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Zulu
Ta hauteur n'a pour valeur
que de refl�ter ta ferveur
Parce que seule compte la taille de tes r�ves
T'es peut-�tre un petit format Pas un grand � gros bras
Mais un g�ant un jour on t'appellera
Parce que seule compte la taille de tes r�ves
Je sais que...
D�sol� !
Oui, on est d�sol�s. Notre histoire n'a rien � voir.
Non, on est ici pour Pierre Lapin,
le h�ros de notre r�cit,
un jeune lapin en veste bleue mais sans pantalon.
PIERRE LAPIN
Attaque quelqu'un de ta taille.
Avec plaisir.
Je parlais pas de moi !
Tu retournes dans son potager.
Il y a des moyens moins risqu�s de casser la cro�te.
Oui, mais pas aussi marrants.
J'ai dit quoi de tes visites chez McGregor ?
Qu'il faut vous rapporter du chou-fleur ?
T'es un bon petit gars. Allez, file.
Au rapport, Jeannot.
Il a tondu la moiti� de la pelouse, on aura juste le temps.
Regarde-le, la cruaut� incarn�e. M�me quand il tond, il est furax.
J'ai une id�e dingue.
Si on y allait pas ? La derni�re fois, il a failli t'attraper.
T'es trop chou, je te mangerais.
C'est exactement ce qu'il veut faire avec toi.
Plus haut.
Pourquoi c'est toujours toi en haut ?
Je suis l'a�n�e.
On est des tripl�es.
- Je reste l'a�n�e. - De 16 secondes.
Tu t'es bross� la queue r�cemment ?
Fini, la sieste. Venez.
- Prems ! - C'est moi, la prems !
C'est pas du jeu !
Prenez-en plein les yeux avant qu'on s'en mette plein le ventre.
Pardon. Pourquoi je tra�ne la patte ? Je mange que de la salade.
La sauce, prends-la � part, ou juste un filet de citron.
�a changera ta vie, s�rieux.
Vous connaissez le topo.
Je dirai pas que la mission n'est pas hasardeuse,
p�rilleuse, voire dangereuse,
mais on r�ussira
parce que chacun de nous joue un r�le cl�
parfaitement adapt� � ses capacit�s.
Vigie, vigie, vigie, guetteur,
h�ros.
Au travail.
- Je t'embo�te le pas. - Oublie.
T'as peur que je me prenne la patte dans un pi�ge et doive la ronger ?
Tu m'appelleras Cloche-pied et j'aurai une cicatrice atroce,
mais les vraies blessures seront au fond de mon c�ur ?
Pardon, je me suis l�ch�e.
On est en famille, on peut tout se dire.
Bon, approchez. Tout le monde est pr�t ?
- Yep. - Carr�ment.
- Sans faute. - Je crois.
Je vous adore.
C'est parti.
On va bien se marrer.
Laitue, radis, radicchio.
En parlant de radicchio,
pourquoi c'est si facile de lui voler ses l�gumes ?
Parce que "radicchio" ressemble � "rigolo".
On explique pas les blagues.
Flopsaut !
Trotsaut !
Queue-de-Coton !
Au poil.
Pomodoro, tomatillo. Pompadour, Roseval.
Personne les distingue. T'as remarqu� ?
Arr�te tes salades.
Je peux me l�cher, il entend rien avec la ton...
deuse.
Des lapins.
Non, pas par l�.
- File. - D�tale.
Sors de l�.
Pierre, non.
- Je la plante l�. - Fais pas �a.
- Mauvaise id�e ? - Tr�s mauvaise id�e.
- C'est confus. Oui ou non ? - Un non cat�gorique.
Je vois pas ta bouche.
Non, non.
J'entends "oui".
- Je pars sur un "oui". - Non, Pierre.
Au secours.
Pierre !
Non !
Sauve-toi.
Lapin, tu vas finir en tourte.
Enl�ve ta veste.
Comme ton p�re.
Bonjour, monsieur McGregor.
C'est vous.
Belle journ�e, n'est-ce pas ?
Donnez-moi ce lapin.
Vous avez quelque chose...
Tu es sauv�.
Tu n'as rien ?
Il a fait un clin d'�il ? J'ignorais qu'on pouvait faire �a.
Vous avez l'air en forme.
La veine sur votre front est moins saillante. Vous m�ditez ?
C'est mon potager.
Je transmets.
C'est son potager.
Voil�, je crois qu'on est tous brief�s.
Ces lapins vont donc r�primer leur instinct naturel de se nourrir.
La prochaine fois sera la derni�re.
Je ne manquerai pas non plus de le leur transmettre.
Vite, mes tr�sors.
Elle, c'est B�a.
C'est la voisine de M. McGregor et des lapins.
Devinez qui elle pr�f�re ?
Entrez, je vous apporte � boire.
Il ne faut plus y aller, il a failli t'attraper.
Viens, bonhomme, que je te s�che.
C'est une artiste.
Elle a d�m�nag� � la campagne pour se d�dier � la peinture.
Pas de mal si vous n'appr�ciez pas
ou ne savez pas dans quel sens les regarder.
Ils sont horribles et elle le sait.
Alors pour s'amuser, elle peint les habitants du coin.
C'est superbe
mais c'est un rappel constant du drame que Pierre et les siens ont v�cu.
Je te promets, je serai toujours l� pour vous.
Et elle l'a toujours �t�, depuis la mort de leur m�re.
Il ne pleut plus.
D�sol�e pour la veste de papa.
D�sol�e que t'aies perdu la veste de papa.
Je viens de le dire.
Oui, mais venant de l'a�n�e, �a a plus de poids.
C'est qu'une veste. Maman et papa, ils sont l�.
Et l�, l�, l�, et l�.
Un peu moins chez toi, t'es qu'un cousin.
Leur neveu, et par alliance.
Je te rabaisse pas, c'est par souci de pr�cision.
Promettez-moi de ne pas y retourner.
Je l'ai, papa.
Je te tiens, lapin.
Je savais que tu viendrais.
La dame n'est plus l� pour te prot�ger.
J'ai une folle envie de tourte, pour ce soir.
De la tourte au lapin.
Quoi ?
Mais...
Serait-il...
Le test est assez concluant.
Tr�s concluant.
�a veut dire que j'ai...
J'ai...
J'ai r�ussi !
J'ai r�ussi.
Je l'ai d�gag�. Qui a faim ? � table.
T'es retourn� dans son potager ?
Non, dans notre potager.
Sans vigies ? C'est un coup � y laisser sa peau.
Exactement.
McGregor est parti ?
- Pour un monde meilleur. - S�rieux ?
Oui. Le camion de glaces, avec les lumi�res.
En r�alit�, Pierre ne pouvait pas se vanter
d'avoir malmen� le c�ur du vieillard.
Cet honneur revenait � 78 ann�es d'hygi�ne de vie d�plorable.
Cette terre est � nous, ne la saccageons pas trop vite.
