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♪ ♪
♪ ♪
- (Michelle): Parlez-nous d'abord
de votre enfance.
- J'ai eu une enfance heureuse...
- Un peu plus fort, s'il vous plaît.
En regardant Mme la juge.
- (Pascale): J'ai eu une enfance heureuse.
J'étais très, très proche de ma mre.
Puis...
mon père a toujours été là pour moi.
- Et de quoi avaient l'air vos relations intimes
avant de rencontrer Jean-Philippe?
- Ah, j'ai jamais eu de relation stable avant Jean-Philippe.
- (Michelle): Pourquoi?
- Je faisais peur aux gars.
- (Michelle): De quelle façon?
- J'étais intense.
Je m'accrochais Ă eux tellement fort
qu'ils finissaient par me laisser.
Puis, après ça,
j'avais des grosses peines d'amour qui duraient, bien...
jusqu'au prochain.
- Avec Jean-Philippe, comment ça s'est passé?
- Ç'a été...
tout un coup de foudre.
Je me suis juré que lui, je le perdrais pas.
- (Michelle): Qu'est-ce que vous avez fait?
- (Pascale): J'ai appris Ă tout garder
en dedans.
- (Michelle): Ç'a fonctionné?
- (Pascale): Oui.
On formait un beau couple.
Faut dire que JP, c'est un homme...
exceptionnel.
- (Michelle): Qu'est-ce qui s'est passé
par la suite?
- Euh, quand ma mère est tombée malade,
c'est là que la tempête a commencé.
- Entre Jean-Philippe et vous?
- (Pascale): Oh, non, non.
Dans ma tĂŞte.
On était tellement proches, ma mère puis moi.
Juste l'idée de la... la perdre,
qu'elle ne soit plus dans ma vie, je...
J'ai commencé à avoir des idées suicidaires.
- (Michelle): En avez-vous parlé à quelqu'un?
- (Pascale): Oh, personne, personne.
Je voulais pas stresser ma mère pendant ses traitements,
puis encore moins JP.
Non, j'ai tout gardé en dedans.
- (Michelle): Est-ce que les idées suicidaires
ont fini par passer?
- (Pascale): Non, ç'a empiré.
- (Michelle): Ça s'est empiré comment?
- Si j'avais pas eu Madeleine, je serais passée à l'acte.
Mais je pouvais pas lui faire ça.
- Avez-vous cherché de l'aide?
- Non, parce que...
ça s'est replacé quand je suis tombée enceinte d'Henri.
(pleurs)
- Je pense qu'il est temps qu'on fasse une pause.
- Je suis pas capable.
Chaque fois que je parle d'Henri, tout remonte.
- (Éliane): C'est normal.
- Hum, hum!
Puis, ça touche le jury, aussi. Ça te rend humaine.
- Pas pour JP.
Je le sens, qu'il me regarde.
C'est comme si ça me brûlait dans le dos.
- (Éliane): Il te regarde.
Il te juge peut-ĂŞtre.
Mais il t'écoute.
Oublie pas que c'est ta chance
de raconter taversion des faits.
Tu veux pas passer à côté de ça.
- Non.
OK.
- (Michelle): Vous avez dit
que ça allait mieux pendant la grossesse d'Henri?
- Je me sentais bien, oui.
Heureuse, mĂŞme.
- Comment ça s'est passé après la grossesse?
- Le mal est revenu.
- (Michelle): Qu'est-ce que vous voulez dire
par "le mal"?
- Mes idées suicidaires.
Ça fait que je me suis mis dans la tête d'avoir un autre enfant.
Je me sens tellement bien quand je suis enceinte.
Sauf qu'à chaque fois que j'avais mes règles,
je retombais encore plus creux.
JP a fini par me laisser.
Puis, c'est là que j'ai réalisé...
- Vous avez réalisé quoi?
- Que j'étais enceinte.
(murmures)
- (Michelle): Vous vous sentiez comment
Ă ce moment-l?
- Heureuse, triste, en colère. Je sais pas.
J'aurais dĂ» courir l'annoncer Ă JP,
mais il venait de me laisser.
Je savais mĂŞme pas si j'allais le garder.
Puis, quand j'ai compris pourquoi ma mère biologique
m'avait donné en adoption, je...
j'ai perdu le bébé le soir même.
Une fausse couche.
(murmures)
- Vous souvenez-vous d'avoir acheté un bidon d'essence
quelques jours avant les événements?
- J'ai aucun souvenir de ça.
Et pas plus d'avoir rencontré la dame,
Barbara Lhamo, qui est venue témoigner.
