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Il existe une autre dimension,
par-del� celles des hommes.
Une dimension aussi vaste que l'univers,
aussi intemporelle que l'infini.
Elle s'�tend aux confins de l'ombre et de la lumi�re,
de la science et de la superstition.
Elle transcende toutes nos peurs,
d�passe toutes nos connaissances.
Voici la dimension de l'imagination.
Une zone que l'on appelle :
La Quatri�me dimension
Voici le capitaine William Terrence Decker,
du Royal Flying Corps.
Il vient de patrouiller au-dessus de la France.
Nous sommes en 1917.
Mais ce pilote a perdu ses rep�res.
Il va d�couvrir
qu'on peut perdre ses rep�res g�ographiques
mais aussi ses rep�res historiques.
Et dans ce cas, il s'agit de l'Histoire avec un grand H.
BIENVENUE � LA BASE AERIENNE LAFAYETTE
Descendez de l�.
Vous faites quoi au juste ?
Nom de Dieu,
pourquoi piloter ce coucou si pr�s de la base ?
Vous comprenez ce que je dis ? Vous �tes fran�ais ?
Je suis britannique. Vous �tes am�ricain ?
C'est une base am�ricaine.
Nous ignorions que vous �tiez si avanc�s.
Quoi ?
GENERAL GEORGE HARPER
Le commandant Wilson, mon g�n�ral.
Asseyez-vous commandant.
Qu'avons-nous l� ?
Cet homme se dit britannique.
Il a atterri sur notre base.
Je dois pr�ciser que l'avion...
Capitaine William Terence Decker, Royal Flying Corps.
Vous voulez dire la Royal Air Force ?
Non, le Royal Flying Corps.
Que faites vous ici dans cet accoutrement ?
Pardon ?
Il y a un meeting a�rien dans le coin ?
Un meeting a�rien ?
Vous faites un film ?
Je ne comprends pas.
Vraiment ?
Pourquoi portez-vous ce costume ?
- C'est mon uniforme, monsieur. - Votre. . ?
- Repos. - Merci.
Excusez-moi,
o� suis-je ?
O� pensiez-vous atterrir ?
Je pensais atterrir sur la base du 56� squadron du RFC.
Le 56� squadron RFC ? Ce n'�tait pas...
- Quel jour sommes-nous ? - Le 5 mars.
1917.
1917 ?
Tout � fait.
C'est bien �a, non ?
Nous sommes le 5 mars 1959, capitaine.
Attendez.
Ce n'est pas une blague ?
Grands dieux.
Vous voudriez qu'on vous croie ?
C'est vrai.
Quand j'ai d�coll� ce matin, nous �tions en 1917.
Ce nuage,
en le traversant, je n'entendais plus mon moteur.
J'ai eu l'impression d'�tre aspir� par le vide.
C'est ce qui est arriv� � Guynemer.
L'as fran�ais ?
Il a disparu en vol un jour.
Aux fun�railles, le cardinal a dit :
"Il appartenait au ciel."
"Le ciel l'a repris."
Vous me prenez pour qui, Decker ?
- Si c'est votre nom. - Je vous le jure...
ce matin nous �tions le 5 mars 1917.
- Mac et moi... - Qui ?
- Le capitaine McKaye. - McKaye ?
- Oui, nous sommes dans... - Alexander McKaye ?
Comment le savez-vous ?
- En quoi... - Comment le savez-vous ?
Je suppose que vous ignorez qu'Alexander McKaye,
le g�n�ral de division McKaye
est en route pour cette base...
- pour une visite d'inspection. - C'est impossible.
Et pourquoi donc ?
Parce qu'il est mort.
La Quatri�me dimension
C'est un g�nie.
- On pourrait v�rifier tout �a. - Ce serait une perte de temps.
Si c'est un canular, il est sophistiqu�.
Si c'est un canular ?
Je me demande simplement
qui se donnerait tant de mal pour faire une farce.
