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Original subtitles

[vrombissement d'un moteur]

[musique mélancolique]

Oh, pardon.

Mais cale-la bien.

- C'est bon ? - Ouais.

- Ça va ? - Ouais.

Vous me suivez ?

On y va ?

Ça va ?

Tu pourrais donner un coup de main quand mĂŞme.

C'est provisoire.

Au restaurant, ma chambre est petite.

Je sais.

Et c'était la maison de maman.

On voyait la mer.

- C'est le bordel lĂ -haut. - C'est chez moi.

"C'est chez moi."

Je vais lui payer un loyer, peut-ĂŞtre ?

[petit gémissement]

VoilĂ .

The last one.

- Vous buvez un coup ? - Faut qu'on aille bosser.

Bah merci.

On gardera tes meubles le temps qu'il faut.

- T'es comme Ă  la maison. - Ben voyons.

- Mandarine et framboise. - Merci.

- Ça a été cette première nuit ? - Ça va.

[toux]

[Carole] Calme-toi avec le poisson. T'as regardé les prix ?

- T'as vu le prix du cabillaud ? - Oui, je suis pas miro.

On peut plus suivre. Faut faire avec ce qu'on a au congélo.

Ouais. T'as vu 3 épisodes de Cauchemar en cuisine et tu me fais la leçon.

Alors déjà, j'ai vu 4 saisons.

Et Etchebest s'y connaît.

Il sauve les restos des mecs comme toi qui s'obstinent dans leur connerie.

- Faut simplifier la carte. - Attends, non, non.

La carte reste, elle bouge pas. C'est la carte d'Isabelle.

La choucroute de la mer, c'est un classique

et les classiques marchent.

C'est pour ça que c'est un classique.

Tes classiques marchent bien.

Le resto est bondé.

Non, madame. Vous allez me dire de vendre le restaurant,

mais c'est pas possible, c'est hors de question.

Écoutez, M. Chovaux.

Vous pouvez pas m'aider ?

- J'ai pas de solution. - Me donner un délai.

1 500 euros de loyer en moins, c'est un gros effort.

Je peux uniquement laisser passer les fĂŞtes.

Je sais que c'est pas vous qui décidez,

mais vous me connaissez.

On va remonter... on va s'en sortir.

- [Delphine] J'allais t'appeler. - Je suis allé à l'école pour rien.

Oh, t'énerve pas.

Non, mais c'est ma fille.

C'est pas la question.

Elle pouvait venir jouer Ă  la maison.

Ça lui fait du bien à Camille.

- Tu me la laisses ce soir ? - [les filles] Oh ouais !

Non, non.

- Je te la ramènerai. - Une autre fois.

- Pourquoi ? - Parce que. Allez.

J'ai pas fini.

T'as grillé le feu.

- Il était orange. - Non, il était rouge.

Il était orange.

[sirènes de police]

Merde...

Il était rouge.

J'ai bu un verre, je vais ĂŞtre positif.

J'ai le goût dans la bouche.

On va voir ça. Soufflez et on va attendre.

Je peux pas attendre.

Ma fille doit faire ses devoirs. Je dois ouvrir mon resto. Je bosse.

Nous aussi. Allez, soufflez.

Allez, monsieur.

Encore.

C'est bon.

- Positif. - Bien sûr, je vous l'ai dit.

Vous allez nous suivre au commissariat.

- D'accord, OK. - Non, non.

Votre voiture part à la fourrière. Et à vos frais.

Non, mais putain... Vous me faites chier pour un verre ?

Un verre et vous me faites chier ?

- Monsieur, on y va. - Ma fille...

- Quelqu'un peut venir la chercher ? - Non.

Putain !

Camille.

Mademoiselle, faut sortir du véhicule.

[télé] Jean Le Cam ne va pas raccrocher.

La mer et la vitesse sont ses seules passions.

Il a annoncé sa 6e participation au Vendée Globe,

une course en solitaire qu'il connaît.

En 2004, il était arrivé 2e, après une bataille avec Vincent Riou.

En 2008, c'est ce mĂŞme Vincent Riou qui l'aide au large du cap Horn.

En 2020, les rĂ´les s'inversent.

Jean Le Cam vient au secours de Kevin Escoffier.

OK, Ă  plus !

À son arrivée aux Sables en 2021,

le public accueille Jean Le Cam en héros.

Il n'a encore jamais gagné le Vendée Globe,

mais lui court surtout après l'aventure et ses imaginaires.

Ce sera la 6e participation de cet homme généreux, surnommé le Roi Jean,

ce qui fait de lui le recordman.

Il a 61 ans, donc le prochain, 65. On sait jamais...

- [on toque] - Oui.

Ça va ?

Ouais. Je voulais te parler avant d'aller chercher les filles.

Ouais ?

Euh...

C'est pas anodin, ce qui s'est passé hier.

Je sais.

Camille était d'une fébrilité pas possible.

Il faut plus que ça arrive.

Je pense qu'elle a besoin de plus de stabilité.

Puis toi aussi.

- J'ai refait sa chambre. - T'es à côté de la plaque !

Ta fille va pas bien !

Et tu bois tous les jours.

C'est bon, lĂ . Tu me fais la morale ?

Il s'agit pas de toi, en fait.

Faut faire quelque chose, Jean-Paul.

C'est pas à elle de te protéger.

[pas qui s'éloignent dans l'escalier]

VoilĂ . Regarde oĂą tu vas, on regarde les copains. On tourne.

[Delphine] C'est bientôt la sélection des Toques d'Or ?

- Je crois pas que je vais le faire. - Pourquoi ?

J'ai trop de taf au resto.

Mon chef me lâche pas, j'ai pas le temps.

Prends-le, Ferdinand, le temps.

Ça va au 40e ? Ils sont pas à l'étroit ?

Non, ça va.

Camille a sa chambre, Pierre a gardé la sienne.

C'est ton père qui fait du camping.

Il a ce qu'il mérite.

T'es trop dur avec lui.

3 ans que t'es parti, t'es toujours aussi en colère.

Il picole toujours autant ?

Il fait ce qu'il peut.

[la prof] On se penche pas en avant.

On reste droit.

Ça va à la maison ?

Y a plus de maison, tu le sais.

Et euh... T'es prĂŞte pour le galop 2 ?

Ouais.

Cool.

Bon. J'ai quelque chose d'important Ă  vous annoncer.

Je vais faire le Vendée Globe.

En mer ?

Non. Mais en vrai quand mĂŞme.

Attends, je comprends rien.

Moi non plus.

Je ferai la course sur Virtual Regatta, mais sur mon bateau.

Dans les mĂŞmes conditions qu'un vrai skipper.

Avec les mĂŞmes vents, tout pareil.

