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Zulu
Dans le système judiciaire, les citoyens sont représentés...
par deux organismes d'égale importance.
La Police, qui enquête sur les crimes...
et le Ministère Public, qui poursuit les contrevenants.
Voici leurs histoires.
Allô ? Allô ?
Allez de l'autre côté de la rue. Plus vite !
J'amène la lance.
10-47, demande de renforts policiers. Envoyez-nous la police.
Pompez ! Pompez !
5-0E au QG, 10-45. Deux victimes.
Bataillon au QG, envoyez des ambulances.
On est prêts ici !
Tu veux éteindre le feu tout seul ?
- Tout gosse veut devenir pompier. - Ou flic.
- Pas moi. - Ah non ?
Quand je voyais mon vieux, c'est à dire le dimanche matin, à la messe...
- je me disais, "très peu pour moi". - Que s'est-il passé ?
J'ai grandi, j'imagine...
Dieu nous aide.
Oh mon Dieu.
J'en ai jamais vu autant.
- Et toi ? - Pas dans le civil.
Dieu sait combien il en reste là-dedans.
- C'était quoi comme endroit ? - Un club social.
Social ?
On en sort un autre...
- Désolé, vous pouvez pas entrer. - On a nos billets.
C'est pas un concours d'autorité.
C'est un incendie volontaire ?
Quelqu'un a répandu du combustible vers 1 h, 1 h 15.
L'opération n'a pas pris plus de trois minutes. C'est criminel.
Super. Alors on n'a pas besoin d'attendre.
Non, on doit abattre des murs, pour s'assurer qu'il n'y a plus de braise.
- Et plus d'indices ! - Nous savons comment ça a brûlé...
on a retrouvé une partie de l'engin incendiaire.
Si vous allez voir maintenant...
et que vous passez au travers d'un plancher, à quoi ça sert ?
- Appelez-moi "L'Impulsif". - Monahan, Bureau des Opérations.
BUREAU DE DONALD CRAGEN DIMANCHE 12 AOUT
Combien de victimes ?
- On en a combien, 51... Mike ? - 52. Le club était au deuxième étage.
Le feu a pris à partir du bas ou du milieu des escaliers.
Comme ça... Comme dans une cheminée.
Les voisins du dessus n'ont rien pu voir.
Ce type a choisi un moment où y avait personne dehors.
- Ou alors, ils ont tous oublié. - Et pourquoi ?
C'était un club social pour Centre-Américains...
du Honduras, du Salvador...
Comme s'ils souffraient pas assez dans leurs pays ?
Ouais... Ils sont ici illégalement.
Ils ne parlent pas aux autorités.
- Dites, ce club... - El Cielo... Le Ciel.
Le Ciel.
Si c'est un incendie volontaire, on sait à qui il appartient ?
Ce genre d'endroits change de propriétaires...
comme on change de chaussettes.
La Salle des Registres ouvre dans une heure.
On est dimanche, Mike. Tu devrais peut-être...
Je m'en fous. Je peux pas dormir. Allons-y.
On va à l'hôpital voir les survivants.
On en trouvera peut-être un qui acceptera de nous parler.
- C'est la liste complète ? - Pour l'instant. On a eu les 20 premiers.
Les autres sont à l'hôpital du Mont Sinaï et à St. John.
Piñero, Rojos, Santiago, Vicente.
Vous les avez triés ?
Ceux-là ont eu de la chance.
Je sais... Vous leur avez parlé.
Yen a qui travaillaient là-bas ? Où y avait que des clients ?
Je crois que le gérant. Oui, Gilberto Acosta...
Il va bientôt être opéré. Faites vite.
M. Acosta...
Connaissez-vous l'homme que vous avez expulsé ?
Le nom du fauteur de troubles.
Guillermo quelque chose. Sa copine est barmaid.
Celia Montalbano.
C'est une querelle d'amoureux ?
Il dit que c'est un ivrogne.
Le videur l'a jeté, il a menacé de flinguer tout le monde.
M. Acosta, le nom du videur ?
Messieurs, ça suffit.
Il respire à peine.
Pedro Cruz.
Merci, Monsieur. Merci.
Pedro Cruz est...
Pas aussi chanceux. Mort à l'arrivé à St. John.
Et la barmaid ? Celia quelque chose.
