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Zulu
Allez-y, continuez.
Les juifs utilisent le sang de bébés chrétiens
- pour faire quoi ? - Pour leurs rituels,
ou leurs dĂźners, dans le but de contrĂŽler le monde.
Pour leurs dĂźners ?
Et ils le servent dans des verres, ce sang de chrétien ?
Comme une boisson ? Ou c'est un condiment,
comme une sauce qu'on verserait sur le plat ?
Je n'y ai jamais assisté, donc je l'ignore.
Tu te moques de moi, enfoiré ?
Pas du tout. Vous le faites trĂšs bien tout seul.
Je veux juste savoir comment contrĂŽler le monde.
Tu me fais passer pour un con,
mais je réponds juste à ta question, abruti de youpin.
Bon, ça suffit.
J'ai eu ma dose d'antisémitisme, ce soir.
STUDIOS DE KOA, DENVER 1983
Merci, cher auditeur, pour ce tissu d'Ăąneries puritaines.
VoilĂ le problĂšme que j'ai avec tous les fanatiques et fondamentalistes,
qu'ils soient catholiques, orthodoxes ou membres du KKK.
Votre point commun, et vous ĂȘtes trop ignorants pour le voir,
c'est que vous n'ĂȘtes pas armĂ©s pour affronter le monde,
alors votre seul recours est de faire en sorte que les autres soient malheureux.
INSPIRĂ DE FAITS RĂELS
VoilĂ le problĂšme.
Notre pays est grand, mais on est tous coincĂ©s dans nos tĂȘtes.
K-O-A !
File la bouteille.
La plupart des gens sont convenables...
T'entends ces conneries ?
Ouais.
- Saloperie de juif. - Ouais.
Ouais, on l'emmerde.
Il mérite qu'on le flingue.
Pourquoi venir lĂ en pleine nuit ?
Bob veut quoi ?
Il chasse quoi, dans le noir ?
- Je sais pas. - Des chauves-souris ?
Il veut peut-ĂȘtre te recruter.
Les juifs sont loin d'ĂȘtre si organisĂ©s.
On y est.
C'est juste lĂ .
Oublie pas la sécurité.
Ici Alan Berg. Prenez soin de vous.
Elle dit : "Dégage de là , putain."
Et moi : "D'accord, je me casse." Et ça coule.
En sortant du bar, je patauge dans ma propre pisse.
Elle a pas trouvé ça trÚs drÎle, mais moi, si.
On va oĂč, bordel ? Je pige pas.
Si Bob veut parler,
il peut pas le faire au bar ?
VoilĂ le problĂšme, Walt.
Tu parles trop.
Au moins, lĂ , il la ferme.
THE ORDER LA CONFRĂRIE DE L'OMBRE
VENEZ RĂCLAMER VOTRE DROIT INALIĂNABLE POUVOIR AUX BLANCS !
Salut, c'est moi.
Comment vous allez ?
Je viens d'arriver, et...
Je m'installe.
Mais...
J'ai l'impression que c'est vide.
Alors...
Y a pas le feu...
mais vous venez quand ?
Peut-ĂȘtre dans...
deux semaines ?
Faut que vous voyiez ça...
Le paysage est...
Comme ils disaient, c'est vraiment quelque chose.
Je pense Ă vous.
Vous pourriez faire des randos.
Ou pas.
Appelez-moi.
Tenez-moi au courant.
Je vous aime.
BUREAU FĂDĂRAL D'INVESTIGATIONS
SUJET : NATIONS ARYENNES
18 DĂCEMBRE 1983 SPOKANE, ĂTAT DE WASHINGTON
Unité 14, RAS.
OĂč est la bombe, Gary ?
Pourquoi elle pĂšte pas ?
Je sais pas.
Ici 10-13, au coin de la deuxiĂšme et de la troisiĂšme...
Désolé, Bob.
On fait quoi ?
Continue à écouter.
Tout le monde Ă terre !
Appelle ton chef ou j'te butes !
Ă terre !
- Son nom ? - Ralph.
Plus fort.
Ralph, amĂšne-toi.
- TĂȘte contre le sol. - Il est oĂč ?
- Bouge. - Que se passe-t-il ?
Le coffre. LĂšve les mains.
Regarde-moi, pas lui, ou je tire.
Bronche pas.
Ralph, ouvre le coffre-fort ou elle crĂšve, compris ?
T'es sourd, enfoiré ?
Dis Ă Ralph que tu veux vivre.
- Je veux vivre. - RépÚte.
- Je veux vivre. - Ouvre.
- DĂ©pĂȘche ! - Mets l'argent dans le sac.
Mets l'argent dans le sac. Ouvre la caisse.
Qui a fait ça ?
Magne-toi.
- Allez ! - Merde.
Ouvre ce putain de coffre. Me pousse pas Ă bout, ducon.
Allez.
C'est ta banque, bordel ! Ouvre-le !
Me force pas Ă tirer. Les billets de cent d'abord.
Ouvre la putain de porte.
Allez !
Vite.
Alarme incendie déclenchée, pas de réponse.
Quatre-sept-un-un en route. Je suis à cÎté.
Merci, 4-7-1-1. Reçu.
Aide-le.
Va dans le coffre-fort.
Donne-moi le sac. Allez.
- Ă terre, putain ! - Mets l'argent dans le sac.
- Plus vite ! - ...l'argent !
Magne-toi ! Allez.
Magne-toi.
Lùche ça.
- Tout de suite. - Recule.
Baisse la tĂȘte, toi.
Avance lĂ -bas.
Plus vite ! Grouillez-vous !
Vite ! On y va !
Donne-moi le sac. Couche-toi.
- Allez ! - C'est l'heure. Faut y aller !
- Baissez la tĂȘte. - Allez.
Baissez la tĂȘte.
Putain !
Allez !
- Tire dans les pneus. - Bouge pas.
On y va !
Allez, monte !
- On a déchiré, putain ! - On a réussi !
- J'y crois pas, bordel. - Regarde-moi tout ça !
- Putain ! - Bordel de merde !
Zillah.
Mon Dieu. Ăa va ?
Oui, un antivol à encre a explosé.
Je reste pas, je dois rentrer.
- C'est quoi ? - Regarde.
Regarde dans l'autre.
La vache !
Oui.
Ăa fait combien ?
Il veut que tu restes.
Tu veux que je reste ?
"Oui !"
C'est lui qui le dit.
COMTĂ DE KOOTENAI SHĂRIF
Bonjour.
Agent Husk.