- Qui parle de farce ? - De quoi s'agit-il alors ?
Nous le saurons � l'arriv�e de McKaye.
Consultons les archives britanniques pour voir ce qu'ils ont sur ce Decker.
- Vous le croyez, n'est ce pas ? - Non.
Je pense qu'il y a quelque chose derri�re tout cela.
Tout � fait.
Vous pensez qu'il voulait s'en servir contre McKaye ?
Nous le saurons bien vite.
Il �tait vraiment �tonn� d'apprendre l'arriv�e de McKaye.
Pourquoi aurait-il laiss� son arme dans son avion ?
Veuillez m'excuser, j'ai du travail.
- Mais �a ra pas de sens. - Commandant !
- Disposez. - � vos ordres.
Capitaine.
Je suis prisonnier ?
- Comme vous y allez. - Vous me retenez ici.
Je me contente d'ob�ir aux ordres.
� quoi bon me faire rencontrer McKaye ?
- Pourquoi avoir peur de lui ? - Je rai pas peur.
- Je rai peur de rien. - Tr�s bien.
- Tr�s bien, je le verrai. - Parfait.
Ce nuage blanc...
Je vous ai tout dit.
�coutez-moi bien.
Votre histoire est assez peu cr�dible.
Un nuage de silence ? Un pilote de la Premi�re Guerre
qui atterrit en 1959 ?
- Cela n'arrive pas tous les jours. - C'est arriv� aujourd'hui !
Je verrai McKaye, laissez-moi tranquille.
- Vous pensez le conna�tre ? - Bien s�r.
- Je connais cul-plomb�. - Cul-plomb� ?
Quand on survole...
ou plut�t survolait les lignes allemandes,
ils nous tiraient dessus.
Un jour, Mac a �t� touch� en un point d�licat.
Apr�s cela, je l'ai appel� vieux cul-plomb�.
Une blague entre nous.
Mac est fier. Il n'aimerait pas que j'�bruite �a.
Pourquoi dites-vous qu'il est mort ?
La derni�re fois que je l'ai vu,
il �tait encercl� par sept avions ennemis.
Je n'y pouvais rien, j'en avais trois autour de moi.
Il a d� s'en tirer.
- Je ne crois pas. - Il aurait pu. Il l'a fait.
Il fut un des h�ros britanniques pendant le blitz.
La Deuxi�me Guerre mondiale dont on vous a parl�.
Il a �t� d�cor� pour avoir descendu trois bombardiers allemands.
Il a sauv� des centaines de Londoniens, peut-�tre plus.
Decker !
- �a ira ? - Attendez dehors.
- Qu'y a-t-il ? - Je dois partir.
Impossible. McKaye va arriver.
- Je ne le verrai pas. - Pourquoi ?
Il sait qui je suis.
- Qui �tes-vous ? - Un l�che !
Un l�che.
Je l'ai toujours �t�.
Depuis toujours, je fuis.
Je rai jamais pu faire autrement.
Je suis ici parce que j'ai voulu fuir.
Je cherchais d�sesp�r�ment une issue.
Je vivais bien mon imposture.
Je ne suis pas le seul
� porter un masque.
Nous jouons tous un r�le.
Les bon vivants. On rigole,
on plaisante, on boit... c'est trop.
On devient froids
et impitoyables en vol. Sauf moi.
Sauf moi.
En vol, je tremble, comme au sol.
Mac et moi on patrouille ensemble.
La plupart du temps, on se s�pare.
Lui, il esp�re trouver des ennuis.
Quant � moi,
je vole tranquillement entre les nuages.
P�trifi� � l'id�e de croiser un avion ennemi.
Faisant passer le temps avant de rentrer.
Parfois j'h�site
� atterrir en zone allemande pour �tre captur�.
Les pilotes sont toujours bien trait�s.
Mais j'ai peur de �a aussi.
J'ai peur d'�tre d�masqu�,
discr�dit�. Je ne supporterais pas �a.
Je dois continuer � me mentir.