- Qu'est-ce qui s'est passé cette soirée-là ?
- J'ai fait une crise de panique.
JP avait beau me dire qu'il avait personne dans sa vie,
je le croyais pas.
- (Michelle): Pourquoi?
- Pas longtemps avant qu'on se laisse,
il a commencé à se cacher pour texter sur son téléphone.
Il le lâchait pas.
Et j'ai quand mĂŞme vu
qu'il recevait un paquet de messages de "Shanny".
"Juste une cliente", qu'il disait.
J'ai trouvé une facture,
j'ai vu l'adresse puis je suis allée vérifier.
- Vous êtes allée chez Shanny Létourneau?
- (Pascale): Oui.
Je me souviens d'avoir vu le pick-up de JP dans l'entrée.
Il était 11h00 le soir, c'est sûr qu'il travaillait pas.
- (Michelle): Et par la suite?
- Je me suis réveillée le lendemain, tout habillée.
Mes vĂŞtements sentaient l'essence.
J'ai... aucun souvenir de ce qui s'est passé.
J'ai comme fait unblackout.
- (Michelle): C'est la première fois
que ça vous arrivait?
- (Pascale): Oui.
Mais pas la dernière.
Je me souviens de rien de ce qui s'est passé 2, 3 jours avant...
avant les événements.
- Vous vous souvenez de rien?
- C'est flou.
Je me vois rentrer dans une église.
- (Michelle): Allez-vous souvent à l'église?
- Non, jamais.
Sauf quelques fois quand j'étais petite, mais non, je...
j'aime pas particulièrement les lieux.
- (Michelle): Pourquoi y retourner, d'abord?
- Pour voir la Vierge.
"La mère de tous les humains",
c'est comme ça que mon père l'appelle.
- Qu'est-ce qui s'est passé dans l'église?
- (Pascale): La Vierge m'a dit que...
que pour se purifier, il fallait d'abord mourir...
mais qu'elle nous ramènerait à la vie.
- (Michelle): Elle vous parlait?
- (Pascale): Oui, je...
je l'entendais dans ma tĂŞte.
- Vous trouviez pas ça étrange?
- (voix enrouée): Pas à ce moment-l.
Je sais que ça fait pas de sens, ce que je dis.
Mais je... j'étais sûre qu'elle allait nous sauver!
J'ai jamais voulu faire de mal aux enfants.
(pleurs)
Il faut me croire, j'ai jamais voulu tuer Henri ou Madeleine!
Je te le jure.
On construit tous des remparts à l'intérieur de nous-mêmes...
Non!
...pour cacher les choses atroces qu'on a pu commettre.
Vous vous souvenez de quoi?
Et parfois ces remparts peuvent ĂŞtre,
encore plus étouffants qu'une prison.
Harold !
Non, je veux pas.
Tu me repousses pas !
Mon pote et moi on a descendu le mec.
♪
(La narratrice lit le texte à l'écran)
e qu'il fallait que je le fasse.
- (Claudia Rouleau): Mais pourquoi?
-J'ai mes raisons.
- Expliquez-moi comment la Vierge allait s'y prendre
pour ramener vos enfants Ă la vie.
- Je vous l'ai dit tantĂ´t. Je le sais pas.
Mais Ă ce moment-l, Ă l'hĂ´pital,
j'étais sûre qu'elle avait réussi
puis qu'Henri était encore en vie.
- Pourquoi vous en avez pas parlé à l'enquêtrice?
- Parce qu'elle m'a dit qu'il était mort.
Je la croyais pas, je pensais qu'elle était contre moi.
- Contre vous?
- Je pensais qu'Henri était sauvé.
Puis tout le monde qui me disait le contraire était contre moi.
- Est-ce que c'est la Vierge qui vous a demandé
de mettre le feu chez Shanny Létourneau?
- (Michelle): Objection.
La Couronne a jamais établi les intentions de l'accusée.
- (Samuel): Est-ce qu'elle vous a dit,
lorsque vous vous promeniez avec un bidon d'essence plein,
en colère, en face de chez la maîtresse de votre mari,
d'y mettre le feu?
- (Pascale): Je vous l'ai dit,
je m'en souviens pas, ce qui s'est passé ce soir-là .
- OK, mais vous vous souvenez, par exemple,
qu'avant de vous rendre lĂ -bas,
vous étiez dans un état de panique.
- Oui.
- Qu'est-ce qui vous faisait paniquer?
La jalousie?
- Oui, peut-ĂŞtre.
- (Samuel): Peut-ĂŞtre?