Celia... Celia... Celia Montalbano.
Montalbano.
Elle a quitté le Mt. Sinaï à 7 h du matin.
Merci.
Vous êtes vraiment super. Vous savez, les victimes de coups de feu ?
"Réparez-moi avant l'arrivée des flics" ?
Ouais. Si un de vos brûlés a ce comportement...
- Je vous préviendrai, Inspecteur. - Je vous le redevrai.
Celia Montalbano ?
Je suis ici depuis sept ans.
On nous a dit que vous aviez un amoureux.
Non, je n'ai pas d'amoureux.
- Un certain Guillermo. Il paraît... - C'est un porc.
Un "borrachón".
Je lui ai dit d'arrêter de me harceler.
- On raconte qu'il est amoureux de vous. - J'y peux rien.
Écoutez-moi bien, d'accord ?
Si ça se sait qu'il a mis le feu au club...
tout le monde va être après lui, pas seulement nous. Vous pigez ?
Vous dites que Guillermo a fait ça ?
Il est fou, vous savez ?
Mais il est pas méchant.
Vous avez peut-être raison. Mais nous avons besoin de son adresse.
Je suis pas sorti.
T'as pas la télé, Guillermo ? Ni la radio ?
Alors, on va t'annoncer la nouvelle.
La nuit dernière, quelqu'un a incendié El Cielo.
Au moins 50 des tiens sont morts.
Ça te fait rien, mec ?
Rends-lui son sirop, ça lui rafraîchira la mémoire.
Écoute.
On t'a vu péter un scandale là-bas, hier soir vers 11 h.
T'as fait quoi après ?
Tu sais pas ?
Ou tu veux pas savoir ?
Allez, on l'embarque.
Où étais-tu tout ce temps-là ?
Je sais pas.
Allez, Ruiz... Réfléchis.
Je sais pas.
On a des traces d'essence. Ordinaire, sans plomb.
Vraiment ? Quelle marque ?
Ça, on peut pas savoir. Mais je peux vous dire comment il a fait.
C'est le vieux truc du bidon dans le pantalon.
Dans ce cas, c'est le réservoir de liquide lave-vitre d'une voiture.
- Je comprends pas. - C'est simple.
Il suffit de mettre un tuyau le long de sa jambe.
Personne ne voit rien avant que...
Après, c'est trop tard.
C'est un procédé souvent utilisé ?
Par les pyromanes syndiqués, oui.
C'est simple, mais délicat.
Le récipient d'essence est scotché entre vos guibolles.
Un faux mouvement et adieu les bijoux de famille.
Notre M. Ruiz ne me semble ni assez malin... ni assez chanceux.
Il arriverait même pas à brûler un sac en papier.
Patrick semble penser...
qu'on fait fausse route avec l'amoureux jaloux.
Oh, vraiment ? Je pensais que c'était trop chaud pour enquêter.
Il lit les pensées, maintenant ?
On a trouvé ça au bas de l'escalier, Mike. C'est un malin qui a fait ça.
C'est une variante d'un vieux truc d'incendiaire.
C'est un pyromane, pas un polytechnicien.
Phil ?
Pendant une période cruciale, Ruiz n'a aucun souvenirs.
Peut-être ne savait-il plus ce qu'il faisait...
Mais je l'imagine pas voulant tuer tous ces gens.
C'est peut-être lui, les gars.
Mais, à votre place, je penserais...
incendie crapuleux et chercherais à qui il profite.
- On sait qui est le propriétaire ? - Oui, José Rivera.
OK. Allez le voir après avoir ramené Ruiz.
Il va peut-être se rappeler quelque chose.
Demain le Bureau du Procureur donne une conférence de presse.
J'aimerais avoir quelque chose à leur donner.
Reculez !
Vous avez fait entrer M. Ruiz, hier soir ?
Il avait encore perdu ses clefs.
La prochaine fois, je te laisse dormir dehors.
- À quelle heure ? - Vers 11 h 30.
C'était la fin des nouvelles.
Vous savez si M. Ruiz est ressorti après ?
Impossible. Il était bien trop saoul.
Très bien...
M. Rivera.
- Oui ? - Vous n'êtes pas surpris ?
Cet immeuble n'avait vraiment pas besoin de ce genre de malheur, non ?
