All language subtitles for The Klansman 1974

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Original subtitles

ROULEZ PRUDEMMENT

VOUS ETES A WALLACE COUNTRY

C'est une propri�t� priv�e, vous n'avez rien � faire ici.

Mais, sh�rif, on ne fait que s'amuser un peu.

A trop vous amuser, vous finirez en enfer. Allez, d�gagez d'ici.

Vieux Rod l'�clair vous en voudra. Il aime le chocolat.

On allait lui filer un dollar.

Aucune n�gresse ne dirait non � un petit coup.

Comment avez-vous su qu'on �tait l�?

La maman de Rod l'�clair l'a vu partir avec vous.

Elle s'est dout�e de quelque chose.

Allez, les gars. La f�te est finie.

Rod!

Voil� ton dollar.

Allez, prends-le.

Tu peux retrouver ton chemin?

Eh bien?

Alors, rentre chez toi, maintenant.

Allez.

Toi aussi, Bobby.

Faut que j'attende ma femme, c'est elle qui a la voiture.

- Et o� est-elle? - Un peu plus haut sur la colline.

Elle regarde les oiseaux avec Mme Alverson.

- Je te d�pose. - Merci, sh�rif.

Tu veux m'accompagner?

Merci bien, sh�rif, ma femme m'attend d�j�.

A la revoyure.

Salut, Track.

- Peux-tu m'accorder quelques minutes, Breck? - Bien s�r.

Si tu veux terminer �a, je te donne un coup de main.

Non, �a va, j'avais presque fini de toute fa�on.

Rentrons.

- Qu'est-ce que tu bois? - Rien pour l'instant.

La derni�re fois que je suis venu,

on pouvait voir � une quarantaine de kilom�tres au nord et � l'ouest.

T'en as marre de la vue?

Non, le probl�me, c'est que les oiseaux heurtent sans cesse la vitre

parce qu'ils ne la voient pas et ils se brisent les ailes.

Pourquoi tu ne la recouvres pas d'un filet de p�che?

Comme �a, t'aurais la vue et les oiseaux.

Je suppose que je n'y avais pas pens�.

J'te jure, si un piaf brisait sa petite aile, t'irais en courant lui poser une attelle.

Tu pr�vois d'accueillir les �trangers, la semaine prochaine?

Les participants � la manif pour le vote des noirs?

- Tu vas les laisser camper sur la montagne? - C'�tait mon intention, pourquoi?

Certaines bonnes �mes d'ici m'ont demand� ce que tu ferais et...

comme je ne savais pas, je te pose la question.

�a ne les regarde pas.

Ils n'appr�cient pas qu'un tas d'�trangers viennent leur dire comment diriger leur comt�.

Peut-�tre qu'ils ont raison.

Je ne serai pas devant l'h�tel de ville parmi eux pour les encourager.

- Je n'aime pas me faire remarquer. - Mais tu ne vas pas les d�courager, non plus?

Eh bien, j'essaierai de rester digne.

- Qu'est-ce que tu bois? - Il te reste de ton bon whisky?

Tu sais o� se trouve la bouteille.

Tu penses que les �trangers risquent de poser probl�me?

Non, je ne crois pas.

Non.

Arr�te! Quelqu'un vient!

Tes parents risquent de nous choper!

Oublie �a, d'accord?

- T'as fait quoi, tout l'apr�s-midi? - Rien du tout!

Qu'est-ce que... Ce tas de ferraille fait des bonds!

II me faut une nouvelle voiture, personne ne voudra r�parer celle-ci.

Tu r�p�tes la m�me chose depuis No�l.

Bon sang!

J'en ai marre de ce...

J'en ai marre de cette bagnole.

�a doit �tre le moteur.

T'as d�couvert �a tout seul?

Viens, on va aller en ville trouver un d�panneur.

Allez, bouge!

Je suis fatigu�e, j'ai pass� la journ�e debout.

- Je refuse de marcher jusqu'en ville. - Ah ouais? Eh bien, reste ici.

- J'ai froid! - Tu vas te d�cider, � la fin?

Et ne tripote pas les boutons de la radio, tu m'entends?

Eh bien, je peux vous garantir une bonne chose.

Tant que je serai maire, il n'y aura aucun probl�me avec ces agitateurs.

C'que je veux savoir, c'est ce que nous allons faire?

Nous? Tu veux dire, le Klan?

Le Klan ne fera rien du tout.

J'ai parl� au Grand Dragon � Birmingham et c'est ce qu'il a dit.

On va leur laisser ce bon Dieu de "Nous allons vaincre"

et les laisser manifester pour leur droit de vote.

�a risque de poser probl�me pour les membres. Certains commencent � s'impatienter.

Alors je te sugg�re de les emmener au troquet et de leur payer un coup.

Tu sais quoi? En tant que pr�sident de la Compagnie, je paierai la note.

C'est bien gentil � vous, Mr Hardy, mais je pensais qu'on pourrait, vous savez...

Je sais que quand un bonhomme rejoint le Klan,

il a parfois envie de distribuer des coups, et je connais cette sensation.

- Vraiment? - Un peu, mon neveu!

Laisse-moi te dire une chose:

je me moque que tu sois sh�rif adjoint et aussi mon beau-fr�re,

personne n'a le droit de distribuer des coups comme bon lui semble.

Les gars en ont marre de venir ici pour parler du pique-nique du 4 juillet

ou des dindes de No�l et de toutes ces conneries

ils ont l'impression de louper trop de programmes t�l�!

A vrai dire, les gars se sont pr�par�s � un peu d'action ce soir, Hardy.

De l'action pr�ventive, si l'on peut dire.

Il est temps de d�courager nos n�gres

de participer � la manifestation de la semaine prochaine.

Nous pensions que vous aimeriez �tre au courant.

Evidemment qu'il faut que je sois au courant,

je suis un putain de Cyclope!

Ce que je ne veux pas savoir, c'est ce que vous allez faire.

Un de ces jours, il me faudra peut-�tre jurer sur la Bible.

On devrait parler de ce que vous n'allez pas faire.

Vous n'allez tuer personne.

Et vous n'allez mutiler personne, comme couper les boules d'un n�gre

ou lui lac�rer le dos pour que le New York Times nous traite de barbares.

Et vous n'allez pas dynamiter de dindes non plus.

Apr�s, vous faites ce que vous voulez.

Voici ce que je veux dire.

Nous avons de bons chr�tiens, ici, blancs comme noirs.

Tout le monde dispose de bonnes opportunit�s.

Mon int�r�t principal est le d�veloppement du comt� d'Otoka.

Et personne ne veut voir un tas d'agitateurs, de putes, de rebuts, d'ath�es,

de pervers ou de communistes d�cha�n�s s'en prendre � nos n�gres.

C'est bien vrai!

Les gars, au quartier g�n�ral, �a ne leur pose aucun probl�me

que vous br�liez une croix par-ci par-l�...

Ou que vous emmeniez un agitateur quelque part

pour le bousculer un peu, le ch�tier un peu,

pour qu'il sache que vous n'�tes que de bons voisins chr�tiens

qui faites votre devoir pour que tout le monde s'entende bien.

Ouais, Hardy, c'est s�r!

All�?

Comment?

Seigneur Dieu!

- Nancy Poteet s'est fait violer. - Quoi?

Merci d'avoir appel�.

J'appr�cie.

- Nancy Poteet? - La blonde, oui.

- Viol�e par un n�gre. - Quel n�gre?

On ne sait pas encore.

- Je vais deviner, moi. - Je penche pour ce salopard de Willy Washington!

Ce fils de pute de noir! A vos armes!

Attendez une minute. Mais attendez! Bon Dieu!

II para�t qu'il a un penchant pour les femmes mari�es.

Toujours � planter sa queue dans la femme d'autres n�gres.

Toujours � vanter ses propres m�rites.

�a fait une grande diff�rence, s'il a plant� sa queue noire dans un trou blanc.

Calmez-vous les gars, vous entendez?

- Vernon, fais quelque chose! - Comment diable pourrais-je les retenir?

- T'as des suggestions, Hardy? - Bon sang, tu dois essayer!

NOTRE CODE

Prot�ger les faibles, les innocents et les gens sans d�fense

contre les indignit�s, les mauvais actes et les outrages

des sans loi, des violents et des brutes.

Willy?

Ouais?

- Tu peux venir une minute? - Vous avez qu'� venir jusqu'� moi.

O� �tais-tu entre 20h et 21h?

Je me faisais un p'tit bout de paradis.

Et le pr�nom de ta copine?

Voyons, sh�rif, je ne r�v�le jamais rien sur mes plaisirs priv�s.

Willy, je ne suis pas l� pour passer le putain de temps.

J'ai un mandat pour ton arrestation.

Je ne donnerai le nom de personne,

sinon je pourrais me retrouver dans une belle mouise.

Tu es d�j� dans la mouise.

Je t'arr�te pour viol.

Elle a dit que c'�tait un viol?

Willy!

Allons-y, Willy.

Monte � l'avant.

Tu ferais mieux de sauter � l'arri�re.

Merci, sh�rif, je me sens beaucoup plus en s�curit�.

- On le veut, Track. - Bon sang, sh�rif, soyez raisonnable.

Ne vous opposez pas, M. Bascomb.

On veut juste �viter au comt� le co�t d'un proc�s.

