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Original subtitles

M. Hogan !

Un navire abandonné avec un homme à bord !

- Où ça ? - Bâbord avant.

Bien.

On sauve ce bateau ?

Non.

Portez-le dans ma cabine.

Ruth !

Du calme, mon vieux, du calme.

C'est quel bateau ?

Le Covena,

un navire marchand.

On vous a récupéré à la dérive.

Oui, je me souviens.

Destination ?

Apia (Îles Samoa)

Apia ?

J'ai de la chance !

De la chance ?

Oui.

C'était notre destination lorsque...

mon bateau a coulé.

- Le Lady Vain, c'est ça ? - Oui.

Nous avons reçu son S.O.S.

- Vous avez une radio à bord ? - Oui.

Pourriez-vous envoyer un message pour moi ?

Bien sûr,

mais faites court.

Il va falloir vous reposer.

Merci.

C'est pour Ruth, j'imagine ?

Comment savez-vous son nom ?

Je n'entends que ça depuis deux heures.

C'est ma fiancée. Nous allons nous marier à Apia.

Mlle Ruth...

Thomas. Hôtel Continental.

Quel message ?

Dites-lui que ce bateau m'a recueilli, et quand nous devons arriver.

Et aussi que je vais bien.

Merci, Docteur.

Vous êtes bien docteur, n'est-ce pas ?

Oui.

Tout au moins, je l'ai été,

dans le temps.

- Qu'est-ce que c'est ? - Sur le naufrage, la Lady Vain.

Ah oui...

LISTE DES DISPARUS DE LA LADY VAIN, COULÉE MARDI

Bonjour. Soyez prudente.

Je pars à l'aube.

Mlle Thomas ?

- Mlle Thomas ? - Je suis là.

Pour moi ?

- Un message radio. - Merci.

- Comment ça va ? - Comment ai-je l'air ?

- Mieux. - C'est ce que je sens.

Une tour sur le pont vous fera du bien.

Bonne idée.

Il me semblait bien les avoir entendus.

Qu'est-ce que c'est ? Un zoo flottant ?

Oui, en un sens.

Bonjour, Capitaine.

- Je vous remercie pour... - Qui êtes-vous ?

M. Parker, le capitaine Davies.

Parker ?

Nous l'avons secouru avant-hier.

- Pourquoi ne m'a-t-on rien dit ? - On a essayé de vous réveiller...

Et alors ?

Vous aviez eu un petit penchant pour le porto...

Que voulez-vous dire ?

Vous étiez saoul.

Saoul, moi ?

Et pourquoi pas, avec une cargaison pareille ?

Une cargaison est une cargaison...

Je sais, mais ce bateau rempli de bêtes dégoûtantes...

Et ça depuis Mombasa !

Pour aller où ?

Jusqu'à une île. Et laquelle ?

Dites-le-moi, M. Montgomery !

- On vous paye bien pour ça. - Oui...

Une île sans nom, qui n'est même pas sur la carte.

Vous croyez que je ne sais pas de quel île il s'agit, hein ?

- Eh bien si, M. le charcuteur ! - Du calme, Capitaine.

C'est l'île du docteur Moreau.

L'île du docteur Moreau,

qui empuantit toutes les mers du Sud !

Juste une superstition des mers du Sud !

Le docteur Moreau est un homme brillant, et un grand savant.

Un grand savant ?

À mon avis il s'agit d'un pilleur de tombes sinistre et ambigu,

voilà ce qu'il est !.

- À quoi bon ? Vous êtes saoul. - Oui !

Qu'est-ce que vous avez dit ?

Rien.

Alors ça va.

Qu'est-ce que tu as là ?

- De la pâtée pour chiens. - De la pâtée ?

Il n'y en a pas déjà assez sur ce pont ?

M'ling !

- Va-t'en. - C'est ça, avant que je...

Alors je suis saoul, c'est ça ?

Seul un ivrogne peut faire ça.

Vous allez avoir des ennuis.

C'est bon, tout va bien.

M'ling !

Va à l'avant et restes-y.

Qui c'est, ce type ?

Mon serviteur, c'est tout.

Écoutez, Parker.

Vous feriez mieux de vous faire discret. À son réveil, ça pourrait barder.

Sortez ça de là !

Déchargez-moi tout ce fichu bazar !

Descendez !

C'est Moreau, là-bas ?

Oui.

C'est quoi, tout ce mystère autour de Moreau et son île ?

Je ne sais pas.

Si je le savais, j'aimerais sans doute l'oublier.

Hogan !

Monsieur Hogan !

Tout a bien été déchargé ?

C'est fait, Capitaine !

Larguez les amarres !

Et voilà, Dr. Moreau !

C'est la dernière !