C'est � nous de la nourrir, de l'entretenir
durablement.
Qui dit privil�ges, dit devoirs...
J'y suis presque arriv� sans rigoler.
Faites-vous plaisir.
Attendez-moi ! J'ai pas �t� con�ue pour la course !
Saluons tous Pierre Lapin
C'est notre rayon de soleil
Il a fait du potager un grand festin
C'est notre rayon de soleil
La vie maintenant, c'est trop bien
Gr�ce � monsieur...
Je suis d�sol�.
Faites comme chez vous. Go�tez les tomates.
T'es grand, toi !
Attends, t'as pas essay� de me manger ?
Montre-moi tes dents, fais-moi...
C'est toi, j'en �tais s�r !
Comment va ? Sympa de te revoir.
Salut, petit. Tu as r�cup�r� votre terre.
- Lou� soit le fils prodigue. - C'est pas grand-chose.
Au contraire, tu as vaincu McGregor.
Si vaincre, c'est dire : "Marre de votre tyrannie !"
Et lui : "Tu vas finir en tourte !"
Et moi : "Non, vous d'abord !"
C'est pas �a, mais merci pour la f�te.
Cochonnet s'est mis au c�leri ?
C'est triste de ne conna�tre ni sa nature ni sa place.
- T'en veux ? - Alors, juste une.
Merci, Ernest. T'es bien brave.
Y a une maison en prime !
Je te jure, M. McGregor nous maltraitera plus jamais.
Plus jamais !
Je vous pr�sente Thomas McGregor,
ou comme on l'appelle au magasin,
monsieur McGregor.
L�, il est au comble de la joie,
pr�parant ses troupes au combat.
Ceux qui disent que tout n'est pas contr�lable
ne connaissent pas cet homme.
72,043 degr�s.
L'angle de d�collage d'Apollo 13.
Je sais, Carlos, vous me croyez fou.
Mais l'aspirante astronaute le sait
et vous aurez d�truit son r�ve.
C'est un cauchemar.
Il suffit de secouer et tapoter.
Tout est dans le d�tail.
N'y allez pas de main morte, les enfants.
L'eau de nos toilettes doit �tre claire comme une source.
M. McGregor,
la directrice demande � vous voir.
�a y est, ma promotion. Ils avaient parl� de cette semaine.
De quoi ai-je l'air ?
D'un homme pr�t � boire l'eau des toilettes.
Parfait.
J'ai de mauvaises nouvelles, Thomas.
Votre grand-oncle est d�c�d�, je viens de l'apprendre.
J'en suis navr�e.
J'ignorais son existence. Et ma promotion ?
Pla�t-il ?
Directeur adjoint, le poste que je vise depuis 10 ans.
Vous �tes sous le choc, je comprends. En p�riode de deuil...
Quel deuil ? Je veux savoir si j'ai le poste ou pas.
Non, on a promu Bannerman.
C'est un imb�cile.
M�me pas.
�tre un imb�cile serait ambitieux pour Nigel Bannerman.
Il se trouve aussi �tre le neveu du PDG.
Vous nommez un demeur� notoire et incomp�tent
� un poste crucial par pur n�potisme.
On est en Grande-Bretagne, �a figure presque dans notre charte.
Je d�plore que notre meilleur �l�ment soit n�glig�.
Alors, ne me n�gligez pas.
Ce n'est pas le moment de penser au travail, Thomas.
Faites un break, aussi long que vous le souhaitez.
Je ne veux pas de break.
Pardon, je ne veux pas... Pardon.
Je veux cette promotion et je m�rite cette promotion.
Accordez-la-moi, je ne le r�p�terai pas. S'il vous pla�t.
Accordez-la-moi.
D�sol�e.
- Navr�, monsieur. - Ce n'est rien.
Une autre fois.
La patate, McG ?
Bannerman,
f�licitations.
J'ai rien demand�, j'�tais � Ibiza hier soir.
Couronne lourde � porter, hein ?
Je pars en pause, dans mon grand bureau.
Viens l�, je t'ai consacr� ma vie !
Je t'ai tout donn� !
Pourquoi tu me fais �a ?
Excuse-moi.
Ce pourrait �tre un mal pour un bien.
Prenez du recul, trouvez un hobby.
Salissez-vous un peu les mains.
Le m�me discours que tous les patrons, professeurs, proches
et vagues connaissances que j'ai eus.
Je vais reprendre votre badge, Thomas.
Bienvenue chez Harrods, savourez bien l'eau sale des toilettes.
Puis-je vous sugg�rer un s�jour � la campagne ?
C'est apaisant, serein.
180 !
Chargez !
Je sors � poil !
L�, c'est une vraie fiesta.
- Amuse-gueules ? - Alors, juste un.
Un pas, puis on ondule.
Quand je choisirai la chor� ?
- Quand tu seras l'a�n�e. - J'aurai jamais la patience.
On ram�ne papa et maman.
- O� on le met, Pierre ? - Peu importe.
Un tout petit peu plus haut ?
C'est trop, un peu plus bas.
Vers la gauche, la droite.
Encore.
Trop loin. Plus bas.
� droite, en haut.
Redescendez.
� droite, encore.
Plus bas, plus bas.
Plus haut. Au centre. Gauche.
Droite.
Baissez, levez.
Votre droite. Ma gauche.
En bas pour vous. En haut pour moi. Gauche, droite.
Parfait !
Il est plus l�.
J'aurais aim� que vous en profitiez.
Je laisserai plus personne nous chasser.
Thomas McGregor ? Une petite signature.
De Windermere ? Un coin hupp�.
Je connais personne l�-bas.
�a vient des Biens non r�clam�s. C'est souvent un h�ritage.
Un h�ritage, c'�tait bien �a.
De ce grand-oncle dont il ignorait tout.
Du mal � communiquer dans la famille.
Windermere, c'est la cambrousse.
La cambrousse chic, les maisons y valent une fortune.
Assez pour un magasin de jouets � moi ?
J'imagine.
- Rempli des plus beaux articles ? - �a devrait.
Assez pour des rayons en verre et des vitrines de saison ?
Pour �a, faudrait que je me renseigne.
�a peut attendre demain, m�me heure ?
Un aller-retour pour Windermere.
- Voil�. - Merci.
Bonsoir, vous connaissez ?
Le manoir des McGregor, vous y logez ?
C'est temporaire.
Je viens �valuer l'�tat du manoir avant de le vendre.
- Mais je vous y conduis ? - Oui.
Grimpez.
- Vous allez adorer y vivre. - Vous pouvez arr�ter de parler ?
Envoie !
Je vole !
J'ai d� me f�ler une c�te. Combien on en a ?
13.
Non ! Trop bien !
Je ne hais pas la campagne, elle me d�go�te.
Vous avez �t� tr�s clair sur le trajet.
J'aimerais que ce soit not�.
Je vais ouvrir un registre pour consigner �a.