Je sais ce que vous voulez faire.

Allez, les gars, reculez et laissez-moi faire mon devoir d'�lu.

Votre devoir est envers nous.

Nous vous avons �lu et Dieu sait que nous pouvons vous destituer!

Eh bien, jusqu'� ce grand jour...

Retire cette main de mon bras.

Fils de pute.

Merde! Allez, montez dans la camionnette.

Regardez, des n�gres.

Vous en dites quoi, les gars?

C'est ce laideron de Garth et son pote, Henry.

Attrapons ce fils de pute!

Viens, Henry!

Attrapez-les!

Allez, on y va!

Allez!

On y va!

Allez, viens!

Allez, mec!

Attrapez-les!

Eh, attends-moi, mec!

Laissez-moi! L�chez-moi!

Par ici.

Eh, passe-moi un couteau.

Faites pas �a!

Bon, ben vous connaissez les r�gles. On doit tous tirer une balle.

Que se passe-t-il?

Breck?

Je peux te poser la fameuse question?

A cette heure-ci?

Pourquoi refuses-tu de m'�pouser?

Non, vraiment.

J'allume ta pipe, je te sors tes chaussons,

je te lis m�me les bandes dessin�es du journal.

Le maire Hardy Riddle m'a demand�e en mariage.

Mais c'est un secret!

- Hardy Riddle est d�j� mari�. - Bien s�r, c'est pour �a que c'est un secret.

Je ne lui dirais rien de toute fa�on, vu qu'il p�se pr�s d'un million de dollars.

Oui, il est trop gros.

Comment? Qu'est-ce que tu dis?

J'ai dit que si tu m'�pousais,

je vivrais dans une tente en me nourrissant de navets!

Jure-le donc.

J'ai entendu dire que Loretta Sykes est de retour.

Elle va rester ici, sur ta montagne?

Loretta est revenue voir sa grand-m�re.

- Tu vas recommencer? - Recommencer quoi?

A boire ton chocolat chez elle.

Quelle expression d�go�tante!

Oui, je sais, et alors?

Je ne l'ai jamais fait!

Je vais te croire, m�me si tout le monde dit que tu soulevais r�guli�rement sa jupe.

Loretta est revenue voir sa grand-m�re qui est mourante.

Un cancer.

Ce n'est pas ce qui se dit au bureau.

Ils disent qu'elle est revenue pour la manifestation.

Qu'en dit Big Track?

Big Track ne dit jamais rien.

Si les paroles �taient de l'or, il aurait d�j� fait faillite.

C'est pour �a qu'il est le meilleur sh�rif qu'on ait jamais eu.

Je ne sais pas.

Cette ville me file les jetons.

Comme ces coups de feu, au milieu de la nuit.

Qu'est-ce que c'�tait?

Des chasseurs de ratons laveurs, ou des mecs bourr�s qui s'�clatent...

Ou peut-�tre un baril de dynamite.

J'ai l'impression qu'on est tous assis dessus et que �a risque de sauter.

Et voil� comment on a trouv� Henry, sur la colline derri�re le bar,

- sur la route de Birmingham. - On sait qui l'a tu�?

Un petit quelque chose de l'office national.

Tu veux savoir qui? Probablement un autre n�gre.

- Sans doute. - Ou l'un de ces agitateurs de l'ext�rieur.

Quelques-uns sont d�j� en ville. Un n�gre du nom de Charlie Peck.

Et il y a m�me un pr�tre blanc.

- Un pr�tre? - Enfin, il porte un col blanc.

Ne vous inqui�tez pas.

On les surveille depuis un bon bout de temps.

- On s'occupera de ces salopards. - Ouais, �a, c'est s�r.

"Cette r�publique est grande,"

"non pas par nos terres, nos richesses ou notre peuple."

"Nous sommes grands gr�ce au g�nie"

"des pionniers blancs qui ont �tabli ce continent,"

"qui se sont r�volt�s contre des rois"

"et qui ont fait des �tendues sauvages notre demeure de libert�."

"Notre futur d�pend de la puret� de notre race."

"Laisser aux noirs le droit de vote est un crime contre l'humanit�."

Conneries.

- Ouvrez, s'il vous pla�t. - Salut.

Sh�rif Bascomb, je voudrais vous parler.

D'accord, Charlie, sors de l�.

- Merci, sh�rif. - Comment tu te sens?

Mal. �a doit �tre un truc que j'ai mang�.

- Ou ce que t'as bu pour le faire glisser. - J'vous jure, je recommencerai plus.

- Je vous le jure sur la... - Sur un pack de bi�res.

Qu'est-ce que j'ai fait?

Eh bien, tu as fait saigner le nez de ta femme,

t'as d�gomm� ton gamin, t'as �cras� le chat...

Oh, mon Dieu!

- T'as parl� � ma femme? - Tu peux rentrer chez toi.

Eh, M. sh�rif, s'il vous pla�t!

Vous savez, c'est Henry qui a viol� Nancy Poteet.

C'que je sais, c'est que c'�tait pas moi.

Le mandat que vous m'avez balanc� au bar, �a m'a un peu surpris.

Il n'aurait pas d� la violer.

Eh, Track!

Breck m'a refait le coup.

Il a d�chir� l'affiche devant Hardy Riddle et tout le monde.

Il se moque de pr�server la puret� de la race, ou quoi?

II se moque des gens qui le veulent.

Il pense m�me que notre gouvernement ne vaut rien!

Tu sais quoi?

II d�teste m�me le Klan!

- Il a sans doute ses raisons. - Ouais, mais c'�tait il y a longtemps.

Tu sais ce que j'ai envie de faire?

J'ai bien envie de botter le vieux cul de ce Breck de mes deux!

Vous n'en ferez rien.

Il a appris le karat� dans les Marines.

Il peut enfoncer son poing jusqu'au coude dans un baril de riz.

Je vais te dire une chose, ma petite. J'ai des amis qui pourraient lui faire mal.

Bien s�r, vous pouvez toujours empoisonner son chien et tuer son cheval

et br�ler tous ses arbres

et peut-�tre aussi le flinguer dans sa camionnette, comme un lapin!

Bien s�r.

Eh bien...

Peut-�tre que �a finira comme �a.

Mais tant que je serai le sh�rif...

tu ne feras rien du tout.

Si tu le dis, Track, si c'est ce que tu veux.

Quand m�me, sh�rif, ce serait si facile... Il est juste l�.

Juste l�, � l'arr�t de bus.

Merci beaucoup.

- Bienvenue chez toi. - Merci, Breck.

- Et ce travail, alors? - 120$ la semaine.

Une sorte de miracle pour une...

...pour une petite black cueilleuse de ma�s.

- Tu t'es mari�e? - Quand je l'ai quitt�, il m'a dit

de laisser ma jupe en place et de garder mes jambes crois�es.

Enfin, rien ne dure.

Mais je pensais que tu aurais peut-�tre un mari,

une Chevy et une vieille cuisine �lectrique.

La Chevy, je l'ai et c'est toi qui m'a dit de me battre

pour atteindre la classe moyenne.

Tu ne te bats pas beaucoup toi-m�me.

Tu sais, il est inutile de se battre quand on vit sur 3000 hectares...

...de rochers et de sapins.

Ils restent sur leurs terres.

Ils ont leurs cabanes, leurs allocations ch�mage...

leur t�l� et l'espoir d'entrer au Paradis.

Ils sont bien endoctrin�s.

Tu crois qu'il est trop tard pour eux de changer?

Pourquoi changeraient-ils? C'est tout ce qu'ils veulent.

Et toi, Breck? Qu'est-ce que tu veux?

A peu pr�s la m�me chose.

Du moment que la montagne reste calme.

Grand-m�re m'a dit que tu ne t'es jamais mari�.

Elle a raison. Et elle a raison � propos de la manif, la semaine prochaine.

Je lui ai �crit.

�a pourrait �tre dangereux.

Le danger est juste une autre fa�on de faire le tri dans cette ville.

On travaille sans filet.

Breck, je dormirais bien dans un lit sur la montagne,

mais je suis revenue parce que la seule personne

qui m'ait jamais aim�e est mourante.

Ce n'est pas tout � fait exact.

Je suis aussi revenue pour voir ce qui �tait advenu...

Ce qui �tait advenu de toi.

Qui est-ce?

Des amis.

- �tes-vous Loretta Sykes? - Oui.

Voici Charles Peck et je suis le r�v�rend Josh Franklin.

Et que voulez-vous?

Nous savons que vous faites partie du Mouvement.

- Chicago? - Oui.

Nous esp�rions que vous pourriez nous aider, ici, sur la montagne.

Vous aider � quoi? II n'y a plus personne ici.

Il doit rester une douzaine de personnes.

Il va falloir qu'ils se bougent pour aller aux urnes.

Ils ne vont pas juste attendre de mourir ici. La plupart ne savent pas lire,

ont cinq ou six gamins qui grandissent et partent rejoindre Chicago ou l'arm�e.

- Alors expliquez-leur l'utilit� de voter. - La plupart le feraient mais il y a autre chose.

Vous �tes des gars de la ville. Vous n'avez jamais vu de feu de for�t.

Si vous vous frottez aux gens d'ici, certains n'h�siteront pas � allumer ces feux.

Des gens perdront leur maison, d'autres mourront.

