All language subtitles for Entretien avec le Président du Faso, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ

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Original subtitles

Et le président du Burkina Faso, le capitaine

Ibrahim Traoré.

Votre Excellence, bonjour et merci beaucoup d'avoir

accepté notre invitation.

C'est un grand honneur de vous avoir

sur notre plateau.

Alors, hier, vous avez assisté au défilé du

9 mai.

Quelles sont vos impressions ?

Bonjour, merci.

Nous sommes ici en Russie pour la commémoration

du 80e anniversaire de la victoire sur le

nazisme.

Et comme vous l'avez dit, hier, on

a assisté à la cérémonie.

Une parade, une cérémonie sur le dépôt de

gerbes sur la tombe du soleil.

Je pense que c'est très symbolique.

Nous avons appris beaucoup de choses au cours

de ce séjour.

Ce n'était pas uniquement une fête, mais

c'est une célébration de la victoire d

'un nouveau monde.

Donc, ça a beaucoup de sens pour nous.

Mais la qualité du défilé, qu'est-ce

que vous en pensez ?

Oui, comme je le dis, c'était parfait.

Parfait et ça nous a fait apprendre beaucoup

de choses.

Quand on fait défiler les engins qui ont

gagné la guerre, c'est-à-dire les

T-34 jusqu'aux engins modernes, ça nous

montre l'évolution technologique de l'armée russe.

Et ça nous inspire, nous aussi, à nous

mettre au travail pour pouvoir nous développer dans

le même sens.

Est-ce qu'il y avait certaines choses

qui vous ont surpris, par exemple ?

On est toujours surpris quand on voit l

'avancée technologique.

Et dernièrement, je pense qu'il y a

une nouvelle arme qui a fait son apparition

dans l'arsenal militaire russe, Oreshnik, que nous

avons pu voir passer.

Et je pense que ça, c'est très

significatif.

Quelle est la signification de votre présence en

tant que chef d'État africain ?

Car on sait bien que les Africains ont

apporté leur contribution à la victoire des Alliés

dans la Seconde Guerre mondiale.

Bien sûr, c'est comme je l'ai

dit, les Africains et les soldats soviétiques ont

contribué beaucoup à libérer le monde du nazisme.

Et si le monde n'était pas libéré

du nazisme, on ne sait pas ce que

ça allait devenir.

En suivant les événements, j'ai vu que

la Russie, elle, se l'a perdu un

million de soldats sur le sol européen en

combattant.

L'Afrique aussi a donné nos ancêtres ont

beaucoup combattu sur les théâtres européens, principalement en

France, en Belgique, en Italie, pour libérer le

monde du nazisme.

Donc, c'est une histoire commune que nous

partageons.

Comment s'est déroulée la rencontre avec le

président russe ?

Alors, pour l'instant, nous avons eu des

rencontres brèves.

Dans quelques temps, nous allons avoir un long

entretien.

Et ça se passe très bien.

Et vraiment, c'est très courtois, c'est

amical, c'est fraternel.

Et c'est tout ce qu'on demande

en matière de nouvelle coopération dans ce monde.

Mais comment décririez-vous l'état actuel des

relations bilatérales ?

Les relations se portent très bien.

Et je peux dire que depuis deux ans

maintenant, les relations ont très bien commencé.

Et nous sommes en train d'approfondir le

volet défense-sécurité, mais aussi le volet éducation.

Et plus tard, le volet commercial, les trucs.

Donc, nous avons échelonné les différents volets pour

qu'on puisse échanger beaucoup, partager beaucoup d

'expériences.

Parce que nous avons beaucoup à apprendre sur

le volet éducation de la Russie, notamment dans

les sciences.

Notamment dans les sciences, mais dans quels domaines

en particulier ?

Oui, il y a beaucoup de domaines dans

les sciences, que ce soit les mathématiques, la

physique, la chimie.

Ce sont des domaines qui nous intéressent beaucoup.

Tant sur le développement de notre industrie militaire,

mais aussi dans le développement commercial de notre

pays, le développement économique de notre pays.

Donc, ce sont des volets que nous allons

chercher à approfondir pour pouvoir mieux nous structurer.

Et pensez-vous qu'il y ait une

demande au Burkina pour l'enseignement russe ?

Bien sûr, il y a beaucoup d'étudiants

burkinabés déjà ici en Russie, dans des universités.

J'en ai croisé ce matin même.

