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Zulu
...
"M-A".
- La moindre erreur et on finit au bout d'une corde.
- Non !
- Sauve-toi.
- Cardinal de Rohan, nous venons vous arrĂŞter.
- Jeanne a écrit les lettres et non la reine.
- Qu'on retrouve cette femme
et qu'on l'arrĂŞte.
Cagliostro avait raison. - On l'a arrêté pour complicité.
- Il y avait toujours le mĂŞme garde.
Vous devez le retrouver.
Prévenez notre réseau.
- Sa colonne vertébrale s'affaisse.
- Nous devrions le dire Ă Antoinette. - Pas encore.
- Comtesse de Rohan. - Vous aviez arrêté publiquement
mon petit-neveu. Relâchez-le
ou vous en subirez les conséquences.
- Il sera traduit en justice.
- Nous avons tant de points communs.
- Aux amitiés naissantes.
La foule harangue le cortège.
La foule harangue le cortège.
...
- Soutien au cardinal ! - Non Ă la tyrannie !
- A bas la tyrannie !
...
- Dieu sauve le roi
et la reine ! - Libérez le cardinal.
- Mme de Rohan. - Vous aviez promis
un minimum de discrétion. - Que voulez-vous ?
Le roi persécute le cardinal et cela enflamme l'opinion.
- Nous tolérons votre avocat libéral.
Vous vous servez du procès
comme propagande d'idées radicales.
Vous avez intérêt
Ă faire innocenter mon neveu.
Sinon, je vous dénonce pour traîtrise à votre classe.
Musique sombre
...
- Dis-leur la vérité. Sans témoin, nous ne pouvons pas disculper Rohan.
...
Marie-Antoinette halète.
Marie-Antoinette halète.
- Est-ce vraiment nécessaire que vous y assistiez en personne ?
- Je veux voir Rohan avouer.
- Vous pourrez observer le procès d'ici.
- Levez-vous. Le marquis d'Aligre présidera cette cour.
L'audience se lève.
Un murmure parcourt la salle.
- Tu veux des coussins ? - Non, c'est bon. Ca va.
- Etant président du Parlement,
j'ouvre le procès de la couronne contre le cardinal de Rohan.
On murmure.
Musique cocasse
...
- Non, mais quel comédien !
(Marie-Antoinette) - Il est ridicule.
J'espère que le Parlement
ne sera pas dupe de son numéro. - J'en suis sûre.
ne sera pas dupe de son numéro. - J'en suis sûre.
...
La reine soupire.
- Bien... Maintenant, que justice soit faite.
Générique
...
...
- L'accusation conclura en disant
que le collier de diamant a été remis à un complice du cardinal,
se faisant passer pour un garde de la reine.
Ce complice n'a pas été revu
depuis qu'il s'est enfui.
Sans aucun doute sur ordre de l'accusé,
ou de son magicien, Cagliostro.
Il comparaîtra
en tant que conjuré.
- Le dossier est bon.
- Le garde s'est volatilisé.
- La rumeur dit qu'il est mort.
- Je préférerais en être certain. - Chut !
- Maître Target, pour la défense,
vous pouvez interroger l'accusé. - Merci, M. le président.
L'avocat s'avance lentement.
Déclinez votre identité.
- Louis-René-Edouard, cardinal de Rohan,
prince-évêque de Strasbourg,
proviseur de la Sorbonne et grand aumĂ´nier de France.
- La défense prouvera que le cardinal
a été victime d'abus de confiance de sa volonté d'être un sujet loyal
a été victime d'abus de confiance de sa volonté d'être un sujet loyal
qui s'est laissé abuser
par une femme rusée et manipulatrice.
Qui a volé le collier ?
- Pour autant que je sache, au vu des éléments dont je dispose,
la voleuse est la reine Marie-Antoinette.
L'assemblée s'indigne. Le juge frappe au marteau.
- Silence.
Silence !
- J'aurais dĂ» savoir qu'il mentirait.
- Effacez ceci du rapport.
- Cette vile tactique de défense ne bernera personne.
- Pourquoi la reine ? - Il était su de tous
que j'étais en disgrâce, que j'espérais regagner ses faveurs.
J'ai fait un don Ă une de ses oeuvres
dirigée par la comtesse de Valois.
- Mme Jeanne de La Motte ? - Oui, excusez-moi.
Elle se disait comtesse. - Nous interrogerons
Jeanne de La Motte comme témoin présumé. Continuez.
- Suite à mon don conséquent, j'ai reçu un message de la reine.
J'ai répondu et nous avons entamé
une correspondance. Ces lettres étaient sur du papier bleu,
très clair. Il serait inconvenant de révéler ce qu'elles contenaient.
