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T'as pas signé en sachant que c'était une facture ?
C'est ça.
- Explique-moi. - Alors...
Tu vois, tu révises pas assez.
Bonjour.
Coucou !
- Un café froid. - Bien.
Désolée pour le retard.
- T'as l'air en forme. - Tu trouves ?
- Ăa se voit ? - Un peu.
Ăa va ?
T'as l'air déprimée.
T'as mĂȘme pas mangĂ©.
Prends-la.
Cool.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
En fait,
c'est que...
Chiaki
est morte.
Quelle Chiaki ?
Chiaki Sano.
Et voici votre café froid.
Berk, une paille en papier.
Chiaki Sano ?
Seconde 1.
J'Ă©tais dans la mĂȘme classe qu'elle.
La frisée ?
- Oui. - Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je sais pas. Elle a pas laissé de lettre.
- Elle s'est suicidée ? - Oui.
Avec une poignée de porte, chez ses parents.
Ăa marche vraiment ?
Quoi ?
On dit que c'est difficile de mourir comme ça.
Ah bon ?
Elle a utilisé le chargeur de son Mac.
Le cùble était assez long ?
J'en sais rien.
Chez ses parents ?
Oui.
Sa mÚre a aucune idée de pourquoi elle s'est suicidée.
Les parents captent que dalle.
Tu crois ?
Si tu veux vraiment mourir, tu fais en sorte qu'ils sachent rien.
T'as peut-ĂȘtre raison.
Et...
en fait,
le jour avant qu'elle meure,
elle m'a appelée en visio.
- Toi ? - Oui.
à l'improviste. J'étais choquée !
Je pense qu'on s'était pas parlé depuis le lycée.
Mais aprÚs tout ce temps, c'est comme si rien n'avait changé.
De nos jours, soit les gens bossent tout le temps,
soit ils kiffent la fondue sans culotte.
- Les deux extrĂȘmes. - SĂ©rieux ? Tu dĂ©connes !
C'est quoi, une fondue sans culotte ?
T'as réagi comme si tu savais.
Y a des restos oĂč les serveuses qui te servent ta fondue
portent pas de culotte et oĂč le sol est tapissĂ© de miroirs.
C'est quoi, l'intĂ©rĂȘt ?
J'en sais rien.
Quand on mange une fondue, on n'a pas le temps de mater.
- Y a trop de trucs à gérer. - Ouais.
Et lĂ , elle m'avoue qu'elle me traitait "d'insecte" dans mon dos.
J'étais morte de rire.
Bref, on a discuté,
mais sur la fin, on n'avait plus grand-chose Ă se dire.
J'ai proposé qu'on se revoie pour boire un coup et j'ai raccroché.
En y repensant,
j'aurais dĂ» lui proposer une date tout de suite,
genre : "On se voit demain." ou "Ă lundi prochain."
Elle a peut-ĂȘtre cru que t'Ă©tais juste polie.
Excuse-moi une seconde.
Salut.
J'ai pas envie de rentrer.
Ăa va ?
On va boire un coup ?
Je peux me joindre Ă vous ?
Moi aussi, je peux ?
Merci.
Allez.
Levez vos verres !
Santé !
Tchin-tchin ! Et on lĂšve son verre !
Cul sec, cul sec !
- Tu t'en vas ? - Déjà ?
Salut. Rentre bien.
Bonsoir, mademoiselle.
T'es super mignonne.
T'étais avec des escort-boys ? T'as les moyens ?
T'as une peau magnifique.
Tu travailles déjà dans un club ?
Je vois.
Je te file 10 000 yens contre ton numéro.
Fous-moi la paix, boloss.
ArrĂȘte de te la pĂ©ter, salope.
Tu crains, toi.
Sans les salopes, t'aurais pas de boulot.
T'es trop cheum.
- C'était qui ? - Je sais pas.
C'est quoi, ça ?
- Pour moi ? - Ăa te va bien.
La classe !
C'est ton style.
Mec.
- Tu devrais éviter cette meuf. - Pourquoi ?
Elle a la syphilis.
Je t'emmerde.
Viens.
Il est con, lui.
C'est un putain de loser, il me dégoûte.
Va te faire foutre !
T'as fini ?
Non.
Ma vessie était pleine.
Je m'en fous.
Il fait bon.
