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Original subtitles

Je vous ai vu marcher. Je peux vous déposer quelque part ?

Non merci. Je me promĂšne.

C'est l'Afrique ici. Il fait trop chaud pour se balader.

Montez. Je vous emmĂšne.

Montez.

Bonjour.

C'est mon fils.

OĂč est-ce que vous allez ?

A Limbé.

Vous ĂȘtes touriste ?

Si vous voulez.

Je vous laisse oĂč ?

Au départ des bus, s'il vous plaßt.

Vous ĂȘtes fauchĂ©e ?

Non, mais j'avais pas envie de prendre un taxi.

C'est plus typique, c'est ça ?

Vous ĂȘtes de LimbĂ© ?

Non.

Merci.

Vous allez Ă  Douala ?

Il n'y a pas de départ avant une heure.

C'est trop con ça, montez !

Moi aussi, je vais Ă  Douala.

Comment tu t'appelles ?

France.

France ?

Vive la France !

France !

L'année prochaine, je fais élargir la route.

France, ne t'éloignes pas trop.

Voici mon énigme.

Oui.

Au bord du chemin, un fil noir.

Une fourmi gaillarde.

Le pire c'est qu'il y a belle lurette que j'ai plus de freins !

Tu vas nous tuer !

Mais non, c'est une question de pure sécurité, chérie.

Si je ralentis, c'est l'accident à coup sûr.

Regarde, je mets le pied dessus--

Marc, attention !

Mais oui, mais c'est ça !

Merci.

On va y aller.

N'oubliez pas votre café, Monsieur.

Votre café, je veux dire.

Non merci. Il est trop tard, Enoch.

Tout est prĂȘt, Gouverneur.

Bien.

Ma petite fourmi.

A dans 10 jours.

N'oublie pas d'écrire à ta grand-mÚre.

- Oui. - Oui ?

- Oui ? - Oui.

Marc, est-ce que commande ces livres Ă  Paris ?

Tu fixes la selle de l'Ăąne.

C'est déjà fait.

La derniÚre fois, on a perdu la moitié des rations de café.

Qu'est-ce que tu disais ?

Rien.

Tu ne m'embrasses pas ?

Vous vous débrouillez trÚs bien sans moi, Mme Commandant.

N'oublie pas d'aller faire un tour chez les Norvégiens.

Mme la Commandant.

Merci, Protée.

Je te les confie.

Veille sur elles.

Tu peux servir le café, maintenant.

AprĂšs, c'est l'heure de la sieste.

Merci.

Tu n'es pas couchée ?

Tu vas voir. Tu vas devenir toute noire...

et ton pĂšre, il va crier.

"Ru... dolf...

Dieneck."

"Kur Wess."

Kurt Weiss.

Weiss.

En France aussi, ils ont perdu la guerre, les Allemands ?

Oui, partout.

Tu crois qu'on va ĂȘtre enterrĂ© lĂ  ?

Vous voulez une citronnelle, Madame ?

Non, merci, Protée.

Je vais me coucher, tu peux éteindre.

Bonsoir.

Bonne nuit, Madame.

Ecoute, Dieudonné.

"Si le roi m'avait donné--"

Attends.

"Si le roi m'avait--"

"Si le roi m'avait donné...

"Paris, sa grande ville

"Mais qu'il me fallut quitter l'amour de ma mie

"Je dirais au roi Henri

"Reprenez votre Paris

"J'aime mieux ma mie au gué, J'aime mieux ma mie."

C'est quoi, "Ma mie"?

Ma mie.

C'est ma mie.

"...et l'argent pour tante Minni."

"Je n'oublie pas de vous envoyer prochainement 3.000 francs...

"pour le mariage de Citabella.

"J'attends une lettre de vous,

"mais comme on dit, pas de nouvelles, bonnes nouvelles.

"Chers parents, je vous laisse ici...

en vous souhaitant longue vie et bonne santé.

"Que Dieu vous garde. A nous revoir, votre dévoué fils."

Protée, viens vite ! Il faut rentrer !

"Protée, il faut rentrer !

"Protée, il faut rentrer !

"Protée, il faut rentrer..."

Viens, Madame Commandant.

"Protée, il faut rentrer !

"Protée, il faut rentrer..."

C'est quoi la lettre ?

