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Original subtitles

Musique de générique

...

Cris de détenus

...

*-Je veux dire à ces "courageux"

qui taguent dans mon immeuble

et qui, derrière un ordinateur,

m'envoient des mails de menace,

je veux dire à ces "courageux",

-Reda !

-... qu'ils sont la honte

de notre peuple.

-Courrier.

*-Parce que notre peuple

ne leur ressemble pas.

-Gilbert, vous ouvrez

encore les lettres.

Je sors, je vais pas m'évader,

-Qu'est-ce que tu veux

que je te dise ?

-OK.

Fermeture de porte

Musique douce

...

*-Je leur dis que ni moi,

ni ma femme,

ni mes enfants n'avons peur d'eux.

Et que...

ça... Ca.

Oui, ça...

On n'a pas peur.

En corse

...

Mafia basta !

Basta mafia !

Basta !

Bonjour.

Prenez quelque chose.

-Merci.

...

J'ai un rendez-vous,

je vous rejoins plus tard.

Chiara, tout va bien.

Arrête de t'inquiéter,

tout va bien.

-Non, Dumé.

Tout va pas bien,

et tu le sais.

-On est plus forts qu'eux.

...

Et on n'a pas peur d'eux.

Allez.

...

-A tout à l'heure.

-Bravo, M. Mattéi.

-Merci à vous. Madame.

-Il est où, ton frère ?

-Je sais pas.

-Va le chercher.

Dépêche-toi.

Allez, vite !

Détonations

Dumé !

...

Dumé !

Musique triste

...

Musique intrigante

...

Vibreur

...

-Mets en route, on va bouger.

...

-Merci.

Vous pouvez enlever la casquette,

s'il vous plaît ?

Merci. Bonne journée.

*-Les passagers du vol

Air Corsica XK703

à destination de Paris

sont priés de se présenter...

-Vous êtes de la PJ ?

-Oui.

-Je suis la juge Amrani.

-Enchanté.

Commandant Dragacci.

Lieutenant Albertini.

-On y va ?

-Et vos bagages ?

-Ma valise arrive ce soir,

j'ai eu un problème

à l'enregistrement.

-1re fois en Corse ?

-Oui.

Ca ressemble au Maghreb.

Ils ramassent plus les poubelles ?

-Non. Le patron du Cetradec

a été abattu.

Depuis,

les éboueurs font la grève.

-Il y a 2 jours,

un élu a été abattu.

-Dominique Mattéi,

le maire d'Aléria.

-C'est où, Aléria ?

-C'est en Plaine orientale.

L'équipe sur laquelle

on va travailler est de là-bas.

-"Plaine orientale" ?

C'est marrant comme nom.

Musique intrigante

...

-Bonjour. André Moretti,

procureur de la République.

-Bonjour, M. le procureur.

-Bienvenue. Je vous en prie.

...

-Notre nouvelle collègue

va faire baisser

la moyenne d'âge du service.

-Hm.

On va dire ça comme ça.

On toque à la porte.

-Je fais visiter le Palais

de justice à notre jeune amie.

Voilà.

Donc Eva Maertens,

responsable du Pôle antimafia.

-BONJOUR.

-Et Jean-Yves Le Mouel

qui travaillera avec vous.

-Bonjour et bienvenue.

-Merci.

-Eva a beaucoup oeuvré pour que

le Pôle antimafia voie le jour.

-Je prends ça

comme un compliment.

-Ca a été si compliqué ?

-Au début, le terme de mafia

dérangeait.

-On reconnaît

qu'il y en a une,

donc c'est reconnaître l'échec

de l'avoir laissée s'installer.

-Reconnaître l'échec,

c'est avancer.

Vous l'avez dit dans

une interview, en novembre 2021.

-Je me rappelle

de cette interview.

Venez, on va aller voir

si tout est prêt à la PJ.

-Maintenant ?

-Oui.

Faites connaissance,

et on se voit après. Venez.

-Bien. A tout à l'heure.

-Un café ?

-Non, merci.

