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Zulu
Dans le systÚme pénal, les citoyens sont représentés
par deux organismes d'égale importance.
La Police, qui enquĂȘte sur les crimes,
et le MinistĂšre Public, qui poursuit les contrevenants.
Voici leurs histoires.
CENTRE DE DETENTION FEDERAL LUNDI 6 MAI
Alors...
Ils sont Ă la bourre.
Avec les fédéraux, c'est toujours le bordel.
Roberts, c'est qui ton client?
Un trafiquant de drogue et d'armes...
Un Libanais. Il importe la drogue, exporte les armes.
Parfois le contraire. C'est un entrepreneur.
Comment tu sais qu'il va chanter?
Ca fait six mois qu'on prépare son témoignage...
Le Procureur général avec le Procureur fédéral.
Il veut faire le canari.
Le mien est innocent.
C'est ça.
M. O'Connell se dit prisonnier politique,
détenu sans avoir été jugé.
Le nĂŽtre dit que c'est parce qu'il est Cubain.
O'Connell, parce qu'il appartient Ă L'IRA.
Ils devraient tous les renvoyer chez eux.
Et les Italiens, D'Amato?
Les Italiens, c'est différent.
Messieurs.
AprĂšs vous, Max.
Roberts...
ton entrepreneur a déposé son bilan.
Que s'est-il passé?
LA LOI ET L'ORDRE
Oublie-pas l'angle opposé.
Prends une photo des trois.
LE TEMOIN DU PASSE
Allez, on y va.
Qui est responsable?
Sergent enquĂȘteur Max Greevey.
Agent Spécial Axelrod. Que s'est-il passé?
Trois types enchaßnés ensemble.
L'un d'eux est mort.
Un tour de magie.
Les deux autres n'ont rien vu.
Juste ce dont j'avais besoin.
Suivez-nous, bande de Sherlock Holmes Ă la noix.
Et pourquoi donc?
Pourquoi?
Parce qu'un prisonnier fédéral est mort.
- C'est notre affaire. - Ca se passe pas comme ça.
La prison fédérale a signé leur transfert...
Nos prisonniers, notre affaire.
- Montre-lui les papiers. - EspÚce de sale enfoiré.
Six mois sur cette affaire. Six mois.
Messieurs, écoutez-moi,
on veut juste trouver le coupable.
Sûrement Montez ou O'Connell.
Je trouverai.
Donnez-moi 10 minutes avec ces blaireaux,
et je leur ferai sortir.
Merci, mais on prĂ©fĂšre les torturer nous-mĂȘme.
On est sous quelle autorité, ici?
La Police de New York.
Parfait... Gardez le macchabée.
Pour eux, c'est retour à la prison fédérale.
J'ai signé un papier. J'ai besoin de O'Connell.
J'ai six truands irlandais en procĂšs.
O'Connell c'est l'IRA, quel rapport avec ces gangsters?
Ca change quoi? Il est convoqué.
Messieurs, c'est une question de priorité.
Priorité, mon cul.
J'étais présent avant, c'est mon homicide.
J'ai un témoin à interroger.
Et moi, une enquĂȘte Ă dĂ©marrer.
Faites ce que vous voulez.
Je ramĂšne ces prisonniers
au centre de détention fédéral, immédiatement.
Les fédéraux ont embarqué tes témoins?
J'aurais dû provoquer une bataille rangée?
Le FBI n'a pas le droit d'interfĂ©rer avec cette enquĂȘte.
Ce sont des prisonniers fédéraux.
Confiés à nous. Dans notre juridiction.
Cette enquĂȘte va devenir un enfer.
Quel est le problĂšme? Il veulent trouver le coupable.
Quel est le problÚme? Il a jamais bossé avec ces types?
Il se prennent pour Dieu, ils coopĂšrent pas.
Une affaire avec des prisonniers fédéraux?
Il faudra passer par le superintendant de la prison,
lui courir aprĂšs, lui faire des courbettes.
Je veux que ce soit fait... hier matin.
Alors, Montez?
Tu parlais anglais avant.
OĂč est l'interprĂšte?
"Yo" ça veut dire "Je".
- Quoi? - T'as dit "J'ai tué Mustafa".
- Vas-y, alors. - Non, "tu"...
Des problĂšmes?
C'est le choc culturel.
Il dit que c'est pas lui.
Dites-lui qu'on le croit.
Alors?
Laissez tomber.
En gros, il dit qu'il attend son avocat.
Essayons l'Irlandais.