Et aussi la dernière fois que je fais escale ici.

Pour toujours !

Amen !

Tu descends là.

Non, je vais à Apia.

Tu descends là.

Larguez cette amarre. Dépêchons !

Que se passe-t-il ?

Tombé par-dessus bord

Hé, là-haut !

Hé, là-haut !

Vous avez perdu un homme !

Vous pouvez le garder !

En avant, plein pot ! Hogan !

Qu'est-ce qu'il raconte, cet idiot ?

Remontez cette échelle !

Laissez l'échelle ! Je dois aller à Apia !

Tu sais nager, non ?

Davies, reprenez cet homme !

Ne faites pas ça, Capitaine ! Il y a des lois en mer !

C'est un naufragé. Il faut vous le recueillir.

Eh bien, je l'ai recueilli, et je l'ai lâché à ma première escale.

C'est tout ce qu'on peut me demander !

Je ne peux pas garder cet homme à bord !

Alors faites comme moi, jetez-le par-dessus bord !

Davies !

Davies, jetez l'échelle !

C'est très regrettable.

En effet. Je dois me rendre à Apia.

Je ne vois pas comment, il ne passe qu'un navire par an.

M. Parker, le docteur Moreau.

- Enchanté. - Enchanté.

Vous pouvez prendre le schooner avec Montgomery,

et partir demain matin pour Apia.

C'est très gentil. Merci.

De rien. Content de rendre service.

Montgomery est un marin loyal,

et je peux vous donner un équipage suffisant.

Ouran ! Gola !

Éloigne-toi de ces cages !

Allez, déchargeons tout ça.

D'abord les chiens, les singes et enfin les cages. Dépêchons.

Je reste avec Parker sur le schooner.

Non, je l'emmène jusqu'à la maison.

M. Parker !

- Vous n'y pensez pas ! - J'ai une idée.

M. Parker ?

- Venez avec moi, s'il vous plaît. - Oui.

Comprenez, M. Parker, vous n'avez pas été invité.

Bien sûr.

Vous allez sans doute trouver l'endroit un peu étrange.

Je compte sur votre prudence durant ce séjour,

et sur votre silence une fois parti.

- Vous comprenez ? - Bien sûr, Docteur.

Une formation calcaire.

Étrange n'est-ce pas ?

C'est l'ancien cratère d'un volcan.

Très fertile, cette poussière volcanique.

Des graines apportées par le vent et par les oiseaux,

et voyez le résultat.

Ne soyez pas inquiet, M. Parker.

Vous maniez ce fouet en expert, Docteur.

C'est une habitude. J'ai appris durant mon enfance, en Australie.

Voici ma maison.

Les indigènes ont l'air bien étranges.

Vous allez vouloir une douche. Prenez-la avant de dîner.

Excellent cognac, Montgomery. J'espère que vous en avez apporté plein.

Bien sûr que oui.

Montgomery est un homme de confiance,

en particulier dans le choix et la commande de spiritueux.

Tu peux tout débarrasser, M'ling.

Oui.

Je peux compter sur votre discrétion, M. Parker.

Je l'espère.

Et maintenant, veuillez nous excuser.

Il y a des cigarettes. M'ling, un brandy pour M. Parker.

- Plus rien, merci. - Ce sera tout, M'ling. Tu peux partir.

Je préférerais, M. Parker, que vous ne quittiez pas cette pièce.

Comme vous voulez, Docteur.

J'avais mes raisons pour que vous restiez sobre.

Allez dans le laboratoire, voir ce qu'il faut faire.

Vous n'y allez pas ?

Je l'amène à Parker.

- Lota ? À Parker ? - Pourquoi croyez-vous

que je l'ai amené jusqu'ici ?

Il en a déjà trop vu.

Mais elle n'a jamais rien vu comme lui.

Non ?

Vous et moi ne comptons pas.

Nous ne lui suscitons que peur et terreur.

- Ça se comprend. - Mais comment réagira-t-elle

devant Parker, en l'absence de peur ?

Sera-t-elle attirée ?

Est-elle capable d'être attirée ?

A-t-elle les poussées émotionnelles d'une femme ?

J'aurais à peine pu espérer une telle occasion, sauf à Londres.

Lota...

Viens ici.

Lota...

- Je t'ai enseigné des tas de choses. - Oui.

- Tout ce que tu sais vient de moi. - Oui.

Je vais te laisser apprendre quelque chose par toi-même.

Un homme est venu par la mer.

Je t'amènerai à lui,

et je te laisserai lui parler.

Oui ?

Je vais te laisser seule avec lui,

et tu pourras lui parler de ce que tu voudras

à propos du monde d'où il vient.

Mais tu ne dois rien dire me concernant,

rien sur la Loi,

rien sur la Maison des Douleurs.

