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Original subtitles

-Viens là, mon fils.

Campana,

Père et Fils.

-Tu veux m'enfermer

dans un bureau ?

Ma soeur.

Inès veut être juge à Bastia.

-Je suis la juge.

-Enchanté.

-Sacré pari pour ce poste.

-Un deal

avec la Chancellerie.

-C'est un nouveau service.

Le Pôle antimafia.

-Carlotti a été

l'homme de main

d'une équipe.

Coups de feu

Cette équipe n'avait pas disparu.

Elle a le droit

à une seconde vie.

-Jean-Do n'est plus

comme avant.

On s'est revus,

il ne va pas aimer.

-Je peux t'aider.

-A quoi ?

-Ceux qui t'ont mis en prison

travaillent.

-Casse-toi.

Je ne veux plus te voir.

Nace, ça va ?

Nace ?

-Putain, j'ai mal.

Gémissement

-Allô, Julie ?

Ecoute-moi. Tu peux venir

à la clinique maintenant ?

Je t'expliquerai !

Tu peux venir ou pas ?

OK. Merci, j'arrive.

Nace, ça va ?

Oh, Nace ? Parle-moi !

Ca va ou pas ?

Putain, Nace !

Nace.

Musique de générique

...

Coups de klaxon

-Reda ! Descends !

-J'arrive !

Musique intrigante

...

-Tu vas voir,

ça a vraiment changé.

Tout ça, ça n'y était pas.

Ca, là...

non plus.

Voilà.

Un jour, tout ça, ce sera à toi.

Je vais faire l'atelier

et la station de lavage,

mais attention,

aucun garage à Bastia

ne sera équipé comme le mien.

Ca envoie, non ?

-Ouais, c'est bien.

-Allez, viens.

-M. Campana,

vous pouvez venir ?

J'ai le préfet au téléphone.

-J'arrive, j'arrive.

Le préfet croit

que je vais sauver Bastia

des poubelles.

Tu m'attends ici ?

-OK.

...

-Bonjour. C'est toi, le fils

de Pierre-Marie ? Reda ?

-Ouais, pourquoi ?

-Viens.

Approche,

on va rien te faire.

Moi, c'est Anthony, mon frère Max.

On est les fils de Livia.

-Ah, OK. Bonjour. Mon père m'a dit

qu'on mangeait chez vous ce soir.

-Bah, justement.

Ne le prends pas mal, hein.

Ton père, il est top avec nous,

avec notre mère, rien à dire.

-C'est un bonhomme, ton père.

-Non, c'est pas ça, c'est que...

En prison, tu étais ami

avec des gens avec qui,

nous, on a eu de grosses histoires,

des Arabes.

Et ça, c'est un peu compliqué.

-Et tu viens du même endroit qu'eux.

Ca nous plaît pas trop.

-Ah ouais, carrément.

C'est direct.

-C'est pas contre toi.

-Non, bien sûr que non.

En corse

...

-OK.

...

-Ton père, au top, hein.

-Reda !

Viens.

Ils t'ont parlé ?

-Juste bonjour en passant.

-Les fils de Livia sont gentils,

mais c'est des boccas.

-On va dire ça comme ça.

-Alors ?

Qu'est-ce t'en penses ?

-C'est impressionnant.

-Madame Mattéi, bonjour.

-Bonjour, madame la juge.

-Je vous ai vue à la piscine.

J'y vais de temps en temps.

-Quand je nage, je pense à rien.

-Je comprends.

Je vous en prie.

-Merci.

-Bonjour.

-Bonjour.

-Eva !

-Un instant, s'il vous plaît.

-Excusez-moi.

La dame, c'est la femme du maire

qui a été abattu ?

-Oui. Pourquoi ?

-J'ai épluché le dossier des menaces

qu'avait reçues son mari.

Je pourrais peut-être

vous être utile.

Je peux assister à l'audition ?

-Vous voulez m'être utile ?

-Oui.

-Alors, faites les tableaux

que je vous ai demandés.

Ca, ça va m'être utile.

-Un petit café ?

-Oui.