C'est �a que vous voulez, mettre le feu chez nous?

Le feu est partout.

Tout le monde doit courir le risque de se br�ler.

De grandes paroles.

Je vois qui tu es, poup�e. Tu n'es contre rien, ici.

T'es dans le Mouvement, d'accord,

jusqu'� tes ongles vernis mais pas jusqu'� ton p'tit cul serr�!

Tu pars te cacher dans ta petite planque � Chicago.

Alors j'imagine que tu n'es pas trop d�sol�e pour tes pauvres fr�res et s�urs

- aux cheveux cr�pus... - Charles, s'il te pla�t.

Qui est ce Breck Stancill?

- Il est membre du Klan? - Ni dans sa t�te, ni dans son c�ur.

Il aime lire et passer le temps dans ces for�ts.

Il a de l'oseille? On aurait besoin d'une donation.

M�me les noirs ont de la peine pour Breck, il n'a m�me pas la t�l�.

Il m'a l'air d'un vieux fou.

Le genre de fou t�tu. Avec une bonne m�moire.

Vous voyez cet arbre?

C'est l'arbre le plus c�l�bre et le plus inf�me de l'histoire de ce comt�.

L'arri�re grand-p�re de Breck �tait contre l'esclavage.

Alors les bouseux locaux ont pendu le juge Stancill � cet arbre en 1861.

Et qu'est-ce qu'il a fait?

II n'y a pas grand-chose qu'il puisse faire.

Voir cet arbre tous les jours doit lui rappeler de mauvais souvenirs.

Je suppose que c'est pour �a qu'il boit autant.

A moins que ce ne soit � cause des douleurs dans sa jambe.

C'est dur. Mais nous avons tous notre croix � porter.

La semaine prochaine, Josh et moi porterons la n�tre devant l'h�tel de ville.

Les yeux dans les yeux avec Track, Butt Cutt et toutes les autres hy�nes.

Je crois que vous survivrez.

Je pensais � un truc, poup�e.

On pourrait peut-�tre tous se glisser derri�re les lign�es conf�d�r�es

et tu pourras me r�conforter � la veille d'Armageddon.

Je crois que vous devriez vous en tenir

aux filles � cheveux tress�s et aux baskets sales.

Ok, poup�e. Mais si tu m'entends courir � travers la for�t,

poursuivi par des chiens voulant ma peau, tu me feras bien cette faveur.

Je serai juste � tes c�t�s, mes foul�es �galant les tiennes.

- Qu'est-ce que t'en sais? - Parce que je serai avec vous,

devant l'h�tel de ville. A bient�t.

Qui c'est?

C'est l'assembl�e de nuit?

Vite, vite, vite...

Je n'ai pas port� ce costume glorieux depuis longtemps.

Seigneur!

Pourquoi tu ne l'as pas juste tu�?

Sale n�gre!

- C'est le fusil de Johnson. - Vous avez trouv� l'arme du crime?

Non. Nous pensons que c'�tait un fusil automatique.

On a r�cup�r� cinq douilles.

- Vous savez qui l'a fait? - Pas encore.

Vous pensez que c'est un noir, pas vrai?

Jan, mettre vos mots dans ma bouche ne vous fera pas gagner un Pulitzer.

- Attendez une minute! - Track?

Je suis venu de Birmignham un bon Dieu de dimanche matin

et ce tombeur habill� comme un plouc est venu de New York.

Vous devez nous donner quelque chose, n'importe quoi.

Quels sont les chiffres de la violence dans ce comt�?

Pas de quoi faire un article.

Pas de crimes ou pas d'archives?

Pour un sh�rif de comt�, il y a deux fa�ons d'exercer la loi.

Il peut arr�ter et punir...

De cette fa�on, tous les bouseux auraient un casier, par ici.

Ou il peut calmer les choses, faire voir qu'il est l�,

et emp�cher les gens de commettre des crimes.

Sh�rif, vous avez une bien belle fa�on de parler, mais nous, on a un travail � faire,

et on appr�cierait un peu plus de coop�ration.

Vous voudriez que je sois plus coop�ratif mais j'ai du travail, moi aussi.

Il n'y a personne ici � qui on peut parler?

Allez voir Trix dans la pi�ce � c�t�. Elle est tr�s coop�rative.

On reviendra vous voir.

Vous �tes toujours les bienvenus.

J'aimerais savoir pour qui il se prend.

- Trixie, ch�rie? - Salut.

- Trixie, tu travailles le dimanche? - Salut, Jan.

- Winston, du New York Times. - Vous �tes loin de chez vous, non?

Pas si on se trouve � Allentown, Alabama,

- le plus beau jardin du monde. - Et aussi la capitale des actualit�s.

En tout cas, cette semaine.

Qu'est-ce qui vous attire dans ces for�ts recul�es de l'Alabama?

�a a peut-�tre � voir avec un viol et quelques meurtres.

Et la prochaine manif pour le vote des noirs.

Ou peut-�tre juste parce que la peau humaine y est de couleur diff�rente.

Vous trouverez le sucre � "Homicide".

Et toi, ch�rie, qu'en penses-tu?

Je veux dire, tous ces �v�nements, comment ont-ils commenc�?

Je suppose que �a a d�but� en 1619, lorsqu'un capitaine de navire

a accost� en Virginie avec la premi�re cargaison d'esclaves.

J'aurais voulu voir ce fils de pute vir� ou ne pas avoir re�u la permission d'accoster.

Ah, c'est dans le tiroir des personnes disparues.

- Sh�rif, il faut que je vous parle. - A propos de quoi, Bobby?

Ecoutez, je...

Je vais quitter la ville.

Alors tu devrais me donner ta nouvelle adresse.

Non, pas avec Nancy.

Je suis d�sol�, mais je n'en peux plus.

Travailler au march�, couper des c�telettes

pour toutes ces bonnes femmes qui meurent de savoir

ce que �a fait de baiser une femme qui s'est fait sauter par un n�gre.

Ce qui m'emb�te, c'est que �a ne la touche pas.

- Elle n'a aucune honte. - Et tu vas aller o�?

Seigneur! Je n'en sais rien.

Tout ce que je sais, c'est que je vais mal.

Vous �tes comme tous ces n�gres. Et merde!

Pourquoi pareille chose m'est arriv� � moi?

- Tu ne crois pas qu'il y aurait un moyen de... - Non, non.

Ecoutez...

Vous pourriez lui donner ma police d'assurance?

II y a 34$ dedans. J'ai tout divis� en deux.

La moiti� pour elle et l'autre pour le car.

Et dites-lui...

Et � cause d'eux, la v�rit� sera salie...

Seigneur,

donnez-nous un signe pour que nous sachions quoi faire.

Et donnez-nous la force de l'accomplir.

Amen.

Nous sommes seuls, assi�g�s par les ennemis de Dieu.

Notre nation chr�tienne a �t� livr�e aux blasph�mateurs.

Nous perdons nos jeunes...

Regardez autour de vous...

Ils ne sont pas l�...

Ils se sont exclus eux-m�mes de notre vertueuse compagnie!

Tout comme la parole de Dieu a �t� bannie de leurs �coles.

La marque de la b�te noire a �t� appos�e sur nos enfants innocents!

En tant que parents d�vou�s et patriotes nous devons d�fendre J�sus!

Et...

Elle sent le n�gre, elle sent vraiment le n�gre!

Honte. Salet�.

Comment pouvez-vous imposer votre pr�sence � ces bons chr�tiens?

Apr�s avoir �t� dans les bras de ce sale n�gre!

S'il vous pla�t. Veuillez tous vous assoir.

- Elle n'a rien � faire ici. - Je crois que je vais m'�vanouir.

S'il vous reste une once de d�cence chr�tienne, vous partirez.

J'attends.

Vous me bl�mez pour ce qui est arriv�?

Comme si j'avais fait quelque chose de sale?

C'est vous, la salet�, vous, bon peuple chr�tien!

J'aimerais vous pardonner comme le Seigneur a pardonn� � ses ennemis.

Mais je ne veux pas!

Je ne peux pas! Et je ne le ferai jamais!

Je n'ai pas honte car je n'ai rien fait de mal!

C'est calme et paisible, ici. C'est vraiment dommage.

- Qu'est-ce qui est dommage? - Ici, Nancy serait � l'abri.

Loin des yeux, loin du c�ur.

Personne ne l'insulterait ou ne l'accuserait de puer le n�gre.

Track...

Je dois avoir...

� peu pr�s 200$.

Prends-les et emm�ne-la o� tu veux, �a m'est �gal, � la Croix Rouge ou...

...chez n'importe qui s'en souciera assez pour la gu�rir.

Oh, mais elle va tr�s bien.

C'est �a, le probl�me. Elle va m�me trop bien.

Et pourquoi va-t-elle aussi bien, tout d'un coup?

Quand une jolie blonde se fait prendre par un noir,

le bon peuple d'ici pense qu'elle devrait creuser un trou et s'y enfoncer.

Et, si le viol ne la tue pas, qu'elle devrait se suicider.

Ou au moins avoir la d�cence de se sentir horriblement mal

et en pleurer tout en tremblant de honte.

Mais Nancy s'en sort plut�t bien.

Elle s'est m�me rendue � l'�glise.

Et c'est �a qui a mis le feu aux poudres.