Merci.
Je vous ai apporté des donuts.
Le shérif est là ?
Shérif Loftlin.
Terry Husk.
J'ai été surpris de votre appel.
Le FBI n'a pas envoyé d'agent ici depuis un bail.
Il paraĂźt.
Encore moins un agent réputé.
KKK, Cosa Nostra ?
Vous allez vous ennuyer, ici.
Oui.
Je l'espĂšre.
Les seuls criminels ici sont ceux qui pĂȘchent la truite sans permis.
Venez dĂźner Ă la maison, un soir.
On fait de sacrĂ©s barbecues. Vous ĂȘtes le bienvenu.
Quand ma famille sera lĂ , avec plaisir.
- Ce serait super. - Merci.
Formidable. Ă bientĂŽt.
J'ai une question au sujet de tracts que j'ai vu affichés partout en ville.
"Suprématie blanche."
Ce genre-lĂ .
Ăa vient de Nations Aryennes ?
Richard Butler se tient tranquille ?
Son domaine est loin d'ici ?
C'est pas à cÎté.
C'est prĂšs de Hayden Lake.
Assez proche d'ici.
Proche comment ?
Ă 15 ou 20 minutes en voiture.
Juste lĂ .
Merci pour ton aide, Jamie.
- Retourne bosser. - Oui, chef.
Je l'admets, Butler et son église sont malsains,
mais ils restent entre eux.
Faut pas tenter le diable, c'est ça ?
On a d'autres chats Ă fouetter.
Bonne journée.
Je peux en piquer une ?
- J'ai laissé les miennes dans la voiture. - Salopard.
CORĂE 50-53 US MARINES
Bonne journée.
Monsieur.
Vous avez oublié ça.
Mon pÚre était marine.
Moi c'est Jamie.
Enfin, l'Adjoint Bowen.
- Alors... - Quoi ?
Vous vous intéressez à Hayden Lake ?
Vous savez, les tracts...
Ils n'impriment pas que ça.
Salut, mon grand.
Comment ça va ?
Ăa a Ă©tĂ©, l'Ă©cole ?
Tu dis bonjour au monsieur ? Tu dis "enchanté" ?
- Enchanté. - Enchanté.
- Voici l'Agent Husk. - Bonjour.
- Terry. - Kimmy.
Ils impriment aussi des faux billets.
- Comment tu l'as eu ? - Par un ami.
Il s'appelle Walter West, on a grandi ensemble.
- Le voilĂ . - Il est aux Nations Aryennes ?
Oui. On Ă©tait dans le mĂȘme lycĂ©e.
Y a quelques semaines, je l'ai croisé au bar.
Il était bien éméché et plutÎt bavard.
Il m'a montré ça en disant : "C'est que le début."
Le début de quoi ?
Ăa, c'Ă©tait en juin.
Une synagogue attaquée à Boise.
Puis, Ă Spokane en octobre, des braquages de sex-shops.
Vous avez su pour le braquage de notre banque ?
Walter dit que c'est eux ?
Il dit qu'ils ont des explosifs.
Et qu'ils se constituent un trésor de guerre.
OĂč est Walter ?
Disparu depuis 15 jours.
Tu as contacté sa famille ?
J'ai appelé sa femme, Bonnie Sue.
Elle ne l'a pas vu.
Mais elle refuse de le signaler.
Ăa intĂ©resserait le FBI ?
Je n'ai jamais vu un groupe néonazi braquer des banques.
Et si c'était différent ?
Les gars voulaient fĂȘter ça.
Ăteins-moi ça. C'est pas un carnaval, ici.
D'accord, je l'éteins.
ArrĂȘtez de brĂ»ler des croix. Il ne faut pas attirer l'attention.
Bob, il y a presque 50 000 $, lĂ -dedans.
- Ah oui ? - Oui.
Donne 5 000 $ Ă tout le monde.
- On fait quoi du reste ? - On le met de cÎté.
- C'est toi, Sam ? - Oui.
Merci d'ĂȘtre venu. Je suis Bob Mathews.
David m'a dit que vous étiez organisés, mais je m'attendais pas à ça.
C'est un début.
- Lane a dit quoi d'autre ? - Tu lĂšves une milice.
Tu cherches Ă l'entraĂźner.
- Et c'est toi le meilleur ? - Oui.
Tu nous trouveras des armes ?
Tout ce que tu veux.
Mais pourquoi ?
Vous comptez vraiment agir ?
C'est déjà le cas.
1 000 $ par mois, ça te va ?
C'est un salaire rare pour un honnĂȘte homme dans ce pays.
C'est parce que ce n'est plus notre pays.
On est d'accord.
Ă chaque rĂ©volution, un premier coup de feu doit ĂȘtre tirĂ©.
- Tu veux nous y aider ? - Oui.
Ce n'est qu'un avant-goût. Bienvenue.
T'Ă©tais oĂč ?
OĂč est Clinton ?
Je viens de le coucher. Il voulait te voir.
Ah oui ?
Tiens.
C'est quoi, tout ça ?
Une surprise pour toi.
- Bob. - Ouvre-le.
Bob...
- C'est quoi ? - C'est pour toi, pour notre avenir.
OĂč t'as eu tout ça ?
Salut, papa.
Désolé, mon grand, je t'ai réveillé ?
J'ai pas fait exprĂšs.
Viens lĂ .
Je te ramĂšne au lit.
J'ai dit aux gars de passer manger.
Les Carnets de Turner.
- Tu vois l'image ? - Oui.
- C'est Earl Turner. - D'accord.
Il marche dans les montagnes.
Il veut s'échapper des villes.
OĂč il va ?
Il cherche un endroit comme chez nous.
Oui.
"Je m'appelle Evan, et si vous lisez ces pages,
"c'est que j'ai quitté ce monde.
"Mon histoire fut éprouvante, mais j'espÚre qu'elle vous montrera
"que le changement n'est possible que si on est prĂȘt Ă se battre pour lui.
"Chapitre un. Le commencement.
"Les bois de la vallée étaient humides.
"C'était dangereux d'y entrer."
Sers-lui un verre, Don.
Ăa fait quoi de m'appeler Ă l'aide ?
Ăa a l'air de te rĂ©jouir.
Je jubile.
J'ai appris pour ta frayeur Ă New York.
- Comment tu te sens ? - Vieux.
J'essaie de lever le pied.
C'est-Ă -dire ?
Je vais trouver un coin sympa.
Je ferai venir
Molly et les filles.
Pour commencer Ă recoller les morceaux.
