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La QUATRIEME DIMENSION MIRROR IMAGE
PREMIERE DIFFUSION LE 26 FEVRIER 1960
Vous voyagez dans une autre dimension.
Une dimension visuelle, sonore, mais aussi spirituelle.
Un voyage dans un monde merveilleux fait d'imagination.
Votre prochain arr�t : La Quatri�me Dimension.
GARE ROUTIERE
ENREGISTREMENT DES BAGAGES
Excusez-moi.
Le bus pour Cortland.
Qu'est-ce qu'il a ?
Il devrait �tre l� depuis une demi-heure.
Oui. Une demi-heure.
Quand va-t-il arriver ?
Difficile � dire. Il pleut beaucoup.
La route est glissante. Peut-�tre bloqu�e.
Ca chamboule tous les horaires.
A votre avis, il va arriver quand ?
Il arrivera quand il arrivera.
C'est ce que je vous ai d�j� dit la derni�re fois.
La derni�re fois ? C'est la premi�re fois que je vous le demande.
Je vous demande juste une r�ponse polie.
C'est ce que vous avez eu.
Le probl�me, c'est que vous revenez toutes les dix minutes.
Ca ne change pas si vite, vous savez.
Le bus de Cortland ? Il est en retard.
Il �tait d�j� en retard il y a une demi-heure,
puis 15 minutes plus tard, quand vous �tes revenue,
et il l'est toujours !
Et ce n'est pas en redemandant que �a va changer quelque chose.
Mais c'est la premi�re fois que je demande. La toute premi�re.
Soit vous avez besoin de...
Que se passe-t-il ?
Rien.
Rien du tout.
Millicent Barnes, 25 ans. Une jeune femme qui attend un bus
un soir pluvieux de novembre.
Mlle Barnes n'est pas du genre � s'imaginer des choses,
ni � s'inqui�ter pour rien,
ni m�me � s'autoriser la moindre fantaisie.
Comme beaucoup de jeunes femmes actives, elle est consid�r�e comme
"ayant la t�te sur les �paules".
Nous expliquons tout ceci pour une raison :
dans un instant, la t�te de Mlle Barnes va �tre mise � l'�preuve.
Son sens de la r�alit� va �tre alt�r�, et des cauchemars en cha�ne
s'attaqueront � sa sant� mentale.
Millicent Barnes qui, dans un instant, se demandera si elle devient folle.
Faut-il que je recommence ?
Non, merci.
Je me disais juste...
Rien d'important, mais ce sac...
Qu'a-t-il ?
Il est comme le mien. C'est le m�me, jusqu'� la poign�e cass�e.
Qu'est-ce que c'est, un jeu ?
- Quoi ? - C'est votre sac, vous l'avez enregistr�.
Non, ce n'est pas le mien. Il lui ressemble, mais mon...
Voulez-vous aller l�-bas vous asseoir ?
Soit vous �tes somnambule, ou so�le, quelque chose comme �a.
Allez l�-bas, et asseyez-vous. Respirez � fond,
et laissez-moi lire mon magazine.
Lorsque le bus de Cortland arrivera, vous entendrez le moteur,
la porte s'ouvrira, et des gens en descendront.
Ca voudra dire que le bus est l�.
Je n'ai pas enregistr� mon sac.
Et puis, quand j'ai vu que mon sac...
Vous allez bien, mademoiselle ?
Bien s�r, je vais bien.
Je vais tr�s bien.
Pourquoi ? Je n'ai pas l'air bien ?
Si. Tr�s bien.
C'est juste que la derni�re fois que vous �tes venue...
La derni�re fois ?
Qu'est-ce que vous voulez dire ? Je ne suis jamais venue avant.
Vous �tiez l� il y a quelques minutes.
Moi ?
Je ne suis jamais venue ici.
Qu'est-ce qui se passe, ici ?
On n'arr�te pas de prendre mon sac.
On me dit que je me r�p�te � propos du bus.
Et maintenant vous dites que j'ai d�j� �t� ici.
Calmez-vous, mademoiselle. Tout ira tr�s bien.
Bien s�r, que tout ira tr�s bien. Il n'y a aucun probl�me.
Le seul probl�me, c'est que vous autres avez besoin de dormir.
Je vais vous donner de quoi vous rafra�chir. Vous n'avez pas l'air bien.
Non, �a ira.
Ca va aller.
Je dois �tre fatigu�e.
Mais �a va aller.
- Excusez-moi. - Oui ?
