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...
Sonnerie et vibreur
- Oui, Gilles ?
Non, tu me réveilles pas.
Scène de crime, très bien.
Tu peux m'envoyer l'adresse, s'il te plaît ?
Préviens Morgane, parce que je suis pas sûr de la croiser, là.
Morgane ?
- Oh !
Musique rythmée
...
- Vous avez eu la télé hier et ce week-end, ce soir, je décide,
et ce sera le film i... ranien.
...
- Tout ça pour dire que le mec ne pouvait pas
*être à Singapour, le mari a menti.
J'ai oublié, vous pouvez racheter des capotes ?
- Capellini, bonne idée, j'avais envie d'italien.
- Ils vendent des pâtes à la pharmacie.
...
- Merci d'être venus. J'ai des choses pour vous.
Et puis y a ça.
Et puis ça, et encore ça.
Et celui-ci, voilà. On aura fait le tour.
...
- C'est quoi ?
- Des brochures données par les RH.
On va signer une décharge comme quoi la hiérarchie
connaît votre relation.
- Mais enfin... - Euh...
Je crois qu'il y a une grosse méprise.
On est complètement...
Il y a un malentendu total.
- Nous vivons ensemble...
- Vous avez appelé Gilles par erreur en visio.
- Quoi ?
Soupir
N'importe quoi !
Deepfake !
Vous savez ce que c'est ? On a fait une enquête là-dessus,
ce serait bien que ça nous serve.
Exemple typique de deepfake. Je vais porter plainte, même.
- Morgane, c'est bon, on...
Euh, Céline,
effectivement,
nous avons entamé une relation avec Morgane.
- Merci, je préfère.
Donc, vous êtes venus m'avertir que vous avez entamé
une relation. - Sexuelle, absolument.
- Pas que, euh... - Bien sûr, pardon.
On est colocataires,
coparents...
Et collègues, les RH le savent.
- J'écris que vous êtes des collègues,
colocataires et coparents, ayant entamé depuis peu
une relation sexuelle. Ca vous va ?
Morgane, ça vous va ?
- Bah ouais... Enfin.
- J'ai ce qu'il faut.
- A l'aide ! S'il vous plaît !
- Vous pouvez aller voir ?
- Faut que je parle à quelqu'un, c'est urgent.
- Qu'y a-t-il ?
- C'était un crime, une agression.
- Sur vous ?
- Je l'ai vu, un homme, il faisait du mal à une jeune femme.
Il est brun. Il avait une moustache, un piercing là.
Il s'appelle...
Brad...
Brad... Bradley. C'est marqué sur son T-shirt.
Arrêtez-le !
- OK, OK.
- Calmez-vous. C'était où, quand ?
- Je sais pas. - Comment ça ?
- C'est un endroit sombre.
Je vois des fleurs jaunes.
Des mimosas.
Et un vaisseau spatial.
- OK, la scène dont vous parlez, vous l'avez vue ou pas ?
- Les esprits...
- Ah, voilà. - Ils se trompent jamais.
Retrouvez cet homme et cette femme, s'il vous plaît.
- Ah, bah voilà, "Mélusine Lelièvre,
voyante, médium et cartomancienne."
Vous savez ce que ça veut dire ?
Qu'on va se faire tirer les cartes gratos !
Vous faites les ruines ?
Le marc de café ?
Vous faites le pendule ?
- Tu préviens Daphné ?
- Feuilles de thé ? Lignes de la main ?
- Attendez.
- OK, vous me dites si vous avez un flash.
- Ecoutez-moi !
- On fait que ça, donc. Alors, 3, 24, 12.
Vous ne voyez rien ? Non ?
Alors ?
Musique enjouée
...
- Vous avez bien fait de venir nous voir.
Décrivez le suspect.
- Son prénom, Brad, est écrit.
C'est le numéro 12.
- 12, comme la carte du Pendu ?
- Oui, voilà, c'est ça.
- Daphné, on a trois PV
à terminer.
- Gilles !
Je suis occupée.
- Le nom de la rue.
C'est le nom d'un écrivain.
- Un écrivain. - Victor Hugo.
Non, Emile Zola. - Vous pouvez me lire mes lignes ?
J'ai toujours rêvé de devenir célèbre.
Alors ?
Y a un truc ?
- Un revenant va vous contacter.
- Waouh !
Carrément. - Très forte.
- Ecoutez-le.
Vous n'aurez pas de 2de chance. - Carrément un fantôme.
Genre Dalida ? Michael Jackson ?
- On est en train de mener une enquête.
- Attends, euh... Amy Winehouse. Jim Morrison ?
Filip des 2Be3.
- Ils me parlent. - Ils parlent.
- Les esprits me donnent une suite de chiffres et de lettres.
E, S, 6, 0, 9,
O, Z. Je crois que c'est une plaque d'immatriculation.
- Laisse tomber, c'est une voyante en carton.
- Morgane !
- Il n'y a pas de O dans les plaques d'immatriculation françaises.
Ni de O, ni de I, ni de U. Parce que les keufs ont peur
de se mélanger
avec les 0,
les 1 et les V sur leurs PV.
Quand Eliott a voulu qu'on mette sur la nôtre BII111TE,
PR000UT,
et COUILLE, ils ont pas voulu.