- Terry. - Oui.
- T'as oublié à qui tu parles ? - Quoi ?
"Recoller les morceaux." C'est ton plan ?
Tu m'as manqué, Terry.
Pourquoi tu m'as appelée ?
T'as trouvé quoi ?
Rien. Pourquoi ?
Qui t'a informée ?
Trois hommes armés, un chauffeur.
Blancs, pas identifiables.
- Des caméras ? - Non.
Ils ont laissé la voiture devant un cabinet dentaire.
Pas d'empreintes, rien.
Achetée dans les petites annonces pour 500 $.
Ils sont patients. Ils attendaient.
Oui, ils l'ont prémédité.
Ils ont pris 45 000 $.
- Des suspects ? - Non. Et toi ?
Un jeune au bureau du shérif
soupçonne Nations Aryennes.
Ăa colle, selon toi ?
Pas vraiment, non.
Non.
Je croyais que tu levais le pied.
Et pour les explosifs ?
On a trouvé une bombe dans un sex-shop deux jours aprÚs la banque.
Elle n'a pas explosé. Le détonateur était mal branché.
Pourquoi tu me parles d'explosifs ?
C'est bon de te voir.
Va chier.
Tu connais bien cette Bonnie Sue ?
Elle est gentille. On Ă©tait dans le mĂȘme lycĂ©e.
Elle ne veut pas parler.
Vous ĂȘtes toujours amis.
- Oncle Randy ? - Oui ?
Vous me reconnaissez ? Jamie Bowen.
Oui.
Bonnie Sue est lĂ ?
- On peut parler ? - Il est mort ?
- Pourquoi tu dis ça ? - Bowen dit que vous avez signalé
la disparition de Walter,
mais n'ĂȘtes jamais venue au poste. Pourquoi ?
C'est un ivrogne.
Et alors ?
C'est pas la premiĂšre fois qu'il disparaĂźt.
Vous l'avez vu quand en dernier ?
Il y a trois semaines, je crois.
Il est parti avec des types et...
Quels types ? Il était avec qui ?
Des noms. Qu'est-ce que vous cachez ?
Qui vous protégez ?
- Putain... - Désolé, Bonnie.
Bonnie, attends.
Attends.
- Putain... - Je connais pas ce mec. Désolé.
Tiens.
J'ai trouvé bizarre que tu deviennes flic.
Pourquoi ?
T'étais différent.
T'étais gentil.
Merde.
Il était avec Gary et Bruce.
Bruce Pierce ?
Oui. J'étais contre.
Je trouvais ça dangereux. Il m'a pas écoutée.
Pourquoi dangereux ?
Walt parlait trop.
Il parlait de quoi ?
De Bruce et sa bande qui voulaient le recruter.
Sa bande ? Nations Aryennes ?
Non un autre truc, ça avait un nom.
Tu sais oĂč ils allaient ?
Chasser, d'aprĂšs eux.
Walter a pris son arme.
OĂč ?
Chez Bruce ?
Désolé.
Tout le monde ne porte pas de capuche blanche pointue, ici.
Je sais que c'était une tactique à la "gentil flic, méchant flic",
mais pas besoin d'ĂȘtre un salaud.
Ăa a marchĂ©.
RĂSISTANCE BLANCHE
LES CARNETS DE TURNER
Ici.
Attention.
Merde.
C'est Walt ?
C'est lui ?
Oui.
On prend le relais.
Vous voulez quoi ?
Tu me montres Hayden Lake ?
Le révérend Butler va vous recevoir. Suivez-moi.
Merci de votre visite, Agent Husk.
Peu d'hommes de votre profession sont enclins Ă une discussion courtoise.
Notre Ăglise ChrĂ©tienne de JĂ©sus-Christ
est un lieu oĂč tous les blancs, comme vous,
peuvent assumer leur histoire et entrevoir leur avenir.
Pour nous, les chrétiens blancs méritent une nation blanche.
Mais on ne pousse pas nos membres Ă enfreindre les lois pour autant.
Certains le font.
Vous devez le comprendre.
Vous ĂȘtes membre de la secte du gouvernement fĂ©dĂ©ral.
Savez-vous...
oĂč ils sont ?
Non.
Gary et Bruce sont de jeunes hommes cupides
qui ont perdu toute retenue et qui ont quitté notre congrégation.
M. Bentley y a veillé personnellement.
Pourquoi ça ?
Ils imprimaient de faux billets ici,
alors, on les a chassés.
Pourquoi les cherchez-vous ?
Vous le connaissez ?
Walter.
Certaines de vos brebis égarées se rassemblent pour former
leur propre groupe.
Et ils montent en puissance.
Vous pensez que Gary et Bruce sont responsables ?
Si j'étais vous, je m'en inquiéterais.
Car ils ont goûté au pouvoir.
ContrÎlez vos brebis égarées.
Ou vous perdrez tout le troupeau.
J'ignore oĂč ils sont.
Mais si je l'apprends, je vous appelle.
Merci de nous avoir reçus.
C'est quoi ?
Un roman de fiction, pour les enfants.
LES CARNETS DE TURNER
Vous devriez le lire, fiston.
Merci.
Connie !
PrĂȘte-moi Carissa pour la cĂ©rĂ©monie.
- Tu veux venir ? - Elle dort.
Bob dit que c'est un honneur.
- Tu viens ? - Ne la réveille pas.
- Bob, voici Tony Torres. - Tony, enchanté.
- Enchanté. - Moi, c'est Bob.
"Torres" ? C'est mexicain ?
Non... C'est espagnol.
En fait, c'est Taurus.
- Ăa veut dire "taureau". - Taurus ?
C'est espagnol.
Je suis blanc, pur européen.
Pas mexicain.
Parle-moi de toi. Tu as eu des soucis Ă Seattle ?
Des macaques lui ont volé son travail.
Désolé pour toi.
David a parlé de... ce qui t'est arrivé quand tu étais petit.
Tu veux bien nous raconter Ă tous ?
Un macaque a tué mon ami.
Il l'a suivi aprĂšs les cours et...
Il l'a descendu ?
Comment tu t'es senti ?
Je savais pas quoi faire.
J'étais perdu.
J'ai quitté l'école.
J'ai pas eu mon diplĂŽme.
Sans diplĂŽme, pas de travail, et on quitte le droit chemin, pas vrai ?
Désolé. C'est injuste.
C'est pas ta faute.
Mais...
ça va aller.
On t'offre un salaire, ici.
Et des amis.