Vous pensiez que votre mari vous trompait
avec une de ses clientes,
vous avez fait venir une gardienne
et vous ĂŞtes partie en auto pour en avoir le coeur net.
- Oui, car j'avais de la peine.
Le lendemain, vous vous confiiez à votre collègue, enragée.
- Je pleurais. - Oui, de rage.
Vous pleuriez de rage quand vous avez insulté Shanny Létourneau.
Cette journée-là , vous avez contacté votre ex,
aussi, pour l'engueuler.
Vous vous souvenez de ça? - Oui.
- Vous étiez en colère, je dirais même en furie.
- Oui, oui, j'étais fâchée...
- Est-ce que vous vous rappelez...
- Objection!
Mon confrère pourrait-il laisser ma cliente terminer ses phrases?
- Me Simon, j'ai pas besoin de vous rappeler
qu'en contre-interrogatoire,
la partie adverse jouit d'une latitude
dont vous avez amplement profité quand c'était votre tour.
Poursuivez.
- Est-ce que vous vous souvenez
des messages que vous avez envoyés à Shanny Létourneau?
"T'es la pire salope que j'ai connue!"
"Tu vas brûler en enfer, ma crisse!"
Là , il y a pas de doute, vous étiez en colère.
- Oui, mais...
- Et vous étiez en colère quand vous êtes allée
voir votre ex pour récupérer les passeports des enfants.
- Oui, OK, OK, je...
j'étais en colère.
- C'est pour vous venger de lui
que vous avez empoisonné les enfants, avouez-le.
- Non, c'est pas vrai.
Je regrette tellement...
- Oui, aujourd'hui, vous le regrettez.
Mais à l'époque, vous étiez en colère.
Puis, c'est ça qui a motivé vos gestes.
C'est pour ça que vous avez écrasé des médicaments
dans le mortier puis que vous avez préparé les muffins.
- Non, c'est pas vrai.
(petit rire)
- Comment vous pouvez dire ça?
Est-ce que vous vous souvenez ou pas
de ce qui s'est passé ce matin-là ?
- Je m'en souviens pas.
- J'ai pas d'autres questions.
- (Michelle):Je m'attendais qu'il lui rentre dedans.
Mais comme ça?
Ton témoignage demain doit être béton.
- Pour être vraiment béton,
ça me prend la preuve d'antécédents familiaux
de maladie mentale.
Où est-ce qu'on en est avec le père biologique?
- Tant qu'il est en dedans, moi, je peux rien faire.
- J'ai fait une demande de prélèvement.
Son avocat l'a refusée, évidemment.
Il y a à peu près aucun moyen juridique
pour forcer quelqu'un Ă donner son ADN.
À part si Isabelle porte plainte contre Stéphane Roger,
son agresseur.
- Minute, lĂ .
- Si la police a une plainte,
elle va faire un prélèvement puis on va être fixés!
- Excellent, mais c'est juste une première étape.
Après, faut savoir s'il souffre d'une maladie mentale.
- Si c'est le père bio, j'aurai accès à son dossier médical.
- HĂ©, woh, lĂ !
Woh! Il est pas question de tordre un bras Ă une victime.
MĂŞme si c'est pour sauver ta cliente.
- On parle juste de lui demander...
- Si elle avait voulu porter plainte,
elle l'aurait fait depuis longtemps!
- Le contexte a changé!
- On peut lui expliquer les enjeux et voir si...
- Non, c'est ça que je disais: lui tordre un bras.
Non, non.
Sorry,boss. Moi, je démissionne.
- Hein?
- Ciao, bye!
(ricanement de Michelle)
- Il est sérieux, là ?
- (Ă voix basse): Attends!
Viens pas me faire croire
qu'après 35 ans de valeureux services,
t'as jamais tordu un bras à un témoin ou une victime
pour coincer un accusé.
C'est deux poids, deux mesures. Comme toujours!
T'a...
T'arrĂŞtes pas de dire que le plus important pour toi,
c'est la recherche de vérité.
Je comprends maintenant
que tant que la vérité confirme la tienne,
tout est bien beau, hein?
Sinon, ciao, bye!
C'est pas des principes que t'as, c'est des biais!
- Il y a une victime d'agression sexuelle
qui m'a clairement demandé de lui crisser patience!
Que t'appelles ça "des biais" ou "des principes",
je m'en câlisse.
Je bougerai pas lĂ -dessus.
Je sais que t'as besoin de cette preuve-lĂ pour ton diagnostic...
- Mais non, pas du tout.
J'ai suffisamment d'éléments
pour conclure qu'elle était en psychose.
