All language subtitles for The Effect of Gamma Rays on Man in the Moon Marigolds

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Original subtitles

L'INFLUENCE DES RAYONS GAMMA SUR LE COMPORTEMENT DES MARGUERITES

Matilda !

Matilda !

O� est ta s�ur ?

O� est ta s�ur ?

Ruth !

Matilda, va chercher ta s�ur avant qu'elle ne tombe enceinte.

Ruth !

Je prendrai le bus.

Qu'est-ce qui t'es arriv� aujourd'hui, au labo ?

Livia Holland m'as dit que tout le monde s'est foutu de toi.

Pourquoi ?

Je ne sais pas.

Elle se tenait immobile,

et Herbie Fox n'arr�tait pas de lui poser des estomacs,

des foies, des intestins sur tout le corps.

Qui t'a balanc� ces saloperies ?

Matilda...

J'�tais en train de faire une exp�rience.

Sur quoi ?

Le syst�me digestif de l'homme...

C'est pour le concours scientifique.

Livia a dit que tu avais l'air ridicule et que tout le monde se moquait de toi.

Je d�teste qu'on se moque de toi, Matilda.

Parce que dans ce cas, �a veut dire qu'on se moque de moi,

et de ta s�ur.

Je veux que tu te tiennes � l'�cart d'Herbie Fox et du syst�me digestif.

Il n'a qu'un seul testicule. C'est ce que m'a dit Chris Burns.

Il l'a vu � la douche.

Vous apprendrez bient�t que la plupart des hommes n'ont qu'un seul testicule.

Et que tu discutes de testicules avec ce Chris Burns ne me pla�t pas trop.

Si tu te les brosses encore plus vite, tu vas finir par t'�lectrocuter.

C'est pour �viter qu'ils soient emm�l�s.

Fais donc autre chose de tes dix doigts au lieu de te brosser sans arr�t.

� ce rythme, tu pourrais tricoter une chaussette de laine.

Tricoter des chaussettes...

Prends un panier !

Si je ne m'�tais pas secou�e quand j'avais ton �ge,

je n'aurais pas mis au monde deux adorables filles.

- C'est vrai ? - Prends six bo�tes de soupe de dinde.

C'est vrai, quoi ?

Oui... Il y a des choses qui ne s'oublient pas, Ruth.

Ces petits moments m�morables qui ne s'effaceront jamais de ta vie.

- Comment s'appelait ton petit-ami ? - Comment il s'appelait ?

Il s'appelait Jimmy Ravelli.

Putain de syndicats...

Un mec s�rieux, ce Ravelli. Et tr�s convoit�.

L'humour chez un homme c'est pas mon truc.

Quand il part, tu ne ries pas. J'ai appris �a de ton p�re.

Chris Burns est s�rieux. Son p�re est dans la "L�gion Am�ricaine".

Mon Dieu... Regarde � quoi je ressemble avec cette perruque.

Je voulais Jimmy, autant que Marion Coley.

Mais, lui s'en foutait d'elle.

Elle avait un menton marrant.

Le bruit courait qu'ils sortaient ensemble.

Qu'est-ce qui lui est arriv� ?

Rien, si ce n'est que cet enfoir� s'est engag� dans l'arm�e et est mort.

Qu'est-ce que �a veut dire ?

Que c'�tait l'�poque de cette putain de guerre de Cor�e.

- �a s'est fini comme �a ? - In�vitablement.

Quand les gens meurent, l'histoire se termine.

Pourquoi as-tu achet� cette perruque ?

Il y a toujours un moment dans la vie o� une petite voix te sugg�re

d'acheter une perruque.

Bon sang... Quelle porcherie !

J'ai pass� une annonce pour louer une porcherie.

J'ai rencontr� ton p�re

� un cours de mambo d'une salle de gym.

J'ai r�ussi � le faire rire.

- Une attirance mutuelle, simplement. - Comme un aimant ?

Asticots ?

J'ai dit aimants.

J'ai cru entendre "comme des asticots".

- Tu as aim� papa ? - Je me suis mari�e avec lui, non ?

Mais il m'a laiss� tomber, Ruth. Toutes les trois.

Je n'ai aucun respect pour un homme

qui fuit sa famille et va mourir dans un motel.

Votre p�re �tait plein de promesses,

mais que des promesses. L'assurance-vie de l'arm�e am�ricaine.

Il a v�cu dans la maison de mon p�re. Il n'aurait pu trouver mieux.

Mon p�re �tait le seul homme qui ait jamais compt� dans ma vie.

Le seul.

Matilda !

Matilda, ce putain de lapin va me faire p�ter les plombs.

La maison est pleine de merdes de lapin.

Je te jure que demain, tu restes � la maison pour tout nettoyer.

C'est tout ce bordel qu'il faudrait nettoyer, demain.

C'est impossible.

Quoi ?

M. Goodman m'a demand� de pr�senter mon exp�rience demain.

Dis � M. Goodman que la maison doit �tre belle,

pour �tre prise en photo pour un magazine de d�co.

Faites votre exp�rience en soir�e, comme d'habitude.

Je ne peux pas le louper de nouveau, maman.

� force d'attendre, cette maison va fermenter, Matilda.

Et je risque de trouver des excr�ments de ton lapin dans ma chambre.

Je me demande pourquoi M. Goodman t'a donn� ce lapin.

Un prof de sciences nat. normal te le chloroformerait, le diss�querait.

Ce serait plus facile pour sa d�monstration, que sais-je.

- C'est bizarre, l�-bas. - O� est le shampoing ?

Tu as achet� du shampoing ?

On est mal vu si on s�che autant l'�cole.

Mme Gordon n'a pas boug� de sa fen�tre depuis trois jours.

Maman, o� est le shampoing ?

Tu l'as oubli� ?

Elle n'a pas boug� de position. Ruth, viens voir !

Elle est assise, non ?

J'ai l'impression qu'elle est assise depuis trois jours.

On ferait pas mieux d'aller voir ?

Pas si elle est morte depuis trois jours...

Il y a des sp�cialistes pour g�rer ce genre de situation.

Je me suis toujours demand� ce qu'ils faisaient de ces personnes.

Matilda, allons voir chez Mme Gordon.

Pourquoi ?

Pourquoi ? Parce qu'elle est morte depuis trois jours.

Comment tu le sais ?

Combien d'os constitue le corps, Matilda ?

206.

Je les ressens tous, ces 206 os.

Elle vient de bouger.

Bonjour, maman.

J'ai r�v� que j'�tais un renard, Matilda.

Je me demande ce que cela signifie ?

Je nettoierai la maison quand je rentrerai. D'accord ?

Ruth a mal dormi ?

Non.

Tu rentres t�t, d'accord ?

