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LA QUATRIEME DIMENSION - ELEGY
1�re DIFFUSION : 19 FEVRIER 1960
Vous voyagez dans une autre dimension.
Une dimension visuelle, sonore, mais aussi spirituelle.
Un voyage dans un monde merveilleux fait d'imagination.
Votre prochain arr�t : La Quatri�me Dimension.
Nous sommes dans un futur proche.
En un recoin �loign� de l'univers.
Nos personnages : trois hommes perdus parmi les �toiles.
Trois hommes partageant le d�sir commun � tout �tre �gar�.
Trouver le chemin du retour.
Ils se retrouveront sous peu chez eux.
Ce ne sera point un endroit � d�couvrir,
mais une �trange et inexplicable exp�rience � vivre.
Nous fr�lons l'atmosph�re !
Croisons les doigts !
Nous y voil�.
Il vaudrait mieux. Nous n'avons plus de carburant.
20,95 parts d'oxyg�ne,
78,09 de nitrog�ne.
Je ne comprends pas. C'est de l'air !
Niveau un de gravit�.
Incroyable !
Conditions identiques � celles de la Terre, � plus d'un milliard de km de distance.
Attends, Pete.
Ces instruments peuvent se tromper.
Quelle importance ?
Nous ne pouvons aller nulle part.
Je crois que tu as raison.
A combien sommes-nous de la Terre ?
Mille cinquante quatre millions de km.
Nous sommes de retour sur Terre !
Non ? Et �a, c'est quoi ? Un martien ? Allons, voyons.
Mais, regardez ces arbres !
Ce doit �tre la Terre !
Qu'est-ce que c'est ?
C'est un tracteur.
On les utilisait sur Terre au 20e si�cle, avant la guerre totale.
Tu veux dire qu'on est sur Terre il y a 200 ans ?
Hypoth�se int�ressante, Pete, et aussi probable qu'une autre,
except� qu'� ma connaissance, la Terre n'a jamais eu plus d'un soleil.
Tr�s bien, qu'en dis-tu ?
La seule chose dont je suis certain c'est que nous ne sommes pas sur Terre.
Nous ne sommes pas seuls.
Pardon, monsieur.
Je m'appelle Webber.
D�sol� de vous d�ranger...
Qu'est-ce qui lui arrive ?
On dirait qu'il est dans une transe ou...
Partons d'ici.
Regardez ! Voici quelqu'un !
Monsieur !
Ca mord ?
Monsieur ?
R�veillez-vous.
Vous entendez ?
La musique, une fanfare ! Vous entendez ?
Il y a quelqu'un !
Ca vient de l�.
La musique vient de ce haut-parleur.
Elle est retransmise de quelque part.
Regardez !
CEREMONIE D'INAUGURATION BIENVENUE AU MAIRE FINCH
Le concert est fini.
VIVE FINCH
NOTRE NOUVEAU MAIRE
A votre avis, professeur ?
Je pense que ce pourrait �tre une sorte d'illusion.
Oui.
Peut-�tre que nous voyons et entendons ce que nous d�sirions trouver.
Les images et les bruits de chez nous.
Non, c'est faux.
Ceci advint 200 ans avant notre �poque !
Ou bien il se pourrait que le temps se soit fig� ici.
Le temps pourrait avoir acc�l�r� pour nous,
ou ralenti pour eux.
Tu veux dire qu'ils pourraient �tre en train de bouger ?
C'est possible.
Alors pourquoi ne le verrait-on pas ?
On ne voit pas les aiguilles d'une montre bouger.
Elles bougent n�anmoins.
Cette montre n'a pas d'aiguilles !
Crois-tu vraiment ce que tu dis ?
Bien s�r que non.
Mais ce ne sont pas des statues ! Ils sont faits de chair et d'os...
ou de quelque chose qui ressemble !
Il doit y avoir quelqu'un de r�el ici.
S�parons-nous et retrouvons-nous dans une heure.
C'est mieux que de rester group�s comme des enfants effray�s.
Souvenez-vous, ici, dans une heure.
Bonjour !