Je lui demande d'assister

à l'audition, elle me jette.

-Elle t'a pas jetée

à cause de l'audition.

C'est parce que tu as appuyé

sur le mauvais bouton :

"J'en sais plus que vous,

je vais pouvoir vous aider."

Avec elle, ça marche pas.

-Ah bon ?

Parce que elle, elle en sait

plus que tout le monde ?

-Honnêtement ? Ouais.

10 ans que je travaille avec elle.

Elle en sait plus que tout le monde.

Je sais pas, j'ai jamais vu ça

chez aucun juge :

elle capte des trucs

sur les voyous.

Ce qu'ils ont fait,

ce qu'ils vont faire.

Des trucs que personne

ne capte,

elle, elle les capte.

En fait, elle pense comme un voyou,

c'est ça, sa force.

-Elle en fréquente ?

-Quoi ?

Jamais de la vie.

Elle les hait.

T'avises pas

d'en fréquenter un.

-Ah non, mais j'en connais pas.

Le problème est réglé.

-Tiens.

-Pourquoi t'as parlé de Jean-Do

à Rachida ?

-Rachida, c'est ta mère.

-Elle a tout dit à sa fille

qui est juge.

-Et après ?

J'en ai rien à foutre

de Jean-Do.

J'allais bien,

quand t'es parti en prison ?

Et ta mère,

elle allait bien ?

A 20 ans, tu pars en prison.

Ca fait quoi

dans la tête d'une mère ?

Quelle mère est préparée à ça ?

Alors oui, on a parlé de toi, oui.

Et alors ?

Ta mère était là,

quand j'ai eu besoin d'elle.

Tous les soirs,

elle me demandait de tes nouvelles.

Tu lui as refusé 30 parloirs,

Reda.

30. T'imagines ce que c'est ?

Ton avenir, il est ici.

Le passé, c'est n'importe quoi.

-Une enculerie avec un condé ?

-C'est une erreur, un dérapage,

une connerie.

C'est pas une enculerie.

Putain, on va se disputer pour ça ?

-Non.

-Je lui ai pardonné.

Pardonne-lui, toi aussi.

Oublie le passé,

les histoires avec ta mère,

ta vie d'avant.

Passe à autre chose.

Sonnerie de portable

Allô ?

T'es arrivé ?

Je suis au dépôt, je monte.

C'est le maire.

Je reviens.

-Vas-y, je t'attends.

Je t'attends.

-Ces visages-là,

ça vous dit quelque chose ?

-Non.

Mon mari voyait pas mal de monde

à la mairie.

Ces visages,

mon mari les a sûrement vus.

-Les menaces qu'il a reçues,

votre mari savait

qui les lui envoyait ?

-Oui.

-Il vous en a parlé ?

-Non.

Madame la juge, vous m'avez

convoquée, je suis venue,

mais j'ai rien à vous dire.

Je ne veux pas

qu'il arrive à mes enfants

ce qui est arrivé à mon mari.

J'ai peur.

Vous comprenez ça ?

J'ai pas peur pour moi,

j'ai peur pour eux.

Je sais des choses.

Evidemment que je sais des choses.

Mais je peux rien vous dire.

-Je comprends ce que vous me dites

par rapport à vos enfants.

Qui ne le comprendrait pas ?

Mais ne rien dire,

c'est jouer le jeu des gens

qui vous ont fait du mal.

En Sicile, pendant des décennies,

ils n'ont rien dit,

et puis un jour,

les gens ont commencé à parler,

et la Mafia est tombée.

-Avant, en Corse,

on n'avait pas cette mafia.

On est devenus comme eux ?

-Un peu.

Mais on va tout faire

pour ne pas le rester.

-On en a déjà parlé.

C'est trop gros pour moi.

La collecte,

mais pas le traitement.

Les banques, les appels d'offres,

ça va durer des semaines.

-Mais, non,

ça va durer 10 jours.

O Pè, tu vois pas qu'on est

au bord de la crise sanitaire ?

L'appel d'offres,

tu vas le gagner, c'est obligé.

Pour la collecte,

tu avais le meilleur dossier.