Et j'ai même demandé à ce qu

'on augmente le nombre d'étudiants ici, que

ce soit à travers des bourses russes ou

le Burkina qui va donc payer des bourses

pour que ces étudiants viennent.

Mais l'objectif pour nous, c'est d

'implanter des universités similaires au Burkina.

Et comme il y a déjà la maison

de la Russie, ça va nous permettre d

'aller très vite.

D'ailleurs, vous venez de le rappeler.

Aujourd'hui, vous avez visité l'université russe.

Comment s'est déroulée cette visite ?

Ça s'est très bien déroulé.

J'ai eu des échanges fructueux avec le

ministre de l'Éducation de la Russie, avec

les recteurs et les étudiants, et surtout les

étudiants de l'AIS qui étudient dans cette

université.

Et nous avons eu de très bons échanges.

Et on s'est parlé beaucoup de manière

scientifique.

Parlons un tout petit peu de l'économie.

Le volume des échanges commerciaux a augmenté de

dix fois en un an.

Mais de l'autre côté, ces chiffres-là

ne sont pas à la hauteur du dialogue

politique.

Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

Et surtout, comment booster ces liens dans le

domaine du commerce, en fait ?

Comme je l'ai dit, c'est une

nouvelle relation qui commence.

Vous savez qu'avec la Russie...

Pourquoi nouvelle, excusez-moi ?

Oui, ça recommence, puisqu'il y avait, depuis

les années après la mort malheureusement de Sankara,

les relations avec la Russie se sont beaucoup

estampées.

Et là, nous sommes en train de réveiller

les relations.

L'ambassade s'est installée.

Et les relations commerciales sont aussi au cœur

des échanges.

Il y a un certain nombre de produits,

par exemple Burkinabé, qui transitaient par certains pays

européens avant d'être vendus en Russie.

Aujourd'hui, ces produits sont directement vendus à

travers des opérateurs burkinabés et des opérateurs russes.

Je parle notamment quand on prend l'exemple

des mangos.

Les mangos transitaient par des pays européens pour

être vendus en Russie.

Aujourd'hui, ça se passe directement.

Il y a le coton qui va suivre.

Il y a beaucoup d'autres produits, le

sésame et bien d'autres produits agricoles, que

nous pourrons échanger directement avec la Russie.

Donc, ça ne fait que commencer.

Ça va s'accroître.

Tout à fait.

En fait, les prévisions économiques indiquent une croissance

de 5,6 % en 2025.

Alors, quels sont les secteurs clés qui soutiennent

cette croissance ?

Alors, il faut dire que jusqu'à aujourd

'hui, au Burkina Faso, c'est l'or

qui est le premier produit d'exportation.

Mais nous, nous avons lancé le moteur de

l'agriculture pour d'abord l'autosuffisance.

Si vous suivez bien, depuis l'année passée,

nous avons lancé l'offensive agricole avec une

initiative qui soutient l'offensive.

L'objectif, c'est de pouvoir accroître notre

production agricole de façon significative, s'autosuffire, mais

aussi il y a des produits de rente

qui faillent, donc vendre à l'extérieur.

Et tout ça doit pouvoir soutenir cette croissance.

Et nous espérons être bien au-dessus de

ces chiffres-là.

Mais comment se déroulent ces réformes, en fait

?

Il y a beaucoup de choses.

Ce sont des réformes difficiles.

Il faut le reconnaître parce qu'il y

a un système qui s'est installé.

Mais ce n'est pas impossible.

Déjà, quand vous regardez notre production céréalière, on

a eu une très bonne croissance en 2024.

En 2025, nous espérons encore faire mieux.

Et ce sont des réformes assez courageuses.

Quand vous prenez, par exemple, je reste toujours

dans l'agriculture, nous avons par exemple décidé,

à travers l'initiative de l'offensive, de

labourer gratuitement les champs de nos paysans.

Donc l'année passée, on l'a fait.

Cette année encore, s'il plaît à Dieu

au retour, il y a un bon nombre

de tracteurs encore qu'on a acquis, qu

'on va mettre à la disposition des cellules

mécanisées dans les différents départements pour accroître les

superficies emblavées.

Nous maximisons beaucoup dans la gestion de l

'eau, à travers une structure qu'on a

créée loin de bas, pour maîtriser l'eau

et pouvoir produire au moins deux, trois fois

dans l'année.