- Il ne m'appartient pas. - Ah non ?
Juste les chaises et les tables.
Je venais d'installer un système de haut-parleurs.
- Ils sont sûrement couverts. - J'ai pas d'assurance.
Sans papiers, pas d'assurance.
S'il est pas à vous, à qui alors ?
Un Cubain nommé Marcos.
Je voulais mettre un système anti-incendie mais c'est un radin.
Pourquoi la porte de sortie était cadenassée, alors ?
- C'était toujours comme ça. - Ah ouais ?
C'était pas pour empêcher les gens d'entrer gratos.
J'ai perdu mon unique fille, monsieur, et trois de mes cousins.
Que me reste-t-il ?
Capitaine Cragen, une déclaration ?
C'est le cirque. Rendez-moi un service. Emmenez-les à l'extérieur.
- Ils attendent votre déclaration. - Citez-moi... "Pas de commentaires".
- Ça épargnera quelques arbres. - Laissez tomber.
- Toute la ville est survoltée. - C'est ça.
Tout le monde est indigné par la mort tragique de ce gens...
dont ils n'ont ordinairement rien à faire.
- C'est cynique, ça. - N'est-ce pas, Paul ?
Vous débarquez avec l'attachée de presse du procureur...
nous n'avons ni suspects ni témoins...
et on parlera pas de la pièce à conviction qu'on a.
Vous voulez dire le truc pour nettoyer les pare-brises ?
- Comment savez-vous ? - J'ai mes sources.
Allons, Capitaine, la moitié des délégués de la ville...
se décarcassent pour modifier les pratiques...
Pour garer leurs fesses... et c'est pas mon problème.
Attendez que j'aie quelque chose, Katrina, OK ?
Et vous ? Votre déclaration ?
"La Ville déplore cet intolérable mépris de la vie humaine".
Vous êtes doué.
Pleins de sociétés écran.
Le vrai propriétaire est un dénommé Marcos.
"Propriétaire de taudis de l'année", en 1987.
Du calme. Et alors ?
Tellement pourri qu'il a fait de la taule pour infraction aux normes de sécurité.
Excellent.
TITRES DE PLACEMENT MARCOS 536 RUE LAFAYETTE - MARDI 14 AOUT À quelle heure arrive votre patron ?
Il est important que nous lui parlions. Il vous a pas appelée ?
Avez-vous appelé M. Marcos chez lui ?
Donnez-nous son adresse, nous irons nous-mêmes.
Merci.
- M. Marcos pas ici. - On sait. Où est-il ?
- Pas rentré nuit dernière. - Madame est là ?
- Elle est à la morgue. - Où ?
- La morgue ! Elle est à la morgue. - Bon sang.
Merci.
Oui, je comprends.
Et dites à son Honneur que nous lui remettrons...
nos heures sup pour le prouver.
Non. Merci à vous.
Alors ?
La morgue a confirmé la mort de Marcos à 10 h 21 ce matin.
Inhalation de fumées toxiques. Pas d'incendie crapuleux.
Ya quoi en dessous de que dalle ?
Peau de zébi ? Zéro, nib, que tchi ?
- Oh, quoi encore ? - L'infirmière chef...
Un type est venu l'implorer de s'occuper de sa jambe.
L'implorer... Une blessure doublée d'une brûlure au second degré.
Il est reparti mais ils ont des photos de lui.
- Des radios. - Ouais.
- N'oublie pas le mandat. - Bien compris.
- C'est quoi, ça ? - Quelque chose d'opaque.
Du plastique, peut-être.
Le Dr Mendel voulait le retirer...
mais apparemment le patient allait avoir une journée chargée.
J'en suis sûr.
On lui a donné de la cortisone et des compresses pour sa jambe...
et il est reparti. En traînant la patte.
Avec notre pièce à conviction dans la jambe...
Dites-moi que vous avez quelque chose sur lui.
Il a payé cash... mais nous a montré son permis de travail.
Il en a même fait toute une histoire.
Je l'ai photocopié.
Daniel Esperanza. 28, 137e rue.
- Merci. - Vous êtes la meilleure.
Mes jambes vont bien, d'accord ? Croyez-moi.
On te croit. On veux juste être sûrs.
