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Il existe une autre dimension,
par-del� celles des hommes.
Une dimension aussi vaste que l'univers,
aussi intemporelle que l'infini.
Elle s'�tend aux confins de l'ombre et de la lumi�re,
de la science et de la superstition.
Elle transcende toutes nos peurs,
d�passe toutes nos connaissances.
Voici la dimension de l'imagination.
Une zone que l'on appelle :
La Quatri�me dimension
CONTROLE PORTE 22
Marcus, Armes chimiques.
Hammerley. Bombe H.
Mills, Guerre bact�riologique.
Sterker. Bombe H. �a bosse chez vous ?
C'est s�r.
Feu, Sterker !
- Longues journ�es ? - Longues journ�es.
Ils sont � fond dans votre service.
�a va p�ter. Et �a va p�ter fort.
Les militaires doivent d�j� �tre en train de se pr�parer.
Ils mettent tout au point.
On parle de 48 heures.
Vous verrez que j'ai raison.
48 heures.
Et woups, tout est fini.
Plus d'ennemi. D�truit. Lamin�.
- Mais entre-temps, ils font quoi ? - Ce qu'ils font ?
Ils ripostent sans doute.
Pure perte de temps. On a une longueur d'avance.
Et woups, tout est fini.
Tout � fait. Mais ils en ont moins.
Ils sont moins pr�cis.
Moins bien con�us.
On aura que 35 millions de victimes, et pas 50 ?
Seriez-vous d�faitiste, Sterker ? C'est dangereux.
Faites attention � ce que vous dites.
- Et � ce que je pense. - Oui.
Attention � ce que vous pensez.
Bonsoir. � demain.
La journ�e de travail est termin�e.
C'est l'heure de d�ner en famille.
De prendre l'ap�ritif sur la terrasse.
D'�couter le vent dans les feuilles,
de regarder la lune au loin.
Mais � l'abri des regards des hommes,
invisible dans cette nuit d'�t�,
se cache une monstruosit� indicible.
C'est le calme avant la temp�te.
La veille du dernier jour.
- Bonsoir, papa. - Bonsoir, mon coeur.
- O� est ta m�re ? - Dans le jardin.
Elle d�terre des radis je crois.
Toi tu restes ici. Dansons.
Un autre jour, ch�rie.
- Papa ? - Oui, mon ange.
Qu'y a-t-il ?
Rien de grave. C'est l'�ge je suppose.
Quand je te vois si belle,
si �panouie et mature,
je me souviens que ma jeunesse est bien loin.
C'est d�j� pas mal.
Papa ?
C'est ton travail ? C'est �a, le probl�me ?
Ce n'est qu'un travail.
Ce n'est pas �vident de faire ce que tu fais.
Toutes ces armes, ces bombes, ces gaz.
Je ne suis qu'un maillon de la cha�ne.
R�fl�chis.
Chaque bombe comprend pas moins de 1000 pi�ces.
Pour chaque pi�ce, il faut une �quipe d'une soixantaine de personnes.
Si on consid�re cela,
je ne suis pas si responsable que �a.
Bonsoir, ma ch�rie.
Tous mes amis l'ont remarqu�.
- Ont remarqu� quoi ? - Que quelque chose cloche.
Il y a quelque chose...
qui se pr�pare.
Il va se passer quelque chose.
Tout le monde a peur. Pourquoi papa ?
Les gens ont peur d'eux-m�mes.
Ils parviennent � tout corrompre
toutes les inventions, toutes les d�couvertes.
Toutes les belles choses sont d�tourn�es, trahies.
Bien trop tard, ils se demandent pourquoi.
C'est trop tard.
Tu veux bien inviter Jerry ce soir ? Nous jouerons aux cartes.
Jerry n'est pas parti faire des essais pour un nouveau vaisseau ?
Il est revenu ce matin.
Je lui ai dit qu'on appellerait.
Tu seras l�, Jodie s'il te pla�t. Il veut te voir.
Impossible, d�sol�e.
J'ai un rendez-vous.
- Je rentrerai t�t. - Annule.
- Je tiens � ce que tu sois l� ce soir. - Mais ?