C'est pour ma fiancée.

C'est chaud.

Tu as mis du piment ?

Mange.

Viens vite.

C'est la hyĂšne ?

Oui, je crois.

Ne bouge pas.

N'aie pas peur.

Protée ! Protée !

Reste lĂ . Je reviens.

Merde !

Protée !

Protée !

Je suis lĂ , Madame.

Qu'est-ce que tu fiches ? Ça fait une heure que je t'appelle.

T'as pas entendu la hyĂšne ? Viens.

Mais viens ! Entre !

Il doit ĂȘtre ici, pourtant.

Je suis sûre que Marc l'arrange là.

Prends.

Vous ne me donnez pas les balles, Madame ?

OĂč vas-tu ?

Faire le tour de la maison.

Mais non !

Non. Reste avec moi.

Installe-toi ici.

La sale bĂȘte peut rentrer comme elle veut.

Dors maintenant.

Bonne nuit, Madame.

Merci, Protée.

Qu'est-ce qu'il dit ?

Il dit que, depuis deux mois...

il y a beaucoup de lions qui attaquent les troupeaux.

Dis-lui que je vais organiser des battues.

Il dit que les battues des blancs sont mauvaises.

L'homme doit chasser le lion au couteau...

et aux flĂšches.

Merci pour ĂȘtre venue.

AprĂšs la panthĂšre, les hyĂšnes.

Vous avez vraiment le chic pour les ennuis, Nansen.

On dirait qu'ils ont un faible pour vous.

C'est Dieu qui mÚne tout ça, n'est-ce pas ?

Moi, je vous ai amené des provisions.

Merci beaucoup.

Venez prendre une tasse de thé.

Bonjour, Martha. Vous allez bien ?

Ja.

Vraiment, Nansen.

Je ne sais pas ce qui vous retient ici.

Regardez votre femme, elle est au bout du rouleau.

Il faut partir !

Mais je dois évangéliser les gens ici.

Moi, soldat de Dieu.

Tout va bien ! Mais tout va bien !

Vous ĂȘtes complĂštement zinzin, Nansen.

France ! Protée ! Nous partons.

Enoch, fini.

Les pudding yorkshire, la crÚme renversée...

la viande bouillie. Stop. Basta. Assez.

Compris ?

Explique-lui, Protée.

Madame a dit, plus de pudding yorkshire et porridge...

pour cette maison.

Assez ! Compris ?

Et ce livre...

il doit y avoir des centaines de recettes, lĂ -dedans.

Je veux de la cuisine française variée.

Des pĂątes, des salades. Tu comprends ?

Madame a dit que tu devrais essayer la cuisine française...

que dans ton livre, tu as toutes sortes de recettes.

Madame, Enoch ne sait pas lire.

Tu plaisantes. Il a toujours le nez dans son bouquin.

Madame a dit que tu as toujours le nez dans ton livre.

Inspiration !

Je fais appel au grand esprit de la cuisine...

pour m'aider Ă  cuisiner un bon dĂźner.

Il va me rendre folle.

Madame a dit, que tu la rends dingue.

Madame, attendez.

Tous les jours, vous me grondez dans cette maison...

et moi, bon cuisinier.

Vous criez aprĂšs moi comme ma femme.

Cette fois-ci, c'en est trop.

Moi ne travaille plus pour cette maison.

Moi partir.

Qu'est-ce qui lui prend ?

Il dit qu'il ne veut plus faire la cuisine.

Vous dites qu'il est un mauvais chef...

et que vous lui criez aprĂšs comme sa premiĂšre femme.

Toi aussi, tu t'y mets... DĂšs que Monsieur n'est pas lĂ ...

vous en profitez tous !

J'en ferai un rapport Ă  Monsieur Dalens...

dĂšs son retour ! Compris ?

Marre ! J'en ai marre !

Tu m'arraches tout ça, Robespierre.

Pas les tomates, Madame ?

Pas les tomates. Les mauvaises herbes.

Maman !

On a de la visite.

Madame Commandant !

Madame Commandant, il y a des gens qui arrivent... beaucoup.

Beaucoup. Venez !

Ils sont lĂ -bas ! Ils sont lĂ -bas ! Venez !

Beaucoup !

Jonathan Boothby.

Enoch !

Madame ?