- T'as l'air nerveux. - Je suis timide, c'est un crime ?
Baisse ton froc et on s'en va. D'accord ? Allez, baisse-le !
Tourne-toi.
- Rien. - D'accord ?
Navré pour le dérangement.
Vous étiez où quand je me suis fait voler ?
Ya deux semaines, un camé est entré chez moi.
- Il a pris beaucoup ? - 50 $, et "la mica"... carte verte.
Un camé a pris ta carte verte ?
Elle m'avait coûté 5 000 $. Et trois ans de démarches.
Je voulais le tabasser...
mais il a commencé à chialer qu'il avait plus rien.
Qu'il s'était déjà tout shooté dans le bras.
Un camé. Ya rien à faire.
C'est quoi son nom ?
Cheuy Bodillo, au fond du couloir.
Merci.
L'ascenseur est en panne, Cheuy ?
Je vous arrête. Vous avez le droit de garder le silence.
Si vous décidez de parler...
tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous. Vous comprenez ?
Vraiment stupide, Cheuy. Vraiment con.
Tu nous présentes une carte volée ?
Il doit nous prendre pour des nazes.
Ça aurait pu marcher.
Pour vous, on se ressemble tous.
Utiliser des papiers volés, c'est un crime fédéral.
À quoi bon ?
Ils vont nous le retirer de tout façon.
Perdons pas notre temps avec ce raté.
Et alors ?
- J'ai fait des copies, d'accord ? - Tu les a vendues à qui ?
À l'homme d'entretien de l'immeuble.
Et à un type dans la rue.
C'est tout ?
À qui d'autre, Cheuy ? Accouche.
Un pote à moi. Il était dans une mauvaise passe.
- Quel genre ? - Il avait besoin de soins.
Pas de papiers, pas d'hôpital.
Il a dit qu'il avait eu un feu au restaurant où il travaille.
Lequel ?
Je connais pas le nom.
Au coin de la 135e et de Lennox.
Ton pote, le cuistot, il s'appelle comment ?
Cesar Pescador.
Très bien.
- Vous avez un mandat ? - Non. Et j'ai pas réservé non plus.
On ne vous veut rien. Pas encore.
Rapide, pour un boiteux. Amène-toi !
Garde les mains en l'air.
C'est vous, Pescador ? Je vous arrête.
Vous avez le droit de garder le silence. Si vous décidez de parler...
tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous.
Je faisais frire des won-tons et la graisse a pris feu.
Tu travaillais pas le soir de l'incendie. On a vérifié.
J'étais aux courses jusqu'à la fermeture.
- J'ai perdu gros. - Tu m'étonnes.
53 personnes sont mortes.
De nombreuses familles sont dans la souffrance.
Parfois, ça aide de parler.
- Parfois, ça fait souffrir. - Tu souffres ?
Ma jambe me fait valser, mec. Ça brûle.
Ah ouais, pourquoi ? Trop de soleil, hein ? Trop de soleil ?
À l'écouter, on croirait qu'il a volé dans un magasin.
- Je comprends pas. - On n'a pas à comprendre, "Donny boy".
C'est évident que ce type est coupable.
Il faut établir un mobile. Au cas où.
Au cas où quoi ? C'est comme ça que ça s'est passé.
Ce naze a allumé la ligne d'essence...
et le feu a remonté sa jambe jusqu'au récipient. Boum.
Si le morceau de plastique dans sa cuisse correspond à celle retrouvée au club...
- Affaire bouclée, non ? - Peut-être.
Les 4e et 5e amendements entrent en jeu.
J'ai raté quelque chose ?
Il est là illégalement.
La Constitution s'applique à tous. Même les clandestins.
Ça dit que vous allez m'ouvrir la cuisse.
Non, c'est un formulaire de consentement.
Par lequel tu nous autorises à enlever l'objet causant l'infection de ta jambe.
Si t'es innocent, t'as pas à t'inquiéter.
Je suis pas "loco". Je vais pas vous laisser me charcuter.
Très bien. Continue à faire l'idiot.
De toute façon, tu perds ta jambe. Tu piges pas ?
L'infection va s'étendre.
Le seul moyen de te sauver, c'est de te couper la jambe.
- J'ai pas droit à un avocat ? - Tu vas avoir un avocat.