- Bah non.
- J'ai mal compris. - Voilà.
- Attendez.
- Allez leur redemander ailleurs.
Pardon de vous forcer la main, mais on est débordés.
Je vous raccompagne.
- J'ai une résidence Les Mimosas rue Emile Zola !
- C'est une voyante en carton !
- Tu vas où ? - Faire mon travail !
Sonnerie
- Oui, allô ?
*- Morgane ?
C'est ton père. *- Pourquoi tu m'appelles
sur mon boulot ? Tu devais disparaître.
*- Calme-toi.
Je voulais avoir des nouvelles.
*Comme je serai à Lille la semaine prochaine,
je pensais... Ca me ferait plaisir de...
*qu'on se voie.
- Je ne peux pas te parler, on risque de nous entendre, ciao.
- Un revenant...
- Ah, putain, le revenant.
Daphné !
Attends-moi, j'arrive !
- Arrête-toi, arrête-toi, arrête-toi !
Résidence Les Mimosas !
- Je vois des fleurs jaunes. Des mimosas.
- Y a un vaisseau spatial. - Un vaisseau spatial.
- C'est sûr que c'est là, c'est sûr. - Attends ! Oh là là !
La porte, je la ferme ? Et le gyro, c'est pour bibi ?
- Police ! Vous n'auriez pas vu un homme qui s'apprête à commettre
un crime ? - Euh, non.
- Il s'appelle Bradley, ou Bradson...
- Désolée, je n'ai pas de relation sombre.
- Une relation sexuelle, absolument.
- Pas que, euh...
Daphné, vu qu'on passe un chouette moment
entre copines, je me disais... - Appartement 12.
- Je me rends compte qu'on n'a pas été discrets, avec Karadec,
et tu t'es rendu compte...
- Que vous couchez ensemble ? Tout le monde est au courant.
- C'est plus... Lui et moi, on est...
- "Sex friends", merci.
- Qu'entends-tu par là ?
J'ai l'impression que c'est un concept...
Cris de femme
- Police !
Ah !
- C'est pas un Brad, ça.
- Non, je m'appelle Jorrick.
Hadopi ? C'est la 1re fois que je télécharge illégalement.
- Bon, euh, Daphné,
c'est clairement pas lui, on va le laisser tranquille.
*Cris
- Bonne soirée. - Merci.
- C'est pas grave, c'est pas lui.
Entrechoquement de vaisselle
...
- Putain, mais elle est où, ma tasse ?
Euh... elle est où ?
- Quoi ?
- Eh bah, elle est où ?
- Qu'est-ce que j'en sais, moi, Karadec, là où vous l'avez posée.
- Alors, elle serait sur l'étagère dans la cuisine.
Eh bah, voilà.
Rangée n'importe où.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Ah non, la gouttière d'Eliott !
Dégueulasse ! Eliott, touche pas à mes affaires !
- Désolé !
- Il est bruyant.
Autant que cette nuit.
- Hein ? Euh...
Qu'est-ce que tu dis ?
- Les murs sont fins.
Entre le lit qui grince et son bruit
quand il...
- Non, je ne veux pas avoir cette conversation
avec toi. Non, non, non !
Non !
- OK. - Arrête.
- OK. - Théa, baisse cette musique,
on s'entend plus !
*...
Moins fort !
- Puisque tu tiens
absolument
à ce qu'on ait cette conversation. Ce que tu as entendu,
selon toi,
c'est quelque chose de purement physique,
ou alors,
un truc plus sérieux ?
- Je sais pas, moi.
Vous êtes exclusifs ou pas ?
- Quoi ?
- Il couche ailleurs ?
Il a toujours ses applis
de rencontres ? - C'est pas Casanova.
- Je crois qu'il a trompé Roxanne avec toi, non ?
- OK.
Rappelle-moi de ne pas tout partager avec toi, OK ?
...
- J'ai travaillé toute la nuit, j'ai trouvé 12 résidences
"Les Mimosas" dont une à Toulouse.
- C'est une folle.
- Ca vaut peut-être
la peine.
- T'as vu Gilles ?
- Euh, non !
- Mon ovulation, c'est là.
Il est pas là.
OK, putain.
Il faut que je tombe enceinte cette semaine
pour être fine cet été.
Fais chier !
- Gilles ?
Ca peut pas durer.
Il faut lui dire.
Au resto,
tu lui dis non, et tu la largues.
- C'est aussi ta faute si j'en suis là.
- Pardon ? - Pardon, non, c'est... Oui, c'est...
Allô ?
Oui.
Une scène de crime, vous dites ?
Vous avez l'identité de la victime ?
Quel nom vous dites ?
Musique angoissante
Notre voyante présente plusieurs fractures et un trauma crânien.
On l'aurait jetée du pont, hier.
- Elle nous a pas dit que ce serait elle qui mourrait.
Si elle est pas précise. - Y a des témoins ?
- Un SDF. Daphné l'a interrogé.
- Que fais-tu sur le terrain ? - Mon travail.
Euh...
Le témoin
n'a pas vu le meurtre.
Il a vu un monospace blanc autour de minuit.
La PTS a retrouvé
cette barrette d'enfant à 10m du corps.
Un tournesol. Qui dit fleur jaune dit... mimosas.