Il y avait plusieurs Logan Ă Dingle.
L'un avait le pub, l'autre les pompes funĂšbres.
Ca explique tout.
De fidÚles républicains, ces Logan,
ils combattaient pour la République d'Irlande.
Pas comme les Républicains d'Amérique.
A propos de l'Arabe décédé...
Je connais des Greevey Ă County Mayo...
- D'oĂč vient votre famille? - Des cuisines de l'Enfer.
Au moins, votre équipier connaßt son Histoire.
N'oublie pas l'histoire plus récente, ok?
- Non? - Vous m'avez bien entendu.
Je vous ai laissé interroger Montez et O'Connell.
- Pas d'autres prisonniers. - Je comprends pas, lĂ .
Je dois enquĂȘter sur un meurtre
sans interroger de témoins?
Y'a que deux témoins... Montez et O'Connell.
D'autres types auraient pu entendre quelque chose...
- C'est quoi, ça? - C'est quoi?
C'est de la non-coopération.
C'est quoi cette histoire?
Cette affaire est une bombe politique.
Vous connaissez les lois d'extradition?
- C'est beaucoup de paperasse. - Et pleins d'échappatoires.
O'Connell est entré dans le pays en 85.
- Légalement? - A pieds, du Canada.
Les Britanniques le poursuivaient pour terrorisme.
- Le FBI l'épingle et l'amÚne ici. - Pourquoi il l'ont pas renvoyé?
Il a trouvé un juge qui a dit que c'était pas des crimes
mais des action politiques pour l'unification de l'Irlande.
Un juge fédéral a dit ça?
C'est pas tout.
L'Immigration le traĂźne en justice,
et obtient la déportation.
Mais il est toujours lĂ .
Parce qu'il a déposé une demande d'asile politique.
Et s'il a tué Mustafa?
Entre nous? S'il devait ĂȘtre jugĂ©
ou témoigner contre Montez,
il devrait restez. Personne ne veut ça.
Aucun employĂ© fĂ©dĂ©ral, peut-ĂȘtre...
Moi, je traque juste un tueur.
C'est forcément pas aussi simple.
Un juge fédéral a dit que c'était politique.
Me fais pas croire que tu crois ces bobards.
C'est bizarre... nos grands-parents viennent du mĂȘme bled.
On a chacun un oncle prĂȘtre.
Et vous ĂȘtes balance tous les deux?
Qu'est-ce qui t'arrives?
Je t'avais jamais vu autant sympathiser avec un suspect.
Un suspect... Qu'est-ce que tu veux?
10 contre un? 20?
Alors t'es persuadé que c'est Montez?
O'Connell a jamais tué personne.
- Non? - Non.
Alors pourquoi est-il emprisonné comme terroriste?
Terroriste présumé... C'est politique. Il a jamais été inculpé.
Tu débloques ou quoi?
Il est Ă l'ombre depuis cinq ans.
Retenu sans charges, sans procĂšs, sans caution...
C'est louche, non?
C'est un poseur de bombes. Il le mérite.
Je dirais pas ça si c'était vrai.
O'Connell n'a jamais posé de bombe.
C'est un penseur. Un inspirateur... Un patriote.
OĂč t'as chopĂ© tout ça?
Chez mon oncle...
le prĂȘtre. Mais il a toujours cru Ă ces bobards.
Je me fous du problÚme d'image des fédéraux.
Je veux ces oiseaux ici, avec ou sans interprĂšte,
mais avec un avocat. L'un d'eux va balancer l'autre.
- C'est le Cubain. - Quoi?
Pour lui, c'est Montez... Intuition irlandaise.
Pourquoi vous sortez pas son dossier?
$10 qu'il est lié à Mustafa.
Et allez balader votre intuition vers le magasin de la victime.
Pour prendre la température... Si c'est pas trop demander.
MARCHE DU CROISSANT MERCREDI 15 MAI
Mme Mustafa?
Désolé pour votre mari.
Pourquoi? Que s'est-il passé?
- On vous a pas prévenue? - De quoi?
Mon Dieu.
Ahmed est mort, Mme Mustafa.
Nous sommes désolés.
Madame...
Aboule le fric.
C'est quoi, une confession signée?
Montez, Savino Joaquin.
NĂ© Ă Cuba, etc.
- Des condamnations? - Deux, homicides volontaires...
Par strangulation.
Laisse-moi deviner.
Le rapport du médecin légiste sur Mustafa.
Larynx écrasé,
trachée fracturée, strangulation.