Une famille.
Tu te joins Ă nous ?
- Oui. - Bienvenue.
- Merci, Bob. - Tu es ici chez toi.
- Merci. - Sam.
Enchanté, Sam. Appelle-moi Tony.
- Tony, enchanté. - Moi, c'est Gary.
Moi, en tant qu'aryen libre, je prĂȘte Ă jamais serment,
au nom des enfants portés par nos femmes,
de m'unir avec mes frÚres ici présents.
Car nous sommes en guerre et ne déposerons les armes
qu'une fois nos ennemis vaincus.
Il est temps de reprendre la nation qui nous a été promise par nos pÚres.
Et par notre sang et Sa volonté,
cette nation sera celle de nos enfants.
- Que Dieu nous protĂšge. - Amen.
Tu les mets à sécher là .
Il faut les mettre lĂ -dedans.
Prends une poignée.
Il faut trier tous les billets, vu ?
Ceux de dix, vingt et cinq.
On les regroupe en liasses de 50 avec un élastique.
DerniĂšre chose.
Bob voulait t'offrir ça. Approche.
Sérieux ?
- Il me l'offre ? - Oui.
T'es l'un des nĂŽtres.
- D'accord. - Tout ira bien.
Je t'ai déjà averti, fiston.
Tu joues avec le feu.
Robert, tu as un don.
Une voix.
Merci, monsieur.
N'emprunte pas ce chemin.
On ne vole pas.
- Tu attires l'attention. - De qui ?
Du FBI.
Ils ont retrouvé Walter.
Nos objectifs sont les mĂȘmes.
Dans dix ans, nous siÚgerons au CongrÚs, au Sénat.
VoilĂ comment on procĂšde.
- Ăa prend du temps. - C'est ton problĂšme.
Tu es Ă la fin de ta vie et tu n'as rien accompli.
Rien.
Tu prĂȘches des thĂ©ories raciales, nous, on les vit.
- Je refuse d'ĂȘtre toi. - Renonce, Robert.
Sinon quoi ?
Trouve ce qu'ils préparent.
Il faut lui couper les ailes.
- Ăa va, mon grand ? - Bien.
Jamie, un type dehors m'a dit de te donner ça.
CARNETS DE TURNER
- C'est quoi ? - Quand ?
Ă l'instant.
Jamie ?
La piste est solide ?
Oui.
C'est qui, lui ?
- Adjoint Bowen. - L'info vient de lui.
Et pourquoi tu lui as dit de venir ?
C'est pas le lieu pour un rencard. Je passe devant.
23 AVRIL 1984 SEATTLE, ĂTAT DE WASHINGTON
Qui est-ce ?
- FBI. Reculez ! - Mains en l'air !
- Allez ! - Mains en l'air !
Avez-vous vu cet homme, Gary Yarborough ?
Il vient de partir.
- Il y a quelqu'un d'autre ? - Non.
Tournez-vous.
Il a loué 15 jours la chambre de ma fille.
Il était avec ses amis, des braves garçons.
Merde.
L'AMBASSADE CINĂMA PORNO
C'est bon, Carlos.
C'est fait. Vous avez le feu vert.
Bien reçu. à nous de jouer.
Ils vont sortir.
à toutes les unités de démineurs.
Vous ĂȘtes demandĂ©s d'urgence
sur Third Street, cinéma L'Ambassade.
Détails encore inconnus.
- On est en route. - Bien reçu.
Non, c'est une diversion.
- Ouvre la porte ! - Mais...
- T'as entendu ? - Putain !
Ouvre la putain de porte. Tout de suite !
- Tout de suite ! - Ouvre !
Ouvre la porte !
Reculez ! Tout de suite !
- Reculez, bordel ! - Regarde, enfoiré !
J'ai dit, reculez !
Me force pas Ă tirer !
LĂąchez-le, putain...
Merde.
- Sors de lĂ ! Allez ! - D'accord !
- Ou je te bute ! - OK !
- Sors de lĂ , vite ! - OK, tirez pas !
- à terre ! - Couche-toi, enfoiré !
Couche-toi !
- Me regarde pas. - Bouge pas !
à toutes les unités, code 2-1-1 en cours.
à l'entrée sud de la galerie Northgate.
- C'est eux. - Suspects armés.
Merde !
Terry, rendez-vous au cinéma.
Négatif.
On a un tireur sur le parking.
Si vous bougez, il vous fait exploser la cervelle.
Bouge pas, bordel !
Le fric !
Allez !
- Donne ! - Vite !
Bouge pas !
Ils sont lĂ .
Merde !
C'est le dernier !
Couvre-moi.
Vite !
Allez !
Démarre, bordel. Allez !
Je le tiens.
T'as pas entendu ?
T'as pas entendu, bordel ?
Enfoiré !
T'as pas entendu ?
Désolé.
- T'as pas compris ? - Désolé.
- Putain. - Désolé.
Putain !
Connard !
Bordel de merde !
C'est bon.
Un whisky.
Pour lui aussi.
- Je sais pas ce qui m'a pris. - Je passe l'éponge.
Pour cette fois.
La prochaine fois, tu m'obéis.
Quel putain de merdier.
- Alors, les voitures ? - Ne refais plus ça.
T'es plus le chef, Terry.
T'as pas à partir dans ton coin sans me prévenir.
J'ai pas eu le temps.
- Pitié. - Jamie était là .
Jamie était là ? On dirait que ça t'a réussi.
Vous avez laissé filer la cible.
- Les voitures ? - Abandonnées sur un parking.
Aucune empreinte, car ils ont eu le temps de les effacer.
- Ils m'ont épargné. - Ils avaient un Mac-10.
- Ils ont filĂ©. - T'Ă©tais oĂč ?
- Pourquoi ? - Pour pas tuer un agent fédéral.
Les voitures viennent encore des petites annonces.
- Oui. - Payées en liquide, pas d'empreinte.
Ils ont un plan.
L'attaque de sex-shops,
- de synagogues... - Terry.
Vous saignez du nez.
- Pardon. - Bon sang, Terry.
- Une serviette. - Ils ont pris 250 000 $ ?
- Sacré butin. Pour quoi ? - Essuie-toi.
- Mets la tĂȘte en arriĂšre. - C'est les mĂ©docs. Ăa ira.
Rentre chez toi, Terry.
Rentre dans l'Idaho.
Tu voulais lever le pied, alors fais-le.
- C'est ce que je fais. - Non.
- C'est un ordre ? - Oui.
Nous sommes désolés.
