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Dieu sait pourquoi cette histoire est cont�e,
qui m�rite � peine d'�tre lou�e.
Mais que faire, il en fut pourtant ainsi.
Encore aujourd'hui, le b�ton du sourcier s'agite
au-dessus des sources telluriques de ces lieux.
Cet hiver-l�, en d�cembre,
les froids surgirent, violents,
tout comme � l'�poque le mouvement chr�tien d�ferlait sa passion.
Par un temps pareil, on pr�f�re conter des histoires aupr�s du feu
et se souvenir des temps anciens.
Des histoires folles, on en s�me � tout vent.
Pourquoi y pr�ter l'oreille ?
Auraient-elles un sens plus profond ? Pour quelle raison les conte-t-on ?
Sont-elles dues
� quelque hasard,
au besoin de la po�sie,
ou pouss�es par un �cho errant
car les choses des temps anciens
restent log�es au creux des filets du temps pr�sent.
Adaptation du roman de Vladimir Vancura
Le Bouc, ma�tre de Rohacek, et Dame Catherine, sa femme,
et leurs fils : Yan, Nicolas,
Adam, dit le Manchot,
et leurs filles : Alexandra, Drahuse.
Lazare, ma�tre d'Oboriste, Mark�ta, sa fille.
Christian, comte saxon
Pivo, capitaine du roi, et le chevalier Sovicka, son officier.
Narration par Zdenek Stepanek
R�alisateur : Frantisek Vlacil
Premi�re partie : "Le Comte Straba"
A propos des fils du seigneur Bouc, ma�tre du comt� de Rohacek,
� la chasse sur la voie royale,
et comment leur voisin en tira profit,
et qui s'en sortit sain et sauf par le miracle du Saint-Esprit.
Reiner !
Demande si Boleslav est loin !
H�, Manchot !
Pour aller � Boleslav ?
Boleslav,
c'est loin ?
Tu m'entends ?
Boleslav, c'est loin ?
Il est sourd.
Il comprend pas.
Tiens, pauvre gueux. Prends.
Allez, prends !
Il en veut pas.
Quel idiot !
L'argent, il conna�t pas.
Il comprend rien.
Halte !
Pourquoi ?
Le Manchot...
Eh bien ?
Il a vol� un cheval.
Attention � Monseigneur !
Entendu.
Reiner ! Attends !
Est-il vivant ?
Je n'en sais rien.
Veille sur mon p�re.
Christian !
Que se passe-t-il ? Christian, reviens !
Il pensait pouvoir filer !
Notre seule proie de la journ�e !
Un Allemand !
Tu vois la jument ? Pas mal, hein ?
Ce seraient des comtes saxons.
Celui-l� parle m�me le tch�que.
Chambellan du vieux, il para�t.
Si on ne les liquide pas,
on se pr�pare une belle traque !
Ligote-le.
Esp�ces de vauriens !
Dieu te garde, mon seigneur Lazare !
Dieu te garde, mon fils.
Charogne !
Quels salauds !
J'ai ramass� quelques bouts de cuirs,
chez nous, tout part en fum�e. Tu les connais, mes galopins !
On passait par l�,
et ils ont vu...
Ils esp�raient
qu'il n'y avait pas l� de malheur.
Ils fourrent leur nez partout, ces fouineurs !
Je leur dis : Les gars, venez, on poursuit la route !
Penses-tu qu'ils ob�issent ?
Ferme ta gueule !
Prie !
Dieu !
Dieu tout puissant !
Sois b�ni,
Toi qui es porteur de l'espoir m�me au fond du malheur.
Toi, comme un potier brise les �mes pour � nouveau les fa�onner,
car au fond de Ta col�re, reste blottie Ta mis�ricorde.
Tu as admis mes p�ch�s,
mais emp�che Ton humble serviteur Nicolas de commettre le p�ch� mortel.
Piti�, pense � ma fille Mark�ta !
Et garde-moi de tout le mal.
Car sans moi, elle p�rirait
par la force impure du monde.
L'histoire du Bouc, ma�tre de Rohacek, qui avait huit fils et neuf filles,
et ce que provoqua le prisonnier destin� � l'�v�ch� de Henau.
On y va !
La jument � l'�table, je n'ai pas besoin de l'�talon.
On est � sec, plus d'avoine.
Abattre !
Nicolas !
Foutez le camp !
Alexandra.
Adam.
Rends-moi cette cha�ne.
Qui est-il au fond ?
Dis-moi, qui est-il, le seigneur Lazare ?
Un charognard.
Un chien galeux.
Une racaille, un voleur.
Mon Dieu, o� avais-tu la t�te ?
Cr�tin, se laisser d�pouiller par un vagabond.
Personne ne m'a rien pris.
Il est parti comme il est venu, pour quelques bouts de cuir.
Il est parti.
Et pourquoi il est parti ?
Tu aurais d� l'abattre sur place, sans piti�.
Sans piti�.
Il n'�tait pas arm�.
Oh, vous m�riteriez.
Les deux autres non plus ?
On pourrait exiger une ran�on.
Cr�tin.
Et c'est toi qui iras la chercher ?
Ou bien,
tu vas inviter sa famille de Saxe chez nous, dans le comt� de Rohac ?
Il faut qu'ils disparaissent.
Les deux.
Au plus vite.
Tu vois, petit fr�re,
si leur p�re ne s'�tait pas sauv�,
tu les aurais eu tous � la fois.
Quoi ?
Qui s'est sauv� ?
Viens ici.
Viens l� !
Et toi, disparais.
Pourquoi tu me l'as cach� ?
Ils se sont sauv�s, et alors ?
�a ne t'est jamais arriv� ?
Esp�ce de chien.
Je vais te...
Tu sais ce que tu as fait ? Regarde.
Regarde bien.
Tu vois ?
Eh bien, quoi ?
Tu as dit qu'ils disparaissent...
Tout est gel�.
Tout est gel� � bloc.
Si on voulait s'introduire chez nous...
On peut bien...
passer par la fen�tre.
Adam !
Retiens ton geste.
- Arr�te. - Fais ce que je te dis.
A Boleslav,
l'entente conclue entre le seigneur Bouc,
ma�tre du comt� de Rohacek,
et le capitaine du Roi,
ancien marchand appel� Pivo,
car il avait brass� de la bi�re.
Regarde �a, Capitaine.
Regarde.
Champ de bataille...
Qui t'a...
Qui t'a...
Elles t'ont fait courir, ces sales b�tes.
Mon fils.
Le loup � poil blond,
tu le vois, Yan ?
Tu les vois,
Loup Blond ?
On se battra pour d�guerpir de l�.
Pourquoi ?
Pourquoi ?
Prends les valets et suivez-les � la trace.
J'y ai laiss� mon poignard,
et mon chapeau.
Un peu de bon sens, vieux.
Tes v�tements
sont compl�tement gel�s.
A boire.
Tu aurais d� envoyer Yan � Boleslav.
Tu penses avoir toujours 50 ans.
Nicolas. Qu'on le r�veille.
Ton cheval, ils te l'ont pris.
Le capitaine.