C'est le soir ou jamais. TrĂšs Anglais.

TrĂšs, trĂšs Anglais.

Je fais de la cuisine anglaise ?

Oui.

Comme du yorkshire pudding ?

Parfait, ou... Bien. Attends.

Mais Madame, nous n'avons pas--

nous n'avons pas de viande pour la maison.

Nous n'en avons pas suffisamment.

Viande pour la maison ?

Oui, pour cuisiner pour cet homme qui est arrivé.

Moi, je comprends rien de ce que tu dis.

Viens, Yarich ! J'ai soif !

Oui, MaĂźtre, mais vous pourriez peut-ĂȘtre...

prendre votre bain d'abord, Monsieur.

Je vous l'ai coulé.

Ne vous en faites pas. Je veux de mon thé.

Oui, Monsieur.

De la bouffe anglaise.

C'est ça.

Ok.

France !

France !

DĂ©pĂȘche-toi !

DĂ©pĂȘche-toi !

DĂ©pĂȘche-toi !

Ta soeur ?

Oui.

C'est dommage.

N'oublie pas le Porto.

Moi, je vais m'occuper du vin.

Et... quoi d'autre ?

Ah oui... ceinture rouge...

et tu prends ta douche Ă  la derniĂšre minute.

Oui, Madame.

Oui ?

Madame, l'Anglais met le smoking.

Non !

Attends.

Tiens, donne ça à Marie-Jeanne.

Juste un petit coup de fer, ça ira.

Madame, je sers d'abord le thé ?

Attends. Entre !

Approche-toi.

Aide-moi, Protée.

Aide-moi.

Vous ĂȘtes fou, Jonathan.

Vous ĂȘtes une danseuse nĂ©e. Vraiment.

Je ne le savais pas.

Ici, vous voyez, les occasions sont rares.

Vous n'aimez pas ĂȘtre seule ?

La solitude Aimée ?

Moi ? Pour ĂȘtre seule il faut que je prenne une douche.

Je suis si content d'ĂȘtre ici.

Regardez, Jonathan.

Qu'est-ce que ça dit ?

"Cette maison est la derniĂšre maison du monde."

L'administrateur Allemand qui a fait inscrire cette phrase...

est enterré ici.

TrĂšs romantique.

Marc est un rĂȘveur, vous savez.

Il aime cette terre, les gens...

les insectes... tout.

Est-ce qu'il tient toujours son sacré journal Bororo ?

Marc et son cahier !

On raconte que cet administrateur...

a été égorgé en pleine nuit par l'un de ses boys.

La derniĂšre fois que je viens ici, vous n'ĂȘtes pas lĂ ...

Marc et moi, on a bavardé.

On a parlé longtemps, et on a bu.

Mon Dieu, ce qu'on a bu.

Et au matin, on était si proche.

Vous comprenez ?

Si proche, qu'on a dormi ensemble.

Ce soir, je me sens bizarre...

parce que j'ai la mĂȘme sensation avec vous, AimĂ©e.

Je pense qu'il y a un charme dans cette maison.

Vous ĂȘtes paf, Jonathan.

Paf ?

C'est mignon, ce mot. Paf.

Oui, tu as raison.

Je crois qu'il serait mieux pour moi...

d'aller me coucher.

Je pars demain Ă  l'aube.

Bonne nuit, Aimée.

Bonne nuit, Jonathan.

Yarich ?

Oui, Monsieur.

Donne-moi le bras, tu veux ?

Je suis un peu paf.

C'est quoi ça ?

Votre sirop de fruit.

Elle est moche, la Reine d'Angleterre.

S'il a des poils sur les épaules...

il a des poils aux fesses.

"Des choses qui s'envolent Ă  votre passage

"Des choses qui sautent dans l'herbe..."

Oui, Monsieur.

Kipling.

Ton Anglais, il est plus beau quand il est habillé.

C'est pas mon Anglais.

Tu as vu ses jambes, ma fille ?

On dirait des brindilles !

J'ai sommeil.

C'est toi, Protée ?

J'attends, pour couper le groupe, Madame.

Les tiques vont te bouffer les pieds !

Voici mon énigme.

Petite jeune fille...

Ă  l'allure charmante...

elle fait des enfants autour de son cou.

Le papayer.

OĂč vont-ils ?