Lui ouvrir la jambe pour y prendre un morceau de plastique est atroce.
Si le juge Waxman accède à notre demande...
Pescador aura les meilleurs soins médicaux possibles.
- L'intrusion est minimale. - Et sa santé ?
C'est une opération dangereuse.
Il aura plus de chance que les victimes du club.
Et si c'est pas lui ?
L'opérer contre son gré est la pire des atteintes à la vie privée.
53 familles réclament la tête de votre client.
Son droit à l'intimité, ce sera à la cour d'en décider.
REQUÊTE PRÉPARATOIRE AU PROCÈS Votre Honneur, nous aimerions souligner...
l'aspect circonscrit de notre requête.
Nous pensons que la pièce à conviction incrustée dans la jambe de l'accusé...
est essentielle à la résolution de cette affaire.
Merci, maîtres. Asseyez-vous.
C'est une décision difficile.
C'est un conflit entre les libertés d'un individu...
et une requête gouvernementale légitime.
Cependant... Je vais accéder à la requête du Ministère Publique.
Quoi ? C'est pire que Castro !
Vous pouvez pas me coupez la jambe.
J'irai pas à l'hôpital.
- J'irai pas à l'hôpital ! - Veuillez vous asseoir !
Silence dans la salle ! Silence ! J'ai dit silence !
S'il vous plaît... S'il vous plaît, M. Pescador.
Nous le pouvons et nous le ferons. Assis.
L'accusé est sommé de se soumettre à la procédure chirurgicale...
qui sera conduite de manière correspondante...
à l'arrêt rendu par ce tribunal.
Je peux comprendre l'incendie crapuleux, mais pourquoi a-t-il fait ça ?
Par fureur, peut-être.
Ça me dépasse.
Vous avez les résultats ?
Analyse du polymère.
Marge d'erreur, plus ou moins quelques poussières de molécules...
pas grand-chose.
Donc, vous avez les résultats.
Le petit morceau ? Même plastique que celui trouvé au club.
- C'est sûr. - Réservoir de liquide lave-vitre ?
Du bon plastique américain. Toujours le meilleurs du monde.
C'est un miracle qu'il soit pas mort empoisonné.
Le morceau qu'ils ont retiré était plein d'essence.
HÔPITAL RÉGIONAL 36E ET 12E RUES MARDI 4 SEPTEMBRE
Tentative d'homicide ?
- Il y a 53 homicides ! Ils sont morts. - Il voulait tuer personne.
Et ne me parlez pas d'homicide par imprudence.
S'il n'était qu'un messager, il a intérêt à donner des noms.
Il dit que s'il va en prison, il se fera tuer.
Écoute-moi, mon pote. Si tu vas pas en taule...
y'a 500 parents en deuil qui voudront te faire la peau.
Je préfère que ce soit eux.
C'est absurde. De toute façon, c'est un homme mort.
Qu'on l'envoie au nord, au sud, ça change rien. Il se fera crever.
Le monde n'est pas parfait. Mais ça, tu le sais déjà.
C'est injuste. Cet assassin ne m'a même pas payé.
- J'ai rien gagné dans l'affaire. - Quel assassin ? Et quelle affaire ?
Dites-lui, Cesar.
Dites-lui !
Beaucoup de gens payent le Cubain pour obtenir une "mica"...
5 000, 6 000 $ cash.
Et après, ils s'aperçoivent que c'est bidon.
C'est qu'un bout de papier, mec.
- Ils ont commencé à faire du bruit. - Quel genre de bruit ?
Ya des avocats qui leur disent, "Vous avez des droits, vous aussi".
Alors, ils ont voulu dénoncer le Cubain.
Alors il vient me voir et dit, "Cesar, voilà ce qu'il faut faire.
Il faut leur envoyer un message...
leur mettre la peur au ventre".
En brûlant le club ?
Ça devait être un avertissement. Ils font pareil au Salvador.
Le Cubain, il a dit, "Des gens sont morts ?
Et alors ? Yen a des milliers d'où ils viennent".
Yavait beaucoup de Salvadoriens au Cielo.
Ils ont eu le message.
Ils ont eu le message.
Le Cubain... Quel est son nom ?
Guerra. Domingo Guerra.
Il a un club à lui... Le "Del Mundo".