O� est le capitaine ?
O� est-il ?
Qu'est-ce que tu lui veux ?
Monsieur est noble, Sovicka, c'est un seigneur,
mais il est voleur.
Je viens en paix.
Tu parles. Tu assassines, massacres, d�verses du sang, et tu t'en moques.
Seigneur Bouc.
Tu finiras mal.
Pas de menaces.
Tiens.
Bois.
Je suis venu pour parler.
Trop tard.
La patience du roi a ses limites.
Depuis quand un roi se pr�occupe de pauvres hobereaux ?
Il a d'autres soucis.
M�me un roi tout-puissant reste attentif aux mouches en vol.
Et � toi de les attraper, capitaine ?
Je suis ravi, seigneur Bouc,
de ne pas avoir � te courir apr�s � travers le bois, avec tout le r�giment.
Gardes !
Tu te vantes en vain,
petit marchand.
Mon Dieu.
Ma vieille.
Toujours ton capitaine.
Je n'ai pas trouv�...
pas trouv�...
de faille dans sa cuirasse.
Je n'avais pas
la volont� de Dieu avec moi.
Les habitants d'Oboriste assistent � la venue de leur voisin,
et comment la fille du seigneur Lazare per�oit le monde.
O� est votre ma�tre ?
Mes belles.
Sors de ton trou, Lazare.
Sors de ton trou. Tu as du monde en visite.
Vieux renard. Tu veux que je vienne t'aider ?
Sois le bienvenu parmi nous � Oboriste,
mon fils.
D�p�che-toi.
�a tourne mal.
Le capitaine du roi a quitt� Boleslav.
Voil�.
Mais,
si on lui tendait ensemble un pi�ge, comme le conseille mon p�re.
Tout pr�s de ce lieu o�...
Et pourquoi moi ?
Pr�s du lieu o� je t'ai laiss� en vie, seigneur Lazare.
Je n'ai rien contre le roi. Je ne suis ni assassin, ni brigand.
Par h�r�dit� ?
Le roi est inform�
de tes chapardages, brigand.
- Mon Dieu. - Si tu es pris...
Je me rach�terai.
Le jour du Jugement dernier.
- Ne compte pas sur la gr�ce du roi. - Le roi est juste.
Mais ceux qui s'attaqueraient � son r�giment,
finiraient sur le gibet.
Dieu mis�ricordieux.
Si Tu es tout-puissant, fais trembler Oboriste.
Fais que mon p�re se repente.
Sois mis�ricordieux.
Sois mis�ricordieux.
- Voyou ! - Assez !
�a suffit.
J'ai dit assez !
Arr�tez ! J'ai dit arr�tez !
Laissez-le ! Laissez-le !
Vous faites erreur ! Salauds !
Vous ne savez pas que le seigneur Bouc a plus de fils que de moutons.
Mon Dieu, Mark�ta.
Mark�ta.
Laisse-le.
Un tel vaurien.
Je ne serais pas plus riche, si je le tuais.
Laisse-le, qu'il s'en aille.
Qu'il cr�ve.
Avec sa justice divine.
Esp�ce de pa�en. S'opposer au roi.
Il ne dit pas une parole honn�te.
Tire-toi, idiot !
Mark�ta.
Tu entends, Mark�ta ?
Mark�ta, tu ne vas pas le croire.
Je n'ai jamais tu� de ma vie,
sauf pour me d�fendre.
Et si je ramasse un bien abandonn�...
Qui n'a pas de faiblesse ?
Dieu permet aux justes
de p�cher sept fois par jour.
Le ciel en a d�cid� ainsi. Voil�.
Et, ici-bas,
qui ne prend rien, n'a rien.
Ne va pas penser Dieu sait quoi.
L'amour de Dieu est plus fort
que Sa justice-m�me.
Apprends � pardonner, Mark�ta.
Apprends � pardonner,
et prie pour nous.
Prie pour nous le Tout-Puissant.
Dieu �coutera celle qui lui est promise.
Il ne refusera pas ta pri�re.
Pas la tienne.
Le repli du seigneur Bouc, ma�tre du comt� de Rohacek,
et les intentions de ses fils, et d'Alexandra sa fille.
Attrape son cheval.
Il est en sang.
Cette canaille de Lazare.
Tuez-les tous.
Ils l'ont dr�lement color�.
Et quelle dr�le de t�te.
Lazare nous le paiera.
T'occupe pas des dettes d'autrui.
Il aurait d� r�sister.
Impossible, tout seul.
Christian.
De quoi tu parles ?
De quoi tu parles ?
Ces quelques chiens de Lazare,
affol�s par le bruit de leurs propres pets.
Que vas-tu faire ?
Et que vas-tu faire ?
Tu vas le laisser comme �a ?
Etre fouett� comme un palefrenier.
Tu es fou.
Tu devrais avoir honte.
- Notre propre fourrure prend feu. - Tu veux mettre le feu ?
Alexandra, suis-moi.
Le capitaine ne bougera pas la nuit, et � l'aube, on y sera.
Lazare ne nous �chappera pas.
La col�re fond comme les neiges.
Honte � toi.
Alexandra.
Quel malheur.
Taisez-vous, chiennes !
N'appelez pas la mort. Allez vers les charrettes.
Attelez les chevaux, esp�ces de moutons !
Yan, t�te de mule.
Tu vas tomber dans les griffes du capitaine.
On va le devancer.
Adam !
Sors de l� !
Esp�ces de mules.
Tu as aper�u le r�giment ?
A une demi-journ�e d'ici.
Comment ?
La neige est haute...
Mais parle.
Plut�t � une journ�e d'ici.
Comme tu veux, mais �a me d�pla�t de savoir le capitaine � Oboriste.
Sept, pas un de plus !
�a devrait suffire pour cette racaille d'Oboriste.
Et ram�ne-moi Lazare vivant !
Compris ? Vivant !
Et m�nagez les chevaux !
Et toi, t�te dure.
Tu en as tu� au moins un ?
Tu m'en as fait voir.
Qu'est-ce que tu fiches encore l� ?
Que fais-tu l� ?
Grouille-toi.
Vite.
Regarde.
Tu n'as vraiment tu� personne ?
Laisse-nous faire.
Je veux qu'il vienne.
Une exp�dition qui finit par un enterrement,
la mort inutile du chevalier Sovicka,
abattu par les fils du seigneur Bouc avant son arriv�e � Oboriste,
et que l'on enterra sur les terres du Comt� de Rohacek.
Je t'interdis de sortir.
Je vais nourrir les oiseaux.
J'ai dit...
ne sors pas dans la cour.
Tu es folle.
La moiti� de la viande suffirait.
Et tant d'�pices.
Seigneur.
Qu'ai-je fait pour m�riter �a ?
Le grenier est vide, et le printemps est loin.
Tu as refus� l'alliance avec le seigneur Bouc.
Tu n'avais pas envie.
Quelle alliance ?
Chasse le diable par la porte, et il revient par la serrure.
Il g�le.
La route sera dure.
Comme une enclume.
�a sent bon, par ici.
�a sent bon.
C'est de l'arnica.