Et pour le vaisseau spatial,
il y a 3 signalements d'ovnis dans la région
sur les 40 dernières années.
- Et dans le portable de la victime ?
- Rien du tout.
La victime a reçu des appels et des textos jusqu'à 21h.
Ca s'est brusquement arrêté
comme si elle était entrée
dans une zone blanche. - Comme dans un ovni ?
- On ne peut pas le prouver, mais on ne peut pas l'exclure.
- OK, agent Mulder, super,
la vérité est ailleurs, bref.
Elle s'est pas fait enlever,
elle a juste
2 numéros.
Regardez, là.
Tous ses échanges avec sa clientèle, entrants ou sortants,
ont lieu entre 10h et 21h.
Exactement comme écrit
sur sa carte de visite.
Seulement, regardez, là.
Vous voyez les griffures sur le tiroir à carte SIM ?
Elle en changeait.
L'ouvrait, fermait.
Elle devait avoir une carte SIM
pour ses appels perso.
Alors, attendez.
Si elle était là...
Bingo !
Prenez le relais, je vais me niquer les ongles.
Voilà.
2e carte SIM.
- 18 appels en absence d'une Anna Matisse.
Peut-être une cliente
qui avait son numéro.
- Anna Matisse...
Elle conduit un monospace blanc
comme celui qu'a vu notre témoin.
- 18 appels en absence,
5 messages vocaux,
et 29 SMS en une soirée.
Pourquoi parler à Mélusine le soir de sa mort ?
- Une collègue m'a invitée à son anniversaire, je voulais son avis.
- Je ne comprends pas.
- Si elle me conseillait d'y aller.
C'était peut-être l'occasion de rencontrer quelqu'un.
Je voulais son avis.
Je sais ce que vous pensez.
Mais Mélusine, c'était une médium incroyable.
Il y a 4 ans, quand on s'est rencontrées,
elle m'a tout de suite cernée.
Elle a vu que j'étais hypersensible.
Que j'avais vécu une rupture.
- On aurait dû l'écouter.
- Sérieux, la nana est en plein effet barnum.
- Effet "bar" quoi ? - Effet barnum.
On a tendance à croire
qu'une information bateau qui pourrait s'adresser à n'importe qui
s'adresse à nous.
C'est comme ça que les voyants embobinent leurs clients.
Tout le monde se croit hypersensible et s'est fait larguer.
*- Elle m'a prédit plein de choses vraies.
Il y a 3 mois, elle m'a dit que j'allais vivre un grand changement.
Je viens de déménager.
Et l'an dernier, quand elle m'a dit
que j'allais rencontrer un homme plus âgé que moi,
j'ai rencontré un homme de 2 ans de plus que moi. Il était marié.
- Non, mais tu vois. Sérieux.
70% des femmes
sont avec des hommes plus âgés qu'elles.
Gros barnum.
- Bien sûr. Et l'effet barnum explique aussi l'astrologie,
le tarot de Marseille, la mémoire de l'eau.
- Dans le genre grosse arnaque scientifique, ça se pose là.
- Tu lis un peu, Morgane ? - OK, super !
- Mélusine et moi, on avait une relation privilégiée.
Ca me rassurait.
Comment j'aurais pu la tuer ?
- Un témoin a vu un monospace blanc comme le vôtre près du lieu
où on l'a retrouvée.
Vous étiez où, hier ?
- Chez moi.
J'ai pas bougé.
Et un monospace blanc, c'est courant, non ?
Mélusine m'a prédit une grande injustice en 2025.
- Sérieusement, on va parler de Nostradamus, OK.
Un mec qui parle de dragons, et 500 ans après,
on se dit : "Ah, mais oui, il parlait de la 2de Guerre mondiale !"
Enorme barnum !
- C'est à cause de gens bornés comme toi que Mélusine est morte.
Elle nous entend sûrement.
- Mélusine, tu nous entends ?
- Brun, moustachu, avec un piercing.
- Qu'est-ce qu'il faut pas entendre ! - 6 signalements ?
Vous pouvez m'envoyer les portraits-robots ? Merci.
- Il se passe quoi, Daphné ?
- J'ai envoyé la description de l'agresseur qu'a vu Mélusine
aux commissariats de Lille,
l'un d'eux a eu 6 signalements ces derniers mois.
- Pour quoi ?
- Harcèlement de rue. Toujours le même
mode opératoire, il aborde
des femmes dans la rue, et il les suit sur son scooter.
Le suspect n'a jamais été identifié, les collègues
ont une vidéo d'un des incidents d'il y a 2 mois.
- On voit pas la plaque du scooter.
Et des bruns,
y en a plein.
- La nana qu'il suit,
on l'a croisée hier dans l'immeuble.
Bon, OK, on l'interroge, mais fissa.
A mon avis, on est sur un full barnum.
L'effet barnum, vous connaissez pas ?
- Non.
- Je vous explique. C'est quand on entend un truc hyper général,
et qu'on est persuadé que ça s'adresse à nous.
Vous voyez ce que je veux dire ?
- Exclusifs ?
- Il y a un problème ? - Non.
- Il couche ailleurs ?
- Donc, l'effet barnum, c'est là-dessus qu'est basée la voyance,
les horoscopes. Par exemple, je vous donne un exemple.