Il y a quelqu'un ?
D�sol� !
Votre Majest�.
Je n'ai rien � reprocher aux juges. Vous �tes la plus belle.
Mais dites-moi quelque chose, Majest�.
Que vous arrive-t-il ?
Qu'est-il arriv� aux gens de cet endroit ?
R�pondez-moi ! Etes-vous muets ?
Pouvez-vous bouger ? R�pondez !
La Terre �tait ainsi, il n'y a pas si longtemps.
Mon arri�re-grand-p�re m'avait montr� des photos.
Tranquille et paisible.
Tu aimes cet endroit ?
Je l'aimerais s'il �tait r�el.
Si j'�tais s�r que tout ne va pas dispara�tre en un nuage de fum�e.
Pour moi, c'est joli � voir mais je n'aimerais pas y habiter.
Que �a vous plaise ou non, c'est chez nous d�sormais.
Charmante !
Adorable, n'est-ce pas ?
Si tu veux, elle est � toi.
Oui, c'est vrai, n'est-ce pas ?
Ca ne vous d�range pas si nous jetons un oeil ?
Pas du tout.
Vous �tes les bienvenus.
Je m'appelle Wickwire. Jeremy Wickwire.
Venez messieurs, n'ayez pas peur. Allons.
Mais vous �tes r�el ?
Bien s�r. Comme tout le monde, non ?
C'est ce que je croyais.
Vous voulez dire...
Entrez.
Allez, venez.
Entrez.
N'ayez aucune crainte.
Ca vous pla�t ?
Nous l'avons construite pour un certain...
euh, M. Jenkinson.
Mais au dernier moment, il a d�cid� qu'il pr�f�rait �tre un chevalier.
Il se trouve maintenant dans la section m�di�vale, combattant un dragon.
Il y a d'autres sections ?
Bien s�r ! Nous en avons beaucoup.
Il y a la romaine, l'�gyptienne, celle du far-west.
Mais celle-ci est la plus demand�e, parce qu'elle repr�sente une �poque
o� les commodit�s �taient nombreuses,
avant que la paix sur Terre ne devint impossible.
Ecoutez-moi, monsieur...
Wickwire.
Nous venons de la Terre.
Nous faisions une mission de routine
lorsque nous sommes entr�s dans une pluie de m�t�orites.
Nous nous sommes perdus.
C'�tait il y a six mois.
Nous nous sommes pos�s sur cet ast�ro�de.
Nous n'avons plus de carburant. Nous devons rester.
Je vois.
Vous n'�tes donc pas des prairies.
Les quoi ?
Mais vous venez de la Terre.
Y a-t-il eu cette guerre atomique ?
Oui, en 1985.
La majeure partie de la plan�te fut d�truite.
Il nous a fallu 200 ans pour recoller les morceaux.
Que c'est triste.
M. Wickwire, vous devez nous fournir des explications
ou nous deviendrons fous.
Oui. Mais vous semblez affam�s. Je vous pr�pare quelque chose.
Nous parlerons ensuite.
Une minute.
Dites-nous tout de suite une chose !
O� sommes-nous ?
Comment, dans un cimeti�re.
Vous ne le saviez pas ?
S'il vous pla�t, faites comme chez vous.
Je reviens de suite.
Un cimeti�re ?
La collation sera servie dans un instant.
Puis-je proposer un toast ?
A la paix, mes amis.
A la paix �ternelle.
Excellent.
C'est du Liebfrauenmilch ?
Oui.
Monsieur...
Wickwire.
Nous sommes d�boussol�s. Aidez-nous.
Asseyez-vous.
Qu'y a-t-il ?
Vous dites que nous sommes dans un cimeti�re.
Qu'entendez-vous par l� ?
C'est cela m�me.
Mais avant que je ne vous explique, vous devez m'�clairer sur un point.
Si vous pouviez r�aliser votre v�u le plus cher, lequel serait-il ?
Je ne vous suis pas.
O� voudriez-vous �tre maintenant ?
Dans le vaisseau, sur le chemin du retour.
