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L'INFLUENCE DES RAYONS GAMMA SUR LE COMPORTEMENT DES MARGUERITES

Matilda !

Matilda !

Où est ta sœur ?

Où est ta sœur ?

Ruth !

Matilda, va chercher ta sœur avant qu'elle ne tombe enceinte.

Ruth !

Je prendrai le bus.

Qu'est-ce qui t'es arrivé aujourd'hui, au labo ?

Livia Holland m'as dit que tout le monde s'est foutu de toi.

Pourquoi ?

Je ne sais pas.

Elle se tenait immobile,

et Herbie Fox n'arrêtait pas de lui poser des estomacs,

des foies, des intestins sur tout le corps.

Qui t'a balancé ces saloperies ?

Matilda...

J'étais en train de faire une expérience.

Sur quoi ?

Le système digestif de l'homme...

C'est pour le concours scientifique.

Livia a dit que tu avais l'air ridicule et que tout le monde se moquait de toi.

Je déteste qu'on se moque de toi, Matilda.

Parce que dans ce cas, ça veut dire qu'on se moque de moi,

et de ta sœur.

Je veux que tu te tiennes à l'écart d'Herbie Fox et du système digestif.

Il n'a qu'un seul testicule. C'est ce que m'a dit Chris Burns.

Il l'a vu à la douche.

Vous apprendrez bientôt que la plupart des hommes n'ont qu'un seul testicule.

Et que tu discutes de testicules avec ce Chris Burns ne me plaît pas trop.

Si tu te les brosses encore plus vite, tu vas finir par t'électrocuter.

C'est pour éviter qu'ils soient emmêlés.

Fais donc autre chose de tes dix doigts au lieu de te brosser sans arrêt.

À ce rythme, tu pourrais tricoter une chaussette de laine.

Tricoter des chaussettes...

Prends un panier !

Si je ne m'étais pas secouée quand j'avais ton âge,

je n'aurais pas mis au monde deux adorables filles.

- C'est vrai ? - Prends six boîtes de soupe de dinde.

C'est vrai, quoi ?

Oui... Il y a des choses qui ne s'oublient pas, Ruth.

Ces petits moments mémorables qui ne s'effaceront jamais de ta vie.

- Comment s'appelait ton petit-ami ? - Comment il s'appelait ?

Il s'appelait Jimmy Ravelli.

Putain de syndicats...

Un mec sérieux, ce Ravelli. Et très convoité.

L'humour chez un homme c'est pas mon truc.

Quand il part, tu ne ries pas. J'ai appris ça de ton père.

Chris Burns est sérieux. Son père est dans la "Légion Américaine".

Mon Dieu... Regarde à quoi je ressemble avec cette perruque.

Je voulais Jimmy, autant que Marion Coley.

Mais, lui s'en foutait d'elle.

Elle avait un menton marrant.

Le bruit courait qu'ils sortaient ensemble.

Qu'est-ce qui lui est arrivé ?

Rien, si ce n'est que cet enfoiré s'est engagé dans l'armée et est mort.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Que c'était l'époque de cette putain de guerre de Corée.

- Ça s'est fini comme ça ? - Inévitablement.

Quand les gens meurent, l'histoire se termine.

Pourquoi as-tu acheté cette perruque ?

Il y a toujours un moment dans la vie où une petite voix te suggère

d'acheter une perruque.

Bon sang... Quelle porcherie !

J'ai passé une annonce pour louer une porcherie.

J'ai rencontré ton père

à un cours de mambo d'une salle de gym.

J'ai réussi à le faire rire.

- Une attirance mutuelle, simplement. - Comme un aimant ?

Asticots ?

J'ai dit aimants.

J'ai cru entendre "comme des asticots".

- Tu as aimé papa ? - Je me suis mariée avec lui, non ?

Mais il m'a laissé tomber, Ruth. Toutes les trois.

Je n'ai aucun respect pour un homme

qui fuit sa famille et va mourir dans un motel.

Votre père était plein de promesses,

mais que des promesses. L'assurance-vie de l'armée américaine.

Il a vécu dans la maison de mon père. Il n'aurait pu trouver mieux.

Mon père était le seul homme qui ait jamais compté dans ma vie.

Le seul.

Matilda !

Matilda, ce putain de lapin va me faire péter les plombs.

La maison est pleine de merdes de lapin.

Je te jure que demain, tu restes à la maison pour tout nettoyer.

C'est tout ce bordel qu'il faudrait nettoyer, demain.

C'est impossible.

Quoi ?

M. Goodman m'a demandé de présenter mon expérience demain.

Dis à M. Goodman que la maison doit être belle,

pour être prise en photo pour un magazine de déco.

Faites votre expérience en soirée, comme d'habitude.

Je ne peux pas le louper de nouveau, maman.

À force d'attendre, cette maison va fermenter, Matilda.

Et je risque de trouver des excréments de ton lapin dans ma chambre.

Je me demande pourquoi M. Goodman t'a donné ce lapin.

Un prof de sciences nat. normal te le chloroformerait, le disséquerait.

Ce serait plus facile pour sa démonstration, que sais-je.

- C'est bizarre, là-bas. - Où est le shampoing ?

Tu as acheté du shampoing ?

On est mal vu si on sèche autant l'école.

Mme Gordon n'a pas bougé de sa fenêtre depuis trois jours.

Maman, où est le shampoing ?

Tu l'as oublié ?

Elle n'a pas bougé de position. Ruth, viens voir !

Elle est assise, non ?

J'ai l'impression qu'elle est assise depuis trois jours.

On ferait pas mieux d'aller voir ?

Pas si elle est morte depuis trois jours...

Il y a des spécialistes pour gérer ce genre de situation.

Je me suis toujours demandé ce qu'ils faisaient de ces personnes.

Matilda, allons voir chez Mme Gordon.

Pourquoi ?

Pourquoi ? Parce qu'elle est morte depuis trois jours.

Comment tu le sais ?

Combien d'os constitue le corps, Matilda ?

206.

Je les ressens tous, ces 206 os.

Elle vient de bouger.

Bonjour, maman.

J'ai rêvé que j'étais un renard, Matilda.

Je me demande ce que cela signifie ?

Je nettoierai la maison quand je rentrerai. D'accord ?

Ruth a mal dormi ?

Non.

Tu rentres tôt, d'accord ?

Je veux que tu rentres tôt, Ruth. Tu as compris ?

D'accord.

Tu as mal dormi ?