Le numéro que vous demandez
n'est plus attribué.
Si vous pensez avoir fait erreur,
vérifiez le numéro et renouvelez votre appel.
Cigarette ?
Non merci, monsieur.
Pas de chance ?
Pas aujourd'hui.
- Le gibier doit se cacher. - Oui.
Sans doute la clope.
Quoi ?
Ils aiment l'air pur.
Ils vous sentent de loin.
Vraiment ?
Vous habitez ici ?
Oui, pas loin.
Vous ĂȘtes pas du coin ?
Je suis nouveau.
Vous m'avez suivi ?
Vous sembliez avoir besoin d'aide.
Bonne soirée.
Ă vous aussi.
J'ai l'honneur de vous présenter un leader qui accomplit un travail de fond
pour nous délivrer tous.
Le révérend Richard Butler.
Ce livre...
décrit notre droit inaliénable.
Mais il n'est pas enseigné dans nos écoles
ou par nos représentants élus.
La terre promise n'est pas pour les Juifs.
Elle est pour les véritables Israélites.
Les Caucasiens.
Oui !
Et vous méritez de bùtir ce foyer aujourd'hui.
Oui !
Laissez-moi vous citer le livre de Zacharie, chapitre dix.
Oui, Robert ?
Tu veux t'exprimer ?
Bonjour, mes frĂšres.
- Bonjour. - Mes sĆurs.
- Bonjour. - Bonjour.
C'est un honneur d'ĂȘtre avec vous.
Je suis fier.
Mais si vous ĂȘtes comme moi, vous devez ĂȘtre las des paroles.
Car c'est de ça qu'il s'agit, non ?
Des paroles, toujours des paroles.
J'en ai assez des simples paroles.
Je sais ce que vous ressentez.
Vraiment.
Vous perdez vos emplois,
votre dignité.
J'ai vu mon pĂšre se faire rabaisser, encore et encore.
Et il n'a jamais riposté.
On vous dit que c'est comme ça.
Qu'il faut rester debout et accepter.
Un centimĂštre Ă la fois.
Une liberté à la fois.
Mais je refuse.
L'heure est venue de nous battre.
Oui.
Mes amis, ma famille et moi sommes ici aujourd'hui,
car nous voulons votre aide pour une mission.
Mettre nos paroles en action.
- Oui. - Oui.
Mes frÚres et moi avons brisé les chaßnes
de la pensée juive et de leur usure parasitaire.
Nous tenons tĂȘte aux gens de couleur qui ont gangrĂ©nĂ© nos terres.
Nous, fermiers travailleurs,
nous mangeons, respirons, dormons et cultivons ensemble.
D'un seul esprit.
Un seul corps.
Une seule race.
Une seule armée.
Oui.
Nous risquons l'extermination de notre histoire.
- De notre mode de vie. - Ouais !
Comptez-vous laisser la nation que nos pĂšres fondateurs
ont dĂ©couverte, conquise et dĂ©fendue de leur vie ĂȘtre Ă©radiquĂ©e,
ou comptez-vous vous battre en hommes pour votre survie ?
- Ouais ! - Le devoir nous appelle.
Il est temps d'exiger le futur que vos familles méritent.
- Ouais ! - Amen.
Ă Metaline Falls, on a une devise.
Défaite ?
Jamais !
- Jamais. - Jamais.
Victoire, toujours !
Toujours !
Défaite.
Jamais !
Victoire.
Toujours !
- Défaite. - Jamais !
- Victoire. - Toujours !
- Défaite. - Jamais !
- Victoire. - Toujours !
- Défaite. - Jamais !
- Victoire. - Toujours !
Suprématie blanche !
Suprématie blanche !
Suprématie blanche !
Suprématie blanche !
Suprématie blanche !
Les chaises musicales !
- On joue ? - Oui !
Tout le monde prend une chaise.
J'ai réfléchi à propos de ces types.
Ils font pas ça juste pour l'argent.
Ils agissent selon une méthode.
Et s'ils montaient en puissance en vue d'un but plus grand ?
Les bombes dans les sex-shops et les synagogues, c'est organisé.
Quelqu'un les dirige, un général.
Désolée de vous interrompre, mais les petits ont faim.
- On lance le barbecue ? - Oui.
Je vais faire griller les saucisses.
Merci.
Ăa doit ĂȘtre dur d'ĂȘtre loin de votre famille, non ?
Vous avez une fille, non ?
Deux.
Elles viennent quand ?
- Je ne voulais pas m'immiscer... - Non.
- Vous deux, ça marche. - Oui.
Ăa remonte Ă quand ?
Au lycée.
En terminale.
Le mariage, puis les enfants... J'ai toujours vécu dans cette maison.
Mes grands-parents, mes parents aussi.
La maison traverse les générations.
Y a de l'amour, ici.
Oui.
Je suis pas Ă l'aise quand vous ĂȘtes lĂ .
Vos discussions... avec les enfants à cÎté.
Ăa ne me plaĂźt pas.
Vous me faites peur.
- Qui a faim ? - Ouais !
Moi !
LES CARNETS DE TURNER
Il y a six étapes, là -dedans.
Recrutement. Financement.
Révolution armée.
Campagne de terreur.
Assassinats.
La sixiĂšme, c'est le Jour de la Corde.
- Tu allais m'en parler ? - Non.
Pourquoi ?
Parce que vous m'auriez pas cru.
Maintenant, j'y crois.
Je ferai quoi, une fois en enfer ?
Car, d'aprÚs vous, tous mes amis y sont déjà .
Alors, dans quoi je m'embarque ?
T'es un youpin, tu peux pas comprendre.
Tu tournes les chrétiens en ridicule.
- Tu comprends pas. - Je vois, c'est un truc de juif.
C'est encore les juifs.
Que savez-vous des juifs ?
Vous et vos amis imaginez des créatures mythologiques.
Des bĂȘtes. Vous ne savez rien sur le peuple juif.
C'est juste un bouc émissaire,
car vous avez trop peur de vous regarder en face.
Car il vous faut quelqu'un Ă accuser pour tous vos maux.
Car vous ne pouvez pas vraiment accuser ceux qui sont
réellement responsables de votre situation.
Que ce soit un gouvernement qui vous délaisse
et qui vous fait croire que non, ou que ce soit...
Voilà la cinquiÚme étape.
Vous accusez les juifs.
Laisse-le-moi.
- Vous croyez... - Je vais le faire.
...qu'un bon juif est un juif mort.
Et vous pensez qu'il se préoccupe de vous.