Tes parents sont réveillés ?
Je sais pas. Pourquoi ?
J'ai envie de voir tes photos.
Mes photos ?
De quand t'étais petit.
Je t'en montrerai plein la prochaine fois.
Je vais descendre ici.
Merci.
Ă plus.
Bonne nuit.
Rentre bien.
- Salut. - Salut !
- Et tes clés ? - Je les ai oubliées.
Bois ça.
Merci.
Prends ta pilule.
Comment va Ichika ?
Elle allait mieux aprĂšs quelques verres.
Tant mieux.
Tu peux te lever ?
T'es prĂȘte ? Allez, debout.
T'as ramené plein d'odeurs.
Va prendre un bain.
Non, j'ai pas le courage.
Attends.
Les mains en l'air.
Allez, voilĂ .
C'est bon.
Ăa va aller.
Ouvre la bouche.
C'est bon ?
Maintenant, je vais faire pénétrer le gel.
C'est un soin sans rinçage qui prévient la repousse des poils.
On va passer Ă la face avant, allongez-vous sur dos.
Je ne touche pas au maillot et je fais uniquement le SIF, c'est ça ?
Oui.
Pliez la jambe gauche.
Ăa va ĂȘtre froid.
Ăa va ĂȘtre froid.
Ăa va ĂȘtre froid.
Aujourd'hui, sans supplément,
je peux vous Ă©piler le dos des mains. Ăa vous intĂ©resse ?
Oui, volontiers.
J'ai aucun poil.
Dans ce cas, je vous ferai les doigts.
Vous allez pouvoir me suivre.
- Vous avez toutes 18 ans ? - Oui.
Vous ĂȘtes Ă©tudiantes ?
Oui, en 1re année. C'est moi qui ai proposé aux filles.
C'est super. Moi aussi, j'aurais voulu faire ça plus jeune.
Le plus tĂŽt, le mieux.
Je voulais le faire dÚs le lycée, mais mes parents étaient contre.
Je vois.
De nos jours, il y a mĂȘme des salons d'Ă©pilation pour enfants.
Les mentalités vont changer.
- Sérieux ? - Des épilations pour enfants ?
C'est une bonne idée.
Tu voudras quoi de Sapporo ?
Tu veux que je te rapporte quoi ?
Je m'en fous.
ArrĂȘte avec ton "je m'en fous".
Désolée.
- Je te dirai. - OK.
Bois de l'eau.
Tu vas aller dans des bars Ă hĂŽtesses Ă Susukino ?
Non.
Ton patron va t'obliger.
Je refuserai.
Tu peux mélanger ça ?
Tu mets pas d'Ćuf ?
AprĂšs.
Vous allez tous vous mettre en ligne et sucer des nichons.
Non.
Mais t'es agent immobilier.
Et alors ? Ăa, c'est des prĂ©jugĂ©s sur les agents immobiliers.
On va faire un jeu de rĂŽles.
Je fais ton patron.
D'accord.
"Honda, comment ça se passe avec ta copine ?"
"TrĂšs bien.
"Je l'aime."
"C'est super.
"Mais...
"n'est-ce pas dans la nature de l'homme de vouloir goûter d'autres parfums ?"
Dégueu ! T'es qui, sérieux ?
"T'as pas le choix, c'est un ordre."
"Si tu viens pas, t'es viré."
"Virez-moi, alors."
Laisse ça. Il manque encore les oignons.
Ah oui.
C'est Ichika.
AllĂŽ ?
Non, pas de souci.
Tout va bien ?
Elle pleurait.
Pourquoi ?
Je crois qu'elle veut me voir.
Je comprends.
Vas-y, alors.
Mais...
T'inquiĂšte, je les congĂšlerai.
- T'es sûr ? - Oui.
Reste avec elle.
D'accord, merci.
De rien.
Je sais jamais quoi manger.
Je vois trĂšs bien.
Mais on va pas en mourir, on finit toujours par manger un truc.
J'aime pas le Poo Phad Pong Curry.
Pourquoi ?
Le crabe a l'air dégueu.
Mais le nom est mignon : Poo Phad Pong Curry.
Poo Phad Pong Curry.
Et voici.
- Quoi ? - Attends.
J'ai envie de faire pipi !
Attends. Moi aussi !