Je dormirai par tranche de 20 min pour rester bien concentré.

Je vais passer l'équateur, le cap de Bonne Espérance,

le cap Leeuwin, le cap Horn,

et je remonterai par l'Atlantique.

Tout ça en 80 jours.

Si je gagne, 150 000 euros.

Si je suis 2e : 75 000 euros, 3e : 50 000 euros.

Et là, nos problèmes, terminés.

- Un tour du monde dans le jardin ? - Oui.

En restant 3 mois dans ce bateau ?

Oui.

- Tu vas manger et dormir dedans ? - Oui.

- Tu vas jamais descendre ? - Non.

Je fais tout en vrai.

Sur un million d'inscrits, je suis le seul à y avoir pensé.

Ça, c'est sûr.

On se fera des FaceTime.

Mais tu seras pas lĂ .

Je serai dans le jardin, mon cœur.

Mais c'est pas pareil.

On se parlera tous les jours.

- Je vais voir des poissons volants ? - Je sais pas.

Ça marchera jamais, ton truc.

Ton caca va s'accrocher aux parois du tuyau avec le PQ.

Je le rincerai, le tuyau.

T'auras jamais assez d'eau. Ce sera un enfer olfactif.

Vous voulez pas m'aider ?

On est bien habillés, on va se dégueulasser.

Jean-Paul,

tu as autant de chances de gagner cette course

que de gagner au loto.

Sauf que lĂ , y a pas de hasard.

Je maîtrise tout.

En gros, tu pars 3 mois en vacances.

Ils sont contents, chez toi ?

[musique calme]

Je veux bien faire un effort, mais...

4 500.

Franchement...

- Ça marche. - Allez. Vendu.

[Jean-Paul] Refourguer un diesel, c'est un miracle.

Je vais acheter une éolienne...

Attends.

- C'est pour ta course ? - Oui.

Tu me paies comment ?

Eh, oh. T'arrĂŞtes de faire chier lĂ  ?

Tu me dois 2 mois de salaire. Et je te fais chier ?

Mais c'est du délire !

Tu te calmes.

Va te faire foutre, putain !

Avec ton resto de merde !

Putain...

On se verra aux prud'hommes.

[la porte s'ouvre]

[la porte claque]

Je vais passer une annonce sur Internet.

On va trouver un chef.

Les annonces, ça marche.

Y a une autre solution.

Ferdinand.

Oui.

- J'ai pas faim. - Ferdinand.

J'ai pas faim, vous avez faim ? T'as faim ?

J'ai pas faim.

Je vais pas manger.

Je te dis...

Ferdinand peut très bien prendre cette place.

[tintement de couvert]

[soupir]

[Jean-Paul] On va y arriver, tu vois ?

On va y arriver.

Ça va aller.

Ouais, ouais, ça va aller...

- On va y arriver. - Oui.

Je sais...

que je vais y arriver.

Je le sais, je le sens.

Tu sais, chérie, je t'aime.

Tu sais que je t'aime, chérie.

Je vais gagner la course.

La dernière fois,

je suis resté...

deux jours

dans ce putain de Pot au noir de merde.

Deux jours je suis resté.

Mais lĂ ...

LĂ , je sais...

Je vais la gagner.

Eh, oh, oh !

Ça va, oh !

Oh, oh !

De quoi je me mĂŞle ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Qu'est-ce qu'il y a, les deux ?

Pourquoi vous me regardez comme ça ?

Qu'est-ce que t'as, toi ?

Tu me regardes comme ça...

Qu'est-ce que t'as à me regarder comme ça ?

Ah...

Vous croyez pas en moi.

En fait, c'est ça.

Dites-le si vous croyez pas en moi.

Dis-le. Tu crois pas en moi, dis-le.

Pourquoi personne croit en moi dans cette putain de baraque ?

Pourquoi personne...

croit en moi dans cette maison ? Pourquoi ?

Pourquoi ? Hein ?

Pourquoi personne croit en moi

dans cette putain de baraque ?

[sanglotant] Personne !

Pourquoi ?

Pourquoi ?

- Tu devrais aller te coucher. - Non.

Si.

- Je suis pas fatigué. - Si, si, va te coucher.

Non ! Pourquoi ?

Va te coucher.

- Allez-y, vous.

Allez, pfft. Allez.

Allez, on va se coucher.

Viens, ma chérie.

Viens, viens.

Allez, viens.

Alors...

C'est lĂ .

Là, je descends, comme ça...

[il marmonne]

[Jean-Paul] T'as bien dormi ?

Bof.

Et toi ?

Non.

Je sais ce que tu vas me dire.

Mais je sais aussi que tu sauras pas le faire.

Moi, je crois en toi.

Maman aussi, elle y aurait cru.

Et papy y croit aussi.

Finalement, tout le monde croit en moi.

Tout le monde.

Au-delà de 35 nœuds, le bateau perd de la vitesse.

Parfois, il propose une dépression. Mais faut pas la prendre.

Pour vos vents, d'ailleurs, on a la ligne des prévisions météo.

Ce qu'il faut aussi avoir en tĂŞte, c'est que sur Virtual,

la mise Ă  jour est toutes les 4 h.

Moi, je vous conseille de mettre des waypoints toutes les 24 h.

Y a ton grand-père.

Ça va ?

Oui, ça va.

Qu'est-ce que tu fais lĂ  ?

- [rire gêné] - Euh...

Il faut que je te parle... Je...

- Ça va ? - Oui, ça va. Ça va.

Y a que lui pour avoir des idées aussi cons.

Avant, ça te faisait rire.

Pas toujours.

Il est pas parfait, mais toi non plus.

Si t'en es là aujourd'hui, c'est un peu grâce à ton père.

C'est lui qui t'a collé en cuisine avec ta mère.

Après toutes tes conneries de trafic de shit,

de... J'en passe.

Elle en pleurait, ta mère.

Et toi, bien sûr, t'as rien vu.

Ça va, j'ai changé.

Lui aussi a changé.

Il changera jamais, papy. Jamais.

J'ai dĂ» me barrer pour sauver ma peau.

Je sais.

Mais c'est pas ça, le problème.

Carole est partie.

Oh, putain...

Je te vois venir depuis le départ.

Je vais pas partir pour rejoindre son Titanic.

J'ai pas dit ça.

D'ailleurs, il sera pas lĂ , le voilier sera au fond du jardin.

C'est toujours trop près.

- C'est trop serré ? - Non, parfait.

Tiens, tu veux ça ?

Merci.

- Tu le vois ? - Ouais, je l'ai.

- Tu l'as ? - Vas-y.

Attends, attends.

Je déroule.

Le convertisseur est relié.

