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---
Vous m'avez fait la grùce de me demander une dédicace,
la voici.
"Michel Simon, ce film que je viens de réaliser
"me réservait l'une de mes grandes joies au théùtre,
"car cela s'appelle du théùtre.
"Jamais je ne vous avais eu pour interprĂšte.
"Eh bien, vous ĂȘtes exceptionnel.
"Je dirais mĂȘme, unique.
"Entre le moment oĂč vous cessez d'ĂȘtre vous-mĂȘme
"et oĂč vous jouez votre rĂŽle,
"il est impossible de voir la soudure.
"De mĂȘme, lorsque cessant de jouer, vous redevenez vous-mĂȘme.
"Si bien qu'il n'y a aucune raison d'interrompre les prises de vue.
"Je vous situe parmi les plus grands.
"Frédérick Lemaßtre, Sarah Bernhardt, mon pÚre,
"Zacconi, Chaliapine.
"Comme eux, vous ĂȘtes seul. IsolĂ© volontaire.
"Comme eux, vous possédez cette vertu précieuse
"qui ne s'acquiert pas et ne se transmet pas :
"le sens du théùtre.
"La faculté de faire partager aux autres
"les sentiments que vous n'éprouvez pas.
"Vous ne réunissez pas autour de vous des troupes.
"Non.
"Non, vous ne donnez pas de leçons.
"Ce que vous avez d'admirable en vous,
"cela ne peut pas s'apprendre.
"Et cela ne peut surtout pas s'enseigner."
La la la la
Et la vie est en fĂȘte
Vous aussi, Louiguy, vous possédez un don miraculeux.
Vos compositions
rentrent par une oreille et n'en ressortent pas.
La joie est vive, Lucienne Delyle,
de vous avoir pour interprĂšte.
Merci. Oh, oui. Merci.
VoilĂ les rosiers qui bourgeonnent
ils vont déplier leurs atours
Jean Debucourt et Jacques Varennes...
Vous jouez si bien, Jacques Varennes,
on vous croirait de la Comédie-Française.
Et vous, Debucourt, on croirait que vous n'y ĂȘtes pas.
Jeanne Fusier-Gir... Sacha ?
Malgré mes efforts,
je n'imagine pas une piĂšce ou un film
dont je serais l'auteur et oĂč tu ne jouerais pas.
C'est comme ça.
Je te présente ton fils, François Gir, mon assistant.
Enchantée, monsieur. Ad vitam aeternam.
Quant Ă vous, Mme Reuver,
vous avez créé Crainquebille avec mon pÚre.
Oui, maĂźtre. C'est pour cela aussi
que je vous ai confié le principal rÎle féminin.
Et pour cela aussi que vous l'avez joué si bien.
VoilĂ ma Pauline, dans la prison.
Pauline Carton.
VoilĂ 20 ans que nous nous connaissons,
et je continue Ă me demander
ce que j'admire le plus : votre talent ou votre intelligence.
Ce décor a été fait sur mes indications
et il est exact.
Au revoir. Au revoir, monsieur.
- Duvaleix...
Monsieur.
Henri Laverne, Bever,
Jacques de Féraudy, Léon Walther.
Je vous préviens trÚs loyalement,
si vous aviez moins de talent,
je resterais quand mĂȘme votre ami.
Jacques Derives, Max-Harry, Louis de FunĂšs.
Cent fois bravo.
Cent fois merci.
Luce Fabiole,
Yvonne Hébert, Mlle Ardant, Mlle Quentin,
Poirier, Mercier, Dalibert, Dejean,
Nastorg, Amato, Eymond et Belly,
serez-vous dans mon prochain film ? OUI !
Madame Maria Fromet,
attentive et présente et qui jouez si bien, merci.
Merci, maĂźtre.
AllĂŽ ? Suzanne DantĂšs,
Jacques Morel et vous, M. Toscane,
puisqu'on ne fait que vous entendre,
on ne vous verra pas au générique.
Mais vous y occuperez la juste place qui vous revient.
Merci.
Un chef décorateur comme vous, Robert Dumesnil,
mériterait qu'on le décore.
Le montage d'un film est chose délicate.
Raymond Lamy, vous ĂȘtes un maĂźtre Ă cet Ă©gard.
Vous, Jean Bachelet, mon chef-opérateur,
vous passerez plus tard pour avoir été l'inventeur
de la photographie en relief.
Mme Odette Lemarchand, je vous appellerai script-lady.
Fernand Janisse, chef-opérateur du son,
puisque vous enregistrez tout, enregistrez ma gratitude.
Irénée Leriche, régisseur général.
Robert ChristidĂšs, ensemblier.
René Ribaud, Gustave Raulet, cameramen.
Et enfin, Robert Sussfeld, directeur de la production.
Croyez-moi vĂŽtre des 2 mains.
Vous tous, sans qui je n'aurais rien pu faire,
participants anonymes
toujours de bonne humeur et toujours serviables,
buvons ensemble à la santé de ceux qui vous sont chers.
Une cloche sonne.
Une cloche sonne.
---
---
---
Mme Michaud, vous seule lisez mon livre d'ordonnances.
Ca ne fait de mal Ă personne
et ça m'intéresse.
Je le vois bien, pardi. Et je me demande pourquoi.
C'est une idée qui m'est venue.
Je connais mes concitoyennes et concitoyens
et mon opinion est faite.
Mais ça m'amuse, justement,
d'avoir la preuve de ce que je pensais.
Et lĂ , vous avez la preuve ?
Et comment !
Les ragots, les histoires qui courent, faut en prendre
et en laisser. Nous sommes d'accord.
Tandis que ça, c'est du sincÚre, du vrai, de l'indiscutable.
Avec les remĂšdes, vous devinez le mal.
C'est éloquent, les mots que portent les remÚdes.
Ainsi, tenez :
Mme Clément, de la place St-Jacques,
aspirine... aspirine... aspirine... aspirine.
Migraineuse !
Et sa gueule renfrognée s'explique.
Le facteur, hein ?
UlcÚre variqueux. Vous vous étonnez, aprÚs ça,
que le courrier nous arrive le soir.
Je ne dirai pas de mal de l'anthropométrie,
mais ça, c'est autrement instructif et concluant
qu'un menton en galoche ou qu'un front fuyant.
Cyanure de mercure... Tout est dit.
Ce n'est pas sa faute.
Non, mais pÚre de 4 enfants, ça, c'est sa faute.
Paul Braconnier : gardénal...
Il ne dort plus.
Avec la femme qu'il a, rien de surprenant.
Tisane de boldo pour l'abbé Méthivier.
Il souffre du foie.
Maladie de foie pour un abbé, ça ne fait pas bien.
Calomel... calomel...
calomel. Il en faut.
Votre crayon,
j'ai un compte Ă faire.
Bonjour, M. le curé.
- Tiens !
Bonjour, mon bon ami.
Comment ça va-t-il ?
Ca va pas fort.
Je supporte plus ma femme.
Ah... Que lui reprochez-vous ?
D'ĂȘtre lĂ . Il ne fallait pas l'y mettre.
C'est mal répondu, M. le curé.
Souvenez-vous du jour oĂč nous nous sommes mariĂ©s.
Ne me dites pas que c'est la mĂȘme.
Elle a 30 ans de plus. C'est pas une question d'Ăąge.
On peut avoir 52 ans et ne pas ĂȘtre un tonneau.