Je dirai seulement que je pensais ĂŞtre devenu ami intime de la reine.
On s'indigne.
...
- C'est une accusation très grave,
votre Eminence.
Quelles preuves avez-vous que la reine a écrit ces lettres ?
- Je l'ai rencontrée dans les jardins.
A minuit. - Il vaut mieux partir.
- Non, je veux savoir. - Elle m'a donné une rose.
Je l'ai fait sécher.
On s'étonne.
Tout est resté innocent, bien sûr.
Je suis un homme d'Eglise.
- Mais...
pourquoi la reine
aurait-elle fait cela ?
- Hélas, je comprends maintenant
qu'elle tirait profit de ma loyauté. Elle ne pouvait pas
acheter le collier au grand jour.
On la critiquait dĂ©jĂ
On la critiquait dĂ©jĂ
pour Saint-Cloud.
- Comment ose-t-il ?
- Je reconnais...
avoir négocié l'achat du collier,
l'avoir donné au garde de la reine, en suivant ses instructions, mais...
c'est la dernière fois que j'ai vu le collier et les diamants.
Mon seul crime est d'avoir été trop loyal à la couronne.
Une couronne totalement pervertie.
On s'indigne.
- Silence !
Le juge frappe.
- Tu es toute pâle. Tu devrais te reposer à Versailles.
- Ca va aller.
- Je crois que... - Laisse-moi, ça ira.
Mais toi, retourne auprès des enfants.
Je serai plus rassurée, en sachant que tu t'occupes d'eux.
Musique émouvante
- M. le président, je suggère une courte pause.
Le juge frappe.
- Libérez le cardinal !
- Et le rendez-vous nocturne ?
- Etes-vous en train de...
- Cela nous aiderait de réfuter cette allégation.
Diriez-vous où vous étiez,
cette nuit-lĂ ?
- Je n'ai jamais rencontré cet homme dans un jardin. Il ment.
Pour couvrir sa culpabilité.
C'est pas vrai ! Je suis...
Laissez-nous.
Me Fleury sort. Fersen était là , début juin.
Breteuil soupire.
- Que répondre
aux mensonges de Rohan, sans mentir Ă notre tour ?
- Je ne sais pas.
Il semblait convaincu de ce qu'il racontait !
Et si... s'il avait vraiment rencontré quelqu'un, ce soir-là ?
- Je... je ne comprends pas.
- S'il avait vu une femme qui se serait fait passer pour moi.
J'en ai aperçu une,
sur scène, au Palais-Royal.
sur scène, au Palais-Royal.
C'était une...
Il existe...
des pseudo-actrices qui s'habillent comme moi et imitent mes manières.
Alors...
- Mais... si Rohan a rencontré une femme
et a pu la prendre pour vous,
cela fait de lui
un sombre idiot, pas un voleur.
- C'est vrai.
Musique pesante
La reine souffle. Vous pouvez enquĂŞter ?
- De façon officieuse ?
- Oui !
...
- D'après ce rapport, nous serons en faillite dans les six mois.
- J'en ai peur. A moins que le Parlement n'approuve le prĂŞt.
- Pourquoi tarde-t-il ?
- Le procès de Rohan.
Le Parlement pense que vous persécutez la noblesse
pour vous renforcer. Une rumeur dit que nous serions sur le point
de proposer des réformes radicales. - Comment ?
Comment le Parlement a eu vent de nos réformes ?
Seuls vous, Vergennes et moi le savions.
- Je l'ignore, sire.
Il nous faut cet emprunt.
- Faites taire les rumeurs sur les réformes jusqu'à ce prêt.
- Mhm.
- Avez-vous ébruité nos projets ?
- Non ! Je n'en ai pas parlé.
- Quoi ?
- Tu t'es levé du mauvais pied ?
- Les murs ont des oreilles. Est-ce que tu as fouillé ce bureau ?
- Pourquoi l'aurais-je fait ?
Qu'y a-t-il d'intéressant, à part ton journal de chasse ?
Bref, j'apportais les récents ragots du Palais-Royal.
De nouvelles attaques contre ton autorité.
Ils appellent à séparer Eglise et Etat.
Musique intrigante
Tu es débraillé, mon frère. Ce n'est pas digne d'un roi.
...
...
Provence sort.
- Veuillez vous asseoir.
M. le procureur,
le témoin est à vous.
- Votre identité ?
- Jeanne de Valois.
- Quelle est la nature de vos liens avec le cardinal de Rohan ?
Je comprends
que ce soit difficile, mais...
nous sommes ici pour établir
la vérité, madame.
- Le cardinal a tiré profit de ma pauvreté et de mon innocence.