Le facteur génétique,
c'estlapreuve qui impressionne toujours un jury.
Si le père a souffert de maladie mentale,
c'est plus probable que la fille en souffre aussi.
Je trouve ça injuste que Pascale soit emprisonnée à vie
parce qu'elle est malade.
- Ta seule responsabilité à toi, c'est de faire de ton mieux.
C'est pas de la sauver.
- Puis toi, jusqu'Ă maintenant,
est-ce que t'as fait de ton mieux?
C'est ça que je pensais.
(pas s'éloignant)
- (Madeleine): À la rescousse!
Super blague!
Qu'est-ce qu'une tomate dit quand elle se fait écraser?
"Ketchup!"
(petit rire de Jean-Philippe)
- Qu'est-ce que tu fais?
- Je répète mon spectacle pour maman
quand elle va sortir de prison.
Je suis une superhéroîne!
- Ah oui? C'est quoi, son nom?
- Euphorie. Elle a le pouvoir de rendre les gens heureux.
Trouves-tu ça bon comme pouvoir?
(petit rire)
- (voix enrouée): Oui.
C'est... c'est super bon comme pouvoir.
(voix entremêlées)
- (Juge Lombardi): J'appelle Ă la barre
la Dre Éliane Sirois.
- (Éliane): D'abord, il faut tenir compte
que Pascale a été adoptée.
Ç'a créé chez elle un traumatisme.
Par peur d'être abandonnée, elle s'accroche à ses relations.
En commençant par sa relation avec sa mère adoptive,
que je qualifie de "fusionnelle".
Pascale souffre aussi d'une dépendance affective,
qui se traduit par une anxiété de séparation avec ses amoureux.
Dans l'espoir de maintenir son couple avec Jean-Philippe,
un homme "parfait" Ă ses yeux,
Pascale tente de contrôler son anxiété en la refoulant.
La stratégie fonctionne.
Pour la première fois de sa vie,
elle profite d'une relation durable.
Dans sa peur d'exprimer ses émotions,
Pascale se replie sur elle-mĂŞme
et plonge dans une profonde détresse.
Et ses premières idées suicidaires apparaissent.
Pascale n'a plus qu'un but: retomber enceinte.
Ça devient rapidement obsessionnel.
Comme une droguée cherchant sa dose pour geler ses émotions,
Pascale veut revivre cette euphorie de grossesse.
Mais d'échec en échec,
sa relation avec son conjoint se détériore.
Déjà très instable,
Pascale tombe en état de choc lorsque son conjoint la quitte.
Pascale réalise qu'elle est enceinte,
puis fait une fausse couche.
Le débalancement hormonal est alors total.
Lorsqu'elle apprend
que la supposée maîtresse de Jean-Philippe
a un compte OnlyFame,
des idées délirantes s'activent.
Elle s'imaginent que ses enfants
sont menacés d'exploitation sexuelle.
Elle pense tout d'abord sauver ses enfants
en les amenant au Vatican.
Lorsque ce plan échoue,
du plus profond de sa psychose dépressive,
Pascale ne voit encore une fois qu'une issue: la mort.
En psychose, plus rien n'a de sens.
C'est le propre de cette maladie mentale.
La femme que vous avez vue témoigner
est une femme sous médication qui n'est plus en délire
et dont la dépression est sous contrôle.
Ce n'est pas la femme que j'ai rencontrée
dans les heures qui ont suivi les événements
ni celle que vous avez vue à l'écran dans son lit d'hôpital.
Cette femme-là était en dépression psychotique
avec idées délirantes.
- Merci beaucoup, Dre Sirois.
- Maître, avant de vous laisser la contre-interroger,
je pense qu'on va faire une pause bien méritée.
- (Homme): Tout le monde debout.
(chasse d'eau)
- Mon ex aussi a fait une fausse couche,
mais elle a pas tué notre fille pour autant.
- Vous avez pas d'affaire ici.
- Toi, dans le fond, la vérité, tu t'en câlisses, hein?
T'es payée par la défense,
fait que tu vas dire ce que la défense veut que tu dises.
- Non, c'est pas tout à fait ça...
- Ta gueule!
As-tu des enfants?
Me semblait, aussi.
Tu sais pas c'est quoi, perdre un enfant.
Jean-Philippe, il a perdu Henri.
Henri est mort en s'étouffant dans son vomi, tabarnac!
Puis toi, tu la défends!
Sti de pourrie!
(ouverture de porte)
(Vrombissement de moteur)
Ils voulaient démarquer le Québec.