Je veux que tu rentres t�t, Ruth. Tu as compris ?

D'accord.

Tu as mal dormi ?

J'ai dit d'accord !

Ne sois pas insolente. Je t'ai demand� si tu as mal dormi ?

Non.

Le certificat est gratuit. Vous devez juste r�pondre �

deux questions tr�s fondamentales sur l'histoire am�ricaine et...

M. Leonard Holby ?

M. Holby, vous avez de la chance.

Votre nom a �t� tir� au sort

par le Cours de danse Buckner & Spangler

et vous avez gagn� un certificat de...

Va te faire foutre aussi, Leonard.

- Comment �a va, Charlie ? - Salut Beatrice.

T'es rentr� plus t�t pour d�jeuner, hein ?

Oui, un peu t�t, je crois.

Pour pas changer.

Compte tenu du march� du travail, que puis-je faire ?

Tu veux un caf� ?

Non merci, Beatrice.

Attends. J'ai quelque chose � te montrer.

Qu'est-ce que tu en penses ?

C'est mon nouveau look.

Pas mal, hein ?

Tu veux l'essayer ?

Essaye-la. Allez, mets-la.

J'ai pas envie de mettre ta perruque.

Mets-la, juste une fois.

- Qui va te voir ? Mets cette perruque. - Beatrice, j'ai pas envie.

Tu veux que je te fasse un sandwich ?

Pas maintenant, Beatrice.

� plus tard.

Homo.

S'il vous pla�t, arr�tez avec le tambour. Merci.

Sandy, s'il te pla�t. Maintenant, les filles...

Regardez la position de mes pieds.

Vous vous d�placez avec l�g�ret�,

la nuque droite et tendue,

avec beaucoup de pr�sence, pendant votre d�placement.

Tr�s bien Edward. Envoie la musique et mettons-nous en rythme.

Et 1, 2, 3. Et...

C'est un grand drapeau

C'est un grand drapeau ancien

Qui ondule � jamais en paix

C'est bien. Deux, trois, quatre.

C'est un grand drapeau

L'air dans les poumons humains contient des milliards de milliards d'atomes.

Et t�t ou tard, chacun de nous va respirer les atomes

de quelqu'un qui a v�cu avant nous.

Peut-�tre,

les atomes d'Abraham Lincoln, ou ceux de Platon.

En ce moment,

sommes-nous peut-�tre en train de respirer ceux de Mo�se, lui-m�me.

Jette un coup d'�il � ta main, Janice.

Allez, tout le monde le fait.

Peut-�tre...

Peut-�tre qu'une partie de la main de Janice

a son origine dans une �toile

qui a explos� dans des temps inimaginables.

Peut-�tre que ta main, Janice...

Quelqu'un peut-il fermer la porte ?

Peut-�tre que ta main s'est form�e � l'issue d'une explosion solaire

qui s'est propag�e � travers l'espace jusqu'� notre Soleil.

Peut-�tre cette petite partie de vous...

Cette infime partie de vous

faisait partie du soleil quand elle a explos�

et s'est propag�e comme une grosse temp�te

pour cr�er des plan�tes.

Et peut-�tre...

quand la vie apparut, cette partie de Rudolph se perdit,

et devint finalement...

Quoi au fait ? Quelqu'un a une id�e ?

Matilda ?

Elle a pu �tre broy�e et enterr�e jusqu'� ce qu'elle devienne du charbon.

- Et des millions d'ann�es plus tard ? - C'est devenu un diamant.

Oui... un diamant. �a d� �tre un diamant

magnifique, comme l'�toile � sa cr�ation.

Je me dis que cette partie de moi est si petite qu'elle est invisible.

Ah oui...

Elle existe depuis le commencement du monde, et elle est toujours l�.

Et quand il a �crit le mot atome au tableau...

Comment te dire... je peux pas te l'expliquer.

Pourquoi en faire tout un plat ?

Qui ne conna�t pas le mot atome ?

Je ne sais pas...

J'ai juste aim� le mot.

C'est tr�s bien.

Si tu pouvais autant aimer le mot �vier.

Je dois appeler Celia Kane.

Ne reste pas des heures au t�l�phone.

J'attends quelques appels pour la chambre � louer.

Matilda !

Cette �cole a quarante ans de retard.

Pourquoi je n'arrive pas � capter la 6 ? Tout le monde la capte.

Je crois...

Que le prof...

Il est un peu po�te.

Qui ?

M. Goodman.

Je peux capter la 6 ?

Ruth, raccroche !

J'ai fini.

C'est vrai que c'est un po�te.

Je n'ai jamais vu un homme aussi eff�min�.

- Tu ne le connais pas. - Donne �a.

C'est pas lui que j'ai vu acheter du homard

au march� l'autre jour ?

J'ai vu comment il choisissait les tomates.

Cet homme est un p�d�.

Qui ? M. Goodman ?

Je l'ai vu avec Mme Hanley, je ne dirais pas que c'est un p�d�.

Mme Hanley... Je peux t'assurer qu'elle aussi, est loin d'�tre normale.

Je suis all�e � l'�cole avec elle. Je n'imagine pas un seul instant

qu'il puisse se passer quoi que ce soit entre Mme Hanley et M. Goodman.

- Qu'est-ce que tu l'as vu faire ? - Rien de particulier.

Juste qu'ils marchaient ensemble.

Ils se fr�quentent. Le hic, c'est que tout le monde les conna�t.

Ils se fr�quentent...

- Je ne crois pas qu'il sortent ensemble. - Tu n'en sais rien.

L'union parfaite, Edith Hanley et un Juif bisexuel.

Bonne chance dans ce monde, Matilda.

C'est juste que je ne trouve pas �a tr�s dr�le.

Au contraire !

On m'a toujours trouv� pleine d'humour !

Matilda !

Matilda !

Il y a des crottes de lapin dans l'�vier.

J'essaye de louer cette chambre.

Comment puis-je la louer avec des crottes de lapin partout ?

Tu ne comprends pas ? Je veux juste... que �a marche.

Tu comprends ?

J'ai compris, maman.

Ruth !

Ruth !

Laisse-moi...

- Il me suit... - Non Ruth ! Personne ne te suit !

Personne ne te suit ! Je vais te donner � boire et une couverture.

Non... non... Personne... C'est lourd...

Assieds-toi. Assieds-toi. Assieds-toi... �a va aller.

Je sais, je sais... Personne ne te poursuit.

Et la couverture, Matilda ?

�a va aller. Tout va bien maintenant. �a va aller.

�a va aller. Tout va bien maintenant. Tu vois ?

- J'ai fait un cauchemar... - Je sais, je sais.

On en fait tous et quand on se r�veille

tout est beau et normal.

Matilda, va me chercher une cigarette !

Tout va bien maintenant.

