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-AllĂ´ ?
Oui, monsieur.
Non, monsieur. Mme la comtesse n'est pas lĂ .
Lui faire savoir que le voyageur est arrivé.
Ah…
-Il sera comme convenu
au rendez-vous fixé à la Saison des primevères.
Compris ?
-Non, madame la comtesse. Rien d'autre.
Le voyageur est arrivé.
Il sera comme convenu au rendez-vous fixé à la Saison des primevères.
-Merci, Simon.
Ah, Simon !
Nous sommes 5 à dîner ce soir.
-Elles me rendront fou.
OĂą ont-elles bien pu mettre ce collier ?
C'est tout de même mystérieux. Sans ce collier, la robe perd
toute signification. -Ne vous énervez pas.
Votre collection a un succès fou. La preuve…
Tenez. Le voilĂ , votre collier.
-Vous ĂŞtes miraculeuse. Vous me sauvez la vie.
-Une fois de plus, mon cher.
-Numéro 112 : Célimène.
Number one hundred and twelve.
-Il est arrivé. C'est pour demain.
-Toujours au mĂŞme endroit ? -Toujours.
-Plaît-il ? -Rien.
-Numéro 113 : Arsinoé.
-Au moment où j'entre, voilà la comtesse qui dérange.
Ma robe tombe Ă plat. C'est gai.
Elle se prend pour Louis XIV.
-T'as vu derrière elle l'acheteur américain ?
Un gastronome du chewing-gum.
-Pivoine, ajoutez-moi un dévergondage de voilette.
Je réponds de l'effet. -Bien.
-Ah ! Parfait, parfait.
N'oublie pas de me dénouer ça et qu'on voie le décolleté.
Allez, allez, Nathalie.
Prépare-toi.
-Vous trouvez que ce chapeau fait très habillé ?
-Pourquoi ? Tu le sens pas, ce chapeau ?
-Il a l'air d'une blague.
Je n'oserais donner ma parole avec ça. Personne me croirait.
-Quelle importance ?
Les femmes n'ont que des paroles en l'air.
-Tout dépend du chapeau qu'elles portent.
-Ne nous égarons pas. Concentre-toi bien.
Pense bien à ta robe et médite-la.
Tu as une responsabilité. Qui mieux est, une mission.
-Je la sais par cœur, votre robe. Je vais tous les vamper.
-À la grâce de Dieu. En piste.
-Numéro 15 : Chéri-Bibi.
Number fifteen.
-Mademoiselle !
Tournez.
Venez.
Plus près, plus près.
-Ça va, au moins ? -Vous avez de ces questions.
-Oh, bon…
-Numéro 16 : Le Lys dans la vallée.
Number sixteen.
-J'ai perdu mon clip ! -C'est pas possible.
-Je l'avais il y a 5 minutes. On l'a volé !
-Que se passe-t-il ? Pardon.
Ne vous alarmez pas. On va le retrouver.
-Il ne doit pas ĂŞtre loin.
Enfin, Serge… Truffaut, faites quelque chose.
-Je veux bien.
-Qu'y a-t-il ? Que se passe-t-il ?
-Appelez la police. -Vous avez raison.
-Faites fermer les issues. Personne ne doit sortir ni entrer.
-C'est épouvantable. Impossible.
On a mal cherché. On va le retrouver.
C'est un mauvais rêve. Nous allons nous réveiller.
Messieurs de la presse, je vous en supplie,
gardez cet incident pour vous.
-Drôle de ménagerie. Police !
-La police chez moi ? Je suis déshonoré.
-Vous ĂŞtes le patron ?
-Hélas, oui.
-Commissaire Pippart. Inspecteur Marchal.
Que s'est-il passé ? -Suivez-moi.
-Ma petite, la police ici, vrai.
-C'est formidable. Le coupable est parmi nous.
-Oh ! C'est vrai ?
-Le ruminant en a avalé son chewing-gum.
-Par conséquent, ce clip n'a pas pu sortir d'ici.
Compris ?
Mesdames, messieurs… En silence !
Je ne soupçonne personne. Je ne doute pas de votre honnêteté.
C'est pourquoi je vous demande de passer Ă la fouille.
-OH ! -Simple formalité.
-Ă€ la fouille ?
Jamais. Vous ne savez pas Ă qui vous parlez.
-Je veux pas le savoir.
-Je me plaindrai Ă qui de droit. -C'est mon ami.
-Hé, vous ! Je suis citoyen américain.
-Imaginez que vous êtes français et que vous passez à la douane.
C'est quoi, ça ? J'aime mieux les truands.
Occupe-toi de ça.
Vous n'auriez pas un coin tranquille ?
-Par ici, monsieur. -Allons-y.
-Aglaé, Dubois !
Occupez-vous des femmes. Toi, des hommes.
-Messieurs ! Allez, par ici.
-Mesdames, par ici, s'il vous plaît.
-Vous êtes monsieur…”?
-Le comte Auguste, Claude, Superbe de Lancy.
-Donc le mari.
-Eh oui. "Donc le mari.”
Et celui-là , c'est le secrétaire particulier de ma femme.
-Serge Lambert.
-Mon homme d'affaires, M. Truffaut.
-C'est effrayant. C'est effrayant.
Ce qui m'arrive est effrayant.
-Permettez ?
-Oui. Madame ?
Quand vous êtes-vous aperçue de la disparition du clip ?
-Après Chartreuse de Parme, Chéri-Bibi…
Entre Chéri-Bibi et Le Lys dans la vallée.
-"Entre" quoi ?
-Ce sont des noms que je donne Ă mes robes.
-Fallait le dire. -Oui, monsieur.
-Bon. Alors ?
-Mais j'y pense… C'était pendant Chéri-Bibi.
Maintenant, j'en suis certaine.
C'est elle. Ça ne peut être qu'elle.
C'est Nathalie.
-Oh ! Nathalie ? Nathalie, une voleuse ?
Vous vous égarez. Je réponds d'elle comme de moi-même.
Je me connais bien. -C'est elle, vous dis-je.
Mes intuitions ne me trompent jamais.
-Dire qu'on va encore se déshabiller.
-C'est notre métier.
-HĂ©, lĂ -dedans, y a-t-il une Nathalie Princesse ?
-""LĂ -dedans" ? Qu'a-t-elle fait ?
-On la demande. -C'est moi. Pourquoi ?
-C'est par ici, la sortie. -Vous ĂŞtes
bien familier.
-Avec les jolies filles. -Si vous me faites des excuses…
Une seconde.
-Faites vite.
-Je suis pas téléguidée. Je marche pas à la commande.
-Suivez-moi. -C'est moi qu'on suit.
Pivoine, on rentrera ensemble.
-D'accord.
-OĂą va-t-on ? -Voir le commissaire.
-J'étais la mieux placée pour voir. -Qu'avez-vous vu ?
-Moi ? Rien.
J'ai lu le policier Du Rebecca dans le Dakota.
Il commence pareil.
Mais dans le livre, il s'agit d'une locomotive.
-Je lis pas les romans policiers.
-Que lisez-vous ? -La Veillée des chaumières.
-Pourtant, les policiers, c'est plein de détectives galants.
Mieux que la réalité.
-Ah ! Si, si. J'en ai lu un
où une fille dit des choses désagréables à un inspecteur.
Alors l'inspecteur lui donne une fessée.
Il était sentimental.
Passez. Je vous en prie.
-Ah ! C'est toi, Nathalie Princesse ?
Parfait !
Ne perdons pas de temps. Le clip !
-Quel "clip” ?
-Fais pas celle qui comprend pas l'anglais !
Le clip !
Plus vite que ça. Je suis pressé.
-C'est une blague ? Vous me prenez pour une kleptomane ?