Ils voulaient qu'on ait un produit juste Ă nous autres.
(Musique dramatique)
Il n'y a qu'au Québec qu'on puisse
vraiment créer une voiture qui soit différente.
(Crissement de pneus)
La plus belle époque ça a été évidemment
avec la nouvelle usine.
De penser qu'on était tellement proches.
♪
Le potentiel était là , le vouloir était l.
On aurait inondé le Canada.
(Le narrateur lit le texte à l'écran)
t-parleur):Dre Sirois est demandée, salle 1,28.
(murmures)
- Désolée.
- (Samuel): Vous avez dit que Pascale
était en psychose quand vous l'avez rencontrée.
- (Éliane): Oui.
- (Samuel): L'avez-vous rencontrée
avant les événements?
- Non, je...
- Alors, comment vous pouvez affirmer
qu'elle était en psychose pendant les événements?
- Selon ce que Pascale m'a raconté.
- OK, vous vous basez sur ce que Pascale vous a raconté
pour affirmer qu'elle était en psychose?
- J'ai aussi rencontré son père.
- Mais c'est Pascale qui vous fournit
la majeure partie des informations, c'est ça?
- Oui, mais bon, je...
je considère Pascale de bonne foi.
- Hum! Ça, ce sera au jury de décider.
- Objection. Argumentatif.
- (Juge): Maître, tenez-vous-en à poser des questions.
- Selon vous, dans quel état était Pascale
quand elle a texté les messages haineux à Shanny Létourneau?
- Elle était en dépression profonde, commençait à délirer.
- OK, je vous arrête tout de suite, désolé.
Pascale nous a dit qu'elle a commencé à entendre la Vierge
aprèsavoir envoyé les messages de haine.
- Selon mes notes, elle s'est présentée à l'église, euh,
la première fois...
- C'est normal qu'on soit mélangés.
Pascale admet elle-même que c'est une période un peu floue.
- Me Pépin-Tremblay.
- Donc, en vous basant
sur le témoignage un peu flou de Pascale,
est-ce que vous pensez qu'elle délirait
quand elle a menacé son ex-conjoint
de lui retirer la garde des enfants?
- C'est-Ă -dire...
- En tout cas, elle était en colère, vraiment trs en colère.
Est-ce que c'est possible
que Pascale se soit forgé une histoire
pour expliquer son geste après avoir empoisonné les enfants?
Est-ce que c'est possible qu'elle ait inventé
l'histoire du délire religieux pour se déculpabiliser?
Que son esprit soit toujours en train de la protéger?
- Non, j'évalue que sa psychose a commencé
bien avant son arrestation.
- Quelle autre preuve vous avez pour dire ça,
mis à part le témoignage de Pascale?
- Des témoins l'ont entendue dire
les mots "succube" et "démone".
- Donc, votre conclusion se base sur 2 mots
dits dans un état de colère, c'est ça?
- Pas juste ça.
Écoutez, j'ai passé des heures...
- Merci beaucoup. - ... avec Pascale...
- Merci, Dre Sirois. J'ai pas d'autres questions.
(murmures)
(brouhaha au loin)
- Laisse ça là .
Vas-t'en.
(déverrouillage électrique en sourdine)
- (Dr Girard): L'accusée m'a fait part
d'aucun délire religieux.
- Est-ce qu'elle était consciente
qu'elle a tué son enfant?
- Je lui ai demandé si elle comprenait
que son fils était mort.
Elle m'a répondu que oui.
En général, ses réponses étaient plutôt courtes,
je dirais expéditives.
- Est-ce qu'elle vous a parlé de son ex-conjoint?
- Oui, là , elle était beaucoup plus éloquente.
Elle l'a qualifié de "pervers", de "fornicateur", de...
Attendez, j'ai ça ici. De "dépravé".
Elle a exprimé beaucoup de colère envers lui,
mais aussi envers sa maîtresse.
- Est-ce qu'elle a utilisé le mot "succube"?
- (Dr Girard): Oui, une fois.
- (Samuel): Ça vous a pas marqué?
- Pas du tout, non. Madame a une certaine éducation.
Elle a utilisé un florilège d'insultes:
"connasse, traînée, morue"...
- Merci beaucoup, Dr Girard.
Donc, selon vous, est-ce que l'accusée souffre
d'une quelconque maladie mentale?
- En tout cas, elle souffre d'une dépression sévère.
Mais j'ai pas trouvé de traces de psychose ou de délire.
J'estime, pour ma part,
qu'elle souffre d'un trouble narcissique.
- Qu'est-ce qui vous mène à cette conclusion-l?