Vous êtes Balance, donc fidèle en amour,
voire, exclusif.
Eh bah, vous allez vous reconnaître.
Mais ça fait pas de moi la nouvelle Elizabeth Teissier.
- Pas vraiment, non.
- Voilà.
Mais non à quoi ? Y avait 2 parties dans ma phrase.
- Bonjour, commandant Karadec, police judiciaire.
Morgane Alvaro. On peut vous parler ?
Connaissez-vous cette femme ?
- Non, désolée.
Pourquoi ?
- Elle a été assassinée hier soir, et on se renseigne sur cet homme
qui est représenté
par ce portrait-robot.
- Non, je suis désolée. Ca me dit rien.
- Sûre ? - Oui.
- Il a été signalé plusieurs fois pour des harcèlements de rue.
On a trouvé une vidéosurveillance
dans laquelle il suit une femme qui vous ressemble, à scooter.
- Je ne vois pas.
- Notre victime prétendait être voyante.
Avant de mourir, elle a eu une vision
d'une femme qui se faisait agresser par cet homme.
Ca se passait dans votre immeuble.
- Je peux vous parler ? - Oui, excusez-moi.
Hm, hm.
Quoi ? - Elle est adepte du zéro déchet.
Et regardez.
Dans sa cuisine, y a plein d'emballages.
Elle se fait livrer toute sa bouffe.
A mon avis, elle sort plus de chez elle.
Ou juste pour sortir les poubelles.
Et elle évite le local à poubelles.
C'est chelou, non ? - Hm.
- Le type au scooter,
il vous a suivie jusqu'ici, non ? - J'ai pas envie d'en parler.
- Si cet homme vous a fait du mal, on peut vous aider.
- Ecoutez, je sais que les flics
sont très bas de plafond sur ce sujet,
mais lui, vous pouvez lui parler.
- Je rentrais de chez une amie,
et c'est là où il a commencé à m'aborder dans la rue.
Et il avait bu, je crois.
J'ai essayé de l'ignorer, mais ça le rendait agressif.
Du coup, je me suis dit que si je lui parlais, il se calmerait,
ça n'a fait que l'encourager.
- Vous n'avez rien à vous reprocher.
Etes-vous capable de nous raconter la suite ?
- On est arrivés devant le hall de mon immeuble.
Et il a voulu monter avec moi.
Et...
J'ai pas voulu le vexer, je lui ai dit que j'avais un copain.
Il m'a demandé le nom de mon copain,
et j'ai pas su répondre.
C'est tellement débile.
On est arrivés
dans mon hall, il m'a poussée dans le local poubelle.
J'ai commencé à hurler, à crier,
il a serré ses mains sur mon cou.
J'ai arrêté de résister.
Quand ça s'est terminé,
je savais pas quoi faire.
Je suis remontée, et j'ai pris une douche.
Sur Internet, j'ai vu que j'avais effacé les preuves.
Et le lendemain, je voulais aller au commissariat.
Bah, je suis restée chez moi.
Et c'était trop tard.
- Je vous remercie de nous avoir parlé.
On va le retrouver.
Commandant Karadec,
brigade criminelle. Etiez-vous chez vous
le soir du 4 novembre ? - Je suis sourde.
- La veille de mes partiels, j'ai révisé avec mon casque.
- Bonjour.
- Brigade criminelle.
- Répétez.
- Bon, t'étais où, le soir du 4 novembre ? A la maison ?
- J'ai emménagé il y a 2 semaines, je vivais pas là.
- Personne dans l'immeuble n'a rien vu.
T'envoies le portrait-robot à toutes les patrouilles.
Que ce type soit lié au meurtre ou pas, faut qu'on le retrouve.
- AH !
- Gilles, que faites-vous là ?
- Afida est à ma recherche.
- T'as vu Gilles ?
- Ne lui dites pas que je suis là. - Stop, en fait, j'en ai marre.
Entre Morgane et Karadec qui font des sextapes, et vous et Afida.
Je suis pas payée pour gérer les histoires de coeur.
Vous allez lui parler. Afida ?
- Chut ! Vous savez pas de quoi elle est capable.
Elle a fait de la prison. - Afida est policière.
- Ah oui, ça se tient, ce que vous dites.
Mais c'est là où elle a rencontré Morgane.
- Comment ça ?
C'est pas les RH qui nous l'ont envoyée ?
- Euh, oui.
Mais...
J'ai dû mal comprendre.
J'y retourne, j'ai du boulot.
- Asseyez-vous, on va avoir une petite discussion.
- Ah bon ?
Musique d'enterrement
...
*Télévision
- Ca y est, j'ai enfin fini la vaisselle.
Adam bâille.
Je vais aller me coucher. - Oui ?
- Bon bah, bonne nuit.
- Bonne nuit, et à demain.
- Et à demain.
- Bonne nuit, hein. - Bonne nuit, les enfants.
- Bonne nuit.
Théa éteint la télé.
- Vous êtes exclusifs ou pas ?
- Théa, t'es relou. C'est pas des conversations.
- Tu lui as pas demandé. Eliott, c'est quoi,
le code de son tél ? - 54 19.
- Déconne pas, Théa, repose ça.
Repose ça !