L'assemblée s'indigne.
- Continuez, je vous prie.
- Je suis d'une famille noble.
Mon père possédait des terres en Champagne.
Mais nous avons eu un revers de fortune.
Dès l'enfance, j'ai été obligée de mendier, dans la rue.
Les gens avaient alors pitié d'une pauvre petite fille,
qui descendait directement de Henri II de Valois,
roi de France.
- Puis vous êtes allée à Versailles.
Et avez rencontré le cardinal.
- Oui.
- Et là , il a commencé à se servir de vous ?
Musique sinistre
- J'ai demandé des conseils au cardinal.
Il m'a donné un peu d'argent
et envoyée récolter des dons pour son oeuvre de charité.
...
...
Je l'ai trouvé gentil.
...
Murmures Merci.
- Et le collier ?
- J'ignorais tout du collier, jusqu'Ă l'arrestation du cardinal.
Mais au regard de ce que je sais, des dettes colossales
du cardinal,
et de cette oeuvre de charité qui n'était que mensonge, là aussi.
Je suis convaincue que le cardinal
a orchestré le vol du collier
avec Cagliostro.
Félicité soupire. (- Elle est vraiment prête à tout.)
- Je vous remercie.
Je pense que ce sera tout pour ce témoin, M. le président.
...
- Vous auriez dû me laisser dire la vérité. Là , j'ai énervé la reine.
Jeanne va s'en tirer.
- Il faut accuser la reine. Sans autre témoin,
- Il faut accuser la reine. Sans autre témoin,
c'est vous ou Jeanne.
- Qui est plus crédible que vous.
- Comment osez-vous parler ainsi ? - Il a raison.
- Pourquoi n'avez-vous pas trouvé d'autre témoin ? Le garde ?
La femme qui s'est fait passer pour la reine aux jardins ?
- Accuser la reine
était votre idée ! - Calmez-vous ! Ce procès
n'est pas encore perdu.
Nous ne retrouvons pas le garde
mais pensons connaître l'identité de la femme dans les jardins.
Elle s'est enfuie, mes hommes la traquent.
- Cela dit,
si vous n'avez pas besoin de moi, je me retire.
- Vous n'en ferez rien. Votre réputation aussi est en jeu.
- Alors ayez confiance en moi.
Musique menaçante
Changeons de stratégie.
...
- Tu as demandé ce procès pour connaître la vérité.
- Mais s'il en ressort des choses
que nous ne voulons pas savoir ? - C'est le risque
d'un procès.
- Tu dois me soutenir, normalement.
- Tu veux que je te lèche les bottes,
comme tout le monde ? Tu es déterminée, c'est une force.
Mais ça te pousse à agir sans penser aux conséquences.
- Arrête ! Je ne t'ai pas demandé un sermon.
- Mais il y a une chance que le cardinal soit innocent ?
- Il doit ĂŞtre coupable.
Nous l'avons accusé publiquement.
On entre.
- Non, je vous en prie, restez assis.
La journée s'est bien passée.
- Ah oui, très bien ! J'ai adoré être accusée du vol du collier.
- C'est...
une manoeuvre désespérée.
Vous ne croyez pas ? Fersen hésite.
- Je suis d'accord.
- Cette histoire sera bientôt derrière nous.
J'en suis sûr.
- Oui.
- Je viendrai avec toi, demain.
- Tu n'es pas obligé. - Si !
C'est ma place.
- On accuse la reine du vol.
- Vous ĂŞtes lĂ ?
Racontez-nous tout dans le détail.
Jeanne a-t-elle témoigné ?
- Qui se soucie de Jeanne ?
Parlez-nous de Me Target. On dit qu'il a de l'allure,
pour un libéral. - Si on aime les prétentieux.
Victoire s'exclame. Provence toussote.
- Mesdames.
- Louis est foutrement paranoĂŻaque, il faut le dire Ă Malesherbes.
Joséphine.
Si Antoinette est reconnue coupable du vol du collier,
Si Antoinette est reconnue coupable du vol du collier,
la régence me reviendra.
Où en est le procès ? - Les magistrats
ont cru Jeanne de La Motte sur parole,
ce qui fait de Rohan un coupable sans équivoque.
- Bien ! Il ne faut pas que la monarchie perde ce procès.
- Mais si Rohan perd, le peuple aura de la compassion
pour Antoinette.
- De la compassion ?
C'est ce que nous devons éviter. Ce procès doit nuire à la reine.
- Pourrait-on
convaincre Jeanne de nous y aider ?
Ca ne vous fatigue pas, de toujours comploter ?
- Mais enfin ! Cela sert nos intérêts à tous les deux.