-Tu as 2 minutes pour avouer.
-C'est pas moi qui ai pris le clip.
-Si, c'est toi.
-Oh !
-Je vais te dire comment.
Madame fait une chute.
Elle à son clip. Tu te précipites sur elle
pour l'aider Ă se relever.
Et plus de clip. Ah !
-On m'y reprendra, Ă aider les gens. -Oh !
-Nathalie. -Ça suffit !
-Que vous me preniez pour une voleuse,
soit, c'est normal.
Déformation professionnelle. Petite tête, gros souliers.
Mais pour une idiote, ça, non.
-Touchez pas au grisbi ! C0
Y a des témoins. -On en a assez !
Vous allez vous taire !
-Tiens, tu me dis plus "tu" ?
-"Tu me dis plus 'tu'" ? "Tu me dis plus 'tu'" ?
Et si je vous faisais embarquer ?
-On insulte une fille dans l'exercice de son métier ?
-Joli métier, votre métier.
Parlons-en.
Les anges de vertu,
j'irai pas les chercher ici.
-Mes jeunes filles ne sont pas celles que vous dites.
-Ouais. Je connais la musique.
Puisque c'est votre business, de faire du strip-tease,
allez vous faire fouiller.
Conduis-moi ça à la fouille.
-Comment, "ça" ?
Ne me touchez pas ou j'appelle la police.
-Elle a du punch, la gosse.
J'ai voulu l'avoir Ă l'estomac, et elle m'a eu sur la distance.
-Je n'ai pas votre sens de l'humour,
mais je ne trouve pas plaisant le vol d'un clip.
-Quant Ă moi, c'est simple : je perds tout, tout.
Une amie et une associée.
Je n'ai plus qu'Ă fermer.
-Ne soyez pas ridicule, mon cher Cyril.
Cette histoire ne change rien Ă nos accords.
Nous dînons ensemble comme convenu, nous examinons le contrat…
Il est au point, non ?
-Oui, oui, oui.
-Demain, vous viendrez chercher le chèque de 30 millions.
-Merci. -Et allez donc.
-C'est mon argent, non ?
Vous préféreriez le perdre au tripot ou dans le lit de danseuses ?
-"30 millions" !
C'est une somme, ça.
-Pour ce prix-lĂ , j'aurais tout un corps de ballet.
-Ici, Pippart. Passez-moi le poste 827.
-Pour le rendez-vous de demain ? -J'irai. Avec ou sans clip.
-Ici, le commissaire Pippart.
-Rien Ă signaler.
-Oh, oh ! Et ça ?
-Bonjour !
-Un Martini sec.
-T'es restée un temps. Alors ?
-T'as failli ne pas me revoir. -Sans blague ?
-Tiens. Tape mes mains.
-Qu'est-ce que tu dégages comme électricité !
-J'ai été branchée sur un drôle de circuit.
Quoi ? C'est nerveux. Un autre.
-Bonjour, quand mĂŞme.
-Excuse-moi. Je sais plus oĂą j'en suis.
Figurez-vous qu'ils m'ont accusée d'avoir volé le clip.
-Que vont-ils pas chercher ? -Et sur quel ton ?
Tout juste s'ils m'ont pas accusée de faire le trottoir.
-C'est pas vrai ?
-Mais je vais pas en rester lĂ .
Et cette façon qu'ils ont de vous fouiller… Hein ?
-Attention. -Ă€ quoi ?
-Barman, un demi.
-Et alors ? J'ai le droit de parler.
S'il y a des oreilles à la traîne, on manque de cendriers.
Bob !
4 Martini. Trinque avec nous. C'est ma tournée.
Regardez-moi bien.
Entre eux et moi, c'est une question de force.
On verra qui aura le dernier mot. Haute couture
contre basse police. 1er épisode.
-Tu fais de la température.
-Calme-toi. Nous ne sommes pas seuls.
-Je dis rien de mal. Haute couture contre basse police.
À bas les clips et mort aux taches. À bas ! Bob ?
-À votre santé, mademoiselle.
-Toubib, une cigarette.
Je dois remonter à la boîte. -La police t'en empêchera.
-T'en fais pas.
Vous auriez pas un peu…
-Un peu de flic ? Avec plaisir. Musique douce.
-C'est rigolo. Vous permettez ? -Mais je vous en prie.
-Ravissant.
"F. M" ? -Franck Marchal.
Ce sont mes initiales.
-Elle Ă bien choisi le cadeau.
-C'est ma grand-mère.
Quand je suis revenu de la guerre avec la Légion d'honneur…
-Non. C'est pas vrai ? -Non. Mais ça fait bien.
-Vous avez trouvé ça dans La Veillée des chaumières ?
-Hélas, nous sommes dans la triste réalité quotidienne.
LĂ , vous fumez une cigarette. -Oui.
Mes chaussures me font mal.
Oh lĂ lĂ , j'ai mal aux pieds.
Vous pourriez me faire oublier cette douleur,
mais vous me détestez. -Non.
-Si. Vous me détestez.
Si fort que j'en oublie que j'ai mal aux pieds.
Vous m'en voulez ?
-Non. Au contraire.
Je trouve que vous avez été à peu près convenable avec moi.
-Je vous ai laissé entendre… -Quoi donc ?
-Que vous étiez jolie.
-Trop aimable.
-Je ne me suis pas forcé.
Je n'ai eu qu'Ă vous regarder.
J'aurais préféré vous connaître ailleurs,
dans d'autres circonstances.
-Est-ce que je dois ?
Est-ce que je ne dois pas ?
L'autre n'en vaut pas la peine. Si je le fais, c'est pour vous.
-Si vous faites quoi ?
-Des révélations au sujet du clip.
-Quoi ? Vous savez quelque chose ?
-Peut-être. -Je vous ramène à Pippart.
-Celui-là , jamais, ou à condition que vous soyez témoin.
-Oh, mais avec joie.
-Et encore, c'est pour vous faire plaisir.
Je vous en prie.
Attendez-moi. Je vais prévenir mon chef.
-Une seconde, hein ?
-Je n'ai guère de disposition pour le dessin.
Je vais essayer cependant de vous le décrire sommairement.
Il a la forme d'une fleur largement épanouie.
-Dites-moi, chef… -"Une seconde”, j'ai dit.
-À peu près comme ceci.
Dans le bas, 2 énormes perles en forme de poire.
Et là , au centre, un gros diamant. À la dernière estimation,
le clip était évalué 7 millions.
-Dites-moi… -Regarde-moi ça.
Il n'a pas quitté ces lieux. Vous récupérerez votre clip.
Quoi ?
Encore vous ? Vous ne m'avez pas assez vu ?
Foutez le camp. C'est quoi, cette sauterelle ?
Vous ne me rapportez pas le clip ?
-Elle a une communication Ă faire. -Tout Ă l'heure.
-Je voulais pas monter. Vous avez insisté. Voilà …
-Bon !
Je vous demande de nous laisser et de passer Ă la fouille.
Bonsoir, messieurs dames.
Alors ? Pourquoi ĂŞtes-vous revenue ?
Que vouliez-vous me dire ?
-Une chose importante, mais entre nous.
-Ah oui ? Ah, tiens…
Marchal, tu notes. Je vous écoute.
-C'est difficile. -Dites, allez.
N'ayez pas peur. Je ne vous mangerai pas.
-Pardon.
-"Pardon" ? Quoi, "pardon" ?
-Pour ce que je vous ai dit sous l'empire de la colère.
Je le regrette.
Si, si. Je me suis laissée aller, et…
VoilĂ . Je vous ai tout dit. Pardon.
-C'est tout ?
-Et je vous remercie de votre attention.
-Je suis calme.