J'ai dit d'accord !

Ne sois pas insolente. Je t'ai demandé si tu as mal dormi ?

Non.

Le certificat est gratuit. Vous devez juste répondre à

deux questions très fondamentales sur l'histoire américaine et...

M. Leonard Holby ?

M. Holby, vous avez de la chance.

Votre nom a été tiré au sort

par le Cours de danse Buckner & Spangler

et vous avez gagné un certificat de...

Va te faire foutre aussi, Leonard.

- Comment ça va, Charlie ? - Salut Beatrice.

T'es rentré plus tôt pour déjeuner, hein ?

Oui, un peu tôt, je crois.

Pour pas changer.

Compte tenu du marché du travail, que puis-je faire ?

Tu veux un café ?

Non merci, Beatrice.

Attends. J'ai quelque chose à te montrer.

Qu'est-ce que tu en penses ?

C'est mon nouveau look.

Pas mal, hein ?

Tu veux l'essayer ?

Essaye-la. Allez, mets-la.

J'ai pas envie de mettre ta perruque.

Mets-la, juste une fois.

- Qui va te voir ? Mets cette perruque. - Beatrice, j'ai pas envie.

Tu veux que je te fasse un sandwich ?

Pas maintenant, Beatrice.

À plus tard.

Homo.

S'il vous plaît, arrêtez avec le tambour. Merci.

Sandy, s'il te plaît. Maintenant, les filles...

Regardez la position de mes pieds.

Vous vous déplacez avec légèreté,

la nuque droite et tendue,

avec beaucoup de présence, pendant votre déplacement.

Très bien Edward. Envoie la musique et mettons-nous en rythme.

Et 1, 2, 3. Et...

C'est un grand drapeau

C'est un grand drapeau ancien

Qui ondule à jamais en paix

C'est bien. Deux, trois, quatre.

C'est un grand drapeau

L'air dans les poumons humains contient des milliards de milliards d'atomes.

Et tôt ou tard, chacun de nous va respirer les atomes

de quelqu'un qui a vécu avant nous.

Peut-être,

les atomes d'Abraham Lincoln, ou ceux de Platon.

En ce moment,

sommes-nous peut-être en train de respirer ceux de Moïse, lui-même.

Jette un coup d'œil à ta main, Janice.

Allez, tout le monde le fait.

Peut-être...

Peut-être qu'une partie de la main de Janice

a son origine dans une étoile

qui a explosé dans des temps inimaginables.

Peut-être que ta main, Janice...

Quelqu'un peut-il fermer la porte ?

Peut-être que ta main s'est formée à l'issue d'une explosion solaire

qui s'est propagée à travers l'espace jusqu'à notre Soleil.

Peut-être cette petite partie de vous...

Cette infime partie de vous

faisait partie du soleil quand elle a explosé

et s'est propagée comme une grosse tempête

pour créer des planètes.

Et peut-être...

quand la vie apparut, cette partie de Rudolph se perdit,

et devint finalement...

Quoi au fait ? Quelqu'un a une idée ?

Matilda ?

Elle a pu être broyée et enterrée jusqu'à ce qu'elle devienne du charbon.

- Et des millions d'années plus tard ? - C'est devenu un diamant.

Oui... un diamant. Ça dû être un diamant

magnifique, comme l'étoile à sa création.

Je me dis que cette partie de moi est si petite qu'elle est invisible.

Ah oui...

Elle existe depuis le commencement du monde, et elle est toujours là.

Et quand il a écrit le mot atome au tableau...

Comment te dire... je peux pas te l'expliquer.

Pourquoi en faire tout un plat ?

Qui ne connaît pas le mot atome ?

Je ne sais pas...

J'ai juste aimé le mot.

C'est très bien.

Si tu pouvais autant aimer le mot évier.

Je dois appeler Celia Kane.

Ne reste pas des heures au téléphone.

J'attends quelques appels pour la chambre à louer.

Matilda !

Cette école a quarante ans de retard.

Pourquoi je n'arrive pas à capter la 6 ? Tout le monde la capte.

Je crois...

Que le prof...

Il est un peu poète.

Qui ?

M. Goodman.

Je peux capter la 6 ?

Ruth, raccroche !

J'ai fini.

C'est vrai que c'est un poète.

Je n'ai jamais vu un homme aussi efféminé.

- Tu ne le connais pas. - Donne ça.

C'est pas lui que j'ai vu acheter du homard

au marché l'autre jour ?

J'ai vu comment il choisissait les tomates.

Cet homme est un pédé.

Qui ? M. Goodman ?

Je l'ai vu avec Mme Hanley, je ne dirais pas que c'est un pédé.

Mme Hanley... Je peux t'assurer qu'elle aussi, est loin d'être normale.

Je suis allée à l'école avec elle. Je n'imagine pas un seul instant

qu'il puisse se passer quoi que ce soit entre Mme Hanley et M. Goodman.

- Qu'est-ce que tu l'as vu faire ? - Rien de particulier.

Juste qu'ils marchaient ensemble.

Ils se fréquentent. Le hic, c'est que tout le monde les connaît.

Ils se fréquentent...

- Je ne crois pas qu'il sortent ensemble. - Tu n'en sais rien.

L'union parfaite, Edith Hanley et un Juif bisexuel.

Bonne chance dans ce monde, Matilda.

C'est juste que je ne trouve pas ça très drôle.

Au contraire !

On m'a toujours trouvé pleine d'humour !

Matilda !

Matilda !

Il y a des crottes de lapin dans l'évier.

J'essaye de louer cette chambre.

Comment puis-je la louer avec des crottes de lapin partout ?

Tu ne comprends pas ? Je veux juste... que ça marche.

Tu comprends ?

J'ai compris, maman.

Ruth !

Ruth !

Laisse-moi...

- Il me suit... - Non Ruth ! Personne ne te suit !

Personne ne te suit ! Je vais te donner à boire et une couverture.

Non... non... Personne... C'est lourd...

Assieds-toi. Assieds-toi. Assieds-toi... Ça va aller.

Je sais, je sais... Personne ne te poursuit.

Et la couverture, Matilda ?

Ça va aller. Tout va bien maintenant. Ça va aller.

Ça va aller. Tout va bien maintenant. Tu vois ?

- J'ai fait un cauchemar... - Je sais, je sais.

On en fait tous et quand on se réveille

tout est beau et normal.

Matilda, va me chercher une cigarette !

Tout va bien maintenant.