J'en ai déjà bu

3 ou 4 depuis ce matin.

-Vous étiez combien

dans la promotion cette année ?

-300.

-300 ?

Major sur 300, c'est pas mal.

-Merci.

-Je peux être cash avec vous ?

-Ils nous ont laissées seules

pour ça, non ?

-Pourquoi vous êtes là ?

Pourquoi Bastia ?

Pourquoi pas l'anti-terrorisme,

le PNF,

la Cour de cass' même,

puisqu'il y avait un poste.

Vous êtes sortie major,

vous auriez pu choisir un service

plus prestigieux.

-J'aime le pénal,

et j'aime le terrain.

Avec le crime organisé,

j'aurai les deux.

-Et vous y connaissez quoi

au crime organisé ?

Vous connaissez quoi de la Corse,

du métier de juge ?

-Rien.

Mais avec vous,

j'apprendrai vite.

-Pas de flatterie avec moi,

ça ne marche pas.

Vous diriez de vous

que vous êtes une fille équilibrée ?

Prétendre exercer

des responsabilités

auxquelles on n'a jamais

été confronté,

c'est être un peu inconscient,

non ?

Etes-vous inconsciente,

Mlle Amrani ?

-C'est quoi, le problème, en fait ?

C'est que j'intègre un service

que vous avez mis 20 ans à créer ?

-Dans quelque temps, vous allez

prendre des décisions graves

dans un domaine

qui vous est inconnu.

Des décisions qui engageront

votre responsabilité

et la mienne,

parce que c'est moi

qui suis à l'origine du service.

-Oui. Et alors ?

-Et alors ?

Je ne suis pas sûre

qu'être major de promotion

vous suffira à prendre

les bonnes décisions.

César Carlotti. C'est la seule

photo que nous ayons de lui.

On est en 1982, il a 15 ans

et il arrête sa scolarité

après avoir été

renvoyé 3 mois pour bagarre.

A partir de là,

il disparaît totalement des radars.

Il n'a jamais voté,

jamais payé d'impôts,

il n'a pas de permis de conduire,

pas de femme, pas d'enfants,

pas de comptes bancaires,

rien du tout.

Officiellement,

cet homme n'existe pas.

La maison où il a grandi.

J'ai essayé

de la faire saisir par l'Agrasc.

La succession n'ayant pas été

prononcée, je n'y suis pas parvenue.

Carlotti a été l'un des principaux

hommes de main

d'une grosse équipe, à laquelle

nous avons eu affaire.

On pensait cette équipe disparue,

mais elle a manifestement droit

à une seconde vie.

On a essayé de travailler

sur la tête

qu'il pourrait avoir aujourd'hui.

Voilà, ça donne une idée.

Dans ces dossiers,

vous trouverez les procédures

dans lesquelles Carlotti

est directement

ou indirectement cité.

Son nom est évoqué dans pas moins

de 7 assassinats,

dont ceux d'Alexandre Benedetti,

le patron du Cetradec,

le centre de traitement

des déchets.

Et Dominique Mattéi,

un élu qui s'est opposé

à un programme immobilier

piloté en sous-main par Carlotti

et ses amis de La Plaine.

Le bras droit du boss :

Jean-Dominique Guerrieri,

dit Jean-Do.

Il gère toute la partie

opérationnelle.

Autour d'eux,

des hommes de main :

Julien Alessandri, dit Marteau,

Eric Fratoni, dit Gitan.

Des gens de La Plaine

qui ne travaillent

qu'avec des gens de La Plaine.

Qui sont-ils ?

Combien sont-ils ? Que font-ils ?

A quoi s'intéressent-ils ?

On doit répondre à ces questions.

-Vous attendez quoi de nous ?

-A la DTPJ, dans combien de dossiers

Carlotti est cité ?

-2 : Mattéi à Aléria

et Quastana à Calvi.

Les autres,

c'est pas nos affaires.

-Au groupe Crime organisé, 3 :

Benedetti, le patron du Cetradec,

le promoteur Donsimoni

et Sébastien Galto à Moriani.