Musique de complot
- Marguerite vous manque ?
...
Mhm ?
Alors...
Trouvons comment entrer en contact avec Mme de La Motte.
- OĂą est-elle ?
Jeanne chantonne.
- A la Bastille.
- Envoyons quelqu'un.
- Un espion.
- Beaumarchais.
- Votre assurance est charmante.
Vous avez fait un sacré numéro d'actrice.
- Je suis flattée.
Mais ce n'était pas un numéro. - Ah.
Il rit.
- Et pourtant, vous avez allègrement avoué avoir volé
la moitié de Versailles. - Sur les ordres du cardinal.
- Ca n'en demeure pas moins un crime.
Vous devez comptez sur quelqu'un de très puissant,
pour obtenir la clémence. - Fût-ce vrai, je n'en dirais rien.
- Oui, je comprends.
Mais si vous comptez sur la reine...
je vous préviens, elle est d'une inconstance notoire.
- Vous avez mieux Ă offrir ?
Une grille claque.
- Marie-Antoinette ne prononce pas la sentence. Les parlementaires, si.
Certaines factions du Parlement seraient plus que ravies
par un témoignage nuisible à la reine.
- Je ne suis pas née d'hier. Vous venez de la part du cardinal.
Il veut que je confirme ses dires. - Faux.
Des coups retentissent. - Lâchez-moi ! Lâchez-moi !
- Peu importe que le cardinal tombe,
tant qu'il entraîne la reine dans sa chute.
Musique angoissante
- Pourquoi vous faire confiance ? - Aucune raison.
Mais vous ĂŞtes sur la corde raide.
...
Vous avez vu ? La cour est prĂŞte Ă croire que la reine
a volé le collier.
Pouvez-vous compter sur elle pour vous sauver ?
...
...
Jeanne soupire.
Elle s'étonne. Le miroir se brise.
...
- Vous ne pouvez pas le garder enfermé !
La foule les harangue.
Musique virevoltante
...
- Mme Jeanne de La Motte, épouse de Nicolas de La Motte.
- Je m'appelle Jeanne de Valois.
- Oui. Vous vous êtes même présentée comme la comtesse de Valois. Non ?
D'oĂą vient ce titre ?
- Le cardinal m'a dit de l'utiliser.
Normal que j'utilise un titre, je suis d'ascendance royale.
- C'est le cardinal qui a imaginé tous les mensonges
que vous racontiez ?
Une héritière désargentée, vivant dans la rue.
Une héritière désargentée, vivant dans la rue.
Votre vie semble avoir été
un véritable roman !
- Tout ce que j'ai dit est l'exacte vérité.
- "L'exacte vérité" ! Remercions le Ciel...
L'assemblée rit.
Pour ma part,
je pense que vous avez tout inventé.
Nous vous savons tous convaincante. Vous avez dupé
la moitié de Versailles avec des dons à votre fausse oeuvre
pour laquelle vous serez jugée.
- L'oeuvre de charité du cardinal. - En vérité,
vous avez déclaré qu'avant Versailles,
vous étiez sans le sou.
Vous étiez endettée jusqu'au cou.
Vous vous offriez un repas lorsqu'un bienfaiteur avait pitié.
Je m'étonne que vous soyez en état qu'on vous prenne pour une comtesse.
- Tout mon argent a servi Ă la lutte pour avoir les terres de mes aĂŻeux.
- Mais quelles terres ?
La moitié d'un champ en Champagne, avec une poignée de cochons ?
On ricane.
Et...
est-il exact
qu'il y a six ans,
on vous a accusée de contrefaçon de lettres de recommandation ?
- J'ai été injustement calomniée. - Oui, bien sûr !
Cette liste de commerçants témoigne de votre frénésie d'achats
après le vol du collier.
Mobilier, bijoux, robes.
Calomnies, également ?
Non. La vérité, Mme de La Motte... - De Valois.
- C'est que vous ĂŞtes une fabulatrice et une criminelle professionnelle.
- Non, c'est faux. - Qui est susceptible de ce vol ?
Le cardinal ? Certes, criblé de dettes,
mais aux relations fortunées, il croit
qu'il ne servait que sa reine.
Quel besoin de mentir et de voler ?
Tandis que vous...
vous n'ĂŞtes absolument rien, sans vos mensonges.
- Mais il est obsédé par la reine !
Sexuellement.
La foule s'insurge.
(Louis) - Que dit-elle ?
- Le cardinal a témoigné de sa loyauté envers la reine.
- Il fanfaronnait de ses visites au Petit Trianon.
Il prétendait devoir traverser un fossé de boue pour la rejoindre.
Une fois, il a glissé.