- L'accusée a quand même tenté d'empoisonner ses 2 enfants,
dont un est mort.
Et puis elle a manifesté aucun remords.
En fait, son discours était surtout centré
sur sa douleur entourant sa séparation.
C'est 2 puissants indicateurs de narcissisme.
- (Samuel): Hum, hum!
Vous avez assisté au témoignage de la Dre Sirois.
- Oui, j'ai bien entendu.
- Pourquoi n'avez-vous pas le mĂŞme diagnostic?
- La Dre Sirois et moi,
on est collègues depuis de nombreuses années,
mais on n'a pas la mĂŞme approche.
- (Samuel): C'est-Ă -dire?
- (Dr Girard): Je pense qu'elle s'investit
beaucoup trop avec ses patients
et elle peut parfois perdre son objectivité.
- (Samuel): Merci beaucoup, Dr Girard.
J'ai pas d'autres questions.
(murmures)
- Simon?
- Éliane.
- Que t'arrives pas aux mĂŞmes conclusions, d'accord.
Mais que t'attaques ma pratique, ça, c'est mesquin et petit.
- Écoute, on m'a posé la question.
J'ai juré de dire la vérité.
Je suis désolé que tu prennes ça personnel.
- Maisc'estune attaque personnelle.
En pleine cour, en plus!
- Tu vois? T'es encore trop investie.
Tu devrais te débarrasser de cette habitude-là .
Tu vas finir par ruiner ta réputation.
- (chuchotant): Fuck you!
- Tu devrais avoir ce qu'il faut pour un test d'ADN.
- Merci bien, Gilles.
As-tu l'autre affaire que je t'ai demandée?
- C'est bien parce que t'es un chum.
Stéphane Roger prend juste un médicament.
Pour sa pression,that's it.
Pas de pilules pour les nerfs,
pour dormir ou parce qu'il est déprimé.
Il y a rien qui dit qu'il a une maladie mentale.
En tout cas, il a jamais rencontré de psychiatre.
(clappement)
(coups Ă la porte)
(ouverture de porte)
- (Boisvert): On va le savoir d'ici demain
si Stéphane Roger, c'est le père.
-Yes!
- L'affaire, c'est que même si c'est lui, le père,
il a jamais souffert d'aucune maladie mentale.
- Fait que si c'est pas lui, ça veut dire que...
- Que c'est Isabelle.
- Ouais, mais elle vous a pas dit
qu'elle a aucun trouble de santé mentale?
- Oui, mais... je pense qu'il faudrait retourner la voir.
- Mme Martineau?
- Bonjour.
- C'est votre petit-enfant?
- J'en ai deux.
(petits rires)
Qu'est-ce que vous me voulez, encore?
- En fait, vous en avez trois.
Pascale a aussi une fille de 7 ans, Madeleine.
Elle aurait vraiment besoin de votre aide.
- On sait que vous pouvez l'aider.
- Sinon, elle risque de ne plus jamais pouvoir la revoir.
- Trois semaines après avoir accouché,
je suis retournée à l'hôpital.
On m'a diagnostiqué un trouble bipolaire.
J'ai été internée pendant un mois.
Vous pensez vraiment que ça peut l'aider si je témoigne?
- Absolument.
- On peut rien garantir, par exemple.
- Je peux pas faire ça sans en parler à mon mari.
- On comprend.
- C'est beaucoup me demander en peu de temps.
- Vous êtes peut-tre pas obligée de venir en personne.
La Couronne pourrait accepter votre déclaration par écrit.
- (Michelle): Bien voyons!
Je te demande pas la lune.
- Mais j'ai le droit de contre-interroger le témoin.
- Pourquoi faire?
Tout ce qu'on veut,
c'est mettre en preuve le lien génétique de la maladie.
- Elle a vu Pascale quelques semaines avant les événements.
- Si elle témoigne,
elle va venir dire comment Pascale faisait pitié
quand elle lui a annoncé de la façon qu'elle a été conçue.
- Tu bluffes. Elle viendra pas.
J'admets pas sa déclaration écrite.
(soupir)
(ouverture de porte)
(murmures)
- (Juge Lombardi): Bon, Me Simon.
Je ne sais pas quelle requête vous voulez présenter,
mais on a assez attendu.
Qu'on fasse entrer le jury.
(ouverture de porte)
(murmures)
- (Michelle): Avant de faire entrer le jury,
j'ai une requĂŞte.
J'aimerais présenter un dernier témoin.
Isabelle Martineau.
- Ma collègue aura pas besoin.