Del Mundo.
CLUB DEL MUNDO JEUDI 6 SEPTEMBRE Guerra est mon associé.
Il a la moitié des parts du club.
Il vient boire des Cuba-Libres pendant que je travaille.
Vous avez un associé ? Vous avez de la chance.
- Où se trouve M. Guerra ? - Aucune idée.
Qu'est-ce qui se passe ?
On peut jouer les gros bras à La Havane, mais pas ici.
J'appelle mon avocat. C'est du harcèlement.
On vous poursuivra d'ici à Miami.
Dieu bénisse l'Amérique.
C'est un mandat de perquisition...
pour rechercher des papiers d'immigration volés ou contrefaits.
J'ignore comment c'est à La Havane...
mais à New York, les agents...
en fouillant partout, tombent sur d'autres choses.
J'arrive pas à croire M. Guerra mêlé à cet horrible incendie.
J'avais bien entendu des rumeurs, mais un homme aussi important ?
Où est-il ?
Je l'ignore.
Mais il a un petit bureau à l'arrière.
Ça lui arrive de passer, à l'occasion.
Pour boire un Cuba-Libre ?
M. Guerra court plein de lièvres à la fois.
Des demandes de cartes vertes vierges.
On a aussi deux armoires de candidatures dûment remplies.
- Si le nom d'une des victime apparaît... - C'est pas encore gagné.
Ils utilisent tous plusieurs faux noms...
À 3 000 par tête, ce type se fait plein d'argent.
Bizarre qu'on le connaisse pas.
Il a dû graisser la patte...
à plein de représentants de la communauté hispanique.
Vergilio le décrivait comme le Parrain.
Je me demande où il en est avec l'Immigration.
SERVICES D'IMMIGRATION BROADWAY ET WORTH LUNDI 10 SEPTEMBRE
Je ne vais pas vous dire que nos archives sont confidentielles.
J'en attendais pas moins de vous, Robert.
Je suis flatté. Mais vous surestimez mon pouvoir, Ben.
J'en doute. Le premier Latino dans une fraternité ?
Ils n'avaient jamais vu de Cubains. L'attrait de la nouveauté...
Alors, officieusement...
Officieusement, je sais qui il est.
Tout le monde dans la communauté le connaît. Il a beaucoup d'amis.
Et il court plein de lièvres à la fois...
d'après son associé, et tous ne sont pas blanc-bleu.
Guerra est pour la communauté latine...
ce qu'Adam Clayton Powell était pour les gens d'Harlem.
C'est un héros.
Un héros n'incendie pas une salle pleine de monde.
C'est vrai.
Et c'est pour ça que Guerra ne peut pas être impliqué.
C'est une terrible tragédie.
Ton ami te cache quelque chose.
Tout ce qu'il cache, c'est ses vraies intentions.
C'est un vrai prédateur politique. Il est ambitieux, mais pas marron.
Depuis quand l'ambition...
et la cupidité sont-elles incompatibles ?
Tu le connais pas. Moi, si.
Vraiment ?
Quand il y a 53 cadavres en première page, l'amitié ne compte plus.
Je vois des cartes vertes bidons...
je vois l'intransigeance des services d'immigration...
et je me dis que ça peut être lié.
- C'est aller vite en besogne. - Prouve-moi que j'ai tort.
"Una reunión de los amigos".
Une réunion d'amis. T'as eu ça où ?
À "La Verdad"... Le journal des Cubains d'Amérique.
Le type avec les lunettes de soleil, c'est Guerra.
Les autres sont des hommes d'affaires, des politiques.
On dirait des camarades de classe.
"Je sais qui il est".
Ils ont l'air de très bien se connaître.
Il vous tient dans ses bras.
- Nous sommes chaleureux, c'est mal ? - Bien sûr.
Ben, vous connaissez ces soirées politiques.
Tout le monde se connaît, tout le monde veut une photo.
D'ordinaire, les politiciens sont assez discrets...
pour rencontrer les criminels en privé !
Je vois, sauf les Latinos. Nous sommes tous corrompus jusqu'à l'os...
d'arrogants dictateurs...
Votre laïus marche pas avec moi. On se connaît depuis longtemps.
Je dis à tout le monde que vous êtes propres. Mon patron a des doutes...
D'accord...