Parce que si on dépend uniquement des pluies,

ce serait difficile.

Donc il y a ce secteur, le secteur

minier aussi, que nous allons continuer de booster

pour que le pays lui-même exploite ses

propres ressources.

Donc nous avons commencé à acquérir des mines,

il y a beaucoup de permis qui sont

là, que nous sommes en train de développer.

Nos ingénieurs ont pu développer les machines nécessaires

pour qu'on puisse exploiter nous-mêmes nos

ressources.

Donc si on met à profit ces deux

secteurs, et compléter avec l'industrialisation, c'est

-à-dire la transformation de nos produits sur

place, qui va nous empêcher d'exporter brut,

ça va beaucoup nous amener à entraîner en

tout cas une très bonne croissance.

Donc ce sont ces réformes qui sont en

cours, l'agriculture, l'industrie et beaucoup de

secteurs.

Pensez-vous que la Russie puisse apporter son

soutien pour la mise en place de ces

réformes ?

Bien sûr, bien sûr.

Beaucoup de soutien.

Rien que la formation technique et professionnelle, c

'est déjà une très bonne chose.

Si nous payons les industries, il faut bien

des gens qui vont les entretenir et les

faire marcher.

Et la Russie nous aide dans ce volet.

C'est pourquoi je dis que nous avons

une très bonne coopération avec les ministères de

l'Éducation.

Ils vont nous permettre de former des techniciens,

des ingénieurs, qui vont pouvoir entretenir tout ce

que nous faisons, mais créer nous-mêmes nos

propres unités industrielles.

Donc ça, c'est très important pour nous.

Et dans le commerce aussi, comme je l

'ai dit tout de suite, avec la Russie,

ça se passe très bien.

Il n'y a pas de raison qu

'on ne puisse pas approfondir tout ça.

Parlons un tout petit peu de la sécurité.

Quelle est la situation sécuritaire actuellement dans votre

pays et d'ailleurs dans la région ?

Oui, dans la région, comme vous le savez,

la situation sécuritaire…

En tout cas, nous essayons d'évoluer sur

le champ de bataille.

Ça, c'est la première des choses parce

qu'il y a plusieurs facteurs qui rentrent

en ligne de compte.

Sur le champ de bataille, il y a

de l'évolution.

Si on prend le 2023 aujourd'hui, nous

avons pu récupérer beaucoup de zones que nous

avons pu pacifier.

N'empêche que l'ennemi se renforce aussi.

Il y a beaucoup de combattants étrangers qui

rejoignent leur rendez-vous avec des terroristes.

Est-ce que vous pouvez préciser ?

Vous parlez de quoi ?

Oui, les terroristes, ils sont renforcés par beaucoup

de combattants étrangers, qui viennent d'ailleurs, qui

ne sont pas en fait…

Quand je prends le cas de Burkina, il

y a beaucoup de criminels qui sont au

Burkina, mais qui ne sont pas au Burkinabé.

Il y a aussi des formateurs qui viennent

de beaucoup de pays pour apprendre beaucoup de

techniques.

Mais quel est leur intérêt ?

Mais ce n'est pas du terrorisme en

fait, c'est de l'impérialisme.

L'objectif pour eux, c'est de nous

maintenir dans une guerre permanente, qu'on ne

puisse pas se développer et continuer à payer

nos richesses.

Et donc, ils ont tout intérêt à amener

des spécialistes dans les mines, pour poser divers

types de mines, des spécialistes en explosifs.

Aujourd'hui, les terroristes utilisent des drones pour

faire le combat et tout.

Donc, ce sont des professionnels venus de certains

pays qui viennent les apprendre tout ça.

Tout ça, c'est pour continuer à nous

maintenir dans une situation d'insécurité.

Mais nous prenons la mesure de la chose,

nous nous adaptons à chaque fois à leur

mode d'action et nous continuerons le combat

jusqu'à récupérer l'entièreté du Sahel.

Y a-t-il des pays concrets qui

financent ces combattants ?

Tous les pays impérialistes financent ces combattants.

Ils sont nombreux, on ne peut pas les

citer individuellement.

Il y en a qui sont même cachés,

qu'on ne peut pas imaginer, mais ils

sont nombreux.

Il y a ceux qui ne sont pas

cachés et qui le déclarent ouvertement.

Je parle du récent scandale avec le soutien

du terrorisme au Mali.