C'est le préfet qui l'a dit.

-Pourquoi moi ? Le Cetradec,

ça n'intéresse personne ?

-Je sais qu'avec toi, ça marchera.

Toi et moi, ça a toujours marché.

On a milité ensemble,

j'ai été ton avocat,

je t'ai soutenu

pour la collecte.

Je t'ai dit

de te porter candidat.

O Pe, fais-moi confiance,

c'est pour toi, c'est sûr.

Et c'est un marché

de 20 millions d'euros.

-20 millions de problèmes.

Les déchets,

c'est un nid à embrouilles.

-Je lâcherai pas l'affaire.

-Et moi, je te dirai

la même chose.

On va se boire un whisky ?

En corse

...

Ils trinquent.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Il veut te voir.

-J'ai rendez-vous dans 45 minutes.

-Je l'appelle pour lui dire ?

T'as un portable ?

-Oui.

-Donne-lui.

-Dites à nos amis

qu'on aura du retard.

-OK.

Musique intrigante

...

-Bonjour, M. Carlotti.

-Tu es déjà venu ici ?

-Non.

-Tu vas l'acheter.

-Je vais acheter quoi ?

-Tout ça.

Tu vas monter une société.

On va prendre la concession

des déchets.

-J'y connais rien, moi,

au traitement des déchets.

-On va trouver des gens

qui connaissent.

-M. Carlotti,

ne le prenez pas mal,

mais c'est pas que je veux pas.

Les poubelles,

c'est pas mon truc.

-Le permis de construire

pour ton centre commercial,

c'était ton truc ?

Et acheter des terrains que les gens

ne voulaient pas te vendre ?

Sans moi, tout ça,

ça existerait pas.

-Mais le groupe me suivra jamais

dans ce genre d'opération.

-Je te parle pas du groupe,

je te parle de ta société.

J'en ai rien à foutre,

de ton groupe de merde.

Corsica Groupe, c'est toi.

-Oui, mais elle travaille

pour le groupe,

et je ne peux pas l'ignorer.

-Tu préfères quoi ?

Acheter tout ça

ou finir ici au milieu des sacs ?

Musique sombre

...

Mon avocat va t'appeler.

Il a tout préparé.

T'as plus qu'à signer

et lui donner un chèque.

-Un chèque de combien ?

-500 000, pour commencer.

...

-Oh ! Monte !

...

-On va éplucher des dossiers

encore longtemps ?

-Je sais pas.

Oui ?

-Je mets ça où ?

-Là, devant c'est bien.

Merci.

Il y en a encore beaucoup ?

-3 fois plus.

Je vous les apporte ?

-Oui, bien sûr. Merci.

...

-Vous, je vois que ça roule,

mais moi,

les tableaux Excel, je galère.

-Ca t'embête si on se tutoie ?

-Les flics ne tutoient pas

les juges.

-Et les flics

ne sont pas avec les juges.

Toussaint, c'est ça ?

-Ouais.

-La première fois

que j'entends ce prénom.

C'est comme

Toussaint Louverture ?

-Non, rien à voir.

C'était le prénom

de mon grand-père.

-Comme chez les Rebeus,

on saute une génération,

on rattrape le train.

-C'est un peu ça, oui.

-Tiens, prends ma place.

Viens.

On va faire un truc,

Toussaint.

Je t'échange 10 tableaux Excel

contre un chawarma.

J'ai vu qu'il y en avait un

sur le Vieux-Port.

Ca te dit ?

-Bah, euh...

Ouais, ça me va.

-Et moi, c'est Inès.

-OK.

Donc je t'appelle Inès ?

-C'est mon prénom donc,

c'est mieux.

Vous avez fait des surveillances

à Aléria ?

-Sur quoi ?

-Sur la maison des Carlotti.

-Oui, bien sûr.

Une caméra est braquée

sur la maison h24,

dans le pylône, en face.

-Tu as accès

à la caméra de ton portable ?

-Ouais. Tu veux voir ?

-Ouais, montre.

-Le type n'est pas assez con

pour se cacher dans sa maison.

-On va y faire un tour ?