Ça transforme ton 12 V en 220

pour recharger ton ordinateur ou ton téléphone.

Là arrivent l'éolienne et le solaire. S'il y a ni vent ni soleil,

tu branches directement ton groupe électrogène sur la prise

et ça rechargera la batterie.

- Je la laisse branchée ? - Oui.

C'est pas le nez, lĂ .

Ah oui, c'est le nez. Pardon, t'as raison.

ArrĂŞte, tu m'en as mis partout. Tiens, lĂ .

- ArrĂŞte. - Et si, tiens.

T'as peur, maintenant. Hein ?

C'est bizarre, comme sensation.

- J'en ai presque plus. - Moi, il m'en reste.

[Jean-Paul] Y en a encore. On finit ça, et c'est bon. J'en ai assez.

Vous fabriquez quoi ?

J'entoure les œufs de Vaseline, ça les rend hermétiques.

Tu peux les conserver pendant des mois.

C'est un truc de marin.

- Ouais. - Chaque fois que tu mangeras un œuf,

t'auras de quoi lire.

Tu nous aides ?

Non, j'ai du travail.

Tu parles, il va faire une réussite.

[cliquetis métallique de placard]

Bon, alors ?

Parfait.

Belle cuisine.

Et la carte ?

Vous avez jeté un œil ?

Oui, bah c'est...

c'est très bien.

C'est très français et en même temps, c'est traditionnel.

Oui, voilĂ .

Bon...

la choucroute de la mer, je suis pas un grand fan.

Le mariage de la mer et de l'Alsace, c'est un peu...

la carpe et le lapin, on va dire.

- Mais bon... - C'est notre plat référence.

Ah ouais ?

Bon, bah très bien.

Vous pourriez commencer quand ?

Bah, la semaine prochaine.

Ce serait bien ça.

- Y a plus qu'Ă  faire. - VoilĂ .

Je vous offre un café ?

Euh... Petite bière ?

Ah oui. Venez.

Bon, formidable.

"La prise en charge d'une amputation."

Oh, dis donc...

Bistouri ? Et... flac.

Qu'est-ce que c'est que ça ?

C'est ce qu'ils emmènent sur le Vendée Globe.

Tu devais pas le faire en vrai ?

Vodka, vodka, vodka.

Oh !

T'es ridicule avec tes bouteilles.

Ridicule et pathétique.

Papa.

Une pour le cap Horn, et une pour Neptune.

Ça, c'est lourd.

[musique douce]

[gémissement d'effort]

61-75 et après, passe-moi 46-60.

- Je t'enlève... - Oui, enlève tout. OK.

60...

Combien de cagettes encore ?

Il en reste trois et après, il y a tout ce qui est produits...

Cadeau.

Oh.

Waouh.

Je la mets tout de suite.

Alors ?

T'es beau.

Merci.

Tiens.

Tu l'ouvriras dans le bateau.

Et pour te tenir compagnie, je te prĂŞte...

Jean. C'est un capucin.

Bienvenue, Jean.

Ma chérie.

Et merci.

Merci.

Tu m'accompagnes pour l'échelle ?

Allez.

C'est parti.

[petit rire]

[souffle strident du vent marin]

[Pierre] Va te coucher, ma poulette.

Il fait nuit noire.

Et ton papa dort.

C'est pas bon de fumer, papa est pas d'accord.

Oui, beh, papa est lĂ -bas et moi, ici.

Allez, sois gentille. Va te coucher.

[sonnerie de réveil mécanique]

[souffle du vent]

Je suis lĂ .

En 24 heures, c'est pas terrible.

Je change rien.

[il remonte le réveil]

[le réveil sonne]

Ça fait une heure qu'on attend notre plat.

Désolé, c'est le premier jour du chef. Il prend ses marques.

Ça arrive.

Je m'en occupe.

[il marmonne avec gĂŞne]

Il est oĂą, le chef ?

Il fait une pause.

Euh... Je vous dérange ?

Les clients attendent, lĂ .

Qu'est-ce que vous foutez lĂ  ?

Je fais une pause syndicale.

Une pause pendant le coup de feu ? Non, mais je rĂŞve.

Le hachis de saumon est au four.

Mais le four est un poil mollasson, donc ça va.

Personne s'est jamais plaint du four, il marche très bien !

C'est un des meilleurs.

Votre four a peut-ĂŞtre vieilli.

On fait les bonnes soupes dans les vieux pots.

Vous savez quoi ? Allez fumer ailleurs. Foutez le camp.

Mon four... Je t'en foutrais de mon four. Allez. Allez !

Et laissez la bière là.

Non mais.

Bon courage.

Vous inquiétez pas, sans vous, ça ira.

Abou, tu peux gérer le service ?

- Bien sûr. - Parce qu'on n'a plus le chef.

- Pourquoi ? - Je t'expliquerai. Alors si tu...

- [bips du four] - Mmh. Il marche.

[Camille] Tu nous vois ?

Attendez. Oui, ça y est.

[Marco] Comment ça va ?

Ça va, ça va. Ça va bien.

C'était un beau départ.

Attends. Camille, quelqu'un voulait te dire bonjour.

- Et merci pour ton dessin, chérie. - De rien.

[déverrouillage de la porte]

T'auras la cuisine que pour toi.

Tu feras ce que tu veux.

Tu changeras la carte, tu choisiras le personnel.

Il tiendra pas, papy.

- Mais si, il tiendra. - Bonjour.

- Bonjour. - Antoine, mon pote.

Il s'est fait larguer, donc il pionce ici.

J'aimerais qu'on arrĂŞte d'en parler.

C'est ça, arrêtons.

Je disais, il tiendra. Fais-lui confiance.

Si tu l'avais vu se préparer. Ça peut être que du positif.

Il en a besoin.

Ferdinand, regarde-moi.

On n'a pas le choix.

Soit tu acceptes, soit Camille...

notre petite Camille et moi, on est Ă  la rue.

- Voilà. - Rien que ça ?

Donc tu me fais chanter.

Non. Mais tu vois, Camille avec sa petite robe fripée,

qui a froid et toi, tu t'obstines Ă ...

3 mois, c'est rien. Tu travailles et puis, hop.

[il souffle]

Non, non, non.

- Enfin... - J'y retourne pas, OK ?

C'est la famille.

C'est important, la famille.

[respiration haletante]

[il hurle]

- Moi, j'ai des doutes. - Il sait ce qu'il fait.

Il sait ce qu'il fait...

Ă€ mon avis, un truc doit lui manquer.

Enfin, je dis ça, je dis rien.

[Marco] Faut qu'on trouve un chef.

Je peux faire des pâtes.

N'importe quoi.

Abou pourrait pas faire réchauffer des plats tout faits ?