Ils vont vers la Benoué.

Tu as rencontré d'autres troupeaux ? Beaucoup ?

Oui. Ils viennent du Nord.

Ils vont vers la Bénoué certainement.

Des bĂȘtes malades ?

Il n'y en a pas Commandant.

Travaille, toi.

Qu'est-ce que tu fais ici, Protée ?

Je viens de faire le lit. Je range, Madame.

Je t'interdis de tripoter dans mes affaires.

Je ne veux plus voir personne fouiner dans ma chambre.

Sors.

- Protée. - Madame.

Apporte-moi de l'eau, s'il te plaĂźt.

J'ai envie de prendre une douche.

Maman, on rentre.

Pourquoi tu vas au cimetiĂšre ?

Parce que j'aime. C'est un endroit calme.

DĂ©pĂȘche-toi.

J'arrive, Etienne ! Pardonne-moi.

Aimée ! France !

Bonjour, Monsieur.

Tout va bien, Protée ?

Madame est dans sa chambre, Monsieur.

Aimée ? Tu es malade ?

T'es pas fùchée de retrouver ton Freeboy ?

Idiot.

Tu m'as fait peur. Je ne t'attendais que demain.

Je suis crasseux.

J'ai faim.

Tiens.

Tu me dégoûtes.

Sale nĂšgre.

Toute cette viande est gùtée !

Et il est trop tard maintenant !

Trop tard. La viande est trop cuite maintenant.

Des cheveux ?

La tĂȘte ?

Le front ?

Les yeux ?

Le nez ?

La bouche ?

Les dents ?

Le ventre ?

La poitrine ?

Il est tombé derriÚre la montagne.

Ça suffit, petite fourmi.

Les avions tombent pas derriĂšre la montagne.

Ils passent la ligne d'horizon.

C'est quoi, la ligne d'horizon ?

On dort maintenant. Je t'expliquerai demain.

L'avion est tombé dans la montagne.

Cher compatriote...

veuillez excuser cette entrée en fanfare...

mais nous avons drainé, bien malgré nous...

tout ce que nous avons trouvé sur notre chemin.

Permettez-moi de me présenter.

Capitaine Védrine, pilote.

La nuit derniĂšre, j'ai du poser mon appareil...

quelque part dans la montagne.

ProblÚmes mécaniques. Absurde.

On a cassé un ruban d'elice.

Et je dois avouer que sans...

l'intervention intrépide de ces jeunes garçons...

nous serions encore, mes passagers et moi...

Ă  nous ronger le sang quelque part en pleine brousse.

Marc Dalens, chef de la subdivision.

J'eusse préféré d'autres circonstances.

C'est vous qui ĂȘtes passĂ© au dessus de chez nous hier soir ?

Affirmatif.

Courbassol, mon navigateur et associé.

TrÚs heureux. Vous avez des blessés ?

Non. Aucun.

Permettez-moi de vous présenter mes infortunés passagers.

Machinard, un collĂšgue Ă  vous, je crois...

et sa jeune épouse.

Bon jour, Madame.

Bonjour, Monsieur.

Machinard, qu'est-ce que vous faites ici ?

Je remplace Bonaventure dans le M'Banga.

Nous arrivons de Fort Lamy.

J'ai voulu faire un petit crochet.

C'est le premier voyage de Mireille.

Elle découvre l'Afrique.

On vient juste de se marier.

On est en voyage de noces.

Je vous félicite.

Bienvenus en North Cameroon.

Vous ĂȘtes ici chez vous.

Ne vous tracassez pas. Nous allons tout mettre en Ɠuvre.

M'Banga, vous verrez, c'est différent, plus vert...

Voici Delpich, notre sympathique planteur.

Dites-moi, Delpich, j'avais cru que vous avez paumé en route !

Foutez-moi la paix, Védrine !

Je perds du pognon, moi, Ă  chaque minute !

C'est de votre faute, tout ça !

Votre place est dans un Sana, pas aux commandes d'un coucou !

Delpich Joseph, producteur de café.

Marc Dalens.

TrÚve de salamalecs, il faut me sortir de ce pétrin.

Je préviens tout de suite Douala et Vaounde par radio.

On va trouver une solution.

Ma femme va vous installer. La maison est grande.

Vous auriez pu tomber plus mal.