Je suis extrĂŞmement calme.
Disparaissez de ma vue.
Profitez-en vite. Marchal, emmène-la.
Et que je n'entende plus parler de cette souris !
Emmène-la !
-Il n'a pas l'air content.
-Si vous êtes revenue pour ça…
-Bonjour, chef.
-Fouillez-moi toute la taule. On y a caché un clip de 7 millions.
Vous devez le trouver.
Vous me téléphonerez chez moi. Je ne bouge pas.
-Bonsoir, inspecteur. -Je vous accompagne Ă la sortie.
-Merci. Toujours fâché ? -Non.
À tout hasard, voici mes numéros de téléphone.
Chez moi et Ă la P.J.
-J'espère que nous nous reverrons. -Bien sûr.
Je passe vous prendre pour vous offrir un Martini ?
-Si vous vous mettez en civil. -Mais je suis en civil.
-Vous êtes habillé en policier.
Ah ! On vous sonne. Bye-bye.
-Alors, Franck ! Tu rĂŞves, ou quoi ?
C'est un drĂ´le d'oiseau. e
-Non, elle ne l'est pas. C'est un curieux oiseau.
Un étrange oiseau.
Mais ces oiseaux-là , je les préfère empaillés ou en cage.
-Oui, patron. C'est noté. L'adresse et le numéro.
Je téléphone ou je m'en occupe ?
Oui, patron.
D'acc.
AllĂ´ ? Je voudrais parler Ă Mlle Nathalie Princesse.
C'est elle ? Elle-mĂŞme ? Vu.
-AllĂ´ ? Eh bien, allĂ´ ? AllĂ´ ?
Pivoine, tu ne vas pas partir comme ça.
OĂą irais-tu, d'abord ? -Chez Julien.
Ou tu rapportes son clip Ă la comtesse ou je m'en vais.
Que signifie cette comédie-là ?
-Je ne l'ai pas rendu Ă cause de Pippart.
Ça m'amuse, de le laisser patauger.
-Moi, je ne veux pas passer pour une receleuse.
-Je peux pas aller chez la comtesse Ă 23 h.
-Pourquoi pas ? Tu sonnes, on t'annonce, tu entres,
tu sors le clip, on t'offre le champagne, apothéose.
C'est oui ou c'est non ? -Ah!
Tu sais, toi ? Il faut que je t'aime.
-Qu'y a-t-il ? -Je cherche Nathalie.
-Elle est pas lĂ . Elle est sortie. -Quoi ?
Attends-moi une seconde.
-Pourquoi ?
Vous ĂŞtes de la police ?
Je comprends. La secrète…
-OĂą est-elle ? -Je sais pas, monsieur.
-Et quand doit-elle rentrer ? -Je sais pas, monsieur.
-Je reviendrai demain matin.
-Au revoir, monsieur l'inspecteur.
-Toi, t'es physionomiste, hein ?
-250.
-Je vous garde. Attendez-moi.
-Je peux rester toute la nuit. -Juste une heure.
-Bon. Une heure, ça va.
Déjà ?
-Vite, vite. On retourne.
Tenez.
-Petits, petits, petits, petits, petits.
Tiens, mon lapin. Tiens.
-Oui ? -Sam !
-Et le trou ?
-Je vais commencer Ă le creuser.
-Tout doit être terminé avant midi.
-J'ai l'habitude.
Et après ? Que mettra-t-on dessus ? Des géraniums ?
-Pourquoi perdre du terrain ?
C'est un bon terrain pour la tomate.
-Dis donc, Coco, ils en parlent ?
-Non. Pas un mot. Pas une ligne. Rien.
La police veut travailler tranquillement.
On pourra risquer le coup. Le patron a tout préparé.
-Et Nathalie ? -Elle doit dormir.
Je vais lui secouer les puces pour la réveiller.
Bien dormi ?
Pas trop déprimée ?
Oh !
Tu pourrais me répondre, quand je m'inquiète de ta beauté.
Ah, Madame boude. Madame fait la dame.
Il va pourtant falloir qu'on s'explique, et vite !
-Mais d'abord, qui ĂŞtes-vous ? Je vous connais pas.
-Je suis lĂ pour que nous fassions connaissance.
-Pourquoi m'avez-vous kidnappée ?
-Je te le dirai si tu es plus sage.
-Et vous m'avez volé mon clip ? -Aussi, oui.
Tu es très intelligente, toi.
-Et alors ?
Je suis pas plus cave que toi. Kanak !
-Plaît-il ?
-Ouais. Je suis affranchie.
C'est ton pote ?
-Mon "pote" ?
-Le traîne-savate, le vicelard du chewing-gum, qui l'avait calotté
à la comtesse. -"Calotté"
-Ouais. Il avait planqué la joncaille.
Je l'ai repiquée.
Vous m'avez cravatée.
J'ai voulu vous arnaquer. LĂ , je l'ai dans le bigophone.
-"Dans le bigophone."
-Oh, dis donc. Un clip de 7 briques.
Tant pis pour mes zigues. Mais chapeau, hein ?
Bon. Maintenant, je vais me casser.
Dis donc, si t'étais chouette, tu m'emmènerais en trottinette.
-Qu'est-ce que c'est que ce vocabulaire ?
Tu me prends pour un homme du monde ?
Ah, ça, mais… Quel jeu joues-tu ?
-"Quel jeu" ? -Oui !
J'ai mes renseignements.
Ce clip, tu ne l'as pas trouvé par hasard.
-Qu'en savez-vous ? -On t'a vue l'escamoter.
C'est pas un travail d'amateur.
Je te conseille de filer droit et de ne pas jouer au plus fin.
T'as mis le nez Ă la fenĂŞtre, ce matin ?
Oui ou non ? -J'ai voulu prendre l'air.
-Et c'est là que tu as reconnu celui… du chewing-gum.
-Oui. Il faisait du jardinage.
-Non.
Il faisait le fossoyeur Ă toutes fins utiles.
Bon !
Eh bien, maintenant, je pense que tu es prête à m'écouter.
VoilĂ .
Ton amie, la comtesse de Lancy...
a cet après-midi un rendez-vous extrêmement important
avec un personnage qu'elle ne connaît pas
et qui ne la connaît pas.
Mais le clip épinglé au revers du manteau de la comtesse
doit servir de signe de ralliement.
Malheureusement, la comtesse ne pourra pas aller au rendez-vous.
Elle a un petit empĂŞchement.
Le patron a donc décidé que tu remplacerais la comtesse.
Tu te rendras
Ă ce rendez-vous. -Avec le clip ?
-Avec le clip.
L'inconnu te remettra un petit paquet que tu prendras
et que tu nous remettras
par la suite. -Je demande à réfléchir.
-J'ai réfléchi pour toi.
Voici une feuille de papier timbré,
un stylo,
et tu vas rédiger ta confession.
-Quoi ? -Oui.
Tu vas dire comment t'as volé le clip à la comtesse de Lancy.
Je dis "volé à la comtesse de Lancy".
Et si tu files pas droit,
la confession est le soir mĂŞme entre les mains du juge.
T'as 20 minutes.
-Voulez-vous que je vous dise ? J'aime mieux les flics.
-Quoi ?
-J'aime mieux les flics que les donneurs.
-On est fusillés pour moins que ça.
Que prends-tu pour ton petit déjeuner ?
Café au lait ? Hein ? Chocolat ?
-Du thé avec un rond de citron.
-"Du thé avec du citron."
Voilà ton thé.
OĂą en es-tu ?
Tu n'as pas encore commencé ?
C'est un tort.
Tu entends ?
Je te donne jusqu'Ă ce qu'il ait fini de creuser.
Écris !
Si tu veux pas, fais ton testament.