- Moi d'abord. - S'il te plaĂźt.
- Non ! - J'en peux plus.
SĂ©rieux, arrĂȘte !
- Ăcarte les jambes. - Non !
J'y crois pas !
Tu m'as coupé l'envie.
Ăa y est, ça vient.
Quoi ?
Tu me trouves jolie ?
Oui.
L'autre jour,
je t'ai dit que les choses étaient bien comme ça.
Pour toi ?
Pour moi.
Que tu pouvais prendre ton temps.
Oui.
En fait,
ça me coûte de le dire, mais...
j'aimerais que tu le quittes.
Tout de suite.
Tout de suite ?
D'accord.
Merci.
La prochaine fois,
je veux qu'on se revoie quand ce sera fait.
Il y a Ă manger dans la cuisine.
N'oublie pas de boire de l'eau.
J'y vais.
Bonjour.
Je suis Miyama, je viens assister ma collĂšgue.
Je vais m'occuper des poils qui n'ont pas été rasés.
à ton avis, pourquoi cette vieille se fait épiler le maillot ?
J'ai pas d'avis.
Tu te ferais épiler si t'allais en EHPAD ?
Non, je crois pas.
Une fois qu'on est sénile, on s'en fout.
C'est plus simple pour ceux qui nettoient ton caca.
Quelle prévenance !
Mais les poils repoussent quand mĂȘme.
Et vous, Mme Yoshida ?
C'est hors de question.
J'arrive !
Service de livraison.
Vous ĂȘtes bien Mlle Kana Miyama ?
Signez ici.
Je vous remercie.
Kana ? Qu'est-ce que tu fais ?
J'ai un chewing-gum collé.
Laisse-moi faire.
Merci.
Ichika est oĂč ?
Je sais pas.
Viens au club, je te ferai un prix d'ami.
- OK. - Cool.
Désolé, on me demande à une autre table.
J'adore mélanger le sucré et le salé !
Qu'est-ce que t'as ?
J'y suis allé.
Je suis désolé.
Au bar Ă hĂŽtesses.
Pardon.
Pardonne-moi.
J'ai tenté de refuser, mais...
Ton patron a insisté ?
Oui.
C'est bon, relĂšve-toi.
Apporte-moi le cendrier.
Je suis désolé.
Vraiment désolé.
Je suis sincÚrement navré.
On m'a forcé à y aller.
Mais...
j'ai pas pu bander.
Absolument pas.
La fille en revenait pas.
Ăa m'a soĂ»lĂ©.
C'est bon.
Je m'en fous.
Dire que t'étais soûlé, c'est irrespectueux.
C'est vrai.
T'as raison.
Pardon.
J'aurais pas dû dire ça.
HĂ© !
Attends, ça glisse avec la sueur.
C'est bloqué.
Une noix de cajou ?
Non.
Ah bon ?
T'as changé d'avis ?
Non, je vais le faire.
DESERT OF NAMIBIA
Et tout ce qui est par lĂ ?
Je sais pas.
Attention Ă la marche.
- Je vais le poser. - OK.
Tu sais...
Nous deux,
je pense
qu'on peut se porter mutuellement vers le haut.
Tu fais quoi ?
T'inquiĂšte.
Fais moins de bruit.
C'est juste que...
il y a une bestiole.
Une termite ?
Non, je pense pas.
Laisse tomber, alors.
- Tu t'en fous ? - Oui.
Je voulais pas que tu flippes Ă cause d'une bestiole.
Ăa augure rien de bon.
Je file. Habille-toi. Nos affaires vont sûrement arriver.
Je serai là en début d'aprÚm.
On ira faire des courses.
Ă plus tard.
Salut.
Tu fais la gueule ?
Non.
T'es sûre ?
Je peux compter tes os ?
Les vertĂšbres de ta colonne.
Une,
deux,
trois,
quatre,
cinq,
six,
sept,
huit.
Ăa chatouille.
Dix.
Treize, quatorze, quinze...
T'en as plein !
Combien en tout ?
Je sais plus.
Je t'adore.
T'es prĂȘte ?
- T'es prĂȘte ? - Pas encore.
J'ai pas prévu de cadeau.
C'est pas grave.
Ăa craint, j'ai rien achetĂ©.
C'est pas la peine.