Sa soutane maculée.
- Encore un de vos fantasmes.
- C'est le fantasme du cardinal.
Mais qu'en est-il du reste ? Par exemple,
il a parlé d'un mur de diamants
dans la chambre de la reine.
Elle achète des bijoux dans le dos du roi.
- Quel mur de diamants ? Elle ment !
- Votre Majesté, restez discret.
(- Louis, je t'en prie.) - Normal que Rohan la fasse accuser.
La reine aime ce qui brille. - Vous calomniez la reine !
- Je répète les propos du cardinal. S'il y a crime, c'est le sien.
Il se vantait des appétits insatiables
de la reine.
Les prétendants se bousculaient chez elle.
Elle apprenait le suédois.
Je ne vois pas bien
Ă quoi peut lui servir cette langue.
Il a ajouté que c'était une chance, que le roi aime être cocu.
On s'indigne. Il a un oeilleton dans son placard.
On s'indigne. Il a un oeilleton dans son placard.
Le roi observe tout.
- Cessez ce procès ! - Non, vous auriez l'air
de cacher quelque chose. - Louis... Assieds-toi.
- Pour assister Ă ces horreurs ? Ils nous ridiculisent publiquement.
- Je témoignerai.
Je réfuterai tout. Je dirai
que j'étais avec toi, ce soir-là . - Hors de question de te parjurer.
- Allons-nous-en. - Je veux l'entendre jusqu'au bout.
Yolande part avec toi.
Musique de tension
...
Marie-Antoinette soupire.
Cette femme a une idée derrière la tête.
- Au moins, elle continue d'accuser Rohan.
- Du nouveau, sur la rencontre aux jardins ?
- La femme qui s'est fait passer pour vous a disparu.
Mes espions la recherchent, mais... s'il s'avère qu'elle a piégé Rohan,
Mes espions la recherchent, mais... s'il s'avère qu'elle a piégé Rohan,
nous ne pourrons pas la laisser comparaître devant la cour.
La reine soupire.
On ricane. - Ils sont partis !
...
- Vous auriez dĂ» le voir.
Son visage se décomposait.
Ah, vous voilà ! Nous espérions bien vous voir.
- J'espérais une soirée tranquille,
sans que mon salon ne serve de tribune politique.
- Oh, il est bougon parce que Rohan perd son procès.
- Il entraîne Antoinette dans sa chute.
Sa réputation ne s'en relèvera pas. - Vous pensez
beaucoup trop Ă ce qui se passe dans sa chambre.
Venez plutĂ´t discuter
des vrais problèmes.
- Avez-vous rallié la reine à l'abolitionnisme ?
- Il faut les signatures royales, pour abolir l'esclavage.
Nous ne les attendons pas pour convaincre
que c'est une bonne chose. Vous parliez du pouvoir du peuple.
que c'est une bonne chose. Vous parliez du pouvoir du peuple.
Le cardinal n'est qu'une diversion pour occulter les vrais problèmes,
mon ami.
Gardons Ă l'esprit que nous sommes la solution.
- Il a raison.
Ce procès ne vise pas
Ă humilier la reine. - Je sais !
Vous me prenez tous pour un imbécile.
J'essaye
de dresser le Parlement contre la monarchie absolue.
Tu ne m'aides pas. Que fais-tu ici ? - Je peux t'aider.
Mais avant, donne-moi quelque chose.
- Vas-y, dis-moi.
- Donne ta parole.
Si tu deviens roi, hommes et femmes seront égaux.
Il ricane.
- Tu plaisantes ?
- J'ai ce qu'il te faut pour gagner.
Alors ?
Suis-moi.
...
- Qui est-ce ?
- Le garde qui a disparu.
- Tu ne m'en as pas parlé ? - Je ne l'ai dit à personne.
S'il avait parlé, Rohan aurait été disculpé.
Le procès, annulé. Mais maintenant...
le monde entier a les yeux braqués sur nous.
- Je ne salirai jamais la mémoire de Jeanne de Valois.
- Allons Ă la Bastille.
Il y a quelque chose que vous devez voir.
...
- Tu as bonne mine...
pour un cadavre !
...
Déclic de serrure
On entre.
- On peut compter sur le Parlement.
Il votera en notre faveur.
- Pas si sûr.
- Pardon ?
- Le Parlement sait
que je vais étendre les taxes au clergé et à la noblesse.
Certains parlementaires
me soupçonnent de mal gérer.
- Ont-ils raison ?
- Le pays est un peu endetté.
- Le pays est un peu endetté.
- Donc tu...
Tu crois que certains parlementaires se servent du procès pour te punir ?
- C'est possible.
Oui.