-Je l'ai attendue toute la nuit. Hein ? Jean-Claude ?
Je lui ai déjà téléphoné. T'es le 15e.
Quoi ? Appeler la police ? Ah, peut-ĂŞtre.
-Clément, viens voir.
Prends-moi ces empreintes-lĂ . -Tout de suite.
-T'as trouvé le secrétaire ? -Penses-tu. La cage était vide.
-Tiens.
-Alors ?
-Il n'a pas reparu à son domicile. Voilà tout ce que j'ai dégoté.
-Ouais.
Quais.
Ă€ quelle heure prenait-il ses fonctions ici ?
-Vers 9 h 30.
Je lui servais son petit déjeuner avec Madame.
-Ouais.
-Qu'on envoie son signalement partout.
Faut pas que ce Coco nous glisse entre les pattes.
Alors…?
Vous me disiez qu'hier, le dîner s'était mal terminé ?
-Il avait mal commencé.
Dès le caviar,
Madame a eu une discussion avec le comte et M. Boran.
-Ă€ quel sujet ?
-Au sujet d'une personne de la haute société
que je ne peux mettre en cause.
-Jouez pas au petit soldat ! Qui ça ?
-La princesse Nathalie.
-La princesse… La princesse. Encore elle ?
Non, mais ça va pas recommencer, ça !
Et alors ?
-J'ai servi le consommé madrilène.
-Oui, oui. Après.
-Madame était montée contre la princesse.
M. le comte et M. Boran prenaient sa défense.
-La comtesse était jalouse.
-Monsieur et Madame avaient épuisé les plaisirs de la chair.
Corporellement parlant.
Madame disait plaisamment
que Monsieur était la branche morte de son arbre généalogique.
C'est un mot d'esprit.
Bon !
Ensuite ? Poursuivez.
-J'ai servi le canard Ă l'orange,
mais sur un mot vif de Madame, Monsieur s'est levé,
a jeté sa serviette et nous a faussé compagnie.
Son départ a mis fin au dîner.
M. Boran en a profité pour dire qu'il avait mal à la tête
et prendre congé de Madame, qui ne se consolait pas du vol du clip.
-Et M. Truffaut ?
-Hein ?
-M. Truffaut !
-Il a fini son canard à l'orange et il est parti aussi de son côté.
I! avait l'air très calme.
-Et le secrétaire, M. Serge Lambert ?
-Comme d'habitude. Il a fait semblant de partir
et Madame a laissé la porte d'entrée entrouverte
pour permettre Ă M. Serge de venir la rejoindre dans sa chambre.
Madame a toujours été organisée.
-Ah ! Est-il revenu ?
-J'ai toujours affecté d'ignorer les successifs écarts de Madame.
Mais…
j'ai l'impression qu'il y a eu au cours de la nuit une discussion
et des piétinements dans la chambre de Madame.
Peut-ĂŞtre rĂŞvais-je.
-Tu finis de te foutre de moi !
Es-tu un imbécile qui joue la comédie ou un comédien qui fait l'imbécile ?
Va chercher le mari !
-M. le comte est rentré très tard
et je crains qu'il ne… -Va le chercher !
-Bien.
-Monsieur, c'est pas vrai ! Dites-moi que c'est pas vrai.
Une femme si noble, si pure, si généreuse, si sensible…
J'arrive… Un cadavre. Oh, c'est horrible.
-Asseyez-vous. -Oui, monsieur le commissaire.
-Aviez-vous rendez-vous avec elle ? -Elle devait me remettre un chèque.
Voilà le contrat. -Vous avez dîné ici, hier soir.
Vous avez quitté la comtesse
Ă quelle heure ?
-Je me souviens pas.
Il y avait eu une scène si pénible que j'avais précipité mon départ.
Je suis rentré à pied. Besoin d'air.
-AllĂ´ ?
Oui. Une seconde.
C'est pour Marchal.
Vous avez mis combien de temps ? -Je sais pas.
Vous n'allez pas m'accuser d'avoir tué une femme
qui allait me donner 30 millions !
-Je n'accuse personne, monsieur Boran.
-30 millions. -Évidemment.
Alors, Franck ? Le téléphone.
-J'ai relevé sur la porte des empreintes magnifiques.
-Celles du 3e homme ?
-AllĂ´ ? Oui ? Oui.
Pivoine ? Qui c'est, ça, Pivoine ?
Ah, oui ! Bien sûr. Comment avez-vous su que j'étais là ?
Ah, la P.J. Bon. J'écoute ?
Quoi ?
C'est pas possible… J'arrive !
-Que se passe-t-il ? -Rien, rien.
-Dites-moi…
Y avait souvent des scènes entre le comte et la comtesse ?
-Née Pignolet.
La comtesse avait l'argent, le comte le titre.
D'oĂą bien des malentendus. -Ne me touchez pas !
Ne me touchez pas, vilain !
Trois pas en arrière, vilain.
Allez me chercher la comtesse de Lancy,
née Pignolet.
Qu'est-ce que c'est que celui-lĂ ?
Comment s'est-il introduit chez moi ? Par effraction ?
Au voleur ! Au voleur !
Quoi ?
Ah ! C'est vous, le nouveau ?
Regardez la bobine du nouvel amant de ma femme.
Qui, de nous deux, a l'air d'un cocu ?
Je vous le demande !
Allez chercher le commissaire. Constat d'adultère.
Constat d'adultère !
-Il ne doit pas être dans son état normal.
-J'en ai l'impression, figurez-vous.
-Gare-toi plus loin.
Si ça tourne pas rond, klaxonne. -D'accord.
-Qui est lĂ ?
-Bonjour. -Ma chérie,
si tu savais…
J'ai pas fermé l'œil, tellement j'étais inquiète.
C'est l'inspecteur qui est venu te demander.
Bonjour, monsieur. -Vous vous connaissez ?
-Un peu. Dis-lui que je suis pas inspecteur.
-C'est un artisan. Il s'appelle Adolf. N'est-ce pas ?
-Oh, excusez-moi. Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
-Rien. Je mangerais bien quelque chose. J'ai faim.
-Il reste de la tarte. Du café ?
-Ah, mais avec plaisir.
-Hier, ça s'est bien passé ? -Formidable.
Adolf m'a emmenée à la campagne. Il voulait plus me quitter.
Il m'a sauté dessus, et hop, kidnappée.
N'est-ce pas ? C'est un gentil, tu sais.
Et sentimental. Une vraie guitare.
Il a bien la tĂŞte loin des pieds,
mais d'en haut, quel panorama !
-Vous vous ĂŞtes vus lĂ -bas ?
-Où ça, "là -bas" ?
-Ben, où on était, mon grand.
T'es pas allée travailler ? -J'avais pas le cœur.
J'ai dit qu'on était malades. -Vite. On nous attend.
2 sucres.
-Qu'y a-t-il ? -VoilĂ .
-Qu'est-ce que vous faites lĂ ?
-Et vous ?
Moi, je suis chez moi.
-Vous avez pas disparu ?
-Vous voyez que non.
-Ça, c'est pas ordinaire.
-Et pourquoi j'aurais disparu ?
-C'est elle qui… -J'ai téléphoné.
-C'est malin. -J'étais inquiète.
Elle vient d'arriver avec Monsieur, lĂ .
Ils ont passé la nuit ensemble.
-C'est pour ça que vous m'avez fait venir ?
J'ai apandonné une enquête importante pour venir.
La comtesse a été assassinée. -Non ? Oh !
-Oh ! "Assassinée" ? -Oui.
-Eh ben.… -Tu permets ?
Inspecteur Marchal,
M. Adolf Faisant.
-Enchanté, monsieur. -Moi de même.