Aux Stups, vous en avez.

On a même travaillé ensemble.

-Oui, Youssef Alcar.

On a le dossier Tramoni.

-Aujourd'hui, toutes ces affaires

seront gérées par le Pôle.

On réunit tous les dossiers

en un seul, et on constitue

une cellule d'enquête

DTPJ, SPJ,

Stups. D'accord ?

Le Pôle ne travaille

que sur Carlotti

et la Cellule aussi.

C'est clair ?

-Et on s'installe où ?

-Ici.

OK ?

Tout est clair ?

Au travail.

-Bonsoir.

-Bonsoir.

-Bonsoir.

-Sacré pari

pour un premier poste.

-Oui, c'était le deal

avec la Chancellerie.

2 magistrats d'expérience,

le 3e en sorti de l'ENM,

et on communique dessus.

-Respectons le deal.

-A demain, commandant.

-A demain, madame la juge.

-Excusez-moi.

-Oui.

-Je voulais vous dire,

je ne suis pas là par hasard.

Le Pôle antimafia, je l'ai voulu.

J'ai cravaché pour l'avoir.

Et je ne vous décevrai pas.

-J'espère bien, Inès.

J'espère bien.

A demain.

-A demain.

Ouverture de porte

-Reda, tu peux venir ?

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Nordine te demande.

-Maintenant ?

-Mat.

-Mat ?

T'es fou ou quoi ?

-Tu dois prendre ma Tour.

Mon Roi monte en G7,

tu le protèges avec ton Fou,

je monte ma Dame en D4. Mat.

-Oh, putain.

-On fait la revanche après.

-5...

Bip d'ouverture de porte

6...

...

-Il est là ?

-Oui. Vas-y.

-Frérot, viens.

Tu veux un steak ?

-Non, merci, j'ai pas faim.

-Sûr ?

Viens, il faut que je te parle.

J'ai un problème au charbon,

à Lupino.

Et vu que tu sors bientôt,

j'aimerais bien

que tu ailles parler à ma soeur.

Il se passe des trucs tordus là-bas.

-Tordus, genre quoi ?

-Le fils de pute que ton pote

Jean-Do m'a obligé à prendre,

il me la fait à l'envers.

Et à ceux de La Plaine aussi,

il leur fait à l'envers.

-Je vais le faire, mais Jean-Do,

c'est pas mon ami. Ca l'est plus.

-Hm.

-J'ai rien à voir

avec les gens de La Plaine.

-Tu sais combien je leur donne,

à ces bâtards,

à ton pote Jean-Do ?

-C'est pas mon pote.

-La moitié de mon business.

Sur la tête de ma mère,

qu'ils me prennent la moitié.

C'est moi qui l'ai monté,

ce business.

C'est moi qui l'ai lancé.

Nace le fait tourner,

parce que je suis ici.

Je t'ai écouté

quand tu m'as dit de la prendre.

Il y en a un de chez eux

qui me nique.

-C'est qui le type

qui vous nique ?

Taracci. Dumé Taracci.

Mais tu dis à ma soeur

qu'elle parle à Jean-Do,

c'est tout.

Qu'elle fasse rien.

-OK. Taracci.

C'est quoi, le problème ?

Musique douce

...

On toque à la porte.

-Oui ?

-C'est le lieutenant Albertini,

pour la valise.

-Oui.

Deux secondes, j'arrive.

Merci.

Je vous en prie, entrez.

Là, c'est bien.

Vous prenez quelque chose ?

-Allez, pourquoi pas.

-Euh... De la bière ?

-Ouais, impeccable.

Merci.

Vous bossez sur les dossiers ?

-Oui, j'ai commencé.

C'est intéressant.

Terrasse ?

-Vous choisissez la Corse ?

Nouveau job, nouvelle vie,

vous vous dites "on verra".

-Je choisis pas la Corse,

mais le Pôle antimafia.

-La Corse, c'est un peu spécial,

quand même.

-Comment ça, spécial ?