Quel regard portez-vous sur ce qui s

'est passé en fait au Mali ?

Oui, c'est malheureux, ils l'ont déclaré

ouvertement qu'ils soutiennent les terroristes.

Nous avons aussi pu remarquer effectivement, avec un

certain nombre de technologies que les terroristes ont

pu avoir, que ça vient d'eux.

C'est malheureux, c'est très malheureux, mais

toujours est-il qu'on ne s'apitoire

pas sur notre sort.

Nous, nous avons pris la mesure de la

chose, nous allons nous adapter, nous allons les

combattre et ils ne pourront pas vaincre.

C'est ça le plus important pour nous.

Comment se poursuit la coopération humanitaire entre le

Burkina Faso et la Russie ?

Ça se poursuit très bien, je pense qu

'il y a beaucoup d'échanges sur beaucoup

de volets.

Quand je prends le domaine de la santé,

parce qu'on a toujours des déplacés qui

sont là et quand on dit un cas

de déplacé, ça veut dire qu'il y

a des situations sanitaires souvent compliquées.

Je pense que les services de santé coopèrent

bien pour pouvoir appuyer les services de l

'action humanitaire pour pouvoir avancer.

Vous avez suivi en 2023, je pense que

la Russie a fait un don de blé

au Burkina Faso.

Ça a été uniquement destiné aux personnes déplacées.

Mais nous avons fait la promesse au président

Poutine que nous ne souhaitons plus être ravitaillés

en blé parce que nous allons produire le

blé.

Et je tiens cette promesse parce que nous

avons commencé à produire notre blé en quantité

pour satisfaire.

Donc ce qui veut dire que la coopération

sur ce volet-là nous amène nous-mêmes

à nous développer, à booster beaucoup de choses

pour pouvoir combler les vides.

Face aux tensions géopolitiques actuelles, notamment la guerre

en terrifère entre les États-Unis et la

Chine, comment le Burkina Faso adapte-t-il

sa stratégie économique et diplomatique ?

Alors ce monde est en perpétuelle mutation.

C'est de la folie souvent les choses

qu'on voit.

Il faut rester aux aguets et pouvoir s

'adapter à tout moment.

Et ça c'est très important parce que

nous suivons l'actualité.

Il y a une bataille économique un peu

partout.

Mais a priori, nous nous commerçons avec la

Chine sans problème.

Nous achetons beaucoup de choses de la Chine

et les Chinois aussi achètent beaucoup de choses

chez nous.

Il y a des entreprises chinoises qui s

'installent chez nous, malgré le fait que les

gens essaient de démigrer du Burkina Faso.

C'est pareil avec la Russie actuellement.

Donc tous les pays qui se battent aujourd

'hui pour leur indépendance économique, nous essayons de

collaborer mieux avec ces pays parce que c

'est une forme d'oppression de l'impérialisme.

Il y a lieu que ceux qui sont

opprimés s'unissent pour faire face à cette

hégémonie-là.

Donc a priori, on s'adapte à toute

cette situation.

Monsieur le Président, quel regard portez-vous sur

la récente détérioration des relations avec l'Algérie

?

Alors, vous avez suivi les événements et je

pense que tout le monde comprend comment ça

fonctionne.

Nous sommes au regret de voir l'incident

qui est arrivé à la frontière algérienne avec

le drone qu'ils ont abattu.

Il faut le dire clairement, ce n'est

pas amical.

Ce n'est pas amical parce qu'on

n'abat pas un appareil volant comme ça

lorsque tout le monde connaît le protocole.

Donc il n'y a pas à se

voiler la face.

Si un appareil traverse votre frontière, même s

'il rentre sur votre pays, on l'identifie.

Les radars permettent de l'identifier et on

sait qu'il appartient à quel pays.

Il y a des relations diplomatiques pour ça.

On contacte l'ambassade, il y a des

attachés de défense, il y a beaucoup de

mécanismes.

On les contacte et ils peuvent confirmer si

c'est leur appareil ou pas.

S'il est sur le territoire, peut-être

qu'il a besoin d'aide ou bien

il a perdu l'orientation et tout ça.

Parce qu'un appareil peut être en l

'air, il peut avoir des problèmes avec la

météo.

Il est obligé de se cacher derrière les

nuages, ça arrive très souvent dans nos pays.

Donc un appareil rentre, on le demande, il

dit non.