J'ai pas envie qu'ils pensent que je suis mal élevée.
Comment tu me trouves ?
Super. J'adore. Allons-y.
Je suis pas encore prĂȘte.
- Je peux ? - Bien sûr.
Le maquillage, ça change tout. Tu es magnifique.
Merci.
Et tu as le visage trĂšs fin.
LĂšve-toi, pour voir.
D'accord.
Regarde-moi ça !
Tu as une silhouette de dingue, la classe !
HĂ©... Arisa !
Viens une seconde.
- Quoi ? - Mets-toi à cÎté d'elle.
Je pense qu'elle est plus grande que toi.
Dos Ă dos.
C'est ça.
Tu vois ? Tu fais au moins 1,70 m.
Quand mĂȘme pas.
Tu dois manger des bonnes choses.
La grande classe.
Hiro !
Elle dit ça tout le temps mais je suis pas si grande.
Ah bon ?
En plus, la grossesse m'avachit.
T'es enceinte de combien ?
Huit mois.
C'est pour bientĂŽt.
Vilain garçon !
Coucou !
C'est ta copine ?
Ăa fait longtemps.
Oui. C'est Kana.
Bonjour.
Kana ? Comme moi. MĂȘme si en vrai, c'est Kanako.
Kana !
- Salut, t'es arrivée quand ? - à l'instant.
- Ah oui ? Et ça va ? - Oui, trÚs bien.
- Ăa fait longtemps ! - Oui.
- T'as mangé ? - Pas encore.
- T'as faim ? - Un peu.
Il y a de quoi manger, si tu veux.
Ăa te dit ?
- Vous avez été présentées ? - Oui.
Kana.
Kana.
- Diminutif de Kanako. - J'avais compris.
Ta cendre va tomber.
Pardon.
- Il s'est endormi ? - Oui.
- Non, ne l'écrase pas. - Merci.
Désolée qu'on n'ait pas pu discuter tout à l'heure.
Non, c'est moi.
Non, tu n'y es pour rien.
Je ne tiens pas en place. Je bouge sans arrĂȘt.
J'aime bien ton piercing au nez.
Désolée, je voulais l'enlever, mais ça n'a pas assez cicatrisé.
Pas la peine que tu l'enlĂšves.
Ăa te va trĂšs bien.
Désolée.
ArrĂȘte de t'excuser.
Les New-Yorkais nous disaient que les Japonais s'excusaient trop.
Oui.
Et quand on me reprochait de m'excuser, je m'excusais Ă nouveau.
Tu t'excuses tout le temps.
Et les Chinois ?
Je sais pas...
Ta mĂšre a grandi au Japon ?
Elle est venue ici pour faire ses études.
Ah bon ?
Elle doit ĂȘtre brillante.
Elle parle bien japonais ?
Oui. Ma grand-mĂšre est japonaise.
Ah oui.
T'as de la chance !
Quand je pense que j'ai accouché à New York...
Mais on a dĂ» rentrer au Japon pour mon travail.
Pas vrai ?
On est quand mĂȘme restĂ©s un an.
Oui.
On a insisté pour l'inscrire en inter,
mais il a refusé en bloc.
Aujourd'hui, il doit le regretter.
"En inter" ?
Section internationale.
Ah, section internationale...
HĂ©.
HĂ© !
Quoi ?
On mange ?
Ah oui, déjà . Tu peux attendre encore un peu ?
Un peu, c'est combien ?
30 minutes.
T'as déjà dit ça tout à l'heure.
J'ai presque fini.
Et j'ai pas envie que tu manges avant moi.
J'en ai plus pour longtemps, occupe-toi toute seule.
M'occuper comment ?
Regarde un film ?
Un film ?
T'as pas envie ?
à quoi ça sert de regarder un film ?
Qu'est-ce que t'as ?
Excuse-moi.
J'ai faim.
T'as faim ?
C'est pas ce que dit ton ventre.
T'es nul.
ArrĂȘte.
Quoi ?
Pour qui tu te prends ?
Hein ?
Ramasse.
Pardon.
Tu me fais peur.
Pardon.
T'as pété un cùble.
Désolé, je te dis !
T'es malade.
La ferme.
Pardon ?
Désolé, mais pour le moment, tais-toi. Tais-toi vraiment.
J'ai rien dit !