-Dépêche-toi. Tu vas être en retard.
-Je vous dépose ? -Nathalie part avec moi.
-Vous vous arrangez
le temps de me préparer.
-Un peu de café pour votre dérangement…
-Merci. -Un sucre ?
-Oui. -Qui a un peu de feu ?
-Moi ! Attendez, attendez…
-Merci.
-Il y a longtemps que vous connaissez Nathalie ?
-Oh !
Je l'ai connue haute comme ça.
Avec ma taille, j'ai connu toutes les femmes hautes comme ça.
-Vous ĂŞtes marrant. -Pivoine !
Mon rouge à lèvres. Il est dans mon sac.
-Tenez. Le voilĂ . -Merci.
-Ce rouge, c'est pour demain ?
-VoilĂ , voilĂ .
C'est pas possible. -Quoi donc ?
-T'as le clip et la comtesse a été tuée.
-Cherche pas Ă comprendre.
-Mais, Nathalie, écoute… (-Tais-toi.)
Je suis sur la piste du tueur. Une histoire formidable.
Je te dirai tout quand ce sera fini.
Si tu parles, tu gâcheras tout.
Ne parle ni du clip, ni de la comtesse,
ni de Marchal Ă Faisant, ni de Faisant Ă Marchal.
-Je comprends que son absence vous ait inquiété.
Surtout qu'il y a une recrudescence du gangstérisme.
-Merci.
-L'influence du cinéma… -La Série noire.
-Et les chansons.
On peut pas s'imaginer…
les ravages de la chanson sur la jeunesse.
Heureusement que nous avons pour nous défendre une police qui…
Tout de mĂŞme, pardon.
Chapeau.
-En ce moment, nous faisons un gros effort.
Et je dois dire, sans vanité, que j'ai ce qu'on appelle…
"le sens du gangster”. -Ah oui ?
-Un peu de feu, s'il vous plaît.
Je les repère tout de suite, presque les yeux fermés.
-"Les yeux fermés." Comme c'est curieux.
-Je n'ai aucun mérite. C'est un don.
-Dites donc,
elle en a encore pour longtemps ? -Non, non.
-On s'est jamais rencontrés. -On ne va pas aux mêmes endroits.
-Il aurait fallu un hasard. -Comme celui d'aujourd'hui.
-Qu'est-ce qu'elle fabrique ?
-Nathalie !
Vous en avez pour longtemps ?
Nathalie ! Qu'est-ce qui se passe ?
Nathalie !
C'est pas étrange ?
-Très étrange.
-Dites donc, monsieur…
-Vous l'avez pas vue ?
-Vous oubliez que nous avons rendez-vous ?
-Vous, alors !
-C'est qui, cet imbécile ?
-Je ne sais pas. -C'est du propre.
-Calmez-vous. J'ai quelque chose pour vous.
-Quoi ?
-Nathalie m'a bien recommandé de vous remettre ce stylo.
-Vous saviez qu'elle devait filer ? C'est un comble.
Ne vous avisez plus de me téléphoner. Plus jamais !
-Madame, votre clip est un chef-d'œuvre d'orfèvrerie.
-C'est un bijou de famille. -Je vous en prie.
-Ma parole, c'est Patins Ă ressorts ?
Il travaille pour la comtesse, maintenant ?
Fantastique. -Quand le patron saura ça…
-Prends-le en charge. -Maintenant ?
-Oui.
Mais vite. C'est un dur. -D'accord, Coco.
On lui fera voir la fin du monde.
-Rideau.
-Que prenez-vous ?
-Une grenadine. Et toi ?
-Une camomille. -Très bien.
-Un peu de musique ?
Musique douce.
-Tiens. Ça, c'est pas bête.
Alors ? -"Alors" ?
-Vous partez toujours demain ?
-Je pars "toujours demain”.
-Par l'avion ? -"Par l'avion."
-Vous serez donc là -bas à l'heure indiquée ?
-"À l'heure indiquée", exactement.
-Comme la dernière fois. -"Comme la dernière fois."
-Bon…
Autre chose.
Les éléphants sont contagieux.
-Ah ! Je le savais.
-Ah ! Il vous a téléphoné ?
-Il m'a téléphoné.
-Alors…
VoilĂ la marchandise.
Vu ?
-Parfait.
Et vous n'avez rien Ă leur faire dire, lĂ -bas ?
-Non. Qu'ils continuent.
Excusez-moi.
-Que cherchez-vous ?
-Je suis en train de perdre quelqu'un.
-Complet.
-Redescends. Elle vient de filer.
-Laissez-moi passer, voyons.
-HĂ© ! Redescends. Elle est en bas !
-Je prends celle-ci. -Bien, madame. Suivez-moi.
-C'est Ă livrer Ă domicile. -Quelle adresse ?
-M. Julien Toquet, 3, rue Racine.
Combien ? -5000 frances.
Merci, madame.
-Ça vous ennuie, de joindre ce paquet ?
-Avec plaisir, madame. -Merci.
Vous ĂŞtes gentille. Merci.
-Eh bien, Nathalie, on était toute seule.
-Je vous cherchais. -On s'est inquiétés.
Vide ton sac.
-Il n'y a rien dans mon sac. Tu le vois bien…
-Bon. Ça va, avance.
-On ira Ă la campagne. -Tu connais la maison ?
-On s'occupera de toi.
-De la chirurgie et tu dérouleras le paquet.
-Vous permettez. Oh, ce que c'est joli, ça.
Oh, ce sac.
-Non. Rien du tout.
-Non, non.
Pardon, madame.
-Et ce coffret. -Mais non !
-AllĂ´ ? AllĂ´ ?
Une femme blonde en robe noire se dirige vers le rayon 24.
-Quel culot !
*-Veuillez me suivre.
Je vous ai prise en flagrant délit. *-Pour qui me prenez-vous ?
*-Ma femme est kleptomane. Je vous rembourse.
-Elle a pas l'air commode, la petite dame.
Elle a giflé Auguste.
-Un salaud pareil, ça fait plaisir.
-Salope ! Qu'est-ce qu'on va foutre ?
-Allez, hop. À la bagnole.
-Allez, hop.
-Je le regrette infiniment, mais…
le fait d'avoir mangé du canard avec la victime peu avant le crime
ne constitue pas une charge bien lourde contre moi.
Étais-je le seul convive ? -Il à raison.
Et Boran ? Il était là aussi, Boran.
Pourquoi ne l'interroge-t-on pas, celui-lĂ ?
-Il l'a déjà été et va l'être à nouveau.
-Et Serge Lambert ? -Pardon. Excusez-moi.
-Le secrétaire très particulier de ma femme.
Il aurait peut-ĂŞtre son mot Ă dire.
Seulement, lui, on le laisse courir.
-Rassurez-vous. Il n'ira pas loin.
Quel genre d'affaires traitiez-vous
pour le compte de Mme de Lancy ?
-Que prétendez-vous insinuer ? Pour qui me prenez-vous ?
-Pour ce que tu es. Émile, Jules,
Ernest, Dagobert
Truffaut.
1932 : escroquerie, abus de confiance, 3 ans de prison.
1936 : chantage, carambouillage, 5 ans de prison.
-Peccadilles de jeunesse.
Depuis 1936, rien. Pas ça.
Une conduite de marbre.
Et j'y ai plus de mérite que quiconque,
parce que je ne suis pas honnĂŞte naturellement.
Je le suis devenu. Ça a été dur. Croyez-moi, monsieur.
-Charmant.
Vous avanciez des sommes Ă l'insu de votre cliente.
Comment espériez-vous être remboursé ?
Le comte n'avait pas le sou.
-Je savais qu'il hériterait de la comtesse. La preuve…
-Comment ça ?