Montez...
Cinq... non, six arrestations pour possession d'héroïne.
Deux pour deal. Ici seulement...
Dieu sait ce qu'il faisait Ă Cuba.
Et Mustafa était trafiquant d'héroïne.
Si on les lie pour la drogue, on a un mobile.
T'as convaincu les feds pour les autres détenus?
- Non. - On veut faire ça trÚs vite.
Comme vous l'avez demandĂ©. On veut arrĂȘter Montez.
Ca ne sera pas nécessaire.
Qu'est-ce...
De quoi il parle?
D'aprĂšs lui, y'a pas d'homicide.
- Et pourquoi ça? - Mustafa n'est pas mort.
Il rigole pas.
Le FBI le détient en Californie.
C'est un miracle.
Quand j'ai lu "Larynx écrasé, décédé,
complÚtement rétamé", j'y ai cru.
Pourtant, il est encore vivant
pour tous ceux sur son carnet d'adresse.
En quoi c'est si important?
Parce que je le dis.
Sécurité nationale.
Mustafa trempait dans pas mal d'affaires.
Il nous aidait.
Si sa mort se sait, c'est retour à la case départ.
C'est exactement oĂč vous ĂȘtes, alors.
On a informé sa femme hier.
De vrais flics.
A moins que vous n'ayez d'autres histoires comme ça,
on va voir Montez. Il sait que Mustafa est mort.
CENTRE DE DETENTION FEDERAL VENDREDI 17 MAI
Je n'y crois pas.
Personne ne le surveillait?
Pas 24 heures sur 24.
Nom de Dieu.
Apparemment, Montez est mort, mais on est jamais sûr.
- Ca veut dire quoi? - Rien.
C'était quoi cette vanne?
Vous, les fédéraux, pouvez ressusciter les morts. Incroyable
J'imagine que c'est... une pendaison accidentelle.
On verra ce qu'en dira le coroner.
Reste ici, au cas oĂč il ressusciterait aussi.
J'enquĂȘte toujours sur un homicide,
et j'aimerais que vous commenciez à coopérer.
Je vous l'ai déjà dit,
vous pouvez questionner O'Connell tant qu'il vous plaira.
Mais les autres prisonniers, pas question.
Deux de vos prisonniers nous ont déjà quitté.
L'un d'eux, comme vous aimez me le rappeler...
était votre prisonnier.
Nous avons chacun un boulot Ă faire,
mais je vous préviens...
Vous ĂȘtes proche de l'obstruction de justice.
Si vous changez pas d'attitude, j'aurai pas le choix...
J'irai voir le procureur.
Regardez-moi cette marque.
- Traces de ligature. - Ca vient des draps?
Pas sur ma planĂšte. Corde. Y'avait des fibres sur son cou.
On l'a étranglé puis pendu avec ses draps.
Je dirai rien de plus avant l'autopsie.
Vous avez laissé les gardiens descendre le corps?
Il était à terre quand je suis arrivé.
Ils ont souillé la scÚne du crime.
On leur apprend pas la procédure?
Toujours un nouveau qui connaĂźt pas le manuel.
On sait qu'il s'est pas suicidé. Pourquoi est-il mort?
Vengeance d'un homme de Mustafa?
Ou quelqu'un voulait le faire taire.
Les fédéraux auraient fait ça?
Shelby est un type... qui pourrait faire ce genre coup?
Et ton copain, O'Connell?
C'est un théoricien politique.
Pas d'histoires de trafiquants et de junkies.
Laisse tomber, Mike.
Tu oublies pourquoi il était au tribunal?
J'ai grandi avec ces voyous irlandais.
De vrais enfants de choeur.
Ils se signent avant de t'égorger.
ArrĂȘte.
Tu crois qu'il y a pas de serpents en Irlande?
- Y'en a pas. - Bien vu.
On suit la piste arabe, et aprĂšs l'irlandaise...
"Partis Ă Beyrouth".
Y'en a qu'ont vraiment du bol.
- Fouillons les poubelles. - Ouais.
Comment peut-on manger des trucs qui risquent de sentir comme ça?
Bingo.
On dirait qu'un poulet sous acide a écrit ça.
Merci, professeur. On vous les envoie.
Avant, c'était pas si complexe.
C'était beaucoup plus simple.
- Au bon vieux temps... - Au bon vieux temps.
Le Cor Irlandais
Eh, Max.
Y'a une collecte pour O'Connell ce soir.
- Allons voir. - OĂč ça?