Tussilage et p�tasite.
La tourbi�re est couverte de glace.
La p�tasite soigne les blessures.
Eh oui, demoiselle Mark�ta.
Vous n'y croyez pas ?
N'aie pas peur, mon seigneur.
Ne crains rien, ton nid charmant ne restera pas sans d�fense.
Vous n'aurez pas le Bouc dans les bois.
Le roi a son bras droit plus long que les avanc�es du Bouc.
Je suis un noble, seigneur Lazare.
Je connais mon devoir dict� par mon rang.
Ta marchandise est sous ma protection,
et ta fille aussi.
Malheur � celui...
�a fait mal ?
Ta main est b�nie, ma fille.
Il n'y a pas de meilleur gu�risseur.
Que Dieu b�nisse...
C'est un ange.
Qui t'a marqu� ainsi ?
Un ange.
Il ne faut pas dire �a.
Pardon.
Ce sont des paroles franches.
Quel grand c�ur chevaleresque, dans une poitrine d'oiseau.
Qu'il t'en reste un peu
quand je donnerai l'ordre d'attaquer.
Il est temps, capitaine. Il est temps.
Bon Dieu,
c'est plus compliqu� que �a,
mon petit mar�chal.
Tes conseils, chevalier, c'est de la merde.
Un marchand ne changera pas.
C'est du sang paysan.
Tu m�nes ton r�giment au combat, comme une charrette � l'�curie.
Quel h�ro�sme.
Le d�cret du roi ne traite pas d'h�ro�sme mais des lois.
Et c'est moi, le capitaine.
Je suis roturier, et c'est comme �a que je fais la guerre.
Alors que tes mani�res de noble te m�neront tout droit � la morgue.
Noble, tu dis ?
Ils se bagarrent, ils assassinent...
Le Bouc, que te voulait-il ?
Rien, si je vendais les chevaux.
Tu t'int�resses aux chevaux ?
Tu te trompes,
je n'arrive plus � nourrir les miens.
Tu nous reproches d'avoir vol� de l'avoine ?
Je ne reproche rien, la protection du roi a un prix.
Plus d'un est mort de faim.
Cherche-toi de nouvelles provisions, vieux renard.
On te conna�t.
Des calomnies, capitaine.
Bien.
T�che de ne pas finir comme ton voisin.
Attrapez-le !
Fermez les portes.
Les portes !
Fermez les portes !
Ne me regarde pas comme �a.
Et va te coucher.
On ne vient pas demander la main.
Rohacek a �t� d�sert�,
capitaine.
- Les oiseaux sont partis. - Suivons leurs traces.
Elles sont encore fra�ches.
A trop se h�ter, mon vieux,
ce n'est pas une bonne chose.
Seigneur, quel ch�timent.
Tant de monde.
Mon Dieu, o� va-t-on tous les mettre ?
Quel dr�le de renfort.
O� va-t-on tous les mettre ?
C'est de mal en pis.
Tu parles d'un renfort !
Et ils arrivent sans provisions.
Tu me reproches folie et pr�cipitation.
Et toi ?
Tu attends du renfort ?
Ma folie, c'est celle d'un soldat, alors que tu calcules en marchand.
Tu as raison.
Ce ne serait pas...
Ce ne serait tout de m�me pas...
Le roi m'a confi� ses troupes.
Ton sang est glac�, mon capitaine.
Et moi, j'en prends soin.
Halte !
C'est la peur qui te commande.
Arr�te, sacr� fanfaron !
Bon Dieu.
Quel fou.
Il n'a m�me pas pris sa pelisse.
Qu'est-ce que tu cherches, capitaine ?
Tes deniers, marchand.
Ta gueule, esp�ce de chien galeux.
Va au diable !
Mais laisse-nous Lazare !
On s'occupera de lui !
Esp�ces de putois !
Evite de repasser par Rohacek !
Ne t'approche pas !
Sinon, tu risques tes propres couilles.
Essayez un peu, bande de porcs.
L'�talon deviendra hongre.
Sors, esp�ce de braillard !
Montre-toi, ordure !
On t'a assez vu !
Gare � toi, esp�ce de Bouc puant.
Tu finiras empal�.
Je vous massacrerai tous comme des chevreaux,
sans aucune mis�ricorde !
Je jetterai vos membres aux quatre vents.
Esp�ces de salauds !
Esp�ces de salauds !
Fils de putains...
Dieu signale que le ch�timent ne peut attendre.
Je n'accorderai de repos
ni aux hommes, ni aux chevaux, ni aux armes.
Je les pourchasserai comme jamais.
Et si...
s'ils sont tu�s au combat,
leurs enfants me le paieront.
D�barrass� du voisin que le capitaine pourchassait � travers les bois,
monseigneur Lazare marie sa fille, sans aucune dot.
Ma�tre Lazare.
Ma�tre Lazare.
C'est un faible d'esprit,
on ne comprend pas ce qu'il dit, ma s�ur.
Et il braille,
comme un �ne, ma s�ur.
Dieu t'a donn� une fille splendide.
Oui, ma s�ur. Et un idiot pour h�ritier.
Tu blasph�mes.
Je donne ce que j'ai de plus cher.
Elle s'est tant r�jouie de rester,
et fit ses adieux � la maison.
D�sir profond, joie profonde. Elle est exauc�e.
Je sais, ma s�ur. P�ques approche.
Moi aussi, j'ai pris le voile
la veille de la r�surrection de notre Seigneur.
Ma s�ur.
Pour les brebis, ne m'en veux pas,
l'ann�e a �t� mauvaise. On a eu tous ces soldats...
Je ne suis pas fortun�, et Oboriste est pauvre.
Tout autre fermier est bien plus riche que moi.
Dieu sait que je ne veux pas toucher � la dot de Mark�ta,
elle a son coffre bien rempli,
et quelques pi�ces de doucats aussi, mais pas beaucoup de b�tail.
Je ne suis pas ton confesseur.
Ma s�ur.
D'ici le d�gel, tu viendras parmi nous.
Viens,
viens, mon enfant.
Les brebis, �a viendra plus tard.
Si le couvent m'accorde un d�lai.
Aussi vrai que Dieu est bon.
Juste,
et omniscient.
Que Dieu vous b�nisse.
Et qu'il fasse
prosp�rer votre maison.
Mon bon seigneur,
donnez-moi un denier.
Pour l'amour du Christ,
si vous avez de quoi donner.
Tu l'entends, le gueux ?
Mes jambes sont engourdies de froid.
Oh ! Oh ! Monseigneur.
Oui, autrefois les couvents �taient pauvres,
mais, de nos jours, tu entends,
on ne pense qu'� prendre.
Qu'est-ce que tu regrettes ?
Tu aurais pu avoir des enfants,
faire poursuivre la lign�e.
C'est toi qui m'as promise � Dieu.
On sera triste, sans toi.
Qu'est-ce que c'est ?
Qu'est-ce que c'est ?
�a servira.
Dieu prend, Dieu donne.
Il n'abandonne pas un juste.
Regarde-la, la nonne.
Oh ! Oh ! Doucement, mon petit.