Comment pourrais-je m'en d�barrasser?

Je n'en sais rien.

Je devrais la nourrir...

A moins que tu ne veuilles la voir mourir de faim.

Elle devrait emm�nager ici, avec moi.

- Dis-lui que ce n'est pas possible. - Foutaises!

Tu ferais �a pour un piaf � l'aile cass�e.

Tr�s bien, mais tu lui diras toi-m�me.

Elle est dans ma voiture.

Allez, viens.

Pourquoi diable as-tu emmen� Nancy Poteet chez Breck?

T'as pas assez � faire?

Si tu continues � te foutre des gens d'ici,

ils te foutront � la porte aux prochaines �lections!

Et qui me remplacera? Butt Cutt?

II a d�j� foutu le bordel dans la bo�te de son fr�re pour les vingt ans � venir.

Au moins, il ne fait pas autant d'histoires.

Track, tu es le meilleur sh�rif que ce comt� ait eu.

Mais, en affaires, t'es aussi vers� qu'un porc d'abattoir.

La croissance et le bien-�tre de ce comt� d�pendent des affaires.

Quel rapport avec Nancy Poteet?

- �a concerne le rapport entre les races! - Comme tout.

Tu fais trop de vagues, tu sais.

Le conflit existe depuis que les noirs migrent vers le nord.

Ils vont � Chicago.

Ils rejoignent l'arm�e pour toucher les 1500$ de bonus.

Puis ils partent en Allemagne pour deux ans

pour se vautrer dans la chatte teutonne et devenir moniteurs de ski.

Et moi, dans tout �a?

Je dois les remplacer par des blancs.

Mais tout blanc digne de lui-m�me

refuse de faire le sale boulot pour la paie d'un noir.

Je ne gagne rien sur les allocations ch�mage et c'est tout ce qui restera.

Et, tout d'un coup, je serai l�-haut, sur la montagne, avec Breck

et un tas d'autres vieillards en chaises � bascule.

Fait chier.

Tu tends le b�ton pour te faire battre, tu sais.

Eh oui.

Et si la majorit� de ce comt� �tait noire,

que se passerait-il s'ils d�cidaient d'�lire Junior ici pr�sent comme sh�rif?

O� serais tu?

O�, sans ta maison gracieusement offerte par le bon peuple d'ici?

Et ta voiture. Et ton gamin qui doit aller � West Point?

Je t'ai touch� l� o� �a fait mal, on dirait?

Ne me regarde pas comme si j'�tais responsable.

Je ne le suis pas.

Si tu veux savoir qui est responsable, je vais te le dire.

C'est le syst�me.

Et on en fait tous partie.

Toi, moi, Breck, tout le monde.

Et �a fera un sacr� bordel

quand tous les journaleux se pointeront ici

pour aller voir Breck et qu'il prendra la d�fense de cette ch�re Nancy Poteet.

Cette pauvre petite blonde que t'as sauv�e d'une horde de paroissiens barbares.

Quand �a arrivera, on sera dans la merde jusque sur les cha�nes t�l� nationales.

Alors elle me demande si je veux de la sauce avec mes patates, mais je croyais qu'elle...

Trixie, qui est ce Breck Stancill?

Oui, pour qui il se prend? II ne veut m�me pas nous parler.

Il fait tr�s attention � qui il parle. Tenez, rendez-vous utiles.

Sa famille est ici depuis huit g�n�rations, vous savez.

C'est peut-�tre �a qui le rend si sp�cial.

Il refuse m�me de nous laisser photographier son foutu cl�bard.

Vous savez, si ce chien n'�tait qu'un b�tard, je pense qu'il aurait dit oui.

Mais Chris est un chien de race et certains, ici,

pourraient se sentir offusqu�s parce que c'est le chien de Breck et lui faire du mal.

Qu'en est-il des ch�meurs noirs?

Je voulais juste prendre quelques clich�s de leurs cabanes pour montrer la pauvret�.

La pauvret� noire n'est pas aussi affreuse que celle des blancs.

Les noirs sur la montagne de Stancill ne paient pas de loyer,

ils ont un potager, du bois de chauffe, de la mort-aux-rats, un toit solide,

une �glise et un cimeti�re.

Si les gens s'en rendent compte, ils seraient tent�s d'allumer des feux.

Il n'y a rien que l'on puisse �crire � propos de Breck Stancill?

Si, vous pouvez �crire ceci:

Les oiseaux quittent cette partie de l'Alabama, comme les bruants jaunes.

Ils ont besoin, pour nicher, d'un vieux tronc de ch�ne pourri.

Le seul agriculteur qui �pargne les vieux ch�nes, c'est Breck.

Il les laisse sur place apr�s avoir br�l� ses for�ts,

m�me si �a lui co�te de l'argent, tout �a pour les bruants jaunes.

- Seigneur! C'est fascinant. - Oui, j'�tais s�re que �a vous plairait.

- Autre chose? - Oui. Vous �tes libre ce soir?

Qu'avez-vous en t�te?

On pourrait aller en ville et regarder les lampadaires s'allumer.

Ou rejoindre ma chambre au Motel C�ur de Dixie.

Et y �couter la plomberie.

D�sol�e, j'ai eu assez de folie ces derniers jours.

Et demain?

Je vous emm�nerai aux obs�ques de Johnson.

- On vous emm�ne tous les deux. - Sympa, le rencard.

Ce devait �tre l'un de ces foutus agitateurs.

Devant le Grand Sorcier et deux Dragons Imp�riaux.

Non, c'�tait pas un agitateur.

De quoi tu parles? Deux de nos sentinelles les ont vus sur la montagne de Stancill.

Discuter avec cette n�gresse, Loretta.

Je sais bien. Mais c'�tait pas l'un des agitateurs.

Comment peux-tu en �tre aussi s�r?

Tu te souviens du soir o� on a eu Henry?

Garth �tait avec lui. Il a d� voir ce qu'on a fait � son pote.

Ce fils de pute noir a eu Johnson et Taggart

et je crois qu'il pr�voit de nous avoir tous, l'un apr�s l'autre.

- Parles-en � Track. - Je ne peux pas.

Ce serait lui avouer que c'est nous qui avons tu� Henry.

Alors je le ferai. Je lui dirai que j'ai re�u un appel anonyme.

Non! Je le ram�nerai moi-m�me, je l'aurai, ce fils de pute.

Comment tu vas faire? Comment tu vas le retrouver?

Comment je vais le retrouver?

Je te parie que cette foutue agitatrice l'a cach�

dans sa cabane, l�-haut, sur la montagne.

J'sais pas. C'est l'alibi marron de Breck. Tu veux te mesurer � lui?

Quand et o� il veut.

Mais c'est justement ce soir qu'a choisi Mme Track Bascomb

pour avoir piti� de ce vieux salopard c�libataire et l'inviter � d�ner.

- Mme Track ne m'a jamais invit�, moi. - T'irais pas de toute fa�on...

et surtout pas ce soir. Nous avons d'autres choses � faire.

Allez, les gars. Hector. On y va.

Plein de choses � faire.

On passe par l'arri�re, venez.

- Qu'est-ce que vous voulez? - Ouvre cette porte!

Ecoute, je ne voudrais pas l�cher la horde.

- Vous avez un mandat? - Un mandat, mon cul!

- Donne-moi �a, qu'on ouvre cette putain de... - D'accord, d'accord!

Un mandat!

- Qu'est-ce qui se passe? - Rien, grand-m�re.

Bonsoir.

Fouillez partout, les gars, et n'oubliez aucun recoin.

Alors, Loretta.

O� est Garth?

Je ne sais pas.

- Qui d'autre se trouve ici? - Ma grand-m�re, vous l'avez vue.

- Dis-moi, pourquoi tu es revenue? - Ma grand-m�re est mourante.

Ne me raconte pas de bobards, n�gresse. Tu es revenue pour la manif.

Il y a deux jours, deux de ces agitateurs communistes

sont venus ici et y ont pass� la nuit avec toi.

Ils sont venus jusque-l�, nous avons discut� quelques minutes

- mais personne n'a dormi ici. - Conneries.

Mais au moins, tu l'admets. Oui, tous les trois,

vous avec complot� contre la paix et la dignit� du comt� d'Otoka.

- Vous n'avez rien � me... - Il se peut que si.

Justement, il se peut que si.

Tu sais qu'il existe une loi dans cet Etat

qui rend ill�gale toute fornication entre une noire et un blanc.

- Rien de cela n'est arriv�. - Oh, j'en suis s�r, j'en suis s�r.

Je t'imagine tr�s bien au tribunal r�pondant � la question.

Que toi et ces communistes avez pass� la nuit dans une petite cabane

et que tout ce que vous avez fait, c'est prier et compter les votes des noirs

et chanter quelques couplets de "Nous allons vaincre".

- �a suffit! II n'y a personne ici. - Vous en �tes s�rs?

Pas une �me.

Je t'embarque, voil� ce que je vais faire.

- Pour quel motif? - Pour une enqu�te approfondie.

Grand-m�re, je serai bient�t de retour. Breck Stancill s'occupera de toi.

Faites-la monter dans le camion.

Enlevez vos sales pattes.

- Bon, je ferai la vaisselle plus tard. - Je la ferai.

Je voudrais pr�senter mes condol�ances � Mme Taggart.