N'avez-vous pas changĂ© vous-mĂȘme ? Soyez juste.
J'ai pris 30 ans, c'est entendu.
Mais je ne bois pas 3 l de vin par jour,
je ne gueule pas, je ne casse pas la vaisselle.
Et pour tout dire,
mĂȘme Ă 53 ans, je me lave les pieds.
Comment ça ?
Je les mets dans l'eau et je les savonne.
Ah ! Ce n'est pas une façon de parler ?
Non.
Elle n'en fait pas autant ?
Si. Tous les deux mois.
Elle me voit les laver toutes les semaines,
comme tout le monde.
Ce n'est pas elle, lĂ -bas ?
Regardez-moi ça, un vrai boudin.
Elle va se confesser ?
Non, jamais.
Vous auriez pu lui en dire deux mots.
Un prĂȘtre ne conseille pas Ă ses ouailles de laver leurs pieds.
Oui...
Vous auriez pu lui faire comprendre que...
Quoi ?
Oh, vous avez raison.
Faire comprendre Ă une femme qu'elle est de trop...
Vous avez de l'imagination ?
Peut-ĂȘtre, oui. Un peu.
Bon, ben, tenez, vous ĂȘtes couchĂ©
et ça, ça arrive dans votre lit.
J'ai moins d'imagination que vous ne pensez.
C'est entendu, mais enfin...
Entre hommes, vous me comprenez.
Oui... Je vous comprends.
J'espÚre que vous ne parlez pas d'elle comme ça à n'importe qui.
Je m'en garde bien ! II y a trop de mauvaises langues.
S'il lui arrivait malheur... On m'accuserait.
Soyez sûr que je prends mes précautions.
Je m'adresse Ă vous car vous n'ĂȘtes pas n'importe qui.
Parfois, on a envie de dire tout haut certaines choses.
Quand on se parle Ă soi-mĂȘme,
ça va vite trop loin.
C'est dangereux car les projets que l'on fait tout bas,
eh bien... ils se réalisent, pour ainsi dire,
sans difficulté.
J'ignore Ă quoi vous faites allusion,
mais vous m'avez l'air de vous parler et d'aller trop loin.
...
Mme Michaud...
M. Chevillard. Ca va ?
Bien. Et vous ?
Trop ?
Permettez... Non !
C'est fait. Elixir parégorique.
Oui. Mais comment se fait-il ?
Ben, voyons !
Du reste, je voulais faire un compte et je l'ai fait.
Dans un bourg comme celui-ci,
je trouve 30 % de...
et 7 0 % de constipés.
Ca explique tout. Tout, quoi ?
La province...
La revoilĂ encore ! Madame fait ses courses.
Elle va chez le pharmacien.
Elle est malade ? Y a pas de danger !
Allons...
Tiens ! Je viens de chez vous,
Mme Michaud. J'aurais voulu de la tarlatane.
J'en manque, Mme Braconnier.
C'est ce que m'a dit votre fille.
Calomel.
Vermifuge.
Ipéca.
Qu'y a-t-il pour votre service ?
Je voudrais de la mort-aux-rats.
Beaucoup ? Pour plusieurs fois.
Je vais vous en donner 500 g.
C'est ce qu'on appelle prendre quelqu'un en grippe.
C'est pire que ça.
Ce n'est pas de la haine. Ah, si !
Vous vous faites plus mĂ©chant que vous ne l'ĂȘtes.
Vous ne voudriez pas la voir morte ?
Moi qui voulais prier pour vous,
je vais devoir prier pour elle.
C'est bon, la mort-aux-rats ?
Comment l'entendez-vous ?
Comme il faut l'entendre.
Alors, c'est bon.
C'est trĂšs, trĂšs bon.
Dire qu'il y a des cocus.
L'envie est un péché, mon fils.
Oh lĂ lĂ !
II y en a pour tuer dix personnes.
Non, pas dix. Sept.
Comment se porte M. Braconnier ?
Comme un chĂȘne.
Il nous enterrera tous.
Vous ĂȘtes bien aimable. Combien je vous dois ?
...
...
On murmure.
---
Ca va ?
Oui, ça va.
...
Qu'est-ce qu'il a ? Je n'en sais rien.
Ca ne va pas, Paul ?
Si, ça va. Ca va trÚs bien.
Allez ! A la soupe !
Au revoir, tous.
...
A demain.
A demain. Eh ben, Ă demain.
Oui. A demain.
...
Vous voyez l'heure, M. Braconnier ?
Oui, je la vois.
Oh, le salaud.
Elle siffle.
La vache...
Mme Braconnier appelle son mari.
S'il lui flanquait une raclée,
ça lui apprendrait à vivre.
Et si votre défunt mari vous en avait flanqué ?
II s'en privait pas. Aux autres, maintenant.
Ah, charité chrétienne ! Voilà bien un de tes coups.
Tu peux pas te grouiller ?
* ... vont déplier leurs atours
Le pigeon dit Ă la pigeonne
Nous nous adorerons toujours
Ce que dit le pigeon, le pinson le répÚte
Et la bergeronnette en fait une chanson
La la la la la
Et la vie est en fĂȘte
Quel est donc ce doux murmure
Qui se prolonge tout le jour ?
Entendez-le dans la ramure
II est la chanson de l'amour
VoilĂ les rosiers qui bourgeonnent
Ils vont déplier leurs atours
Le pigeon dit Ă la pigeonne
Nous nous adorerons toujours
Ce que dit le pigeon, le pinson le répÚte
Et la bergeronnette en fait une chanson
La la la la la
Et la vie est en fĂȘte
Suivons l'exemple qu'il nous donne
Et puisqu'on est lĂ tous les deux
Pigeon toi-mĂȘme et moi, pigeonne
Adorons-nous, soyons heureux
Voici les rosiers qui bourgeonnent
Ils vont déplier leurs atours
Le pigeon dit Ă la pigeonne
Nous nous adorerons toujours
Ce que dit le pigeon, le pinson le répÚte
Et la bergeronnette en fait une chanson
La la la la la
Et la vie est en fĂȘte
*- Vous allez entendre une comédie dramatique en un acte
de messieurs Jean-Michel Vinclair et Paul-Henry Marchepied,
interprétée par Anne-Marie B étavy et Jean-Victor CabanÚre.
Mise en onde par Albert-Léon Fromageot.
Bruiteur, Louis-Alphonse Raphaël.
Script-girl,
Jeanne-Patricia Nebracot.
Régisseur général, Patrick-Antoine Decourt.
Et c'est une production Armand-Justin Toupinel.
- Non ! Ce serait trop facile.
Je ne supporterai pas davantage ta conduite,
je ne pardonnerai pas.
On pardonne quand on en a l'Ăąge. Or, j'ai 30 ans.
Ne t'étonne pas de mon intransigeance.
Pourquoi t'ai-je épousée ?
*- Je me le demande. L'idée de refaire
ma vie ne m'effraie pas.
- Pardi, je pense bien ! Agir comme une fille des rues !
L'idée de vendre ton corps au plus offrant
va combler ta perversité.
Misérable ! - Imbécile !
- Perfide ! Vaniteux !
Cruel !
Le petit-déjeuner est servi.
Merci, mon enfant.
...
Déjà !
Des gens voudraient vous voir.
Qu'ils entrent !
Entrez !
Entrez, je vous prie.