Il n'y a personne. Personne.

- Ça va aller ? - Bien sûr qu'elle va mieux.

Tu vas tirer une bouffée sur la cigarette ! D'accord ?

Une bouffée sur une saleté de cigarette.

Allons-y.

Tiens.

Voilà...

Tu vois, ça va mieux.

Tu veux que je te racontes mon rêve ?

Un beau rêve.

J'ai rêvé que j'étais... avec mon père.

Nous étions aller en carriole, vendre des légumes.

Et notre carriole était tirée par des chevaux blancs comme au cirque.

Des chevaux blancs de cirque...

De merveilleux chevaux de cirque avec grande crinière magnifique.

Ils avaient fière allure et la carriole...

La carriole était toute bleue.

Entièrement bleue et...

remplie de légumes.

Des pommes jaunes, du raisin et des courges vertes...

Et de grosses cloches qui sonnaient...

Les cloches sonnaient "dong, dong, dong".

Et moi, je criais debout : "Pommes ! Poires ! Concombres !".

- Tu le fais ? - "Pommes... Poires..."

- Allez. "Pommes ! Poires ! Concombres !" - Pommes... Poires... Concombres...

- Bravo ! "Pommes ! Poires ! Concombres !" - Pommes... Poires... Concombres...

"Pommes ! Poires ! Concombres !"

"Pommes ! Poires ! Concombres !"

Merci pour votre appel.

ll est 03 H 17 du matin.

J'attends vos appels au 272 31 50.

272 31 50.

Il y a un appel. Allô ? Bonjour ? Que voulez-vous ?

Allô ? Allô ?

Vous m'entendez ?

Je pensais à...

ce qui a été dit plus tôt sur les transports.

Je conduis un autobus depuis plusieurs années.

Je peux dire que les passagers sont devenus agressifs envers les conducteurs.

Bien sûr, je ne veux pas dire...

J'aimerais parler du Budget Fédéral.

- Bon sang ! - Quoi ?

Je lui avais dit de venir ce soir. Je n'ai pas eu le temps de nettoyer.

Elle est si vieille !

J'ai essayé de la garder avec moi le plus longtemps possible.

Elle peut se débrouiller avec les escaliers ?

Les filles, mettez la rampe en place pour Mme Mayor.

Bien sûr Mme Hunsdorfer, que ça pose problème.

Je voulais un endroit pas trop loin de la ville.

Et l'air frais va la réjouir.

Vous m'avez dit au téléphone, qu'ici, elle pourrait prendre l'air.

Oui. Soyez tranquille à ce sujet.

Nous sommes tous amoureux de la nature.

Attrape-là.

Je ferais tout mon possible...

Mais rappelez-vous qu'il est important d'être à ses côtés.

Je ne veux pas être injuste parce que j'ai un travail prenant.

C'est bien que quelqu'un d'autre s'occupe d'elle.

Je vous assure que vous allez l'aimer.

Vous n'aurez pas de soucis avec elle.

Je vous ai tout mis par écrit.

Ce qu'elle aime le plus, c'est de l'eau chaude et du miel.

De l'eau chaude et du miel... Nous en regorgeons, n'est-ce pas Ruth ?

Matilda, viens m'aider à la redresser.

Matilda, ouvre la porte, s'il te plaît.

Attention à la marche.

Voilà...

Matilda s'il te plaît, va ouvrir les rideaux de sa chambre.

Par ici, ma chère, vers votre chambre personnelle.

- Comment vous appelez-vous ? - Annie.

Annie ? Grand-mère Annie, hein ?

On y est.

On s'assoit.

C'est confortable, non ?

Ça va aller ?

Douillet ?

Vous êtes arrivées un peu tôt...

On a pas eu vraiment le temps d'apprêter.

Je suis passée plus tôt à cause d'une réunion d'affaires importante.

Son souci principal est d'ordre quotidien.

Si elle est enrhumée, elle ne se mouchera pas le nez.

Eh bien, on s'en chargera, n'est-ce pas Matilda ?

On mouchera le nez de Grand-mère Annie, hein ?

Ruth,

n'est-ce pas qu'on lui mouchera toutes le nez !

Elle est un peu sourde.

Je parie qu'il faut trouver le bon ton.

Elle saisit l'essentiel.

Ça va être très plaisant.

- La salle de bains ? - Au fond du couloir, à gauche.

- Elle y arrive toute seule ? - Oh oui. Elle se débrouille très bien.

Elle est vraiment très vive.

Et très adroite, comme je vous l'ai dit.

Le fauteuil roulant ne sert que pour les urgences.

Je suis un peu inquiète de la distance jusqu'à la salle de bains.

Eh bien, tous s'y sont fait jusqu'à présent.

M. Mayo, Mme Marion Minto et M. Brougham.

- Rappelle-moi le prénom de M. Brougham ? - Alexander.

Alexander. Oui.

Il y arrivait alors qu'il avait une tumeur au cerveau.

Annie est une gentille fille, hein ?

Que diriez-vous d'une tasse d'eau chaude avec du miel ?

Votre annonce ne parlait pas de religion, mais j'ai apporté une Bible.

Elle la glisse sous son oreiller.

J'ai noté tout ce que vous devez savoir.

J'y ai glissé le chèque pour la première semaine.

Eh bien, on pourra lui mettre de la jolie

musique religieuse à la radio le dimanche matin ?

Qu'en pensez-vous ? De la musique religieuse le dimanche ?

J'ai la "Tour de Garde".

Ça vous dirait ?

Bien...

Au revoir, maman.

Elle a meilleure mine aujourd'hui.

Oui... Je parie qu'elle ira de mieux en mieux.

"John, je sais où tu te trouves. Mary."

Si quelqu'un sait où en est Beatrice Hunsdorfer,

qu'il me fasse signe.

Quoi ?

Ces journaux ! Plein de tranches de vies, Matilda.

Tu peux me gratter le dos, s'il te plaît ?

"Gwen et Lucille, revenez à la maison.

On vous pardonne. William."

Mon cul que c'est pardonné.

Là.

"Robin, Esther, Jane et Earl merci d'appeler votre oncle Don".

Oncle Don...

"Grande maison de quatre familles, beaucoup d'espace."

"Huit garages."

Voilà ce qui pourrait m'intéresser.

Une sorte de petit restaurant.

Avec des plats de qualité fait-maison.

Tu dois comprendre, Matilda,

que dans la vie, il faut savoir saisir les occasions.