Un humain !
Juste ciel ! Partez tous !
Allez-vous-en !
Des humains arrivent !
- Des humains ! - Genre...
Qui suis-je ?
Qui es-tu ? Tu vois ?
Genre, on est tous connect�s, mais par quel bout de ficelle ?
Des humains arrivent ! On fait quoi ?
Tout le monde se planque !
- Vous me plantez vos piquants ! - J'ai pas �t� con�ue pour me cacher.
Qui peut vivre ainsi ?
�teignez !
Non, Ernest !
Ernest, planque-toi !
C'est pas parce que tu peux pas le voir
que lui ne te vois pas. Tu me suis ?
Alors, cache-toi.
Hein ? L�, tu fais seulement le chandelier.
Maintenant, la nappe.
Et maintenant... T'es quoi, au juste ?
Une corbeille tournante.
Ernest !
Sortez !
Dehors !
Tout le monde, sans exception !
Ouste, sale vermine !
Hors de chez moi !
- Il avait la cl�. - C'est s�rement un McGregor.
Des phares.
F�lix, cligne des yeux !
- Allez, mon grand, cligne. - Des phares.
Allez, mon cerf.
Le soleil s'est � nouveau lev� ? J'hallucine !
J'ai cru, en fermant les yeux hier soir, que c'�tait la fin !
Mais voil� qu'il remet �a !
C'�tait pas un cauchemar.
C'est un cauchemar.
C'est quoi, cette musique ?
J'en sais rien, mais �a sent l'emphase et l'exp�rience transformatrice.
Bonjour, mes tr�sors.
On espionne le nouveau voisin ?
Rassurez-vous, ce ne sera pas pire que le vieux ronchon.
Paix � son �me.
Qui sait ? Il pourrait �tre normal et gentil.
Il a l'air gentil,
et tr�s normal.
Pas tr�s normal, �a.
�a, c'est normal.
�a nous changera, un nouveau visage par ici.
Ils ne sont pas tous m�chants, jur�.
Je lui expliquerai qu'on partage tous nos terres, ici.
Je lui accorde le b�n�fice du doute.
Rien n'est perdu, on peut passer par-der...
Ou par le...
Ou en sautant sur...
Ou derri�re le...
J'ignorais ce passage.
Les barri�res sont de retour, hein ?
T'�tais pas le fils prodigue, en fin de compte.
C'est bon, le cochon. C'est bon.
Super soir�e, en tout cas. J'avais pas mang� autant depuis un bail.
Mais � la di�te, maintenant.
Maintenant.
Maintenant.
Regardez.
Pardon, je vous ai surpris.
Je m'appelle B�a. J'habite l�-bas.
Bonjour. Thomas.
J'habite tout l�-bas, � Londres.
C'est par l�.
Ici, c'est temporaire.
J'arrange cet endroit pour le vendre et ouvrir un magasin de jouets,
pr�s de Harrods, pour qu'ils assistent � leur ruine.
- C'est beaucoup d'infos d'un coup. - Pardon.
C'est bien d'�tre si ouvert.
- Ils disent quoi ? - Chut, je lis sur les l�vres.
Je ne suis pas dans mon �l�ment.
Vous verrez, les �l�ments ici sont �patants.
"Vous verrez, les �l�phants ici font des pets puants."
Quoi ?
Pour moi, c'est le plus bel endroit sur Terre.
Sa beaut� vient de d�cupler.
Vous n'avez pas os� ?
Propre, robuste, en �tat de marche.
- La barri�re ! - Oui.
J'ai cru que vous parliez de ma beaut�.
Votre beaut� ? Non.
Non, je dirais jamais �a.
- Si, je le dirais. - Ce n'�tait pas le but.
Vous �tes tr�s belle et diff�rente de la barri�re.
Je lis pas sur les l�vres, mais je la connais.
Elle lui dit d'enlever les barri�res et de nous laisser entrer.
Profitez de votre court s�jour.
Piti�, ne soyez pas comme le vieux mufle qui vivait ici.
C'�tait un vrai schnock.
- C'�tait mon oncle. - Je n'ai pas fini.
C'�tait un vrai...
Pardon, je n'ai pas...
C'est tout, c'�tait un vrai schnock. Sans vous vexer.
- Non, je ne l'ai pas connu. - Vous semblez plus sens�.
Vous trouvez ?
Mais j'avoue, ces barri�res sont tr�s robustes.
Vous craignez une invasion alien ?
C'est pour que la faune reste chez elle.
En fait, c'est partout chez elle.
Elle �tait l� avant, on est arriv�s apr�s.
Suffit de dire, laissez ouvert pour les lapins.
"Laissez ouvert pour les lapins."
"Certainement, madame.
"Ils sont tellement mignons."
"Surtout celui en veste bleue. C'est mon pr�f�r�. Tenez, un cadeau."
Pourquoi elle lui offre un cadeau ?
- Trop aimable. - Pour observer les oiseaux.
Merci.
En voil� un. Il a des ailes.
Une caract�ristique majeure des oiseaux, vous verrez.
Votre 1er oiseau, veillez � le noter plus tard.
Le noter ?
Il y a une fa�on d'organiser et d'archiver le chaos du ciel ?
J'ai �t� ravie, Thomas.
Pareillement.
Si on la laissait ouverte, pour que la faune circule librement ?
- Tout � fait. - Elle a r�ussi, la voie est libre.
C'est peut-�tre pas si mal ici, apr�s tout.
- M'en fiche, j'y vais. - Je t'embo�te le pas.
Non, oublie. Tu te souviens pour papa, pas vrai ?
Tu y vas tout le temps.
C'est la faiblesse de mon personnage. Trouve la tienne.
Viens, Jeannot.
- Pourquoi lui ? - Oui, pourquoi moi ?
C'est sa faiblesse � lui.
Il fait tout ce que je lui dis, m�me si c'est idiot et risqu�.
C'est faux ! Tu me commandes pas !
- Jeannot. - J'arrive !
Je peux pas l'abandonner, il agit de fa�on idiote et risqu�e.
- Pourvu qu'il leur arrive rien. - �a va aller.
Et sinon, ce sera moi, la cheffe de famille.
Pierre, fais qu'il t'arrive rien !
Je tra�ne toujours la patte.
Comment tu g�res, avec la sauce � part ?
Bien, mais en quoi c'est plus sain de la boire seule ?
D�go�tant.
En avant.
T'as vu ? Trop facile, sans se faire de bile.
- Des rats. - D�tale !
Salut.
Il est dr�lement plus rapide que le vieux.
- Je crois qu'on a un probl�me. - Quoi ?
Tout est � l'envers.
Vous �tes o� ?
- On aurait jamais d� venir. - Sans p�ril, pas de gloire.
Rien ne te fait peur ?
Si, mourir seul.
C'est pour �a que t'es l�.
Vous savez comment on traite les rats, en ville ?
On les d�busque...
et on les extermine.