Doucement.
Dieu soit lou�.
Le d�gel approche.
Grouillez-vous.
Pour l'amour de Dieu.
File.
Les gars, les gars.
Ne soyez pas des brutes,
les gars.
Tu te venges de quoi ?
Mon cher Nicolas.
Ne va pas charger ta conscience.
Pense au Seigneur.
Piti�.
Pour les pauvres d'esprit.
Je ne t'oublierai jamais, Nicolas.
Jamais, Nicolas.
Mon cher Nicolas.
Seigneur, J�sus.
Piti�.
Tu vas tous nous...
Piti�.
�a suffit.
Nous sommes � ta merci.
Sans d�fense.
Ne va pas tuer.
Nicolas,
Nicolas,
ne va pas tuer.
Je me rach�terai.
Comment ?
Non, bon sang, mon Dieu.
Tout ce que tu voudras, mais pas Mark�ta, Nicolas.
Ne fais pas l'imb�cile, Nicolas.
Elle est promise � Dieu.
Je peux payer ma dette, Lazare.
Nous sommes quittes.
Oh, comme tu es conciliant,
tu as des dettes envers moi,
d�livre-nous cette pucelle.
Dieu, qui est si charitable,
voudra bien la partager avec nous.
Non, tu n'as pas le droit, Nicolas.
On va t'aider. Tu peux la regarder...
L�ve-toi.
Va.
Le comte Straba, avide de sang.
Pourquoi il pleure ? Il se moque
de lui-m�me.
Sa m�re,
avait �t� jet�e aux loups.
Il a grandi au milieu des loups.
Au milieu des hommes, il devint loup.
Le m�pris alimente son orgueil.
Et le manque d'amour, sa haine.
M�pris� de tous, Straba s'est mis � les consid�rer avec d�dain.
Il se mit � se moquer des anciens. A profaner les lieux sacr�s.
Soumis ni aux hommes,
ni aux dieux.
Libre comme un loup dans les bois,
mais il a encore un c�ur d'homme.
Son c�ur se mit � se languir.
Se languir.
Devenu adulte,
ils d�cid�rent de le pourchasser.
Leur parole fit foi.
Et lui ?
Quand il entendit leur sentence,
il rit.
Du rire de loup.
Il �tait si beau.
De toutes les jeunes filles, il jeta son d�volu sur la plus belle.
Prise de peur, elle s'est sauv�e.
Au-del� de tout, elle redoutait l'autorit� du p�re.
Car le p�re dit � qui il faut ob�ir.
D'orgueil, il poussa un cri de rage,
lui d�chira la gorge, et r�pandit son sang aux yeux de tous.
Ils se jet�rent sur lui, le ligot�rent.
Un ch�timent terrible l'attendait.
Ils se concert�rent,
"Le feu et le poteau !" R�clamaient les uns.
Les autres demandaient l'�cart�lement.
Ne pouvant se mettre d'accord,
le doyen de la tribu d�cida de la sentence :
Plus de place pour lui parmi les hommes.
Qu'il prenne sa libert� de loup.
Son ch�timent,
il le portera au fond de lui.
Soudain, un �clair fendit
le ciel sans nuages.
Et Straba ?
Il riait
comme un loup.
Il s'en alla,
son rire int�rieur d�voila ses crocs.
Il volait b�tail et femmes.
Libre comme un loup,
sa vie ne se mesurait pas selon les saisons.
Il vivait esseul�.
Le plaisir est �ph�m�re, sans la souffrance qui englobe la vie.
La vie n'a pas de sens sans la douleur.
Il se languit de souffrance, et se mit � rechercher la mort.
Puis, il revint vers sa tribu qui l'avait rejet�.
Mais depuis, le temps s'�tait �coul�, les jeunes devenus vieux,
il n'�tait qu'une simple l�gende.
Les jeunes prirent leurs armes pour se jeter sur lui.
L'un d'eux, qui en savait davantage, s'�cria :
Ecartez-vous de lui,
refusons-lui la mort qu'il est venu chercher.
Ils recul�rent d'un pas,
pour ricaner.
Venu chercher la mort,
on la lui refusa.
Les rires le br�laient comme le feu,
Straba fr�mit.
Il glissa sa main sur son c�ur,
prit un poignard et l'y enfon�a.
Or, le poignard se brisa,
le sang ne jaillit pas.
A nouveau, il fut seul.
...pleure ?
Non...
Les pleurs soulagent.
Les hommes n'en savent rien.
Un ch�timent permanent frappe leur orgueil.
Straba est de cette race-l�.
Et enfant� par sa m�re, femme qui...
Tais-toi, la vielle.
Ne va pas attirer de malheur.
Vous portez tous la marque de son sang.
Seul le septi�me fils
�chappe � la mal�diction.
Qu'est-ce que vous faites ?
O� sont les gardes ?
Le capitaine a travers� le gu�.
O� ?
Regarde.
Tiens.
Un vrai foutoir.
O� est ta place, morveux ?
C'est �a, ton poste.
D'o� vient cette catin-l� ?
Mettez-lui le brodequin clout�.
Et qu'elle aille au diable.
C'est Lazare que je voulais.
Pourquoi tu n'as pas ob�i ?
Pourquoi tu n'as pas ob�i ?
Quelle honte !
Sois un chevalier.
Ne fais pas �a.
Ne torture pas une jeune fille.
Vas-y.
Epargne-la et je te donnerai...
Christian.
L�che-moi !
Que faites-vous l� ? Et vous l� ?
Imb�ciles.
Esp�ces d'imb�ciles.
Les cha�nes !
Apportez les cha�nes.
Deuxi�me partie : L'AGNEAU DIVIN
Ce jour-l�, le printemps fit un bond en avant.
Bergers et p�lerins entendaient la voix du Seigneur r�sonner dans l'air,
et les trompettes du vent claironnaient par le souffle des anges illumin�s.
Qui penserait aux aventures d'une demoiselle,
et aux folies de quelques vauriens ?
Se penchant sur les humbles, Dieu pose son regard paisible
sur ceux
qui lui portent ses louanges.
Que chantes-tu ?
Que marmonnes-tu ?
Une pri�re, Mon Seigneur.
Ce n'est ni une pri�re, ni un chant.
Mais un sermon.
Je ne sais pas, Mon Seigneur.
Je dirais que tu fais le p�ch� de la sodomie.
Tu sais qu'elle n'est pas une femme ni toi un b�lier.
Et on vient apr�s vers le bon Dieu.
Si seulement ta pri�re �tait aussi forte
que ton esprit est faible.
Tu vois,
tu vois,
petite. Le Seigneur nous montre le chemin.
Il y aura un bol de lait,
un coin chaud
et peut-�tre bien une pomme rouge.
Viens,
ne tra�ne pas. Il me semble qu'on arrive au bon moment.
Viens...
Il y aurait l� un bapt�me ?
Ou une noce ?
Au nom du P�re, du Fils et du Saint-Esprit.
Que la Vierge vous b�nisse, les gars.
L'ange gardien vous prot�ge,
les saints entourant le Christ, l�vent les bras pour prier pour vous.