La Couronne accepte la déclaration écrite
de son témoin.
- (Michelle): Mais j'aimerais tout de mĂŞme
faire entendre - ou plutôt réentendre - la Dre Sirois.
- C'est l'heure--
(Sonnerie de téléphone)
-Vous avez demandé la police,
que puis-je faire pour vous ?
- Tu sais ce qui te rends vraiment dangereux
pour les autres ?
C'est que tu crois dur comme fer
que tu agis pour leurs biens.
Qu'est-ce que ce sera dans 30 ans Jimmy ?
On a un problème ? Je comprends pas.
Qu'on aille prévenir sa mère.
(Pleurs)
♪
(La narratrice lit le texte à l'écran)
e): Donc,♪ non seulement la mère biologique
souffre d'un trouble bipolaire, mais tout comme Pascale Dubé,
elle aussi a fait une dépression post-partum.
Ce lien génétique est la dernière pice du puzzle
qui me confirme sans l'ombre d'un doute
que Pascale était en psychose
au moment oĂą elle a commis son geste.
(murmures)
- Aimeriez-vous ajouter autre chose?
- Oui, hum...
Mon estimé collègue prétend que je perds mon objectivité
parce que je m'investis trop avec mes patients.
Il fait erreur.
Oui, je m'émeus devant les histoires et les drames
des personnes avec qui j'entre en relation d'aide.
Ça me touche parfois même aux larmes.
Je suis humaine.
Tout comme vous et tout comme mes patients.
Mon approche me permet de tisser des liens de confiance avec eux.
Et en retour, ils s'ouvrent Ă moi
et me donnent accès à ce qui se passe dans leur tête.
C'est la seule façon de leur venir en aide.
Et pour moi, c'est la seule façon d'exercer mon métier.
(murmures)
- Peu importe ce que le Dr Girard en pense,
les termes "succube" et "démone"
ne faisaient pas partie du vocabulaire usuel de Pascale.
C'était si étrange
que son ex-conjoint a dit qu'elle était "folle".
"Folle" parce qu'il ne l'avait jamais vue dans un état pareil.
"Folle" parce que Pascale était en effet
en plein délire psychotique.
- C'est à la défense de prouver
que Pascale était pas en mesure de distinguer le bien du mal
lorsqu'elle a commis son geste.
Tout ce que la défense a à vous offrir comme preuve,
c'est 2 mots: "succube" et "démone".
C'est mince.
- Henri a mangé la moitié du 3e muffin.
Il ne lui était pas destiné.
Il était pour Pascale.
Elle voulait mourir avec ses enfants
dans l'espoir complètement délirant
que la Vierge vienne les ressusciter
en purgeant le mal qu'ils avaient en eux.
-(Samuel): La veille des événements,
l'accusée était tout à fait normale.
Le lendemain matin,
elle écrase des pilules dans un mortier
puis elle prépare des muffins.
Lorsque les enfants refusent
de manger le poison qu'elle leur a cuisiné, elle se fâche.
Elle frappe sur le comptoir puis elle leur crie de manger.
Elle est en colère.
C'est pas la maladie, le thème récurrent de cette histoire-là .
C'est la colère.
- Bien sûr qu'elle était en colère.
Elle pensait que ses enfants étaient en danger.
Qu'on allait les exploiter sexuellement.
Quelle mère ne serait pas en colère?
Mais Madeleine a affirmé que Pascale était triste,
le matin du drame.
Elle a même serré sa fille dans ses bras très fort
en versant des larmes.
C'était une femme désespérée.
- Si Pascale a serré sa fille dans ses bras
juste avant de l'empoisonner,
c'est parce qu'elle savait très bien ce qu'elle faisait.
C'était un dernier adieu.
- Est-ce logique de tuer ses enfants pour les sauver?
Bien sûr que non.
Le témoignage et le rapport de la Dre Sirois,
une sommité dans son domaine, sont clairs et précis.
Pascale, une mère aimante, "la meilleure mère du monde",
a basculé dans un délire psychotique.
- Est-ce que c'est la vengeance, la colère,
le désespoir qui a motivé Pascale?
Peu importe.
L'important est qu'elle savait très bien ce qu'elle faisait
en empoisonnant ses enfants.
- Tout pointe dans une seule direction.
La maladie mentale empĂŞchait Pascale de tout discernement.
C'est la maladie qui est responsable de la tragédie.
Et elle seule.
(vibration de cellulaire)
(murmures)
- (Isabelle): Vous ĂŞtes certain que c'est lui?
- Les résultats sont très fiables.