Jeannot !
- Suis-moi. - J'y vois rien.
- �coute ma voix. - J'entends rien.
- �coute ton c�ur. - Quoi ?
Par l� !
Fais le mort.
Voil� ce qui arrive
quand on se paie la t�te d'un McGregor en faisant des tours de magie.
Vous regardez bien tous ?
Voil� ce qui arrive !
Pourquoi je parle � des animaux ?
Je perds la boule.
Comme s'ils allaient r�pondre.
D�p�chez !
On saute !
Flopsaut, prends ce sac,
va � la fen�tre et mets-le sur sa t�te.
D'accord.
Trotsaut, prends ce sac, va � la fen�tre, mets-le sur sa t�te.
Bien re�u.
Queue-de-Coton, prends ce sac...
- Colle-lui ta patte dans l'oreille. - OK.
�a va, mon grand ? On a eu chaud, hein ?
J'aurais pu �tre tu�.
Et pas que moi. S'il avait pris les filles ?
C'est pas une blague, Pierre.
Je sais. Je te demande pardon.
Mais t'es indemne, hein ? J'ai r�cup�r� ta veste.
C'�tait pas crucial comme la mienne, elle �tait pas � ton p�re
et elle est marron. Pas top sur toi.
Marron sur marron, qui porte �a ? C'est un peu "ton sur ton".
Oui, �a pr�te un peu � confusion.
La moiti� du temps, on te croit nu.
Moi, je rep�re les boutons, mais une fois, c'�tait ton t�ton.
Bon, tu l'as r�cup�r�e et t'es indemne.
C'est pas gr�ce � lui.
Regarde-le, ce sac d'os tout mouill�.
Bien, veuillez nous reconduire, Eug�ne.
Par l�, c'est bon.
Il est nouveau, ici. Il prendra la prochaine
et br�lera plus d'essence. Pas �tonnant qu'il soit pas �colo.
On h�rite pas de la plan�te, on l'emprunte � nos enfants.
J'ai lu �a sur un gobelet en plastique.
Si on doit faire demi-tour, c'est l'endroit id�al, ici.
O� est-ce qu'il nous emm�ne ?
Il nous emm�ne en ville.
Alors c'est �a, Londres.
Big Ben !
C'est gigantesque !
J'esp�re que t'appr�cies, Flopsaut. Moi, je voyageais pas � ton �ge.
T'avais mon �ge � trois p�t�s de maisons d'ici.
�a passe trop vite.
�a doit �tre Harrods.
Trop classe.
- Que puis-je pour vous ? - Probl�me de vermine.
- Des lapins, je pr�sume. - Vous savez ?
Vous �tes le jeune McGregor, le voisin de B�a.
Vous savez ?
- Elle a parl� de vous. - Vraiment ? Pour dire quoi ?
Que vous vouliez vite vendre
pour ouvrir un magasin de jouets, pr�s de Harrods,
pour qu'ils assistent � leur ruine.
C'est incroyablement pr�cis et un peu d�cevant.
C'est qui, ceux-l�, tu crois ?
Ils portent des tabliers, il n'y a qu'une r�ponse possible.
Des h�rissons.
Qu'elle apprenne pas que vous �jectez les lapins.
Elle les aime comme sa famille.
Lis sur leurs l�vres, Trotsaut.
Si j'�tais instruit,
je dirais qu'elle les anthropomorphise
� d�faut de contact humain authentique.
Mais il est pas instruit.
Donc je pense qu'elle en pince pour ces lapins.
"Donc je pense qu'elle aime pincer les popotins."
Vous me conseillez quoi ?
Une cl�ture �lectrique les repoussera.
Mais pour les �jecter,
il vous faut des explosifs.
Des explosifs, �a me semble... Je veux pas...
Ils sont l�, j'en �tais s�r.
Vous �tes o� ? Je sais que vous �tes l�.
Montrez-vous !
Je vous ai vus.
- On les �jecte, je veux les �jecter. - Bien, par ici.
Au poil, il me reste 11 c�tes.
T'en as 13 de chaque c�t�.
- Quoi ? - �a t'en fait 26, vu que...
L�, t'es descendu � 19.
Je r�p�te, vous pressez le bouton,
le signal est transmis par des ondes jusqu'ici,
�a produira une �tincelle et tout ce qui est autour sautera.
Je comprends le principe �l�mentaire des choses simples.
- C'est tra�tre. - En effet.
Merci.
Merci.
Bonne route.
Calez-vous sur sa vitesse, notre rapidit� naturelle devrait suffire.
Vous savez quoi ? �'aurait jamais pu marcher.
Regarde o� tu vas, banane !
Laisse, ch�ri. Ce n'est qu'un p�quenaud.
Abrutis.
Un p�quenaud ? Je suis pas un p�quenaud.
Je vis � Londres et �a me rend...
- Thomas ? - B�a !
Bonjour.
- Comment �a va ? - Tr�s bien.
Que faites-vous ici ?
Je suis venu chercher un peu de...
mat�riel.
Pourquoi elle est l� ?
Non, il lui vole son v�lo.
Non, il la vole, elle.
Non, elle y va de plein gr� et on dirait que �a lui pla�t.
On fonce !
�a sourit � gogo.
Plus qu'avant.
- Elle montre plus ses dents. - Elle doit bien l'aimer.
Pas "Oh" !
Elle l'aime pas, c'est juste qu'elle est super gentille.
Elle nous sourit tout le temps.
Pas comme �a.
Entrez.
Je vous sers quelque chose � boire ?
Volontiers.
Ces tableaux sont de vous ?
Il n'est pas termin�.
Non, c'est tr�s beau.
Merci.
Quelle superbe cha�ne de montagnes.
C'est une dame � chapeau.
En effet, le chapeau est l�.
Ce sont ses yeux.
- Oui, et l�, son menton. - Son pied.
Je suis allergique aux m�res.
D�sol�, ma gorge enfle.
Allergique aux m�res !
�a existe, �a ? On en est vraiment l� ?
Tout le monde est brusquement allergique � tout.
Arr�te ton cin�ma !
Certaines personnes ont de r�elles maladies.
Bien s�r, c'est un drame et je compatis. C'est dur et triste.
Je veux pas de lettres d'insultes.
Mais lui, piti� !
Et ces dessins ?
C'est pour m'amuser, quand je ne me concentre pas sur mon art.
- Ils sont magnifiques. - Ne vous sentez pas oblig�.
Ce doit �tre bon si �a me pla�t, vu � quel point je hais les lapins.
Vous avez r�ussi � faire oublier la vermine qu'ils sont.
De la vermine ?
- �a veut dire quoi ? - En gros, un rongeur.
Un rongeur ?
- �a veut dire quoi ? - Comme un rat ou une souris.
Pour vous, c'est de la vermine ? Vous plaisantez ?
Oui, je plaisante,
car je suis hilarant et farfelu.