Je vais prendre l'air.
- Tu te casses ? - Oui.
Explique-moi.
Pas maintenant. J'ai besoin de réfléchir.
- Ă quoi ? - Je sais pas.
Alors je pars.
Non, j'ai envie de marcher.
Non ! C'est moi qui pars !
Et voici.
Kana.
Désolé. J'étais un peu sous pression.
J'étais super heureux qu'on s'installe ensemble.
Mais...
on doit rester deux entités distinctes.
AprĂšs qu'on s'est mis en couple,
j'ai eu peur qu'on se fonde l'un dans l'autre.
Inconsciemment, je luttais contre ça.
Mais...
j'aurais dĂ» te dire ce que je ressentais.
J'Ă©tais tout seul dans ma tĂȘte.
Je suis désolé.
Me quitte pas.
Tu veux de l'eau ?
Une cigarette ?
Allez !
On va faire un tour ?
Franchement...
Un endroit pareil...
Un endroit pareil ?
J'aimerais pas y bosser.
T'aimerais pas y bosser.
Hé, t'as parlé !
Je suis guérie.
T'es guérie.
Ma jambe...
- Quoi ? - Ma jambe.
C'est bon.
Merci.
Hayashi.
Ăa alors, Mieno !
Tu fais quoi ?
Je me balade avec ma meuf.
Devant le siĂšge du gouvernement ? Sympa.
Tu travailles ici ?
Non, j'avais rendez-vous avec le gouverneur.
Sans déconner !
C'est un bureaucrate. Un snob.
ArrĂȘte un peu.
C'est des préjugés, on fait juste notre boulot.
Je te présente Mieno, un ami du lycée et de la fac.
Il a truqué son CV pour entrer au ministÚre des Finances.
Son collĂšgue s'est fait choper avec de la drogue.
ArrĂȘte d'alimenter les clichĂ©s.
MĂȘme si c'est vrai.
C'est Kana, ma copine.
D'accord. Bonjour.
T'as quitté ton boulot ?
Tu fais quoi ?
Des trucs.
Iguchi aimerait bien te voir.
Il faut que j'y aille. On s'appelle ?
- Ouais. - Ă plus.
Salut.
T'as plus besoin de ça.
Donne-moi mes clopes.
Elles sont juste lĂ .
Prends-les toi-mĂȘme.
J'ai encore mal.
OĂč ça ?
Bonjour.
Ăa va ? T'es dĂ©jĂ prĂȘte Ă reprendre ?
Oui, ça va.
Heureusement que c'était pas trop grave.
Désolée.
Elle, c'est Seo, la nouvelle.
Elle va faire équipe avec toi.
Enchantée.
Pareil.
Vérifie qu'on a assez de fournitures.
Genre, les cotons.
Assure-toi qu'on en a assez.
La lotion diminue trĂšs vite, aussi.
OK.
Sinon...
- T'as quel Ăąge, Kana ? - 21.
Deux ans de plus que moi.
T'as des questions ?
Y a un coin fumeur ?
Non.
T'es sérieuse ?
Ăa va pas le faire.
Désolé, je sais que ça te soûle de me voir ici.
Désolé, vraiment.
Ă propos de quoi ?
Je pensais que tu reviendrais, mais t'es pas revenue.
T'as disparu sans prévenir.
Tu vis oĂč, lĂ ? Chez tes parents ?
Tu manges bien ?
Je suis vraiment désolé.
T'es fùchée
Ă cause du bar Ă hĂŽtesses.
Pardon de t'avoir blessée.
Ăa m'a pas blessĂ©e. Je m'en fous.
Tu mens.
Je te connais bien, Kana.
T'es blessée.
T'as toujours refoulé toutes tes blessures au fond de toi.
T'es qui, mon psy ?
Ă force, j'ai appris Ă te comprendre.
Si tu le dis.
Tant mieux pour toi.
Kana.
Je me suis fait avorter.
Donc oui, mon corps a souffert.
Quand ?
Pendant mon déplacement ?
Pourquoi tu pleures ?
Je savais pas.
T'as pas pu me le dire, hein ?
Je t'ai fait endurer ça toute seule.
Pardon.
Pardon.
Pardon.
Pardon.
Je pourrai jamais réparer mes erreurs.
Ce qui est fait est fait.