Merci de m'avoir permis de m'assoir � votre table.

Merci de nous avoir rejoints.

Oui? Attends une minute.

Oui, je vois.

Bien, bien.

D'accord.

Alan?

C'�tait le maire Hardy Riddle.

Il a re�u un appel du directeur de ton �cole.

Il para�t que tu fais le tour de la ville pour d�chirer tous ces...

...toutes ces affiches patriotiques que Butt Cutt s'emb�te � coller.

C'est vrai, papa.

On dirait que tu as un fan.

Tu devrais arr�ter, Alan. Trop de choses sont en jeu.

- Comme quoi? - West Point, voil� quoi.

- Papa! - Tu ne pensais tout de m�me pas

aller � West Point sans le soutien de Hardy Riddle, quand m�me?

Ou de ses amis haut plac�s.

Que Hardy Riddle aille en enfer! Je ne veux pas aller � West Point.

Papa, j'ai essay� de te dire ce que je voulais faire.

Je veux cultiver des arbres. Je pourrais �tre l'apprenti de Breck.

Je veux me marier avec Billy Jean et je veux rester proche de ma famille.

Je refuse de participer � toutes ces guerres.

Pourquoi ne vas-tu pas faire un tour, Alan?

- Je dois faire la vaisselle. - Plus tard.

D�sol�.

Fait chier.

- La vie n'est qu'une longue souffrance. - Doit-elle toujours l'�tre?

Je me demande souvent pourquoi tu fais �a.

Quoi?

Arracher les affiches de Butt Cutt.

Parce que c'est des conneries racistes.

Tu ne crois que c'est un peu...

Auto-indulgent?

C'est le mot qui convient.

De toutes les bonnes �mes de ce comt�, as-tu d�j� influenc� qui que ce soit?

Chang� leur opinion sur quelque chose?

Celle d'Alan.

Je suppose que tu aurais souhait� le contraire.

Je ne sais pas.

- Qui peut le dire? - Je sais ceci.

Nous vivons dans une soci�t� surr�aliste.

On a quarante gorilles qui dominent les lions

et seize milles hommes soi-disant libres.

Eh bien, si tu penses que le Klan n'est qu'un tas de bouseux, tu te trompes.

Il y a plus de six mille groupes d'ici jusqu'en Californie

comptant plus d'un demi-million de membres.

- Et �a ne t'attriste pas, Track? - Je vais te dire ce qui m'attriste.

Toi et le Klan sur une voie de collision.

Parce que je traite les noirs comme des �tres humains?

Non, parce que tu en fais une croisade.

Tu sais qu'au quartier g�n�ral d'Etat du Klan, il y a une liste noire?

- Et que ton nom figure sur cette liste? - Comment es-tu au courant?

Parce qu'en tant qu'officier de police, on m'a...

Tu me rends les choses difficiles.

Pourquoi?

Parce que j'essaie de te garder en vie et que tu refuses de coop�rer.

- T'es membre du Klan, Track? - C'est quoi, cette connerie de question?

C'est quoi, cette connerie de r�ponse?

Je vais te dire une chose.

Je ne suis qu'un sh�rif de comt� librement �lu.

Et, pour �tre r��lu, j'ai d� jurer mon all�geance

au Rotary Club, � la l�gion am�ricaine et m�me � Dieu.

Eh oui, je suis un membre � part enti�re de l'Eglise baptiste.

Et je suis aussi membre honoraire des troupes de l'Etat,

colonel honoraire de la garde nationale et autre chose, je ne sais plus quoi...

Les scouts d'Am�rique.

Et je vais te dire...

Je ne serais pas le premier serviteur public � rejoindre le Klan.

Nous avons des hommes du Congr�s, des hommes de loi, des juges.

Bois ton whisky et on changera de sujet de conversation.

D'accord, Roy.

Tenez-la pour l'instant et tout ira bien.

Maintenant qu'on l'a, qu'est-ce qu'on en fait?

- Nous devons faire signe � l'ennemi. - Je vous demande pardon, pr�tre,

mais c'est quoi, ces balivernes?

Tous les noirs connaissent Loretta Sykes et s'attendent � la voir

en t�te de la manif � Allentown, dans quelques jours.

Dieu s'attend � voir les siens se battre...

Et nous sommes les instruments de Dieu,

alors cassons-lui la gueule, d�sol�, r�v�rend,

emmenons-la au centre-ville et laissons-la � la vue de tous.

�a ne marchera pas.

Il faut qu'on fasse quelque chose qui ne pourra pas �tre montr� � la t�l�

ou ameuter les journalistes.

Il faut faire quelque chose qui blessera les n�gres et ceux qui les aiment.

- Qu'on ne peut pas voir. - Tu veux dire, comme de la torture?

Un peu. Dans mon temps, on pendait les n�gres dans les bois.

Mais si je voulais juste en ab�mer un,

j'en laissais un autre faire le boulot � ma place.

Parce que rien ne blesse davantage un n�gre

qu'un homme blanc qui l'observe se faire d�molir par un autre n�gre.

Tu veux dire qu'un autre n�gre devra la tabasser?

Je veux parler de Rod l'�clair.

Elle fera moins la fi�re quand il en aura fini avec elle.

Attends un peu, Vernon. Ce n'est pas la meilleure fa�on de faire.

Tu vois, une n�gresse ne s'offensera pas de se faire violer par un autre n�gre.

Mais supposons, je dis supposons, qu'un homme blanc la saute,

alors �a, ce serait une vraie humiliation pour elle.

�a lui fera fermer sa gueule devant les cam�ras

et elle retournera sans doute � Chicago avant la manif.

Mais tous les n�gres du comt� seront au courant que le Klan fait son travail

et �a rendra les choses difficiles

pour n'importe quel fils de pute noir qui n'sera pas d'accord.

- C'est vrai, c'est vrai. - C'est ce qu'on doit faire.

Qui va la sauter?

Je vais le dire comme ceci.

Il n'y a rien que ce vieux Rod ne puisse faire que Butt Cutt ne peut faire mieux.

Sortons-la de la camionnette.

Amenez-la ici!

Amenez-la!

Faites-la venir ici.

Donne-la moi.

Allez!

Je te tiens!

Viens ici, toi!

J'ai toujours voulu go�ter � la viande noire.

On dirait que Butt Cutt a besoin d'aide.

Je te tiens, bidoche noire!

Attrapez ses mains!

Tenez-la!

Je vais te baiser.

Maintenez lui le cul, je vais la baiser. On va se taper de la bonne n�gresse.

Mon Dieu, doux J�sus!

II va finir par lui d�chirer tout l'int�rieur.

Les n�gresses sont faites pour �a.

C'est mieux que de regarder des chiens se battre contre un ours.

Bon, il va falloir s'en d�barrasser quelque part.

On ne peut pas la laisser dans une cabane de b�cherons.

J'esp�re que ce qui a �t� fait ce soir servira la cause appropri�e.

Qu'est-ce qu'on va faire?

Je crois que c'est � Big Track de voir, je vais le chercher.

Tu ferais mieux d'attendre ici, Butt Cutt.

Loretta?

Loretta, l�ve-toi.

Allez, Loretta.

Allez, l�ve-toi.

Loretta, �a va aller, tu m'entends?

Track, il y a eu un incident.

Un incident.

Monte.

Monte!

Sh�rif, je vais me vider de mon sang si vous ne m'emmenez pas � l'h�pital.

Vous connaissez Butt, il fera rien.

Je parie que vous pr�f�reriez me tuer, pas vrai?

Sh�rif...

Tu sais, je pourrais attraper la radio, appeler l'h�pital et pr�venir le m�decin.

Allumer le gyrophare et la sir�ne.

Et tu pourrais �tre aux urgences dans dix minutes.

Si on peut passer un march�.

Un march�? Quel genre de march�?

Pas grand-chose. Tu dois juste me faire une promesse.

- Quelle promesse? - Butt Cutt Cates est venu te chercher.

Il voulait te coffrer mais n'avait rien sur toi.

Alors il t'a rel�ch� vers 21h15.

T'as fait du stop jusqu'� la montagne.

Dans la voiture d'un noir.

Plut�t bel homme, grand, pantalon bleu.

Il t'a prise en stop et t'a emmen�e jusqu'� la montagne.

Mais, au lieu de �a...

il t'a emmen�e ici,

o� trois autres noirs l'attendaient.

- Et ils t'ont fait �a. - Ce n'est pas la v�rit�, sh�rif.

- �a l'est maintenant. - Je n'ai pas le choix, hein?

Personne n'a le choix.

D'accord. On passe un march�, mais d�p�chez-vous, s'il vous pla�t.

- Promets-moi. - C'est d'accord, sh�rif. Vite!

- Et Loretta? - Loretta? Elle va s'en remettre.

Elle m'a donn� la permission de vous d�crire ses blessures.

A vous et personne d'autre.

Lorsqu'elle est arriv�e, elle saignait abondamment du vagin.

Elle a subi un viol tr�s brutal.

- Elle a donn� le nom de son agresseur? - Oui, elle a dit que c'�tait...

Quatre noirs.

Nous avons r�par� les tissus endommag�s.

Mais la vraie raison du saignement abondant, voire dangereux,

�tait une concentration inhabituelle de vaisseaux sanguins � cet endroit.