Elle était moins âgée que lui.
-Les astres, monsieur le commissaire.
-Monsieur Marchal, on vous demande au téléphone.
-Ouais.
-AllĂ´ ? Commissaire de police du 9e ? Bonjour, monsieur le commissaire.
Un vol dans un grand magasin ? Et alors ?
Qui ? Nathalie Princesse ?
Elle se recommande de moi ?
Oh, c'est insensé. Oui, oui, oui.
Oui. Non. J'arrive.
Et mettez-la sous clé. C'est une spécialiste de l'évasion.
Ă€ tout de suite. Merci. -Qu'est-ce que j'entends ?
Elle est arrêtée ? -Eh ben, il paraît.
-C'est impossible. Une fille qui travaille chez moi,
aux Champs-Élysées, à 2 pas de l'Arc de tromphe…
C'est un comble.
-À quoi ça sert, d'attendre ? On téléphone au patron.
-Surtout pas. l nous mettra au piquet.
Je suis pas client de Borniol.
-Tiens, les voilĂ .
-Pourquoi faites-vous cette tĂŞte-lĂ ?
HĂ© ! Je vous parle.
Je ne suis pas une voleuse. Vous entendez ?
-On sait jamais. -Pour ce qu'il y a dedans…
OĂą me conduisez-vous, d'abord ?
Si vous me répondez pas, je saute de la voiture en marche.
-Tenez.
-Oh, ça alors.
-Vous vouliez faire des révélations ? Vous pourrez vous expliquer.
-Je suis en danger de mort.
Mais je ne plaisante pas !
-Là où je vous conduis, vous serez en sécurité.
-Elle peut sortir que par lĂ .
-S'il faut y passer la nuit, je le ferai.
Allez-y. J'ai plus besoin de vous.
-Tenez, buvez.
-Pas de romans policiers ! -J'ai pas le temps.
-Il y en a de formidables.
Pas de pépée pour Toto, ce que c'est rigolo !
Vos pensées sont comme ce vin : capiteuses et claires.
-Et psychologue, avec ça.
-Plus je bois, plus je suis lucide. -Pas possible.
-C'est du joli, ce qui se passe lĂ .
Vos pensées font du strip-tease. -Oh !
-Vous vous dites : "Cette petite idiote est Ă ma merci.
"Je l'ai entraînée chez moi. Whisky, bonne chère, champagne…
"Et puis hop, passons aux galipettes sérieuses.”
Eh bien, non. Pas de pépée pour Toto.
Tchin-tchin.
-Et vertueuse, avec ça.
Ça doit être interdit par la loi.
-"Vertueuse" ! C'est honteux, ce que vous dites.
Les hommes, tous les mĂŞmes.
On leur résiste, ils vous prêtent des sentiments ignobles.
-Non, Nathalie. La preuve, c'est que je vais vous raccompagner.
-Non. Vous feriez ça ?
-Parole d'honneur.
-Vous dites ça, mais… -Tenez.
Un petit chapeau, un petit sac. Ça…
Allez, allez. On y va !
-Eh bien, non. Je reste.
-Mon amour. -J'ai confiance en vous, maintenant.
Je n'ai plus rien Ă craindre. Je peux pas rentrer sans risques.
Puisque vous ĂŞtes mon ami, je vais tout vous dire.
Dites rien Ă Pippart. Jurez-le-moi.
-Oh ! Parole d'honneur.
-Je suis sur les traces du voleur du clip et du tueur.
C'est un de ses familiers.
On a voulu empĂŞcher la comtesse d'aller chercher un paquet.
On l'a tuée pour lui donner une doublure.
Pied-bot s'est trouvé possédé.
Le clip et le paquet sont chez un futur docteur.
-Qu'est-ce que c'est que ce roman-feuilleton ?
-Les 2 bandes se font des entourloupettes.
La bande de la comtesse et celle de Chewing-gum.
-Qui dirige celle-là ? -"Le patron.” Je saurai son nom.
-Oui, oui.
Bien sûr. Je vois. Tout ça est très clair.
-Ce sera plus clair
quand vous aurez examiné les empreintes du stylo.
-Oh, mais on s'en occupe. -Tout de mĂŞme.
Puis quand vous saurez la vérité… -Changeons de sujet.
-Bon. Tant pis pour vous.
-Pippart, Pippart.
-Vous avez de la rancune. -Je suis pas une maltraitée.
Pippart, Pippart. -Oh !
La boxe n'est pas faite pour les femmes.
Un seul sport est vraiment efficace. -Le revolver.
-Oui. Mais je pensais au judo.
-C'est rigolo, le judo ? -Venez voir.
Donnez-moi votre cigarette. -Oui.
-N'ayez pas peur. Attaquez-moi.
Prenez-moi au poignet.
-Là ? -Voilà . Je me dégage…
Et… hop !
-Ouille !
-C'était amusant ?
-Mais c'est la guerre éclair, non ?
Ă€ moi, maintenant. -Vous ?
Avec vos muscles en crĂŞpe Georgette ? -Vous verrez.
Là . Je dégage. Là ….
Et hop !
-Dites donc, vous avez des dispositions, vous.
-Je vais beaucoup aimer le judo.
Vous voulez pas m'apprendre une autre prise ?
-J'en connais une merveilleuse.
-Ah oui ? -Une prise irrésistible.
Une seconde. Il faut se mettre en tenue de judoka.
Hop !
Chut.
Chut. La prise de sommeil.
Chut.
-Oh !
Franck ! Franck !
Franck, vous allez pas me laisser seule ?
-Mais si, mais si.
Pas de galipettes sérieuses. Ah ! Ne me touchez pas.
Vous vous disiez que j'étais à votre merci.
Pas du tout. Pas de Toto pour pépée.
Bonne nuit, Nathalie.
-"Sherlock Holmes."
-Bonjour, chef ! Quoi de neuf ?
-Bonjour. -Pom, pom, pom, pom, pom, pom, pom
-T'as fini de "pommer" ? -Pardon.
-Tiens. Regarde ça.
-Ben, oui. Ce sont des empreintes.
-Ce sont les empreintes relevées sur les portes de l'hôtel de Lancy.
-Ah!
-Examine celles-ci, maintenant.
-Elles sont identiques.
-Je te le fais pas dire.
Elles ont été trouvées sur le stylo.
-Parfait, parfait.
-L'ennui, c'est que ces empreintes sont les unes et les autres
celles de Nathalie Princesse.
Ça t'épate, hein ? Pom, pom, pom.
Cette emmerdeuse était sur les lieux du crime
la nuit où il a été commis.
-C'est pas possible. -Très possible. Tu vas voir.
Faites entrer le témoin.
Fais pas cette gueule-lĂ , toi.
Tu devrais ĂŞtre content,
parce que sans toi, hein…
-Monsieur. -Entrez, mon ami. Entrez !
Alors ?
C'est vous qui avez conduit une femme la nuit d'avant-hier ?
-Oui, monsieur. -Ă€ quelle heure ?
-Entre 22 h 30 et 23 h.
Elle m'a dit de l'attendre 1 heure et elle est revenue après 5 min.
-La reconnaîtriez-vous ?
-Oh, oui. Une jolie femme. -Ah oui ?
Allez-y. OĂą est-elle ? -Ah, la voilĂ .
-Ah oui. Ah ! La voilĂ .
-Vous êtes sûr ? -Puisque je vous le dis.
-Retirez-vous. -Merci, monsieur.
-VoilĂ . Alors, tu as compris ?
-Ça alors !
-Pom, pom, pom Pom, pom, pom, pom, pom
Pom, pom, pom Pom, pom, pom, pom, pom
Hein ?
Musique douce.
-Mais c'est mon briquet !