On fait rien. On attend.

On attend quoi ?

On attend.

Michel ?

Ah, salut, Delphine.

- Comment va ma nièce ? - Pas mal.

- Bonjour. - Toi, c'est Camille.

Delphine m'a raconté ce que fait ton père.

Ça m'amuse.

Ils sont en mer que depuis 5 jours. Il reste encore 3 mois.

Sur mon 2e Vendée, j'ai eu un problème technique.

J'ai dĂ» revenir et repartir avec 40 heures de retard.

Et j'ai quand même gagné.

Il est parti Ă  l'ouest.

Oui, son décalage est osé,

mais vachement intéressant.

Ceux qui sont sur la route directe

vont avoir des vents faibles bientĂ´t, alors que lui avance.

Vers minuit, il faudrait qu'il vire de bord

en faisant de l'ouest, du 270.

On lui dit de virer ?

Et après, il descend jusqu'au Pot au noir.

[Camille] C'est quoi ?

C'est l'équateur, mais météorologique.

Là où l'anticyclone des Açores, celui qui les intéresse,

s'enroule avec l'anticyclone de Sainte-Hélène dans l'hémisphère sud.

Le long de l'Afrique et du Brésil, il y a une zone sans vent.

[Jean-Paul] "Cher resto 40e Rugissants,

"ton option est étrange, mais rien est perdu.

"Tu vas peut-ĂŞtre encore perdre des places,

"mais les autres vont ĂŞtre dans le Pot au noir et pas toi.

"Un ami qui vous veut du bien."

Qu'est-ce que c'est ?

Beluga 29.

"Tu vires 270 degrés,

"puis plein sud vers l'équateur."

C'est pas con.

Pourquoi pas. Oui.

Pourquoi pas.

[tintements de cloche d'église]

Oh, yes!

[on toque]

[la porte s'ouvre]

Vous cherchez un chef ?

[Ferdinand] Il est lĂ  ?

[Pierre acquiesce]

Va falloir épurer tout ça.

Bah... C'est toi le chef.

Et les pubs sur les tables, c'est pas possible.

[musique douce]

Je travaille lĂ .

- Je prends les magazines. - Oh...

- Si, les magazines, je les prends. - Laisse-m'en...

Non, je te laisse pas les magazines. Je te laisse ça.

Prends tout, prends la table aussi.

On se croirait dans une salle d'attente.

J'ai plus que ça.

Je cherche, je...

[Pierre acquiesce]

[Ferdinand] On cuisinera écoresponsable.

Avec des produits frais,

produits de saison et locaux, Ă  moins de 100 km.

Mais ça veut dire...

plus d'huile d'olive, de poivre, de citron ?

Y aura des exceptions, on veut pas d'un concept fasciste.

Y a des alternatives.

Les baies de genévrier à la place du poivre.

Le vinaigre de fleur de sureau Ă  la place du citron.

On va trouver des nouvelles saveurs chouettes

pour nous à faire et pour les clients à découvrir.

- Ça coûtera pas plus cher ? - Non.

Tu fais 3 entrées, 3 plats, 3 desserts qui changent toutes les 2 semaines,

les gens viennent plus régulièrement.

Tu maîtrises tes coûts, tu jettes moins.

On n'a plus de congélo, tu paies moins de frais de transport.

On achète aux petits producteurs.

Ce qu'on jette, on leur donne pour le compost.

- C'est une espèce de cercle vertueux. - Bravo.

Faut essayer ça.

Et qui va le dire Ă  papa ?

Me regardez pas comme ça. Ce sera pas moi.

[respiration haletante]

[gémissements apeurés]

[il crie]

[respiration haletante]

Laissez-moi. Laissez-moi.

[il crie]

On a les épinards, on a les scaroles pour l'hiver.

C'est quoi, deux mois ?

Oui. Faut attendre le froid pour qu'elles fassent la pomme.

T'as les navets, les navets rabioles.

C'est bon, même les enfants aiment ça.

Ce sera prĂŞt dans...

Dans 3 semaines, j'en aurai une caisse.

Sans problème.

Je peux tout te payer Ă  la fin du mois ?

Bien sûr, ça t'arrange ?

J'adore ce job, j'adore ce job !

C'est bien, on gère.

Saint-Jacques Ă  la 7.

Raviolis et cabillaud Ă  la 14.

OK.

Monsieur.

Noix de Saint-Jacques Ă  la mayonnaise verte de poireaux.

Merci.

Bonne dégustation.

[air de samba]

Pardon, Neptune.

Je te prie de m'excuser, j'ai plus que ça.

Il a l'air en forme.

Il vient de passer l'équateur.

Si on filmait son aventure et qu'on créait une chaîne YouTube ?

Mais pourquoi ?

Si ça marche, avec les pubs, on fera de l'argent.

Si ta chaîne YouTube dépasse les 100 000 abonnés,

tu peux avoir 1 700 euros par mois.

Avec un million, 3 400.

Arrête. Un million d'abonnés, mais n'importe quoi. Tu délires.

Mais ça peut arriver.

Une belle histoire n'est belle que partagée.

Ils font comment, les skippers ? Ils cherchent des sponsors.

Bon, d'accord, OK.

Mais Ă  une condition :

si la caméra sur le bateau me dérange, on la vire.

- Promis. - Promis ?

[ensemble] Oui.

C'est quoi, ces commentaires sur TripAdvisor ?

Euh... c'est parce que

le chef propose des suggestions très appréciées.

Vous voyez, il est bon.

[ils acquiescent]

Ah, ça oui, il est bon.

- Tu sais, on suit ça de près. - [rires]

- De très près. - Ah oui.

Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que vous avez ?

Vous vous moquez de moi ?

Ah, vous ĂŞtes incroyables.

Ă€ demain. Je vous embrasse.

Je suis bien, lĂ  ?

[notification]

Attends, j'ai gagné 25 678 places ? Tu te rends compte ?

C'est beau, ça.

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous.

Euh...

Pour cette première vidéo,

je vais vous faire visiter mon bateau.

Alors, je commence par le plus important.

C'est mon ordi, comme vous voyez.

Quoi d'autre ? Ah oui.

Regardez qui est lĂ , c'est Jean.

Mon compagnon de voyage.

Dans les bons et les mauvais moments, il est lĂ .

La pharmacie. Tout est prévu, même l'imprévu.

Avant de partir, faut aller chez le dentiste.

Il s'agit pas de se choper une carie en pleine mer.

Il y a marqué "Jour 1 à 15".

On est jour 15.

Je vais l'ouvrir. Ça, c'est ce que je mange aujourd'hui.

Alors, aujourd'hui,

nous avons un poulet aux morilles

pour ce midi. Et ce soir...

un risotto aux asperges.