Il aurait fallu que je termine ces cours sur l'Immobilier.

Ou ceux d'esthétique.

Ça ne serait pas une mauvaise idée pour toi.

- Ces plantes, c'est quoi ? - Des marguerites.

Des marguerites.

- Ce sont des marguerites "bouton d'or". - Ce doit être des marguerites spéciales.

Elles ont été exposées au Cobalt 60.

Mon rêve,

une maison pleine de marguerites exposées au Cobalt 60.

Et pourquoi ne pas planter des tomates dans la salle de bain ?

C'est quoi, le Cobalt 60 ?

Ça transforme les choses.

M. Goodman nous a parlé de la technique d'implosion,

de la radioactivité et de la demi-vie.

Et j'ai pu obtenir des graines.

La demi-vie ?

C'est difficile à expliquer.

C'est liée à la désintégration.

Il est possible de calculer la probabilité d'un noyau radioactif à se décomposer.

Laisse tomber, Matilda, ça me donne mal à la tête.

Que pourrais-je faire avec huit garages ?

Si quelqu'un m'avait dit dans ma jeunesse que je me retrouverais

à donner du miel à une zombie, je l'aurais traité de fou.

Je ferais mieux de me convertir en chauffeur de taxi.

Ta seule concurrente sérieuse est Janice Vickery.

Chris Burns connaît son frère qui lui a raconté

que Janice a attrapé un chat dans la rue et l'a dépecé vivant.

Le chat aurait hurlé plusieurs minutes quand elle l'a mis dans l'eau

parce que l'eau n'était pas encore bouillante.

Tu parles d'un talent. Dépecer un chat, le faire bouillir

et lui recoller les os. Je n'arrive pas à comprendre.

Annie.

Tu connais ton future ?

Je peux te tirer les cartes.

Tu veux connaître ton destin ?

Il cogite sur ton nom.

Je ressemble à maman ?

Quoi ?

Tu vois comment les cartes se sont regroupées ?

Comment leur coins se sont heurtées ?

De bonnes nouvelles.

Du bien-être et une surprise dans un proche avenir.

Je vois de belles choses là, nanny.

Des bijoux.

De gros bijoux.

Avec une nouvelle coiffure.

Belles nouvelles.

Regardez les étoiles.

Regardez comment les cartes se regroupent.

Ça correspond à un étranger grand, brun et beau.

Ça s'annonce bien.

Bien-être et une grosse surprise.

Ça s'annonce bien !

Ça s'annonce bien !

Je hais cette vieille.

Si elle pouvait crever comme M. Mayo.

Je les hais !

M. Mayo, M. Brougham et Mme Minto et son cancer.

Tous ces corps écœurant !

Pourquoi doivent-ils tous se ramener ici ?

Je les hais tous ! Ça me rend malade !

Ils me dégoûtent.

Je les hais tous !

Je les déteste !

Maman !

Maman ! Ruth va avoir une crise !

J'arrive ! J'arrive !

J'arrive !

J'arrive !

Aide-moi à l'éloigner du lit. Vite !

Attrape un oreiller !

Attention à la tête. Vite !

Bloque-le.

Je comprends ce qui se passe. Prenons ce récipient en verre,

et plaçons-y ce morceau de métal...

De la fumée apparaît

provenant de ce morceau de métal.

Elle ressemble à de l'eau surgissant d'une fontaine.

Et si ce n'est pas apparent à l'œil nu,

ce sont, en fait, les atomes qui sont en train d'exploser.

Rien ne peut les arrêter.

Et le processus va continuer pendant des millions d'années.

Si tu continues comme ça, tu va fondre à vue d'œil.

J'en sais quelque chose de ce bâton, une vraie de vie de fête.

Et je te cuisinais un de ces gâteaux au fromage.

C'est pas comique ?

Tel jour, tu es la meilleure danseuse de l'école,

tu cuisines de bons gâteaux au fromage,

et le lendemain tu n'es plus que du passé.

Ça te plairait, Matilda ?

Allo, centrale... Pourriez-vous me donner la ligne

et me mettre en relation avec Jésus.

Grand-mère, tu veux parler à Jésus ?

Je me demande toujours demandé pourquoi les gens disent "c'était hier...".

"Démarrez une nouvelle vie. Rencontrez de nouvelles personnes.

Luxueux appartements S&S.

Bain-remous et cuisine avec équipements électriques"

Exactement ce dont j'ai besoin. Bain-remous et une cuisine tout électrique.

Marre des cuisines ! J'ai passé toute ma vie

avec de la vaisselle sale. Pas un seul plat propre.

On mange mieux sur le plancher.

Peut-être,

Peut-être que je ferais mieux de me mettre à mon compte.

Super.

Un institut de beauté.

Tout d'abord...

"Devenez un mannequin ! Aucun critère d'âge.

Institut "La silhouette parfaite."

Il y a un problème avec ma silhouette ? J'ai l'air parfaite !

Une autre...

"Patsy Anne, reviens à la maison.

Nous te pardonnons d'avoir incendier la maison."

Nous te pardonnons, hein ?

Ces animaux !

Bon sang ! Je vis dans un zoo ?

Je vis dans un zoo ?

Alors, quelle genre de sketch as-tu joué avec ?

Un sketch.

Tu peux être plus précise ?

Je devais interpréter une femme d'intérieur et faire réel.

C'était du moins l'idée, être la plus réelle.

Réelle.

Je t'ai emprunté ta robe de chambre.

Et moi, je l'ai cherchée affolée partout dans la maison.

J'ai même pensé que des voleurs s'étaient introduits et l'avaient volé.

Dans tout ce ramassis de vieilleries, c'est ma robe de chambre qui disparaît.

Combien en ai-je ? J'en ai une douzaine, Ruth ?

Réelle, hein ?

- En quoi consistait le sketch ? - Juste destinée à être marrant.

Quel sketch ?

- La lecture du journal. - C'est supposé être marrant ?

- Je n'ai pas dit cela. - Ah, ils ont donc pleuré.

Non !

Ils ont un peu rigolé.

De moi, que tu imitais, je suppose.

Nous devions essayer d'être réelles.

Que leur as-tu lu ?

Les annonces...

Vas-y, montre-moi. Je veux entendre comment tu m'imites.

J'étais pas censée t'imiter particulièrement.

Tu avais une tasse de café en main ?

Oui ou non ?

Oui.

Tu fumais une cigarette ?

Oui.

Tu portais ma robe de chambre et ma perruque.