Asseyez-vous.
Je vous écoute.
En vous demandant de bien vouloir nous excuser,
nous venons, comme qui dirait, en délégation,
ces dames et moi, vous prĂ©senter une requĂȘte.
Ah...
Je vous cĂšde la parole.
Tous, commerçants à Rémonville,
v'lĂ des mois qu'on cherche quoi faire pour donner,
comment dirais-je... un élan
à notre village. Un élan ?
On n'est pas bien placés, ça vient de là .
Ca vient de lĂ ? On serait directement
sur la route d'Evreux, le commerce s'en ressentirait.
Certes, mesdames.
Mais je ne peux pas déplacer notre ville.
Rires - Bien entendu !
Mais vous pouvez lui rendre service.
Un service ?
II suffit d'attirer l'attention.
Qu'est-ce qui attire ? Fait parler les journaux ?
Fait qu'on la visite ?
La visiter ?
La découverte d'un trésor... comment disiez-vous ?
Gallo-romain. Gallo-romain.
Gallo-romain ?
Un accident d'auto avec des morts.
Des morts.
Une chose imprévue.
Oui... imprévue.
Avoir des quintuplés.
Une chose extraordinaire.
Oui. En somme, un miracle.
- Vous avez dit le mot, M. le curé !
Un miracle !
Qui nous ferait mettre un poteau sur la route d'Evreux
avec "Rémonville" et une flÚche.
Pour ça, il nous faudrait quelque chose d'extraordinaire.
D'extraordinaire. - Alors...
une idée m'est venue.
Voyez ma fille.
Mais, je la connais. Oui...
Mais regardez-la bien.
Vous comprenez ?
Pas du tout.
Laisse-nous, ma chérie.
Elle est trÚs... trÚs arriérée.
Et alors ?
Comme ces enfants, elle croit ce qu'on lui dit de croire.
Et alors ?
On a pensé à Lisieux, qui a si bien réussi.
On en ferait une miraculée,
ce serait formidable. Vous plaisantez ?
NON, M. LE CURE !
C'est encore plus grave.
Ce que je promets,
et je le promets bien,
c'est de prier le bon Dieu qu'il se produise un miracle
à Rémonville.
Merci, M. Le curé. Merci.
Viens, toi.
C'est scandaleux !
Ce sont des fidĂšles...
Il est d'ici, Pasteur ? Hein ?
Pasteur ? II est de partout !
Encore...
La cloche sonne.
---
Je peux me réfugier chez vous, Mme Tyberghen ?
Je vous en prie.
Il est 7 h et vous ĂȘtes servi.
Merci, ma fille.
De rien, mon pĂšre.
Quand vient le soir, ça devient terrifiant.
Je ne rentre qu'Ă la derniĂšre minute.
La radio nous sauve car elle nous empĂȘche de parler.
Sans elle, il serait peut-ĂȘtre dĂ©jĂ arrivĂ© un malheur.
On est heureux de savoir que la radio peut servir.
Je m'étais imaginé, na.i.vement,
que votre ménage allait mieux.
Au contraire. J'ai de l'horreur pour elle.
Je ferais mieux de me faire sauter le caisson.
En voilà , des idées.
Ses yeux, ses mains, sa voix...
Ce qu'elle dit, son silence et mĂȘme son sommeil...
Voulez-vous vous taire ?
Que vous raconte-t-il, qu'il doive se taire ?
Des horreurs sur sa femme.
Il la voit plus noire
qu'elle n'est. Oh !
...
On claque la porte.
...
* Air de danse
---
*- Ici, Radio Reportage.
Nous avons saisi Me Aubanel quand il rentrait chez lui.
C'est toi qui vas parler !
* L'illustre avocat d'assises
s'est prĂȘtĂ© de bonne grĂące Ă notre interview improvisĂ©e.
Aussi bien ses amis que ses clients,
nous tenions Ă fĂȘter
son 1 00e acquittement. Le 1 00e, n'est-ce pas ?
- En effet. - En 20 ans,
n'est-ce pas ? Oui.
- A quoi attribuez-vous
cette réussite extraordinaire, quasi fabuleuse ?
Au fait que, dÚs ma jeunesse, il m'a semblé
qu'une différence essentielle
existait entre les assassins et les meurtriers.
Ce que ta voix est jolie !
* Au contraire des assassins, les meurtriers me passionnent.
Vous parlez pour la 1 re fois ? Oui.
* Je ne saisis pas cette différence essentielle.
- Je n'ai guĂšre le temps de mieux m'expliquer,
mais j'essaierai d'un mot.
Parmi les criminels, il y a plus de meurtriers que d'assassins.
Et parmi les meurtriers, beaucoup de justiciers.
C'est effrayant.
* L'homme qui tue son gendre,
la femme qui tue son mari, le mari, sa femme,
sont-ce lĂ des assassins ? Mais non !
La disparition de ceux qu'ils ont tués
les rend inoffensifs.
Je n'ajouterai Ă cela qu'un mot :
la plupart des meurtres sont des duels.
Celui que la justice nomme
le meurtrier, moi, je l'appelle le vainqueur.
Larsen
Vous leur permettez d'écouter de telles monstruosités ?
* Fallait la voir Ă 1 7 ans
Qu'est-ce que c'est ?
La radio.
Ah, bon !
* C'était la plus chouette des nénettes
On va se coucher.
Vas-y.
* Son pÚre l'avait élevée dans le temps
A grands coups de souliers dans les fesses
---
Je préfÚre ça de beaucoup. Moi aussi !
Ce que je m'en veux d'ĂȘtre aussi lĂąche.
* Dans les fesses...
...
Ah ! Nom de Dieu !
Tu viens te coucher ou merde ?
Non ! Je travaille.
A demain. Il "travaille" ! Pauvre cul !
Elle rĂąle.
S'il pouvait crever, celui-lĂ !
...
Il faut que j'aille Ă Paris.
Quand ça ?
Bah... D'ici un jour ou deux.
Pour quoi faire ?
Pour voir un nouveau motoculteur.
En partant de bonne heure, je serai rentré pour dßner.
Puisque j'ai votre accord de principe, cher maĂźtre,
puis-je vous demander la somme
que je resterai vous devoir pour m'avoir défendu ?
300 000 francs.
Parfait.
J'aimerais vous poser une question.
Je vous en prie, maĂźtre, posez-la-moi.
Pour quelle raison me choisissez-vous ?
J'estime que vous ĂȘtes un homme exceptionnel.
Unique. Je dirais presque, un phénomÚne.
N'en ĂȘtes-vous pas au 1 00e acquittement ?
Depuis 20 ans, n'avez-vous pas arraché des bras de la guillotine
les criminels les plus hideux qui soient ?
Permettez-moi de m'en vanter.
Puisque vous me reconnaissez cette qualité assez singuliÚre,
la question que je posais est plus que fondée.
Pourquoi m'avoir choisi,
vous qui ĂȘtes la victime indirecte du crime commis ?
L'assassin est connu. Elle est sous les verrous.
Ce crime vous atteint, vous ĂȘtes mieux qu'un innocent.
Je choisis pour avocat le défenseur attitré
des coupables. Pourquoi ? Oui.
Parce que je hais cette petite créature
qui a tué mon beau-frÚre.
Et parce qu'étant partie civile, je ne redoutais qu'une chose :
qu'elle vous eût
comme avocat.