Lorsque sa virginit� a �t� rompue.

Un hymen rompu est un fait observable, comme une jambe cass�e.

Je sais ce que vous vous dites.

Tout le monde ici sait qu'une noire

n'est plus vierge une fois pass� ses treize ans.

Cette fois, sh�rif, il faut faire quelque chose.

Facile � dire.

L'id�e que Loretta �tait vierge ne viendrait jamais � l'esprit des gens d'ici.

Et ce n'est pas moi qui le leur dirai.

Vous feriez mieux d'aller la voir. Elle est dans la chambre 18.

Sh�rif.

Salut, toi.

Comment va grand-m�re?

Tr�s bien.

Trixie lui a pr�par� le d�ner et, � cette heure-ci,

elles sont sans doute en train de regarder la t�l�.

Tous tes efforts pour que je me batte...

Dans quelques jours, tu seras de retour � Chicago, tu te battras de nouveau.

Je ne crois pas, Breck.

Peut-�tre que je me suis tromp�e de voie.

J'aurais laiss� tomber il y a longtemps si tu ne m'avais pas encourag�e.

Oh, tu sais...

Encourager quelqu'un peut �tre...

un acte imprudent.

Eh bien, ne t'inqui�te pas pour moi. �a va aller.

Je voulais juste que tu sois fier de moi.

Je crois que... J'ai perdu le fil de ma vie.

Qu'est-ce que tu veux?

J'y ai r�fl�chi.

Je crois qu'il me faut r�fl�chir encore un peu.

- Pas maintenant. Repose-toi. - Breck, avant de partir...

Peux-tu me donner un conseil?

II peut �tre aussi imprudent de donner un conseil qu'un encouragement.

Sur ce qui m'est arriv�.

J'ai menti au docteur.

Il le fallait.

- J'ai d� promettre au sh�rif. - Est-ce qu'il conna�t la v�rit�?

Oui.

Et je veux que tu la connaisses aussi.

- Tu vois... - Chut!

Mieux vaut te taire.

Et garder ta promesse au sh�rif.

Pourquoi le devrais-je?

Pour rester en vie.

Jusqu'� ce que tu puisses partir d'ici.

D'accord, Breck.

D'accord.

Breck, comment va grand-m�re?

Je t'ai d�j� pos� la question?

Elle va bien.

Ils vont tous bien. Ils regardent la t�l�.

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Regarde-moi ce bordel.

Putain de n�gres!

Vous devriez avoir honte!

- On va se le faire, ce fils de pute! - Arr�tez! D�gagez d'ici.

Va au diable!

- Y a un sacr� monde, hein? - Ils sont tous arriv�s par car.

Et ils devraient tous y remonter et quitter cette ville.

J'ai vu plus de monde au concours du plus beau porc.

Regarde-le, il reste l� sans bouger.

- C'�tait quoi, tout �a? - Laisse tomber.

J'ai fait une liste de r�gles pour le comportement des manifestants.

Assure-toi qu'ils en prennent connaissance.

Oui, m'sieur.

Regarde-le.

Il doit se sentir important d'�tre l�-haut et faire chier le monde au nom de la libert�.

Ils peuvent faire chier autant qu'ils veulent. Ah! Regarde-les.

Tous des �trangers qui chantent des hymnes.

Pas un seul n�gre de chez nous. Ou qui ait plus de vingt ans.

S'ils �taient d'ici, je leur aurais bott� le cul.

Bonjour, docteur. Monsieur le maire.

Mes fr�res et s�urs!

Votre attention, s'il vous pla�t.

Le bureau du sh�rif a de dr�les de notions concernant les manifestations.

Mais je vais vous les lire de bon c�ur et je sais que vous les suivrez.

Un. Nous ne r�pondrons � aucune insulte, verbale ou physique.

Deux. Pas d'accolades, de baisers,

d�fense d'uriner, de d�f�quer,

ou de copuler dans les rues.

Hormis tout �a, fr�res et s�urs, amusez-vous bien!

- Hardy, tu as promis de lui en parler. - C'est bon.

- On devrait en parler. - Conneries!

- Tu veux dire qu'on va rien faire? - Juste les laisser nous faire chier?

Ok, vous verrez, vous verrez.

Pourquoi t'as vir� Butt Cutt?

Ma femme me fait dr�lement chier parce qu'il me doit un paquet de thunes.

C'est quoi, ton putain de probl�me?

M. Stancill?

- M. Stancill? - Oui?

Puis-je vous parler un instant?

Bien s�r, pourquoi pas? De quoi voulez-vous parler?

Je voulais vous dire � quel point nous sommes d�sol�s pour Loretta.

Nous ne lui avons parl� que quelques minutes...

Sans nous douter des risques auxquels elle s'exposait.

Vous aviez tort.

Dites-moi, vous faites quoi, � part juste rester l�?

Ne sous-estimez pas notre pr�sence, M. Stancill.

Vous �tes l� pour les cam�ras de t�l�vision?

Sans ces cam�ras, le Mouvement n'existerait pas.

Sans la t�l�, on nous d�molirait.

- Tout le pays nous regarde. - Dites-moi...

Ce col blanc ne vous expose pas aux probl�mes?

Dans chaque croisade, nous marchons parmi les prostitu�es, les voleurs...

Notre Seigneur ne recule pas devant les faibles.

Et vous? Vous reculez,

quand on veut vous toucher, vous embrasser?

Je suis pr�tre aupr�s de l�preux.

Oui, je les touche, mais �a ne fait pas de moi un d�bauch�.

C'est dommage.

Chez moi se trouve une femme en quelque sorte l�preuse.

Nancy Poteet, oui.

Elle est persuad�e qu'aucun homme ne voudra plus jamais la toucher.

Ce que j'aimerais, c'est que...

C'est qu'un homme gentiment d�bauch� vienne la voir

pour �couter la radio avec elle et lui peloter un peu les fesses

pour la convaincre qu'il en veut et m'en d�barrasser du m�me coup.

Dites-moi, M. Stancill,

�tes-vous aussi cynique que vous en avez l'air?

Je ne sais pas. Je me demande.

Pourquoi ne retournez-vous pas � votre prison pour femmes?

Je suppose qu'�tre gentiment d�bauch� n'est pas pour vous,

mais ma propre d�bauche n'inclut pas les femmes emprisonn�es.

J'ai trop de peine pour elle.

C'est sans doute ce qu'a dit son mari.

Il a d� avoir tant de peine qu'il ne pouvait pas.

Avons-nous encore un sujet � discuter?

J'esp�rais que vous encourageriez Loretta � dire la v�rit�.

Son histoire fait croire � un viol de...

Pasteur, c'est � cause de vous que Loretta a eu des probl�mes.

Vous voulez qu'elle soit tu�e?

- M. Stancill, dans chaque r�volution... - Oh, taisez-vous, oui, je sais.

Pour faire une omelette, il faut casser des �ufs, ou des t�tes.

La fin justifie les moyens, c'est �a?

Oui, parfois, c'est le cas.

Pas cette fois.

Amoureux des n�gres.

- Salopard! Tu cherches les ennuis. - Breck!

Comment �a va?

J'ai �t� �lu pour �viter que des manifestants envahissent la ville.

On dirait que je vais perdre les prochaines �lections.

Je ne savais pas que tu appr�ciais Sykes.

Je suis juste venu pour ramener Loretta chez elle.

Bon, bonne chance.

Track? Je peux te poser une question?

Pourquoi n'exerces-tu pas ton pouvoir pour d�gager ces fumiers?

D'accord, alors reste hors de notre chemin.

Flagg!

Ils ont retrouv� le tireur?

Je ne crois pas.

Apr�s �a, Chicago doit te para�tre comme une ville accueillante.

Breck, j'ai pris ma d�cision, je n'y retournerai pas.

- Tu vas faire quoi, ici? - Je ne sais pas.

Peut-�tre faire quelque chose pour le Mouvement.

Pour que ce qui m'est arriv� n'arrive plus.

Peut-�tre trouver un emploi.

- Quel genre d'emploi? - Je ne sais pas.

Mais je ne me cacherai pas dans la for�t.

Que voulais-tu dire par...

Se cacher dans la for�t?

Tu crois que c'est ce que je fais, � cause de ma jambe handicap�e?

Tu n'es pas handicap�, Breck, mais je crois que tu le penses.

Tu es un homme tr�s attirant.

Non, c'est vrai.

Tout le monde ici pense que tu peux avoir n'importe quelle femme, moi incluse.

- Arr�te. - Non.

Butt Cutt et ses potes du Klan qui l'ont regard� me violer,

ils pensent tous que je suis ton petit r�confort marron,

c'est l'une des raisons de leur geste. Ils voulaient salir ton nid.

- Je n'avais pas pens� � �a. - Non, bien s�r.

Continue de rouler.

- Qu'est-ce que tu cherches? - A botter des culs, poup�e.

- Pourquoi tu me sors ce flingue? - C'est pas pour moi non plus.

C'est pour ces putains de n�gres blancs.

Quand vas-tu apprendre que toutes ces manifs ne serviront � rien?

Tu ne sais pas qu'il faut garder ses revendications pour le Mouvement?

Si on devait se contenter de �a, tous les fr�res seraient comme toi.

A ne rien faire.

Juste ces conneries de marches ou danser ces conneries de slows.