-Pour quoi faire ?

Tu ne verras rien de plus

que sur la vidéo.

-Oui.

Ah ouais, même pas peur.

-Quoi ?

Ah, merde.

-C'est tellement facile

quand on est aux Stups.

-Ouais.

Mais je fume très rarement.

-Ouais, moi aussi.

T'as pas une petite boulette

par hasard ?

-Là, non,

mais ce soir, si tu veux.

-20h à mon hôtel.

Je peux compter sur toi ?

-Je serai là.

-Bon, j'y vais.

Je t'invite.

-Merci.

-A tout.

-A tout.

Musique intrigante

...

-Bonjour.

...

Voiture en approche

-Tu fais quoi ?

-Rien.

-Tu prends des photos ?

-Elle est jolie.

Elle serait pas à vendre ?

-Il n'y a rien à vendre.

Donne-moi ton téléphone.

-Non.

-Tout de suite.

-Vous faites quoi ?

-D'où tu viens ?

-Non !

-Arrête, ou je t'en colle une.

D'où tu viens ?

-Je suis en vacances au camping.

-Vas-y, dégage.

Va-t'en,

tu vas avoir des emmerdes sinon.

-OK. Je m'en vais.

...

Oui. Attendez, on va faire ça

ensemble, s'il vous plaît.

C'est bon, j'y suis.

Donc,

la 0543...

c'est la succession Carlotti.

D'accord.

Et tout ce qu'il y a autour,

les 110 hectares,

ça appartient à qui ?

Comment vous dites ?

Donnez-moi l'adresse,

s'il vous plaît.

Toutes les parcelles

qui entourent la maison

appartiennent

à une société, la Sofipar.

Les arbres qui sont là

sont les mêmes

que ceux qui sont sur le reste

des terrains.

-On n'a pas vu ça sur la caméra ?

-Non.

-La caméra, elle filme

que la façade de la maison.

Ce serait pas mal de savoir

qui est derrière la Sofipar.

Moi, j'ai trouvé l'adresse

au cadastre.

-Une SCI qui détient les terrains

qui entourent

la maison de Carlotti,

c'est pas rien. Bien joué.

-Vous êtes allée

à Aléria toute seule,

sans le dire à personne ?

-Bah, vu qu'on travaille

sur Carlotti,

je me suis dit que ce serait

pas mal d'aller voir.

-Ca partait d'un bon sentiment.

-On peut savoir

qui est derrière la Sofipar ?

-La CBL, 241 boulevard Royal,

c'est une banque.

-Aïe.

-Une SCI luxembourgeoise

domiciliée

dans une banque privée.

-C'est quoi, le problème ?

-Le Luxembourg adore

le secret bancaire.

Vibreur

Excusez-moi.

Allô, oui ?

-Près de la maison, il y a un homme

qui m'a demandé de partir.

Je l'ai reconnu,

c'était Eric Fratoni, le Gitan.

J'ai vu sa tête

dans le dossier.

-Et si ça se passe mal,

on fait quoi ?

Je ne veux plus que

ce genre de chose arrive, Inès.

Ici, on travaille en équipe.

Vous avez une idée, une intuition,

vous m'en parlez avant.

-Je pensais que...

-Je m'en fous.

Vous ne faites plus rien

sans m'en parler.

-OK.

Je peux y aller ?

-Oui.

Et personne

n'a checké ces parcelles ?

-Bah non.

-Fait chier !

Je veux 3 caméras chez Carlotti,

à Aléria.

-On en a déjà une.

-3 ! La CRT arrive.

Renseignez-vous sur la Sofipar

au Luxembourg.

Merci.

-4 fois 20.

-Karim...

-Tu fais remonter

le pognon à Jean-Do ?

-Bah oui, qui d'autre ?

-Il vient le chercher ?

-Il vient jamais ici.

-Tu fais comment alors ?

-C'est moi qui l'apporte

tous les soirs à Sté.

-Je cherche du taf, tu peux

me trouver quelque chose ?

-Tu voulais plus toucher

au shit.

-Des fois, on change d'avis.

-C'est quoi, l'idée ?