Il n'y a personne. Personne.

- �a va aller ? - Bien s�r qu'elle va mieux.

Tu vas tirer une bouff�e sur la cigarette ! D'accord ?

Une bouff�e sur une salet� de cigarette.

Allons-y.

Tiens.

Voil�...

Tu vois, �a va mieux.

Tu veux que je te racontes mon r�ve ?

Un beau r�ve.

J'ai r�v� que j'�tais... avec mon p�re.

Nous �tions aller en carriole, vendre des l�gumes.

Et notre carriole �tait tir�e par des chevaux blancs comme au cirque.

Des chevaux blancs de cirque...

De merveilleux chevaux de cirque avec grande crini�re magnifique.

Ils avaient fi�re allure et la carriole...

La carriole �tait toute bleue.

Enti�rement bleue et...

remplie de l�gumes.

Des pommes jaunes, du raisin et des courges vertes...

Et de grosses cloches qui sonnaient...

Les cloches sonnaient "dong, dong, dong".

Et moi, je criais debout : "Pommes ! Poires ! Concombres !".

- Tu le fais ? - "Pommes... Poires..."

- Allez. "Pommes ! Poires ! Concombres !" - Pommes... Poires... Concombres...

- Bravo ! "Pommes ! Poires ! Concombres !" - Pommes... Poires... Concombres...

"Pommes ! Poires ! Concombres !"

"Pommes ! Poires ! Concombres !"

Merci pour votre appel.

ll est 03 H 17 du matin.

J'attends vos appels au 272 31 50.

272 31 50.

Il y a un appel. All� ? Bonjour ? Que voulez-vous ?

All� ? All� ?

Vous m'entendez ?

Je pensais �...

ce qui a �t� dit plus t�t sur les transports.

Je conduis un autobus depuis plusieurs ann�es.

Je peux dire que les passagers sont devenus agressifs envers les conducteurs.

Bien s�r, je ne veux pas dire...

J'aimerais parler du Budget F�d�ral.

- Bon sang ! - Quoi ?

Je lui avais dit de venir ce soir. Je n'ai pas eu le temps de nettoyer.

Elle est si vieille !

J'ai essay� de la garder avec moi le plus longtemps possible.

Elle peut se d�brouiller avec les escaliers ?

Les filles, mettez la rampe en place pour Mme Mayor.

Bien s�r Mme Hunsdorfer, que �a pose probl�me.

Je voulais un endroit pas trop loin de la ville.

Et l'air frais va la r�jouir.

Vous m'avez dit au t�l�phone, qu'ici, elle pourrait prendre l'air.

Oui. Soyez tranquille � ce sujet.

Nous sommes tous amoureux de la nature.

Attrape-l�.

Je ferais tout mon possible...

Mais rappelez-vous qu'il est important d'�tre � ses c�t�s.

Je ne veux pas �tre injuste parce que j'ai un travail prenant.

C'est bien que quelqu'un d'autre s'occupe d'elle.

Je vous assure que vous allez l'aimer.

Vous n'aurez pas de soucis avec elle.

Je vous ai tout mis par �crit.

Ce qu'elle aime le plus, c'est de l'eau chaude et du miel.

De l'eau chaude et du miel... Nous en regorgeons, n'est-ce pas Ruth ?

Matilda, viens m'aider � la redresser.

Matilda, ouvre la porte, s'il te pla�t.

Attention � la marche.

Voil�...

Matilda s'il te pla�t, va ouvrir les rideaux de sa chambre.

Par ici, ma ch�re, vers votre chambre personnelle.

- Comment vous appelez-vous ? - Annie.

Annie ? Grand-m�re Annie, hein ?

On y est.

On s'assoit.

C'est confortable, non ?

�a va aller ?

Douillet ?

Vous �tes arriv�es un peu t�t...

On a pas eu vraiment le temps d'appr�ter.

Je suis pass�e plus t�t � cause d'une r�union d'affaires importante.

Son souci principal est d'ordre quotidien.

Si elle est enrhum�e, elle ne se mouchera pas le nez.

Eh bien, on s'en chargera, n'est-ce pas Matilda ?

On mouchera le nez de Grand-m�re Annie, hein ?

Ruth,

n'est-ce pas qu'on lui mouchera toutes le nez !

Elle est un peu sourde.

Je parie qu'il faut trouver le bon ton.

Elle saisit l'essentiel.

�a va �tre tr�s plaisant.

- La salle de bains ? - Au fond du couloir, � gauche.

- Elle y arrive toute seule ? - Oh oui. Elle se d�brouille tr�s bien.

Elle est vraiment tr�s vive.

Et tr�s adroite, comme je vous l'ai dit.

Le fauteuil roulant ne sert que pour les urgences.

Je suis un peu inqui�te de la distance jusqu'� la salle de bains.

Eh bien, tous s'y sont fait jusqu'� pr�sent.

M. Mayo, Mme Marion Minto et M. Brougham.

- Rappelle-moi le pr�nom de M. Brougham ? - Alexander.

Alexander. Oui.

Il y arrivait alors qu'il avait une tumeur au cerveau.

Annie est une gentille fille, hein ?

Que diriez-vous d'une tasse d'eau chaude avec du miel ?

Votre annonce ne parlait pas de religion, mais j'ai apport� une Bible.

Elle la glisse sous son oreiller.

J'ai not� tout ce que vous devez savoir.

J'y ai gliss� le ch�que pour la premi�re semaine.

Eh bien, on pourra lui mettre de la jolie

musique religieuse � la radio le dimanche matin ?

Qu'en pensez-vous ? De la musique religieuse le dimanche ?

J'ai la "Tour de Garde".

�a vous dirait ?

Bien...

Au revoir, maman.

Elle a meilleure mine aujourd'hui.

Oui... Je parie qu'elle ira de mieux en mieux.

"John, je sais o� tu te trouves. Mary."

Si quelqu'un sait o� en est Beatrice Hunsdorfer,

qu'il me fasse signe.

Quoi ?

Ces journaux ! Plein de tranches de vies, Matilda.

Tu peux me gratter le dos, s'il te pla�t ?

"Gwen et Lucille, revenez � la maison.

On vous pardonne. William."

Mon cul que c'est pardonn�.

L�.

"Robin, Esther, Jane et Earl merci d'appeler votre oncle Don".

Oncle Don...

"Grande maison de quatre familles, beaucoup d'espace."

"Huit garages."

Voil� ce qui pourrait m'int�resser.

Une sorte de petit restaurant.

Avec des plats de qualit� fait-maison.

Tu dois comprendre, Matilda,

que dans la vie, il faut savoir saisir les occasions.

Il aurait fallu que je termine ces cours sur l'Immobilier.

Ou ceux d'esth�tique.