Guerra m'a obtenu mon premier job après la fac.
Il aidait beaucoup de monde. T'avais besoin d'un prêt ? Il était là.
Des cartons pour une collecte d'argent, il les faisaient imprimer...
et offrait la main d'oeuvre. Ce genre de choses.
- Il imprimait des cartes vertes ? - Toujours officieusement ?
Vous ne comprenez pas la gravité de la situation.
Vous administrez un programme de distribution de cartes vertes.
Guerra a un bureau rempli de cartes falsifiées, et il les vend.
Réveillez-vous, Roberto !
D'accord.
Que puis-je vous dire ?
Pour commencer, cette photo a été prise où ?
Au Club Latino-Américain, 116e rue et 2e avenue.
Domingo Guerra ?
Je suis l'assistant du Procureur, Ben Stone.
Voici l'assistant du Procureur Robinette.
Vous voulez un verre, Maître ?
J'aimerais vous parler.
J'ai jamais mis les pieds au Cielo.
Une boîte pour Salvadoriens ?
Vous vous considérez supérieur à ces gens ?
Vous m'accusez de discrimination ?
Je peux vous inculper d'avoir fraudé le gouvernement des États-Unis.
- Changez de disque. - Des États-Unis ?
Oui, monsieur.
L'État de New York se prendrait-il pour le gouvernement fédéral, M. Stone ?
Non, mais voici ce que je peux faire. Je peux vous inculper pour recel...
avec l'intention de vendre des papiers d'immigration falsifiés.
C'est du ressort des autorités fédérales et de l'État de New York.
On a aussi le témoignage de Cesar Pescador...
disant que vous l'avez payé pour brûler le club.
Mon client nie ces accusations...
et se demande si ça vous intéresserait de voir un agent de l'Immigration.
Quel agent ?
Un homme impliqué dans la mort de ces gens.
En échange d'un accord, bien sûr.
C'est complètement prématuré.
Donnez-nous le nom de l'agent et on verra.
Son nom est Collins.
James Collins. Bureau de Manhattan.
Bien sûr que je connais Guerra. J'enquête sur lui depuis des années.
Pourquoi n'en ai-je pas été informé ?
Je vous embête pas avec les petites affaires.
- Pardon... "Petites affaires" ? - Ce type fait embaucher des clandestins.
Ils gagnent 20 $ pour 10 heures et Guerra touche 30 $ par tête.
Ça vaut une visite des autorités locales ?
Le bureau du procureur a des informations...
selon lesquelles vous et Guerra trafiquez des documents.
Ça c'est malin... La meilleure défense, c'est l'attaque.
D'où ils sortent ça ?
C'est une enquête en cours, M. Collins...
si vous désirez coopérer...
Allez vous faire voir.
Vous le connaissez. Qu'en pensez-vous ?
On va faire un audit interne.
Pour savoir combien d'applications il a rempli ces dernières années.
- Ça suffit pas. - Que voulez-vous que je fasse ?
D'abord je donne mon protecteur, et maintenant...
vous enquêtez sur mon bureau.
BUREAU DE BENJAMIN STONE MERCREDI 19 SEPTEMBRE De vrais cigares cubains ?
- Difficiles à trouver dans ce pays. - Pas pour longtemps, j'imagine.
Je ne fume pas, et vous non plus... Pas dans mon bureau...
Vous avez quoi, Tommy ?
La preuve que mon client est mêlé malgré lui...
à ce trafic de cartes vertes.
- Je vous écoute. - Vous connaissez la règle.
Je veux un échange de bon procédés.
J'écoute mais n'ai pas l'intention de marchander avec un tueur en série.
M. Stone, je suis un homme d'affaires.
Je travaille avec un agent du gouvernement des États-Unis.
Vous trahissez les vôtres pour 3000 $ par tête.
J'ai pas besoin d'entendre ça.
M. Guerra est prêt à témoigner contre M. Collins, de l'Immigration.
Il expliquera au jury comment Collins a manigancé...
le plan d'engager Cesar Pescador...
afin que les clients du Cielo ne parlent pas.
Expliquez-nous donc ça.
Collins est allé trouver un incendiaire expérimenté.
- Son nom ? - Il s'appelle...
Le Professeur.