Au McBride's.
C'est lĂ que le FBI a arrĂȘtĂ© O'Connell en 85.
LE MCBRIDE'S MARDI 21 MAI
Attention devant... et bas les pattes.
Excusez-moi.
Quelque chose de plus fort?
- Un autre soda. - Je vous ai jamais vus.
Toute cette agitation pour O'Connell nous intrigue.
Je suis Sheila.
Mike Logan... Je suis Max Greevey.
Greevey? Vous viendriez pas de Mayo?
Hélas non... Mais ma mÚre était à moitié irlandaise.
Vous m'embĂȘterez pas avec un "tronc de Derry".
Tronc de Derry?
Le fond de Londonderry... Pour soulager les familles
des catholiques tués par les Anglais.
Pour l'amour de Dieu...
A ta santé, Pat. T'es des nÎtres maintenant.
C'est qui? Il a un air familier.
J'aime les flics...
quand ils sont pas en service.
Ca se voit autant?
On t'a déjà proposé d'infiltrer le milieu?
Ecoutez...
Je suis désolé...
On voulait pas vous fĂącher.
Mon mari était flic... A Belfast.
Il s'est fait tué.
Un soir, aprĂšs la mort d'un membre de l'IRA,
ou d'un soldat anglais...
Il fallait que quelqu'un meure.
C'est tellement stupide.
Je suis désolé.
- Vous ĂȘtes aprĂšs eux? - Je l'ignore. Peut-ĂȘtre.
On voudrait en savoir plus sur O'Connell.
Vous savez pas?
IRA est partout.
Dans la rue, les prisons...
Peut-ĂȘtre mĂȘme dans votre commissariat.
Les "Provos", le Sinn Fein...
Des bĂȘtes assoiffĂ©es de sang.
Celui-lĂ ... McCarter...
il est gardien de prison.
La traduction des faxes de l'appartement de Mustafa...
Des "briques" qu'on sortirait du Liban.
On sait déjà que c'était un trafiquant.
L'un d'eux mentionne une cargaison de glaise
de Libye en Hollande. La Libye est un désert.
Y'a pas de glaise dans le désert.
Des explosifs plastiques?
Le mois dernier, la police hollandaise
a arrĂȘtĂ© trois membres de l'IRA Ă Amsterdam.
Ils cachaient 50kg d'explosifs dans leur cave.
J'en ai une aussi.
Le gosse du bar,
celui qui est gardien de prison...
- McCarter? - Patrick A. McCarter.
C'est un garde de prison fédéral... Devine quoi?
Le rapport dit que c'est lui qui a trouvé Montez.
C'est lui qui l'a fait descendre.
Ca me suffit.
McCarter.
Patrick McCarter, je vous arrĂȘte pour le meurtre de Savino Montez.
Vous pouvez garder le silence et ne pas répondre aux questions.
Vous comprenez?
Tout ce que vous direz pourra ĂȘtre retenu contre vous.
Vous comprenez? Vous avez droit Ă un avocat.
Si vous n'avez pas d'avocat, on vous en fournira un.
Vous comprenez?
Le mÎme est lié à l'IRA,
mais c'est un mur. Il veut rien dire.
Mallahan lui interdit de parler.
Daniel Mallahan?
Il s'est trouvé un bon avocat.
C'est les "Amis du Sinn Fein" qui payent la facture.
Tout compris.
Les "Amis du Sinn Fein", autant dire Michael Collins.
On est en procĂšs contre l'IRA
Si on parvenait Ă faire parler McCarter,
il impliquerait O'Connell dans le meurtre de Mustafa?
Montez était le seul témoin.
O'Connell a un bon motif de le faire taire.
D'accord, on presse McCarter.
Merci, Max.
On s'attaque Ă un gros morceau.
Mallahan sait qu'on a presque rien.
Regarde le bon cÎté.
Quel bon cÎté?
On est pas Ă Boston.
McCarter, viré de l'HygiÚne Publique pour vol. Pas de poursuites.
Candidat idĂ©al pour ĂȘtre gardien de prison.
On l'a un peu aidé.
Lettre de recommandation de Liam Kildairn.
Le secrétaire du Délégué Shannon?
M. McCarter est pistonné.
Qui vous a obtenu ce travail Ă la prison?
Cette information vous concerne pas.
- IRA? - Qui vous a recruté?
Les allégeances de mes amis ne sont pas en cause.
Son appartenance Ă une organisation terroriste, oui.
Pas terroriste... Je suis un soldat.