�a ne serait pas une mauvaise id�e pour toi.

- Ces plantes, c'est quoi ? - Des marguerites.

Des marguerites.

- Ce sont des marguerites "bouton d'or". - Ce doit �tre des marguerites sp�ciales.

Elles ont �t� expos�es au Cobalt 60.

Mon r�ve,

une maison pleine de marguerites expos�es au Cobalt 60.

Et pourquoi ne pas planter des tomates dans la salle de bain ?

C'est quoi, le Cobalt 60 ?

�a transforme les choses.

M. Goodman nous a parl� de la technique d'implosion,

de la radioactivit� et de la demi-vie.

Et j'ai pu obtenir des graines.

La demi-vie ?

C'est difficile � expliquer.

C'est li�e � la d�sint�gration.

Il est possible de calculer la probabilit� d'un noyau radioactif � se d�composer.

Laisse tomber, Matilda, �a me donne mal � la t�te.

Que pourrais-je faire avec huit garages ?

Si quelqu'un m'avait dit dans ma jeunesse que je me retrouverais

� donner du miel � une zombie, je l'aurais trait� de fou.

Je ferais mieux de me convertir en chauffeur de taxi.

Ta seule concurrente s�rieuse est Janice Vickery.

Chris Burns conna�t son fr�re qui lui a racont�

que Janice a attrap� un chat dans la rue et l'a d�pec� vivant.

Le chat aurait hurl� plusieurs minutes quand elle l'a mis dans l'eau

parce que l'eau n'�tait pas encore bouillante.

Tu parles d'un talent. D�pecer un chat, le faire bouillir

et lui recoller les os. Je n'arrive pas � comprendre.

Annie.

Tu connais ton future ?

Je peux te tirer les cartes.

Tu veux conna�tre ton destin ?

Il cogite sur ton nom.

Je ressemble � maman ?

Quoi ?

Tu vois comment les cartes se sont regroup�es ?

Comment leur coins se sont heurt�es ?

De bonnes nouvelles.

Du bien-�tre et une surprise dans un proche avenir.

Je vois de belles choses l�, nanny.

Des bijoux.

De gros bijoux.

Avec une nouvelle coiffure.

Belles nouvelles.

Regardez les �toiles.

Regardez comment les cartes se regroupent.

�a correspond � un �tranger grand, brun et beau.

�a s'annonce bien.

Bien-�tre et une grosse surprise.

�a s'annonce bien !

�a s'annonce bien !

Je hais cette vieille.

Si elle pouvait crever comme M. Mayo.

Je les hais !

M. Mayo, M. Brougham et Mme Minto et son cancer.

Tous ces corps �c�urant !

Pourquoi doivent-ils tous se ramener ici ?

Je les hais tous ! �a me rend malade !

Ils me d�go�tent.

Je les hais tous !

Je les d�teste !

Maman !

Maman ! Ruth va avoir une crise !

J'arrive ! J'arrive !

J'arrive !

J'arrive !

Aide-moi � l'�loigner du lit. Vite !

Attrape un oreiller !

Attention � la t�te. Vite !

Bloque-le.

Je comprends ce qui se passe. Prenons ce r�cipient en verre,

et pla�ons-y ce morceau de m�tal...

De la fum�e appara�t

provenant de ce morceau de m�tal.

Elle ressemble � de l'eau surgissant d'une fontaine.

Et si ce n'est pas apparent � l'�il nu,

ce sont, en fait, les atomes qui sont en train d'exploser.

Rien ne peut les arr�ter.

Et le processus va continuer pendant des millions d'ann�es.

Si tu continues comme �a, tu va fondre � vue d'�il.

J'en sais quelque chose de ce b�ton, une vraie de vie de f�te.

Et je te cuisinais un de ces g�teaux au fromage.

C'est pas comique ?

Tel jour, tu es la meilleure danseuse de l'�cole,

tu cuisines de bons g�teaux au fromage,

et le lendemain tu n'es plus que du pass�.

�a te plairait, Matilda ?

Allo, centrale... Pourriez-vous me donner la ligne

et me mettre en relation avec J�sus.

Grand-m�re, tu veux parler � J�sus ?

Je me demande toujours demand� pourquoi les gens disent "c'�tait hier...".

"D�marrez une nouvelle vie. Rencontrez de nouvelles personnes.

Luxueux appartements S&S.

Bain-remous et cuisine avec �quipements �lectriques"

Exactement ce dont j'ai besoin. Bain-remous et une cuisine tout �lectrique.

Marre des cuisines ! J'ai pass� toute ma vie

avec de la vaisselle sale. Pas un seul plat propre.

On mange mieux sur le plancher.

Peut-�tre,

Peut-�tre que je ferais mieux de me mettre � mon compte.

Super.

Un institut de beaut�.

Tout d'abord...

"Devenez un mannequin ! Aucun crit�re d'�ge.

Institut "La silhouette parfaite."

Il y a un probl�me avec ma silhouette ? J'ai l'air parfaite !

Une autre...

"Patsy Anne, reviens � la maison.

Nous te pardonnons d'avoir incendier la maison."

Nous te pardonnons, hein ?

Ces animaux !

Bon sang ! Je vis dans un zoo ?

Je vis dans un zoo ?

Alors, quelle genre de sketch as-tu jou� avec ?

Un sketch.

Tu peux �tre plus pr�cise ?

Je devais interpr�ter une femme d'int�rieur et faire r�el.

C'�tait du moins l'id�e, �tre la plus r�elle.

R�elle.

Je t'ai emprunt� ta robe de chambre.

Et moi, je l'ai cherch�e affol�e partout dans la maison.

J'ai m�me pens� que des voleurs s'�taient introduits et l'avaient vol�.

Dans tout ce ramassis de vieilleries, c'est ma robe de chambre qui dispara�t.

Combien en ai-je ? J'en ai une douzaine, Ruth ?

R�elle, hein ?

- En quoi consistait le sketch ? - Juste destin�e � �tre marrant.

Quel sketch ?

- La lecture du journal. - C'est suppos� �tre marrant ?

- Je n'ai pas dit cela. - Ah, ils ont donc pleur�.

Non !

Ils ont un peu rigol�.

De moi, que tu imitais, je suppose.

Nous devions essayer d'�tre r�elles.

Que leur as-tu lu ?

Les annonces...

Vas-y, montre-moi. Je veux entendre comment tu m'imites.

J'�tais pas cens�e t'imiter particuli�rement.

Tu avais une tasse de caf� en main ?

Oui ou non ?

Oui.

Tu fumais une cigarette ?

Oui.

Tu portais ma robe de chambre et ma perruque.

Tu lisais les annonces du journal et tu t'appelles Ruth Hunsdorfer.

Et ce n'est pas m'imiter ?

