'inqui�te pas, on va s'occuper de toi."
Qui �a, "on" ?
Lui et... Ella.
Merci.
Qui a �t� l'instigateur du rapport, ce soir-l� ?
- Moi. - De quelle fa�on ?
On �tait dans la chambre...
De quelle fa�on ?
Je l'ai touch�.
O� �a ?
Vous avez donc stimul� votre mari ?
C'est votre fa�on de montrer que vous le craignez ?
Votre fille raconte-t-elle des mensonges ?
Elle nous a dit avoir entendu Joe vous dire "Je t'aime".
Une de vous a forc�ment tort. Donc, laissez-moi vous redemander :
votre fille raconte-t-elle des mensonges ?
�a ne correspond pas � votre histoire, non ?
Vous pr�tendez avoir �t� viol�e, alors que votre mari
vous a dit "Je t'aime" quelques instants avant votre geste.
Je reviendrai � ces �v�nements.
Mais d'abord, parlons de la suite. Vous �tes descendue.
Vous avez enfil� un manteau.
J'avais peur d'avoir froid.
Vous aviez peur d'avoir froid...
alors que Joe se vidait de son sang � l'�tage ?
Pensiez-vous qu'il allait mourir ?
C'est pour �a que je suis all�e � l'h�pital.
Une heure et demie apr�s, oui.
O� �tiez-vous pass�e ?
Je me promenais dans le parc. J'ignorais quoi faire.
Avez-vous pens� � ce qu'Ella pouvait �tre en train de faire ?
Vous comprenez pas.
Je comprends tr�s bien. Vous avez laiss� votre fille de 13 ans
seule aux c�t�s de son p�re gri�vement bless�.
Joe a-t-il vu le couteau que vous avez apport� au lit ?
Pourquoi ? La lame mesurait 18 cm.
Je...
l'avais cach�.
Vous avez pens� � cacher le couteau,
alors que vous �tes rest�e longuement assise dans la chambre ?
Je suppose.
Votre geste n'avait donc rien de spontan�, n'est-ce pas ?
Tous vos actes �taient calcul�s.
Dieu sait que vous avez pris votre temps.
Difficile de bien se positionner dans le lit pour avoir la force
d'enfoncer le couteau si fort qu'il reste dans le corps.
Comment avez-vous fait �a ?
Je peux pas expliquer.
Montrez-nous, alors.
Non ?
J'�tais terrifi�e.
Vous nous parlez sans cesse de terreur et de danger.
Pourquoi ne pas �tre partie ? Pourquoi �tre remont�e ?
Pourquoi ne pas avoir quitt� la maison ? On vous en emp�chait ?
Pourquoi ne pas partir, au lieu de rester assise dans la chambre ?
Tant d'occasions de partir, tout simplement.
Je n'avais nulle part o� aller.
Le parc ? Le commissariat ? La maison des Rose ?
Et j'aurais dit quoi ?
�'aurait �t� g�nant, c'est �a ?
Embarrassant ?
Vous avez pr�f�r� planter un couteau dans le ventre de votre mari
pour �viter d'�tre g�n�e en public ?
Pourquoi avez-vous choisi ce couteau
plut�t que celui-ci,
ou que celui-l� ?
Le manche ? La taille ? Le tranchant ? Lequel des trois est le plus aiguis� ?
Merci.
Tenez-le en hauteur, que le jury le voie.
Lequel a la lame la plus longue ?
Celui-l�.
Quel couteau avez-vous choisi ?
Celui-l�.
Merci.
Les deux autres couteaux �taient align�s dans la cuisine.
L'arme du crime l'�tait-elle �galement ?
Vous les avez align�s pour les comparer ?
Une d�cision m�rement r�fl�chie, ne trouvez-vous pas ?
Vos chaussures avaient-elles des lacets ?
Avez-vous fait les lacets ?
Quel manteau portiez-vous ?
- Mon manteau gris. - Certaine ?
Il �tait rang� sous un autre manteau.
- Le manteau de qui ? - De Joe.
Vous avez fait vos lacets,
pris votre manteau sous celui de votre mari,
remis son manteau en place, puis enfil� le v�tre ?
Juste apr�s avoir enfonc� un couteau de cuisine
dans le ventre de votre mari ? Puis abandonn� votre fille,
seule, face � votre acte atroce ?
Quel genre de femme �tes-vous ?
Je suis ordonn�e.
Les gens ordonn�s v�rifient leur assurance-vie, non ?
Sur l'ordinateur.
� 17 h 01, le lundi 9 mars,
juste avant que vous poignardiez votre mari.
�tait-ce vous qui utilisiez l'ordinateur ?
Juliet Miller ?
Veuillez r�pondre oralement pour l'enregistrement de votre t�moignage.
Interruption de s�ance.
Je demande un instant, M. le juge.
Tu dois la secouer. Pousse-la dans ses retranchements.
Que ce soit un vrai contre-interrogatoire.
Demande-lui ce qu'elle a pris chez elle.
Impossible dans un contre-interrogatoire.
Si. Il a parl� des lacets, du manteau.
Fais-le ! Fais-moi confiance.
Qu'avez-vous pris en quittant la maison ?
- Je l'ai jet�e. - C'�tait quoi ?
- Pourquoi faites-vous cela ? - C'�tait quoi ?
De la vaseline.
C'�tait la v�tre ? Celle de Joe ?
� quoi lui servait-elle ?
- Pourquoi la prendre ? - Pause ?
Pourquoi regardiez-vous la police d'assurance sur l'ordinateur ?
C'�tait pour Ella, au cas o�...
Au cas o� quoi ?
Si je n'�tais plus l�.
Pourquoi n'y seriez-vous plus ?