-Spécial. Il y a des voyous,

il y a des natios pas voyous,

des voyous en guerre

avec les natios,

des natios en guerre

avec les voyous.

Même nous, on s'y perd.

-Je vois ça.

-Demain, je passe vous chercher,

comme ça,

vous voyez un peu Bastia.

-C'est gentil, mais demain,

j'ai un rendez-vous médical.

-Ah !

Ce sera pour une prochaine fois.

-Madame, s'il vous plaît.

-Campana, écrou 22-24.

-Campana, comment ?

-Reda Campana.

-Vous auriez une pièce

d'identité ?

Merci.

Vous pouvez y aller, merci.

-Merci.

-Mesdames, parloir.

Suivez-moi.

Musique de suspense

...

-Alors, on s'embrasse ?

Ca se fait

entre frère et soeur.

-Viens là, petite soeur.

-Oh, putain,

je m'étais juré de ne pas pleurer.

-Regarde-moi.

T'es belle.

Assieds-toi.

Ca fait longtemps.

-21 ans.

T'avais 14 ans, et moi, 6.

Et notre mère, 35.

Tu me demandes pas

comment elle va ?

-Désolé,

mais j'ai tiré un trait.

-Pas sur sa mère.

-Moi, oui.

-Tu lui ressembles.

J'en parle plus.

Excuse-moi, j'en parle plus.

Je t'ai apporté des choses.

Mais tu sors bientôt.

-J'ai eu une conditionnelle.

Cool.

Merci.

Je les mettrai dehors,

c'est encore mieux.

Alors ?

C'est quoi que tu ne pouvais pas

me dire dans ta lettre ?

-Je vais être juge.

-Juge ?

Juge de quoi ?

-Juge d'instruction.

Comme je suis sortie major

de ma promo,

j'ai pu choisir mon affectation.

-T'es en train

de me dire quoi ?

-J'ai pris un poste à Bastia.

-Tu te fous de moi ?

On ne s'est pas vus

depuis 21 ans,

j'ai jamais eu de nouvelles.

Et tu me dis que tu vas être juge ?

Tu le vois où tu es, là ?

Inès, tu sais ce que je fais ?

Bien sûr,

puisque t'es juge.

Tu cherches les embrouilles ?

Tu veux t'embrouiller avec moi ?

-Alors, j'ai pas le droit

d'être juge ?

-Tu fais la juge où tu veux,

mais pas ici. Pas ici !

Tu joues à quoi là ?

J'ai fait 10 ans de placard,

et tu vas faire la juge, chez moi ?

Dans ma ville ?

Tu veux quoi, Inès ?

Tu veux que je te dise merci ?

Tu veux que je t'embrasse ?

-Campana, tu te calmes !

Sinon, je te ramène en cellule.

-Ouais, ouais, c'est bon.

C'est bon, chef,

excusez-moi.

Tu vas faire quoi ?

Tu vas travailler

dans le truc antimafia ?

-Comment t'es au courant ?

C'est pas encore officiel.

-Comment je le suis ?

Tout le monde est au courant.

Inès, tout se sait ici.

Un Pôle antimafia.

Vous vous croyez en Sicile ?

Il n'y a pas de mafia, en Corse.

-C'est ce que disent

tous les mafieux.

-Rentre chez toi.

T'as rien à foutre ici.

Il toque à la porte.

Surveillant !

En corse

-Les affaires, c'est à toi ?

-Non, il n'y a rien à moi ici.

Elle soupire.

-Bonjour.

-Bonjour.

Musique enjouée

...

Bonjour.

...

Bonjour.

-Je vous en prie.

-C'est ça, mon bureau ?

-Oui, pourquoi ?

Il vous plaît pas ?

-Non, mais...

C'est une drôle de conception

du travailler ensemble, non ?

-Cette instruction, je l'organise

comme je pense qu'elle doit être.

Si ça ne vous convient pas...

-Ca me convient.

Tout me convient.

-Tant mieux.

Vous vouliez apprendre ?

Vous allez apprendre.

Ah !

-Je mets ça là ?

-Oui, allez-y.