Mais qui alors, Margaret Truman ?

Je ne vois pas pourquoi �a te met hors de toi.

�a me d�range parce que je voudrais que tu comprennes une chose.

Quand je lis les annonces, je ne cherche pas � �tre dr�le.

Tu comprends ?

Oui.

Vraiment ?

J'ai compris.

"22 acres � Princess Bay.

Petit bassin, 6.000 dollars."

C'est pas cher.

Il me reste � trouver l'argent.

"Kiosque � sandwich ! Retour sur investissement !

5000 $ comptant. Demandez Stan."

- "Demandez Stan". - �a veut dire quoi, "comptant" ?

J'ai toujours r�v� d'ouvrir un petit restaurant,

quelque chose de sympa dans le quartier.

- On vendrait des g�teaux au fromage. - �a veut dire quoi, "comptant" ?

5000 $ que tu verses en esp�ces dans la main, Ruth.

�a veut dire que si je pouvais mettre la main sur cet argent

je pourrais mettre quelque chose sur pied pour nous tous.

Peut-�tre repartir de z�ro.

Je crois que je l'ai trouv�.

Un beau petit local sur Detroit Avenue

et avec des rideaux cela aura fi�re allure.

Il va falloir lui trouver un nom sympa. Celle qui trouvera sera r�compens�e.

- Tu l'as achet� ? - Achet� ! C'est un bail.

Tu dois le louer.

Acheter ? Tu me prends pour qui ?

Il va nous falloir,

deux choses.

D'un peu d'ing�niosit� et d'un g�teau au fromage sublime.

J'ai fait une tarte au fromage l'ann�e derni�re en cours de cuisine.

Je pouvais r�cup�rer la recette.

On ne va pas nourrir des rats, mais des gens.

Je m'occuperai de la cuisine.

- Je pourrai �tre serveuse ? - Serveuse ? � coup s�r.

Toutes les deux !

Grand-m�re ! �a te dirait d'�tre la caissi�re ?

Il ne nous reste plus qu'� trouver un nom accrocheur.

Salon de th� "Aux 3 Marguerites".

Ce genre de noms sont m�moris�s. Croyez-moi.

Moi, j'y crois.

Salon de th� "Aux 3 Marguerites".

Si n'importe quel abruti peut r�ussir avec du poulet frit

pourquoi pas moi avec un g�teau au fromage et du th� ?

La viabilit� d�pend d'un certain nombre de facteurs, Mme Hunsdorfer.

Pour Bradsburry, il y a neuf raisons principales pour expliquer

la faillite d'une nouvelle entreprise.

Pourquoi la moiti� de ces entreprises ne passent pas la troisi�me ann�e.

Seules 29% survivent trois ans et demi.

Neuf raisons...

J'arrive pas � croire que vous m'ayez laiss� un cinq et un atout.

Caroline, j'ai appel� son bureau. On m'a dit qu'il �tait � la maison !

Il est gripp�.

J'essaie de rester � flot, Floyd.

Beatrice,

j'ai un gros rhume, la grippe ou quelque chose.

Je ne veux pas que tu l'attrapes.

J'ai appris pas mal de choses, aujourd'hui.

Je connais par c�ur les neuf raisons pour lesquelles

les nouvelles entreprises �chouent, selon Donald Bradsburry.

Beatrice, je ne te suis redevable de rien.

Et ce magnifique discours que tu as prononc�

� mon mariage, Floyd. Quelque chose sur la n�cessit�

de nous entraider en cas de coup dur.

Eh bien, c'est le cas, Floyd.

J'ai emmen� ma m�re au cimeti�re la semaine derni�re.

Elle y va r�guli�rement et attend que tu l'appelles pour y aller ensemble.

- Apr�s tout, il a �t� ton mari. - "Il" ? "Il" !

Tu parles de ton fr�re George ? C'est �a qu'il est pour toi ? "Il" ?

La pire fa�on de l'�voquer.

Putain, c'est fou. Tout le monde d�testait ce salopard.

- Beatrice... - Ok, Floyd. Faisons un march�.

J'emm�nerai ta m�re au cimeti�re si tu me files un coup de main.

Beatrice, ce n'est pas aussi simple.

Floyd... Floyd...

Je voudrais te parler du Salon de th� "Aux 3 Marguerites".

Une cha�ne de Salon de th� "Aux 3 Marguerites".

Floyd, �coute.

Notre quartier va se valoriser, � deux conditions :

- Suis mon conseil. - Je l'entends constamment.

Va jeter un coup d'�il, ils proposent une belle salade

- un brunch incroyable, le dimanche, - Beatrice, �coute-moi...

ou un r�ti excellent.

Floyd, mon g�teau au fromage est divin.

Et ce n'est pas tout. Il y a plein d'endroits pour s'agrandir.

Comme ce petit local tout proche pour s'agrandir, dans une rue anim�e.

Floyd, le chinois se fait un paquet de fric avec sa boutique pourrie.

Un fric fou avec des nouilles.

Beatrice, personne ne va acheter des g�teaux au fromage.

Tu vas bien, Floyd ?

Tu pourrais pas m'appuyer aupr�s de la banque ?

Tu as de l'influence. C'est juste un emprunt de 5 000 $.

Beatrice,

je ne suis qu'un employ�. Je ne peux pas faire l'impossible.

Je suis tr�s r�aliste.

Et toi, de ton c�t� ?

Et si tu investissais dans le Salon de th� "Aux 3 Marguerites" ?

Je te donne 10% des b�n�fices, c'est beaucoup.

Beatrice, je suis vraiment malade.

- Comment vont les filles, Beatrice ? - Tu aurais une cigarette ?

On a arr�t� tous les deux.

Tu ferais mieux d'oublier le pass�, Beatrice.

Et je fais comment ?

La meilleure fa�on de r�parer le pass�,

- c'est de l'oublier. - Quelle connerie, Floyd.

Je ne te dois rien, Beatrice !

Tu r�p�tes ces conneries depuis que je te connais !

Toi et ton grandiose fr�re.

Deux gars tr�s sympas qui n'ont jamais rien d� � personne !

- Je suis gripp� ! - Quel dommage !

Je t'appelle la semaine prochaine.

Oublie ce putain de t�l�phone, Floyd !

Toi et ton fr�re, vous avez toujours �t� fantastiques au t�l�phone.

C'est facile de raccrocher au t�l�phone, pas vrai ?

Ou lire le journal pendant que tu parles.

Ou �tre aux chiottes avec le t�l�phone.

Tu est en s�curit� avec le t�l�phone !

Dommage que ta queue ne puisse pas �tre un t�l�phone.

Fous le camp d'ici !

Tu as l'air d'aller bien, Caroline.

Comment vont les filles, Beatrice ?