Tandis que devenu l'adversaire de celui qui la défendra,
vous me tranquillisez.
Je suis sûr de sa condamnation.
C'est la raison pour laquelle je vous demanderais 48 heures
de réflexion.
Ce que vous espériez, je suis en droit de le redouter.
Etant l'adversaire de celui qui la défendra,
ma prĂ©sence Ă vos cĂŽtĂ©s peut lui ĂȘtre, sinon fatale,
du moins préjudiciable.
Je ne le voudrais pas. Mais c'est une criminelle.
Oui. Mais n'aurait-elle qu'une chance, laissons-la-lui.
Voulez-vous me donner 48 h de réflexion ?
Avec plaisir.
Je vous accompagne.
Avez-vous décidé de me répondre non ?
Franchement, pas encore.
Mais n'ayant assisté que des coupables,
comprenez que j'hésite à proclamer le contraire
de ce que je dis depuis 20 ans. Je le comprends.
En tout cas, ce Ă quoi je m'engage,
si dans 48 h je vous répondais non,
c'est Ă ne pas accepter d'ĂȘtre son dĂ©fenseur.
Je vous en remercie.
Ils sont trÚs beaux, vos candélabres.
Un incendiaire me les a donnés.
Au revoir. Au revoir.
Qui a sonné, il y a 5 minutes ?
Un homme qui refuse de dire son nom.
Nerveux au possible, presque agité,
et qui vous supplie de le recevoir.
Et qui souhaite ne pas rencontrer les gendarmes.
Ca en donne l'impression.
Je le recevrai dans un instant.
Monsieur,
je n'attendrai pas 48 heures
pour vous déclarer
que, Ă mon trĂšs vif regret,
il ne me sera pas possible de vous assister en la circonstance.
Ne m'en tenez pas rigueur
et considérez bien que je tiendrai sans déplaisir
la promesse que je vous ai faite.
Agréez, cher monsieur...
Je signerai la lettre et vous la ferez porter ce soir.
Faites entrer celui qui ne veut pas dire son nom.
Entrez, je vous en prie. Asseyez-vous.
Je vous écoute.
J'ai tué ma femme.
Quand ?
Hier au soir.
Comment l'avez-vous tuée ?
II pleure.
Mais... D'un coup de couteau ?
Oui !
Bon.
Le poison, c'est mieux ?
Je n'ai pas dit ça.
Il m'a semblé que le couteau. .. C'est mieux.
Le poison, c'est prémédité.
Je le pense aussi.
C'était donc prémédité.
Quoi ?
Sa mort.
Euh...
Je ne suis pas le juge.
Ah, c'est vrai !
Oui, on ne peut pas dire, je l'ai prémédité.
Ca s'est trouvé.
VoilĂ .
Mais vous disiez avoir pensé que le couteau était mieux.
Vous l'avez dit.
Que racontez-vous ?
Vous me l'avez demandé.
Vous avez dit oui.
Naturellement. Mais l'idée du couteau, c'est vous.
C'est absurde.
Non... Je m'exprime mal.
J'aurais dĂ» la tuer autrement ?
Jamais de la vie.
Ce qui est fait est fait.
Bon.
Donc, j'ai bien fait.
Je vous ai dit oui.
Je voulais savoir si j'avais bien compris.
Faut m'excuser si je suis tatillon.
Votre vie, c'est de ne fréquenter que les assassins.
Fatalement, vous en avez la pratique.
Moi, je tue pour la 1 re fois.
Alors évidemment, je suis un peu affolé.
Je voulais savoir si c'était une gaffe
ou les précautions à prendre.
Je vous questionne pour ça.
Bon !
Alors, vous ne m'en voulez pas
pour ce que j'ai dit ? Non !
Vous avez dit "prémédité", ça m'a fait dresser l'oreille.
Je le retire. Bon.
Sans ĂȘtre prĂ©mĂ©ditĂ©, vous l'aviez
en tĂȘte.
Depuis des mois, je n'en pouvais plus.
C'est ce que je veux savoir.
Vous étiez son aßné ? D'un an.
Elle buvait ?
Pffft !
Beaucoup ? Bien trop.
Elle vous trompait ?
Pffft... Bah, ça... Je n'en suis pas sûr.
Vous le supposiez sans preuve.
Exactement.
Vous vous sentiez trahi.
C'est ça.
Quand on a commis un crime, on doit réunir ce qui en atténue
les circonstances. Evidemment.
Elle vous trompait.
Ma tĂȘte Ă couper !
HĂ© ! Evitez cette phrase.
Oui.
Revenons au couteau.
Avec plaisir.
Mais d'abord, pourquoi me choisissez-vous comme avocat ?
Oh, ça...
Vous saviez mon nom ? Vaguement.
L'autre soir, j'ai fait votre connaissance par la radio.
Ce que vous avez dit et la façon de le dire, ça m'a impressionné.
Vous en étiez à votre 1 00e acquittement
et je me suis dit : voilĂ mon homme.
Vous l'auriez tuée
si vous n'aviez pas entendu l'interview ?
Peut-ĂȘtre pas.
Bon... Le couteau ?
Ah !
Je vous écoute.
C'est Ă moi de vous entendre.
Ah, c'est vrai !
II y a eu plusieurs coups ?
Un seul. J'ai bien fait ?
Ca vaut mieux pour vous...
et pour elle. Ca fait accident.
N'en demandons pas tant.
OĂč l'avez-vous frappĂ©e ?
Bah... N'est-ce pas...
Dans le ventre. Oui...
Je n'ai pas regardé.
Elle est morte ?
Oui ! Bien sûr.
Soyez tranquille.
Pourquoi ĂȘtes-vous libre ?
Parce que ça ne se sait pas.
Peut-ĂȘtre maintenant, mais ce matin,
ça ne se savait pas.
OĂč habitez-vous ?
Rémonville.
1 , place Jean JaurĂšs.
Vos nom, prénom, qualité ?
Paul, Louis, Victor Braconnier.
C'est votre profession ?
Non... Braconnier, c'est mon nom de famille.
Mon métier, c'est horticulteur.
Votre situation de fortune ?
7 00 000.
Hein ? 7 00 000.
Elle le savait ?
Oh... A peu de choses prĂšs.
Ca l'intéressait ?
Oh lĂ lĂ !
A ce propos, vous devez demander cher pour mon affaire.
Nous en parlerons plus tard.
C'est ça.
Votre Ăąge ? 53 ans.
Marié depuis... 30 ans.
Pas de condamnations, déjà ?
Ni vol...
Oh, non ! Au contraire.
Bon. Revenons au couteau. OĂč Ă©tait-il ?
Dans le ventre.
Non, avant.
Il était... là . Comme ça...
Sur la table ? Sur la table.
Vous ne l'aviez pas pris dans le tiroir ?
C'est elle qui avait mis le couvert ?
Elle le met toujours. Enfin, le mettait.
Bon.
Elle n'a jamais fait de tentative de meurtre sur vous ?
HĂ©, non...
Pas Ă ma connaissance.
Elle n'avait pas acheté
de revolver ?
Alors, ça...
Non. Ca aurait fait bien.
Evidemment.
Malheureusement, non. Oh...
Tant pis.
Donc, hier soir, elle était ivre. Oui.
Auriez-vous un témoin
de son état d'ébriété ?
Certainement.
Sans aller jusqu'à la légitime défense,
vous ĂȘtes-vous senti menacĂ© ?