Tu lisais les annonces du journal et tu t'appelles Ruth Hunsdorfer.

Et ce n'est pas m'imiter ?

Mais qui alors, Margaret Truman ?

Je ne vois pas pourquoi ça te met hors de toi.

Ça me dérange parce que je voudrais que tu comprennes une chose.

Quand je lis les annonces, je ne cherche pas à être drôle.

Tu comprends ?

Oui.

Vraiment ?

J'ai compris.

"22 acres à Princess Bay.

Petit bassin, 6.000 dollars."

C'est pas cher.

Il me reste à trouver l'argent.

"Kiosque à sandwich ! Retour sur investissement !

5000 $ comptant. Demandez Stan."

- "Demandez Stan". - Ça veut dire quoi, "comptant" ?

J'ai toujours rêvé d'ouvrir un petit restaurant,

quelque chose de sympa dans le quartier.

- On vendrait des gâteaux au fromage. - Ça veut dire quoi, "comptant" ?

5000 $ que tu verses en espèces dans la main, Ruth.

Ça veut dire que si je pouvais mettre la main sur cet argent

je pourrais mettre quelque chose sur pied pour nous tous.

Peut-être repartir de zéro.

Je crois que je l'ai trouvé.

Un beau petit local sur Detroit Avenue

et avec des rideaux cela aura fière allure.

Il va falloir lui trouver un nom sympa. Celle qui trouvera sera récompensée.

- Tu l'as acheté ? - Acheté ! C'est un bail.

Tu dois le louer.

Acheter ? Tu me prends pour qui ?

Il va nous falloir,

deux choses.

D'un peu d'ingéniosité et d'un gâteau au fromage sublime.

J'ai fait une tarte au fromage l'année dernière en cours de cuisine.

Je pouvais récupérer la recette.

On ne va pas nourrir des rats, mais des gens.

Je m'occuperai de la cuisine.

- Je pourrai être serveuse ? - Serveuse ? À coup sûr.

Toutes les deux !

Grand-mère ! Ça te dirait d'être la caissière ?

Il ne nous reste plus qu'à trouver un nom accrocheur.

Salon de thé "Aux 3 Marguerites".

Ce genre de noms sont mémorisés. Croyez-moi.

Moi, j'y crois.

Salon de thé "Aux 3 Marguerites".

Si n'importe quel abruti peut réussir avec du poulet frit

pourquoi pas moi avec un gâteau au fromage et du thé ?

La viabilité dépend d'un certain nombre de facteurs, Mme Hunsdorfer.

Pour Bradsburry, il y a neuf raisons principales pour expliquer

la faillite d'une nouvelle entreprise.

Pourquoi la moitié de ces entreprises ne passent pas la troisième année.

Seules 29% survivent trois ans et demi.

Neuf raisons...

J'arrive pas à croire que vous m'ayez laissé un cinq et un atout.

Caroline, j'ai appelé son bureau. On m'a dit qu'il était à la maison !

Il est grippé.

J'essaie de rester à flot, Floyd.

Beatrice,

j'ai un gros rhume, la grippe ou quelque chose.

Je ne veux pas que tu l'attrapes.

J'ai appris pas mal de choses, aujourd'hui.

Je connais par cœur les neuf raisons pour lesquelles

les nouvelles entreprises échouent, selon Donald Bradsburry.

Beatrice, je ne te suis redevable de rien.

Et ce magnifique discours que tu as prononcé

à mon mariage, Floyd. Quelque chose sur la nécessité

de nous entraider en cas de coup dur.

Eh bien, c'est le cas, Floyd.

J'ai emmené ma mère au cimetière la semaine dernière.

Elle y va régulièrement et attend que tu l'appelles pour y aller ensemble.

- Après tout, il a été ton mari. - "Il" ? "Il" !

Tu parles de ton frère George ? C'est ça qu'il est pour toi ? "Il" ?

La pire façon de l'évoquer.

Putain, c'est fou. Tout le monde détestait ce salopard.

- Beatrice... - Ok, Floyd. Faisons un marché.

J'emmènerai ta mère au cimetière si tu me files un coup de main.

Beatrice, ce n'est pas aussi simple.

Floyd... Floyd...

Je voudrais te parler du Salon de thé "Aux 3 Marguerites".

Une chaîne de Salon de thé "Aux 3 Marguerites".

Floyd, écoute.

Notre quartier va se valoriser, à deux conditions :

- Suis mon conseil. - Je l'entends constamment.

Va jeter un coup d'œil, ils proposent une belle salade

- un brunch incroyable, le dimanche, - Beatrice, écoute-moi...

ou un rôti excellent.

Floyd, mon gâteau au fromage est divin.

Et ce n'est pas tout. Il y a plein d'endroits pour s'agrandir.

Comme ce petit local tout proche pour s'agrandir, dans une rue animée.

Floyd, le chinois se fait un paquet de fric avec sa boutique pourrie.

Un fric fou avec des nouilles.

Beatrice, personne ne va acheter des gâteaux au fromage.

Tu vas bien, Floyd ?

Tu pourrais pas m'appuyer auprès de la banque ?

Tu as de l'influence. C'est juste un emprunt de 5 000 $.

Beatrice,

je ne suis qu'un employé. Je ne peux pas faire l'impossible.

Je suis très réaliste.

Et toi, de ton côté ?

Et si tu investissais dans le Salon de thé "Aux 3 Marguerites" ?

Je te donne 10% des bénéfices, c'est beaucoup.

Beatrice, je suis vraiment malade.

- Comment vont les filles, Beatrice ? - Tu aurais une cigarette ?

On a arrêté tous les deux.

Tu ferais mieux d'oublier le passé, Beatrice.

Et je fais comment ?

La meilleure façon de réparer le passé,

- c'est de l'oublier. - Quelle connerie, Floyd.

Je ne te dois rien, Beatrice !

Tu répètes ces conneries depuis que je te connais !

Toi et ton grandiose frère.

Deux gars très sympas qui n'ont jamais rien dû à personne !

- Je suis grippé ! - Quel dommage !

Je t'appelle la semaine prochaine.

Oublie ce putain de téléphone, Floyd !

Toi et ton frère, vous avez toujours été fantastiques au téléphone.

C'est facile de raccrocher au téléphone, pas vrai ?

Ou lire le journal pendant que tu parles.

Ou être aux chiottes avec le téléphone.

Tu est en sécurité avec le téléphone !