Il y a beaucoup de couvertures nuageuses ou

bien il y a en tout cas un

phénomène météorologique qui l'amène à venir passer.

Il peut avoir un problème technique, il peut

demander de l'aide pour qu'on le

guide à ce qu'il atterrisse.

Donc il y a tellement de facteurs qui

peuvent faire qu'un appareil se retrouve dans

un espace aérien.

On n'abat pas un appareil systématiquement.

Le cas est arrivé avec nous.

On a souvent vu un appareil américain qui

est rentré sur notre territoire, qui faisait des

reconnaissances et tout.

On n'a pas abattu l'appareil.

On a pris le soin de contacter l

'ambassade américaine qui ont pris quelques minutes, ils

nous ont confirmé que c'est leur appareil

et ils ont dégagé l'espace.

Donc on n'abat pas un appareil systématiquement.

Donc c'est un acte délibéré, inamical d

'abattre l'appareil et c'est régrettable.

Mais si je comprends bien, vous ne fermez

pas la porte au dialogue quand même.

Non.

Il faut que les dirigeants comprennent que nous

n'avons pas le choix que de nous

unir face à cette situation de soi-disant

terrorisme.

Parce que c'est un phénomène assez complexe.

Je vous dis que le Burkina était assis

dans les années 2012 à regarder le Mali.

Les régimes qui étaient en place étaient amis

avec ces gens-là.

Certains vivaient même à Ouagadougou.

C'est la réalité.

Mais qu'est-ce qui se passe aujourd

'hui ?

Ils sont retournés contre nous.

Ce ne sont pas des gens libres.

Ils sont manipulés par les impérialistes et les

ordres qu'on les donne, ils donnent à

leurs criminels sur le terrain, ils le font.

Donc il faut que chacun comprenne qu'on

doit s'unir pour faire face.

Il n'y a pas de négociation possible

avec ces gens-là.

Justement, parlons de cette unité, plutôt cette intégration

qui se déroule actuellement au sein de l

'AES.

Où en est-on actuellement ?

Ça se passe bien, ça évolue.

Nous sommes dans la Confédération.

Comme je dis, il y a beaucoup de

choses à mettre en place.

Il ne faut pas chercher à aller tellement

vite et ne pas bien faire.

Nous sommes en train d'aller de manière

progressive.

Il y a beaucoup de structures à mettre

en place.

Il y a beaucoup de volets à mettre

à niveau dans les trois pays.

Parce que vous n'êtes pas sans savoir

que sur le point de vue économique, on

n'est pas au même niveau.

Sur le point de vue militaire, il y

a beaucoup de volets.

Il faut essayer d'équilibrer.

Donc ça nécessite la mise en place de

beaucoup de structures, beaucoup de rencontres.

La libre circulation, ça nécessite un certain nombre

de paramètres à mettre ensemble.

Vous avez dû voir qu'on a fait

un gros travail pour aboutir à un document

unique de sécurité pour le voyage et tout.

Donc c'est évolutif.

Ça se passe très bien.

Justement, j'avais une question sur le volet

économique.

La création de la devise propre à l

'AES, est-elle toujours à l'ordre du

jour ?

Oui, c'est à l'ordre du jour,

forcément.

Le processus continue.

Il y a beaucoup de billets à caler

avant d'y arriver.

C'est forcément à l'ordre du jour.

Si on parle de souveraineté, forcément, on a

besoin de cette souveraineté-là.

C'est impératif.

Peut-on s'attendre à l'élargissement de

l'AES ?

Oui, dans le futur.

Mais pour l'instant, comme je l'ai

dit, nous devons harmoniser nous-mêmes beaucoup de

choses, mettre en place vraiment les bases, parce

qu'il y aura beaucoup de protocoles additionnels,

si vous voulez constater, pour harmoniser nos politiques.

Que ce soit les politiques diplomatiques, économiques, voilà.

Il y a beaucoup de politiques à harmoniser

avant de permettre à ce que quelqu'un

puisse s'ajouter.

Mais y a-t-il déjà des pays

qui s'intéressent à votre format ?

Oui, des pays s'intéressent.

Ils pourront être peut-être, je ne sais

pas.

Pour l'instant, le président de la Fédération,

c'est le président Malien.

Il pourra donner son avis sur la question.

Mais il y a des pays qui s

'intéressent, oui.

Comment vous expliquez la baisse de l'influence

française dans la région ?