Les lapins sont la perfection incarn�e.
G�n�reux, honn�tes, purs. Si vous voyiez comme ils communiquent.
Ils ont une fa�on incroyable de demander pardon.
Les lapins demandent pardon ?
Ils mettent leur t�te en contact, comme ceci.
Lui demande pas pardon. Pourquoi elle fait �a ?
Pourquoi elle lui demande pardon ?
�a dure une �ternit� !
Elle lui demande pardon � fond.
Et ce n'�tait que le d�but,
ce qui n'a pas aid� Pierre et les autres
� dig�rer les choses, ni � les comprendre.
Enfin...
Vous verrez, vous finirez par les aimer.
Mais l'amour a un sacr� pouvoir,
il peut s'immiscer entre n'importe qui,
m�me si une personne est g�niale
et l'autre, un McGregor.
Apr�s la mort de mes parents, on m'a mis en foyer.
�a a d� �tre un choc terrible pour toi.
Tu l'as surmont� ? Peau de banane.
Aucune s�quelle.
SEUL BRIS� MAMAN
Je vois �a.
Peut-�tre quelques fixettes.
Oui, comme le lapinocide.
- Le mot existe ? - Non.
Je pense qu'on a tous nos fixettes. Peau de banane.
Quelles sont les tiennes ?
Je n'aime pas les gens qui pr�tendent �tre ce qu'ils ne sont pas.
Je me vise moi-m�me.
Je pr�tends �tre une artiste,
mais je n'arrive pas � finir un r�el projet.
Elle nous peint, nous. On est r�els.
On est pas r�els ?
Si, dr�lement r�els.
Qu'est-ce qui te manque le plus de chez Harrods ?
Ne me dis pas, voir chaque chose � sa place.
J'ai compris, ta manie du contr�le.
C'est d'aider les gens.
Quand parents ou grands-parents
viennent chercher un cadeau pour leur enfant ador�,
je pose quelques questions �l�mentaires
et je sais exactement ce qu'il leur faut.
J'adore aider les gens � trouver l'objet qu'ils veulent,
surtout quand ils ignorent eux-m�mes qu'ils le veulent.
C'est ce que je pr�f�re.
Et des rayons impeccables. D�sol�, c'est plus fort que moi.
Bananes !
J'ai gagn� !
- "Calembredaine" existe pas. - Si.
�a signifie baliverne.
C'est le genre de d�finition qu'on inventerait pour un mot invent�.
M. McGregor, m'accuseriez-vous de dire des calembredaines ?
La vache ! Viens l�.
Je vais te prot�ger.
C'est fou, c'est si soudain.
Mon brushing ! Et le tien !
Viens, entre vite.
Minute.
- J'ai ferm�. - Prends-toi une chaise.
On porte une fourrure !
- Merci. - Assieds-toi, je vais te s�cher.
Je pourrais rester ici toute ma vie.
Salut !
Je me demandais o� tu �tais pass� !
Je te pr�sente mon nouvel ami, Thomas.
- Tu veux le porter ? - Entre autres.
Regardez �a,
mes deux gars s'entendent � merveille.
Rien ne saurait me rendre plus heureuse.
Tu me laisses vous peindre ?
J'en serais le plus heureux.
Je te tiens, lapin.
Tes yeux sont �meraude ou bleu-vert ?
Bleu-vert avec une pointe de gris acier.
J'avais vu juste.
"Et c'est ce qui nous diff�rencie des Fran�ais."
Oui, vert kiwi.
C'est toi, la pro.
Non, c'est une dame � chapeau, tu vois ?
J'aurais jur� qu'elle r�appara�trait � cet instant pr�cis.
Arr�te ou �a va mal finir.
Je crois que j'y suis.
La parfaite...
Ma toile !
Elle est fichue.
Tu sais, parfois, les animaux sont incontr�lables.
Tu n'es qu'un m�chant lapin, un vilain.
Dehors !
J'ai dit ouste !
Fiche le camp.
Je suis navr�, il est devenu comme fou. Est-ce que �a va ?
Il doit dispara�tre.
J'y crois pas ! Le soleil s'est encore lev� !
Si j'avais su que �a continuerait,
j'aurais jamais f�cond� tous ces �ufs !
Maintenant, je dois rester jusqu'� leur �closion,
�tre pr�sent
et m'impliquer !
C'est ainsi
que Pierre pr�para ses troupes
pour un combat absolu.
Pourquoi vous marchez � 2 � l'heure, les jeunes ?
Voil� comment on prend quelqu'un par surprise.
Ils veulent pas leur nom en lettres d'or
Juste se d�barrasser du jeune monsieur McGregor
Stress�s � mort Marre de courir et d'avoir peur
En d�pit du fait que B�a pense avoir un coup de c�ur
Mais ils connaissent le topo
C'est pas pour du pognon C'est que pour des oignons
Peut-�tre quelques radis Un peu de brocoli
Faut dire aux autres animaux
Que le moment venu, c'est go, go, go
Tu vas y arriver, Flops.
Respire un bon coup, tire l'�lastique
et visualise la t�te que tu voudrais le plus d�gommer.
Je la vois bien.
D�sol�e !
Arr�te.
Il doit dispara�tre.
"Il doit dispara�tre."
Sa t�te �tait mythique. C'�tait, genre...
Avec les r�teaux, j'aurais pas cru que �a marcherait si bien.
C'�tait � la limite du cr�dible.
Et vous quatre, comment vous avez mont� la brouette l�-haut ?
C'�tait parfaitement r�alis�.
�coutez bien. L�, on l'a remis � sa place.
On passe � l'�tape suivante.
�a risque d'�tre compliqu�.
�a, c'est de la cl�ture �lectrique.
- Pourquoi du beurre de cacahu�tes ? - Miam !
Il nous app�te pour qu'on la touche.
- Il se passe quoi si on le fait ? - On le saura bient�t.
Non, madame Piquedru, arr�tez !
J'ai 4 ans et demi,
je veux du piment dans ma vie avant de claquer.
Faites pas �a, Mme Piquedru.
�a vaut pas le coup.
Me reluquez pas.
J'ai une id�e. Vous vous rappelez ce que nous disait papa ?
"N'entrez jamais dans le potager de M. McGregor."
Oui, mais quoi d'autre ?
"On �lectrocute pas une madame h�risson."
On devrait peut-�tre reconsid�rer certaines de ses autres paroles ?
Oui, comme : "On met pas de rouge � l�vres � un cochon."
C'est du baume � l�vres.
Il est � la cerise, ce qui peut porter � confusion,
mais c'est du baume.
Oui, OK. Il disait aussi :
"On peut pas �tre plus rus� qu'un renard,
"il faut utiliser sa ruse contre lui."
Piti�, madame Piquedru ! �a suffit !
Oiseau volant, � deux ailes.
Et c'est parti.
Et... zap !
Et zap !
C'est quoi, ce bazar ?
Un autre McGregor � terre.