Alors...

Vous allez tous les deux

éplucher ces dossiers,

sortir les noms

qui sont liés à Carlotti

et regarder s'ils sont concernés

par d'autres procédures.

Avec Excel, faites des tableaux,

ce sera lisible.

-Attendez...

c'est un travail

d'opératrice de saisie.

-Non,

c'est une enquête.

On condamne les voyous avec

les dossiers, pas avec le terrain.

Donc, travaillez vos dossiers.

Je vous laisse.

-Chaud patate, la boss.

J'ai pas trop compris, mais je pense

qu'on va bien se faire chier.

La visite médicale, ça a été ?

-Oui, nickel. Bon, on s'y met ?

-Allez.

Vous vous mettez où ?

-Je vais me mettre là.

Musique intrigante

...

Quoi ?

-Vous venez de tout lire ?

-Oui, pourquoi ?

-Impossible de lire aussi vite.

-Bah si, si.

-Mais non.

-Bon. Tenez. Suivez.

C'est un PV de perquisition

du 3 mars 2014,

SRPJ Bastia.

Commission rogatoire 4371-14,

délivrée par le juge d'instruction.

Perquisition chez Paul Jose Poli,

Immeuble Marana,

78 boulevard Graziani,

20200 Bastia.

Dans la chambre du fond,

sous le lit,

découvrons pistolet automatique

Glock 26,

numéro de série 25 48 902.

-C'est bon. C'est bon.

Non, mais, c'est quoi le truc ?

-Je suis un peu hypermnésique,

en fait.

Je me rappelle de ce que je vois

et de tout ce que j'entends.

-Non, sérieux ?

-Ouais.

Des fois, c'est même un peu chiant.

On s'y remet ?

-Va falloir qu'on aille jouer

au casino.

-Pourquoi pas ?

Musique intrigante

...

*-Je sais pas

si c'est une bonne idée ce poste.

Franchement, je sais pas.

-Maman, arrête.

On va pas recommencer.

Mon frère,

j'ai envie de le connaître.

*-Ton frère est en prison,

et toi, t'es juge.

-Stop !

Il n'est plus en prison,

il sort bientôt.

*-Tu vas dire quoi

à tes collègues ?

Tu vas leur dire la vérité ?

-Je sais pas.

Bon, je te laisse.

Je sais qu'on va repartir

là-dessus, et ça me saoule.

*-J'ai le droit de savoir ?

-Non. Je te laisse,

j'ai un double appel.

*-Inès, on peut parler ?

Musique intrigante

...

-Viens là, mon fils.

En corse

Ca va ?

-Maintenant, ça va.

...

C'est quoi, ce scooter ?

-Cadeau.

-T'es sérieux ?

Tu vas ramasser les poubelles ?

-Tu vois pas le bordel ?

On va se faire prendre

par les rats.

J'ai commandé 25 camions,

ils arrivent bientôt.

Et d'ailleurs,

ça ressemble à ça,

mais en plus gros.

Celui-là, tu peux le garder,

j'en ai fait faire 5 000.

-Tu vas faire ça avec qui ?

-Je sais pas.

Avec toi.

Quoi ?

-Tous ces plastiquages,

ces années de prison,

pour une société

de ramassage de poubelles.

-Avant, je mettais la cagoule

pour faire sauter les saloperies,

maintenant je les ramasse.

-C'est bien.

Si le maire te donne

la concession, c'est bien.

-Il me l'a donnée.

Le centre est fermé depuis

que Benedetti s'est fait tuer,

mais dès que ça réouvre,

on attaque.

Ils veulent

que je traite les déchets.

Ca, non, c'est la merde.

-Pourquoi ?

-C'est la merde.

Il y a trop de sous en jeu,

ça fait vriller les gens.

Moi, je ramasse, je benne

et c'est tout.

Où tu veux aller manger ?

-J'ai envie de me baigner.

-Maintenant ?

-Ouais, maintenant.

Musique douce

...

-Ca va ?

-Putain, ça fait du bien.