La dernière fois que j'ai fouillé, ça s'est mal fini.
Déconnez pas !
Je cautionne pas.
Je ne suis pas là, je n'entends rien.
Je suis pas dans le coup.
- Des messages du taf. Une appli de méditation.
- Quoi ? - Pas d'appli de rencontres.
- Voilà, repose, maintenant.
- Attends, c'est quoi ? - C'est pas vrai.
- Il a reçu un e-mail d'Airbnb. Il a loué un appartement
pour demain, 20h.
- Comment ça ?
Pour quoi faire ?
- Il l'a loué il y a 2 semaines,
la fois où il était coincé au boulot, et mardi.
Y a le code du boîtier pour la clé. On peut y aller.
- Non, non, non ! Sonnerie SMS
C'est qui ? Une nana ? - Daphné.
Elle l'a envoyé en vocale.
Elle lui demande de la rejoindre
au commissariat pour interroger un témoin clé.
Elle lui demande de ne pas t'en parler.
- Bah pourquoi ?
- Très bien, Angélique, un autre service nous l'aura envoyée.
Pas la peine de creuser, merci.
C'est la cata.
Les RH n'ont pas validé son dossier.
Ca veut dire que tout son CV est bidon.
Si le préfet apprend
que j'emploie
une ex-détenue...
- Vous la virerez ?
- La virer ? Mais pas du tout, mais suivez un peu.
Un licenciement, ça attire l'attention.
Elle doit partir.
Il faut qu'elle parte d'elle-même, parce qu'elle aura
le coeur brisé.
- Comment vous allez faire ?
Oh non...
- Si, Gilles.
- Oh non... - Si.
- Surprise, c'est moi ! - Non !
Bah non !
- Si tu invites Karadec, j'en suis.
- Tu vas nous soûler avec ton barnum.
- Que se passe-t-il ?
- Ah bah, voilà ! Installez-vous.
Oh !
- C'est quoi, ce bazar ?
- Mélusine.
Morgane, tu peux rester là, mais tu te tais.
- Vous faites du spiritisme
dans ma DIPJ ? - Mélusine
est notre témoin.
Il est temps
de l'interroger. Vous avez une meilleure piste ?
- Euh...
- Allez... - Non.
- D'accord, mais vite fait. - Non.
- Hi hi ! - Chut... vraiment calme.
- Oui.
- Je te convoque, âme légère, libérée de la matière,
esprit puissant et sachant.
Mélusine, si tu es là,
fais-nous un signe.
- Attendez, si on appelait quelqu'un de connu, genre Lady Di.
On pourrait lui demander qui est le père de Harry.
- On se tait, on met son index sur le mug.
- Boring.
- C'est bizarre, le mug.
C'est toujours un verre.
- Mais non.
- On s'en fout, c'est juste un vecteur.
- On fait les choses bien, ou pas. On est à la PJ, quand même.
Allez.
- On peut y aller ?
On est prêts ? Concentrés ?
Mélusine, si vous êtes dans la pièce,
vous pouvez entrer dans le cercle.
- Gilles, t'as quel âge ?
- C'est pas moi. - C'est J.
- Chut.
- Elle redit J.
JJ ?
- JJ ?
Mamie.
Ma mamie m'appelait "JJ", petit.
- OK... - Mamie, c'est toi ?
- R.
A.
D.
- I. Radis. Elle aimait les radis ?
- Non. Oh, radiateur.
Mamie était toujours à côté.
- On veut pas parler à votre grand-mère, on enquête.
- Mamie, ça va ?
T'es avec papy, là ?
Bah, il est où, papy, du coup ?
- Madame, libérez la ligne.
- Si on parle à sa grand-mère,
on peut parler à Lady Di.
- On parle à personne parce qu'on parle
à Mélusine. On veut parler
à Mé-lu-si-ne !
- AH !
- Moi,
j'ai l'impression
qu'il y a un problème électrique.
On perd notre temps.
Je vous laisse, je... Voilà.
- Moi aussi, je... C'est...
- N'ayez pas peur !
C'est pas l'installation
électrique, c'est Mélusine !
- Il s'appelle Brad, c'est écrit.
C'est le numéro 12.
- Elle veut juste nous parler.
- Tu peux vérifier s'il y a un bar qui diffuse
le championnat de football américain, ce soir ?
- Tu peux m'expliquer, c'est relou.
- Toutes les agressions du suspect
ont lieu des jours précis de la semaine.
- Je sais pas.
- Si, les dimanches, lundis et jeudis.
Toujours passé 22h.
Qu'ont ces 3 jours en commun ?
Le football
a-mé-ri-cain !
C'est les jours de match de la NFL.
Les vendredis et samedis sont pour les matchs universitaires
ou lycéens.
Il y a une loi là-dessus de 1961.
Les matchs à la NFL ont lieu les dimanches, lundis, jeudis,
dans l'après-midi ou en soirée.
Avec le décalage horaire... - Ca fait 19h ou minuit.
Le mec vient, il boit, bim, il regarde le match,
il se détend, il se chauffe un peu.
Quand il est bien chaud, il ressort et agresse les filles.
- Mélusine nous a dit qu'il s'appelait Brad.
Elle a évoqué le chiffre 12. - 12.
- Sauf que Brad, c'est pas le nom du gars.