Pas r�ellement une grande r�ussite.

Tenez.

Quoi ?

Vous �tes en voyage d'affaires ?

J'ai une affaire dans les voyages.

Est-ce que vous seriez int�ress�e par des fauteuils Louis XIV ?

Je suis antiquaire.

De l'ancien.

- Vous achetez les lampes ? - Sur pied ?

Je crois que �a peut m'int�resser.

Mon Dieu !

J'ai de tout.

Des chaises Louis XIV,

des chaises � barreau,

en osier,

avec dossier haut...

Une minute.

Et voil� !

J'ai un piano fran�ais.

Un Krell.

Vous avez d�j� entendu un piano fran�ais ?

Ah oui, fran�ais ?

Combien pour ma lampe ?

Disons... huit $.

Huit $ pour une lampe ancienne ?

Pas vraiment de l'ancien.

Toute cette merde n'est pas de l'ancien.

Vous avez raison.

J'ai r�cup�r� l'affaire d'un antiquaire en retraite.

Il avait besoin d'argent.

- Il marche ? - Oui.

Je vous en donne 12 $.

Je vous en donne 30 $.

Vous me prenez pour qui ? Je ne vaux rien de mieux pour vous ?

Comment osez-vous ? Comment osez-vous, salopard !

Vous allez voir !

Vous allez voir !

C'est votre voiture ?

Que faites-vous l�-haut ?

Votre permis de conduire, s'il vous pla�t.

Madame ?

Je peux voir votre permis de conduire ?

Regagnez votre v�hicule et montrez-moi votre permis.

Il est bien dans votre voiture ?

Vous allez bien, madame ?

�cole primaire Walworth, lyc�es Delmar et Warren Harding,

et le s�minaire de Mme Gaines en septi�me, c'est �a ?

Le s�minaire de Mme Gaines...

Vous y �tiez aussi ?

J'�tais la secr�taire des s�minaires.

Betty Frank.

Betty Frank ?

Un probl�me ?

C'est bon !

Ouais...

Betty Frank.

Voyez-vous �a, t'es devenu flic.

Depuis 19 ans.

Un gar�on et une fille en fac.

Tu d�connes !

Tu te souviens de Marion Coley ?

Marion Coley ?

Elle �tait avec nous.

Avec un menton bizarre.

Un menton bizarre ?

Elle avait pas un menton bizarre ?

C'est ma femme.

Sans d�conner ! T'as �pous� Marion Coley ?

Oui.

On s'est mari�s une semaine apr�s la fin du lyc�e.

Un "menton bizarre" ?

Et �a marche ?

Bien.

Deux gosses en fac.

Je pense que tu parles de quelqu'un d'autre.

- Marion n'a pas de menton bizarre. - Oh tu sais, les mentons...

L'important, c'est que tu vas bien.

Tu es flic et le bleu te va tr�s bien.

- Tu te fous de moi ? - Non !

Oui...

Je me souviens de toi, maintenant. Avec cet humour si particulier.

Betty Frank.

Tu faisais du th��tre.

Oui, je me souviens de toi. Tu dansais, tout le temps.

- Majorette. - Oui !

Tu �tais une majorette !

Et... Comment vas-tu ? Tu as une famille ?

Oui. J'ai deux filles.

Tu as fait un bon mariage ?

J'arrive !

Qui as-tu �pous� ? Je le connais ?

J'ai �pous� George Hunsdorfer.

Il �tait plus �g� que nous.

Hunsdorfer...

M'en souviens pas.

Et �a roule ?

Si �a roule ?

George m'a quitt�.

Et les filles, aussi.

Il est mort, le fils de pute.

Il est mort...

C'est moche. Je...

Je suis d�sol�.

Tu as au moins deux charmantes filles. Les enfants, c'est important.

Tu prends l'air, hein ?

Oui, c'est �a.

On pourrait se revoir.

Marion, toi et moi.

Elle sera contente de te revoir.

Elle sera surprise. Elle n'a pas chang� depuis le lyc�e.

Tu te trompes au sujet de son menton.

Freddie Schultz, hein ?

Non.

Sonny Gunderson.

Range ta voiture sur le c�t�, s'il te pla�t Betty.

O� est ta s�ur ?

� l'�cole.

Tu vas bien ?

J'ai pr�par� le petit-d�jeuner d'Annie.

Il faut que je file � l'�cole.

Je suis en retard et j'ai un examen en sciences.

En sciences...

Si tu pouvais dire � M. Goodman que tu as beaucoup � faire ici

et que tu ne vas pas perdre la moiti� de ta vie � �tudier.

S'il veut savoir ce qu'est une moiti� de vie,

qu'il vienne me demander.

J'en ai des originales, ici.

J'ai une fille � moiti� givr�e,

l'autre � moiti� savante,

dans une maison � moiti� pleine de merdes

et une moiti� morte.

�a, c'est de la moiti� !

Pourquoi tu hais ce monde, Matilda ?

- All� ? - All�, Mme Hunsdorfer ?

M. Goodman de l'�cole. Je me demandais si Matilda...

Elle est en route, M. Goodman. Elle est en route.

Bien, Mme Hunsdorfer. Je me demandais si...

Puisque je vous ai au t�l�phone, M. Goodman,

j'aimerai vous parler des graines que vous avez donn�es � Matilda.

Oui ?

Elle m'a dit qu'elles ont �t� soumises � la radioactivit�.

Et pour moi, la radioactivit�

est automatiquement synonyme de st�rilit�.

Vous �tes mari�, M. Goodman ?

Non, non. Pas du tout.

Dommage.

Les femmes d'aujourd'hui ont vraiment un probl�me avec les hommes.

�a m'effraie d'avoir ces choses dans le salon.

Elle ne pourrait pas faire pousser des marguerites naturelles ?

Eh bien... Je...

Ne soyez pas inqui�te � propos de la st�rilit�.

C'est un projet tr�s int�ressant.

Je n'ai aucun doute l�-dessus.

John...

Savez-vous ce qu'est une mutation, Mme Hunsdorfer ?

Non, je dois admettre que je ne sais pas de quoi il s'agit.

Et j'ai pas...

Quand vous modifiez la forme ou le contenu de quelque chose...

Qu'est-ce qui vous fait croire que �a m'int�resse, M. Goodman ?

�pargnez-moi vos explications par t�l�phone.

J'ai d�j� celles de Matilda � la maison.

Oui... oui... d�sol�, je suis toujours l�.

- Je voulais pas vous offenser. - Vous ne m'avez pas offens�e.

Mais sachez que je ne suis pas idiote et que mon exp�rience me fait dire

que la pr�vention vaut mieux qu'une trag�die.

Matilda a assez de probl�mes sans �tre st�rile.