-Campana, Père et Fils.

Ce serait bien, non ?

Tu te choisis un bureau.

-Non.

-Avec un bon salaire.

-Tu veux m'enfermer

dans un bureau ?

On verra.

J'ai besoin d'air.

-J'ai fait le con,

et à un moment, je me suis arrêté.

-Papa, basta.

-Les premiers mois,

c'est les pires.

-Arrête avec ça.

-Tu sais comment ça se passe.

On revoit les amis,

on veut rattraper

le temps perdu,

on mange et boit,

la maison brûle,

puis ensuite, on glisse.

-Je vais pas glisser.

-Ton ami de La Plaine,

qui t'a jamais envoyé

un mandat en prison,

tu sais avec qui il est ?

-C'est pas mon ami.

-C'est sûr.

A mon époque, quand un type

tombait sans rien dire,

on lui payait un avocat,

on lui envoyait des mandats.

Lui, rien.

Tu sais avec qui il est,

maintenant ?

-Ouais. En prison, les gens n'ont

rien à faire, alors ils parlent.

-Va pas traîner

avec toute cette mafia.

T'as rien à gagner avec eux.

-Toi, tu parles de mafia ?

-Je parle de mafia,

parce que c'en est une.

A l'époque, il y avait des équipes.

Aujourd'hui des équipes

il n'y en a plus qu'une,

qui te dit

ce que tu dois faire.

C'est pas Cosa Nostra,

mais ça reste une mafia.

Tiens, un numéro

pour le contrôle judiciaire,

je t'ai pris ça.

Ca, c'est les clés

de l'appartement.

-Tu te rappelles d'Inès ?

Inès.

-Oui. Oui, Inès. Pourquoi ?

-Elle va être juge à Bastia.

Elle va travailler

dans le Pôle antimafia.

-C'est bien.

Qu'elle les foute tous dedans,

on aura la paix.

Musique douce

...

-Alexandra,

on vous demande au téléphone.

-J'arrive. Merci.

...

-Bonsoir.

Oui. Pour combien de personnes ?

-Oui, allô ?

...

-Alex.

...

-T'es sorti quand ?

-Ce matin.

Tu vois,

j'ai pas perdu de temps.

-Ca fait tellement longtemps.

-Merci pour les mandats.

-C'est entre toi et moi.

Personne ne doit jamais savoir.

-T'inquiète.

-A toi.

A ta nouvelle vie.

-Qu'elle soit meilleure.

Jean-Do, ça va ?

-Ca va,

pour le peu que je le voie.

On a une fille, Lisa-Maria.

Elle a 7 ans.

-On m'a dit, ouais.

Tu crois que je pourrais le voir ?

-C'est pas une bonne idée.

Le Jean-Do d'avant n'est plus

le Jean-Do d'aujourd'hui.

-Je ne connais pas le Jean-Do

d'aujourd'hui.

Jean-Do a quelque chose

qui m'appartient.

Tu peux lui dire

que je veux le voir ?

-Je préfère pas.

S'il apprend qu'on s'est revus,

il va pas aimer.

Il a un bar à Toga.

La Plaine orientale.

Mais je t'ai rien dit.

-Ton père et Jean-Do.

Si on m'avait dit ça.

-Mon père n'aime pas trop

qu'on parle de lui.

Et encore moins

qu'on parle de lui avec moi.

-T'inquiète pas.

J'ai jamais rien dit avant,

je vais pas commencer maintenant.

En tout cas,

t'es toujours aussi belle.

-Avec 10 ans de plus ?

Musique intrigante

...

-Il est là.

...

-Ils font quoi ?

-Il y a un problème ?

-Non, ça va.

-Tiens, jette un oeil sur ça.

-C'est quoi ?

-La mairie de Bastia

cherche quelqu'un

pour le traitement des déchets.

On a fait de la place,

on va y aller.

Je vais demander à nos amis

de Corisca Groupe

de se mettre sur le coup.

20 millions d'euros par an.

Laisse-le.

L'Arabe.

Perds pas ton temps avec lui.