Eh, oui.
Elle disait : "Tu ne crĂšveras donc jamais ?"
Bah, ça...
C'est pas des choses Ă dire. Non, certes.
C'est plutĂŽt un espoir.
Un geste aurait plus d'éloquence.
Une soupiÚre, ça va ?
Une soupiĂšre ?
Enorme, qu'elle m'aurait jetĂ©e Ă la tĂȘte ?
L'a-t-elle fait ? Oui !
II y a longtemps ? Hier soir.
C'est trÚs bien, ça.
Une seconde avant le coup de couteau.
Donc, réflexe.
Ou mieux encore, défense. Oui.
Vous avez pris le couteau,
étant menacé. La table nous séparait...
En se penchant, elle s'est embrochée
d'elle-mĂȘme. VoilĂ !
C'est amusant, hein ?
Quoi donc ?
Votre façon de reconstituer la scÚne.
Ce que c'est que l'expérience !
J'espĂšre n'avoir rien oubliĂ©. N'attendez pas d'ĂȘtre arrĂȘtĂ©.
Constituez-vous prisonnier.
Oui. Tout de suite.
DĂšs votre retour. Oui !
6 h aprÚs, désignez-moi comme avocat.
Et surtout, ne parlez pas.
Vous ne le ferez qu'en ma présence.
Je vous accompagne.
Et puis, dites-moi
Ă quelle prison vous ĂȘtes. Evreux, probablement.
Vous n'y serez pas mal. Vous y avez été ?
Comme avocat. Ah !
Mais alors, en somme,
cette conversation...
Pourrait ne pas avoir eu lieu.
Dois-je recopier vos notes ?
Non, je prĂ©fĂšre les complĂ©ter moi-mĂȘme.
Affaire intéressante ?
Oui, facile. Je dirais mĂȘme banale
si l'homme n'était pas extraordinaire.
C'est une espĂšce de monstre prenant
et de qui se dégage un charme singulier.
Il tient Ă la fois
de la chimĂšre
et du clown. Sonnette de porte
J'ai un rendez-vous ?
Pas Ă ma connaissance.
Le procureur de la République.
Il est au salon ? Oui, Monsieur.
Bon, merci.
Priez-le d'entrer.
Bonjour, cher maĂźtre et ami. M. le procureur.
Je ne vous cache pas l'agréable surprise de votre visite.
TĂ©moignage de l'intĂ©rĂȘt que je vous porte.
Je voulais qu'elle n'ait aucun caractĂšre officiel.
Vous recevoir dans mon cabinet eût attiré l'attention
et je dois ĂȘtre Ă 5h
chez Mme de Montgeron qui habite en face.
Ma foi, j'ai sauté sur la co.i.ncidence.
Et me voilĂ tout Ă fait Ă l'aise
pour vous dire sur le ton le plus cordial qui soit
la chose la moins agréable du monde.
L'interview que vous avez donnée à la radio
a fait le plus mauvais effet, sachez-le.
Ceux qui l'ont entendue répÚtent vos paroles
et les autres les dénaturent.
Ne me répondez rien. Ce qui est fait est fait.
Mais soyez sur vos gardes.
Vos cent acquittements
vous ont fait d'innombrables ennemis.
Que vous vous en moquiez, je le conçois,
mais vos arguments inattendus,
poussés parfois jusqu'au paradoxe,
pourraient avoir de fùcheuses conséquences.
Lesquelles ?
Je vais vous le dire.
J'ai vu le président, ce matin.
Nous ne sommes pas éloignés de penser
que cette discrimination que vous faites
entre le meurtrier et le criminel peut troubler les consciences.
Pardon, M. le procureur, ce n'est pas moi qui les acquitte.
Je ne vous reproche pas vos acquittements.
C'est encore heureux.
Je ne vous reproche rien,
si ce n'est le ton sur lequel vous me répondez.
Nous ne sommes pas au tribunal, je me trouve chez vous.
Je vous prie de m'excuser. Volontiers.
Par estime pour votre talent.
Mais...
Peut-ĂȘtre me suis-je mal fait comprendre.
Quand je dis que vos arguments troublent les consciences,
je ne parle ni de celles des juges ni de celles des jurés.
Mais de celles des innombrables meurtriers éventuels
qui suivent les débats, qui lisent les journaux,
et qui vous portent dans leur coeur.
Ce n'est pas le magistrat qui vous parle.
C'est l'homme
et l'ami qui se demande si votre éloquence exceptionnelle,
et quelquefois particuliÚre, n'est pas de nature, je le répÚte,
Ă encourager le crime.
Oui !
Comment ĂȘtre sĂ»r qu'un misĂ©rable ne se dise pas
qu'il va tuer son pĂšre, sa mĂšre ou sa fille
et vous prendra comme avocat ?
Je l'ai entendu dire, hier, par une dame, à l'Opéra.
Ca... Nous sommes d'accord.
L'idée lui serait-elle venue sans votre interview ?
Je ne saurais le dire.
Nous étions 5 personnes, dans ma loge,
nous en parlions.
Elle a dit ça ? Elle a dit :
"Avec Aubanel, on n'a plus Ă se gĂȘner. J'achĂšte un revolver."
Je regarde l'heure, pardon. J'ai 2 minutes.
Ne prenez pas mal
ce que je vous ai dit.
Aucune arriÚre-pensée n'est en moi, croyez-le instamment.
En montant l'escalier, j'ai croisé un homme
qui sortait de chez vous.
Quel était cet homme ?
Un assassin ? Oui.
Un meurtrier, direz-vous. Oui.
Il a parlé de l'interview ?
Oui.
Alors, j'ai tort, à votre égard ?
Non...
Vous voulez que j'aide la justice Ă en condamner un sur deux ?
Mais non !
Je ne me laisserai plus interviewer.
Mais j'Ă©tais de bonne humeur. On fĂȘtait...
Votre 1 00e succĂšs.
Vous aviez votre 1 00e, comme les auteurs dramatiques.
Mais ce n'est pas du théùtre, la justice.
Ah ? Non.
Evitez ces formules lapidaires qui ont fait votre réputation,
mais qui sont dangereuses.
Tenez, celle-ci,
relative aux meurtriers que vous prétendez occasionnels.
"Un assassin n'est souvent qu'un voleur que l'on dérange."
Non...
N'excusez pas le vol.
Je dois porter une fausse barbe et plaider sous un faux nom ?
Cet avocat serait célÚbre au bout d'un mois.
On en aurait deux au lieu d'un.
Il vaut mieux pas.
Aubanel... M. le procureur ?
Un homme ou une femme s'étant porté partie civile
se présente chez vous demain et demande votre assistance.
Que faites-vous ?
J'accepte. Merci.
J'irai ce jour-lĂ vous entendre.
Aubanel faisant condamner un assassin.
A moins qu'au dernier moment, me trompant,
je ne le défende.
Vous aimez tant les assassins ?
Moins que le public.
Si les journaux ne relataient pas les crimes,
ils vendraient moitié moins.
Et c'est pourtant ignoble, de tuer.
Oui, mais ça fait vivre tant de monde.
...
Hum ? Oui.
...
...
Ah ! Oh...
Tu dors par terre ?
Fallait-il que tu sois soûle.
Occupe-toi de tes oignons.
Tu vas vouloir manger, probablement.
Non, mais j'ai soif.