Il veut dire que c'est un homme de conscience.
Non, c'est un esprit romantique manipulé
par ceux qui le considÚrent remplaçable.
Cette entrevue est terminée.
Assis, je n'ai pas fini.
T'étais un petit voleur, Patrick,
maintenant t'es un assassin.
Si vous n'avez pas de questions pertinentes...
Tes "amis" peuvent pas te protéger.
Tu nous parles, on te fait une offre.
Mon client n'a pas besoin d'offre.
Pas beaucoup de marge de manoeuvre, Patrick,
mĂȘme si ton avocat t'a pas dit.
T'as 22 ans, tu veux vraiment finir tes jours en prison?
Il est pas intéressé.
M. Mallahan, deux mots.
Vous faites tout pour qu'on le crucifie.
Vous doutez de mon honnĂȘtetĂ© professionnelle?
- Ca dépend, qui est votre client? - Patrick McCarter.
- Peu importe qui me paie. - J'espĂšre,
sinon je vous traĂźne devant la Commission Disciplinaire.
Pour leur dire quoi?
Que je vous fais mériter votre salaire?
Ecoutez-moi bien,
vous n'allez pas lui balancer une offre sous le nez.
Il est accusé de meurtre. Le corde dans sa voiture
correspond aux marques sur Montez.
Elle vient des magasins de la prison.
- Preuves indirectes. - Pas si les fibres correspondent
et qu'un cheveux de Montez est dans sa voiture.
On verra ce que dira le jury.
Il était le seul garde à cet étage pendant 45 minutes.
C'est assez pour l'enterrer, et je le ferai...
avec vous et l'argent du Sinn Fein.
Quand cette affaire ira devant un tribunal,
avec vos conflits d'intĂ©rĂȘt,
vous serez heureux de pas ĂȘtre radiĂ©.
Vous...
Vous voulez faire une proposition Ă mon client...
Faites.
Je ne m'y opposerai pas.
McCarter avoue avoir tué Montez sur ordre de O'Connell.
"Ordre"?
Pour l'IRA, O'Connell est son supérieur
dans la chaĂźne de commandement.
McCarter se considĂšre comme un soldat,
membre d'une vieille famille de combattants
sous les armes, bon an mal an,
depuis la bataille de Boyne... il y a 300 ans.
- Ce sont vos recherches? - Non, j'ai grandi dedans.
Ma grand-mÚre était irlandaise.
Fahey. Pour elle, c'était une guerre sainte.
Michael Collins, Robert Emmett...
Elle récitait ces noms comme ceux des Saints du Paradis.
C'était sûrement juste, à l'époque.
Mais McCarter et O'Connell sont des vauriens.
Des Nazi avec un trĂšfle.
Vous craigniez que juger O'Connell fasse de lui un martyre?
Pour un fanatique, un procĂšs est un moyen de recruter.
Notre dossier est solide?
McCarter dira que O'Connell a admis avoir étranglé Mustafa,
mais je suis pas rassuré...
Il risque de pas témoigner, de préférer la prison.
O'Connell a menacé de "l'outiller" s'il parle.
De le quoi?
La derniĂšre arme de l'IRA
On perce les genoux Ă la perceuse...
On peut le protéger.
Il n'a jamais dit pourquoi O'Connell aurait tué Mustafa?
Non, c'est un autre point faible...
Le mobile.
Ces types évoluent dans un univers obscur.
Les faxes que Greevey et Logan ont retrouvés,
montrent une relation mais ne prouvent rien.
Je connais peut-ĂȘtre quelqu'un.
Passez-moi le Consulat britannique.
Vous avez besoin d'informations sur Mustafa.
Nous voulons le lier Ă O'Connell.
Comme vous savez, le FBI a tout un dossier
sur les rapports entre l'IRA et les Libanais.
ParticuliĂšrement Ahmed Mustafa.
Nous l'ignorions.
Les services anti-terroristes le surveillaient.
Mustafa fournissait des armes Ă l'IRA
- Quel genre d'armes? - N'importe lesquelles.
MĂȘme des missiles sol-air, il paraĂźt...
De ceux qui ont descendu un de nos hélicoptÚres récemment.
Les Syriens sont mĂȘlĂ©s à ça... Votre FBI sait tout ça.
Trouve-moi le chef de la division anti-terroriste de New York.
C'est un certain Axelrod.
Syriens, IRA, Libanais,
Armée Rouge, Baader-Meinhof, Libyens...
si vous regardez sous les draps,
vous verrez de drĂŽles de couples...
faire des choses trĂšs sales ensemble.