Tr�s bien.
Jerry a plein de choses � nous raconter.
Il a un m�tier fantastique. Il pilote...
- Bill ? - J'ai cru te faire plaisir.
Tu as besoin de te changer les id�es.
Qu'y a-t-il ? Que se passe-t-il ?
� ton avis ?
Je suis p�trie de peur.
Je ne peux le d�crire.
C'est trop tard. Il n'y a plus d'issue.
Cela va arriver dans moins de 48 heures.
- Ce sera grave ? - Un holocauste.
La fin du monde que l'on conna�t. Les gens, les lieux, les id�es.
Tout va �tre an�anti.
- 48 heures ? - Peut-�tre moins.
- Que faire ? - Assieds-toi, je veux te parler.
Nous partons. Toi, moi, Jodie, Jerry et Ann.
- Nous partons ce soir. - Partir ?
- Mais o� ? - Je ne peux pas te le dire.
Sache qu'entre minuit et une heure,
nous partirons d'ici pour toujours.
Personne ne doit savoir. Vraiment personne.
Ni les voisins, ni la famille, pas m�me Jodie.
Nous lui expliquerons en route.
Jerry est l�, il veut te parler.
- J'arrive, Jodie. - Que fait-il ici ?
Je vais voir �a.
J'esp�re que tu seras dr�le ce soir, j'ai annul� un rencart.
- Tout va bien ? - Salut, Bill.
Alors tu ne veux pas jouer aux cartes ?
Tu rigoles, on joue gros ce soir.
En plus je suis en veine ces temps-ci.
Je suis juste venu te parler de...
- Ta montre fait encore des siennes ? - Oui.
Sans doute le ressort. Je t'avais dit qu'il �tait rouill�.
Je vais regarder �a.
Voyons ce qu'on peut faire.
- Il faut changer nos plans. - Attends.
Attends un peu.
Regarde, le probl�me vient de l�.
Dis-moi, que se passe-t-il ?
Ils ont chang� de type pour la garde de 1 heure.
Celui que j'ai pay� finit � 23h.
Nous partirons avant 23h.
Il y a plus de fouilles, plus de personnel.
Peu importe. Nous sommes des parents venus voir le vaisseau.
C'est ce que disent les laisser-passer.
Il ne faut pas que �a s'�bruite.
- Ann est au courant ? - Pas vraiment.
J'ai dit qu'on devait partir.
Je ne lui ai dit ni o� ni quand. Et Eve et Jodie ?
Eve sait.
Jodie sera l�, je lui ai dit que tu viendrais.
Avec Ann, pour jouer aux cartes. Viens � 19h.
Et voil�, �a n'�tait que le ressort.
Fais la v�rifier par un bijoutier.
Merci beaucoup.
La Quatri�me dimension
Seize.
Quatre.
Douze.
Huit.
- Sept. - Tu as de la veine ce soir.
Vous voulez de la limonade et du g�teau ?
- Je vais chercher �a. - Je vais t'aider.
Suis-nous, jeune fille.
Je connais notre destination.
- L�. - C'est loin ?
Dix-sept millions de kilom�tres.
Dans un vaisseau inconnu, nous quittons l'atmosph�re.
Soit on d�colle,
soit on s'�crase en bloc.
C'est le risque. On en parle depuis des mois.
Le risque est raisonnable, �tant donn�e l'alternative.
O� allons-nous ?
Une plan�te habit�e.
On a intercept� des �missions radio.
Leur langage est proche du n�tre.
On l'a partiellement d�chiffr�.
Si la chance est de notre c�t�, et Dieu...
... on peut y arriver. - M. Collins est l�.
- Une petite partie, Sterker ? - Tout � fait.
On va manger du g�teau ? Vous en voulez ?
Non merci, juste une limonade.
La limonade de votre femme est excellente.
Il fait chaud, non ?
On a envie de rester sur la terrasse,
ou d'aller se coucher. Rien d'autre.
C'est bien vrai.
On ne va pas tarder.
J'ai fait des essais sur un vaisseau.
Je rai pas beaucoup dormi ces derniers jours.