T'as remis �a, Pierre.
Je vais faire le test.
Jusqu'au cerveau.
Si l'histoire se r�p�te,
le camion de glaces qui clignote va l'emporter.
D�sol�.
Des explosifs.
On se cache ! Vite !
Par l�.
Je presse �a, le signal est transmis jusqu'ici,
et tout ce qu'il y a l� fait...
Adieu, les lapins.
Les lapins ?
Coucou, les lapins ?
Les lapins ?
Thomas ?
Oui.
Que fais-tu si tard dehors ?
Je cueille des fleurs des champs.
Elles sont pour toi.
- Il est revenu � la vie. - Avec un phare sur la t�te.
Il mue.
Que faisais-tu dans le jardin ?
- Ce que je faisais ? - Oui, pr�s de l'arbre.
"Faire" peut vouloir dire tant de choses. J'�tais...
S'il te pla�t, c'est aveuglant.
Vraiment ? T'as oubli� ce que tu me demandais ?
- C'est mieux vers le bas ? - Vers le haut. �a �blouit.
Et on passe � la phase finale.
T'es s�r de ton coup ?
- On essaie de r�cup�rer notre terre. - C'est tout ?
Bien s�r. Selon toi, j'aurais un motif cach� ?
J'aurais d�velopp� un lien �motionnel avec elle,
parce que j'ai perdu mes parents
et si je la perds, j'aurai plus personne ?
Je veux juste r�cup�rer notre terre et je sais pas ce qu'a ma voix.
Elle devrait pas �tre si aigu�.
Elle devrait �tre plus grave, plus grave.
Je l'aime comme ma m�re.
Tr�s convaincant. Tu veux juste r�cup�rer notre terre.
Parfaitement.
Ma voix est coinc�e. Queue-de-Coton, tu peux...
Merci. C'est parti.
Je suis content de te voir.
Pas s�r de vouloir continuer tout �a.
Bien s�r que si. Fais ce que je te dis et tout ira bien.
"Comme toujours", dit le lapin qui avait failli finir noy�.
Aie confiance.
Je g�re.
- Papa. - Papa.
Queue-de-Coton, vas-y !
Pr�ts. En joue.
Attendez.
Feu !
- Bonjour. - Tu voudras venir d�jeuner ?
Oui, j'en serais ravi.
Je pensais faire une salade.
Ou une soupe. Que pr�f�rerais-tu ?
De la soupe.
Tu pr�f�res l'eau plate ou p�tillante ?
Tu pourrais choisir, s'il te pla�t ?
T'es mignon, tu fais ta relaxation.
Les bras lev�s.
Faut les lever ?
Tu sais o� viser.
T'as l'air vraiment d�tendu.
- Hyper d�tendu. - Je vais peindre.
Des m�res.
Il est allergique aux...
Malin.
La bouche.
Je vais mettre la musique un peu fort.
Rentre et cr�e !
Plus de munitions.
Flopsaut.
Visualise sa t�te, regarde-moi, remplace sa t�te par la mienne.
Me regarde plus, regarde sa t�te mais imagine la mienne, et tire !
Bien jou�, Flopsaut !
Des m�res.
�a devrait �tre bon.
Ce type est une esp�ce de sorcier.
C'en est trop.
�a commence � partir en cacahu�te.
Non, c'est parfait. Pensez � l'entra�nement.
Attends, on s'est pr�par�s pour �a ?
T'appelles �a parfait ?
Elle aurait d�j� d� entendre.
- Je suis touch�e. - Trotsaut !
Flopsaut, je dois t'avouer une chose.
- Je suis pas l'a�n�e. - Quoi ?
T'�tais si mignonne et gracieuse. Et Queue-de-Coton, c'�tait...
Queue-de-Coton.
Alors papa et maman ont dit
que j'�tais l'a�n�e pour que j'aie au moins �a.
Mais en r�alit�, tu es l'a�n�e et moi, je ne suis rien.
Non, Trotsaut, reste avec nous.
Trotsaut.
C'est que de la tomate, je vais bien.
Je vais bien !
C'�tait que de la tomate !
Je t'ai rien dit de tout �a, t'as pig� ?
Tic !
Je te tiens !
�coute-moi bien.
Je suis pas quelqu'un de m�chant.
C'est toi qui me rends m�chant. Je suis un gentil.
Je me suis d�tendu, vieux. Je suis devenu cool.
J'ai chang�.
Mais toi, t'es toujours le m�me, toujours une crapule.
C'est pour �a que �a va mal finir pour toi,
parce que tu m'as cherch� encore et encore,
jusqu'� ce que j'aie plus d'autre choix que te tordre...
Que se passe-t-il ?
Faut m�cher avant d'avaler. Je lui ai sauv� la vie.
Comment �a ? Il va bien ?
Oui, le pauvre petit s'�tranglait avec un radis.
J'ai pris son pouls et il est hors de danger.
T'es hors de danger !
Allez, file.
C'est un miracle.
Je pensais avoir entendu des bruits sourds, comme du chahut.
Je peignais, je ne suis pas s�re. As-tu...
Pas que je sache. Je d�sherbais.
Je souffle un peu parfois quand je d�sherbe.
Certains utilisent des explosifs pour chasser les lapins.
Des explosifs ?
- Mais pas toi. - Je ferais jamais �a.
Ce sont des anges. Ils sont ici chez eux.
Tu me l'as appris.
J'ai cru entendre du bruit.
C'est un oiseau � deux ailes, l�-haut ? Je dois le noter.
O� ?
Elle le croit. On s'en d�barrassera jamais.
Non, je ne pense pas.
L�-bas, dans l'arbre au loin.
Tu utilises des explosifs.
Tu m'as menti.
Oui, mais...
Ma maison.
Mes toiles.
Leur terrier.
Tu vas avoir du mal � l'entendre,
mais c'est lui qui a press� le d�tonateur.
C'est un lapin.
Je sais.
Mais il s'est d�brouill� pour trouver le d�tonateur et, avec sa patte...
Tout �a pour nous s�parer.
C'est un lapin !
Bien, soyons rationnels.
D'abord, ils pillent le potager.
Tu sais qu'ils ont mis des pi�ges dans mon lit ?
Au r�veil, je me suis bless� les doigts.
Puis ils m'ont eu � l'�lectricit�, qui est notre invention,
mais ils l'ont d�tourn�e pour leur projet mal�fique.
Et ils ont vu la partie de Bananagrams,
la balade � v�lo, celle au parc.
D'o� sortent leurs vestes ? Myst�re, mais ils les ont toujours eues.
T'es un grand malade.
Et j'ai cru que tu me plaisais.
Je te plais.
Et tu me plais.
�a va, mes tr�sors ? Je vous demande pardon.
Allez.
Ne restons pas � c�t� de ce vilain type.
Je suis d�sol�.
Oui, moi aussi.
� VENDRE
- Encore un jour ! - Trop bien !