Nous devons nous y préparer.
La reine souffle.
- Mhm... - Ils pourraient me défier.
Innocenter Rohan.
Je suis désolé.
J'aurais dû te le dire. Je voulais te préserver de la politique.
- Louis, je t'en prie. Tu...
Tu ne voulais pas me protéger, tu me considérais sous-qualifiée.
Marie-Antoinette soupire.
- Le Parlement ne peut voter contre nous.
Le pays conclurait que j'ai perdu la main.
- Alors ce procès n'a rien à voir avec le vol d'un collier.
C'est un référendum.
Sur notre règne.
On murmure.
L'assemblée s'exclame.
- On dirait la reine.
- La putain du théâtre !
- Elle ne peut pas !
Pourquoi elle...
- Où était-elle ?
- Je t'avais dit que nous la retrouverions.
- Pardon, Majesté, j'ai échoué.
Je suis désolé.
- Comment vous appelez-vous ?
- Mlle Nicole d'Oliva.
- J'ai voulu connaître la vérité.
- J'ai voulu connaître la vérité.
Je suppose que je dois l'entendre. - Mademoiselle.
Avez-vous rencontré le cardinal de Rohan ?
- Oui.
On m'a payée pour le rencontrer en me faisant passer pour la reine.
- Qui vous a payée ? - Je n'en sais rien.
Il ne m'a pas dit son nom.
Il m'a parlé de jouer un tour au cardinal.
- Est-il plausible
qu'il ait cru voir la reine ?
- J'ai de l'expérience dans ce rôle.
Je l'ai joué tous les soirs, au cabaret
du Palais-Royal.
Et dans le lit des messieurs,
après les spectacles.
On murmure. Vous n'imaginez pas
ce qu'ils feraient Ă la reine.
Des choses cochonnes.
Ils veulent l'humilier.
La faire ramper au sol devant eux.
Un m'a même obligée
à l'appeler "Votre Majesté".
On rit. - Ce tour de passe-passe
On rit. - Ce tour de passe-passe
ne prouve rien !
La défense a payé une prostituée pour étayer un conte grotesque !
On s'exclame. - Silence. Silence !
Le juge frappe. Maître Target.
Plus de coups d'éclat.
- Navré de vous décevoir, M. le président,
mais je vais rappeler un mort.
- J'espérais tellement te revoir, Villette.
On m'a dit que tu étais mort. - J'ai cru que tu l'étais aussi.
- Nicolas m'a poignardée, j'ai perdu conscience.
Quand je suis revenue Ă moi, vous aviez disparu. Il nous a trahis
tous les deux !
Villette...
J'ai conclu un accord et raconté que Rohan avait tout orchestré.
Si tu dis la même chose, on sera acquittés.
Une grille claque. Si tu dis la vérité,
on tombera et aucun de ces braves gens ne nous sauvera.
Si tu veux sauver ta peau, tu t'en tiens Ă ma version.
Musique inquiétante
Musique inquiétante
- Asseyez-vous.
...
- Déclinez votre identité.
...
- Rétaux de Villette.
...
J'ai contrefait des lettres
et me suis déguisé en garde de la reine pour voler le collier.
L'assistance s'indigne.
- Sur les ordres de qui ?
...
- Jeanne de La Motte.
L'assistance s'insurge.
- J'ai ici de quoi le prouver.
...
Ceci a été trouvé en possession de l'homme assis devant nous.
M. de Villette, veuillez dire de quoi il s'agit.
- Le brouillon d'une fausse lettre
- Le brouillon d'une fausse lettre
que Jeanne a envoyée au cardinal, recopiée sur le papier de la reine.
C'est écrit de sa main.
On applaudit.
- Silence !
Silence ! - J'en ai assez vu.
...
- Silence. - Joli coup.
- Silence !
Musique préoccupante
On entre.
...
- Bien. Aujourd'hui,
Rohan a été innocenté.
Même les parlementaires fidèles au roi auront du mal
Ă le condamner.
Ă le condamner.
- Ne perdez pas espoir. Nous oeuvrons en coulisse
pour nous assurer leur vote. Beaucoup sont encore loyaux.
- Je vais perdre toute mon autorité.
- On ne peut prouver
que Rohan a volé le collier.
Mais nous pouvons émettre une nouvelle accusation.
Il s'est levé
devant tout le Parlement et m'a ouvertement accusée de vol.
- Suggérez-vous que nous accusions Rohan
d'avoir commis un crime de lèse-majesté ?
- Oui.
Exactement.
- La peine capitale ?
Vous risquez de faire de Rohan un martyr.
- Non.
...
Non.
Inculpons-les tous.
...
...