[Ferdinand] (Un rappel. Un rappel. Un rappel.)

C'est la faillite, leur resto. C'est un bourbier.

Je fous quoi lĂ -bas ?

J'abandonne.

- T'es sérieux, là ? - Ouais.

Pour une fois, j'avais un boulot qui me plaisait.

Tu vois,

quand je suis bien quelque part,

je m'accroche comme une moule Ă  son rocher.

Je suis pas comme toi,

à fuir dès qu'il y a un truc qui va pas.

Quoi ?

Oui, Ferdi. Depuis qu'on se connaît, t'as plaqué

5 meufs, 3 restos, la moitié de ta famille.

Ă€ la moindre couille,

monsieur se barre en courant.

On entend vachement parler en ce moment

de sortir de sa zone de confort, mais c'est important.

Sérieux.

Je pense que parfois, on a tendance à être trop enfermés

dans un truc dans lequel on se complait.

Comme mon canapé que tu squattes ?

Ça n'a rien à voir.

Mec, je suis ton pote, je t'aime.

Je pense qu'il faut que tu trouves une bonne idée pour t'en sortir.

Quelle bonne idée ? Y a 6 prêts non déclarés.

Les banques le harcèlent, y a des factures pas payées.

C'est fini, lĂ .

OK, t'énerve pas.

Tu veux pas t'en sortir, OK.

C'est pas ça, mais je fais quoi avec tout ça ?

T'es face à de grandes responsabilités.

Comme Spider-Man.

"Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités."

[il rit]

[musique douce]

Fin de cuisson, tu mets du chou mizuna, tu fermes.

À servir bien chaud 5 minutes après.

C'est bon, ça. Je connaissais pas.

Tiens.

- Merci. - Merci à toi, pour le crédit.

- J'embarque tout ? - Ça marche.

Attention aux icebergs par ici.

Aujourd'hui, parlons de celui qui a inspiré des générations de navigateurs,

Bernard Moitessier.

En 1968,

le Sunday Times a organisé la première course autour du monde.

Le règlement était simple :

partir entre le 1er juin et le 31 août d'un port anglais,

et y revenir après avoir passé les 3 caps,

Bonne Espérance, Leeuwin et Horn.

Et Moitessier est parti

sur un bateau de 12 mètres.

À l'époque, pas de GPS, pas de téléphone, pas d'ordi, pas de prévision météo.

Et dans le cas de Moitessier, y a mĂŞme pas de radio.

Au bout de 7 mois, il est en tĂŞte. Il passe le Horn.

Et lĂ , devinez quoi. Il abandonne.

Il envoie ce message :

"Je continue sans escale vers les îles du Pacifique

"parce que je suis heureux en mer et peut-être aussi pour sauver mon âme."

[craquement du tonnerre]

[craquement du tonnerre]

[cri et gémissement]

[il gémit]

[il crie]

Putain !

C'est foutu.

C'est foutu.

C'est foutu, putain !

C'est impressionnant, lĂ .

Mais ça aurait pu être pire.

En 1993,

Bertrand de Broc s'est recousu la langue.

Ça, j'aurais pas pu faire.

C'est pas possible, ça. La bonne nouvelle,

c'est que j'ai repris 300 places.

Il a fait 25 000 vues.

C'était plus grave, votre accident ?

[soupir]

[Pierre] T'es grande, je peux te le dire.

Y a 25 ans,

j'ai fait une connerie.

Notre bateau était enfin prêt.

Alors, moi, j'ai...

j'étais pressé, je voulais sortir.

Alors que la météo était pas terrible.

Ton père voulait pas.

Et moi... j'ai insisté, comme un idiot.

[soupir] On avait fait Ă  peine un mile

que le vent a forci d'un coup.

Ton père a pris la baume sur la tête.

Il est tombé à l'eau.

J'ai attrapé le gilet de sauvetage, j'ai plongé.

L'eau était, mais, gelée.

[soupir]

On est restés un bon moment en hypothermie.

Il a failli y rester.

S'il y avait pas eu un bateau de pĂŞche pour nous sortir de lĂ ...

[petit rire]

Ton père a bu au moins 2 litres d'eau de mer.

C'est pour ça qu'il déteste le sel.

Ton père a toujours voulu être un marin, un aventurier.

Mais depuis ce jour-lĂ ...

impossible pour lui de remettre un pied en mer.

Impressionnant, jamais je pourrais faire ça.

Douillette comme t'es...

Avec l'adrénaline, tu sens rien, en fait.

Et avec tout le café que j'avale,

je vais devoir rationner la flotte.

Et l'éolienne, ça va ?

L'éolienne tourne, mais donne rien.

Je pense qu'il y a un truc pété. Les panneaux solaires, pareil.

Pour le groupe électrogène, faut que je voie ce que j'ai en essence.

On va s'appeler moins souvent.

Déjà qu'on se voyait pas beaucoup...

Désolé, ma chérie...

[le son coupe]

... des icebergs et je frĂ´le la zone d'exclusion

pour aller plus vite. Je dois ĂŞtre vigilant.

La course peut se gagner maintenant.

[répétitions de coups à l'extérieur]

[Jean-Paul] Qu'est-ce qu'il fout ?

Garage Simon ?

100 balles, il a sa pub sur YouTube tous les jours.

Mais attends, il est pas con, le gars.

Non, mais...

C'est notre premier sponsor, sérieux !

Y a un gars qui croit en ce projet.

D'autres vont y croire.

- Vraiment ? - 100, plus 100,

plus 100... On est au début de quelque chose.

[musique de méditation]

- Tout se passe bien ? - Oui, merci.

- Ça vous plaît ? - Ce cheesecake à la châtaigne est divin.

Vous connaissez bien Jean-Paul Chovaux ?

Lui et moi, on est comme ça depuis le collège.

Ah bon ?

Il a déjà fait de la voile ou c'est un geek accro à son jeu ?

Les deux.

Mais il peut plus naviguer.

Ah bon ? Pourquoi ?

- [raclement de gorge] - Qu'est-ce qui s'est passé ?

Pourquoi il vous intéresse tellement ?

Je suis journaliste pour Thalassa.

J'aimerais vraiment parler Ă  Jean-Paul.

Ce serait possible ?

Vous avez fini combien au dernier Vendée Globe ?

57 600.

LĂ , vous ĂŞtes dans le peloton de tĂŞte. 1 142e.

Bravo.

Pourtant, vous étiez plutôt mal parti, non ?

Euh, ouais... Mais vous savez,

le début d'une course, le départ est toujours stressant.

Plein ouest, c'était la bonne option.

Vous avez fait une remontada formidable.

Ah oui ? Merci.