Pas uniquement dans le Seine, mais aussi dans

l'Afrique de l'Ouest, par exemple.

Je pense que c'est eux-mêmes qui

ont contribué à baisser leur influence.

Parce qu'ils ont une conception paternaliste de

nos relations.

Vous voyez, quand vous prenez tout de suite

tout ce qu'on fait, tout ce qu

'on prend comme initiative, c'est la Russie.

Et quelqu'un parle, ils sont influencés par

la Russie.

Tout ce qui s'est passé, c'est

la Russie.

Pourquoi ils ont les yeux fermés comme ça

?

Donc l'Africain n'est pas capable de

développer quelque chose.

L'Africain n'est pas capable d'inventer,

d'innover, de prendre des initiatives.

C'est ça que nous combattons.

Et tant qu'ils vont continuer de voir

l'Africain comme ça, comme un sous-homme

qui n'est pas capable de réfléchir, qui

n'est pas capable d'innover, capable d

'inventer, on ne pourra jamais être amis.

Les époques ont changé.

Donc c'est la vision même qu'ils

ont du noir.

Il faut qu'ils arrêtent ça.

Parce qu'en nous traitant comme ça, c

'est comme s'ils voient le noir comme

un sous-homme.

Et là, c'est dangereux.

Il faut qu'ils changent de langage.

Mais en quoi ça se voit, cette attitude

?

Regardez dans leurs discours.

Regardez dans leurs discours.

Même le président français, toujours dans ses discours,

les jeunes Africains sont influencés par la Russie.

Il le dit.

Les médias occidentaux, vous les écoutez souvent, ils

ne passent leur temps qu'à mentir.

Et regardez aujourd'hui, l'AES qui est

un modèle qui est en train de se

dessiner, ils ne peuvent pas se lever du

matin au soir sans parler de Burkina ou

parler de l'AES.

C'est impossible pour eux.

Et chaque fois, ils cherchent à envoyer des

informations pour diviser, pour manipuler la jeunesse.

Mais ça ne passe plus.

Je pense que les gens sont assez conscients,

les gens ont les nouvelles.

Et vous tous, vous êtes victimes de ces

gens-là, la communication.

Ce qu'ils font, ce qu'ils disent

sur la Russie et tout, on le sait.

Jusqu'aujourd'hui, il y a des jeunes

Africains qui ont les yeux toujours fermés, qui

croient à leur mensonge, le récit de la

Seconde Guerre mondiale.

J'écoutais la dernière fois, quelqu'un disait

qu'à la fin de la guerre, dans

les 10 années qui ont suivi, si on

demandait en Europe qui a gagné la guerre,

les gens disaient c'est la Russie.

Mais aujourd'hui, si vous demandez en Europe

qui a gagné la guerre, ils vont dire

que ce sont les Occidentaux.

Par la communication, ils ont réussi à renverser

l'histoire.

Et l'histoire africaine aussi, ils ont tout

manigancé pour faire passer les mensonges.

Et ça fait que les jeunes Africains, certains

ne connaissent même pas l'histoire de l

'Afrique.

Qu'est-ce que l'Afrique a fait?

Certains ne savent même pas que nos grands

-parents ont combattu, ont été mis à l

'avant comme chair à canon, et au retour,

ils les ont tués comme des animaux.

Est-ce que les gens savent que quand

la France a expérimenté sa première bombe atomique,

ce sont des soldats noirs qu'ils ont

mis à côté dans le rayon létal pour

voir l'effet que ça fait?

Surtout les archives, tout ce qu'ils ont

utilisé contre l'Afrique, c'est terrible.

Donc il y a tout ça qu'il

faut communiquer pour que les jeunes Africains comprennent

parce qu'il y a beaucoup encore endormis

qui continuent de communiquer pour les impérialistes.

Ce qu'ils disent et disent, ils le

font.

Peut-être parce qu'ils leur donnent quelque

chose, je ne sais pas.

Mais l'Africain doit comprendre son histoire, se

réveiller.

Et donc c'est notre combat aussi comme

ça.

Quel est le rôle des médias dans ce

combat, selon vous, médias indépendants?

De chez nous, vous voulez dire?

Les médias devraient beaucoup participer à nous aider.

Mais vous voyez que les médias, même, il

y a certains médias qui sont des médias

impérialistes.