Mon client sera encore plus loquace...
en échange d'une inculpation pour conspiration de fraude.
Un infraction de classe "E" ? Jamais.
L'acte d'accusation contre vous fera sûrement plusieurs centaines de pages.
Je parviendrais peut-être à trouver une place pour un compromis.
Peut-être une recommandation pour la sentence.
Il est raisonnable, Domingo. Vous devriez coopérer.
Simmons, Alan Brown, Max Dworkin...
Romaine Ireland...
Leurs adresses ?
Simmons est encore à Attica pour deux ans...
Brown est mort, Dworkin s'est enfui. À Tahiti, s'il est malin.
Et Ireland ?
"Romie l'Incendiaire".
Neuf ans de taule pour avoir incendié une teinturerie dans le Queens.
En libération conditionnelle depuis juillet.
Merci.
Je joue au bridge, taille mes rosiers. Je lis beaucoup.
C'est ça. Vous êtes un gentleman et un érudit.
J'ai jamais tué personne.
C'était un métier, j'ai pris ma retraite.
Pas complètement.
Si quelqu'un veut un conseil, et vient vous trouver, vous lui vendez.
C'est pas vrai ?
Au bout du compte, y a 53 cadavres alignés sur le trottoir.
Votre méthode, Professeur. Votre tête.
D'accord...
Un type vient me voir, peut-être qu'il écrit un livre.
Je partage mon expérience avec lui.
Laquelle ?
Si je voulais pas me faire remarquer dans un endroits plein de monde...
j'utiliserais le coup du récipient caché.
Quel genre de récipient ?
Un qui tient dans la jambe de votre pantalon.
Dans ce cas, un réservoir pour lave-vitre.
C'est ce type ?
Contre l'immunité complète, j'en serai sûr à 100 %.
- Vous m'avez appelé, Chef ? - Entrez.
Asseyez-vous.
Avez-vous retiré le réservoir pour liquide lave-vitre...
de la voiture de votre équipier, M. Collins ?
Le quoi ? C'est quoi, ça ?
Regardez ça. C'est une déclaration, vise par un notaire...
du mécanicien s'occupant de vos voitures de fonction.
Il vous a vu sous le capot.
Il ment. Notaire ou pas.
Avez-vous demandé conseil à Romaine Ireland pour incendier le club El Cielo ?
- Jamais entendu parler. - Il vous connaît, lui.
- Je m'en moque, j'ai jamais... - Cet homme.
Ça vous revient, maintenant ?
- Vous m'arrêtez ? - Pas encore.
Je peux appeler mon avocat ?
Guerra acculait les victimes, mais c'est Collins qui les faisait taire.
Alors, on peut les juger ensemble.
"Incitation.
Commandite criminelle...
incendie volontaire...
homicide volontaire... 53 chefs d'inculpation."
Ça va faire une sacrée mise en accusation.
Collins est pire que Guerra ?
Cet homme est en position d'aider son peuple et il fait ça ?
Qu'est-il arrivé à "Donnez-moi vos opprimés" ?
Qu'est-il arrivé à cette ville ?
COUR SUPRÊME VENDREDI 11 JANVIER
Anaya, José, 23 ans...
Rivera, Jesús, 31 ans...
Avilo, María, 18 ans...
Ponce, Roberto, 33 ans...
Sangre, Margarita, 27 ans...
Chavez, Angela, 27 ans...
Soto, Manuel, 42 ans...
Soto, Paula, 36 ans...
Franco, Clara, 18 ans...
Ascencio, Salvador, 22 ans...
Carillo, Gregorio, 19 ans...
Rodas, Isabel, 29 ans...
Domingez, Tomás, 20 ans...
Godinez, María, 19 ans...
Blanca, María, 31 ans...
Otero, Roberto, 27 ans...
Prieto, Felicia, 18 ans...
Morales, Yolanda, 29 ans...
Sevilla, María, 21 ans...
Vasquez, Blanca, 20 ans...
"Après un procès de six semaines...
James Collins et Domingo Guerra furent condamnés...
à une peine allant de 25 ans à la perpétuité...
à la prison de Ossining.
Après arrangement, Cesar Pescador fut condamné...
à passer 15 ans dans une prison dont le nom reste secret".
Cette histoire est fictive et ne dépeint aucune affaire réelle.
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