Je ne sais mĂȘme pas oĂč je suis tombĂ©.

A Mindif...

30 km sud-est de Maroua. Vous ĂȘtes dans le DiamarĂ©.

Mindif ?

Dites-moi, VĂ©drine, je rĂȘve ?

Les piÚces détachées, ça risque de prendre des semaines.

Vous le savez, je pense.

Je le crains.

- Tout va bien, rentrez ! - Moi, j'ai un creux !

Laissez, Dalens...

c'est ThérÚse, ma ménagÚre.

Elle est un peu farouche.

Avez-vous retourné les matelas avant de faire les lits ?

Oui, Madame.

Ils sont bloqués pour un mois.

Il y a une piste Ă  faire.

France, ne reste pas dans les jambes.

Bonjour, Djatao.

Comment ça va ?

Votre mari prétend qu'il n'y a pas une seule bagnole...

disponible dans tout le district !

Accepte ce présent, Aimée.

Pour les gens de l'avion.

C'est Ă  toi, le taxi ?

Delpich, je vous présente notre cher ami, Wadjirt Djatao.

M. Delpich est planteur dans le sud.

De café, n'est-ce pas ?

Tu prends combien, pour m'emmener à Yaoundé ?

Nous allions déjeuner. Vous restez déjeuner avec nous ?

Merci, Aimée. C'est Ramadan.

Fais ton prix.

Au revoir, Aimée.

Merci pour votre générosité, Djatao, elle est superbe.

Merci.

Pigé.

Tiens.

Et c'est mon dernier prix.

Combien ?

Delpich !

Combien, merde !

C'est eux qui font la loi, ici ?

ProtĂ©e, emmĂšne cette bĂȘte Ă  la cuisine.

Oui, Madame.

Dans dix jours...

vous irez rejoindre votre poste, Machinard.

Vous croyez ?

Mais oui, mon mari a reçu un télégramme.

Protée, tu peux servir le café.

M'Banga...

Vous ĂȘtes peinard.

Tu vois Mireille, qu'est-ce que je te disais ?

Un gentil petit coin, M'Banga.

C'est un peu humide, parait-il.

Un peu comme si vous aviez des paquets de coton...

dans le poumon et les narines toute la journée.

Moi, la forĂȘt, j'aime ça.

L'odeur de pourriture est si forte...

qu'elle agit comme une drogue.

Le pire, voyez-vous, c'est les bestioles.

Ça se planque sous le plumard, dans le lavabo...

Ça se colle mĂȘme dans nos chaussures.

Rien qu'à l'idée de soulever la moustiquaire...

vous avez la nausée.

Messieurs, je vous en prie, vous noircissez le tableau.

Si ce n'était que ça ! Les moustiques passent encore !

Il n'y a pas un mois...

on a retrouvé une famille de colons découpée en rondelles.

Delpich, vous exagérez.

On a retrouvĂ© les tĂȘtes dans les gĂ©ranium sur la vĂ©randa.

Tout ça, à 10 Km de M'Banga.

Un vrai foyer d'insurrection.

La faute Ă  qui, vous me direz ?

Je ne dors plus sans mon pétard sous l'oreiller.

Protée ?

Protée.

AmĂšne ces hommes Ă  la cuisine.

Ils ont roulé toute la journée.

Une bonne nouvelle pour vous.

Notre ami Randall va venir nous aider...

avec 20 manƓuvres.

Monsieur ?

T'inquiĂštes pas.

C'est joli, ça.

Pas encore au lit, la poupée ?

Elle est mignonne, hein ?

Moi, je vais me coucher. Bonsoir.

Bonsoir.

Bonsoir.

VoilĂ  ton picotin ma cocotte.

Venez, Védrine, qu'est-ce qui vous arrive ?

Ne t'en fais pas pour moi.

Ce n'est qu'une crise de Palu, j'ai l'habitude.

Regardez lĂ -bas...

au bout de mon doigt.

Vous voyez cette poussiĂšre ?

C'est Randall.

Content de te voir, mon vieux.

- Je parie que tu l'es. - Ça va ?

Monique.

La plus belle !

Tu vas bien ?

Monique.

Et le petit Paul ?

Il me tuera, celui-lĂ .

Vous allez lĂ -bas.

Attendez, Segalen.

Je vais faire les présentations.