Dommage que ta queue ne puisse pas être un téléphone.

Fous le camp d'ici !

Tu as l'air d'aller bien, Caroline.

Comment vont les filles, Beatrice ?

Pas réellement une grande réussite.

Tenez.

Quoi ?

Vous êtes en voyage d'affaires ?

J'ai une affaire dans les voyages.

Est-ce que vous seriez intéressée par des fauteuils Louis XIV ?

Je suis antiquaire.

De l'ancien.

- Vous achetez les lampes ? - Sur pied ?

Je crois que ça peut m'intéresser.

Mon Dieu !

J'ai de tout.

Des chaises Louis XIV,

des chaises à barreau,

en osier,

avec dossier haut...

Une minute.

Et voilà !

J'ai un piano français.

Un Krell.

Vous avez déjà entendu un piano français ?

Ah oui, français ?

Combien pour ma lampe ?

Disons... huit $.

Huit $ pour une lampe ancienne ?

Pas vraiment de l'ancien.

Toute cette merde n'est pas de l'ancien.

Vous avez raison.

J'ai récupéré l'affaire d'un antiquaire en retraite.

Il avait besoin d'argent.

- Il marche ? - Oui.

Je vous en donne 12 $.

Je vous en donne 30 $.

Vous me prenez pour qui ? Je ne vaux rien de mieux pour vous ?

Comment osez-vous ? Comment osez-vous, salopard !

Vous allez voir !

Vous allez voir !

C'est votre voiture ?

Que faites-vous là-haut ?

Votre permis de conduire, s'il vous plaît.

Madame ?

Je peux voir votre permis de conduire ?

Regagnez votre véhicule et montrez-moi votre permis.

Il est bien dans votre voiture ?

Vous allez bien, madame ?

École primaire Walworth, lycées Delmar et Warren Harding,

et le séminaire de Mme Gaines en septième, c'est ça ?

Le séminaire de Mme Gaines...

Vous y étiez aussi ?

J'étais la secrétaire des séminaires.

Betty Frank.

Betty Frank ?

Un problème ?

C'est bon !

Ouais...

Betty Frank.

Voyez-vous ça, t'es devenu flic.

Depuis 19 ans.

Un garçon et une fille en fac.

Tu déconnes !

Tu te souviens de Marion Coley ?

Marion Coley ?

Elle était avec nous.

Avec un menton bizarre.

Un menton bizarre ?

Elle avait pas un menton bizarre ?

C'est ma femme.

Sans déconner ! T'as épousé Marion Coley ?

Oui.

On s'est mariés une semaine après la fin du lycée.

Un "menton bizarre" ?

Et ça marche ?

Bien.

Deux gosses en fac.

Je pense que tu parles de quelqu'un d'autre.

- Marion n'a pas de menton bizarre. - Oh tu sais, les mentons...

L'important, c'est que tu vas bien.

Tu es flic et le bleu te va très bien.

- Tu te fous de moi ? - Non !

Oui...

Je me souviens de toi, maintenant. Avec cet humour si particulier.

Betty Frank.

Tu faisais du théâtre.

Oui, je me souviens de toi. Tu dansais, tout le temps.

- Majorette. - Oui !

Tu étais une majorette !

Et... Comment vas-tu ? Tu as une famille ?

Oui. J'ai deux filles.

Tu as fait un bon mariage ?

J'arrive !

Qui as-tu épousé ? Je le connais ?

J'ai épousé George Hunsdorfer.

Il était plus âgé que nous.

Hunsdorfer...

M'en souviens pas.

Et ça roule ?

Si ça roule ?

George m'a quitté.

Et les filles, aussi.

Il est mort, le fils de pute.

Il est mort...

C'est moche. Je...

Je suis désolé.

Tu as au moins deux charmantes filles. Les enfants, c'est important.

Tu prends l'air, hein ?

Oui, c'est ça.

On pourrait se revoir.

Marion, toi et moi.

Elle sera contente de te revoir.

Elle sera surprise. Elle n'a pas changé depuis le lycée.

Tu te trompes au sujet de son menton.

Freddie Schultz, hein ?

Non.

Sonny Gunderson.

Range ta voiture sur le côté, s'il te plaît Betty.

Où est ta sœur ?

À l'école.

Tu vas bien ?

J'ai préparé le petit-déjeuner d'Annie.

Il faut que je file à l'école.

Je suis en retard et j'ai un examen en sciences.

En sciences...

Si tu pouvais dire à M. Goodman que tu as beaucoup à faire ici

et que tu ne vas pas perdre la moitié de ta vie à étudier.

S'il veut savoir ce qu'est une moitié de vie,

qu'il vienne me demander.

J'en ai des originales, ici.

J'ai une fille à moitié givrée,

l'autre à moitié savante,

dans une maison à moitié pleine de merdes

et une moitié morte.

Ça, c'est de la moitié !

Pourquoi tu hais ce monde, Matilda ?

- Allô ? - Allô, Mme Hunsdorfer ?

M. Goodman de l'école. Je me demandais si Matilda...

Elle est en route, M. Goodman. Elle est en route.

Bien, Mme Hunsdorfer. Je me demandais si...

Puisque je vous ai au téléphone, M. Goodman,

j'aimerai vous parler des graines que vous avez données à Matilda.

Oui ?

Elle m'a dit qu'elles ont été soumises à la radioactivité.

Et pour moi, la radioactivité

est automatiquement synonyme de stérilité.

Vous êtes marié, M. Goodman ?

Non, non. Pas du tout.

Dommage.

Les femmes d'aujourd'hui ont vraiment un problème avec les hommes.

Ça m'effraie d'avoir ces choses dans le salon.

Elle ne pourrait pas faire pousser des marguerites naturelles ?

Eh bien... Je...

Ne soyez pas inquiète à propos de la stérilité.

C'est un projet très intéressant.

Je n'ai aucun doute là-dessus.

John...

Savez-vous ce qu'est une mutation, Mme Hunsdorfer ?

Non, je dois admettre que je ne sais pas de quoi il s'agit.

Et j'ai pas...

Quand vous modifiez la forme ou le contenu de quelque chose...

Qu'est-ce qui vous fait croire que ça m'intéresse, M. Goodman ?

Épargnez-moi vos explications par téléphone.

J'ai déjà celles de Matilda à la maison.

Oui... oui... désolé, je suis toujours là.

- Je voulais pas vous offenser. - Vous ne m'avez pas offensée.