Les pri�res s'�l�vent vers les cieux, telles des �chelles.
Quelle belle vie vous avez l�.
Quelle belle vie.
Parle, tu l'as dit.
Poussez-vous un peu.
Que Dieu vous b�nisse,
nobles messieurs, et le bonheur pour votre maison.
Tout d'abord, ma�tre de ces lieux...
Qu'est-ce qu'il crie ?
Que votre demeure prosp�re.
Si vous avez de quoi, faites-moi l'aum�ne, pour les blessures du Christ.
Ne me laissez pas comme �a.
J'ai les jambes gel�es comme des souches.
Qu'est-ce que tu marmonnes, mon brave,
mais ton agneau est bien joli.
Ce n'est pas un agneau,
c'est une brebis, envoy�e par la volont� divine.
Mais, toi, tu as trouv� une br�che dans l'enclos de la bergerie.
C'est vrai. Il s'est �chapp�, le fr�rot.
De mal en pis.
Assez. Saint Georges est si juste...
Dis-moi plut�t o� trouver le ma�tre.
Pas de chance, mon bonhomme.
Le mari� l'a clou� au portail, comme une chauve-souris.
Et sa brebis, il l'a emmen�e par la corde.
Que marmonnes-tu ? Attends.
Je dis que tu arrives � point.
Le moine Bernard retrouve le voleur
et comment s'ach�vent les bouffonneries des fils du Bouc.
Seigneur, fait p�rir les voleurs.
Seigneur, ne permets pas...
Ils m'ont cern�,
porcs puants.
Putains de chiens.
Prot�ge-la, Seigneur.
Honte � ceux qui se r�jouissent de mon malheur.
Chiens galeux.
Le loup a bais� une chienne, qui a mis bas des d�mons.
Petite.
Prot�ge ma brebis des m�choires des pouilleux.
Meurtris-les, rends-les muets.
Amen.
Seigneur, J�sus.
Petite.
O� es-tu ?
Qu'en avez-vous fait ?
Saint Georges t'es venu en aide.
Non, merde.
Je vais me r�jouir, Seigneur,
car tu as fait perdre un impie.
O� est ma brebis ?
Les impies.
Qui bandent leurs arcs
et leurs bouches pleines de m�disance
et de malice et de ruse.
Finies, tes campagnes, b�te de Dieu.
Petite.
Seigneur.
O� es-tu ?
Petite.
Vagabonde,
o� diable...
Sors, je te dis.
J�sus-Christ, sors, je te dis.
Petite folle !
Tu as perdu la raison.
Que le loup-garou te...
Ramasse les fl�ches.
Silence.
Dans les buissons.
Et toi, vite. Longe du c�t� du bois.
Devance-le.
Et toi, disparais avec les chevaux.
Il s'est fait prendre, l'oiseau.
Couillon.
- Esp�ce de brute, fumier. - Devance-le.
Il ne doit pas s'enfuir.
Magne-toi.
Transperce-le.
Saba, J�sus-Christ. Salaud, vaurien
...les chevaux !
Tiens-le, Jasek !
Tue-le. Ordure.
Fumier.
Une prise.
Et les autres ?
C'est incroyable,
j'ai les charrettes, les provisions. Seigneur qui �tes aux cieux.
Vous pouvez crever de faim. Avec quoi nourrir les chevaux ?
C'est l'assassin, Capitaine ! L'assassin de mon fils !
Halte.
Qu'on le tue, allez !
Halte.
O� est mon fils ?
O� l'as-tu enfoui, vermine ?
Au diable, arr�te.
Tu ne m'�chapperas plus.
Calme-toi, mon seigneur.
Et toi, l�ve-toi.
Je veux r�gler mes comptes avec lui.
C'est lui !
Ne nous pressons pas.
Tu appartiens au gentilhomme
qu'on appelle Le Bouc ?
Il est muet ?
Attachez-le � la selle.
Il nous conduira.
Tu vas me le payer !
Que tes chiens le d�vorent !
On poursuit la route.
Je te l'ordonne !
Qu'est-ce que �a veut dire ?
Ce chien n'a pas le droit de vivre !
Qu'est-ce que �a veut dire ?
Poursuivons la route.
Les chiens.
Le supplice de la cha�ne,
les r�miniscences de Nicolas, r�veill�es par le noble amant d'Alexandra,
et la vengeance d'Adam le Manchot.
Drahuse.
Sors, voyons.
Tiens.
Donne �a aux faucons.
Un � chacun.
Et � la buse, deux morceaux.
Qu'est-ce que ?
Bouge-toi !
A la chasse ?
Il a trouv� son terrain...
pr�s d'une sourici�re.
Emm�ne ses chevaux.
Qu'il sache que nous sommes unis non seulement par le sort.
Dis-lui que nous partageons les m�mes rigueurs du sort
dans l'espoir que Dieu en tiendra compte.
Mon ma�tre souhaite,
si tu le permets,
souhaite vous faire part
de quelques pens�es.
Il dit que...
que nous partageons les rigueurs du sort.
Comme le commande la courtoisie,
nous partageons les rigueurs du sort,
dans l'espoir que Dieu en tiendra compte.
Son sang est empoisonn�.
Le venin est entr� dans son corps
par un acte impur.
Dieu a marqu� son bras gauche.
Les incantations n'ont rien fait.
Adam mourra, Le Bouc.
Portez-le dans la cour.
Faites venir Alexandra.
Tu restes ici,
face � ton fr�re,
jusqu'� ce qu'il meure.
Tu seras enterr�e avec lui.
S'il survit,
tu seras sauv�e.
Il adviendra,
selon Leur d�cision,
comme
comme Dieu en d�cidera.
Qu'il avance !
Tire.
Sale b�te.
O� nous as-tu men�s, salaud ?
Halte.
Tenez-le.
Chien galeux.
Donne-moi �a.
- Vierge Marie. Il nous le paiera. - Pas si vite.
- Qu'il t'en reste pour apr�s. - On n'est plus tr�s loin, capitaine.
Le fort du Bouc est � deux pas.
Capitaine, laisse-nous faire.
On saura s'entendre avec lui.
Ce gueux est � moi !
C'est � moi de m'occuper de lui.
J'en ferai ce que je veux.
Capitaine.
J'ai l'autorisation du roi
et tu es son serviteur.
Il faut que tu c�des et que tu nous le livres !
C'est un ordre. Livre-le-nous !
Je pr�f�re crever dix fois !
Mais je ne laisserai personne d'autre...
Faut-il te supplier, seigneur ?
Le dernier d�ner o� il en sera fini de la brebis du moine Bernard
et l'heure o� la mort prend le dessus.
Qui am�nes-tu ?
Bouffon.
Et toi, sors de l�.
Viens � la lumi�re divine !
Poussez vos sanglots,
esp�ces de porcs,
repentez-vous de vos p�ch�s.
Adam nous envoie le confesseur.
Qui es-tu ?
Ils m'ont pris ma brebis,
je parcours le monde avec elle.
Tais-toi !
Qui t'envoie ?
Dieu.