Marc Dalens.

Bonjour.

Boubassol, copilote.

Aimée, ma femme.

Bonjour.

Excusez-moi. Je vais joindre les autres.

Il est un petit peu...

Dis-moi, comment ils ont fait leur culbute, tes acrobates ?

En ce moment le chantier est au ralenti.

C'est Ramadan.

Je trouverai bien une bagnole pour vous ramener chez vous.

OĂč tu l'as pĂȘchĂ©, ton Segalen ?

C'est un ex-séminariste. Je ne sais pas grand-chose sur lui.

Il a débarqué un jour à la maison.

Qu'est-ce qu'il fait en Afrique ?

Je crois qu'il traverse le continent Ă  pieds.

Monique trouve que c'est un Saint.

Votre place n'est pas ici, Segalen.

Venez chez moi, Ă  Mindif.

Vous ĂȘtes le bienvenu.

Tony l'adore.

Luc est formidable avec Paul.

Il s'est mis en tĂȘte de lui faire commencer son latin.

Ah, bon ?

C'est vrai. Paul est doué.

Il est beau.

Qui ça ?

Ton boy.

Aujourd'hui, les gens ne savent plus boire le café.

Ils savent plus.

Moi, j'ajoute toujours quelques copeaux de chocolat amer...

deux ou trois grains de sel...

et pour finir...

un soupçon de cannelle.

Enoch...

Ton café...

c'est du jus de chaussettes.

Une calamité !

Ça va vous dĂ©goĂ»ter de produire.

Je l'arrose ?

Allez-y. Ça fera passer le goĂ»t.

"Je sais une église

"Au fond d'un hameau

"OĂč le fin clocher se mire dans l'eau

"Dans l'eau pure d'une riviĂšre

C'est une blague, Luc.

Vous avez tout laissé à la maison.

J'ai ce qu'il faut, Monique.

Et les livres ?

Gardez-les.

Luc, rentre avec nous.

Embrasse le petit Paul pour moi.

Salaud.

VoilĂ  ton picotin, ma cocotte.

J'avais comme un pressentiment. J'ai dit à ThérÚse...

"Cocotte, fais la valise...

ce soir, on sera loin".

Quelle heure est-il ?

TĂŽt.

Luc, on a largement de la place à l'intérieur...

vous pourriez avoir un endroit Ă  vous pour travailler.

Non merci, Marc. Je suis vraiment trĂšs bien ici.

Vous essayerai ça ? C'est pour vous.

Merci, Protée.

Veux-tu apporter une autre tasse, s'il te plaĂźt ?

Je vais aller voir si la piste avance...

et puis j'ai une histoire de succession à régler à Japat.

Tu veux venir ?

Pas aujourd'hui. Merci. Je peux ?

Si vous voulez.

C'est juste des notes, quand je pars en tournée.

T'as vu M. Luc, ce matin ?

Il se lave dehors, Madame.

Comment ça, dehors ?

Chez les boys, Madame.

Je vais le faire, Madame.

Non. Laisse.

Va changer les draps et brosser les housses des coussins.

C'est bon ?

Mais regarde ! Pousse-toi !

Deux mĂštres de plus s'il le faut.

Alors t'arranges pour aplatir tout ça, compris ?

Mais, c'est les fleurs de Mme Commandant.

Vous voulez jouer à la pétanque ?

On ne va discuter avec toi !

Il n'y a que lĂ  qu'on puisse jouer Ă  l'ombre.

Pas vrai Aimée ?

"Au milieu des visages africains d'un noir bronzé...

"la couleur blanche de la peau...

"évoque décidément quelque chose de pareil à la mort.

"Moi-mĂȘme en 1891...

aprĂšs n'avoir vu pendant des mois que des gens de couleur..."

Qu'est-ce qu'il y a ?

J'apporte de la citronnade.

"Moi-mĂȘme en 1891, aprĂšs n'avoir vu pendant..."

Pose le plateau, Protée.

"Moi-mĂȘme, en 1891...

"aprĂšs n'avoir vu pendant des mois que des gens de couleur...

"j'aperçus à nouveau, prÚs de la Bénoué les premiers Européens.

"Je trouvais la peau blanche anti-naturelle...

à cÎté de la plénitude savoureuse de la noire.