- Ce procès est une véritable foire. Le monde entier nous regarde.
Souhaitez-vous prendre le risque d'une exécution ?
...
- Cela vaut mieux que de perdre le pays.
Conversations animées
On frappe au marteau.
- Messieurs !
Silence, s'il vous plaît.
Maître Target ?
- Le dernier accusé a été arrêté à tort pour le vol du collier.
Il peut ĂŞtre entendu
par la cour. J'appelle le comte de Cagliostro.
- C'est lui ?
- Nous vous écoutons. - Cagliostro ?
- Je n'ai rien Ă voir
avec ce vol.
Je suis jugé à cause de ma réputation.
On m'a maltraité, on s'est moqué de moi.
Simplement parce que j'ai soif
Simplement parce que j'ai soif
de connaissance. - Il est venu
Ă Versailles. Je l'ai vu. - Je suis un homme de mon temps.
J'explore...
ce que vous considérez comme occulte.
Je guéris les gens.
Même les plus haut placés.
Musique de révélation
MĂŞme ceux sans espoir.
...
- Soignait-il le dauphin ? - Bien sûr que non !
...
- Etait-il Ă Versailles pour le dauphin ?
- Non !
- Ma calèche.
Je dois partir immédiatement.
(Breteuil) - Votre Majesté...
...
...
- Jeanne de La Motte et Rétaux de Villette,
avec le concours involontaire de Mlle Nicole d'Oliva,
sont coupables du vol du collier.
Le cardinal de Rohan et ce charlatan
de comte de Cagliostro sont innocents.
L'assemblée s'étonne.
Le juge frappe.
- Il y a du changement.
Le roi et la reine demandent au Parlement
d'examiner une accusation plus grave envers les accusés.
Le cheval hennit.
Leurs actes ont-ils souillé la réputation
de la reine ?
On s'insurge. - Faites voir.
- Ils se savaient vaincus.
- La reine prend un gros risque.
Musique émouvante
- Poursuivez, maître. - Je dois étudier
- Poursuivez, maître. - Je dois étudier
ces accusations. - Vous n'en avez pas.
Alors parlez maintenant.
Les actes du cardinal et des autres accusés
ont-ils terni
la réputation de la reine ?
...
- Cette affaire a dépeint la reine comme une femme extravagante,
fourbe,
et adultère.
Mais... ces accusations sont-elles nouvelles ?
La reine est réputée pour ses dépenses démesurées.
Depuis son arrivée en France,
elle a dilapidé l'argent de l'Etat dans le dos de son mari.
Il est de notoriété publique
qu'elle a des amants, entretient des correspondances intimes,
et des liaisons sexuelles
scandaleuses !
Les actes des accusés
n'ont en rien porté atteinte à l'image de la reine.
Elle a depuis longtemps détruit elle-même sa réputation.
...
Faut-il pendre ces personnes pour les péchés de la reine ?
VoilĂ ce qu'on vous demande.
Moi, je vous dis que non. Les coupables
ne sont pas ici.
Ils sont Ă Versailles.
On applaudit.
...
- Nous attendons le verdict. - Pardon.
Je dois voir quelqu'un. - Allez-y.
- Bravo,
bon travail.
Maudit soit Louis,
avec cette deuxième accusation.
La couronne ne peut pas perdre deux fois.
La couronne ne peut pas perdre deux fois.
Que dois-je faire ? - Vous l'avez dit vous-mĂŞme.
Le but de ce procès est de nuire
Ă la reine.
L'homme toussote.
- Le Parlement
est divisé.
Mes amis et moi sommes prĂŞts Ă voter contre le roi, mais sommes inquiets.
Une défaite porterait un gros coup à la monarchie.
Evitons de donner du poids à Orléans et à sa clique favorable au peuple.
Il faut un roi avec qui collaborer, sans perdre notre monarchie.
La France ne doit suivre l'Amérique sur la voie de l'anarchie.
Si nous infligions une défaite à Louis et qu'il ne s'en relève pas,
seriez-vous prĂŞt Ă prendre sa place sur le trĂ´ne ?
Vous devez prendre une décision.
Vous devez prendre une décision.
Musique de réflexion
...
- Concernant le premier chef d'accusation,
le vol du collier de diamant, la cour déclare
le cardinal Louis-René-Edouard de Rohan
et le comte de Cagliostro
non coupables.
- J'en étais sûr !
On applaudit.
- Silence.
Le juge frappe. Silence !
Jeanne de La Motte,
vous ĂŞtes reconnue
coupable de vol, de manipulation honteuse
du cardinal
et d'avoir, avec votre mari, entraîné vos complices,
M. de Villette
et Mlle d'Oliva.