J'en ai entendu parler.
On dit qu'il peut quitter l'atmosph�re ?
Qu'il peut m�me atteindre une autre plan�te, avec un bon pilote.
C'est encore un peu t�t.
Je peux prendre une cigarette ?
M. Sterker, tu me dois un joli petit paquet.
Ces savants, ils sont nuls aux cartes.
Vraiment ? Je pensais que Sterker �tait un joueur.
Il parie sur � peu pr�s tout.
Et voil�.
- Limonade pour tout le monde. - Je vais couper le g�teau.
Vous �tes nerveuse, Mme Sterker ?
Vous �tes tr�s nerveuse.
Vous avez perdu beaucoup, je vois.
C'est pas press�.
La semaine prochaine, tu pourras te refaire.
La semaine prochaine ? Vous �tes pr�voyant.
Tr�s pr�voyant.
Il peut s'en passer des choses d'ici l�.
Il s'en passe des choses en 48 heures.
Je vais rentrer chez moi.
J'aime marcher quand il fait chaud.
- Je dors mieux. - Je vous raccompagne.
Merci.
Je vous vois sans doute demain.
Bien s�r.
Quelle belle nuit.
Le ciel est d�gag�, il y a tant d'�toiles.
Vous arrive-t-il de penser
que ces �toiles sont peut-�tre habit�es ?
Par des gens qui nous ressemblent ?
Cette pens�e m'a effleur�.
Vous est-il arriv� de penser que vous seriez plus heureux l�-haut ?
Cela a pu m'arriver.
Je n'en doute pas.
C'est l'heure. Jodie, �coute-moi. Nous partons.
Nous prendrons le vaisseau du gouvernement.
Nous avons pay� les gardes et rempli le vaisseau de vivres.
Nous avons de quoi tenir un moment.
- Vous avez tout pr�vu ? - Depuis trois mois.
Il faut partir ce soir, c'est notre derni�re chance.
C'est ce soir ou jamais.
Pourquoi ce soir ?
Parce que notre monde est fou,
il va s'auto-d�truire.
- Et ce d'ici demain. - Mais o� serons nous ?
Dans l'espace.
Tr�s loin d'ici.
Allons-y. Je vais chercher la voiture. Ann o� est ton sac ?
Dans notre chambre. J'y vais.
Bill.
Il faut que je r�ponde.
Oui ?
Ce soir ?
Je suis couch�.
C'�tait mon sup�rieur. Ils travaillent ce soir.
Allons-y tout de suite.
C'est ridicule.
Nous ne reviendrons jamais ici.
ATTENTION PORTE RESERVEE AUX CAS D'URGENCE
Il est l�.
�a va bien se passer, maman ?
- C'est notre contact ? - Oui, c'est lui.
Eve, fais un appel de phare.
Vous �tes bien loin de chez vous.
Ne bougez pas et restez calmes.
Respirez par le nez.
Tr�s calmement.
Retournez dans la voiture je vous prie.
Asseyez-vous � l'avant.
Mesdames, si vous voulez bien sortir.
Ces messieurs et moi sommes engag�s aupr�s des autorit�s.
V�hicule non autoris� sur la piste.
V�hicule non autoris� sur la piste.
Interceptez les contrevenants.
Interceptez les contrevenants et arr�tez le v�hicule.
Tout va bien ?
Minuit et tout va bien.
Ces �toiles semblent si lointaines.
Elles le sont.
Sauf celle o� nous nous rendons. Tu la vois ?
Celle qui brille, sur la droite.
Dire qu'elle est habit�e. Que ses habitants nous ressemblent...
Ils nous ressemblent.
C'est la troisi�me plan�te apr�s le soleil. On l'appelle...
C'est donc notre destination. La Terre.
Derri�re un minuscule vaisseau avan�ant dans l'espace,
se cache une plan�te condamn�e, au bord du suicide.
Devant eux, la plan�te Terre.
La troisi�me plan�te apr�s le soleil
Pour William Sterker et ses compagnons
c'est une nouvelle �re qui commence,
dans la Quatri�me dimension.
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