C'est sur son T-shirt, le 12. D'ailleurs,
c'est pas Brad, c'est Brado, Tim Brado !
Le quarterback beau gosse qui a gagné 4 fois le Super Bowl.
Mais si, enfin ! - Je sais pas.
- Il sortait avec une mannequin. - Je ne sais pas qui c'est.
- Faut que tu sortes de tes ruines. - Bon, bref !
- Tu es larguée.
Donc, notre violeur est fan de football a-mé-ri-cain !
Et comme ce soir, les Blue Falcon de Cincinnati
rencontrent les Night Hunter de New York,
et que ce bar est le seul bar
de Lille à retransmettre le match...
Où elle est ? - Tu bouges pas !
- Ah ! Il est là.
Bravo, Daphné,
t'es la meilleure !
- Vous allez me dire ce que je fais là ?
- Reconnaissez-vous ces femmes ?
- Non. Désolé.
- Vous les harcelez.
- "Harcelez", tout de suite !
Je leur ai peut-être dit que je les trouvais charmantes, mignonnes.
On peut encore draguer, non ?
- Draguer, oui, mais faire des propositions sexuelles
dans la rue, c'est pas pareil, c'est puni
par la loi. - Mettez-moi une amende.
- On va parler
de Betty Brunet.
Vous ne la reconnaissez vraiment pas ?
Vous l'avez suivie jusque devant chez elle,
le 4 novembre dernier, vous l'avez violée.
- Jamais de la vie.
C'est une mytho. C'est même pas mon style de meuf.
Sérieux, j'ai pas besoin de forcer.
En plus, je suis féministe.
J'aime les femmes et tout.
J'ai une mère, des soeurs.
- D'accord.
Vous ne harcelez personne, ne forcez personne,
ne tuez personne.
Cette femme est médium. Elle est venue
nous dire qu'elle avait une vision
de vous agressant Betty Brunet. On l'a retrouvée morte.
- Attendez, c'est quoi, ce délire ?
J'y suis pour rien, je la connais pas.
- Vous faisiez quoi ?
- Euh... j'étais chez moi.
Seul, j'étais chez moi, Vous vous trompez de coupable.
- Je vais faire venir Betty Brunet pour une identification,
ça ne devrait pas poser de problème.
On frappe à la porte.
Musique d'enterrement
...
- Alors, on en est où ?
- Bah, j'ai réfléchi, et je crois que c'est mieux si je démissionne.
- Non, on ne se dégonfle pas.
Vous vouliez la quitter, on la quitte.
Vous avez besoin d'aide. Je vais vous faire un brouillon.
Il vous manque
2-3 phrases chocs.
Pas "Tu mérites mieux" ou "C'est pas toi, c'est moi".
Sec, tranchant.
Définitif. - Oui.
- Voilà.
Par exemple, voilà.
"Afida, tu m'étouffes, t'es trop collante."
- "Collante", c'est un peu fort.
Je dirais plutôt "présente".
- Vulgaire, elle l'est vraiment.
- Non, je dirais originale, excentrique un peu.
- Maladivement jalouse, instable,
paresseuse.
- Je dirais plutôt possessive, impulsive.
- Et folle. - Chut...
- Folle, oui.
Elle a grossi, elle vous pardonnera
jamais. - Jamais.
- Allez, c'est parti.
Vous allez vous comporter comme un énorme connard.
- Mais pourquoi ? - Parce que c'est un ordre.
- Quoi ?
- Ca imprime à l'accueil.
- Quoi ?
- C'est pas... Oh...
Elle l'a pris.
- Non...
C'est pas du tout
ce que tu penses.
- Je veux plus voir ta putain de gueule.
- Ca va, on a des solutions.
- C'est qui qu'a grossi ? Ton patriarcat de merde !
- Qu'est-ce qui vous a pris ?
- Qu'est-ce qui te prend ?
La porte claque.
Gilles soupire.
- Moi...
- Merci d'avoir accepté de venir. On a arrêté un homme
qui pourrait être votre agresseur, pour l'identifier.
Reconnaissez-vous ces individus ?
- Non, ça me dit rien.
Non.
Ils ont les yeux clairs.
Je me rappelle qu'il avait les yeux noirs.
- Prenez votre temps. Vous avez subi
un traumatisme, et on peut se tromper.
- Non, c'est pas lui.
Ca me dit rien, je suis désolée.
C'est lui.
- Le numéro 4 ?
- Il a les yeux clairs ? Je les croyais noirs.
Faut que je sorte.
- Oui, mon collègue va vous raccompagner.
Merci, ça nous a beaucoup aidés.
- On l'envoie en taule ?
- Pour le viol, on a de quoi. Mais pour le meurtre,
on n'a rien qui le lie.
Je lui mettrai la pression
avant de partir, en espérant
qu'on y verra plus clair.
Sonnerie de texto
Au fait, Morgane,
je vais rentrer plus tard.
Mon frère Sofiane m'a demandé si je pouvais installer sa télé.
- Ah, OK.
Chez lui ?
- Oui, chez lui.
On mangera ensemble.
Ne m'attendez pas pour le dîner. - OK.
Non, Théa, j'ai changé d'avis. On ne peut pas rentrer par effraction.
Ca n'a aucun sens.