C'est pas vrai?

- Eh, j'te parle! - Oui, c'est s�r.

Laisse-moi descendre.

- T'es tar�. - Tar�?

C'est vous, les tar�s.

Tu crois que c'est gr�ce � cet homme que t'as trouv� un boulot � Chicago?

J'vais te dire, tu l'as eu gr�ce � toi-m�me. Gr�ce � tes fr�res.

Tu sais, ceux dans le Massachussetts et � D�troit, qui sont sur les toits?

Ceux avec les cocktails Molotov et les flingues? C'est gr�ce � eux, poup�e.

Parce que la seule chose que l'homme comprend, c'est �a. La violence.

Tu es fou.

Elle a raison.

Tu te prends peut-�tre pour John Brown, l�-haut, sur ta colline

mais ici, t'es plus qu'un con � la jambe tordue,

un flingue sur la tempe, tu vois?

Regarde-toi. Qu'est-ce qu'il te prend?

Regarde-le te dire ce que tu dois faire.

Ils veulent garder des cr�tins comme toi pour servir de conseiller

� un quelconque comit� de renouveau urbain.

Si tu joues tes cartes comme il faut, tu seras un jour proprio d'un immeuble,

augmentant le loyer des noirs qui ont rendu �a possible.

Il s'en fout de toi, tout ce qui l'int�resse,

c'est qu'ils ont pendu son arri�re-grand-p�re.

�a va te servir � quoi, de tuer?

La m�me chose qu'� vous avec vos marches � la con.

Seulement, l'Histoire prouve que, moi, j'ai raison.

C'est quelqu'un d'�duqu�.

Il t'a parl� de la r�volution?

T'as d�j� entendu parler de la r�volution, pas vrai?

Oui, j'en ai entendu parler.

Eh bien, j'en fais partie.

La r�volution des minorit�s opprim�es.

Tu devrais �tre plus organis� que �a, tu ne crois pas?

Je suis ma propre organisation. Le quartier g�n�ral, en quelque sorte.

Pour la r�volution dans le comt� d'Otoka.

Et tu crois qu'il suffit de diviser le monde? Les blancs d'un c�t� et les noirs de l'autre?

Quand ils t'ont viol�e, tu t'es battue?

Voil�, tu commences � piger.

Et toi, bonhomme, quand vas-tu apprendre?

Quand vas-tu prendre un flingue et te battre?

Quand vous serez d�cid�s, vous saurez o� me trouver.

Oui, il est mort.

Qui l'a tu�?

Je ne sais pas.

J'ai entendu un coup de feu, puis Chrissie hurler...

Putain de bouseux de mes deux!

Ils voulaient tuer Charlie Peck, et...

Josh Franklin, et puis tous ces connards finissent par...

tuer mon chien.

Carl, la tombe est pr�te?

Je vais te servir � boire.

Bois �a.

Qu'y a-t-il?

Je croyais qu'aucun homme ne voudrait plus jamais de moi.

En plein dans le mille!

Je te le dis, cette semaine a �t� frustrante.

Quatre!

Martha, va chercher de la bi�re.

Rien, je dis bien rien, ne s'est d�roul� comme pr�vu.

Ce qu'on a fait � cette fille de Chicago n'a servi � rien.

On aurait d� aller chercher Willy Washington.

Ce n'est que justice. C'est lui qui a saut� Nancy.

Putain de Willy qui se la coule douce en prison,

prenant ses repas tranquille comme s'il �tait � l'arm�e.

- Allons-y. - Ce soir, les gars.

Vous voulez vraiment vous mesurer � Big Track?

Et comment!

Faudrait que Hardy Riddle soit d'accord.

- Y a pas de mal � lui demander. - �a prendra du temps.

Hardy devra en r�f�r�r au quartier g�n�ral d'Etat.

Et ils voudront peut-�tre avertir le bureau national.

Le temps de nous r�pondre...

Je dois faire quelque chose.

Tourne la t�te de l'autre c�t�, Track.

- On veut Willy, c'est tout. - Seigneur, c'est reparti.

Jusqu'o� iriez-vous pour l'avoir?

- Jusqu'� me tirer dessus? - C'est possible.

�a ne passera pas tr�s bien � la t�l� nationale, hein?

Des locaux tuent leur sh�rif �lu.

- Fais pas chier, Track. - Allez, Track, donne-moi la cl�.

Vous n'aurez pas Willy.

Putain, Track, apr�s les prochaines �lections,

tu cueilleras du coton et chasseras le raton laveur.

Ecoute, Track,

on est tous des blancs patriotes et chr�tiens.

Foutez le camps d'ici!

Avant que je vous envoie ce blanc patriote et chr�tien!

- Attendez une minute... - Fais gaffe!

Sh�rif?

- Sh�rif... - Qu'est-ce que tu viens faire ici?

Je viens t�moigner devant Dieu et le sh�rif Bascomb.

Ce n'est pas Willy Washington qui a viol� Nancy Poteet.

En es-tu s�re, Martha?

Oui, je le suis.

Ce soir-l�, Willy �tait avec moi.

Esp�ce de pute!

Ce fils de pute! Baiseuse de n�gres! Salope de baiseuse de n�gres!

- Rel�ve-toi! - Ferme ta gueule!

Je vais te tuer!

Et tu imaginais quoi, alors que t'es toujours � gauche et � droite?

Vous devriez tous aller boire un coup.

- Vous devez les enfermer. - Allez-y, allez-y!

L�chez-moi!

Allez, Jessie, on se casse d'ici.

Allez, viens, Jess.

Elle en vaut pas la peine.

Allez, Jess, on va aller boire quelques bi�res.

C'est la m�re de mon enfant.

Vous devez tous les enfermer, Track.

Au moins jusqu'� ce que je puisse quitter la ville.

Ce ne sera pas n�cessaire, Trixie t'emm�nera.

Vous restez avec Shaneyfelt, d'accord, les gars?

Et rangez-moi ces armes, bon Dieu!

- Tu es une femme courageuse, Martha. - Non, je n'ai aucun courage.

Je suis juste fatigu�e de tout �a.

Vous devriez surveiller Willy, aussi.

Bonsoir, Rod.

Peux-tu me dire o� tu �tais samedi dernier, vers 21h?

II �tait ici, avec le chien et moi.

Et toi, Garth, o� �tais-tu?

N'essayez pas de me coffrer pour viol.

O� �tais-tu quand ton pote Henry a rejoint le paradis

et que Taggart a �t� tu�?

Et Johnson? Et Flagg?

Comment vous savez?

Pour quelle autre raison tu pointes un fusil sur moi?

Tu sais, si je peux le deviner...

Le Klan le peut aussi.

Et tu finiras, tes couilles au fond de la gorge.

- Pas moi. - En effet.

Parce que tu vas quitter le comt� imm�diatement.

Et si tu t'avises de pointer � nouveau un fusil sur moi...

Je te descends � vue.

Eh, sh�rif, o� vous �tiez quand ils ont eu Henry?

Et merde...

Breck, r�veille-toi.

R�veille-toi.

Tu es r�veill�?

Maintenant, oui.

J'ai faim. Et toi?

Dis-moi, est-ce qu'on gardera ces horaires indus apr�s le mariage?

Le mariage?

Tu veux m'�pouser?

Je ne le proposerai pas � ce sandwich.

Je ne peux pas.

J'y ai r�fl�chi.

Peut-�tre un jour quand je reviendrai.

Si tu voudras encore de moi.

- O� vas-tu aller? - Je ne sais pas.

Le monde est vaste et je n'en ai jamais rien vu.

- Tu pars quand? - Bient�t.

Peut-�tre demain.

Comment vas-tu faire?

II y a quelque temps, tu m'as propos� de l'argent.

- L'offre tient-elle toujours? - Bien s�r.

Et tu es s�re de ne pas vouloir rester?

C'est vraiment ce que tu veux?

Je croyais que tu voulais te d�barrasser de moi.

J'ai chang� d'avis.

C'est mon avis, je peux en changer.

J'aime bien les hommes plus �g�s.

Ce n'est pas ce qui compte pour une fille, si tu vois ce que je veux dire.

Mais tu es assez �g� pour �tre mon oncle.

Je suppose que oui, d'une certaine fa�on.

Eh, Breck, je croyais que tu aimais lire.

Ma litt�rature ne t'int�resse pas?

Jackson, aller simple.

La valise est trop lourde?

Avec ta jambe tordue et tout �a.

Je veux dire...

Vous avez peut-�tre besoin d'un vrai am�ricain pur sang pour la porter.

�a pourrait vous int�resser, ma p'tite dame.

Pourquoi tu d�gages pas, enfoir�?

Ta gueule est aussi grande que le cul de Lanny...

...�coute, �a peut t'aider.

"On s'abaisse au niveau d'un n�gre,"

"si on est en contact physique avec lui."

"Le contact physique d'un n�gre est polluant. Et..."

Tue-le, Cutt!

L�ve-toi, Cutt. L�ve-toi, laisse-moi t'aider.

Fils de pute.

Cutt, Cutt, allez, l�ve-toi!

Allez, Cutt, l�ve-toi, frappe-le!

Allez, Cutt, l�ve-toi!

Prochain bus au d�part pour Atlanta.

Prochain bus...

Seigneur Dieu.

Je ne t'oublierai jamais.