�a les faisait rire, moduler ma voix sur celle de la brebis.
La sagesse de Dieu nous fait cheminer ensemble.
On parcourt le royaume
et � travers le monde sublime nous d�couvrons le Cr�ateur.
Prions le Seigneur.
Attends.
Pas si vite, brave homme.
Donnez � boire.
Drahuse.
O� est cet avorton ?
Ne le laisse pas comme �a.
Quel imb�cile,
ton Simon.
...Le Bouc.
Tu as bien frott� les chevaux ?
Oui, on a assez de paille.
Que son cr�ne se glace.
Il pourrait... le petit de Stepanka...
Occupe-toi de tes casseroles.
P�re.
Nous avons un petit � baptiser.
Que Dieu vous b�nisse, dame noble.
Si tu es ordonn�, en �tat de gr�ce, ne refuse pas ce service.
Je vais le baptiser.
Quelques �pis, un peu de sel, et de l'eau b�nite.
Si vous en avez.
Avec du vin, on ne pourrait pas ?
Pas avec n'importe lequel, on ne peut pas.
Approche-toi,
approche-toi.
Prends.
Mange.
Cher Bouc.
Je peux ?
Jusqu'au fond.
Sant�.
Parbleu. Qu'est-ce que j'ai dit ?
Viens,
mon p�re, je vais t'accompagner.
Merci, c'est bon. Merci, mon Dieu.
Par l�, mon p�re.
Tr�s bon, mon p�re.
Je vais le baptiser.
On a bien arros� sa naissance.
Tu as fait vite,
tu t'es vite install�.
Les champs sont en friche
et nous...
Comme des pouilleux.
Tu as faim ?
Comme un lys des champs.
Un lys ?
Comme un agneau divin.
Tiens, sers-toi.
Jeannot Bouche d'Or.
Pense aux enfants.
Tu veux que je me rende au roi ?
Que deviendraient-ils ?
Les voies du Seigneur, ma vieille, sont imp�n�trables.
Que deviendraient-ils ?
Dieu s'en chargera.
Des loups...
Sans aide, on ne serait plus l� depuis longtemps.
Sans aide, le capitaine serait mort,
ou parti sans butin.
Il pille son voisin, cette ordure.
Tu as mis � sac Oboriste.
Il a ce qu'il m�rite.
Et il paiera encore.
Dieu en d�cidera.
Tu fais appel � Dieu ?
Contre qui ?
Contre qui tu L'implores ?
...et de reliques et de pi�t�.
Le capitaine n'est pas loin.
Tu me menaces ? La force des chevaliers se rassemble.
Toi, tu me menaces ?
Pr�occupe-toi de ton salut.
Pr�occupe-toi de ton salut, sorci�re.
La vieillesse nous a troubl� l'esprit.
Parce que l'un ne va pas sans l'autre.
Je ne nie pas mes p�ch�s.
Je tuais rapidement, mais jamais un d�sarm�.
Laisse-nous tranquilles.
Le jour du Jugement dernier
je serai �pouvant�, mais sans honte.
J'ai fait la guerre contre des seigneurs, contre la volont� du roi.
Pendant 10 ans, il me ramenait � l'ordre,
ses capitaines venaient avec l'�p�e.
Et je r�pondais aux �missaires du roi comme on r�pond � un ennemi.
Mon �p�e n'est pas plus courte que celle d'un capitaine.
L�ve-toi,
fain�ant.
R�veille ton p�re.
Racaille.
Ouvre.
Voyons, ouvre, idiot. Je veux parler � ton p�re.
J'�coute.
J'ai entendu les cris de loup,
du c�t� du soleil, approchent sangliers
et troupeaux de biches.
Adam.
Fais seller.
Une mise en garde, cher Bouc.
Debout, racaille.
Tu as la trouille ?
Attends.
Viens-l� !
Reviens !
Viens l�.
Qu'on leur enl�ve les cha�nes.
C'�tait une le�on.
Va, reprends ton travail.
Conduis une partie des chevaux
l� o� le ruisseau est divis� en deux.
Ne bouge pas et attends mon signe.
Prends Georges avec toi.
Ou plut�t, non, attends.
Silence, les gars.
Silence !
Silence, j'ai dit !
Adieu.
D�p�che-toi.
Qu'il prenne l'agnelle avec lui.
Seigneur, pourquoi ne cesses-Tu de m'�prouver ?
Pourquoi ne me laisses-Tu pas avaler ma salive de p�cheur ?
Mark�ta ! Simon !
Putains d'H�rode.
Au nom de Dieu et du roi,
ma�tre de Rohacek, seigneur Le Bouc,
c'est l'h�ritier de cette terre qui te parle.
Gardien des lois et de la justice,
notre seigneur, notre roi.
Ouvre les portes de ton campement et d�pose les armes.
Ton ignominie est termin�e.
Rentre chez toi !
Capitaine, va-t-en !
Mes portes sont solides
et j'ai perdu la cl�.
Vous avez dup� le fils du comte.
Et fait du tort au futur �v�que.
Voici le parchemin du roi.
Qu'avez-vous fait du malheureux ?
R�ponds et rends-toi !
Les chariots restent l�, cavaliers et fantassins sur la pente.
Ecoute bien, capitaine.
Le roi est notre souverain � tous.
Mais la guerre
est sup�rieure m�me au roi.
Elle d�cidera de ma cause.
Soit j'�craserai ton r�giment,
et traiterai avec les �missaires du roi, pr�s de Boleslav,
soit je serai vaincu et tu�.
On ignore notre sort.
Qu'il en soit ainsi, selon la loi du plus fort.
Mais toi, d�chire ton parchemin
et jette-le dans le vent.
Halte !
J'ai dit, c'est la guerre
et je n'ai pas de scribe.
Bas les culottes !
Parez vos bottes de bonnes semelles, charognards.
Si tu ne te rends pas,
tu seras abattu
et ta famille massacr�e.
Avant de donner l'assaut,
j'ex�cuterai l'un des tiens.
C'est mon prisonnier.
Et je le conduirai jusqu'� l'empereur.
Oui, � l'empereur !
Connais pas l'empereur.
Comment ?
Je n'�coute pas.
Attrapez-le, les gars !
On va faire du troc. Reculez.
Si tu fais du tort � mon fils,
ils se chercheront un nouvel �v�que
� Henau.
Ne perdez pas de temps avec lui.
Vierge Marie...
Michel.
Qu'on en finisse.
Christian !
Mon fils !
Il est vivant ! Juste ciel, arr�te capitaine.
Il faut que tu traites avec eux. Arr�te l'ex�cution.
Ferme-la !
Au nom du ciel, all�luia !
N'approchez pas !
Ne vous interposez pas, capitaine.
Ne tentez rien !
Tue-le, tue-le, p�re.
Mon Dieu !
En rang !
Mon gar�on !
Mon fils !
En rang !
En arri�re.
O� courez-vous ?
En rang ! All�luia !
Voil� ce qui nous arrive.
Chiens galeux !
Esp�ces de mules,
esp�ces d'idiots !
Salopards !
C'est fini, fini !