J'entends ça sans arrĂȘt.
18 JUIN 1984 STUDIOS DE KOA, DENVER
Les gens disent que tout est sale. Et moche.
Que c'est plus comme avant. Ils aiment pas leur nouveau voisin.
Ils aiment pas la nouvelle synagogue.
Quand on entend ça tout le temps,
on pense que ces gens sont tellement haineux
que c'est irréversible.
Ăa vous surprendra peut-ĂȘtre, mais je crois Ă la bontĂ© des gens.
C'est pour ça qu'ils appellent et veulent discuter.
Ils veulent échanger.
Ils veulent donner de l'amour.
Ils veulent dire : "T'es un bon gars, asseyons-nous, prenons une biĂšre."
Mais ils ont peur qu'on les repousse.
Mais nos instincts de bonté l'emporteront.
Il faut commencer quelque part.
Je vous encourage à faire ça ce soir.
Partagez de la bonté, parce que seuls nos mots et nos idées
peuvent perdurer.
C'est tout ce qui compte.
C'est tout pour moi.
C'était Alan Berg, sur KOA Denver.
Je vous laisse.
Sayonara.
Terry, ouvre !
Putain.
Merde. L'appart idéal pour accueillir ta famille.
Quoi ?
Tu sais pas ?
Ils ont tué Alan Berg.
Devant chez lui. Douze coups de feu, 34 plaies au total.
Avec quelle arme ?
Un Mac-10.
Ils l'ont massacré comme un animal.
Ăcoutez tous, je voulais vous remercier d'ĂȘtre lĂ .
J'apprécie beaucoup. Quand on a emménagé ici,
ce qu'on fait lĂ , c'Ă©tait notre rĂȘve.
Les enfants qui jouent, une grande famille, en pleine nature.
C'est le plus important. Merci d'ĂȘtre lĂ .
Merci Ă Dieu.
- Profitons. - Bien dit.
Merci.
Tu vois la bouteille ?
Tu dois la voir dans ce viseur, d'accord ?
Respire un bon coup.
Bloque ça avec ton épaule.
Et quand tu seras prĂȘt,
tu appuies doucement sur la détente, compris ?
Regarde dans le viseur. Garde les deux yeux ouverts.
Quand tu seras prĂȘt, vas-y.
Je suis lĂ .
VoilĂ .
Presque. Bien tiré.
Garde le poids vers l'avant.
- Allez. - Te penche pas avec.
Continue, petit.
Presque. Garde ton Ćil dans le viseur. VoilĂ .
- Ouais ! - T'as réussi.
- Bravo, je suis fier de toi. - Ouais !
Ouais ! C'était génial.
Alors ? Ăa t'a plu ?
- Ă moi ! - Oui ?
- Bravo, petit. - Bien joué.
Bravo.
Carney.
Carney.
C'est bon ? Allez.
Ăcoutez tous.
On a une théorie sur les responsables.
L'Agent Husk va vous expliquer.
Ceux qui ont tué Alan Berg
font partie d'un groupe dissident de l'organisation Nations Aryennes.
Ils ont commis une série de braquages et de meurtres.
Et ils s'inspirent de la doctrine contenue dans ce livre.
LES CARNETS DE TURNER
Ils l'utilisent comme un programme. Jamie ?
C'est une fiction qui raconte l'histoire de séparatistes blancs
menant une guerre contre le gouvernement américain.
Il y a six étapes.
Recrutement. Financement. EntraĂźnement.
- L'assassinat, c'est l'étape cinq. - Et la sixiÚme ?
- Révolution armée. - Attaques terroristes à grande échelle.
Empoisonnement de l'eau.
- Attentats. - Prise du Capitole.
C'est pas des terroristes.
- C'est quoi, alors ? - Si.
Ils veulent assassiner le président.
Ce groupe terroriste a un nom ?
Dans le livre, ils s'appellent The Order.
Oui ?
J'ai déjà vu ce livre.
Smith et Wesson, modĂšle 59.
Il est vide.
Fonctionne en double et simple action.
Il est lourd, hein ?
Je le prends.
Parfait. Vous désirez autre chose ?
- Oui, je les prends tous. - Votre piÚce d'identité.
Signez ici.
Vous avez laissé filé ce mec il y a deux ans !
J'ai arrĂȘtĂ© ces types de Nations Aryennes et ils...
- Le dossier ! - Leur coffre était
rempli de propagande néonazie que je voulais...
- contrĂŽler. - Coffre plein.
L'un d'eux avait ce livre.
Les Carnets de Turner.
Il a parlé du "Jour de la Corde".
Vous savez ce que c'est ?
Le jour oĂč les traĂźtres Ă leur race seront pendus.
Tu le connais ?
Lane. Il est du coin, c'est un ultra.
- OĂč vit-il ? - Chez ses parents.
- Son pĂšre est... - L'adresse, bordel !
On ne sait pas oĂč il est.
On a su que David vivait dans l'état de Washington,
une ville appelée Metaline Falls.
Un propriétaire terrien lui avait offert du travail sur place.
Vous connaissez son nom ?
Non.
Birdie, on a encore cette photo ?
Quelque part.
Attendez.
Vous avez des enfants, inspecteur ?
- Oui, deux filles. - Vous les aimez ?
Vous prenez soin d'elles ?
Vous ĂȘtes prĂ©sent ?
On pense pouvoir contrĂŽler qui nos enfants vont devenir,
mais c'est une illusion.
On essaie de les protéger. C'est le mieux à faire,
mais on ne vit pas leur vie Ă leur place.
C'était un nom curieux.
C'était deux prénoms.
Bill Stevens ou Mathew.
C'est ça.
Il s'appelait Bob Mathews.
L'enfoiré.
La collecte a lieu dans un dépÎt prÚs de San Leandro, Californie.
Puis il faut deux jours de route de San Francisco
sur l'autoroute 101, jusqu'Ă Eureka, sur la cĂŽte.
C'est l'argent de tout le Nord-Ouest.
Combien ?
En temps normal, ce serait dans les 2,5 millions.
LĂ , peut-ĂȘtre 4.
Salut.
Salut.
Je suis Debbie.
D'accord.
Félicitations.
Merci.
Je vise le pare-brise
- s'ils sortent pas. - Attends.
- Dans quelle voiture tu es ? - La verte.
Quelle place ?
- On peut discuter ? - Maintenant ?
Oui.
Continuez à répéter. Chargez tout.
- Oui. - D'accord.
On va tout préparer.