Tu parles d'un carnet d'adresses.
Washington veut pas de gros-titres sur O'Connell.
Il devient une tumeur politique.
Il est accusé d'homicide.
Il a refroidi un trafiquant libanais.
Un quart de colonne en page huit.
Peur de ses déclarations?
M. Robinette,
il y a 43 millions d'Américains d'origine irlandaise.
Certains ont une énorme influence politique.
On ignore un meurtre pour pas
que le monde sache qu'on détient un terroriste sans l'avoir inculpé?
La semaine prochaine,
on va lui accorder l'asile politique,
et on en parlera plus.
Un procĂšs, c'est lui donner une tribune.
Pour moi, c'est un nouveau concept...
Un crime sans chĂątiment.
C'est quoi le problĂšme des procureurs?
Pas de vision périphérique? Vous voyez rien?
Si, mais ça nous aveugle pas.
COUR FEDERALE JEUDI 6 JUIN
Cinq années d'emprisonnement injustifié effacées en 10 minutes.
Allez-vous demander des compensations?
Finis, les procĂšs.
Le pays de la liberté m'a accordé le droit d'asile.
Je veux recommencer Ă vivre.
Les Britanniques désiraient que vous soyez extradé.
Rien a dire Ă la Chambre de Communes?
Vous l'avez dans l'os, messieurs.
Pas d'amertume envers le gouvernement
pour avoir été emprisonné cinq ans sans procÚs?
S'il y en a, je la ressens pas.
Je ressens de la gratitude.
Le systĂšme judiciaire amĂ©ricain peut ĂȘtre lent,
mais il est juste.
De la page huit Ă la couverture...
Je suis impatient de vivre...
Nous voudrions parler Ă votre client.
- De quoi? - Mettons-nous lĂ .
Qui ĂȘtes-vous?
Vous ĂȘtes en Ă©tat d'arrestation.
Vous pouvez garder le silence
et ne pas répondre aux questions. Vous comprenez?
Tout ce que vous direz pourra ĂȘtre retenu contre vous.
COUR SUPREME LUNDI 2 SEPTEMBRE
Mesdames et messieurs, ce qui est en procĂšs,
c'est la Constitution des Etats-Unis d'Amérique.
M. O'Connell a été détenu dans les prisons américaines
pendant cinq longues années,
sans jamais avoir été inculpé, jusqu'à cette affaire...
jusqu'à son premier jour de liberté.
Pourquoi?
Parce que le gouvernement britannique a peur.
Peur de la vérité.
Car, mesdames et messieurs...
la vie d'un trafiquant d'héroïne
semble plus importante que la liberté d'un patriote irlandais.
Je ne tolérerai pas cela.
La prochaine fois, je fais évacuer la salle.
Avez-vous fini vos sornettes, M. Reilly?
Oui, Votre Honneur.
TrĂšs bien.
M. Stone?
Nous appelons Patrick McCarter.
Levez la main droite.
Jurez-vous de dire toute la vérité?
- Je le jure. - Asseyez-vous.
Donnez votre nom Ă la Cour.
Patrick Aloysius McCarter.
Vous habitez Ă ...?
- New York. - Votre profession?
Gardien de prison.
Au centre de détention fédéral de Manhattan?
Oui.
M. McCarter, avez-vous tué
le prisonnier fédéral Savino Montez?
- Oui. - Pourquoi?
On me l'a ordonné.
Qui donc?
Répondez à la question, M. McCarter.
L'organisation.
Ils m'ont dit de "tuer le Cubain
avant qu'il dise que O'Connell a tué l'Arabe".
Quelle organisation?
L'aile provisoire de l'IRA
M. O'Connell connaissait-il ces ordres?
Objection. OuĂŻ-dire.
Je crois que le témoin a été en contact direct avec l'accusé.
Objection rejetée.
Répondez, M. McCarter.
Oui.
Il les connaissait. Il a dit que c'était un acte de patriotisme.
Vous a-t-il dit personnellement...
qu'il avait tué Ahmed Mustafa?
Oui, MaĂźtre. Certainement.
Il a dit avoir exécuté un ennemi du peuple irlandais.
Plus de questions, Votre Honneur.
J'ai trÚs peu de questions pour ce... renégat.
Objection... Personnalisation.
Retenue.
M. McCarter, vous reconnaissez le meurtre
de sang froid de Savino Montez?
Oui.