J'ai moi-m�me tir� dans mon avion,
pour faire croire qu'on m'avait attaqu�.
Dieu ait piti� de moi.
Ce n'est pas un crime d'avoir peur.
Tous les pilotes ont eu peur.
- McKaye comprendrait �a. - Non.
- Non. - Vous croyez qu'il sait ?
Les Allemands l'ont pi�g�.
Mais vous aviez trois ennemis � affronter.
C'est faux, je fuyais, je fuyais.
Quand les Allemands sont arriv�s, je me suis enfui.
- Il n'est pas mort ! - C'est incompr�hensible.
Peut-�tre qu'il a �t� secouru.
- Qu'avez-vous dit ? - Quoi ?
Il a �t� secouru ?
C'est possible.
Peut-�tre que je l'ai aid�.
Je voulais dire que quelqu'un l'avait aid�.
Il n'y avait personne � la ronde.
Peut-�tre que mon atterrissage ici n'est pas fortuit.
Ma venue a un but.
Me montrer que Mac a surv�cu.
Le temps me donne une seconde chance.
- Laissez-moi partir. - Impossible.
C'est ma seule chance.
- C'est sa seule chance. - Il est vivant. Il arrive.
Comment le savez-vous ?
Si je n'y retourne pas, il ne sera pas l�.
Il aura �t� mort depuis 42 ans.
- Je dois l'aider maintenant. - C'est insens� !
Vous allez o� comme �a ?
- Coupez le contact ! - Non.
Il n'y a pas que lui, mais aussi tous ceux qu'il a sauv�s.
Ils mourraient aussi.
Coupez le contact ou je tire.
Alors tirez. Plut�t mourir.
Vous allez avoir des probl�mes.
Je le sais.
O� aviez-vous la t�te bon sang ?
Ce fou est en libert�.
- Oui. - Comment avez-vous...
Le g�n�ral McKaye.
Je devais l'accueillir � l'atterrissage. Repos.
- G�n�ral MacKaye. - Bonjour, g�n�ral.
Je suis ravi de vous voir. Le vol s'est bien pass� ?
- Tr�s bien. - Parfait. Voici le commandant Wilson.
- Enchant�. - Commandant.
- Asseyez-vous. - Merci.
Vous permettez ?
Avez-vous connu un d�nomm� William Terrence Decker ?
Terry Decker ? Bien s�r.
Il m'a sauv� la vie.
Comment a-t-il sauv� votre vie ?
Nous �tions en patrouille.
Contrairement � notre habitude, nous sommes rest�s group�s.
- Les Allemands nous ont attaqu�s. - Vous avez combattu ensemble ?
- Pas tout de suite. - Comment cela ?
J'ai cru que Terry me l�chait.
- Il s'est �loign� ? - Oui.
Il s'est �vanoui dans les nuages.
Un nuage blanc ?
Je ne sais pas, sans doute.
Ensuite, sorti de nulle part,
il est revenu.
Ses mitraillettes p�taradantes.
Il a descendu trois Allemands. Et ils l'ont eu.
- Il m'a sauv� la vie. - Il est reparti.
Les Allemands ne rapportaient-ils pas
les effets personnels des pilotes descendus ?
En g�n�ral. Que voulez-vous dire exactement ?
- Ont-ils rapport� ses effets ? - Non.
Non ?
56�me ESCADRON DE L'AVIATION ROYALE
Comment avez-vous eu �a ?
Oui. De quoi s'agit-il � la fin ?
Vous devriez vous asseoir, vieux cul-plomb�.
Qu'est ce que vous avez dit ?
Extrait de Hamlet, r�plique de Hamlet � Horatio :
"Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel
"qu'il n'en est r�v� dans votre philosophie."
Des mots �crits bien avant la conqu�te du ciel
Il reste encore plus de choses sur terre et dans le ciel
que nous ne pouvons en r�ver.
Et quelque part entre ciel et terre
se trouve la Quatri�me dimension.
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