Je vais te rembourser les frais.
Mais est-ce que je peux t'aider autrement ?
Non.
On va oĂč ?
- Ă la maison. - Non.
- Je te dépose. - Oublie.
- Si, je te dĂ©pose. - OĂč ça ?
J'en sais rien !
Me crie pas dessus !
Pardon.
Je suis désolé...
T'es trop chelou.
Salut.
T'écris quoi ?
Un scénario.
- Ăa parle de quoi ? - Hein ?
Je bosse encore dessus.
T'as dû bien avancer pendant que j'étais pas là .
Tu me demandes pas oĂč j'Ă©tais ?
T'Ă©tais oĂč ?
Tu veux savoir ?
Non.
"Ce jour-là , je me suis juré d'élever cette enfant."
"Ce n'est pas une question d'argent ou de sang. Restez en dehors de ça."
"Alors je vous en supplie, ne me privez pas de Momo."
"Momo a besoin de moi, et moi d'elle."
- C'est quoi, l'histoire ? - Donne.
Ăa parle de quoi ?
Un mec sans emploi qui élÚve un bébé abandonné.
C'est pour expier tes fautes ?
Pour te racheter ?
De quoi tu parles ?
Ramasse.
Dis quelque chose.
HĂ©, dis quelque chose.
Genre ?
Tu veux que je dise quoi ?
C'est quoi, ça ?
Tu sais trĂšs bien ce que c'est.
D'oĂč tu sors ça ? Je l'avais oubliĂ©e.
Quoi ?
C'est flippant. T'avais oublié ?
Non, mais...
T'avais pas oublié ?
C'est quoi, alors ?
ArrĂȘte...
Tu veux quoi ?
Que tu me dises ce que c'est.
C'était ton gosse, non ?
Il est né ?
Non.
Non ?
Tu l'as fait avorter, alors ?
Non, pas vraiment.
Quoi ?
Je l'ai pas forcée.
On l'a décidé ensemble.
Qui ça ?
Elle et moi.
C'était qui, elle ?
Personne.
T'as eu un bébé avec personne ?
Personne que tu connais !
Elle s'appelle comment ?
Appelle-la.
ArrĂȘte.
T'es taré d'avoir oublié !
- Appelle-la et excuse-toi. - Pourquoi ?
Excuse-toi d'avoir oublié.
Excuse-toi de l'avoir traumatisée
et de profiter de ta vie comme si de rien n'était.
Tu vas arrĂȘter, oui ?
C'est pas tes affaires. Rends-moi ça.
Allez.
Je te le rendrai pas.
C'est pas mes affaires ?
- C'est pas mes affaires, c'est ça ? - ArrĂȘte.
Comment tu peux dire ça ?
T'es un grand malade, toi ! Comment tu peux me dire ça ?
T'en as rien Ă foutre de ce que je ressens ?
ArrĂȘte ou je te tue.
T'es déjà un meurtrier, on devrait te pendre !
Putain, j'en peux plus.
J'en peux plus.
Reviens ici ! T'enfuis pas !
Je m'enfuis pas !
Désolé,
j'ai besoin d'ĂȘtre tout seul.
Bonjour.
Bonjour.
Trop cool, ton piercing au nez.
C'était ton mec ?
Le grand aux cheveux longs.
Non.
Ăa avait l'air tendu entre vous.
- T'étais là ? - Je t'ai juste vue t'enfuir.
Les mecs doivent te courir aprĂšs.
T'as pas une tĂȘte de chasseuse.
J'en sais rien.
T'es refaite ?
Non.
Ah bon ?
Ouais, je vois.
T'es ce qu'on appelle "une beauté naturelle".
T'es refaite, toi ?
Non.
Mais y a plein de gens qui font de la chirurgie.
Takeuchi, par exemple.
Lifting du menton.
Ă plus.
C'est pas par lĂ .
Salut.
Je me suis fait virer.
Pourquoi ?
J'étais dans un état second.
J'aurais dit un truc pas cool Ă une cliente.
Genre ?
"C'est pas en venant ici que vous aurez une épilation définitive.
"Pour ça, vous auriez dû choisir l'épilation médicale et pas esthétique."
MĂȘme si ça repousse aussi.
"Vous auriez pu trouver l'info facilement sur internet.