On vous a proposé de plaider
homicide par négligence pour ce crime atroce,
en échange de votre témoignage
contre l'accusé... Oui ou non?
- Oui. - Pas d'autres questions.
Le témoignage de M. Axelrod éclairerait
les raisons de tuer Mustafa qu'avait O'Connell.
M. Stone ne comprend pas.
Si je témoigne, l'avocat de O'Connell
révÚlera les secrets de mon opération.
Les intĂ©rĂȘts du Peuple peuvent ĂȘtre dĂ©fendus
sans troubler la sécurité nationale.
Ca me fait une belle jambe. J'ai des vies à protéger.
Je dois poursuivre un assassin.
L'assassin d'un trafiquant de drogue.
Un trafiquant de drogue?
Vous protégiez Mustafa.
Vous allez laisser son assassin s'en tirer
pour des raisons politiques? C'est immoral.
Epargnez-moi ces conneries.
- Je vis dans le vrai monde. - Moi aussi.
Je connais la politique.
M. Axelrod, expliquez-moi les relations
entre l'IRA et Mustafa.
L'opium pousse dans la Bekaa, au Liban.
Les Syriens en font de l'héroïne, qu'ils injectent dans le marché.
Ils utilisent les profits pour financer des groupes terroristes...
Dont l'IRA
Si M. Stone confine ses questions
aux relations avec l'IRA,
la sécurité nationale n'est pas compromise.
En d'autres termes, M. Axelrod,
l'IRA achĂšte des armes avec l'argent de la drogue?
C'est exact.
Comment M. Ahmed Mustafa
- entre-t-il dans ce tableau? - C'était un fusible.
- Un fusible? - Un intermédiaire.
Les Syriens l'utilisaient pour vendre de la drogue.
IRA l'utilisait pour acheter des armes.
Il y a deux mois, Mustafa a floué l'lRA,
leur dérobant environ $800 000.
Et?
IRA l'a condamné à mort.
Il semble que l'ordre ait été exécuté.
Objection... Supposition.
- Retenue. - Plus de question, Votre Honneur.
Fascinant, Agent Axelrod,
absolument fascinant.
Expliquez Ă ce tribunal le rapport avec M. O'Connell,
qui, on le sait, a été détenu sans procÚs ni charges contre lui,
pendant cinq longues années?
L'accusé est membre de l'IRA
Ce n'est pas un crime dans l'état de New York.
Pouvez-vous citer une seule loi
que M. O'Connell ait violée en étant membre de l'IRA?
Objection. Interprétation de la loi.
Retenue.
Pas d'autres questions.
Mon appartenance au Sinn Fein est de notoriété publique.
C'est la vitrine légale de l'IRA
L'aile non-violente, n'est-ce pas?
C'est ça. Nous ne sommes pas les tueurs
que dépeint la presse britannique.
Avez-vous eu Ă faire avec feu M. Mustafa?
Non, jamais.
Aucune affaire?
Aucune.
Et j'ajouterai que j'abhorre
le trafic de drogue auquel cet homme se livrait.
C'est anti-chrétien et contre la vie.
Nous avons un témoignage liant l'IRA
Ă l'argent sale des Syriens et Ă Mustafa.
J'ignore tout de ça. Je suis pas lié aux Provos.
Les Provos...
Les "Temporaires", l'aile militaire de l'IRA?
Ils mĂšnent leurs affaires Ă leur maniĂšre.
Je ne les absous pas, mais je les comprends.
Nous sommes en guerre.
Parfois il faut pactiser avec le diable.
Et dans cette guerre,
vous n'avez jamais participé à aucune action violente?
Parfaitement. Pas mĂȘme un coup de poing.
Merci, M. O'Connell. Pas d'autres questions.
Avis de néophyte, mais vous donniez l'impression
de vous faire rosser par Me Reilly.
- Je ne vous ai pas vu. - Je sais devenir invisible...
quand je le veux. Et sévÚre.
A propos de quoi?
La valeur de ses propres conseils.
Continuez, M. Fenwick.
Selon vos rĂšgles, au cours d'un contre interrogatoire,
ne pouvez-vous pas réfuter un fait affirmé
- au cours de l'interrogatoire direct? - Par exemple?
L'affirmation qu'un témoin n'a jamais commis d'action violente.
Pourquoi? Qu'avez-vous?
M. O'Connell doit rester en prison...
Peu importe oĂč, il doit ĂȘtre enfermĂ©.
On doit révéler ce qu'il est vraiment...