Jean Le Cam dit : "Quand vous savez pas oĂą aller,

"allez Ă  l'ouest."

Donc j'ai suivi.

Vous avez déjà songé à quitter le bord, à descendre ?

Ça paraît si simple.

Oui, bien sûr. Ça m'a traversé l'esprit.

Aujourd'hui, vous en ĂŞtes oĂą ?

Aujourd'hui, ça va.

J'ai passé le cap Leeuwin, je rentre enfin dans le Pacifique.

Si tout va bien, dans une vingtaine de jours, le cap Horn.

Le mythique cap Horn, oui.

Et votre histoire, c'est une belle aventure familiale.

Avec votre père, vos amis en salle,

et votre fils en cuisine qui propose des plats délicieux.

- Pardon ? - Votre fils...

En cuisine.

Putain de merde.

Qu'est-ce que j'ai dit ?

Pourquoi vous mentez tous depuis le début ?

J'avais pas le choix.

Avec ton tocard de chef, on allait dans le mur.

Ferdinand a repris les rĂŞnes, y a de plus en plus de clients.

Va te faire foutre !

[respiration essoufflée] 40e Rugissants...

Qu'est-ce que c'est ?

[il souffle] C'est quoi, ça ?

Ardoise du mois.

[il souffle]

[raclement de gorge]

Tam tadadam ! Surprise.

- C'est quoi ? - Du homard, Abou.

[il rit]

T'es sérieux, toi ?

- T'en as combien lĂ  ? - Cinq.

- T'as cinq homards, lĂ  ? - [il acquiesce]

Que t'as payés combien ?

Rien.

T'as fait comment ?

La débrouille, gros.

"Va-t-il tenir ?

"Dans la tranquillité de la campagne, Jean-Pierre..."

(Ils se sont trompés, là.)

Ils ont mis Jean-Pierre et pas Jean-Paul.

"... a créé un refuge pour poursuivre sa passion.

"Un bateau soigneusement équipé

"est devenu son navire pour la course virtuelle du Vendée Globe."

"Son jardin est devenu son propre océan et son bateau,

"son moyen de transport vers la victoire."

Ça, c'est beau. C'est bien écrit.

"Il écrit sa propre aventure, prouvant que la passion et la détermination

"peuvent vous emmener partout,

"mĂŞme dans les recoins les plus inattendus de votre vie."

[musique mélancolique]

[sonnerie du réveil]

Qu'est-ce qu'il y a ?

Qu'est-ce qu'il y a ? Tu veux te battre ?

Tu veux te battre ? Viens.

Viens !

[petits cris]

[choc métallique]

J'achète 6 daurades, y en reste 4.

Y en a 2 qui se sont barrées.

- C'est toi, Abou ? - Non.

Tu les as pas prises ?

Tu me prends pour un voleur ? Je t'ai dit que c'est pas moi.

C'est toi, Antoine ?

- Moi ? - Oui, toi.

Je ferais quoi des daurades ?

Je sais pas, je m'en fous !

Tu les cuis, tu les donnes, je m'en branle !

Je veux savoir où elles sont. Elles se sont pas envolées.

[on toque]

Bonjour.

Gendarmerie. On vous dérange deux minutes.

On fait le tour des restaurants et commerces.

On enquĂŞte sur un vol de marchandises.

Donc si on peut faire le tour vite fait de vos frigos.

Comme ça, on fait notre enquête.

Y a des frigos lĂ , y a la chambre froide.

Commençons par la chambre froide.

Tu gères ceux-là.

- Vous me montrez ? - Bien sûr.

- Merci. - Vous cherchez quoi, exactement ?

Du homard. Y a eu des vols dans le secteur.

C'est tout bon, je vous dérange pas plus.

- Pas de problème. - Non, mais...

Merci beaucoup.

Autrement, en vivier Ă  homards ?

Non, on n'en a pas.

- Y a pas. - Bon pour moi.

- Désolé du dérangement. - Pas de problème.

Si on vous démarche, vous nous prévenez.

Ouais. Comptez sur nous.

- Bonne fin de journée. - Vous aussi.

Je vous raccompagne.

[la porte se ferme]

[il souffle] (Putain de merde.)

[soupir soulagé] Ah là là, ce coup de sang.

Waouh, on a bien fait de les écouler la semaine dernière.

- T'as des traces du menu sur le net ? - Non.

C'était sur l'ardoise.

On va se calmer.

- J'avais un bon plan pour les huîtres. - On arrête !

Merci, ma chérie.

[musique dynamique]

Nous recevons un marin hors pair,

qui fait son Vendée Globe sur Virtual Regatta,

mais dans son bateau

au fond de son jardin.

Il a fait le pari fou de ne pas en descendre.

Cap sur la Bretagne pour rencontrer Jean-Paul Chovaux.

Dans la vie, il est restaurateur Ă  Fouesnant

et son restaurant s'appelle "Les 40e Rugissants".

Bonjour, Jean-Paul.

D'où vient cette idée ?

C'est mon 4e Vendée Globe,

sur Regatta.

Donc je connais évidemment mes concurrents,

je sais qu'ils s'améliorent.

Je me suis dit : "Trouve une idée."

Quelle idée, en effet. Elle est un peu folle.

Oui, oui.

Mais vous savez...

c'est la vallée des fous, ici.

Justement,

puisque vous en parlez, on a un fou avec nous.

Il s'agit du Roi Jean en direct de la course.

Jean-Paul est 710e sur un million.

Quel est votre regard sur cette aventure ?

Ton aventure, c'est vraiment extraordinaire.

C'est vrai que ça peut paraître un peu...

un peu décalé, mais je pense que...

la folie et les grains de folie de tout un chacun

font qu'on fait des choses exceptionnelles aussi.

On est tous avec toi. Et tu verras,

tout ça va être une belle histoire

qui va bien se finir, j'espère pour toi.

Ça me touche, ce que vous me dites, Jean.

Vous voir parler, c'est incroyable pour moi.

Et souviens-toi que le Vendée Globe, c'est jamais gris.

C'est noir, blanc, des contrastes.

De temps en temps, on pleure de bonheur ou de détresse.

Les extrêmes de l'émotion sont marqués par les larmes du corps.

N'oublie jamais que pour gagner, il faut arriver.

Et à ton arrivée, on t'a réservé une belle surprise.

J'en dis pas plus, mais...

Je t'embrasse, et Ă  bientĂ´t.

[petit rire incrédule]

[il souffle]

T'as vu ?

Jean Le Cam ! HĂ© !

T'as entendu ce qu'il m'a dit ?

Oh, la vache.

- [grande expiration] - Qu'est-ce que t'as ?

J'ai une annonce de la plus haute importance Ă  vous faire.