Avez-vous vu quelqu'un assis � ma place il y a quelques minutes ?
Je ne crois pas, mademoiselle. Mais je ne faisais pas attention.
Quel est le probl�me ?
Pas de probl�me. Je croyais avoir vu quelqu'un que je connais.
Ici ?
Merci. Excusez-moi de vous avoir d�rang�s.
Qu'est-ce que j'ai ? Mon Dieu, mais qu'est-ce que j'ai ?
Que se passe-t-il ? Des hallucinations.
C'est �a. Ce sont des hallucinations.
Je dois �tre malade.
Je dois avoir de la fi�vre.
Je ne suis m�me pas chaude.
Je n'ai pas de fi�vre,
pas du tout.
- Excusez-moi, mademoiselle. - Oui.
Oui, qu'y a-t-il ?
Votre sac. Vous l'avez fait tomber.
Merci.
Le bus a du retard, n'est-ce pas ?
On dirait. Plus d'une demi-heure.
Vous parlez bien du bus de Cortland ?
Oui. J'�tais cens� �tre � Syracuse ce soir � 22 heures.
Il n'y avait pas d'avion, j'ai pris un taxi depuis Binghamton.
Ce foutu taxi a d�rap� et a fonc� dans un arbre � quelques kilom�tres d'ici.
J'ai d� marcher jusqu'ici.
Pardonnez-moi, mademoiselle. Vous �tes malade ?
Je ne sais pas ce que j'ai. Je ne sais pas.
Puis-je faire quelque chose ?
Je ne sais pas.
C'est juste qu'il m'arrive des tas de choses bizarres.
J'ai des hallucinations.
Des hallucinations ? De quel genre ?
Je ne devrais peut-�tre pas vous le dire.
Vous voulez sans doute aller ailleurs, ou
appeler la police, une ambulance ou quelque chose.
Dites-le-moi, je pourrai peut-�tre vous aider.
Au fait, je m'appelle Grinstead,
Paul Grinstead. Je suis de Binghamton.
Enchant�e. Millicent Barnes.
Enfin, c'�tait mon nom, en tout cas.
Je suis secr�taire.
J'ai d�missionn� jeudi dernier, je vais aller travailler � Buffalo.
C'est l� que je vais. A Buffalo.
Tout le monde me dit que je suis d�j� venue ici.
L'homme qui prend les billets, l�-bas, dit que je lui pose sans arr�t des questions.
La femme aux toilettes dit que j'y ai d�j� �t�.
Alors que ce n'est pas le cas. Et mon sac... Mon sac !
Il est l�.
Dieu merci.
J'ai cru que tout recommen�ait encore.
Cet homme m'a dit que je l'avais enregistr�, c'est faux,
mais il y avait un sac qui ressemblait au mien.
Puis, quand je suis sortie des toilettes, il n'y �tait plus.
Continuez.
Ca peut para�tre tr�s �trange, mais
quand je suis sortie des toilettes,
je me suis regard�e dans la glace, et j'y voyais toute la salle d'attente.
Et j'ai vu...
Qu'avez-vous vu, Mlle Barnes ?
Je me suis vue, assise l� sur ce banc.
Des hallucinations.
Oui.
Ca doit �tre �a. Un genre d'hallucinations.
Mais je ne suis pas malade. Je n'ai pas de fi�vre.
Je n'ai pas de fi�vre.
Il n'y a pas que le fait de voir des choses qui n'existent pas.
Pourquoi cet homme et cette femme disent-ils m'avoir d�j� vue ?
Je ne sais pas. C'est difficile � dire.
Qu'est-ce qui m'arrive ? Quel est le probl�me ?
Je ne suis pas cingl�e.
Je n'avais jamais connu ce genre de probl�mes.
De probl�mes mentaux, je veux dire.
Bien s�r que non.
Il y a une explication, quelque part. Il y a une raison.
Peut-�tre...
Peut-�tre que quoi ?
Peut-�tre qu'il y a quelqu'un qui vous ressemble.
Ca pourrait �tre �a !
Ou peut-�tre quelqu'un qui vous fait une blague ?
C'est possible ?
C'est trop �trange. Et �a n'explique pas pour le sac.
Et si c'est quelqu'un, o� est cette personne ? O� ?
Arriv�e du bus pour Cortland, Syracuse,
Buffalo.
Laissez-moi porter �a. Ca a l'air lourd.
Merci, c'est tr�s gentil � vous.
C'est facile d'�tre gentil avec vous.
C'est plus que gentil.