Je n'en pouvais plus.
De quoi ?
Qu'est-ce que vous ne supportiez plus ?
- Ce qu'il me faisait... - Et qu'est-ce que c'�tait ?
Que signifie "Tourne-toi, b�b�" ?
Il me sodomisait !
� chaque fois ?
Aviez-vous des rapports sexuels classiques ?
- Non. - C'�tait contre votre volont� ?
- Oui. - Que ressentiez-vous ?
�a faisait mal.
Et j'avais l'impression qu'il me d�testait.
Que j'�tais une moins que rien. Et ce soir-l�, ou...
cette fois-ci, il �tait tr�s en col�re.
Qu'est-il arriv� � vos mains ?
- Je me suis coup�e. - Comment ? Par accident ?
D�lib�r�ment, alors ?
�a soulageait la douleur.
Quelle douleur ?
Celle de l'int�rieur. �a la soulageait.
Que s'est-il pass� une fois de retour dans le lit avec Joe ?
- Je peux pas. - Si, vous le pouvez.
Vous le devez.
Je me suis couch�e sur le ventre.
J'ai ferm� les yeux.
Je l'ai senti monter sur moi.
Le couteau �tait sous l'oreiller.
Il m'a �cart� les jambes.
J'allais m'allonger sur le couteau.
J'allais le retourner
et le pointer
et me laisser tomber dessus...
mais j'ai pas pu.
Mon b�b�
�tait en moi, alors j'ai pas pu.
Et �a s'est encha�n�.
- C'est devenu le seul moyen. - Qu'avez-vous fait ?
J'ai tourn� la t�te.
Je l'ai vu fermer les yeux.
J'ai sorti le couteau de sous l'oreiller et je m'en suis servi.
Sur lui. Aussi fort que possible. Il est rentr� si facilement.
Au poste de police,
pourquoi vouliez-vous retourner votre chemise de nuit ?
Au dos, il y avait son sang.
Je voulais pas qu'on sache comment il m'avait bless�e.
Pourquoi ?
J'avais honte.
Sodomie
et pas de rapports classiques. C'est �a ?
La preuve de votre mensonge
est dans l'unit� m�re-enfant de la prison.
Elle n'est pas de lui.
Que venez-vous de dire ?
Le b�b�.
Elle n'est pas de Joe.
Tu me l'as pas dit.
Tu savais pour le suicide et tu m'as rien dit.
- J'avais promis de rien dire. - Tu t'es rang�e de son c�t�.
Qu'est-ce que �a fait ? Elle vient de dire la v�rit�.
- Gr�ce � moi. - La v�rit� est qu'elle �tait infid�le.
Le b�b� est pas de lui. Cette v�rit� nous plombe.
Il y a neuf femmes dans le jury.
Je sais ce que je fais. Je lui sauve la vie.
R�ponds.
Une fois.
Quand ?
Il y a des mois.
C'est toi, le p�re.
Mon Dieu.
Va au tribunal dire la v�rit�.
T'es pas s�rieuse.
Quelqu'un doit dire la v�rit�.
C'�tait juste une fois.
Il y a plus d'un an.
Vous �tiez son m�decin.
Vous �tiez au courant de son �tat mental.
C'�tait un abus de confiance.
C'est exact.
Est-elle venue chez vous ?
A-t-elle appel� pour prendre rendez-vous ?
Elle �tait vraiment d�pressive � cette �poque ?
Oui, elle l'�tait.
Elle me faisait de la peine.
Elle est � l'origine du rendez-vous.
Une fois chez vous, qui a fait le premier pas ?
Elle.
Merci.
C'�tait ma faute.
Elle �tait vuln�rable et avait besoin d'aide.
J'ai profit� d'elle.
C'est ma faute.
Pas la sienne.
Je m'en voudrai toujours pour ce que j'ai fait.
Retournez dans la salle des jur�s.
Examinez les preuves et r�fl�chissez � votre verdict.
Tout va bien se passer.
Que le premier jur� se l�ve.
Le jury est-il parvenu � un verdict unanime ?
D�clarez-vous l'accus�e coupable ou non coupable de meurtre ?
Non coupable.
M�thodique,
cruelle,
d'une grande ing�niosit�.
La maltraitance inflig�e � l'accus�e par cet homme
avait pour but de lui faire perdre toute identit�.
C'�tait un contr�le �motionnel total,
�tal� dans le temps.
D'apr�s l'accus�e elle-m�me, "�a ne s'arr�tait jamais".
Je demande � la cour de prendre en compte le degr� de maltraitance,
avant la condamnation.
Prenez aussi en compte les qualit�s de cette femme
et le temps qu'elle a pass� en prison avec un nouveau-n�.
Juliet Miller a deux enfants.
On ne peut pas dire qu'elle ne sera pas une bonne m�re une fois gu�rie.
Donnez un avenir � cette femme et � ses filles.
Accus�e, levez-vous.
Vous avez �t� d�clar�e non coupable de meurtre,
un verdict avec lequel je suis d'accord.
J'ai �cout� avec attention
les t�moignages dans cette affaire,
et ils m'ont beaucoup aid�
dans ma condamnation pour homicide involontaire.
Je tiens compte
de toutes les r�ductions de peine demand�es en votre nom,
et de votre reconnaissance des faits.
Par cons�quent, je r�duis la peine.
Je dois vous dire
que j'estime que ce crime
est tout en bas de l'�chelle et j'ai donc d�cid�,
que vous ferez cinq ans de prison.
Vous effectuerez la moiti� de la peine avant une libert� conditionnelle.
C'est trop long.
Mon b�b�...
Je suis d�sol�e.
C'est pas l'heure.
- Il est presque un quart. - C'est pas l'heure.
On attend.
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