Je connais ma fille par coeur.

Si tu le dégages,

elle va se dire

que tu lui fais pas confiance,

et elle va pas aimer.

Pour ça,

elle et moi, on est pareils.

-Tu me fais surveiller ?

-Je fais surveiller les miens.

Toi y compris.

-Il faut que j'y aille.

T'as besoin de moi ?

Allez, on y va.

Bip de démarrage

Vrombissement

Vous êtes où ?

J'arrive.

Musique intrigante

...

-Quelqu'un veut te voir.

T'inquiète, tout va bien.

Si on devait le faire,

ce serait déjà fait.

-Salut, Jean-Do.

Ca fait un bail.

-Tiens. Toi et moi maintenant,

on est quittes.

-J'ai fermé ma gueule,

il se passe quoi ?

-Il se passe rien.

Pourquoi ?

Je te dois quelque chose ?

-J'ai besoin de travailler.

Je sais la fermer

quand il faut la fermer.

-Je peux rien pour toi.

Ils veulent pas d'Arabes.

-Je suis pas un Arabe

comme les autres.

-Vois avec les gens

qui travaillent à Lupino,

ils vont te trouver un truc.

En plus, Lupino, tu connais.

-C'est pas à eux que je pensais.

-Reda.

Tu vois que les choses ont bougé.

Et elles ont bougé sans toi.

Il n'y a plus de place pour toi,

ici.

Et t'approche plus d'Alex.

Alex, maintenant, elle est avec moi.

Musique sombre

...

Musique rap

...

-Oh, viens là, toi.

Viens voir.

Tu te crois au camping ?

-Pourquoi ?

-T'arrives en retard, je t'éclate.

-C'est bon.

-Enlève tes lunettes,

ferme ta gueule

et va travailler, OK ?

Il se prend pour une star,

celui-là.

Hiacine. Cousin ou pas cousin,

je m'en bats les couilles.

En arabe

-Je cherche un petit gros

qui s'appelle Samir.

-Oh oh !

Oh, fradé !

Putain !

Ca fait plaisir.

-Moi aussi.

-T'es sorti quand ?

-Hier.

-T'es costaud.

-10 ans de pompes.

-Et Nordine ?

-Nordine, ça va.

-Vivement qu'il revienne,

c'est chaud.

Ca part en couilles.

C'est la merde.

Hiacine.

Je te présente Reda.

Reda. Hiacine.

-Labess.

-C'est avec lui

que j'ai commencé.

-Tu vas éclater.

-Je reviens.

Oh, oh, oh !

Tu fais quoi, là ?

T'es malade.

Tu fais quoi ?

-Reda, le Corse, c'est ça ?

-Ah bon,

c'est comme ça qu'on m'appelle ?

-C'est ce que j'ai entendu.

En arabe

Cigarette.

Tu parles pas arabe ?

-Non.

Pourquoi, c'est un problème ?

-Non.

Pourquoi ce serait un problème ?

...

-Hiacine.

Tiens-les, s'il te plaît,

j'en ai marre.

-Elle est où, Nacéra ?

-Bâtiment E.

-Comment ça se passe avec elle ?

-Elle fait ce qu'elle peut.

-Je vais la voir.

-A peine sorti, tu viens ici, toi.

C'est mon frère qui t'envoie ?

-Bien vu.

Comment tu vas ?

-Ben impec, et toi ?

-Tranquille.

Merci pour les mandats.

-De rien, c'est normal, frérot.

T'as parlé à mon frère,

et il m'a fait confiance.

Il veut quoi, le Nordine ?

-On peut parler au calme ?

-Vas-y, monte.

-C'est lui ?

-Ben oui, c'est lui.

Regarde-le, le con,

il arrive avec 2 heures de retard.

-Ton frère a dit de ne rien faire.

Tu dois avoir la preuve

qu'il vous double.

T'en parles à Jean-Do.

-Comment j'aurais la preuve ?

Je lui dis :

"Dumé, excuse-moi, apparemment

"le produit à livrer,

"tu le coupes et tu fais

ton biz avec ?" Jamais.