Un, c'est illégal. Moi, je risque de perdre mon boulot.
Et après, c'est quoi ? C'est ridicule.
Je vais être interdit bancaire, on va m'enlever les enfants...
OK, on y va.
- Il y a un lit double.
- Ca doit être l'appartement de son frère.
Karadec m'a dit qu'il allait l'aider à emménager.
- Une mezzanine en fauteuil roulant ?
C'est lui !
Allez !
...
- (Qu'est-ce qu'il fout ?)
- Il attend quelqu'un ?
Adam allume la télévision.
*Langue iranienne
*...
- Heureusement que le thé, ça fait pisser.
J'ai cru qu'on s'en sortirait jamais.
Bon, t'avais raison, au moins. Il a pas d'autre meuf.
Si tu veux, je peux garder Léo, si tu veux pas rentrer maintenant.
- Oui, merci, je vais marcher un peu.
- A tout à l'heure ! - A tout'
Son téléphone sonne.
Elle soupire.
...
...
Quoi ? *- Ah, Morgane.
Euh, dis-moi.
Faudrait qu'on se voie.
J'ai... J'ai un petit souci.
- Tes soucis, j'en veux plus.
*Alors, arrête de me harceler.
- D'accord.
Bon, je comprends. OK.
Je vais te laisser tranquille, alors.
Hein ?
Il soupire.
Musique étrange
...
- Qu'est-ce qu'on fout là ?
- Tu te souviens du numéro d'immat' de Mélusine ?
ES-609-OZ.
- ES... 609... OZ.
- Et le numéro du scooter du violeur ?
BS-689-QZ.
- OK. - Ca te choque ?
- Ca ressemble.
- Grave ! Ca se ressemble comme si t'étais bigleuse.
Comme Mélusine, elle était astigmate.
Bon !
Très chelou comme erreur quand t'es censé tenir tes infos
de l'au-delà. Y a pas d'astigmates.
Alors, le viol, c'est pas les esprits qui l'ont vu.
C'est la Mélu elle-même.
- S'il vous plaît, par pitié,
lâchez-moi !
Aidez-moi, par pitié !
Au secours !
Lâchez-moi, au secours ! Je vous en supplie.
Non ! Au secours !
S'il vous plaît ! Au secours !
- Elle a vu et n'a rien dit ? - Grave.
Elle a tout vu et n'a pas bougé son cul.
Attends, elle l'a regretté, derrière. Bah oui !
Ca l'a travaillée, elle a culpabilisé comme une grosse vache.
"Est-ce que la victime s'en est sortie ? Le mec a été chopé ?"
Elle en dormait plus la nuit. Elle a fini par aller chez les flics,
mais dire la vérité, ça devenait compliqué.
Non-assistance à personne en danger.
D'où l'idée de la vision.
- Les esprits.
- Bah oui, vu qu'elle était voyante.
- C'est des chiffres.
- Mais nous,
on n'y a pas cru.
Elle a dû passer au plan B.
Ah, merde !
J'aurais dû commencer par là. C'est pas une vraie voyante.
Attends, attends.
On va rigoler.
Attention. Hm, hm !
Tata Yoyo
Qu'est-ce qu'il y a sous ton grand chapeau ?
La Mélu est allée voir les flics,
et ça,
il y a 2 ou 3 personnes à qui ça a pas fait plaisir.
Tata Yoyo
Dans ta tête, y a des tas
d'oiseaux
Je parle évidemment des témoins.
Tata Yoyo
Il paraît qu'il y a même un grelot
- C'est bientôt fini ?
- Mme Duchemin, vous n'êtes
pas si dure
de la feuille.
- Je suis sourde.
- On s'en serait doutés.
C'est vous, le petit mot pour se plaindre des chasses
tirées après minuit.
Mais moi, j'aime ça !
Quand ça fait "tiguidi"
comme une samba - Je bosse, moi !
- Vous entendez bien, malgré votre casque.
- Trois témoins, et personne n'a rien dit ?
Mais c'est dingue.
- A l'aide, s'il vous plaît !
Non ! Non !
Non !
Non !
- C'est dingue.
Ca porte un nom.
"L'effet témoin."
Quartier du Queens, New York.
Dans la nuit du 13 mars 1964,
une jeune femme, Kitty Genovese,
est sauvagement poignardée dans la rue.
Ses appels à l'aide,
plus de 38 habitants des immeubles voisins
les ont entendus.
Mais personne...
je dis bien personne n'est intervenu.
Vous non plus, vous n'y croyez pas.
Pourtant, deux psychologues se sont penchés sur cette affaire
et ont découvert
que dans des situations d'urgence,
notre comportement d'aide est inhibé
par la présence d'autres personnes.
Chacun se dit : "Je m'en bats les c..., les autres s'en chargeront."
Personne bouge.
Idem.
Eux, là, tous autant qu'ils sont,
contrairement à la Mélu,
ils avaient pas de problème pour dormir.
- Ils ont tué Mélusine ?
- Non, c'est pas eux.
C'est le quatrième témoin.
- T'avais dit trois.
- Et moi,
j'aime ça
Quand ça fait "tududut" comme une samba
- Oh ! On peut dormir ?
- Mais c'est qui, lui ?
- Lui, il vient d'emménager.