Je sais. Vous arrivez � le croire ?
M�me si c'est plus trop la joie.
On aurait peut-�tre d� en finir hier soir.
�a faisait pas partie du plan, hein ?
Bonjour, mon tr�sor.
Approche.
Je suis d�sol�e pour ta maison, tout est ma faute.
Je n'aurais pas d� lui ouvrir grand la porte.
C'est qu'un idiot.
S'en prendre � toi comme �a, quand tu n'as rien fait pour le provoquer.
Tu vivais ta vie, en toute innocence.
La triste v�rit�, c'est que j'avais le b�guin pour lui.
J'aurais m�me pu l'aimer.
Je dois acheter un billet de train.
J'ai tout g�ch�.
Et pas qu'un peu.
Si ce r�cit �tait tir� d'un autre livre d'histoires,
les parents de Pierre diraient :
Tu n'essayais pas r�ellement de prot�ger B�a,
tu avais peur de la perdre.
Mais partager l'amour ne veut pas dire le perdre.
L'amour est infini.
Crois-tu qu'on t'a moins aim� apr�s l'arriv�e des filles ?
Sois honn�te avec toi-m�me, Pierre, et �coute ton c�ur.
Tu as bon c�ur.
Mais ce n'est pas tir� de ce genre de livre, alors ils dirent...
Thomas ! Je me disais bien que c'�tait vous.
J'ai essay� de vous joindre.
Pardon, �a capte pas � Windermere.
Comme c'est arri�r�.
Au contraire, c'est l'un de ses nombreux charmes.
J'ai de bonnes nouvelles.
- Bannerman n'est plus des n�tres. - Il est mort.
Piercings infect�s, aux deux oreilles,
dus au stress de travailler ici une journ�e enti�re.
Il nous a quitt�s, a d�m�nag� en France, �videmment.
- Pardon, est-il mort ? - Non.
J'ai pris "d�m�nager en France" pour un euph�misme.
Le poste est � vous si vous le voulez, apr�s un examen psychologique.
Mais vous semblez r�tabli.
Int�ress� ?
- Les foulards pour hommes ? - Au sous-sol.
Prenez l'escalator, droite, droite et gauche.
Je vous conseillerais de l'�cossais.
Vous travaillez ici ?
Alors ?
Alors ?
Je r�fl�chis.
Alors ?
Je vais arranger tout �a.
J'ai tout bris� chez nous et chez B�a.
Je suis un briseur de m�nage.
Je crois qu'on dit comme �a.
Je nous ai mis dans le p�trin et je vous ai tous d��us.
Je suis d�sol�.
J'ai pr�par� un discours.
"Je nous ai mis dans le p�trin et je vous ai tous d��us.
"Je suis d�sol�."
J'ai rien oubli�, j'ai assur� du premier coup.
J'aurais d� t'�couter, mon Jeannot. Pas que cette fois, toutes les fois.
T'es tellement plus avis� que moi. C'�tait pas que pour notre terre.
O� je serais sans toi ?
Dans une tourte, probablement.
Probablement.
J'aurais d� �tre un meilleur grand fr�re.
En v�rit�, je suis un peu perdu sans papa et maman.
Ils me manquent tellement.
- � nous aussi. - Oui.
Moi aussi.
On fait la paix ?
L�, je peux plus, m�me pour toi.
J'ai peur, Pierre.
Faut pas, je vais r�parer �a.
On fait quoi ?
La laissez pas partir avant mon retour.
On lui brise les deux chevilles ou une seule ?
Pardon, je d�lire.
Les deux !
Retenez-la. Je vous d�cevrai pas, promis.
Tu peux compter sur nous.
Au fait, j'ai pas tu� le vieux McGregor,
il a eu une crise cardiaque.
- On sait. - Depuis le d�but.
T'avais besoin d'un succ�s.
Parfait !
M�ga d�termin�, avec un plan � moiti� �labor�,
voil� � quoi ressemble un h�ros.
Ou un psychopathe.
La fronti�re entre les deux est tr�s floue.
�coutez-moi, voil� ce qu'on va faire.
- Pourquoi t'es la cheffe ? - Je suis l'a�n�e.
De 16 secondes.
Trotsaut, ma gentille Trotsaut.
Minute. Vous savez bien que je suis l'a�n�e, pas vrai ?
�a y est, je dois juste... Pardon.
Pardon. Pardon.
Non, il s'en va.
Attends-moi !
Jeannot !
Tu viens avec moi ?
C'est la faiblesse de mon personnage.
Mais je ne voudrais jamais avoir cette faiblesse pour un autre que...
toi !
Content que tu sois l�, je m'en veux de t'avoir bless�.
J'ai pr�par� un discours.
"Je m'en veux de..."
Jeannot !
Excuse-moi !
Cours, bondis. Tu peux le faire !
Pierre, t'es vraiment nul pour les excuses.
Pardon, souris des villes, tu sais o� est Harrods ?
Tout � fait. Vous �tes des gars de la campagne ?
Comment t'as devin� ?
Marron sur marron, c'est un peu "ton sur ton".
Venez, je vous fais la visite compl�te.
Merci, on est press�s.
Y a des tas de trucs � voir en chemin.
Le Tower Bridge.
Buckingham Palace.
La garde et leurs castors.
- Big Ben. - C'est plus grand que je croyais.
Un panorama de la ville.
C'est magnifique, mais Petit-Jean,
une mission urgente nous attend
et on dirait que tu fais tra�ner par pure fiert� pour ta ville.
Londres est l'une des majeures capitales culturelles du monde.
Quel h�te je serais si je le partageais pas avec vous ?
T'as raison, puisqu'on est ici, autant tout voir.
- Merci, on te revaudra �a. - Je vous en prie.
Toujours ravi d'aider des camarades rongeurs.
Des rongeurs ?
Quel dommage.
Mais �a ira, vous serez � l'heure � la gare.
Vite !
Qui ferait une chose pareille ?
J'ai de nombreux ennemis.
Il devrait �tre par l�.
O� il est ?
Un lapin en peluche qui parle !
Je suis un lapin.
J'aime les carottes.
Il est pas l�, c'est une illusion. Respire � fond.
Respire � fond.
Monsieur McGregor.
Vous vous souvenez de moi ?
Je veux juste vous parler.
Les lapins parlent pas ! Toi, si, je le savais.
Attends, tu parles vraiment ou c'est une hallucination ?
Appelez la s�cu, il disjoncte � nouveau.
T'as g�ch� ma vie !
Il faut que tu rentres avec nous.
Pour B�a. Elle va partir, arr�ter la peinture
et retourner d'o� elle vient.
- Elle veut plus me voir. - Elle croit que tout est ta faute.
Mais on sait les deux que j'ai une petite part de responsabilit�.
Une petit part ?
OK, une grande.
J'ai du mal � reconna�tre mes erreurs mais je me soigne.
J'esp�re qu'il est pas trop tard.