"Peut-on alors blĂąmer les sauvages autochtones...

"de prendre l'homme blanc...

"comme quelque chose de contre nature...

"ou une créature surnaturelle ou démoniaque ?"

Bien, au suivant.

Vise ou je tire.

C'est trĂšs mauvais.

C'est bon. C'est bon.

C'est bon.

Tu ne peux pas jouer comme le blanc.

"C'est "tĂȘte d'oiseau" encore.

C'est une "tĂȘte d'oiseau".

Protée, va chercher le pick-up.

Qu'est-ce que tu fais lĂ  ? T'es pas encore au lit ?

Elle avale sa langue.

Il faut l'empĂȘcher avec une cuiller.

On va chercher Prosper au village ?

Avec une cuiller, chérie.

Il est à l'école avec l'instituteur.

Sa femme m'a donné la trousse.

Qu'est-ce qu'ils foutent à l'école en pleine nuit ?

Ils parlent, Monsieur.

Oui, je sais.

Prosper !

Prosper !

Prosper, viens vite !

J'ai besoin de toi.

J'ai ta trousse.

OĂč est ma femme ?

Au chevet de Madame Machinard.

Prosper, c'est la chambre de droite.

Merci.

Protée partira allumer le groupe.

Prosper nous a tous soigné.

Et alors, on est sauvé, Dalens.

On est sauvé.

C'est pas possible.

Dalens, vous n'avez personne d'autre pour la soigner ?

Sérieusement, Machinard ?

Je m'en vais, Monsieur.

Je vais te raccompagner.

Moi, passe encore...

mais pour ma femme, il faut un vrai toubib.

Vous me faites pitié, Machinard.

La voiture sera lĂ  demain matin...

dans trois jours on sera au Yaoundé.

Sale nĂšgre !

Docteur, toi ?

T'es juste bon Ă  torcher le cul des blancs.

Tu oses toucher ma femme, espĂšce de babouin puant...

Moi, je la comprends un peu, la Mireille.

VoilĂ  comment il faut leur parler, Machinard.

Ça va, ça va.

Foutez-lui la paix, Segalen.

J'oubliais le roi du looping.

Vous m'écoeurez.

André, je vais pas bien.

Mais c'est malheureux tout de mĂȘme...

on ne peut pas ouvrir la bouche...

sans ĂȘtre accusĂ© des pires trucs ici.

Vous formez un joli trio, Dalens.

Vous, votre femme et pique-assiette.

Moi, je discute, c'est tout !

Ça suffit, allez Luc.

"Prosper, yop-la-boum

"C'est le chéri de ces dames

"Prosper, yop-la-boum

"C'est le roi du macadam

"Prosper..."

Bonne chance.

Ici, c'est la douche des boys.

Protée...

tu me casses les pieds.

Aimée...

c'est la plus belle salle de bains du monde.

La grande majorité des mots terminés par E...

sont du féminin.

Cependant, il y a des mots masculins...

qui finissent pas E muet.

Par exemple...

sosie...

foie...

génie...

messie.

Vas-y, Protée.

Moi, je fais pas le Ramadan.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Le patron, qui m'envoie, Madame...

pour vous dire que le camion de Douala est arrivé.

C'est l'elice.

On y va !

Le cher Dalens qui nous voit déjà partis.

Il est vrai que la piste est presque terminée...

mais permettez-moi de vous faire remarquer...

que la saison des pluie est un poil en avance cette année.

Nous rempilons tous, si j'ose dire, de quatre mois.

Protée, apporte les fruits, s'il te plaßt.

Oui, Madame.

La moitié ?

Volontiers.

Ecoute les bruits de la nuit.

Ecoute bien.

C'est mortel.

N'exagĂšre pas.

Vous n'aimez pas ma soupe.

Oui, ta soupe est appropriée.

Ma façon de dire que je l'aime beaucoup.

Aimée ?

J'ai décidé de ne plus manger avec vos invités.

Si vous croyez que ça m'amuse de bouffer accroupi entre Enoch...

qui radote...

et ProtĂ©e qui fait la tĂȘte...

Pas vrai, Protée ?

Mais dis-le, que ça t'ennuie que je sois là.

Non ?

Bof...

Il est muet, je crois.

Au fond, Aimée...

Vous aimeriez bien ĂȘtre Ă  ma place...