Nous devrions monter dans le bus.
- Je vais prendre votre sac. - Tr�s bien.
Mlle Barnes ! Millicent ! Qu'est-ce qu'il y a ?
Attendez un peu.
On part. Vous et la dame, vous venez ou pas ?
Nous attendrons le suivant.
Il arrivera pas avant 7 heures du mat. Vous allez attendre longtemps.
Ca ira.
D'accord !
Je vais �teindre certaines des lumi�res.
Autant �conomiser du jus, c'est ce que je dis toujours.
Je ferais bien de rentrer.
J'esp�re qu'elle ira mieux.
Merci. Vous avez �t� tr�s gentille.
Pas de probl�me. A vue de nez, je dirais quand m�me qu'elle a besoin d'aide.
Vous voyez ce que je veux dire.
Vous vous sentez mieux ?
- Le bus. - Il a d� partir.
Un autre va arriver bient�t.
Vous n'�tes pas mont�.
Ce n'est pas grave.
Quelques heures de retard de plus, �a ne fera aucune diff�rence.
J'�tais en train de r�fl�chir � quelque chose.
C'est tr�s bizarre, mais...
Je me souviens.
Vous vous souvenez de quoi ?
De quelque chose que j'ai lu
ou entendu il y a longtemps.
A propos des diff�rents plans de l'existence.
A propos...
de deux mondes parall�les existant c�te � c�te.
Et du fait que nous avions chacun un homologue dans ce monde.
Parfois, � cause d'une anomalie,
quelque chose d'inexplicable se produit,
et cet homologue
se retrouve dans notre monde, apr�s la convergence des deux mondes.
Pour pouvoir survivre, il doit prendre le dessus.
Prendre le dessus ?
Nous remplacer pour pouvoir vivre.
C'est un peu trop m�taphysique pour moi.
Je me souviens d'avoir lu �a.
Chacun de nous a un jumeau dans cet autre monde,
un vrai jumeau.
Peut-�tre que cette femme...
Millicent, il y a une autre explication. C'est forc�.
Une explication plus logique.
Je ne peux pas l'expliquer
mais je sais que c'est ce qui est arriv�.
L'autre femme, mon homologue...
Oubliez �a, je vous en prie. N'y pensez plus.
Je viens de penser � quelque chose.
L'un de mes amis habite � Tully.
Je vais l'appeler. Il pourra peut-�tre venir nous chercher.
Il nous conduira m�me peut-�tre jusqu'� Syracuse. Je l'appelle.
Millicent ? Je peux l'appeler ?
Je vais vous dire, moi, ce que je pense !
Elle a une araign�e dans le plafond !
Des plans parall�les !
Des homologues dans une autre vie !
Vous �tes fascin� par les gens malades, c'est �a ?
Pauvre gosse.
- Je ne sais pas ce qui va arriver. - Vous allez appeler votre ami ?
Votre ami de Tully, celui qui a une voiture.
Je n'ai pas d'ami � Tully.
Elle a besoin d'aide. D'un psy.
Je me suis dit que ce serait plus facile comme �a, qu'elle suivrait.
Pauvre gosse.
Je peux l'utiliser ?
Allez-y. Qui allez-vous appeler ?
La police, j'imagine.
Elle pourrait nous aider, je pense.
Pour tout dire, elle me fout un peu la frousse.
Je pr�f�rerais qu'elle soit partie.
O� �tes-vous ?
O� �tes-vous all�e ?
Que voulez-vous ?
O� �tes-vous ?
Vous allez bien ?
Oui.
Je vais bien.
Ca vous dirait de prendre un peu l'air ?
D'accord.
Vous l'avez bien exp�di�e ?
Oui, ils vont la prendre en observation � l'h�pital.
C'�tait quoi cette chose dont elle parlait, � propos d'une autre vie ?
Je ne sais pas. Ca doit �tre un sympt�me de sa maladie.
Le prochain bus est � 7 heures, c'est �a ?
Vous avez quatre heures et demie.
Vous pouvez roupiller sur le banc.
Vous serez tranquille, pas de bruit.
Jusqu'au matin, c'est on ne peut plus calme, ici.
Je vais peut-�tre dormir un peu.
O� �tes-vous ?
Une myst�rieuse th�se m�taphysique pour expliquer un ph�nom�ne.
Des raisons d�terr�es pour expliquer l'inexplicable.
On peut appeler �a des plans parall�les, ou de la folie.
Quoi que ce soit, vous le trouverez dans La Quatri�me Dimension.
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