Je l'ai trahie.
- C'est fichu. - Non.
Je voulais que tu disparaisses, je pensais qu'� moi.
Pardon pour l'�lectrocution, pour les pi�ges sur ta t�te.
Pour mes fesses sur ta brosse � cheveux.
Attends, quoi ?
Rien, change pas de sujet.
Reviens, s'il te pla�t. Pas pour moi,
pour B�a.
Comment savoir si tu dis vrai ?
Tu peux pas, il va falloir me faire confiance.
Nous faire confiance.
Vous parlez donc vraiment ?
Non, comme t'as dit,
tu t'es d�tendu, t'es devenu cool.
Tu �coutes ton c�ur. C'est �a que tu entends.
McGregor, ouvrez.
Ton c�ur te dit : "Regarde � gauche, cours vers la fen�tre, ouvre-la
"et mettons les bouts !"
McGregor, ouvrez.
C'est ainsi que les deux anciens ennemis, accompagn�s d'un cousin,
partirent � travers le pays, unis dans une course contre la montre.
C'�tait dangereux, hardi, alambiqu�
et, dans une histoire comme la n�tre,
le succ�s du p�riple �tait quasi assur�.
Alors, couvrons les temps forts.
Accrochez-vous !
Hue !
Des phares.
Quoi ? Ils sont m�me pas allum�s.
Je r�ve, c'est absurde.
Du balai.
Allez, pousse-toi. Va-t'en.
�a va, j'ai rien !
Qu'est-ce que tu fiches ?
Tu as dit un jour qu'on avait tous notre place ici-bas.
Ta place est ici et tu devrais pas avoir � partir
� cause de ce que j'ai pu faire.
Ils �taient avec toi ?
- Oui, ils sont venus � Londres. - Venus � Londres ?
Oui, pour me convaincre de revenir. Pas avec des mots.
�a, c'�tait dans ma t�te.
Mais c'est pas �a qui compte.
Tu devrais pas avoir � t'en aller.
Je te demande pardon, pour tout ce que j'ai fait
et je t'aime, B�a.
Tu as essay� de les tuer, tu as d�truit leur maison.
Tu as d�truit la mienne !
Je me suis laiss� prendre au jeu de notre bagarre.
"Notre" bagarre ? Tu continues avec �a.
C'est lamentable. Allez, Betty, partons.
C'est ma faute.
Je suis enti�rement responsable.
Mon h�ros qui admet enfin qu'il a fait exploser le terrier,
et non, comme tu l'affirmais avant,
que le bouton du d�tonateur a �t� actionn� par un lapin !
Bonjour, mon tr�sor. Tout va bien ?
Tu as particip� � tout �a ?
Je te l'avais dit !
C'est vrai, je te l'ai dit.
Je n'arrive pas � le croire.
- �a fait beaucoup � dig�rer. - Clairement.
Pardonne-nous, s'il te pla�t.
VENDU
Vous pourriez d�gager le passage ?
C'est chez nous, ici.
Un manoir de r�ve.
Mon idiote de s�ur en mourra de jalousie.
Pardon mais il n'est plus � vendre.
Oui, il est vendu. On l'a achet�. Vous �tes ?
Celui qui l'a vendu, ainsi que celui qui annule la vente.
Non, elle est d�finitive.
D�j� vendu ?
- Vous et votre mari devez d�gager... - Je suis pas son mari.
M�me si...
Debout !
Allez, il reste qu'une chose � faire. Partants ?
- Carr�ment. - Sans faute.
- Bien s�r. - Je vous adore.
On y va ? C'est ravissant.
Comme si on �tait dans la version 3D d'un conte.
- Apr�s toi. - Merci.
Qu'est-ce que c'est ?
Un genre d'affreux troll.
D�gage !
On fera d�ratiser.
Ch�ri.
Ch�rie.
C'est hors de question.
- Gardez-la. - Ainsi que le d�p�t de garantie.
- Un couple charmant. - Avec les pieds bien sur terre.
Quel bazar vous avez sem�.
Bien jou�.
Tu as fait un clin d'�il ? J'ignorais que tu pouvais.
Ils font tant de choses que tu ignores.
Tant de choses.
La vie est dure si t'es petit et apeur�
Dure aussi si t'es grand et baraqu�
Ou que chez McGregor tu restes coinc�
Et que soudain ta t�te est balanc�e
De gauche � droite De haut en bas
Si fort que tu penses que tu mourras Pas d'amour pour toi
Faites comme chez vous, mes tr�sors.
En restant raisonnables.
Aucun mur ne nous s�parera
On s'aime pour la vie
Ni la guerre
Je sors � poil !
D�sol� pour ces accidents r�p�t�s.
Je peux prendre le relais ?
La vie est rude si t'es dans le d�sarroi
Rude aussi si tu fais le constat que...
Chaque jour il faut refaire le choix
Ici chez moi, l�-bas chez toi
Mais sois pas triste, t'es bienvenu ici
M�me certains carnivores sont admis
Je te promets
Le vent tourne et Dieu le sait
Le soleil peut virer � l'orage
Mais il n'y a pas grand-chose � redouter
Les portes peuvent fermer Tout le monde le sait
Que l'amour peut faire des ravages
Alors soyons des h�ros sans rivalit�
Aucune barri�re
Aucun mur ne nous s�parera
On s'aime pour la vie
Ni la guerre
Ni la peur ne nous d�couragera
On restera unis
La vie est douce quand il fait beau
Assiette de foin et caf� chaud
Mais parfois on n'�chappe pas au chaos
Qui s'abat comme une buse sur un mulot
Cette maison n'est jamais ferm�e
M�me les Piquedru entrent sans frapper
Je te promets
Aucune barri�re
Aucun mur ne nous s�parera
On s'aime pour la vie
Ni la guerre
Ni la peur ne nous d�couragera
On restera unis
Est-ce que tout ce petit monde v�cut heureux pour toujours ?
Bien s�r. C'est la r�gle de ces livres d'histoires.
Il faut juste secouer et tapoter, secouer et tapoter.
Simplissime. Vas-y, essaie.
- Comment �a va ? - Bien, tr�s bien.
Comment je sais tout �a ? Je l'ai v�cu.
J'ai grandi un peu, j'ai perdu mon zozotement
et trouv� ma voix.
On se r�veille, le coq ! Je raconte une histoire.
Pardon, je suis debout depuis l'aube � cause des petits
et c'est la meilleure chose qui me soit jamais arriv�e.
Super histoire, Flopsaut. Comment tu vas l'appeler ?
Je vais l'appeler :
Le conte de Pierre Lapin.
J'adore, mais que dirais-tu de :
Le conte de Pierre, Flopsaut, Trotsaut,
Queue-de-Coton et Jeannot Lapin :
Une famille aimante ?
Ton 1er titre �tait peut-�tre mieux : Pierre Lapin.
Traduit par : Anne Crozat
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