Mais la police va refaire des prélèvements
dans le cadre de son enquĂŞte.
Je peux vous accompagner au poste, si vous voulez.
- OK, merci.
J'assisterai pas au verdict.
Mais peu importe le résultat...
dites à Pascale qu'une fois la tempête passée,
je suis prĂŞte Ă la revoir.
- Je lui ferai le message.
Merci.
♪ ♪
♪ ♪
♪ ♪
♪ ♪
(sonnerie de cellulaire)
- AllĂ´.
Déjà ?
OK, j'arrive.
(respiration haletante)
- (Juge Lombardi): Mme Dubé,
je vais vous demander de vous lever, s'il vous plaît.
(murmures)
Quel est votre verdict
pour le chef de meurtre prémédité d'Henri Laplante?
- Coupable.
- (Juge Lombardi): Et pour le chef d'accusation
de tentative de meurtre de Madeleine Laplante?
- Coupable.
- Merci.
(brouhaha)
♪ ♪
♪ ♪
- T'as tout fait qu'est-ce qu'il fallait.
HĂ©...
Si ça peut te consoler, tu m'as convaincu, moi.
Pascale était pas responsable.
- Merci.
- (Julien): On va aller en appel.
- C'est sûr.
J'ai d'excellents motifs...
- Non.
- Je peux t'avoir un nouveau procès.
- Je veux pas revivre ça.
Puis, je veux pas faire revivre ça à personne.
(déverrouillage électrique au loin)
- On parle de la prison Ă vie, lĂ , Pascale.
- Je le sais, papa.
Mais je le mérite.
Henri est mort.
Puis pour Madeleine?
♪ ♪
- (Michelle):Jean-Philippe va sûrement demander
la déchéance de l'autorité parentale.
- (Julien): Ça veut dire quoi, ça?
- (Michelle):D'ici Ă ce que Madeleine ait 18 ans,
elle pourra pas la revoir.
(pleurs)
- (Jean-Philippe): On arrive du tribunal.
Malheureusement, maman va rester en prison un peu.
Je suis désolé.
Donc si je comprends bien, tu vas tout laisser tomber.
Logan, on avait conclu une entente.
Tu travailles mĂŞme plus ici, Amy.
Tu peux cesser de faire semblant.
Tu n'es pas obligée de t'intéresser au rodéo.
Oublie ce que je t'ai dit.
Si j'étais plus comme Georgie, je serais
certainement plus Ă ma place ici.
-C'est pas vrai. -Oui, c'est vrai.
♪
Quand j'aurai dit Ă tout le monde en ville
combien ton truc c'est de la frime,
t'auras besoin d'un vrai miracle pour avoir des clients.
♪
(La narratrice lit le texte à l'écran)
(voix entremêlées)
- Après l'école, on va aller souper chez papi puis mamie, OK?
Je t'aime, mon amour.
- Je dors tout le temps,
puis le reste de la journée, je suis dans les vapes.
- Je vais réduire ta dose de Seroquel.
D'ici quelques jours, tu devrais avoir un peu plus d'énergie.
- Qu'est-ce que tu fais ici?
T'es pas à l'école?
- Je cherche la prison.
- (Pascale):Le procureur de la Couronne avait raison.
J'étais en colère contre JP.
- Mais ça, ça veut pas dire que t'étais pas en psychose.
Tu peux être en colère et en psychose.
Tu le sais, ça?
- Ouais, mais l'autre psychiatre a dit que je l'étais pas.
- On n'a pas le mĂŞme diagnostic, en effet.
- Mais le jury a dit...
- Le jury, lui,
a rendu un verdict sur l'aspect juridique de ce qui s'est passé.
J'étais pas là quand ils ont délibéré,
mais ils avaient à évaluer un paquet de faits,
des rapports d'experts contradictoires.
C'est sûr que ç'a pas été facile à trancher.
Mais...
ils sont pas psychiatres.
Et surtout, ils ont pas passé des heures à t'écouter,
te traiter, t'observer.
Ça, ça reste que c'estmontravail.
Faut que tu me fasses confiance, Pascale.
Me fais-tu confiance?
- Oui.
- Es-tu correcte?
- Je m'excuse, papa.
Je suis pas capable d'arrĂŞter d'aimer maman.
(petit rire)
- C'est pas grave.
C'est pas grave.
- (chuchotant): Merci.
- À... à dans un mois.
- Oui.
- Merci.
♪ ♪
(sonnette)
- Papi!
(♪Ooh Belle par The Barr Brothers ♪)
♪ ♪
♪ ♪
♪ ♪
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