Vous parliez de quoi ?
Ăcoute, tu sais que...
Tu sais que je peux rien dire.
Et elle, elle sait ?
Les gens parlent.
Elle est enceinte de toi ?
Tu n'as pas de souci Ă te faire, tu le sais, non ?
Je t'aime. Tout ce qui compte pour moi, c'est toi et Clinton.
D'accord ?
D'accord ?
- Ăa va ? - Oui.
Je t'aime. Viens lĂ . Tout va bien.
Son pÚre était vendeur d'électroménager.
Il perd son job et leur maison.
- Il accuse les immigrés. - Il adhÚre à la JBS.
ArrĂȘtĂ© en 73 pour fraude fiscale...
Antifiscalisme classique.
Il adhĂšre Ă l'Alliance Nationale.
- Fondée par... - William Pierce.
L'auteur des Carnets de Turner. Il en part.
Typique d'un extrémiste.
Oui, mais il ne supporte pas l'autorité.
Regarde son pĂšre. Et Butler.
Il est malin, ce con.
Je l'ai vu.
- Ah bon ? - Quand ?
Il y a des semaines.
Il me filait.
Trouvé ! Metaline Falls, sur Bright Creek Road.
On a l'adresse, on y va.
- RAS ! - RAS !
- RAS ! - RAS !
- RAS ! - RAS !
19 JUILLET 1984 UKIAH, CALIFORNIE
Attention. Il vient de passer.
NEW YORK BĂTIMENT MUNICIPAL
PLAN DU CAPITOLE
ALAN BERG ASSASSINĂ
L'HĂRITAGE DE LA VIOLENCE LE KLU KLUX KLAN
SUPRĂMATIE BLANCHE MAINTENANT !
NĂGRE, CIBLE MOUVANTE OFFICIELLE
On y va.
OĂč il est ?
- Je sais pas. - Non ?
- Non. - Vraiment ?
ArrĂȘte, on peut pas l'embarquer.
Tu sais ce qu'il a fait Ă Denver ?
- J'ai rien Ă dire. - Jo !
- Tu le sais ? - ArrĂȘte.
Je ne sais rien.
LĂąchez-moi. Laissez mon fils ?
- Jo ! - Assieds-toi !
On a besoin d'elle ici.
Attention Ă qui tu couvres, conne de nazie.
Clinton ?
C'est maintenant.
Allez !
On y va !
Sortez ou je tire !
- Ă terre ! Allez ! - Couche-toi, putain !
Y a quelqu'un derriĂšre ?
LĂąche ton arme et sors les mains en l'air !
Tout de suite !
- J'ai pas d'arme ! - Ă terre !
- Ne tirez pas ! - Allez !
Prenez tout, magnez-vous !
Pas un geste !
- Allez, donne ! - Tiens, fonce !
Plus vite !
Ăa fait 4 minutes, faut partir !
Descends-le !
- Ăa fait 4 minutes, faut partir ! - Vite !
- Allez ! - Les flics !
Barrons-nous !
Recule.
Allez !
Ils ont eu combien ?
- 3,6 millions. - Qu'est-ce que ça peut financer ?
Une armée.
On en est oĂč avec le flingue?
- Des traces ? - On attend.
- On attend quoi ? - Ils n'ont pas trouvé d'empreintes.
Mais il provient d'un magasin Ă Missoula.
- On attend le nom. Missoula. - OĂč ?
- Missoula ? - Oui.
Vous savez oĂč se trouve Missoula ?
Ă 2 h 30 d'ici.
Alors qu'est-ce qu'on fout lĂ Ă attendre, bordel ?
- Je les ai appelés. - Pourquoi personne ne va à Missoula ?
Dites-le-moi, monsieur l'agent du FBI.
Bon sang.
Vous ĂȘtes le FBI, bordel !
Il n'a pas tort.
Ăa va ?
- C'est intolérable, putain. - Je sais.
Monte.
FBI...
Avant, je me dĂ©pĂȘchais de rentrer chez moi pour voir ma famille.
Aujourd'hui...
je pense plus qu'à ça.
J'ai bossé au grand banditisme.
La famille Lucchese, tu connais ?
De sacrées ordures.
L'an dernier, j'étais à New York,
et il y a eu 24 meurtres.
Il me fallait quelqu'un à l'intérieur. Je n'avais aucun témoin.
Alors, j'ai recruté une nounou qui bossait chez l'un des parrains.
Plus jeune que toi.
Maline.
Je lui ai fait porter un micro.
J'ignore comment ils l'ont su, mais ils l'ont su.
On a retrouvĂ© sa tĂȘte dans l'East River.
On retrouvé ses bras et ses jambes.
Mais jamais son corps.
Et je n'ai arrĂȘtĂ© personne pour ça.
Pourquoi vous me dites ça ?
On a un nom pour l'arme.
Zillah.
T'Ă©tais oĂč ? J'ai appelĂ© partout.
Vas-y.
Coucou !
C'est ton papa.
- Mon Dieu. - Je te présente ta fille.
Désolée que ce ne soit pas un garçon.
Elle est magnifique.
Tu veux la prendre ?
- C'est facile. - Elle dort ?
Oui. Approche. Elle est tellement parfaite.
- Elle est parfaite. - Oui.
- Coucou. - Tu la tiens ?
C'est bon.
On a beaucoup Ă apprendre.
Mon Dieu.
Tout va bien.
C'est rien.
- Mon Dieu. Elle est magnifique. - C'est rien.
Bob t'a donné ça ?
C'est mignon. Vous en portez tous un ?
Va chier.
Donne-moi ça.
Alan Berg.
Regarde ça. Il a pris 12 balles.
Deux dans la tĂȘte. Deux dans le cou.
Six dans le bras gauche.
Une dans l'abdomen qui a traversé le foie,
et une dans le dos. Une mort atroce.
Tu n'es pas le tireur, mais tu sais oĂč ils sont.
Tu vas me dire oĂč ils sont,
sinon je te briserai,
et tu ne pourras plus te relever.
T'as compris ? Quoi ?
- Merde. - Ton nez.
Que fais-tu ici ?
Je fais ce boulot depuis 26 ans.
Vingt-six ans.
Tous les mafieux,
tous les membres du KKK...
Ils ont un point commun.
Ils rejettent la faute sur un autre.
Tu crois que Bob est un ami fidĂšle ?
Tu n'es qu'un outil dont il se sert. Tu n'es qu'un pion.
Comment réagira ton ami en apprenant que t'es mexicain ?