-OĂą l'avais-tu perdu ?
-Je l'avais prêté à Nathalie. -Quoi ? Nath…?
On a retrouvé ton briquet dans la poche d'un mort.
Un individu qui a été assassiné,
une connaissance Ă nous, un pied-bot,
Condelli, dit Patins Ă ressorts.
Drôle de règlement de comptes.
On a ramassé son adversaire près de là .
Un nommé Fred, dit La Gelée, mort lui aussi. Dans l'ambulance.
Oui. Et puis…
On a aussi relevé d'autres empreintes sur le stylo de Nathalie.
Un nommé Jacques Flanchard, dit Coco la Girafe,
tueur professionnel qu'on recherche depuis 2 ans.
Le voilĂ .
-Mais je le connais ! J'ai pris le café avec lui.
-Oh ! Il a pris le café avec lui !
-Chez Nathalie.
-Encore elle ? Non, mais dis donc,
elle en connaît du monde, ta Nathalie.
Vous avez parlé chiffons ? -Non.
On a parlé… Ça alors ! -Quoi ?
-On a parlé de la recrudescence du gangstérisme.
-Ils ont parlé métier. IIs se sont foutus de toi.
-Nathalie n'y est pour rien.
-Faudrait d'abord la trouver. -Elle est chez moi.
-Chez…”? -Elle m'attend pour déjeuner.
-Bonne occasion de se mettre Ă table.
Allez, viens !
-Allez, hop. Dans la voiture. Et pas un mot.
-Effraction. De mieux en mieux.
-Nathalie a été enlevée. -Imbécile. Et ça ?
-OĂą m'emmenez-vous ?
Vous voulez pas me répondre ?
-Dans un coin tranquille,
à moins que tu ne préfères me dire ce que tu as fait de la marchandise.
Hein ? À ton aise.
On t'a déjà grillé les pieds ? -Non.
On n'a pas eu l'occasion.
-Tu as l'air d'avoir de jolis seins.
C'est pratique, les jolis seins, pour éteindre les cigares.
-Oui ? Oh! -Pourquoi ?
Tu ne supportes pas le cigare ?
-Vous dites ça pour me faire peur ?
-Ça va. Je n'insiste pas. Pour le moment !
-Alors ? On est en panne ?
-T'as fini, de te foutre de moi ? Allez, rends-moi la clé.
-Je ne l'ai pas prise, moi. Quelle brute !
Vous ĂŞtes fou ?
-T'as compris.
-Elle est sur le plancher de la voiture.
-Oui ? -Vous pouvez me ramener Ă Paris ?
-Oui. Allez, montez vite.
-Regardez votre Casanova.
-HĂ© ! HĂ© ! Attendez ! Attendez ! Elle est pas toute seule.
-Dans le fond, y a une place. -Là , ça va.
-Je vous dis d'aller dans le fond !
Allez dans le fond !
-Oui. Allez dans le fond. Dans le fond.
-ALLEZ, DANS LE FOND ! -ALLEZ !
-Asseyez-vous à côté de moi. Là , voilà .
-VOUS CONNAÎTREZ À VOTRE TOUR
ET LE DÉSESPOIR ET LES LARMES
DE LA JALOUSIE ET DE L'AMOUR
-Chantez avec nous. Allez, allez.
-DENT POUR DENT TELLE EST LA LOI DES AMANTS
-Chantez.
-CĹ’UR POUR CĹ’UR DENT POUR DENT
TELLE EST LA LOI DES AMANTS
ÉCOUTEZ LA TRISTE RITOURNELLE
DES AMANTS ERRANTS
EN PROIE À LEURS TOURMENTS
-La ligne est prise.
-Vous me faites mal. -C'est un acompte.
Tu m'as eu, petite vache.
N'essaye pas de filer ou je t'envoie Ă la morgue.
AllĂ´, patron ? J'ai un ennui.
Faudrait m'envoyer une voiture.
Ce qui s'est passé ?
*-AllĂ´ ? AllĂ´ ?
AllĂ´ ? AllĂ´ ?
-AllĂ´ ? C'est toi, le patron ? Parfait. Ici, Nathalie Princesse.
Ton gangster est dans le ramasse-miettes, ratatiné.
Maintenant, c'est Ă moi de jouer.
Et si tu veux récupérer ton paquet, il faut verser des arrhes.
Silence, quand je parle !
Je te téléphonerai pour te fixer rendez-vous.
Compris ?
Et ne me fais pas d'entourloupette ou je monte mes prix.
*AllĂ´ ? AllĂ´, police secours ?
Venez aux 2 Pigeons. Il y a un gangster dans le lavabo.
-Ne vous sauvez pas comme ça !
-Venez boire avec nous.
-Restez avec nous.
-Elle s'est échappée.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Mais qu'est-ce que c'était ?
-Poussez-vous.
-Vite, vite. 24, rue Clément-Marot.
-Prenez-le ! Attrapez-le bien !
-ALLEZ !
-Tenez-le.
Bravo, bravo. Allez, vous le tenez. Allez, allez !
VoilĂ la souffrance. Allez, hop. Allez !
-Alors ? Tu joues ou tu joues pas ?
-Je ne joue pas. Je réfléchis.
-Parce que ça t'arrive, de réfléchir ?
-Blanc partout.
Le téléphone. -C'est pas trop tôt.
-Je commençais à m'inquiéter.
-La Girafe, il connaît son métier.
-Patins Ă ressorts a refroidi Fred.
-Laisse ça tranquille. Oui, mais Fred l'a eu aussi.
-Il n'y plus personne pour la belle.
Alors ? C'est lui ? -Non. C'est le patron.
Il s'est fait doubler par Nathalie.
-Sans blague ? -Alors ? Elle sait qui c'est ?
-Probable. -Tant pis pour elle.
-Et Coco ? -Pas de nouvelles.
Nathalie veut faire chanter le patron.
-Oh ! Ça, c'est un monde.
-Mais le patron a décidé de la désosser.
-On y va ? -Non.
On attend les ordres. Il veut en finir ce soir.
-Je vous avais dit qu'avec elle, on aurait des emmerdements.
-T'aurais jamais dĂ». -Quoi ?
-T'aurais jamais dû téléphoner à Franck.
C'est de la folie.
La police est venue te demander chez Boran.
-Et pour quoi faire ? -Pour t'embarquer.
Pas pour t'offrir des roses.
-Après tout ce que j'ai fait ? IIs devraient avoir honte.
-Mademoiselle, un monsieur vous demande.
-Qu'est-ce que ça signifie ?
-On dit bonjour, d'abord. -Pourquoi vous ĂŞtes partie ?
-Vous m'aviez enfermée. J'avais autre chose à faire.
J'ai pas perdu mon temps, moi.
J'ai fait arrêter le gangster avec qui vous avez pris le café chez moi.
-Coco la Girafe ? -Je sais pas son nom.
Ça vous épate ?
-Vous avez fait arrêter en 2 heures un individu recherché depuis 2 ans ?
-Je devais me dépêcher. J'avais rendez-vous chez le coiffeur.
-Oui.
Vous me préparez un tour.
-Non, mais une surprise. Je sais qui est le chef de la bande.
Et cette nuit, il est Ă moi. J'ai plus qu'Ă le convoquer.
-Pour vous faire descendre ? Pas question.
Je dois vous conduire Ă la P.J. Je suis pas un idiot.
-Franck, donnez-moi quelques heures.
-Cette affaire ne regarde que nous.
-Vous n'avez plus confiance ? -Non.
-Tu es un cœur de pierre.
-Franck, écoutez-moi.
-J'ai confiance en vous quand vous êtes près de moi.
Quand vous avez le dos tourné, je m'inquiète.