C'est d'arrêter

de faire les chaouchs ?

-Ca dépend de toi.

Si t'en as rien à foutre

de continuer à faire le tapin

pour ces mecs,

moi, je ne dis plus rien.

Si c'est pas le cas,

on peut discuter.

-Discute. Je t'écoute.

-Trouve la preuve

que Taracci vous double...

-2 fois 50.

Aziz, 2 fois 50.

-Dès que t'as la preuve,

tu le balances à Jean-Do.

Dis-lui que tu veux

travailler avec moi.

-S'il ne veut pas ?

-Il voudra. Il sera content

que je fasse le chaouch pour lui.

Faut que t'en parles à Samir,

aussi.

Nace, moi, je propose,

après t'es pas obligée.

-Moi aussi, j'en ai ras le cul

de faire le tapin.

Rire

-Il bosse jamais, lui, en fait.

-Regarde-le avec sa tête de con.

Musique sombre

...

On toque à la porte.

-On a reçu un nouveau dossier

pour le Cetradec.

-Merci.

-Je vous en prie.

...

-L'autre pied.

-Et le dossier des déchets ?

-Nos amis l'ont déposé.

-Si on a l'affaire,

on va laisser tomber Lupino.

-César, Lupino,

c'est beaucoup d'argent.

-C'est aussi des Arabes

et des problèmes.

-T'as faim ?

-Oui.

-Bon, on mange ?

-Oui.

-Lisa-Marie, on va faire

un tour de bateau ?

-Ouais.

-Je viens de la doucher.

-Tu la redoucheras.

-Tu vas où ?

-Ne nous attendez pas,

on va manger à la paillote.

-Comment ça ?

Jean-Do !

Putain, mais quel con !

Il en a rien à foutre.

Et je suis sûre

qu'il me fait surveiller.

-Pourquoi tu l'as revu ?

-Revu qui ?

-L'Arabe.

-Ah, putain, je le crois pas.

Tu me fliques ?

OK, vas-y, ramène-moi au ponton,

t'as qu'à bouffer tout seul.

Ramène-moi au ponton.

-Alex...

Assieds-toi.

Il te fait pas surveiller.

Il est inquiet.

Il a peur de te perdre.

Les gens qui travaillent

pour Jean-Do

travaillent d'abord pour moi.

-L'Arabe, il a fermé sa bouche

quand il fallait la fermer.

Et puis d'où il est arabe ?

Son père, il est aussi corse

que toi.

-Ecoute, Alex.

C'était il y a 10 ans,

t'avais 20 ans, tu t'amusais.

T'as une fille,

des affaires,

un mari qui tient à toi.

Tire un trait.

Ca sert à rien.

-Sinon ?

-Sinon rien,

mais tu connais ton mari,

quand il pense,

il peut faire n'importe quoi.

Et quand on fait n'importe quoi,

c'est bon pour personne.

-Qu'il lui arrive jamais rien.

-Qu'est-ce que tu veux

qu'il lui arrive ?

-Papa, regarde-moi.

Qu'il lui arrive jamais rien.

-Il ne lui arrivera rien.

Musique sombre

...

-Je peux ?

-J'attends quelqu'un.

-Je sais, on attend le même.

Tu te rappelles pas de moi ?

Selma, la soeur de Samir.

-Ah, mais bien sûr !

T'as changé.

-Eh ouais,

j'avais 13 ans à l'époque.

Ca y est, nouvelle vie ?

-Ouais.

Enfin,

j'espère.

Tu fais quoi dans la vie ?

-Je suis au Conservatoire

de chant.

-Tu chantes quoi ?

-Un peu de tout.

Français, espagnol, anglais.

Kabyle même.

Lounès Matoub.

C'est de chez toi, ça ?

-Hm. C'était l'idole de ma mère.

Mais je ne connais pas bien.

Le côté arabe chez moi,

il est un peu... Un peu bancal.

-Bancal, genre ?

-Je parle pas.

Deux, trois mots, pas plus.

-On a appris le corse à l'école,

et tu parles pas l'arabe ?

C'est très grave.