OĂč est-il ?
Y a un numéro à appeler.
Si on est arrĂȘtĂ©.
On laisse un message,
et ils rappellent avec des instructions.
Tu te souviens du numéro ?
Tony.
Bob est au volant ?
Négatif. C'est pas lui.
On ne fait rien avant d'avoir Mathews en visuel.
Ils partent.
Restez Ă trois voitures derriĂšre. Je le suis.
Content de te voir. Quelqu'un sait que t'es lĂ ?
Non.
Tant mieux.
Je les préviens ?
Pas avant de le voir.
Entre.
Assieds-toi.
Désolé pour les ennuis que tu as eus.
Je vais t'aider, mais...
J'ai besoin que tu m'aides d'abord.
Ils savent pas que je suis lĂ .
- Tu leur as dit quelque chose ? - Non.
J'ai fait comme prévu.
Ils ont demandé pour le flingue ?
Non.
Pas le flingue.
Ils ont demandé pour Berg ?
J'ai envie de te croire.
Vraiment.
Pourquoi je balancerais ?
Vous ĂȘtes...
Vous ĂȘtes mes amis, non ?
On est amis ?
Vraiment ?
- Oui ? - Oui.
Les vrais amis admettent quand ils ont fait une erreur.
Si tu as parlé...
C'est pas grave, d'accord ?
Mais il faut que je sache la vérité.
Dis-moi ce que tu leur as dit.
Je t'écoute.
On se fait confiance.
Dis-le-moi.
Quoi qu'il arrive, je suis lĂ pour toi.
Si tu dis la vérité maintenant, tout ira bien.
- Merci, Bob. - C'est rien.
On est frĂšres.
- Je leur ai rien dit, Bob. - Rien du tout ?
Désolé pour le flingue.
C'est ma faute.
Tu me pardonnes ?
- Oui ? - Bien sûr.
Ăa va aller.
C'est lui.
Husk, on a un visuel ?
Tu vois Mathews ?
Préviens-les.
Vous faites quoi ?
Visuel sur Mathews au Capri Motel.
Il nous faut des renforts.
Bouge pas !
Montre-moi tes mains !
Montre-moi tes mains, Bob !
Montre-moi... Merde !
Putain !
Jamie, la chambre !
Jamie, couche-toi !
Approche pas la porte !
Tirez pas !
Bouge pas !
Allez !
Couche-toi.
Tony, ça va ?
- Oui. - Va chier.
Bouge pas, putain !
- Enfoiré. - Va chier.
Jamie !
OĂč il est ?
Jamie !
Ralentis, putain !
Non.
Non.
Pose ta tĂȘte.
Jamie.
Non.
Pose ta tĂȘte.
Merde.
Jamie, regarde-moi.
Allez.
Jamie, regarde-moi.
Jamie.
Merde.
Jamie !
Jamie.
Regarde-moi.
Willie, rentre.
Tout de suite, s'il te plaĂźt.
Rentre.
C'était dans la chambre de Bob.
On s'est rencontrés
grĂące Ă une petite annonce.
"Cherche femme intelligente et sérieuse
"pour partager ma vie et mes terres."
Sur une centaine de femmes, c'est moi qu'il a choisie.
Je pouvais pas avoir d'enfants.
Bob disait qu'il s'en fichait. Il était content d'adopter.
Mais je sais que ça comptait pour lui.
Il voulait une descendance.
Debbie, tout ça n'est pas pour vous.
Pour Clinton non plus.
- Vous ne le connaissez pas. - Si.
Tous les sacrifices, le travail,
les femmes...
Il justifie tout par la cause pour laquelle il se bat.
Au final, il n'y a que lui qui compte.
Croyez-moi.
Vous le savez.
Il prépare une attaque qui va tuer des centaines de personnes.
Aidez-nous Ă le trouver.
Vous protégez cet homme parce que vous le prenez pour un saint.
Je sais que ce n'est pas un saint.
Je n'y ai jamais mis les pieds, mais ils avaient un plan
s'ils étaient recherchés.
Il y a une maison.
Merci.
Il n'en saura rien.
Peu importe.
Vous ne le prendrez pas vivant.
Alors, ça valait le coup ?
Quoi ?
Le travail, les femmes, les sacrifices ?
Ă ton avis ?
On a toujours trÚs bien bossé ensemble.
OĂč est Bob ?
Finis tes céréales. Faut qu'on se casse.
UNE DĂCLARATION DE GUERRE
NOUS VIVONS UNE ĂPOQUE SOMBRE ET TROUBLĂE
Bob.
Bob. T'es prĂȘt Ă partir ?
Bob. J'ai mis le pick-up devant.
C'est quoi ?
Déclaration de guerre.
- Je l'envoie Ă qui ? - Au CongrĂšs,
Ă la Chambre, Ă la Maison-Blanche.
Au New York Times, aux journalistes de Denver.
Ă tout le monde.
- Pourquoi ? - On y est.
- C'est la guerre. - Y a pas d'armée.
Y a plus personne.
"Les bĂȘtes meurent, les hommes meurent, et je mourrai.
"Mais une chose ne meurt jamais,
"la gloire des actes du mort."
7 DĂCEMBRE 1984 ĂLE WHIDBEY, ĂTAT DE WASHINGTON
Bob, faut y aller !
On se barre ! Ils sont partout.
Il est seul ?
Va chier.
Donnez l'assaut.
Ramenez-le vivant.
Vivant.
Allez !
Ils sortent.
On a des blessés. Cessez le feu !
Repliez-vous !
Ă couvert.
C'est une erreur.
- Il ne sortira pas. - OK.
- Allez. - Il sortira pas.
Il brûlera vif.
Merde.
Terry !
Allons-y.
C'est fini, viens.
Bob !
Bob Mathews mourut au cours du siĂšge sur l'Ăle Whidbey, le 8 dĂ©cembre 1984.
Il faudra presque deux ans
avant que les membres restants de THE ORDER soient arrĂȘtĂ©s.
Bruce Pierce et David Lane furent condamnés
Ă un total de 300 ans de prison pour le meurtre d'Alan Berg.
Gary Yarborough fut condamné à 85 ans de prison
pour agression, trafic d'armes et racket.
Les Carnets de Turner servent de modĂšle
aux actes terroristes intérieurs depuis plus de 40 ans,
dont l'attentat d'Oklahoma City
et l'assaut mené sur le Capitole, le 6 janvier 2021.
Sous-titres : Simon Steenackers
Supervision créative Pascale Llorens
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