On n'a pas le temps.

On arrête tout, les gars, s'il vous plaît.

La MACIF a dit oui.

C'est-Ă -dire ?

La MACIF a dit oui pour nous sponsoriser !

Non ?

Le sponsor historique de la voile.

- Sérieux ? - Oui !

- C'est une blague ? - Lis ça.

Allez, c'est une blague ?

"Son aventure est extraordinaire,

"nous sommes heureux de participer Ă  hauteur de..."

De ?

De 15 000 euros.

15 000 euros, j'ai trouvé.

15 000 euros, c'est énorme.

C'est un an de loyer de mon père, de dettes, de factures...

T'as fait comment ?

Je suis allé sur le port.

J'ai regardé les sponsors sur chaque bateau.

Je les ai appelés, j'ai pris des vents.

Mais un gars très sympa à la MACIF m'a répondu :

"Banco. Je vous sponsorise, monsieur, avec le plus grand des plaisirs."

T'es un fou ! C'est un fou ! T'es un génie.

J'ai bien entendu ? Répète.

Non, t'es chiant parfois.

Parfois, tu fais des dingueries, mais t'es un génie.

Ah, merci.

Ferdinand ? Papa est lĂ .

J'arrive.

T'es un vrai skipper, maintenant.

Tu parles.

(Approche.)

Salut.

Salut.

- Ça va ? - Ça va.

T'as préparé quoi pour ce soir ?

Ce que j'ai préparé...

J'ai fait des roulés de soles, des galettes de sarrasin,

des mini burgers

au foie gras et des Saint-Jacques en entrée.

Ensuite, on va manger un chapon farci

et en dessert, j'ai fait une bûche avec une mousse de kiwi.

- Des kiwis ? - Ouais.

Tu cuisines plus local ?

Si.

Si, j'ai une productrice qui les cultive Ă  20 km d'ici.

Des kiwis bretons.

[Raclement de gorge]

Vous pouvez me retirer la bouteille ?

Ça fait 40 jours que je bois pas...

Pensez un peu Ă  moi, merci.

Bon, ben...

Assez parlé de cuisine.

Si on ouvrait les cadeaux ?

- Ça va, le chapon ? - Oui, on a le temps.

Alors...

Waouh.

- Ça te plaît ? - Oh, il est trop beau.

- Tu sais à quoi ça sert ? - C'est pour dessiner...

- Merci. - À l'ancienne, un peu.

Il est beau, hein ?

Joyeux Noël, chou.

T'as vu, papa ?

Il est beau, hein ? Il est articulé et tout.

Très beau.

Pardon.

- C'est pour moi ? - Oui.

C'est de la part de qui ?

De ta sœur et de moi.

- Ah. - C'est ta sœur qui l'a choisi.

Tu l'as fait broder et tout ?

Alors ?

LĂ , un vrai chef.

Moi aussi, j'ai des cadeaux.

Je suis super content, merci beaucoup.

Ça, c'est pour toi.

- Ça, c'est pour toi, papa. - Ouvre-le.

Ouais, ouvre-le.

C'est original, ouais.

Ouais. C'est super !

J'ai dĂ» attendre 89 ans

pour avoir un bol breton avec mon nom.

Tes cadeaux sont oĂą ? Dans le bureau ?

Non, j'en ai pas fait.

J'y ai pas pensé.

De toute façon, ça changerait quoi ?

Ça changerait pas grand-chose.

Vous ĂŞtes bien, en famille, sans moi. Vous ĂŞtes bien.

ArrĂŞte.

Quoi, c'est pas vrai ?

J'ai raison ou j'ai pas raison ?

Ă€ quoi je sers, moi ?

Vous avez pas besoin de moi. Je suis lĂ , seul comme un con.

Tu veux quoi ?

On est tous lĂ , tous les jours !

Y a des résas tous les soirs, des articles dans la presse.

- Ouais, on est mieux sans toi. - VoilĂ .

- Ferdinand... - Mais c'est vrai !

Je le fais pas pour toi.

Finis ta course, descends de ton bateau et je me casse !

C'est pas possible !

Vous savez quoi ? C'est bizarre...

Je vous regarde vivre depuis tout Ă  l'heure,

et c'est comme si j'étais mort.

Ce serait mieux si j'étais mort, non ?

Hein ? Ça changerait quoi ?

Ça changerait rien. Voilà. Hein ?

Camille ?

Ça changerait quoi si ton père était mort ?

Hein ?

Ça changerait quoi ?

ArrĂŞte.

Ouais. Joyeux Noël.

Viens.

[elle renifle]

Pleure plus. Ne pleure pas.

Hein ?

Allez.

[grincement du placard]

Toi aussi, t'as tout gâché.

T'avais promis.

Tu sais comment il est quand il va mal. Faut rien dire.

T'as raison.

Je suis désolé.

J'y suis pour rien dans vos histoires de grands.

Tu peux peut-ĂŞtre vivre sans papa et maman,

mais moi, j'ai besoin de lui.

Salut, Jean-Paul, c'est Charlie Dalin.

Mon sponsor, la MACIF, m'a raconté ton aventure.

C'est à la fois inattendu et super d'avoir un collègue en mer sur terre.

Je vais essayer de te suivre sur Virtual.

Et je te souhaite bon vent.

Salut, Marco. Ça va ?

Oh, le professeur.

Michel Desjoyeaux, quel honneur.

J'ai eu de bons échos, ici.

Merci beaucoup.

- Tu nous as préparé une table ? - Oui, face à Jean-Paul.

[murmures interrogatifs]

[Marco] VoilĂ , avec vue sur mer.

Merci.

- Je vous en prie. - Merci.

Vous avez l'ardoise pour faire votre choix.

Très bien. Ah !

- Bougez pas. - Merci.

- Je reviens prendre la commande. - Merci.

C'est une cuisine locale.

C'est hyper inventif et très bon.

Produits locaux, cuisine maison, sympa.

- On a une vue pas mal. - Oui, vue mer.

Il est courageux.

Bonjour.

Excusez-moi...

- Est-ce que je peux vous demander un... - Allez.

Pour Ghislaine, s'il vous plaît.

- Excusez-moi. - Je vous en prie.

BientĂ´t le cap Horn.

Faut pas qu'il serre trop la cĂ´te.

Faut bien faire le tour par le large,

y a les vents de la cordillère des Andes.

Si tu coupes trop près, t'as pas de vent.

Vous l'avez vu le cap Horn ?

Je l'ai passé 3 fois.

La première fois, de nuit, j'ai rien vu.

Et les deux autres, il s'est découvert au dernier moment.

T'as plein de nuages tout le temps ici.

C'est pas sympa du tout.