Faut que t'apprennes.

-Je sais, il faut que j'y pense.

-Samir, t'es sérieux ?

Encore un scooter ?

-Et alors ?

On s'amuse comme on peut.

-Putain, il s'arrête pas.

-Tiens. Cadeau.

-Mais non !

Tu l'as fait réparer ?

-Ouais.

-Merci, Samir.

-Tu peux nous prendre

un truc à manger ?

Il faut qu'on discute.

-Tu veux manger quoi ?

-Ce que tu veux.

-Vas-y, dis-moi ce qu'on dit

sur Maertens.

Je vais bosser avec elle.

-Elle est dure,

elle pense qu'au boulot.

Elle s'est fâchée

avec la moitié du tribunal.

-C'est pas non plus... Moi, je ne

m'entends pas avec tout le monde.

-Pas de mec, pas d'enfants.

Elle n'a pas d'enfants

à son âge.

-Pourquoi ? C'est un mal

de ne pas avoir d'enfants ?

Elle fait ce qu'elle veut.

Excuse-moi !

Tu nous remets la même chose

à tous les deux ! Merci !

-J'ai parlé avec Nace.

-Et alors ?

-Moi aussi, j'en ai marre de faire

le chaouch. Je suis avec vous.

-OK.

Mais tu dis rien à personne.

Surtout pas à l'autre là,

celui qui travaille avec toi.

-Hiacine ? Pourquoi ?

-Parce que ça m'a l'air d'être

une grande gueule.

-OK. Tu manges pas ?

-Non, vas-y.

Carlotti, tu l'as déjà vu ?

-Ouais.

Une fois.

Tu te rappelles de Moktar,

le cousin de Nordine ?

Un gros fatigué,

mais il avait peur de personne.

Ils sont venus le lever

à la fermeture,

et Carlotti était là.

Il n'est pas descendu

de la voiture.

C'est la seule fois

où je l'ai vu.

-Ils l'ont levé pour quoi ?

-Pour des voitures volées

sur lesquelles ils touchaient pas.

Ils touchent sur tout, fradé.

Dès que tu ouvres un business

qui crache, ils débarquent.

Un resto, un garage,

un supermarché, peu importe,

ils viennent, et ils palpent.

Ils font ça avec tout le monde.

Corse pas corse, ils s'en battent

les couilles, c'est comme ça.

Tu payes, et tu fermes ta gueule.

-Tiens.

-Merci.

-Je peux te faire écouter un truc ?

-Selma !

Pourquoi

tu lui casses la tête ?

-C'est quoi ?

-Une chanson

que j'ai écrite.

Samir la trouve romantique.

-Romantique ?

Je l'ai appelée

"Hanin lilmadi"?

Tu me dis ce que t'en penses ?

-OK.

Chanson orientale

...

...

-Ca veut dire quoi,

"Hanin lilmadi" ?

-"Hanin lilmadi".

C'est la nostalgie.

-Elle est cool, ta chanson.

-Merci.

-Selma...

Laisse pas traîner ton Oud.

Si tu veux pas qu'il boude.

-Il est con.

-Fradé, à demain ?

-A demain.

Il sent fort, ton truc.

-Tu veux goûter ?

-Ah ouais. Il arrache.

-C'est pas là-haut

que t'en trouves.

C'est de la frappe.

-Et tu la trouves où ?

-C'est un mec qui la vend

où je mixe.

Je suis au conservatoire,

et le soir, je mixe.

Ca me fait un peu de sous.

-Où tu mixes ?

-Au Clint.

Tu peux passer prendre

un verre.

-OK.

-Je vais y aller.

C'est l'ancien New Love,

tu vois où c'est ?

Tu veux que je te le laisse ?

En fait, t'as pas changé.

Enfin si, t'as pris quelques rides

par-ci par-là,

mais c'est cool,

ça te va bien.

A tout.

-A tout.

-Bonsoir.

Musique intrigante

...

Moto en approche

...

-Dumé, t'as deux minutes ?

-Tu me suis ou quoi ?

-Vas-y, tranquille.

Cool, OK ? Je voulais

te parler de ce que tu sais.