Un terroriste sanguinaire.
Pas de discours, vous avez quoi?
Nous avons...
un moyen de discréditer la déclaration de non violence de O'Connell.
C'est quoi un moyen?
Une déclaration sous serment.
Vous avez un témoin, pas vrai?
J'ai dit une déclaration sous serment.
Assez de ce discours.
Si vous avez un témoin faites-le venir
ou je vous ferai témoigner.
Elle sera lĂ demain.
Vous ĂȘtes chrĂ©tien, M. O'Connell?
- Bien sûr. - Pourtant le credo de l'IRA
est plus proche d'"Oeil pour oeil"...
que de "Tu tendras l'autre joue", n'est-ce pas?
- Vous faites le procÚs de l'IRA? - Ca dépend de vous.
J'ai dis que j'appartenais au Sinn Fein.
En effet.
Que pense la branche politique d'un parti
quand une autre branche fait sauter un bus plein d'enfants?
Objection. On va un peu loin, lĂ .
Pour décrire la personnalité de l'accusé.
Répondez.
L'organisation prévient toujours avant d'activer un engin explosif,
mais le risque d'erreur humaine subsiste.
"Erreur humaine".
Vous avez dit sous serment ne jamais avoir commis d'action violente.
- De toute ma vie. - Jamais?
Jamais.
Plus de questions, Votre Honneur.
Regagnez votre place, M. O'Connell.
Puis-je vous poser une question?
Comment, avec votre tĂȘte d'Irlandais,
avez-vous pu finir avec un nom anglais?
Le hasard.
Vous portez bien le nom d'un véritable patriote irlandais.
D'autres questions, M. O'Connell?
Regagnez votre place, M. O'Connell.
L'accusé a déclaré lors de
l'interrogatoire direct et du contre-interrogatoire
ne jamais avoir commis d'action violente...
Un homme de conscience, un prisonnier politique.
Au vu de ces déclarations, nous appelons un nouveau témoin.
Objection.
L'accusation a conclu, Votre Honneur.
M. O'Connell a tenu des propos qui doivent ĂȘtre rĂ©futĂ©s.
Rejeté.
Faites venir votre témoin, M. Stone.
Merci, Votre Honneur.
Le Peuple appelle Bridget McDiarmid.
Mme McDiarmid, ĂȘtes-vous mariĂ©e?
- Je l'étais. - Des enfants?
J'en avais deux.
Qu'est-il arrivé à votre famille?
Cet homme l'a assassinée.
Objection, hors de propos.
Réfuter le témoignage de l'accusé servira à définir sa personnalité.
Rejetée. Continuez, M. Stone.
Mme McDiarmid, décrivez à la Cour
les événements du 6 mai 1981.
John...
mon mari...
et moi, étions sur la grand-rue de Kensington...
Nous emmenions Sheila et Tommy au cinéma.
Vos enfants?
Oui.
En passant devant une confiserie...
je m'en souviens, les enfants voulaient s'arrĂȘter.
Mon mari a vu un homme agenouillé,
qui laçait ses souliers.
Cet homme.
Puis, il s'est éloigné rapidement,
oubliant sa mallette...
sur le trottoir, prĂšs du camion de police.
Décrivez cette mallette.
Allons... Votre Honneur...
Continuez, Mme McDiarmid.
Elle était noire,
en cuir, avec une poignée.
Comme celle d'un homme d'affaires.
Que s'est-il passé ensuite?
Mon mari l'a appelé.
Vous savez...
"Eh, vous avez oublié votre mallette".
Et...
Et puis il...
Il a ramassé la mallette et est parti à sa suite.
Et puis?
Il a explosé, avec Sheila, Tommy,
et la moitié de la rue.
Il n'y avait que du verre et du sang.
Mme McDiarmid,
ĂȘtes-vous absolument sĂ»re
que l'homme Ă la mallette
était l'accusé, Ian O'Connell?
On oublie pas la face de l'homme...
qui a massacré tout sa famille.
Regardez-la bien.
C'est votre "erreur humaine".
La condamnation de M. O'Connell Ă 25 ans de prison
est la juste conclusion de cette affaire.
C'est la preuve de la nécessité et de l'efficacité
de la coopération entre agences,
tant au niveau local et fédéral, qu'international.
Ces hommes rassemblés derriÚre moi
ont su forger des liens personnels et professionnels solides...
pour faire condamner un terroriste international.
Merci beaucoup.
Les personnages et événements dépeints sont fictifs.
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