Mais sachez que je ne suis pas idiote et que mon expérience me fait dire

que la prévention vaut mieux qu'une tragédie.

Matilda a assez de problèmes sans être stérile.

Disons-le franchement, cette fille aura des problèmes.

Mme Hunsdorfer, je me demandais...

si on ne pourrait pas se rencontrer et parler de ces problèmes.

Très aimable de votre part, M. Goodman.

Vous souhaitez rassurer cette pauvre mère, hein ?

Eh bien, j'aimerais sérieusement vous dire deux mots

au sujet de ce lapin que vous avez donné à Matilda.

Vous savez avec quoi je me retrouve ? Une usine d'engrais, ni plus ni moins.

J'ai envie de le tuer, mais Ruth pourrait être prise de convulsions

pendant 50 ans et la haine résonnerait dans la maison.

C'était qui ?

Beatrice Hunsdorfer.

Bon Dieu ! On était en classe ensemble.

- Vraiment ? Et comment était-elle ? - Une folle.

Constamment.

Tout était prétexte à rire.

Betty Franks.

On l'avait surnommée Betty "la folle".

- Elles a ses deux filles ici. - Je sais, je sais.

Betty "la folle".

Un jour, elle s'est présentée en classe vêtue uniquement de plumes.

- Des plumes ! - Exactement.

Vous savez, on l'a aussi vu porter une robe couverte de petites cloches.

Betty "la folle" et ses petites cloches.

Avant de poursuivre notre programme, je saisis l'occasion,

non sans une certaine fierté,

pour nommer les finalistes du concours scientifique annuel.

Les cinq finalistes sont :

Angela Cummings,

Janice Vickery,

Herbert Fox,

Matilda Hunsdorfer,

et Eugene Lebow.

Elle ne te l'a pas dit ?

Elle fait partie des finalistes !

Ils n'étaient plus que cinq sur des centaines.

Ella l'a remporté avec ses plantes bizarroïdes.

M. Goodman lui a prédit qu'elle sera une nouvelle Mme Pasteur.

Ils vont venir prendre une photo.

Quoi ? Une photo de qui ?

De toi. C'est dingue, non ? Elle les a tous battu.

- De moi ? Pour quelle raison ? - Pour le journal de l'école.

Les mères vont avoir leur photos dans le journal.

Ruth, qu'est-ce que tu racontes ? Matilda !

Matilda, de quoi s'agit-il ?

Ils veulent faire monter les mères des finalistes sur la scène.

Qu'est-ce que ça veut dire, sur la scène ? Regarde-moi quand tu me parles, Matilda.

Pour le concours.

Ils veulent faire monter les mères sur la scène.

Que veux-tu dire ? Il va falloir que je monte sur scène ?

Il va falloir que je sois habillée ? Et que vais-je dire ?

Tu veux qu'on se moque de moi ?

Personne ne s'est moqué de moi, maman.

Et moi ? Et si on se moque de moi ?

Ça n'arrivera pas.

Matilda... je...

Je vais être franche avec toi. Si tu gagnes,

je serai très fière

ou j'aurai le cœur rempli de fierté.

Ça en vaut la peine, non ? Je n'aurai pas grand chose à dire ?

Non.

Je ne gagnerai probablement pas. Tu n'auras pas à dire quoi que ce soit.

"J'ai le cœur rempli...".

C'est d'un banal.

Nous irons tôt. À quelle heure cela commence-t-il ?

19 H 30.

19 H 30 ? Quel jour ?

Le 28.

Le 28...

Bien...

J'ai juste à dire que "mon cœur est plein..."

Ruth peut s'occuper d'Annie. On ne traînera pas.

Ça ne devrait pas durer longtemps, n'est-ce pas ?

C'est en semaine ?

Je ne peux pas m'occuper d'Annie.

Je dois être sur scène et exprimer ma fierté, n'est-ce pas ?

C'est quel jour ?

C'est un vendredi soir, on va danser, et j'y vais avec Chris Burns.

Nous ne pouvons pas laisser cette vieille dame seule.

Eh bien, trouve quelqu'un d'autre, parce que je vais y aller.

Personne d'autre que toi ne va s'en occuper.

Mais j'ai promis à Chris Burns...

Et qui va s'occuper d'elle ? Ce putain de lapin ?

On m'en a confiée la responsabilité.

Si personne ne reste, une infirmière devra venir.

Tu as la moindre idée du coût d'une infirmière, Ruth ?

Je t'ai posé une question ! Combien coûte une infirmière ?

Je m'en fous.

J'ai promis à Chris Burns.

Sache que ces infirmières sont devenues très chères.

Tu as compris, Ruth ?

Tu as compris ?

Ruth ?

Ça va ?

Ruth ?

Il faut que j'y aille.

Mme Turner m'attend.

Désolée que tu ne puisses pas venir.

Ne tarde pas, maman.

Ruth !

Ruth, quelle heure est-il ?

Ils devraient donner aux parents des instructions écrites.

Pour un évènement aussi important, ils pourraient se mettre en quatre.

Alors, de quoi j'ai l'air ?

Comment suis-je ?

Betty "la folle".

Betty "la folle" Frank, dépêche-toi. Ils t'attendent.

J'ai entendu Mme Hanley dire que tu étais folle.

Betty "la folle" !

J'ai entendu Mme Hanley dire que tu as toujours été folle.

Et que tu viendrais probablement habillée de plumes d'oiseau.

Betty "la folle".

Tu nous rabaisses tout le temps, hein ? C'est toi la folle, pas nous.

Ils se moquaient de toi. J'ai entendu Mme Hanley au bureau.

Betty "la folle" !

Betty "la folle" !

Angela Cummings.

J'aimerai parler au directeur, s'il vous plaît.

Eh bien, faites-le descendre de scène !

Ce n'est pas votre... Beatrice Hunsdorfer.

Ah, c'est comme ça ?

Eh bien, vous allez lui transmettre un message de ma part.

J'ai un message pour lui, ainsi que pour M. Goodman,

et pour vous, qui que vous soyez,

et pour Mme Hanley. Dites-lui...

que je la remercie beaucoup de m'avoir assassinée !

Très bien, mon lapin.

L'heure est venue, lapin.

Janice Wickery.

Le passé.

Contrairement à ce qui a été affirmé,

j'ai récupéré ce chat au chenil

immédiatement après l'expérience

qu'il a subi dans une chambre barométrique.

Ce procédé élimine tout l'air du corps de l'animal.