-Vous avez tort. -Je commence à vous connaître.
-C'est votre dernier mot ? -Allez, suivez-moi.
Vous croyez que ça m'amuse ?
-J'insiste pas. Accrochez ce peignoir.
-Vous devenez raisonnable. On ne vous veut aucun mal…
HĂ© ! HĂ©! HĂ© !
-Hé ! Lâchez-moi. l veut voler mon sac.
Au voleur !
-Rendez-lui son sac,
espèce de métèque. -Police.
-Excuse-moi. Pardon.
À 1re vue…
-Vous allez pas vous sauver comme ça.
-Mon bras. Vous m'avez cassé le bras.
Oh !
-Nathalie, désolé. Je vous demande pardon.
-Il est bien temps. Pas vous. Pivoine.
Et doucement, hein ? Oh lĂ lĂ ! J'ai mal.
Lâchez-moi. Je ne sens plus mon bras.
-Vous pouvez encore marcher ?
-Je marche pas sur les mains.
Allez, viens, Pivoine. Ouille. Oh lĂ lĂ !
-Montez derrière.
Pivoine, passez devant. Vite !
Attendez une seconde.
-OĂą allez-vous ?
-J'ai dû oublier mes clés là -haut.
-Allez, vite. En route. -Oh, la clé.
-Vite, vite. -Ă€ l'hĂ´pital ?
-Chez ton toubib.
Un paquet doit être arrivé. -Un paquet pour toi ?
C'est quoi ?
-Tu verras. Quelque chose de très utile.
Allez, vite.
-Invraisemblable.
Tu la retrouves. Grâce à elle, d'ailleurs.
Bon. Tu l'arrĂŞtes, bien.
Tu lui casses le bras, très bien.
Et elle trouve le moyen de te filer sous le nez.
Parfait.
Et tu ne lui as pas couru après ? -Elle allait plus vite.
-C'est un comble. Tu pouvais pas la rattraper ?
-Elle était en auto.
-Et ta voiture ? -Elle était dedans.
-Oh ! Parce qu'en plus, elle t'a volé ta voiture ?
Mes compliments. Alors bravo, bravo, encore bravo.
Félicitations du ministre.
-Oui. Évidemment.
Et maintenant, elle va se faire descendre.
-Ah, ça, il y a de grandes chances.
Alors il faut la retrouver. Comprends-tu ?
La retrouver ! C'est très simple. -"Très simple"…
-Où est-elle ? Tu n'en sais rien, bien sûr.
Parce que c'est ton métier, de le savoir.
Tu as son numéro de téléphone ?
Alors appelle-la. Appelle-la.
Ă€ tout hasard. Pour voir.
Tu sais comment on forme un numéro de téléphone ?
Vas-y, vas-y..
AllĂ´ ? AllĂ´ ?
-AllĂ´ ? AllĂ´ ?
Tiens… On a raccroché.
-J'aime pas ça, moi. Allons-nous-en. J'ai trop peur.
-Ce que tu es bĂŞte.
J'ai mon plan.
-J'ai peur. -Il y a pas de quoi.
Tiens.
VoilĂ le paquet. Le criminel va venir le chercher
et compte me supprimer.
-Qui est-ce ?
-Crois-tu que Coco la Girafe soit venu ici par hasard, l'autre soir ?
-Qu'était-il venu chercher ? -Le clip.
Et par qui savait-il que j'avais le clip ?
-Oui. "Par qui” ?
-Celui qui m'a vue le prendre. -Qui t'a vue ?
-Le criminel.
Tiens, les voilĂ .
-Écoute. C'est eux.
C'est sûrement eux. -Qui ça ?
-Je sais pas.
-Mais qu'est-ce qui t'arrive ?
Qu'est-ce que tu as, mon lapin ?
-Tu entends ? -Quoi ?
-Les cloches. -Ça va pas.
Je vais te chercher du whisky.
Tiens.
Bois ça. Ça va te remettre.
-Le paquet !
-Tirez pas ! Donne-lui son paquet, qu'il s'en aille.
-Montrez-vous, si vous le voulez.
Allez ! Venez prendre.
Un peu de courage. Comme si on ne se connaissait pas.
À vous, Élysées 02-00. Mais entrez donc.
-Tiens, c'est Coco qui t'a arrangée comme ça ?
Bravo !
Un bras dans le plâtre, un pied dans la tombe.
-Oh, M. Boran ! Ça, par exemple.
-Approchez, si vous voulez qu'on discute entre hommes.
-Je te tiens. Pour une fois, on arrive Ă temps.
-Haut les mains.
-J'y suis pour rien.
Mais vous pouvez connaître l'assassin.
Il est lĂ .
-C'est le secrétaire de la comtesse. -C'est le comte.
-Bien sûr.
Sortez puisque vous avez gagné. Venez ramasser le dernier pli.
-Non !
-Je savais que c'était un familier de la comtesse.
-Très familier. Un ami intime.
-C'est pourquoi vous l'avez amicalement tuée.
-Comme concurrente,
elle était sur mon affaire. Son secrétaire me l'a dit.
-Oui. Et vous l'avez supprimé, lui aussi.
-Pour m'assurer de sa discrétion.
Comme il va falloir que je m'assure de la vĂ´tre.
Quelques cadavres de plus ou de moins…
Ces deux-lĂ , pas de regret.
Quant Ă toi, Nathalie, je te ferai un beau linceul.
Un linceul new /ook.
Taille mannequin.
-Vous êtes démasqué. C'est tout ce que je désirais.
-Pas de dernière volonté,
monsieur ?
Monsieur ?
Pivoine ?
-Je voudrais seulement vivre encore un peu.
-Exaucée. Tu seras tuée la dernière.
Et toi, Nathalie ?
-J'aimerais bien savoir ce qu'il y a dans cette boîte.
-Ça, mon petit, quand tu seras là -haut,
tu n'auras qu'Ă interroger la comtesse.
-Oui, mais…
Elle sera en enfer, elle.
-Adieu, ma petite Nathalie.
-Ă€ tout Ă l'heure, Franck.
-Cruelle obligation.
-Franck, attention !
-Ne le laisse pas filer !
-Franck !
Vous n'êtes pas blessé ? -Non, ça va.
-Ce que j'ai eu peur. -Merci.
Sans vous… -Oui…
-Votre bras n'est pas cassé ?
-J'ai eu cette idée quand vous m'avez flanquée par terre.
Oh lĂ lĂ ! Mais sur quoi je marche ?
Oh !
-Mais dis donc,
ce sont les diamants volés de la Côte d'Azur.
-Un beau succès à votre actif, M. Canard.
-Ah, vous… -Quoi, "moi" ?
-Oui. C'est vrai.
Vous venez de nous sauver la vie.
-J'espère faire mieux la prochaine fois.
Allez, sans rancune, monsieur Pippart.
On s'embrasse, hein ?
-Alors vous… Oh ! Vous, alors… Oui, ça va.
Quant Ă toi, mon vieux,
je te retiens comme second. -C'est inutile.
Je ne suis pas fait pour ce truc-lĂ , moi.
-Oui. -Je devrais démissionner.
-C'est la 1re fois que tu as une bonne idée.
Tu viens ?
-Oui. Mais j'emmène ma prisonnière.
Ce coup-ci, je vous lâche plus.
Je tiens Ă ma voiture, fine mouche.
-Car on prend des mouches avec des mencottes ?
-Vous avez pas vu le clip ?
-Vous n'allez pas recommencer !
-Après tout, j'ai pas besoin de vous.
Je finirai par mettre la main dessus.
-Oh, Nathalie.
-Avec un peu d'entraînement,
Pippart ferait un bon garde-champĂŞtre.
-Tu ne respectes rien. -Non.
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