Le truc sympa, c'est les albatros qui volent autour de toi.

C'est magique Ă  regarder.

[Jean-Paul vocalise]

[petit cri guerrier]

[il vocalise Ă  nouveau]

[cris de transe]

Bonne nuit, mon papa.

Vous avez fait un trouble du rythme cardiaque.

Une fibrillation auriculaire.

Là, elle est plutôt stabilisée, fréquence à 90,

mais je pense que l'épisode initial

est dĂ» Ă  une arythmie rapide.

Ça nécessite une hospitalisation.

[Pierre] Je veux pas aller Ă  l'hĂ´pital.

À la moindre accélération du cœur,

vous risquez l'infarctus.

Mais je vais pas Ă  l'hĂ´pital.

C'est non.

Votre pronostic vital est potentiellement engagé.

Ça peut recommencer

et la souffrance myocardique peut ĂŞtre plus importante.

[Ferdinand] Papy, s'il te plaît.

[médecin] On hospitalise pas les gens par plaisir.

Si on vous dit que c'est nécessaire, c'est que c'est le cas.

Pas maintenant, je veux pas.

Je veux pas.

Bon. Vous avez des facteurs de risques cardiovasculaires.

C'est quoi, ce que je vois sur la table de chevet ?

C'est un livre.

Non.

Dans le cendrier.

Tiens.

Une petite cigarette.

C'est pas une petite cigarette, tu fumes un paquet par jour.

Je vais rester ici et le surveiller.

Vous pourrez rien faire en cas de récidive.

(Je veux pas.)

Si vous voulez pas changer d'avis,

je vous laisse à domicile en signant la décharge.

Ă€ vous et votre petit-fils.

- Je reste là. - C'est risqué.

Merci.

- Au revoir. - Merci, au revoir.

Tu vas pas Ă  l'hĂ´pital ?

Je reste ici.

Tu promets de rester au lit ?

Oui, je promets.

On va pas l'inquiéter. Faut qu'il finisse sa course.

C'est ce que veut papy.

Et s'il arrive quelque chose Ă  Pierre ?

Ben, il lui arrivera rien.

Et si Jean-Paul appelle, je m'en occupe.

OK ?

OK...

Je vais en cuisine.

[Jean-Paul] Cap Horn !

Ça y est !

On y est, Jean.

Alors ?

Une fois dans ta vie, ça.

On est au cap Horn.

C'est bien ça.

- [cri d'oiseau marin] - Ça, c'est bien.

HĂ©, le cap Horn !

Salut, le cap Horn !

Salut !

Oh oui. Mais oui, mon Jean, on est bien tous les deux.

On est bien tous les deux.

Mon Jean que j'aime.

Mon Jean que j'aime. Mon Jean que j'aime.

[soupir heureux]

Je commence autour du chou.

Et je fais un cercle.

Ensuite, je passe au cabillaud

que je vais poser comme ça.

Les noix de Saint-Jacques.

Les moules.

OK, et maintenant, je vais prendre de la coriandre

que je vais disposer ici.

Toujours dans l'idée de créer du volume.

J'ai aussi des feuilles d'oseille rouge, que j'aime bien,

que je viens poser.

J'ai des pousses de petits pois.

Des pousses de betteraves.

Et je viens terminer avec la crevette

que je vais mettre comme ça.

Et voilĂ , la choucroute de la mer du 40e Rugissants

qui sera à la carte dès la semaine prochaine.

À très vite.

[vibreur]

[Ferdinand] AllĂ´ ?

Ça va ?

Ouais.

T'as fini le service ?

Ouais, on a fini y a... Je sais pas, y a une heure.

Ça va, toi ?

Oui, oui.

Tu peux sortir 5 minutes ?

J'aimerais te parler.

On peut se parler lĂ , non ?

Je veux te parler pour de vrai.

Tu veux que je monte ?

Oui.

J'ai le droit ?

On s'en fout, monte.

J'ai compris ce que j'étais venu faire sur ce bateau.

J'ai eu le temps de réfléchir.

Réfléchir l'esprit clair, ça m'était pas arrivé depuis longtemps.

Et franchement, c'est pas mal.

J'ai toujours été un suiveur dans la vie.

Tu me l'as reproché, souvent.

J'ai suivi ta mère pour le resto...

J'ai suivi ton grand-père pour le voilier...

J'ai jamais rien fait pour moi.

Alors, lĂ , je me dis que...

que je peux gagner cette course.

Et mĂŞme si je la gagne pas,

j'aurai gagné autre chose.

Je pourrai pas revenir en arrière.

Tu comprends ?

[Ferdinand rit]

Je suis pas sûr de comprendre, non. Ça veut dire quoi ?

Tu vas... quoi ?

Rester vivre ici sur ton bateau ?

Non.

Mais je retournerai pas au resto.

Ça, c'est sûr.

Parce que c'est pas moi.

Toi, t'es fait pour ça.

Hein ?

C'est pour toi, ça.

Ça a toujours été pour toi.

Si tu veux le resto, il est Ă  toi. Je te le donne.

On va chez le notaire, on signe.

C'est réglé comme ça.

Et si je dis non ?

C'est pas grave si tu dis non.

On vend.

Toi, tu vas faire quoi ?

Tu vas vivre comment ?

Camille fait comment ? Elle a besoin de toi.

Eh ben...

Je trouverai une autre idée.

Toi et tes idées.

Je suis fier de toi.

Tellement fier de toi.

Moi aussi, je suis fier de toi, papa.

Papa répond pas, mais il continue.

Il est dans les 10 premiers

et il reste plus que 4 jours.

Tu sais,

ton père croyait faire un tour du monde sur son bateau.

Mais en fait,

il fait le tour de son monde.

[brouhaha des journalistes]

[claquement du feu d'artifice]

[air Ă  la cornemuse]

[applaudissements]

[public] Jean-Paul ! Jean-Paul ! Jean-Paul !

[cris de joie]

[musique douce]

Ouais !

[Marco] Trois !

Deux !

Un !

- Zéro ! - Ouais !

Allez, venez !

- T'es contente ? - Oui.

Tiens, regarde.

Il est lĂ .

- En rouge ? - Ouais, en rouge.

Ça fait quelque chose.

Quel plaisir.

Quelle bonne surprise.

- Bonjour. - On s'embrasse.

Ravi d'être là. Très honoré.

- C'est de l'émotion. - Ouais.

- Bonjour. - Camille, ma fille.

[Jean] Quelle bonne idée d'avoir amené ta fille.

Le grand saut.

Allez, tout va bien se passer. Ta main.

- Allez. - VoilĂ .

Je pensais pas le revoir sur l'eau.

[musique douce Ă  la guitare]

[remous de l'océan]

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