à vous frotter contre Protée.

Allez, viens, je vous fais une petite place.

Non ?

Madame ?

Merci, Protée.

Je n'ai besoin de rien.

Tire-toi. Laisse-moi seul.

Combien de fois il faut te le répéter, fils de pute ?

Qu'est-ce que t'as ? Ça te convient pas ?

Fous-moi le camp.

Va lécher les bottes de tes patrons.

Tu es pire que les curés qui t'ont élevé.

Tu veux toujours savoir ce que c'est la ligne d'horizon ?

Tu te souviens ?

Tu dors ?

Quand tu regardes vers la colline...

lĂ  oĂč il n'y a plus de cases...

lĂ  oĂč il n'y a plus d'arbres...

quand la terre touche le ciel...

c'est l'horizon.

Demain, quand il fera jour, je te montrerai quelque chose.

Plus tu t'approches de cette ligne...

plus elle s'éloigne.

Si tu marches vers elle, elle s'éloigne.

Elle te fuit.

Ça aussi, il faudra que je te l'explique.

Tu vois cette ligne.

Tu la vois, elle n'existe pas.

Tu veux du chocolat ?

Non, c'est trop tĂŽt.

Merci, Protée.

T'es lĂ  ?

Luc est parti ?

Oui ?

Oui, il est parti.

Sans rien dire ?

Pourquoi tu ne m'as pas réveillé ?

Tu te fais toujours avoir, Marc.

Je ne veux plus que Protée s'occupe de la maison.

Mets-le oĂč tu veux...

ailleurs.

Protée est trÚs bien.

S'il te plaĂźt, Marc.

Il peut travailler au garage.

Est-ce que ça brûle ?

Aimée.

Bon voyage.

Merci.

Adieu, Dalens.

Les sacs au fond.

Allez, toi, viens !

Non, ça ne rentrera jamais.

Vous avez vu la porte ?

Allez, embarquez, on abandonne.

Vous deux !

DĂ©placez-moi ça, c'est gĂȘnant.

Allez.

Je reviendrai.

Mon fils s'appelle Sawa. Sa mĂšre est une Sawa.

Moi, je suis Mungo.

Mungo, c'est un surnom qu'on me donne ici.

Mon vrai nom, c'est William J. Park.

Je suis un nÚgre Américain.

Tu n'es pas déçue ?

Tu cherchais un vrai indigĂšne ?

Votre fils dort.

Il serait mieux Ă  l'arriĂšre, non ?

Tu veux bien ?

Je veux une Fanta.

OK, man, on va s'arrĂȘter.

Je me souviens le jour de mon arrivée en Afrique.

J'étais complÚtement soûl.

A la douane...

j'avais envie d'embrasser les douaniers, mes frĂšres.

Je me disais...

"Ça y est, man, tu es rentrĂ© chez toi."

J'avais gardé mon pull.

Je ne sentais mĂȘme pas que je dĂ©goulinais de partout.

Je me suis bien fait baisé la gueule par mon premier taxi.

Lui...

il avait rien Ă  foutre que je sois noir.

Il avait raison, d'ailleurs.

Mes frĂšres par ci, mes frĂšres par lĂ ...

Ouais...

je suis bien resté un Américain.

Ils ont rien Ă  foutre des types comme moi, ici.

Ici, je ne suis rien.

Je rĂȘve.

Si je mourrais maintenant, je disparaĂźtrais tout Ă  fait.

Toi, tu dis rien.

Moi, ça fait 15 jours que je traßne à Douala.

Je devrais partir dans le Nord.

J'ai déjà mon billet.

Tu connais des gens ?

Non.

Je voudrais voir une maison.

Mais je ne sais pas.

Je repasse ver 10h, 10h30?

Comme tu veux.

C'est ma femme.

Maintenant, je vis seul. J'étais trop chiant.

Je t'emmĂšne oĂč ?

Au Novotel, s'il te plaĂźt.

Merci.

Donne, je vais regarder.

Je te dirai si tu dois partir voir ta maison, ou pas.

Elle est drĂŽle, ta main.

On ne voit rien.

Pas de passé, pas d'avenir.

Tu veux boire un verre ?

Je ne crois pas. Non, mon petit.

Repars vite, avant qu'on te mange.

Salut.

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