Disons-le franchement, cette fille aura des probl�mes.

Mme Hunsdorfer, je me demandais...

si on ne pourrait pas se rencontrer et parler de ces probl�mes.

Tr�s aimable de votre part, M. Goodman.

Vous souhaitez rassurer cette pauvre m�re, hein ?

Eh bien, j'aimerais s�rieusement vous dire deux mots

au sujet de ce lapin que vous avez donn� � Matilda.

Vous savez avec quoi je me retrouve ? Une usine d'engrais, ni plus ni moins.

J'ai envie de le tuer, mais Ruth pourrait �tre prise de convulsions

pendant 50 ans et la haine r�sonnerait dans la maison.

C'�tait qui ?

Beatrice Hunsdorfer.

Bon Dieu ! On �tait en classe ensemble.

- Vraiment ? Et comment �tait-elle ? - Une folle.

Constamment.

Tout �tait pr�texte � rire.

Betty Franks.

On l'avait surnomm�e Betty "la folle".

- Elles a ses deux filles ici. - Je sais, je sais.

Betty "la folle".

Un jour, elle s'est pr�sent�e en classe v�tue uniquement de plumes.

- Des plumes ! - Exactement.

Vous savez, on l'a aussi vu porter une robe couverte de petites cloches.

Betty "la folle" et ses petites cloches.

Avant de poursuivre notre programme, je saisis l'occasion,

non sans une certaine fiert�,

pour nommer les finalistes du concours scientifique annuel.

Les cinq finalistes sont :

Angela Cummings,

Janice Vickery,

Herbert Fox,

Matilda Hunsdorfer,

et Eugene Lebow.

Elle ne te l'a pas dit ?

Elle fait partie des finalistes !

Ils n'�taient plus que cinq sur des centaines.

Ella l'a remport� avec ses plantes bizarro�des.

M. Goodman lui a pr�dit qu'elle sera une nouvelle Mme Pasteur.

Ils vont venir prendre une photo.

Quoi ? Une photo de qui ?

De toi. C'est dingue, non ? Elle les a tous battu.

- De moi ? Pour quelle raison ? - Pour le journal de l'�cole.

Les m�res vont avoir leur photos dans le journal.

Ruth, qu'est-ce que tu racontes ? Matilda !

Matilda, de quoi s'agit-il ?

Ils veulent faire monter les m�res des finalistes sur la sc�ne.

Qu'est-ce que �a veut dire, sur la sc�ne ? Regarde-moi quand tu me parles, Matilda.

Pour le concours.

Ils veulent faire monter les m�res sur la sc�ne.

Que veux-tu dire ? Il va falloir que je monte sur sc�ne ?

Il va falloir que je sois habill�e ? Et que vais-je dire ?

Tu veux qu'on se moque de moi ?

Personne ne s'est moqu� de moi, maman.

Et moi ? Et si on se moque de moi ?

�a n'arrivera pas.

Matilda... je...

Je vais �tre franche avec toi. Si tu gagnes,

je serai tr�s fi�re

ou j'aurai le c�ur rempli de fiert�.

�a en vaut la peine, non ? Je n'aurai pas grand chose � dire ?

Non.

Je ne gagnerai probablement pas. Tu n'auras pas � dire quoi que ce soit.

"J'ai le c�ur rempli...".

C'est d'un banal.

Nous irons t�t. � quelle heure cela commence-t-il ?

19 H 30.

19 H 30 ? Quel jour ?

Le 28.

Le 28...

Bien...

J'ai juste � dire que "mon c�ur est plein..."

Ruth peut s'occuper d'Annie. On ne tra�nera pas.

�a ne devrait pas durer longtemps, n'est-ce pas ?

C'est en semaine ?

Je ne peux pas m'occuper d'Annie.

Je dois �tre sur sc�ne et exprimer ma fiert�, n'est-ce pas ?

C'est quel jour ?

C'est un vendredi soir, on va danser, et j'y vais avec Chris Burns.

Nous ne pouvons pas laisser cette vieille dame seule.

Eh bien, trouve quelqu'un d'autre, parce que je vais y aller.

Personne d'autre que toi ne va s'en occuper.

Mais j'ai promis � Chris Burns...

Et qui va s'occuper d'elle ? Ce putain de lapin ?

On m'en a confi�e la responsabilit�.

Si personne ne reste, une infirmi�re devra venir.

Tu as la moindre id�e du co�t d'une infirmi�re, Ruth ?

Je t'ai pos� une question ! Combien co�te une infirmi�re ?

Je m'en fous.

J'ai promis � Chris Burns.

Sache que ces infirmi�res sont devenues tr�s ch�res.

Tu as compris, Ruth ?

Tu as compris ?

Ruth ?

�a va ?

Ruth ?

Il faut que j'y aille.

Mme Turner m'attend.

D�sol�e que tu ne puisses pas venir.

Ne tarde pas, maman.

Ruth !

Ruth, quelle heure est-il ?

Ils devraient donner aux parents des instructions �crites.

Pour un �v�nement aussi important, ils pourraient se mettre en quatre.

Alors, de quoi j'ai l'air ?

Comment suis-je ?

Betty "la folle".

Betty "la folle" Frank, d�p�che-toi. Ils t'attendent.

J'ai entendu Mme Hanley dire que tu �tais folle.

Betty "la folle" !

J'ai entendu Mme Hanley dire que tu as toujours �t� folle.

Et que tu viendrais probablement habill�e de plumes d'oiseau.

Betty "la folle".

Tu nous rabaisses tout le temps, hein ? C'est toi la folle, pas nous.

Ils se moquaient de toi. J'ai entendu Mme Hanley au bureau.

Betty "la folle" !

Betty "la folle" !

Angela Cummings.

J'aimerai parler au directeur, s'il vous pla�t.

Eh bien, faites-le descendre de sc�ne !

Ce n'est pas votre... Beatrice Hunsdorfer.

Ah, c'est comme �a ?

Eh bien, vous allez lui transmettre un message de ma part.

J'ai un message pour lui, ainsi que pour M. Goodman,

et pour vous, qui que vous soyez,

et pour Mme Hanley. Dites-lui...

que je la remercie beaucoup de m'avoir assassin�e !

Tr�s bien, mon lapin.

L'heure est venue, lapin.

Janice Wickery.

Le pass�.

Contrairement � ce qui a �t� affirm�,

j'ai r�cup�r� ce chat au chenil

imm�diatement apr�s l'exp�rience

qu'il a subi dans une chambre barom�trique.

Ce proc�d� �limine tout l'air du corps de l'animal.

Ils affirment que ce n'est pas cruel, mais je pense que c'est horrible.

Puis j'ai fait bouillir l'animal dans une solution d'hydroxyde de sodium

jusqu'� ce que la peau tombe,

mais j'ai d� gratter les os pour enlever les tendons.