Et vous, capitaine ?
Moi aussi.
Tr�s bien ! Une derni�re chose.
Quelle �tait la date lorsque vous avez quitt� la Terre ?
Septembre.
Non, quelle ann�e.
2185.
2185.
Je comprends maintenant.
Parfait. Nous pas.
Tout d'abord, j'ai cru que vous �tiez des Vertes Prairies.
Mais d'apr�s votre comportement, j'ai su que ce n'�tait pas le cas.
Nous ne comprenons toujours pas.
Le plus grand cimeti�re du monde.
Ou du moins ce qu'il en �tait.
Les organisateurs ont imagin� ce projet pour ceux qui pouvaient se le permettre.
Quel projet ?
Ce petit ast�ro�de,
o� l'on allait recr�er les conditions aptes � r�jouir les gens
� peine d�c�d�s.
Par exemple, si le mort avait toujours d�sir� �tre �lu maire,
ses ambitions seraient assouvies, pour toujours.
Tous ces gens sont morts ?
Pas tous. Seulement les heureux �lus. Les autres sont des imitations.
En d'autres mots, voici l'endroit o� vos r�ves deviennent r�alit�,
apr�s que vous avez cess� de r�ver.
Oui, si on veut.
C'est bien vu.
Vous voulez qu'on vous croie ?
Je n'avais pas pens� � cela.
Vous ne me croyez pas ? Pourtant c'est vrai.
Bon, j'admets qu'on n'a pas trouv� mieux.
Mais un cimeti�re dans l'espace,
� des millions de kilom�tres de la Terre. Pourquoi ?
Pourquoi ?
Oui.
Votre patron aurait pu acheter un bout de d�sert...
Non ! Vous n'y �tes pas du tout.
Les Vertes Prairies promettent le repos �ternel,
� l'infini.
Vous ne pourriez pas avoir �a sur Terre,
pas vrai ?
Il a raison.
Et vous ?
Moi ?
Oui, quel est votre r�le dans tout �a ?
Je suis le gardien.
Mon r�le est de veiller � ce qu'on ne d�range pas les h�tes.
Quand ce cimeti�re a-t-il �t� cr�� ?
En 1973, je crois.
C'est exact.
Cela ne vous rajeunit pas, M. Wirewick.
Wickwire.
Vous m'obligez � vous confesser une chose d�licate.
Savez-vous, je ne suis pas humain.
Maintenant, si.
Mais quand vous serez partis,
je retournerai dormir jusqu'� ce qu'on ait besoin de moi.
Je ne suis qu'un rouage m�canique.
Je m'allume et m'�teins, comme une machine.
Vous comprenez ?
Oui. Ce n'est pas si compliqu�.
Il s'allume et s'�teint.
J'ai d� �tre �teint pendant pr�s de 200 ans.
- Ecoutez, monsieur... - Du calme.
Nous resterons ici.
Oui, je sais.
Vous avez parl� de notre d�part.
C'�tait une fa�on de parler, capitaine.
Je voulais dire �teints.
Ou disparus, comme on dit.
Tu le comprends, hein ?
Je t'avais dit de ne pas lui faire confiance !
Nous ne vous avons fait aucun mal.
Je sais.
Et je suis navr�, vraiment.
L'antidote. Donnez-nous l'antidote !
Il n'y a pas d'antidote.
Le fluide �ternel coule dans vos veines.
Vous ne souffrirez pas, je vous l 'assure.
Mais pourquoi ?
Pourquoi nous ?
Parce que vous �tes ici et que vous �tes des hommes.
Et tant qu'il y aura des hommes, il ne pourra y avoir de paix.
Kirby, Webber et Meyers : trois hommes perdus.
Ils partageaient le m�me souhait, vraiment simple.
Ils voulaient regagner leur vaisseau, et rentrer chez eux.
Et le destin, un destin moqueur,
un farceur au sourire noy� dans les �toiles,
s'assura que leur souhait f�t r�alis�,
� une condition, cependant.
Leur d�sir devint r�alit�,
mais uniquement dans La Quatri�me Dimension.
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