Ils affirment que ce n'est pas cruel, mais je pense que c'est horrible.

Puis j'ai fait bouillir l'animal dans une solution d'hydroxyde de sodium

jusqu'à ce que la peau tombe,

mais j'ai dû gratter les os pour enlever les tendons.

Vous n'avez pas idée de la difficulté de la tâche.

Je vais poursuivre avec le présent.

Je voulais juste que vous sachiez que cela m'a pris énormément de temps.

Comprenez que cette méthode

rend plus facile l'étude de l'anatomie.

Même s'il manque une nervure,

on peut l'utiliser pour enseigner l'anatomie de base

d'innombrables animaux de la famille des félins.

Cette étude est peut-être limitée pour l'instant.

Mais elle a été une grande réussite personnelle.

C'est plus valorisant lors de votre inscription à l'université.

Vous avez fait autre chose que de sortir avec des garçons.

Quant à sa destinée future,

je vais en faire don à un cours de sciences.

Et l'année prochaine, si le concours est maintenu,

je ferai peut-être l'expérience avec un chien.

Merci pour votre attention. J'espère remporter le concours.

Oui ?

- Vous êtes le concierge ? - Oui...

Mme McKay...

- Je voudrais voir Mme McKay. - Elle n'est pas là.

Elle vit bien là ?

Oui, mais elle est en voyage.

- En voyage ? - Elle est à Atlantic City.

J'ai quelque chose pour elle.

C'est là.

Je ne comprends pas.

Dites à Mme McKay,

que désormais, elle doit se débrouiller par elle-même.

Qu'est-ce que... ?

Vous n'allez pas la laisser ici ? Vous êtes malade !

C'est quoi ? Une blague ?

Oui... Dites-lui que c'est une blague.

Une minute, vous êtes folle ? Elle n'est pas de retour avant un mois.

Emmenez cette femme et dégagez d'ici.

Vous me tapez sur les nerfs. Je vais appeler les Services de la Santé.

Dégagez ! Vous avez compris ?

Matilda Hunsdorfer.

Les graines... Les graines ont été exposées...

Les graines ont été exposées à différentes niveaux de rayons gamma

à partir des sources radioactives d'Oak Ridge.

M. Goodman m'a aidé à payer les graines.

Nous avons étudié régulièrement leur croissance.

J'ai tenu un journal détaillé...

des températures.

J'ai pesé chaque plante

pour m'assurer que toutes avaient la même quantité d'eau.

J'ai essayé de faire en sorte que...

la circulation de l'air soit similaire

pour éviter d'affecter leur taux de croissance.

Je n'avais pas de matériel spécialisé,

mais comme l'air venait de la même source,

je suis à peu près sûre que toutes les plantes

en ont bénéficié à l'identique.

La nature du terreau était le même,

toutes les plantes ont germé en même temps.

Elles ont toujours été privés de la lumière du soleil en même temps.

Les graines qui ont reçu la plus faible dose de rayonnement

ont donné naissance à des plantes normales.

Celles qui ont reçu des doses moyennes

ont créé des plantes présentant des mutations

à savoir, doubles bourgeons,

des feuilles différentes et des tiges plus épaisses.

Les graines qui ont reçu des doses élevées de rayonnement

ont été tués ou ont donné naissance à des plantes sous-développées.

Une fois que nous aurons mieux compris les radiations,

un jour viendra

où le monde que nous connaissons sera modifié

par le pouvoir de l'énergie atomique.

Certaines des mutations étaient vraiment merveilleuses,

inimaginables même dans nos rêves,

et je pense que...

je crois de tout mon cœur...

que le jour viendra où l'humanité,

remerciera Dieu

pour cette étrange et merveilleuse énergie de l'atome.

- Qui a gagné ? - Matilda Hunsdorfer.

John !

C'est Mme Hunsdorfer.

Elle est très heureuse... Ne la mettez pas mal à l'aise.

Matilda...

Mon cœur est rempli de fierté.

Mon cœur est rempli de fierté.

Mon cœur est rempli de fierté !

Oh non.

Tu sais ce que je vais faire ?

Je vais nettoyer cet endroit à fond.

Je suis sérieuse. À fond.

Un véritable changement de décor.

Vous pourrez inviter vos amis ici.

Ça ne te plairait pas ?

- C'est toi, Charlie ? - Qui d'autre, Beatrice ?

Charlie, tu sais ce qu'on va faire ?

Nettoyer ce patio à fond.

Bonne idée, Beatrice.

Bonne idée ? Non, une grande idée.

Tu sais quoi ? Nous pourrions aménager un petit bassin.

Oui, là.

Ou là.

Charlie, toi qui est plombier, je pourrais faire un petit bassin ici ?

Dieu n'y verrait aucun inconvénient, Béatrice.

Qu'est-ce qu'il raconte ?

... pour réaménager cet endroit.

Avec par exemple, une terrasse pour prendre le thé,

avec des tables sympas.

On va nettoyer toutes ces ordures.

Tu pourras inviter tes amis de nouveau.

On...

Je vois bien un grand parasol,

on plantera une vigne...

Et pourquoi pas, une table de ping-pong.

Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ! Une table de ping-pong, bien sûr.

La cuisine est toute proche,

je préparerai des sandwiches et des gâteaux au fromage.

Avec tes amis, vous pourrez danser, jouer au ping-pong...

Charlie...

Charlie, tu sais jouer au ping-pong ?

Bon sang !

T'es vraiment un phénomène, Beatrice.

Bonne nuit.

Pour conclure,

mon expérience

a révélé des effets inattendus produits par la radioactivité.

Et sa dangerosité, si mal maîtrisé.

M. Goodman m'a suggéré de le mentionner dans ma conclusion.

Tout comme mes projets d'avenir

et comment cette expérience m'a aidé à les exprimer.

Ruth...

D'une part,

les effets des rayons gamma sur les marguerites

ont éveillé ma curiosité au sujet du soleil et des étoiles,

parce que l'Univers entier doit être comme un monde d'atomes gigantesques.

Je veux en savoir beaucoup plus.

Mais je suppose que le plus bénéfique,

que je retire de cette expérience, est ce sentiment d'être important.

Tous les atomes en moi,

en chacun de soi,

ont pour origine le soleil, des lieux au-delà de nos rêves.

Les atomes de nos mains,

les atomes de nos cœurs.

Atome...

Atome...

Quel beau mot.

Non maman,

je ne déteste pas ce monde.

Sous titres : Koj

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