Vous n'avez pas id�e de la difficult� de la t�che.

Je vais poursuivre avec le pr�sent.

Je voulais juste que vous sachiez que cela m'a pris �norm�ment de temps.

Comprenez que cette m�thode

rend plus facile l'�tude de l'anatomie.

M�me s'il manque une nervure,

on peut l'utiliser pour enseigner l'anatomie de base

d'innombrables animaux de la famille des f�lins.

Cette �tude est peut-�tre limit�e pour l'instant.

Mais elle a �t� une grande r�ussite personnelle.

C'est plus valorisant lors de votre inscription � l'universit�.

Vous avez fait autre chose que de sortir avec des gar�ons.

Quant � sa destin�e future,

je vais en faire don � un cours de sciences.

Et l'ann�e prochaine, si le concours est maintenu,

je ferai peut-�tre l'exp�rience avec un chien.

Merci pour votre attention. J'esp�re remporter le concours.

Oui ?

- Vous �tes le concierge ? - Oui...

Mme McKay...

- Je voudrais voir Mme McKay. - Elle n'est pas l�.

Elle vit bien l� ?

Oui, mais elle est en voyage.

- En voyage ? - Elle est � Atlantic City.

J'ai quelque chose pour elle.

C'est l�.

Je ne comprends pas.

Dites � Mme McKay,

que d�sormais, elle doit se d�brouiller par elle-m�me.

Qu'est-ce que... ?

Vous n'allez pas la laisser ici ? Vous �tes malade !

C'est quoi ? Une blague ?

Oui... Dites-lui que c'est une blague.

Une minute, vous �tes folle ? Elle n'est pas de retour avant un mois.

Emmenez cette femme et d�gagez d'ici.

Vous me tapez sur les nerfs. Je vais appeler les Services de la Sant�.

D�gagez ! Vous avez compris ?

Matilda Hunsdorfer.

Les graines... Les graines ont �t� expos�es...

Les graines ont �t� expos�es � diff�rentes niveaux de rayons gamma

� partir des sources radioactives d'Oak Ridge.

M. Goodman m'a aid� � payer les graines.

Nous avons �tudi� r�guli�rement leur croissance.

J'ai tenu un journal d�taill�...

des temp�ratures.

J'ai pes� chaque plante

pour m'assurer que toutes avaient la m�me quantit� d'eau.

J'ai essay� de faire en sorte que...

la circulation de l'air soit similaire

pour �viter d'affecter leur taux de croissance.

Je n'avais pas de mat�riel sp�cialis�,

mais comme l'air venait de la m�me source,

je suis � peu pr�s s�re que toutes les plantes

en ont b�n�fici� � l'identique.

La nature du terreau �tait le m�me,

toutes les plantes ont germ� en m�me temps.

Elles ont toujours �t� priv�s de la lumi�re du soleil en m�me temps.

Les graines qui ont re�u la plus faible dose de rayonnement

ont donn� naissance � des plantes normales.

Celles qui ont re�u des doses moyennes

ont cr�� des plantes pr�sentant des mutations

� savoir, doubles bourgeons,

des feuilles diff�rentes et des tiges plus �paisses.

Les graines qui ont re�u des doses �lev�es de rayonnement

ont �t� tu�s ou ont donn� naissance � des plantes sous-d�velopp�es.

Une fois que nous aurons mieux compris les radiations,

un jour viendra

o� le monde que nous connaissons sera modifi�

par le pouvoir de l'�nergie atomique.

Certaines des mutations �taient vraiment merveilleuses,

inimaginables m�me dans nos r�ves,

et je pense que...

je crois de tout mon c�ur...

que le jour viendra o� l'humanit�,

remerciera Dieu

pour cette �trange et merveilleuse �nergie de l'atome.

- Qui a gagn� ? - Matilda Hunsdorfer.

John !

C'est Mme Hunsdorfer.

Elle est tr�s heureuse... Ne la mettez pas mal � l'aise.

Matilda...

Mon c�ur est rempli de fiert�.

Mon c�ur est rempli de fiert�.

Mon c�ur est rempli de fiert� !

Oh non.

Tu sais ce que je vais faire ?

Je vais nettoyer cet endroit � fond.

Je suis s�rieuse. � fond.

Un v�ritable changement de d�cor.

Vous pourrez inviter vos amis ici.

�a ne te plairait pas ?

- C'est toi, Charlie ? - Qui d'autre, Beatrice ?

Charlie, tu sais ce qu'on va faire ?

Nettoyer ce patio � fond.

Bonne id�e, Beatrice.

Bonne id�e ? Non, une grande id�e.

Tu sais quoi ? Nous pourrions am�nager un petit bassin.

Oui, l�.

Ou l�.

Charlie, toi qui est plombier, je pourrais faire un petit bassin ici ?

Dieu n'y verrait aucun inconv�nient, B�atrice.

Qu'est-ce qu'il raconte ?

... pour r�am�nager cet endroit.

Avec par exemple, une terrasse pour prendre le th�,

avec des tables sympas.

On va nettoyer toutes ces ordures.

Tu pourras inviter tes amis de nouveau.

On...

Je vois bien un grand parasol,

on plantera une vigne...

Et pourquoi pas, une table de ping-pong.

Pourquoi n'y ai-je pas pens� plus t�t ! Une table de ping-pong, bien s�r.

La cuisine est toute proche,

je pr�parerai des sandwiches et des g�teaux au fromage.

Avec tes amis, vous pourrez danser, jouer au ping-pong...

Charlie...

Charlie, tu sais jouer au ping-pong ?

Bon sang !

T'es vraiment un ph�nom�ne, Beatrice.

Bonne nuit.

Pour conclure,

mon exp�rience

a r�v�l� des effets inattendus produits par la radioactivit�.

Et sa dangerosit�, si mal ma�tris�.

M. Goodman m'a sugg�r� de le mentionner dans ma conclusion.

Tout comme mes projets d'avenir

et comment cette exp�rience m'a aid� � les exprimer.

Ruth...

D'une part,

les effets des rayons gamma sur les marguerites

ont �veill� ma curiosit� au sujet du soleil et des �toiles,

parce que l'Univers entier doit �tre comme un monde d'atomes gigantesques.

Je veux en savoir beaucoup plus.

Mais je suppose que le plus b�n�fique,

que je retire de cette exp�rience, est ce sentiment d'�tre important.

Tous les atomes en moi,

en chacun de soi,

ont pour origine le soleil, des lieux au-del� de nos r�ves.

Les atomes de nos mains,

les atomes de nos c�urs.

Atome...

Atome...

Quel beau mot.

Non maman,

je ne d�teste pas ce monde.

Sous titres : Koj

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