Et �a?

Nous partons, madame.

Bonsoir, tout le monde.

- Salut, Annie. - Salut, Hector.

Salut, Butt.

Bon sang, qu'est-ce qui t'est arriv�?

- Mets-toi toi-m�me. - T'as �t� heurt� par un camion?

Dieu du ciel, on dirait le massacre du G�n�ral Custer.

Qui a fait �a, Big Track?

Breck?

T'imagines, Breck se battre avec le sh�rif adjoint.

Quel fils de pute.

Une bi�re, Annie.

Il nous a tous fait honte en accueillant Nancy Poteet.

Lui et Loretta Sykes sont tr�s proches, il lui a trouv� un super boulot � Chicago

et c'est bien plus que ce qu'il aurait fait

pour n'importe quelle fille blanche et chr�tienne de ce comt�.

Il descend d'une famille violente et blasph�matoire.

Il devrait se pendre � une corde comme son arri�re-grand-p�re.

On en parle dans les livres de la Biblioth�que du Congr�s.

Vous savez quoi? II n'a m�me pas la t�l�.

On devrait br�ler ce fils de pute.

L'accrocher � un arbre comme son a�eul.

Si Dieu aimait ces fils de pute, il ne les aurait pas faits noirs.

Pas vrai, les gars?

- Qu'est-ce qui se passe? - Qu'est-ce qu'il fait l�?

Vernon Hodo m'a dit que certains des gars t'ont dans le collimateur.

Et alors?

Ils se pr�parent � te foutre le feu.

Ce soir.

Tu sais, le printemps arrive, �a fait monter la s�ve...

Tu devrais prendre �a au s�rieux.

Tu t'es montr� plut�t coriace envers eux.

Il semblerait que ce soit � cause d'une femme.

D'habitude, je ne me m�le pas de �a.

La moiti� d'entre eux travaille pour moi

et l'autre moiti� emprunte de l'argent � ma banque

Mais cette fois, ils ne laisseront pas passer.

A moins que je leur parle en ton nom.

La question est: que dois-je leur dire?

Tu pourrais leur dire de ne rien faire.

- Perds pas ton temps. - Alors dis aux gars du Klan

qu'on pourrait peut-�tre se r�unir et trouver une solution

et que s'ils ont honte de leur visage,

ils n'ont qu'� mettre leur masque de Halloween.

On avance, on dirait.

Voil� ce que tu vas faire.

Tu dois reconna�tre la dette du Sud aux patriotes chr�tiens du Klan.

Deuxi�memet, tu dois d�gager Loretta de ta montagne.

Et, troisi�mement, tu dois laisser Track expulser les ch�meurs.

Je ne peux pas faire �a.

Alors ils viendront frapper � ta porte � minuit.

Il y a une autre solution.

Je peux acqu�rir tout tes biens. Tu pourrais partir en Californie...

Ou dans le sud de la France.

- Ou m�me sur la lune! - Non, monsieur!

Je ne partirai pas d'ici.

J'y ai v�cu toute ma vie.

Le probl�me, c'est que ta vie est trop longue.

T'as �t� bless� � la guerre. Tu aurais d� mourir.

D�sol� de t'avoir d��u.

Dans chaque soci�t�, il y a une solution pour un homme

pour qui tout va si mal qu'il se doit de mourir avant son heure.

Les Grecs utilisaient le poison, les Japonais le hara kiri.

- Aux Etats-Unis, on saute d'un pont... - Tu me demandes de me suicider?

Tu es d�j� en train de te tuer.

Mais tu laisses le Klan le faire � ta place.

Il faudrait un homme meilleur que moi pour d�nouer tous ces fils.

Je te souhaite bonne chance. A toi et aux autres.

Papa? J'ai r�fl�chi...

Et j'ai d�cid� de ne pas aller � West Point.

- Tu vas m'expliquer mieux que �a. - Il n'y a rien d'autre � dire.

Je connais notre homme au congr�s, il ne fera rien que le Klan n'approuve pas,

alors je vais me tenir � carreau.

Je ne voudrais pas rendre les choses

plus difficiles pour toi au moment des �lections.

Assieds-toi, tu me donnes le tournis.

Ecoute, fiston, il s'est pass� un tas de choses d�sagr�ables ces derniers temps.

Mais si tu veux cultiver des arbres pour le reste de ta vie,

je t'ach�terai une pelle.

Apr�s les �lections, je planterai peut-�tre des arbres moi-m�me.

Oui, Trixie?

Passe-le moi.

Qu'y a-t-il, Hardy?

Ce soir?

Sur la montagne?

D'accord, je vais voir �a.

Oui, tout de suite.

Breck a des probl�mes avec le Klan?

Rentre � la maison, Alan.

Puis-je �tre utile?

Je ne veux pas te voir d�cern� une m�daille posthume.

Qu'est-ce qui se passe?

Breck a des soucis.

Encore le Klan?

Oui, je crois.

O� tu vas?

A la montagne de Stancill.

Alors je viens avec toi.

Rentrez chez vous.

Eteignez vos lumi�res.

Cachez-vous dans le noir comme toutes les autres fois.

Bonne nuit, Erin.

Voici des cornes de brume.

Une pour toi.

Une pour toi.

Une pour toi. Et si vous entendez quelque chose, servez-vous-en.

Allez, les gars, on y va.

Qu'est-ce que tu veux, Track?

J'essaie d'arr�ter une guerre.

Si tu t'embrouilles avec le Klan ce soir, beaucoup de gens mourront.

Et �a ferait tout sauter dans ce comt�.

Un tas de gamins se retrouveront orphelins.

Si tu avais coffr� les agresseurs de Loretta au lieu de les couvrir,

il n'y aurait aucune guerre ici ce soir.

Ce qui est fait, est fait. Et j'essaie toujours de te garder en vie.

- Les chances sont maigres. - Tu pourrais nommer

quelques bonnes �mes sh�rifs adjoints et leur demander

- d'emp�cher mes arbres de br�ler. - J'ai essay�.

Personne.

Aucun homme dans ce comt� ne veut prot�ger tes arbres.

- Ils ont tous peur du Klan? - Non.

- Alors quoi? - Ils ne supportent pas ton courage.

Tu t'attends � ce que les blancs t'appr�cient?

Alors que tu prends le parti des noirs?

Tu laisses les ch�meurs vivre ici gr�ce aux imp�ts des blancs.

Tu sais ce qu'on dit?

Que si tu n'avais pas accueilli les noirs, il y a vingt ans,

on aurait un nouveau stade sportif.

Et les profs, de meilleurs salaires.

Ce qui est un acte noble pour certains en fait chier d'autres.

Je n'aime pas dire �a

mais, tout comme ce comt� n'est pas en phase avec le reste du monde,

tu n'es pas en phase avec le comt�.

Si �a se passe vraiment mal, tu me laisseras faire, d'accord?

Breck?

Je devrais peut-�tre partir.

- Qu'est-ce que tu fais l�? - S'il a des probl�mes,

je veux �tre � ses c�t�s.

- Va dans le foss�. - Non.

- Non, quoi? - Je reste ici.

Non! Dans le foss�!

Tu seras tu� parce que tu n'as aucun avantage.

Le Klan veut te tuer mais, toi, tu ne veux pas les tuer.

Peut-�tre que je n'aurai pas � le faire.

Si tu restes ici, tu seras bien oblig�.

Oblig� de continuer � tuer jusqu'� ce que eux te tuent.

Ce serait le meurtre le plus path�tique et inutile de l'histoire de cette ville.

Va dans la maison et �teins les lumi�res.

Allez.

Alan, viens ici.

Prends �a et descends la route, mais ne t'en sers qu'en cas d'urgence.

Cache-toi.

Ecoutez-moi tous.

Breck va quitter le comt�.

Il est trop tard, Track.

Vous �tes sur une propri�t� priv�e.

Ce soir, ce n'est pas un crime.

Il va vous falloir trouver mieux que �a.

A moins que vous ayez autre chose � dire, sh�rif,

vous feriez mieux de d�gager d'ici.

Je vous demande de d�poser vos armes,

et de mettre vos mains au-dessus de la t�te.

Souvenez-vous, Track, vous �tes l'un de nous.

Plus maintenant.

Va te faire foutre, Track!

Butt Cutt Cates?

Je t'arr�te pour l'agression et le viol de Loretta Sykes.

Et je vous arr�te tous en tant que membres du Klan du comt� d'Otoka...

Pour conspiration contre la constitution des Etats-Unis...

Et de l'Etat du sud de l'Alabama.

Faites gaffe! II a eu Leroy dans le dos!

Breck!

Breck!

Ce que tu peux �tre t�tu...

Ok, les gars.

Papa! Est-ce que �a va?

Ne touche pas.

Va voir s'il y a d'autres survivants.

Je vais appeler les secours.

S'il vous pla�t, aidez-moi.

Seigneur, je suis mort!

Pas tout � fait.

C'�tait toi, le tireur.

Je suis le bourreau.

10-99, 10-99, je me trouve au domicile de Stancill.

Envoyez toutes les unit�s...

Papa!

Papa!

Mon Dieu!

Au moins, je ne verrai plus cet arbre.

Nous aimerions remercier tous les habitants d'Oroville

pour leur aide et leur coop�ration sur le tournage de ce film.

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