-Je sais quoi ?

-Les livraisons que tu coupes.

-Qu'est-ce que tu me casses

les couilles ?

Vas-y, dégage. Dégage !

Casse-toi, je te dis !

-Tu l'as fait deux, trois fois.

T'arrêtes,

et moi, je dis rien à Jean-Do.

Sur la tête de ma mère.

-Pour jurer sur la tête

de vos mères, vous êtes forts.

Dégage.

-S'il te plaît.

-Ecoute-moi.

Tu dis un truc à Jean-Do,

tu parles une fois,

je te tue, tu es morte.

C'est compris, Nacéra ?

Je te crève !

Je te crève !

Cris

...

-Mais lâche-moi !

Lâche-moi !

-Ferme ta gueule.

Tu ne jures plus sur la tête

de ta mère ! Hein ? Hein ?

Musique rythmée

...

-Ca va ?

-Ca va.

...

-Attention.

-Ah ouais, même pas peur.

-Jamais.

Encaisse.

-Non, laisse, c'est pour moi.

-Tu vas pas faire ton macho

avec moi. La prochaine,

c'est pour lui.

Allez.

...

-C'est lui, la frappe ?

-Ouais !

Bien joué.

-Il n'a pas que de la frappe.

-Ah non.

Il a tout ce que tu veux.

...

-Hm.

Viens, on va danser.

...

-Faut que je parte.

-Déjà ?

-Il y a des gens

que je veux pas voir.

A bientôt.

...

-Fais-moi plaisir, rentre.

Rentre chez toi maintenant.

-Chez moi, c'est ici, chez moi,

c'est les bars, c'est la nuit.

Tu peux remettre ça.

-Dumé, je viens de te servir.

En corse

-Qu'est-ce qui s'est passé ?

-C'est Dumé.

-Putain, Nacéra.

Vas-y, viens, je te ramène.

-Je te jure, je vais l'emplâtrer,

je vais le défoncer.

-Arrête !

C'est à Jean-Do de régler ça.

Tu lui racontes tout.

Avec ta gueule, il va te croire.

Musique sombre

Nacéra, tu vas lui parler ?

Tu vas lui parler, oui ou non ?

-Oui, c'est bon !

-"Chercher Julie Grimaldi,

vétérinaire."

-Je suis pas un "ienche" !

-Elle en a soigné d'autres.

-Emmène-moi chez moi,

j'ai des trucs.

-Tu t'es vue ?

-C'est bon. OK ?

...

-Bon, je vais où ?

-Tourne à gauche.

...

-Ca va ?

...

-Vas-y, arrête-toi, là.

-Où ?

-Là, là ! Putain !

Arrête-toi !

-Qu'est-ce que tu fais ?

Nace. Nace !

Klaxon

Avance !

Détonations

...

(Nace.)

-Ah...

-Doucement.

-Ah putain !

-Reste avec moi.

-Je l'ai niqué, ce bâtard.

Je l'ai niqué.

Dumé tousse.

...

Gémissement

Il tousse.

-T'es qui, toi, putain ?

T'es qui ?

Tous les deux, vous êtes morts.

Pang... Pang...

...

-Viens.

-Ah !

-Allez...

Gémissements

(Allez, Nace.)

...

Allô, Julie, c'est Reda Campana.

Je sais. Ecoute-moi.

Tu peux venir à la clinique ?

Je t'expliquerai.

Tu peux venir ou pas ?

OK, merci, j'arrive.

Nace, ça va ?

Nace ! Parle-moi !

Ca va ou pas ?

Putain, Nace !

-Qu'est-ce qu'elle a ?

-Une balle.

-Oh, putain, Reda.

-Aide-moi.

Viens.

Cri de douleur

Musique rythmée

...

...

-Mets-la sur la table.

On lui enlève la veste.

...

Je vous tiens,

je vous tiens. Doucement.

-Putain !

-Détendez le bras.

-Ca va, Nace ?

-Reda, reste pas là.

Allez, respire.

...

Respire.

Gémissement

...

Musique sombre

...

Sous-titrage : VDM

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