Pour l'avoir,

il faut toucher à ses clients.

Mais il le saura.

Et même si je l'ai,

c'est Jean-Do qui l'a foutu là.

Le mec, il est invirable.

Il mériterait une bonne branlée,

cette salope.

Il nous prend pour des cons.

-Nacéra, regarde-moi.

Nordine a dit

qu'il fallait rien faire.

-Tu sais ce qu'il disait ?

"Un mec corse et arabe,

c'est pas fiable.

"Un jour, il est avec les Corses,

un jour avec les Rebeus,

"mais il ne sera jamais

avec personne."

-Ca a toujours été mon problème.

Trop arabe pour les Corses

et trop corse pour les Arabes.

-Si tu dois choisir

entre les deux ?

T'as pas le choix.

-Je sais pas. Je me pose pas

la question comme ça.

-T'es musulman ?

-Non.

Non, j'aime pas les règles.

Tu fais toujours de la boxe ?

-Ouais. Passe un soir.

J'aimerais mettre

une branlée à un Corse.

Qu'est-ce qu'il fait, ce con ?

Putain !

Tu vas où ?

Il y a des clients.

-Je vais là. Ca te va ?

-Je vais le défoncer.

Je te jure,

je vais le défoncer.

-Pourquoi vous bossez

avec les mecs de La Plaine ?

Le shit vient du Maroc, et

des Rebeus travaillent pour vous.

-A Bastia, t'as déjà vu un business

où les Corses ne touchent à rien ?

Moi, jamais.

-C'est ça qu'il faut changer.

Ton frère et toi,

vous êtes nés ici.

Vos enfants, ils vont grandir ici.

Vous êtes chez vous ici, maintenant.

Mais avec les Corses,

vous n'avancerez pas.

-Heureusement que tu veux

pas choisir, toi.

Vibreur

...

-Oui, allô ?

Comment t'as eu ce numéro ?

-Par le contrôle judiciaire.

Faut que je te voie.

-Pourquoi ?

J'ai rien à te dire.

Vrombissement

Je t'écoute une fois. OK ?

Une fois !

Et après, je veux plus te voir.

Qu'est-ce que tu veux ?

-Mon service enquête

sur Carlotti et sur Guerrieri.

-Je ne sais pas qui c'est.

-Tu ne sais pas ?

C'est pas toi, là ?

Et ça, c'est pas lui ?

-D'où tu sors ça ?

-De ton dossier pénal.

Si on lit bien la procédure,

il était avec toi sur ce braquage.

Mais comme tu l'as pas balancé,

il s'en est sorti.

L'Arabe est allé en prison et

le Corse, lui, a fait des affaires.

-Ouais, et alors ?

-Et alors ?

Normalement, quand les copains

tombent, on les aide, non ?

Surtout quand ils balancent pas.

Mais lui, rien.

Il t'a laissé tout seul

dans ton trou.

-De quoi tu parles, là ?

-Il t'a pas envoyé de mandats.

-Qui t'a dit ça ?

Inès, qui t'a dit ça ?

-Tu croyais que tes parents

ne parlaient pas entre eux ?

Si tu m'aides, je peux t'aider.

-Si je t'aide à quoi ?

-A comprendre pourquoi

ceux qui t'ont laissé travaillent.

-Ah ouais ?

T'es folle, en fait.

T'es complètement frappée.

C'est pour ça que t'es là ?

"Il y a un poste

de juge à Bastia,

"mon frère a fait 10 ans,

il connaît des voyous."

C'est ça, ton petit plan

de merde, là ?

Vas-y, casse-toi.

Je veux plus te voir.

Au boulot, t'as parlé de moi ?

-Non.

-Bah, continue.

Parce qu'on a tout à perdre

tous les deux.

Tu sais pas dans quoi

tu mets les pieds.

-Je répare un truc.

-Il n'y a rien à réparer !

Parce que toi et moi,

ça n'existe pas.

Chanson orientale

...

Sous-titrage : VDM

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