Allez, encore.
Encore.
Va t'en chercher, si t'en veux plus.
Celui-lĂ , je le garde pour moi.
Tu te trouves pas assez soûle ?
Jamais assez pour oublier ta gueule.
...
T'as eu le temps
d'oublier ma gueule, quand j'étais pas là .
T'as dĂ» t'en payer.
M'en payer ?
M'en payer ?
Avec qui je m'en serais payé ?
Avec ton jules.
Avec mon jules ? Quel jules ?
Oh, ça va... On sait ce qu'on sait.
Tu parles de Jules Martinet ? Tiens, pardi !
Ha, ha !
T'es trop couillon, je réponds pas.
T'as raison de tout fermer.
Qu'on t'entende pas dire des conneries pareilles.
Jaloux, maintenant ! Ha, ha ! II manquait plus que ça.
Va te chercher du vin, ça vaudra mieux.
On en reparlera.
Tant que tu veux, trouduc...
J'aimons mieux
Labourer la terre que de porter des bottines élastiques
Aimons mieux labourer les champs que de porter des gants blancs
Allez, du courage.
3 bouteilles, vous vous rappellerez.
Oui. Je paierai demain.
Tiens, tiens.
...
Allons. Trinque avec moi, va.
Car enfin, t'es plus bĂȘte que mĂ©chant.
Tu veux pas faire la paix ?
Alors, debout tous deux.
Puisque tu veux trinquer.
Elle hurle.
---
...
Oh lĂ lĂ !
Un coup de revolver.
Je crois pas, mais ce n'est pas mieux.
On n'entend rien. Mauvais signe.
Non ? Pourquoi ?
Si l'un a tué, l'autre va pas crier.
On prévient les gendarmes ?
Ils n'aiment pas venir pour rien.
Qui sait ?
C'est l'heure de leur tournée, attendons-les.
Je vous vois en arrĂȘt. Qu'y a-t-il ?
Bonsoir, M. le curé.
Il y a eu un grand bruit chez les Braconnier. Puis, rien.
Il s'est peut-ĂȘtre passĂ© quelque chose.
Ils ont l'habitude de se disputer.
Ca allait mieux, pourtant.
Je l'ai remarqué.
Ca ne nous regarde pas.
On devrait prévenir les gendarmes.
Les voilĂ ,
les gendarmes.
On peut leur en parler. Vous avez tort.
Non. Vaut mieux ne pas sentir le vin.
Le voilĂ .
...
Je viens de la tuer.
J'allais me constituer prisonnier.
Suivez-nous.
...
- Qu'on ne touche Ă rien.
- Qu'on ne touche Ă rien.
OĂč est le cadavre ? LĂ .
Ah, oui.
Alors, que s'est-il passé ?
Je répondrai en présence de mon avocat.
C'est votre droit. Quelque chose est cassé.
La soupiĂšre qu'elle m'a jetĂ©e Ă la tĂȘte.
J'étais là . Elle, ici.
Conversations agitées
---
Qu'y a-t-il donc ?
Un drame chez les Braconnier !
Quel genre de drame ?
Assassinat !
Assassinat ?
Ca ne m'étonne pas. Je descends.
Pourquoi ça l'étonne pas ?
Tenez, buvez.
Non, merci.
Ca va vous remettre. Sans façon.
Les gendarmes y sont ? OUI !
J'y vais. Elle l'a tué.
Mais non !
Je vous dis que si.
Quand je dis quelque chose, on peut me croire.
Il en sait plus ?
II croit que Paul est mort. Il est sourd.
C'est par jalousie. Jalousie ?
C'est la maĂźtresse de Jules.
Quel Jules ? Martinet. Je l'ai entendu.
Oh, ben ça alors !
Voyez donc.
Coups
Qu'y a-t-il ?
Qu'il prenne ça, c'est un contrepoison.
Qu'on m'ouvre, je vais tout vous dire.
Du contrepoison pour un coup de couteau !
Que dites-vous ? Rien.
Foutez-moi la paix !
Entrez.
Pas vous !
Donnez-moi la fiole. Je vais lui faire boire.
C'était la maßtresse de Jules.
De Jules !
Pardon...
Elle m'a acheté de la mort-aux-rats, il y a 4 jours.
Buvez, mon pauvre ami.
C'est elle qui est morte.
Comment ? C'est elle qui est morte !
Ah, bon...
D'un coup de couteau !
OUI.
Tenez, vite !
Aaah !
Oooh !
II les avait chipés ensemble.
Et il l'a tuée.
Le pharmacien est mort d'une embolie.
On ouvre la porte.
Une visite pour vous.
Une visite ? Pas plus de 5 min.
Oh ! Jules ! Mon vieux Paul !
Que je t'embrasse.
Je t'apporte ton vieux costume
et quelques friandises.
Oh !
On s'est tous cotisés pour cette surprise.
Les oeufs durs, c'est Mme Michaud.
Le jambon, c'est Gustave.
Le chocolat, c'est Ernestine.
Et le gruyĂšre, c'est moi.
Comment tu as fait pour entrer ici ?
Le frÚre de Germaine a été l'amant de la femme du gardien.
Ah, c'est ça !
Et au village, comment ça va ?
Ca va trĂšs bien.
Mais Ă propos de moi ?
Ca va trĂšs bien.
Tu n'as que des sympathies car ça nous a fait du bien.
Comment ça ?
Pour le commerce. Ah ?
Tu as eu de bons articles dans les journaux.
C'est quoi, "bons" ?
En premiĂšre page.
Et puis, trĂšs longs. Avec des titres en grosses lettres.
Rémonville, par-ci, Rémonville, par-là .
Alors, tu penses !
Des photographes, des autos qui passent par le village
grĂące au poteau sur la route d'Evreux.
Pour le pays, c'est inespéré. Pour t'en donner une idée,
à notre petit café, tu sais... Oui.
Il y a 8 tables en plus, Ă la terrasse.
Quant Ă la maison du crime,
c'est comme ça qu'on appelle ta maison,
ça, n'en parlons pas !
II s'y passe quoi ? Des visites du matin au soir.
Il faut un service d'ordre.
Les morceaux de la soupiĂšre sont dans une vitrine.
Quant au couteau, il est planté
dans une miche de pain sur la table de la cuisine,
avec "Défense d'y toucher".
Considéré comme une relique.
Car te voilĂ populaire, mon vieux Paul.
Et quel que soit ton sort,
Rémonville et ses habitants ne seront pas des ingrats.
Tu peux compter sur leur reconnaissance.
Alors, bien.
Elle ne mettra plus
De l'eau dedans mon verre
Car maintenant la Poison, elle est morte
Allez, en choeur !
Elle ne mettra plus de l'eau dedans mon verre
Car la guenon, la Poison, elle est morte !
On commence Ă la savoir.
On ouvre la porte.
- Votre avocat vous demande.
Oh ! Enfin !
Vous avez de la chance d'avoir cet avocat.
Avec Aubanel, vous ĂȘtes sauvĂ©. Je l'ai choisi pour ça.
Vous avez eu votre café noir ? Oui, merci.
Bonjour, maĂźtre.
Ce que je désirais vous voir ! J'en pouvais plus.
Vous allez en apprendre de belles.
Elle voulait m'empoisonner. Soyez heureux, parfaitement.
Elle avait acheté de la mort-aux-rats
et on n'a jamais eu de rats.