En arri�re, vauriens !
Va trouver des b�tons !
Trouve des b�tons !
Attrape n'importe quoi.
Et abats-les, idiot !
Prends ce qui te passe sous la main.
Des �chelles.
Des �chelles !
Changez de cheval !
Des �chelles !
Les chevaux, vers le marais.
Abattez-les tous !
Je vous apprendrai comment faire une attaque !
Des cordes !
Vous allez voir,
esp�ces de mauviettes !
Vous allez voir comment on se replie !
Eh bien, tu vois.
Jusqu'o� l'amour a pouss� l'�v�que de Henau,
et sur les divagations des pauvres d'esprit.
Tue-la !
Tue-la !
Tue-la !
Meurtri�re !
Christian ! Tue-la !
Tue-la, Christian !
Tue-la.
Meurtri�re !
Meurtri�re !
C'est une putain.
Non.
C'est une sorci�re !
Elle t'a ensorcel� !
Tu dois renoncer � elle !
Elle porte mon enfant.
Idiot !
Dieu sait que je veux votre bien.
Abandonnez cette furie.
Que lui trouvez-vous ?
Ses cheveux grouillent de vermine.
Et elle pue !
Laisse-la partir.
Laisse-la partir !
Alexandra !
Ils t'ont bien arrang�.
Esp�ces de sauvages !
C'est peu pour deux,
mais sers-toi, monseigneur.
Il y en a assez.
Si seulement...
il y avait du sel.
Tu n'en as pas, non ?
C'est comme �a.
Dans la mis�re, on se d�fend comme des ourses,
ou bien alors
on se jette sur ses proches comme des hy�nes.
Pourquoi implorer Dieu ?
Tu as entendu le capitaine ? "Avec l'aide de Dieu !"
Un gueux, on le dit fou.
Il ne manquait que �a. L�ve-toi.
On va te trouver un abri.
Je me souviens,
un jour, j'�tais invit� � manger de l'agneau,
dans un couvent,
� P�ques.
Les putains d'H�rode !
L'�p�e au flanc.
Chasser le pauvre de son �cuelle.
Comment s'appelait-il,
le couvent, sur la route de Tournov ?
Tu ne sais pas ?
Tout � coup, plein de soldats.
Je suis parti affam�.
Et le capitaine...
et ses tambours...
Un mauvais ma�tre abat ses arbres,
un mauvais roi fait la guerre.
Ne prends pas cet air vertueux,
vous �tes tous des pa�ens.
Une autre fois, dans une auberge,
deux costauds me sautent � la gorge.
Qu'est-ce que tu regardes ? On dirait une carpe !
Qu'est-ce que tu regardes ?
Tu entends ?
Seigneur J�sus ! Sauveur !
Vierge mis�ricordieuse !
Donne-lui de l'eau.
Bless� � la t�te, il n'est pas descendu de cheval.
Il a mis de la glaise dessus.
Pourtant, la potence l'attend.
Pas la potence. La hache !
Quoi ? La hache !
Non, l'�p�e. C'est un noble.
Le destin des hommes et le sort des veuves.
Dame Catherine !
C'est monsieur Nicolas !
Miza, ton fr�re !
Dieu soit lou�.
Toi, au moins...
Toi, au moins...
Viens,
repose-toi.
Nicolas, on n'a plus le cheval du soldat, il s'est cass� une jambe.
On ne t'attendait plus. Salut � toi.
Sais-tu ?
As-tu vu Georges ?
Et Burian ?
Et mon homme, tu l'as vu ?
Oui, je l'ai vu.
Tiens, mange.
Vous p�chez ?
Ce que les crues apportent.
Je peux vendre quelques paniers,
� Boleslav.
Dans quel but ?
On ne peut pas entrer les mains vides.
Pourquoi � Boleslav ?
Il vit ?
Ne te fais pas prendre.
Je connais tes intentions, et ce que voudrait le Bouc.
Avec des paniers de poissons...
Et comme des paysans, on attaquera la prison.
Et il faudra vous disperser
et attendre que �a se calme
pour reconstruire le fort de Rohacek.
Attaquer une prison, tout en pierre, � deux ?
Un loup disperse une meute de chiens.
On prend Boleslav d'assaut ?
Silence !
Ta gueule, et p�che !
Avec le r�giment...
Le Bouc est mort.
S'il est encore en vie, il p�rira par la hache.
Aucune force,
aucune force ne l'arrachera � la mort.
Sauf celle de Dieu.
Qu'Il guide notre main.
Ses p�ch�s sont ceux d'un soldat.
Souhaitez-lui la paix,
qu'il expie ses p�ch�s.
Tu le laisserais au bourreau ?
Le Bouc est vieux, Nicolas,
un vieillard,
et je suis vieille aussi. On attend la mort.
Mais vous, prot�gez votre vie.
Pr�servez votre semence.
Les vieux reposent dans la tombe,
mais vous, pensez aux vivants.
Le printemps passe,
il faut semer.
Suis ce chemin.
Va,
rentre chez toi.
Je t'ai emmen�e contre ton gr�.
Personne n'a rien � te reprocher.
Va !
Va !
Va retrouver Lazare, et attends.
Je revois le pass�.
Je sais que tu es triste
et que tu m'aimes.
Mais nous qui avons surv�cu, nous devons lib�rer le Bouc de la honte.
Vos noms sont inscrits en enfer.
- Soyez maudits ! - Tais-toi !
- Soyez maudits ! - Tais-toi !
Que le pardon vous soit refus�.
Tais-toi, ne blasph�me pas.
Dieu est � l'�coute.
Mark�ta !
C'�tait la saison des amours.
Le Bouc m'a r�veill�.
"Prends les fl�ches."
Je l'ai suivi.
On ne voyait rien autour.
Ils se d�fiaient.
Quand vient la saison, ils se battent
pour trouver une compagne.
Pour la gagner ?
Non.
Les m�les se d�fient.
Et elle ?
Elle c�de au plus fort.
Pour toujours ?
Pour toujours !
�a, c'est pour les humains.
Et le vaincu ?
Il devait nous sentir, mais il ne bougeait pas.
Le Bouc ne m'a pas laiss� tirer.
Pourquoi tu l'appelles comme �a ?
Enfant, j'entendais les valets l'appeler ainsi.
Une fois, il m'a battu au sang.
Et apr�s ?
Ses bois s'�levaient au-dessus des arbres.
Il nous regardait, confiant.
Le Bouc m'a fait signe de me taire.
On s'est approch�s.
Il s'est mis � descendre vers la vall�e.
En bas, il y avait une clairi�re.
Avec de l'herbe, des pierres, du lichen.
Autrefois, j'ai vu un cimeti�re,
il n'�tait pas plus triste.
Des squelettes, des os blanchis �parpill�s,
des quantit�s de bois sur des cr�nes blanchis.
Il s'est arr�t� au milieu,
seul,
vaincu.
Seul.
Le Bouc m'a chuchot� : "Regarde.
"Regarde !
"La solitude de la mort."
Il a lev� ses bois, et bram�.
Qui invitait-il au combat ?