Concernant le second chef d'accusation,
l'atteinte à la réputation de la reine, passible de mort,
tous les accusés sont déclarés...
tous les accusés sont déclarés...
On frappe Ă la porte.
...
- Non coupables, Majesté. - Non coupables.
L'assemblée exulte.
- Bravo !
- Vive le cardinal ! - Oui.
- J'en étais sûr.
- Je vous en prie.
...
L'assemblée applaudit. - Bravo ! Bravo !
- Bravo ! - Bravo !
...
- Vive le cardinal !
- Félicitations !
- Rétaux de Villette,
vous êtes banni du royaume. Nicolas de La Motte est condamné
par contumace aux travaux forcés à perpétuité dans les galères.
Jeanne de La Motte.
Vous ĂŞtes une criminelle
de la pire espèce, endurcie depuis votre naissance.
de la pire espèce, endurcie depuis votre naissance.
Vous serez battue et marquée du signe des voleurs.
Puis incarcérée à vie à la prison pour femmes de la Salpêtrière,
oĂą vous regagnerez peut-ĂŞtre un peu d'honneur. Emmenez-la !
Musique dramatique
On crie. - Non ! Non !
Laissez-moi ! Je suis innocente ! Lâchez-moi !
Elle hurle, on rit.
...
Jeanne crie.
Elle grogne.
...
Non !
Non !
Non !
Jeanne hurle de douleur.
...
L'assemblée l'acclame.
...
- Victoire !
- Bravo ! - Bravo !
- Bravo ! - Bravo !
- Bravo !
- Monsieur le comte de Fersen.
Voilà pourquoi la reine apprend le suédois.
Vous n'allez pas me gifler ?
On s'indigne. - Tout ça car elle vous rejette.
Musique sombre
- Ca va. Je vous dis que ça va !
Allez au diable !
Provence siffle.
- Peu royal, comme posture,
- Peu royal, comme posture,
cher cousin.
- C'est ce que voit le peuple qui importe.
A ses yeux, je représente l'avenir. - Oui.
Dommage que le peuple ne puisse pas choisir qui le gouverne.
- Pas encore.
...
Que le meilleur gagne.
...
- Vous avez déclenché un sacré incendie.
- Vous restez ? - Il est plus judicieux de partir.
Le roi me fera expulser.
Je vous dois ma liberté.
Vous m'avez demandé, un jour,
le secret de ma confrérie.
En vérité, il n'y a pas de secret.
Mais nous avons tous compris que la lumière, le changement,
naissent quand les hommes unissent leurs forces.
- Pas de femmes, donc ?
- La plupart d'entre eux n'en veulent pas. Je le désapprouve.
- Alors nous allons devoir les y contraindre.
Je me fiche du verdict et qu'il soit acclamé dans le pays.
Rohan est banni.
- Sire, cette défaite nous prouve
qu'on ne peut compter sur le Parlement
pour approuver l'impĂ´t foncier ou tout nouvel emprunt.
- Oubliez le Parlement !
Vous avez une autre instance décisionnaire.
Convoquez l'assemblée des notables pour faire passer les réformes.
Convoquez l'assemblée des notables pour faire passer les réformes.
- Plus tard, madame. - Laissez-nous.
- Majesté... - Partez !
Tous les deux !
La porte se ferme.
- J'ai banni Rohan. - Combien de temps lui reste-t-il ?
Musique déchirante
...
Combien de temps ?
Réponds !
...
- Pas plus de deux ans.
Marie-Antoinette s'émeut.
...
- Tu le sais depuis quand ?
...
- Je...
- Je...
Je... - "Je..." ! "Je..." !
- Je ne...
C'était trop dur, de t'en parler.
- Donc tu m'as menti ?
Tu m'as menti. Tu m'as dit qu'il allait guérir.
Comment ? Comment as-tu pu faire ça ?
- Je suis désolé.
Pardonne-moi, je ne supportais pas. - Tu m'as privée d'un don précieux.
- Je te protégeais. - Te rends-tu compte du temps volé ?
Comment as-tu pu me faire ça ? - Je voulais te protéger.
Vraiment. - Ca ne sert Ă rien !
Tu ne peux pas me protéger !
Tu ne peux pas ! - Non, arrĂŞte.
Tu ne peux pas. Tu ne peux pas. Tu ne peux pas !
Marie-Antoinette sanglote.
Pas de ce malheur.
...
Ni de quoi que ce soit.
- Pardonne-moi, je t'en supplie. - Non.
...
...
- Comment allons-nous y survivre ?
...
Marie-Antoinette sort.
...
Générique
...
...
Sous-titres SME : Damien Armengol - TASTI.EU Belgique
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