Le pharmacien me l'a dit avant de mourir.
C'est de ça qu'il est mort car il a bu mon verre.
Sur le moment, je n'ai rien voulu dire
car je ne devais parler qu'en votre présence.
Qu'on fasse l'autopsie du pharmacien.
Comme ça, ça y est !
Je l'ai, la tentative de meurtre que vous vouliez.
Vous ĂȘtes content de moi ?
Sur ce point, sans doute.
Mais sur un autre, je le suis moins.
Ah ?
Asseyons-nous.
J'ai à vous parler trÚs sérieusement.
Ca ne va pas ?
Non.
J'ai reçu le constat dressé par la gendarmerie
le soir mĂȘme du crime.
Il me faut une explication. A quel sujet ?
Au sujet de la date de l'assassinat.
Le constat s'exprime ainsi :
"Arrivés sur les lieux du crime,
"le jeudi 1 1 octobre, Ă 20h."
Et alors ? Attendez.
"Le docteur constata que la victime avait reçu un coup de couteau
"et que sa mort s'était produite environ 20 minutes
"auparavant." Et alors ?
Comment ?
Vous l'avez donc tuée le 1 1 .
Qu'y aurait-il d'extraordinaire ?
Vous ĂȘtes venu chez moi le 1 1 .
Et aprĂšs ?
Disant que vous aviez tué votre femme la veille.
Mais vous l'avez tuée 4 h aprÚs.
Pour elle et moi, ça ne change rien.
Pour moi, si !
Je ne vois pas l'importance que ça peut avoir
que je l'aie tuée le jeudi au lieu du mercredi.
Pourquoi ĂȘtre venu avant de l'avoir tuĂ©e ?
Pour deux raisons.
Savoir si je vous aurai comme avocat.
Et pour que vous me disiez comment m'y prendre.
Personne n'aurait pu mieux me conseiller.
La preuve, c'est que j'ai suivi
vos instructions. Mes instructions ?
Le couteau sur la table, la soupiĂšre Ă la tĂȘte,
la scÚne de jalousie avant, tout a été fait scrupuleusement.
Scrupuleusement ?
Je ne voulais pas de reproches, par la suite.
Si je vous avais dit : "Je veux la tuer ce soir,
"que faire ?", vous auriez refusé.
Mais l'ayant tuée, je vous mettais à votre aise.
Et avec votre passion des crimes,
vos questions m'indiquaient ma conduite.
Vous m'accusez de vous avoir...
Je ne vous accuse pas, ce serait idiot.
Je vous suis reconnaissant de m'avoir guidé.
Guidé ?
C'est pas moi qui ai eu l'idée du couteau.
Le poison, c'est l'idée qui nous vient,
à nous qui ne sommes pas du métier.
Vous préfériez le couteau, je l'ai pris.
Ce que je ne comprends pas, c'est votre air ennuyé.
Si une chose pareille se savait !
II ne faut pas qu'elle se sache, il ne faut rien dire !
Nous devons marcher
la main dans la main, comme des complices.
Mais je ne veux pas !
II n'y a pas mieux, pour s'en tirer.
Et si je refusais de plaider pour vous ?
Ce ne serait pas malin.
Pourquoi donc ?
Je me vengerais, en disant que vous me l'avez fait tuer.
Ce ne serait pas par mĂ©chancetĂ© mais pour sauver ma tĂȘte.
Et ce serait la vérité.
Je vous le dis, sans vous, je ne l'aurais peut-ĂȘtre pas tuĂ©e.
Entre elle et moi, j'hésitais.
Un de nous deux était de trop.
Je l'ai dit à la fleuriste. Il fallait qu'on se sépare.
En la supprimant ou en me supprimant.
Ou en attendant qu'elle me supprime.
Je l'ai supprimée,
car vous m'en avez donné le courage en acceptant de me défendre.
C'est capital, de vous avoir comme avocat.
Sachez qu'on est mieux traité dans les prisons
quand on sait qu'on vous a.
Etre défendu par Aubanel, pour eux,
c'est ĂȘtre innocent, puisqu'on sera acquittĂ©.
Je serai terrible pour vous, si vous m'abandonnez.
Me faire tuer ma femme, c'est violent.
Me faire guillotiner, ça dépasserait la mesure.
Alors, pas de blague.
Je compte sur vous.
D'autant que... permettez...
Si vous me rendez service,
je vous en rends un. J'ai suivi vos instructions
et je vous apporte un acquittement tout cuit.
Un de plus ! Et un beau !
Vous auriez une cigarette ?
Non, merci.
Vous avez des allumettes ? Non.
GeĂŽlier.
GeĂŽlier !
Du feu.
Vous ne savez donc rien faire.
Tenez.
Alors, nous sommes d'accord ?
Hmm.
Parlez-moi de la mort-aux-rats.
Avec plaisir.
Si je l'avais tuée à mon idée, vous me diriez aujourd'hui :
"Venez me voir la prochaine fois, avant de recommencer."
Julie Poitrineau, Jules Martinet,
André et Germaine Chevillard
M. l'abbé Méthivier
et Amélie Berthelon.
ThérÚse Chignol, Victor Boitevin,
Ernestine Abajoue.
On est tous témoins ? Allez, on est en retard.
Louis Colledepatte et Gustave Battendier.
Allez, en route.
AU REVOIR !
Merci.
Cris
---
HĂ© ! LĂ -bas !
Vous avez entendu vos parents ? Vous devez m'obéir.
Jouez sans vous faire de mal.
Braconnier, vous avez entendu l'accusation ?
Oui, oui.
C'est trÚs joli, tout ça.
Mais il y manque le principal.
C'était de la légitime défense,
ça n'a pas été dit.
Mais ça change tout.
Vous faites de moi un assassin, mais non !
Je ne l'aurais pas tuée, elle m'aurait tué, moi.
Me reprocher de l'avoir tuĂ©e, c'est me reprocher d'ĂȘtre vivant.
Et si j'étais mort,
elle serait devant vous, Ă la place
que j'occupe.
Plus coupable que nous.
"Nous." II avoue qu'on était de mÚche !
Oui, plus coupable encore.
Car ayant acheté de la mort-aux-rats,
elle préméditait son crime.
- Pardon !
Quand vous l'avez tuée, vous ignoriez ses intentions.
Des intentions ? Vous plaisantez.
La mort-aux-rats
dans mon verre, c'est des intentions ?
C'est plutĂŽt un fait.
Soit ! Mais vous l'ignoriez !
Je n'en ai que plus de mérite de l'avoir deviné.
Je l'ai vu dans ses yeux.
J'ai vu aussi le couteau et je l'ai pris.
A sa place !
Et vous l'avez tuée.
Je me suis défendu.
Pour une fois, le chĂątiment
aura précédé le crime.
Vous seriez mal venu de m'en faire grief.
Ca devrait servir de leçon.
Vous allez trop loin. Pas du tout.
Et je tiens à m'expliquer. Ma femme était un assassin,
nous sommes tous d'accord.
En la tuant, je n'ai fait que ce que vous auriez fait.
Taisez-vous. Je ne me tairai pas !
Vous le faites, mais vous le faites
trop tard !
Vous attendez qu'il y ait quelqu'un de tué.
Vous rendez la justice,
mais avec une mort de plus.
Mon systĂšme en fait une de moins.
Si je vous avais dit la veille : "Ma femme va me tuer demain."