Encore un instant.
Emm�ne Alexandra.
Ton regard s'�loigne.
Tes pens�es se h�tent d�j� sur le chemin o� guette le ch�timent.
Et moi, Nicolas ?
On ne s'est pas encore rendus.
Je serai jug�e, sans fin.
M�me si je n'ai pas � subir l'humiliation et le ch�timent.
Ne parle pas de ch�timent,
et pr�pare plut�t la noce.
Attends mon signe.
A tout moment, mes fr�res sauront te trouver.
Dieu a voulu que je t'aime.
Tu es ma femme.
Alexandra !
Encore
un instant.
Sois la bienvenue.
Tu es...
Les chiennes, au pied !
Au pied !
Tire-toi !
Tire-toi, je dis !
Tu reviens au mauvais moment.
Qu'est-ce que tu viens faire ici ?
- Je viens... - C'est lui qui t'envoie.
Tu aurais pu revenir il y a longtemps.
- Mais tu t'es plu dans le p�ch�. - Non...
- Tu es sa putain. - Non !
Regarde !
Je n'ai pas le courage
de te regarder
t'enfoncer dans la bassesse.
Non !
Je ne voulais pas partir.
Vraiment ?
Qui m'avait d�fendue ?
Tu viens avec des reproches au lieu de te repentir.
Je suis venue pour que tu sois mon juge.
Ne juge pas et tu ne seras pas jug�.
Prie Dieu de t'accorder davantage d'humilit�.
Pour l'instant, je n'ai pas entendu
que tu renon�ais � lui.
Non...
Va !
Tu as rompu la promesse que j'avais faite � Dieu.
Disparais !
Je n'accepterais pas
que tu sois ma servante et que tu donnes � manger � mes cochons.
Tu reviendras dans quelque temps, tu verras.
Ta douleur gu�rira et tes tourments passeront.
Poursuivez-la.
J'interc�derai en ta faveur au moment propice.
Attends !
Dieu du ciel !
Pourquoi ? O� est-il ? Meurtri�re ! Mon enfant...
Que fais-tu ici ? Incline-toi, putain !
Tuez-la ! Gardes !
Tuez-la !
Tu m'es toujours venu en aide,
ne m'abandonne pas, ne m'oublie pas,
Dieu, mon Sauveur.
Ne m'abandonne pas, ne m'oublie pas, Dieu, mon Sauveur.
Ne tiens pas compte de mes p�ch�s et de mes fautes.
Tu es mis�ricordieux, accorde-moi Ton pardon.
Ne tiens pas compte de mes p�ch�s et de mes fautes.
Tu es mis�ricordieux, accorde-moi Ton pardon.
Car mon p�re et ma m�re m'ont abandonn�e,
mais Ta main me ram�nera � Toi.
Car mes p�ch�s p�sent sur ma t�te comme un fardeau de pierre.
Mark�ta !
Par Ta main, Tu mesures les jours, le temps n'est rien devant Toi,
et l'orgueil de l'homme n'est que vanit�.
Tout homme, m�me fort...
Par Ta main, Tu mesures les jours,
le temps n'est rien devant Toi,
et l'orgueil de l'homme n'est que vanit�.
Tout homme, m�me fort...
L'homme passe comme une ombre.
C'est en vain qu'il s'agite.
Il amasse et ne sait qui le d�pouillera.
Juge-moi, Seigneur, ma sinc�rit� me ram�ne � Toi.
Eprouve-moi,
br�le mes reins et mon c�ur.
Les tourments envahissent mon c�ur.
Soulage mes angoisses.
Montre-moi Tes chemins
et m�ne-moi vers ceux qui me prot�gent.
Ne me livre pas � mes ennemis.
Je ferai face � des �mes cruelles.
Ne m�le pas mon �me � celle des impies.
Ne livre pas ma vie � l'homme sanguinaire.
Ne livre pas ma vie � l'homme sanguinaire.
Ses mains sont souill�es
d'iniquit�s et de corruption.
Etends Ta main.
Envoie la foudre et couvre-le de charbons ardents.
Livre-le aux flammes.
Jette-le dans la fosse,
qu'il ne puisse plus se relever.
Souviens-Toi de Ta mis�ricorde, Seigneur.
Souviens-Toi de Ta mis�ricorde,
Seigneur !
Dans Ton infinie mis�ricorde,
vois mon tourment et ma mis�re,
et ne T'�loigne pas de moi.
Tes fl�ches m'ont perc�e et Ta main s'est appesantie sur moi.
Eloigne de moi Ton fl�au,
car je meurs sous Tes coups.
Mon c�ur a fondu dans mes entrailles,
ma force s'est ass�ch�e
et ma langue reste coll�e � mon palais.
Car Tu m'as jet�e dans la poussi�re de la mort.
Mes plaies se sont infect�es
� cause de ma folie.
Mes reins sont accabl�s.
Seigneur !
Accompagne-moi sur le chemin de Ta justice
car ceux qui m'ont offens�e ne connaissent pas la sinc�rit�.
Que leur destin soit renvers�.
Accorde-moi Ta mis�ricorde.
Car les morts T'oublient.
Et dans la tombe, qui Te glorifiera ?
L�ve Ta main, Seigneur !
Envoie la foudre.
Mark�ta,
fille de Lazare,
acceptes-tu Nicolas, fils du Bouc,
pour seul et l�gitime �poux ?
Oui.
Nicolas, fils du Bouc,
acceptes-tu Mark�ta, fille de Lazare ?
Je joins vos mains dans le sacrement du mariage.
Ce que Dieu a joint, que l'homme ne le s�pare !
Allons-y.
Tu �tais mon pr�f�r�.
Tiens !
Lou� soit-Il,
jusqu'� la fin des temps.
Te voil�.
Tu cherches quelque chose de mieux.
Tiens-toi tranquille !
Oui, petite !
Oboriste, ne m'en parle pas.
"Triste vie", ai-je dit � ton p�re.
Elle remue sans cesse, la petite.
Je l'ai trouv�e derri�re la haie, la gourmande !
Et toi, au bord du chemin.
Viens,
jeune fille,
on va cheminer � trois.
On sera bien.
Pour la nuit, Dieu nous abritera.
M�me l'hiver, on sera gais, ensemble, qu'en penses-tu ?
On sera bien.
Mark�ta, attends !
Petite, alors !
Mark�ta, j'arrive.
O� vas-tu donc, petite folle ?
Arr�te-toi !
Attends !
Mark�ta, attends.
Attends un instant.
Eh bien, c'est comme �a que tu me remercies de t'avoir sauv�e ?
Attends !
Attends, petite, je te dis !
Sale bique puante !
Mark�ta !
Attends !
Attends, mis�rable ch�vre !
Attends !
Mark�ta !
Peu apr�s, cette dame mit au monde
un fils baptis� Vaclav.
Alexandra accoucha au m�me moment.
Mark�ta allaita les deux enfants.
Ils devinrent des gar�ons forts et solides,
mais marqu�s � jamais :
Dans leur �me, l'amour lutte contre la cruaut�,
et la certitude, contre le doute.
FIN
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