"Vous souffrez d'illectronisme ?"
Y a tellement de gens qui savent plus rĂ©flĂ©chir par eux-mĂȘmes.
La pauvreté et la baisse de natalité vont mener le Japon à sa perte.
Donc désormais, mon objectif est de survivre.
Tu penses que je suis folle ?
Non.
T'es sûr ?
Ăa m'Ă©tonne pas.
De nous deux, c'est toi le plus fou.
T'es taré.
Tu ramasses pas ?
Non.
Ăa te va si je travaille pas ?
Oui.
Tu travailleras pour deux, alors ?
J'ai pris ma décision.
Je ferai plus rien.
C'est toi qui feras tout.
Tu sais pourquoi ?
Non.
Tu te fous de moi ?
Parce que je t'ai traumatisée ?
Et ?
Comment tu peux te considérer comme un créateur ?
Si le monde était rempli de choses
créées par des mecs comme toi,
ce serait toxique.
Tu envenimes la société.
Pourquoi tu fais pas plutĂŽt un truc qui aide vraiment les gens ?
Comme quoi ?
Démerde-toi tout seul.
C'est toi le créateur, non ?
Quoi ?
Désolé.
En fait, je comprends pas.
Je t'ai fait tant de mal que ça ?
à part m'excuser pour celui que j'ai été, je peux faire quoi ?
ArrĂȘte de faire ça. Ăa sert Ă rien.
C'est pas toi qui décides de ce que je peux faire ou pas !
C'est moi qui décide !
C'est moi qui décide !
Oui.
- D'accord ? - D'accord.
D'accord ? T'as compris ?
J'ai compris.
Je suis maniaco-dépressive ?
Je ne peux pas encore me prononcer.
C'est peut-ĂȘtre un trouble bipolaire,
ou un trouble de la personnalité borderline.
Lequel, alors ?
Il existe tellement de troubles que le diagnostic n'est pas évident.
Peu importe ce que c'est,
le mieux est de vous débarrasser de ce qui vous ennuie au quotidien.
Si vous avez quitté votre boulot, pas besoin de certificat médical.
Poser un diagnostic ne vous servirait Ă rien.
Si, c'est important.
Pourquoi ?
Je veux comprendre qui je suis.
Ce n'est pas aussi simple que ça.
Vous avez besoin d'un suivi régulier et sur le long terme,
doublé d'une thérapie pour traiter vos problÚmes avec vos parents.
Une thérapie ?
Pour cette premiÚre consultation, on a passé votre cas en revue.
Mais pour qu'on puisse suivre votre évolution,
il faudrait que vous nous teniez réguliÚrement informés.
Je crains juste que nos honoraires soient trop élevés pour vous.
8 000 yens les 45 minutes, une fois par semaine.
Vous pouvez payer ?
Je vais vous recommander auprĂšs d'un cabinet plus abordable.
Oui, d'accord.
Ce sera tout pour aujourd'hui.
D'accord, merci.
à vous écouter,
c'est comme si vous aviez en permanence
une idĂ©e de ce que vous devriez ĂȘtre
ou de la façon dont vous devriez vous comporter.
Je crois que vous avez pris l'habitude
de réprimer vos véritables émotions.
Qu'en pensez-vous ?
Par exemple,
vous avez dit tout Ă l'heure
que vous estimiez que votre pÚre avait été un mauvais pÚre
et qu'il avait fait des choses impardonnables.
Mais dans la mesure oĂč c'est votre pĂšre,
vous pensez devoir le respecter en tant qu'ĂȘtre humain,
et le pardonner quoi qu'il ait fait.
Oui.
Je dois le respecter et lui pardonner.
Mais nous sommes libres de penser ce que nous voulons,
tant que cela reste dans notre cĆur.
Libre dans notre cĆur ?
Oui.
Personne ne peut contrÎler vos pensées.
Si vous ĂȘtes seule,
dites ce que vous voulez,
ou jetez-le sur le papier.
Je pense que vous avez besoin, Mlle Miyama,
de vous autoriser Ă penser en accord avec vos ressentis.
Sans quoi, vous finirez par en souffrir.
Mais alors...
ça veut dire qu'un pédophile
a le droit de vouloir abuser d'une petite fille ?
Si ça reste une idĂ©e dans sa tĂȘte,
c'est autorisé ?