Qu'auriez-vous pu faire ? Rien du tout.
Si j'avais demandé la permission de la tuer avant,
vous me l'auriez refusée
et m'auriez laissé empoisonné sans bouger.
Aussi, je viens vous dire,
ne me reprochez pas d'avoir fait votre travail.
C'est insensé !
J'observe une chose extraordinaire :
à quel point le fait d'avoir tué peut développer l'intelligence.
Jamais, en temps normal, je n'aurais été aussi brillant.
OĂč qu'ils sont tous allĂ©s ?
Qui ? Nos parents.
A Pont-l'EvĂȘque. Pour y faire quoi ?
Assister au procĂšs de M. Braconnier.
Celui qui a tué sa femme ?
C'est ça. Ils ont de la chance.
Touche pas à ça.
Vous jurez de dire la vérité, toute la vérité,
rien que la vérité ? Ca ne se demande pas.
Si, ça se demande.
Disons que ça se refuse pas.
Je le jure, comme tous les menteurs qui se sont appuyés à ce balcon.
Je vous dispense de vos réflexions.
Comment on est reçu !
M'en parlez pas.
Vous ĂȘtes merciĂšre
à Rémonville. Je le jure.
Une fois suffit.
MerciĂšre, pour vous servir.
Une question. Ne vous gĂȘnez pas.
A votre connaissance...
Mais j'ai pas de connaissance ! Si !
Mais non ! Mon époux n'a jamais porté de cornes.
Ce n'est pas ça !
J'ai compris ça.
Par erreur.
Parlons d'autre chose.
Paul Braconnier, à votre avis, était-il homme
à désirer la mort de sa femme ?
Bah, bien sûr.
Comment ça ?
Parce que ça va de soi.
L'avez-vous entendu dire ?
Ca m'aurait pas frappée.
Pas frappée ?
Quelle est celle qui n'a pas souhaité la mort de son mari ?
C'est dans le courant de la vie conjugale.
On s'en porte pas plus mal.
J'en prends mes semblables à témoin.
- Je trouve monstrueux
ces propos.
Ce qu'ils sont hypocrites.
Le curé vous le dira !
Vous qui recevez nos confessions, venez Ă mon secours.
Ce sont les secrets de la confession.
Sans dire les noms, n'ayez pas peur.
Dites-leur, vos nombreux paroissiens
qui s'accusent d'espérer la mort de leur proche.
Nombreux... Ils sont quelques-uns.
Il y en a certains.
Les scrupuleux.
VoilĂ , c'est le mot.
Nous sommes d'accord.
Elle avait fait quoi, pour qu'il la tue ?
On se le demande.
Si on se le demande,
c'est ce que je pense. Quoi donc ?
Elle le faisait cocu.
SUREMENT !
OĂč avez-vous appris ce mot ?
Ils rient.
Vous en étiez jaloux ?
Oh... ça...
Vous l'avez déclaré à l'instruction.
Nous pensions que ça pouvait faire bien.
Mais je n'y tiens pas beaucoup.
Je trouve que ça diminue ma position.
Pourquoi ?
Mais parce que, vu son physique,
ce n'est pas une chose croyable.
Laissez-moi faire ce que je veux.
- Dis-lui, au président.
- Je n'ose pas. - Si,
c'est important.
Elle le trompait avec Jules Martinet.
Tout le monde le savait.
Mais c'est faux !
J'ai entendu Paul le lui reprocher.
Je vous dis que c'est faux. Faux !
Pourquoi t'en défends-tu ?
Parce que... mon vieux...
J'aimerais te rendre service, mais ça... non.
Elle te paraissait pas possible ?
Non, lĂ ... Franchement.
Nous sommes tous d'accord lĂ -dessus.
André, Henri, Gustave, Victor, Fernand.
Vous auriez pu faire ce que je pense avec ma femme ?
Alors ?
Du reste, je vous ai apporté une photographie.
Attendez...
Ma femme, il y a deux ans.
Pourriez-vous leur passer ?
Ca les convaincra plus que ce que je dirai.
Musique sur l'air de "En avant Fanfan la Tulipe"
---
Pas besoin de vous demander si l'un de vous...
Ne continuez pas sur ce sujet.
- Mais dites donc, Braconnier,
vous vous croyez beau ?
Vous avouez donc qu'elle était laide.
Répondez à ma question.
Vous vous croyez beau ? Pas plus que vous.
Comment ça ?
Pas plus que vous, vous ne me croyez beau.
Mais il ne s'agit pas de ça.
Sa beauté est en cause, pas la mienne.
Il ne s'agit pas de savoir si une femme peut ou ne peut pas,
mais si elle veut
ou ne veut pas, ce qui est secondaire.
Tandis que l'homme, il faut qu'il puisse !
II ne s'en tire pas en fermant les yeux.
Je me fais comprendre ?
Approbation et rires
Je prĂ©fĂšre ĂȘtre accusĂ© aussi de l'avoir tuĂ©e pour ça,
plutÎt qu'on me dise que j'en étais jaloux.
Je tiens Ă votre estime.
On va le guillotiner ?
J'espĂšre que non.
Pourquoi ?
On n'espĂšre pas la mort d'un homme.
D'une femme, on peut ? Mais non !
Dans votre monde Ă vous,
si vous ne supportez plus votre femme,
d'abord, vous la trompez puis vous demandez le divorce.
A la campagne, c'est différent.
Les paysans ne divorcent pas.
Ils attendent que l'autre soit mort pour refaire leur vie.
C'est quelquefois long.
- Quel culot ! - Chut !
Intolérable !
Un fils tue son pĂšre, c'est un parricide.
Oui.
Une mĂšre qui tue son fils ? Un infanticide.
Un mari qui tue sa femme ? Un assassin.
Papa, hier, disait que c'était un veuf.
Regrettez-vous votre crime ?
Ca va dépendre de vous.
Si vous me condamnez, je le regretterai.
Si vous m'acquittez, non.
Bon. Si je l'avais blessée,
je prĂ©fĂ©rerais ĂȘtre condamnĂ© que de retourner vivre avec elle.
Ce serait pas de chance que, l'ayant supprimée,
vous ne me laissiez pas profiter de la vie.
Pas un mot de regret ! Pas un mot de pitié !
Non, monsieur. Pas un mot, pas un seul.
Non, monsieur.
Pour vous montrer qu'elle méritait son chùtiment.
Vous avez des regrets
quand vous condamnez ?
Sûrement pas et moi non plus.
Sinon, de quoi j'aurais l'air ?
D'un polichinelle.
Qu'est-ce que vous faites ?
On joue au mari et Ă la femme. Ca, c'est le couteau.
C'est pas des jeux, ça !
Et j'en dirais davantage encore,
si son acquittement me paraissait douteux.
Et allez donc !
Tu n'as pas honte de l'avoir tuée ?
Accusé, levez-vous.
En mon Ăąme et conscience, devant Dieu et les hommes. ..
Vous ĂȘtes accusĂ© d'avoir tuĂ© votre femme.
Vous aurez la tĂȘte coupĂ©e.
"Par ces motifs,
"Paul Braconnier...
Mais !
Ils sont fous !
En voilà , des jeux. Je ne veux pas de ça.
Cris
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Amnistié !
Amnistié !
AMNISTIE !
Cris de joie
Valse
Sous-titrage TVS - TITRA FILM
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