- Il y a 2 semaines.
- Mais c'est la nana qui habitait là avant lui.
La nana
avec qui Mélusine avait rendez-vous ce soir-là
pour une consultation,
la nana qui vient de déménager.
- Je viens de déménager.
- La nana qui conduisait un monospace blanc.
- Comme celui qu'a vu le témoin.
- Et surtout, la nana qui l'a harcelée de textos...
- 18 appels d'Anna Matisse.
- Le soir de sa mort.
- Je suis insomniaque.
Et quand ça s'est passé, j'en étais à mon 2e somnifère.
Je me suis dit : "Si je me lève, c'est mort."
J'arriverai jamais à me rendormir.
J'étais persuadée que quelqu'un l'aiderait.
- Donc tous les appels, c'était pas pour lui parler de l'anniversaire,
mais pour lui demander de se taire ?
Et la tuer.
- Mais pas du tout. - Ne mentez plus.
Votre véhicule a été vu.
- C'est Mélusine qui m'a donné rendez-vous là-bas.
Elle voulait que je me joigne à elle pour la plainte.
Elle était morte.
J'ai vu un homme s'enfuir. - Soudain, vous vous en rappelez.
- C'est la vérité. Il était brun, il avait les yeux noirs,
une moustache et un piercing.
- Les yeux noirs ?
- Oui ?
Porte
- (J'ai parlé aux deux voisins.
(Ils disent que Mélusine leur a donné rendez-vous.
Ils ont vu un homme s'enfuir qui ressemble au violeur.)
- Merci.
Adam soupire.
- J'ai envie de cuisiner.
J'ai fait plein de courses.
Et je pense
que c'est grâce à vous. Donc, merci beaucoup.
- Grégory Vasseur
a avoué vous avoir violée, il va être déferré.
- D'accord.
- Il est accusé du meurtre
de Mélusine Lelièvre, la voyante.
Trois témoins affirment l'avoir vu sur la scène de crime.
- D'accord.
Et alors ?
- La description correspond
parfaitement, à un détail près.
Ils se sont trompés
sur la couleur de ses yeux. Comme vous.
Betty ? - Hm ?
- Mélusine est passée
ce soir-là ? - Non.
Pourquoi elle serait venue ?
- Pour s'excuser.
Elle a tout vu.
Elle aurait pu mettre fin à votre cauchemar,
et elle est venue vous le dire.
Ses blessures ressemblent à une chute du 2e étage.
Vous l'avez poussée.
Vos voisins ont déplacé le corps pour vous couvrir.
J'imagine que c'était leur façon de se racheter.
Je sais que le système n'est pas juste avec les victimes de viol,
et Grégory Vasseur risque d'écoper d'une peine insignifiante
pour ce qu'il vous a fait.
Mais Betty,
ce mensonge va vous ronger.
Vous avez quelque chose à me dire ?
- Non, je ne sais pas de quoi vous voulez parler. Désolée.
Musique sombre
...
- Je veux bien transmettre ça au juge.
Entre les 3 témoignages
et l'absence de preuves incriminant Betty, il nous suivra pas.
- OK, je comprends.
Sonnerie - Pardon, c'est la RH.
Oui, Angélique.
Merci. Si c'est pour la personne de l'accueil,
c'est réglé, c'était un malentendu. *- Non, ça concerne
la déclaration de relations entre le commandant Karadec et M. Alvaro.
- Euh, oui. Dites-moi.
*- On a un souci avec le contrat de Mme Alvaro.
On pourrait se voir ?
Le plus tôt sera le mieux. - Bien sûr.
- Tu t'en vas ?
- Oui.
La commissaire m'a proposé une rupture conventionnelle
avec une grosse indemnité en cash. Voilà.
- Cool.
Je suis désolé pour cette lettre.
J'ai paniqué, parce que t'es quelqu'un
à 200%, et je suis plus à 70, 75.
Je pensais pas ce que j'ai écrit.
J'étais...
Je tiens énormément à toi, vraiment. Sincèrement.
- OK, cool.
Je vais filer, ou je vais rater mon bus.
On reste amis.
- Grave.
- Gilles ?
J'ai une surprise
pour toi sur le parking. - Cool, ciao.
Sirène
...
- Il va nous l'arrêter, sa sirène ?
- Daphné, ça va pas ?
- Là, tout mon système de valeurs a basculé.
- Mais attends, c'est pas parce que la nana était bidon
qu'ils sont tous comme ça.
Les voyants, c'est comme les flics.
Il y en a plein de pourris, il doit y en avoir des bons.
Ta séance de spiritisme a été coupée au milieu. Ca a dû jouer.
Forcément, non ?
- Ca, c'est vrai.
- Oh, purée ! C'est plus un revenant, c'est une sangsue.
Quoi encore ?
Oui, je suis sa fille.
Pourquoi vous m'appelez de son téléphone ?
Ah, d'accord. Depuis quand ?
OK.
Bah, je vous remercie de m'avoir appelée.
Au revoir.
- Tout va bien ?
- Oui, c'était l'hôpital de Lomme qui, manifestement,
suivait mon père depuis un mois pour un cancer du poumon.
- Mais ça va ?
- Bah non... il est mort.
Sous-titrage : EVA France ST'501
...
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