Est-ce que vous, vous ĂȘtes une pĂ©dophile ?
Bien sûr que non.
C'était juste un exemple.
Pourquoi avez-vous choisi cet exemple de la pédophilie ?
Parce que...
Vous ne trouvez pas ça angoissant
d'imaginer que le monde est rempli de gens
qui agissent différemment de ce qu'ils pensent ?
Et vous, pourquoi trouvez-vous ça angoissant ?
Pourquoi ?
Hé, fais pas ça.
Pourquoi il est fùché ?
Comment il s'appelle ?
Je donne pas de noms aux peluches.
Je vois.
"J'ai faim."
T'as faim ?
"Je veux une carotte."
Une pastĂšque, non ?
- Une pastÚque ? - Les hippos adorent ça.
- D'oĂč tu sors ça ? - Je sais pas.
Bonjour.
Bonjour.
Quoi ?
Je parie qu'elle est au courant pour nous deux.
Comment ça ?
J'en peux plus. C'est trop pour moi.
OĂč tu vas ?
LĂąche-moi !
C'est ça, va voir maman, sale petit bourge !
Fous-moi la paix.
J'en ai marre.
DĂ©solĂ©e d'ĂȘtre venue sans rendez-vous.
Habituellement, on ne reçoit personne sans réservation,
mais vous tombez bien, j'étais justement disponible.
Comment ça s'est passé, cette semaine ?
En fait...
je me sentais un peu perdue.
à quel moment avez-vous ressenti ça ?
Vous travaillez 5 jours par semaine ?
Pardon ?
Vous ĂȘtes libre les week-ends ?
On pourrait aller manger ensemble ?
Je suis désolée.
Je ne peux pas m'impliquer personnellement avec mes patients.
Je comprends.
Désolée.
T'es lĂ ?
Ăa n'a pas l'air facile.
C'est vrai.
Mais ça va aller.
"Je ne dis pas que dans un an, j'aurai oublié,
"mais dans trois ans, je m'en souviendrai Ă peine,
"et dans cent ans, on sera tous morts.
"De toute façon, je n'aurai pas d'enfants."
Mais ça,
t'as pas envie de l'entendre de la bouche d'une autre.
Je sais. Tu fais comme si ça te soûlait que je te comprenne,
mais au fond, ça te fait plaisir, non ?
Pourquoi t'étudies pas l'anglais ?
Ăa changerait quelque chose ?
Ăa dĂ©pend de toi.
Tout dépend de toi.
Il y a un insecte qui s'appelle la fourmi-panda.
Comme c'est noir et blanc comme un panda
et petit comme une fourmi,
les humains l'ont baptisé comme ça.
Alors qu'en fait, c'est une sorte de guĂȘpe.
Il y a aussi le hachikuma, ou "abeille-ours",
qui n'est ni une abeille ni un ours.
C'est un oiseau.
Comme le umineko, le "chat des mers".
Si le umineko était un chat,
peut-ĂȘtre que j'aimerais davantage la mer.
On va camper
On va camper et s'amuser
On va camper
On va camper et s'amuser
Je découvre les montagnes, je découvre les riviÚres
Pour la premiĂšre fois, je me baigne dans la mer
Je me fais de nouveaux amis qui seront lĂ demain aussi
On est amis pour la vie
On va camper
On va camper et s'amuser
On va camper
On va camper et s'amuser
Je découvre les oiseaux, je découvre les insectes
Pour la premiĂšre fois, je joue dans la forĂȘt
Je me fais de nouveaux amis qui seront lĂ demain aussi
On est amis pour la vie
On va camper
On va camper et s'amuser
On va camper
On va camper et s'amuser
T'as faim ?
J'ai trouvé ça.
Ni-hao.
Ni-hao.
Ting bu dong.
Ting bu dong.
Maman...
OĂč est maman ?
Dis bonjour Ă tout le monde.
C'est fait.
Ni-hao.
Ton chinois est meilleur que ça.
Ils ont raccroché.
Ăa veut dire quoi, "ting bu dong" ?
"Je ne comprends pas."
"Je ne comprends pas."
Ăcrit et rĂ©alisĂ© par YĂŽko Yamanaka
Adaptation : Léa Le Dimna
Sous-titrage TITRAFILM
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