Ils ne sont assis que lorsque les médias

européens, lorsqu'ils disent quelque chose, et ils

reprennent.

Ils les accentuent.

Il y a plein de médias dans le

pays qui combattent même les régimes comme notre

régime.

Ils passent leur temps aussi à raconter les

mêmes balivernes que les médias occidentaux racontent.

Mais c'est honteux.

Si des Africains se comportent comme ça, c

'est très honteux.

J'imagine qu'ils doivent avoir honte de

se regarder à la glace le soir.

Si tu es payé pour raconter des mensonges

sur le noir, c'est très grave.

Donc, on est en train de conscientiser au

Burkina Faso, si vous voyez, actuellement.

Beaucoup de médias accompagnent la dynamique, participent à

conscientiser la jeunesse à travers des débats et

tout.

Donc, c'est ce que nous souhaitons vraiment

pour les médias.

Pensez-vous que notre média puisse aussi jouer

son rôle dans ce combat?

Bien sûr, beaucoup.

Il faut jouer un rôle très important parce

que vous savez, je l'ai dit en

2023 à Saint-Péterbourg, et je le répète

encore aujourd'hui, la Russie a contribué à

sauver le monde.

L'Afrique a contribué à sauver le monde.

Il faut le dire.

Il faut que les jeunes le comprennent.

Tout ce qui se raconte dans les films

Hollywood ou quoi, c'est faux.

Ce n'est que du mensonge.

C'est la même chose.

La guerre du Vietnam, aujourd'hui, on voit,

l'histoire est tronquée.

Mais il faut communiquer.

Vous voyez, moi, ils n'aiment pas que

je parle.

On trouve que je parle trop et tout

pour que je me taise, pour qu'eux,

ils parlent et que leur version passe.

Non.

Moi, mon plus grand regret, c'est d

'avoir passé une bonne partie de ma jeunesse

à écouter des radios comme RFI, France 24.

J'ai été dans des pays où ces

radios étaient fermées.

Mais on prenait des applications, on enregistrait leur

journal pour écouter.

Mais à partir d'un moment, il y

a eu un déclic.

Je commence à comprendre qu'ils conditionnent nos

cerveaux pour accepter ce qu'ils veulent.

C'est leur narratif qu'ils veulent qu

'on apprenne.

Et depuis ce temps, moi, je commence à

faire la part des choses.

Et j'ai compris que c'est très

dangereux ce qu'ils font.

Et aujourd'hui, plus que jamais, je me

rends compte qu'ils ont conditionné l'esprit,

surtout des Africains.

Donc, vous pouvez participer beaucoup à éveiller la

conscience de la jeunesse pour que les gens

comprennent comment fonctionne le monde et ne pas

se laisser embarquer par ces gens-là.

Ma toute dernière question, juste pour conclure sur

une note positive.

Quelles sont les perspectives des relations entre la

Russie et le Burkina Faso selon vous?

Beaucoup de perspectives à venir.

Et comme je l'ai dit, avec la

parade que j'ai vue, je pense qu

'il y a une très bonne coopération parce

que c'est bien, actuellement, nous payons du

matériel, mais il faut qu'on développe l

'industrie militaire, par exemple.

Et la Russie peut contribuer beaucoup.

Et vous savez que la Russie, il y

a beaucoup de scientifiques, de savants, qui sont

riches.

La preuve, on vient de quitter l'université

de Mendeleev.

Ils peuvent nous accompagner beaucoup dans la formation

pour aussi prévaloir parce que chez nous, nous

avons des jeunes talents, des génies qui arrivent

à créer des choses, mais il leur manque

l'apport mathématique, la science pour pouvoir améliorer

ce qu'ils font.

Et donc la Russie peut nous aider beaucoup

dans ce domaine.

Ça va nous aider sur le volet militaire,

sur le volet industriel parce que ce sont

les machines qui font marcher le monde.

Et aujourd'hui, la technologie qui est là,

que ce soit l'informatique, les réseaux, la

télécommunication et tout, sur ce volet, la Russie

est en train de beaucoup collaborer.

Donc à l'avenir, toutes ces perspectives seront

donc mises à l'ordre du jour pour

que nous puissions arriver à un objectif certain

que nous souhaitons.

Votre excellence.

Merci beaucoup pour cet échange très intéressant et

très enrichissant.

Je rappelle, c'était le président du Burkina

Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.

Merci encore.

Merci à vous.

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