Tu m'as compris ?

- Oui. - Alors viens avec moi.

Va-t'en !

Va-t'en, j'ai dit !

C'est bon.

Entre, Lota.

Lota, voici M. Parker.

Enchanté.

N'aie pas peur.

Comment... allez-vous ?

M. Parker nous est venu de par-delà la mer.

C'est une pure Polynésienne,

la seule femme de toute l'île.

Eh bien, jeunes gens, je vous laisse ensemble.

J'ai du travail.

Voulez-vous vous asseoir ?

Cigarette ?

Non.

- Merci. - Je vous en prie.

Vous devrez me pardonner, parce que...

tout ça est bien étrange pour moi.

De quelle île venez-vous ? Tahiti ?

De Samoa ?

Je veux dire...

Où est-ce, chez vous ?

Chez moi ?

C'est ici, chez moi.

Je sais, mais...

vous n'êtes pas originaire de cette île.

Je le sais, car j'ai vu des indigènes d'ici.

Comment se fait-il que vous soyez la seule femme de l'île ?

Est-ce que...

le Dr. Moreau vous a amenée ici ?

Pardonnez-moi si...

je vous paraît trop indiscret.

Moreau !

Vite ! Je vous en prie !

Vous... venez de la mer ?

D'une certaine façon.

Trois jours sur un canot retourné.

Vous repartez ?

Demain matin.

J'aimerais que vous ne repartiez pas.

C'est très gentil, mais...

il le faut.

Vous reviendrez ?

Eh bien...

Je ne sais pas.

Qu'est-ce que c'est ?

La Maison...

La Maison des Douleurs !

Non !

Ce n'est rien !

Rien ?

On torture quelqu'un !

Sortez !

Sortez !

Ils dissèquent un être humain vivant !

Ils coupent en morceaux un homme en vie !

Maintenant je sais, pour les indigènes...

Ce sont ses victimes.

Puis ce sera vous et moi.

Venez, partons d'ici !

L'autre porte !

On va prendre le bateau de Moreau et partir d'ici cette nuit.

La mer !

L'homme venu de la mer !

Lota !

Arrêtez !

- Quoi ? - L'homme venu de la mer !

- Ils sont comme nous ! - Ils sont comme lui.

Celui-ci n'est pas un homme.

Quelle est la Loi ?

Ne pas marcher à quatre pattes.

C'est la Loi.

Ne sommes-nous pas des hommes ?

Ne sommes-nous pas des hommes ?

Quelle est la Loi ?

Ne pas manger de la viande.

C'est la Loi.

Ne sommes-nous pas des hommes ?

Ne sommes-nous pas des hommes ?

Quelle est la Loi ?

Ne pas verser le sang.

C'est la Loi.

Ne sommes-nous pas des hommes ?

Ne sommes-nous pas des hommes ?

C'est à lui qu'appartient la main qui crée !

C'est à lui qu'appartient la main qui crée !

C'est à lui qu'appartient la main qui soigne !

C'est à lui qu'appartient la main qui soigne !

C'est à lui qu'appartient

la Maison des Douleurs.

C'est à lui qu'appartient

la Maison des Douleurs.

Après vous avoir averti, je ne vous aurais pas cru assez idiot pour quitter ma maison.

Maintenant je comprends la sinistre réputation

de vous et votre île dans toutes les mers du Sud.

Pourquoi vos indigènes sont-ils des monstres ?

Je vous ai vu disséquer un homme vivant.

Vous vous trompez complètement, jeune imbécile.

En ce qui me concerne, Moreau, vous ne vous en sortirez pas.

Prenez ça.

Maintenant je suis désarmé, et vous, tout à fait protégé.

Il est clair, n'est-ce pas, que je ne vous veux aucun mal.

Auriez-vous la gentillesse de revenir dans la maison ?

Lota...

Va dans ta chambre, Lota.

J'ai commencé sur des végétaux, à Londres, il y a vingt ans.

J'ai pris une orchidée, et j'ai réalisé un miracle dessus.

En l'arrachant à 100 000 ans d'une lente évolution,

je n'ai pas obtenu une orchidée,

mais ce que les orchidées seront dans 100 000 ans.

En voici une.

Mais comment, Docteur ?

En modifiant légèrement le plasma du germe.

C'est aussi simple que cela.

Voici un lys commun.

Un chrysanthème.

Ça, malheureusement, c'est ce qui est arrivé aux asperges.

J'ai poursuivi ces recherches à leur gré,

laissant mon imagination mener cette course fantastique.

Pourquoi ne pas expérimenter sur les organismes plus complexes ?

L'homme est au sommet d'un lent processus de révolution organique.

Toute vie animale tend vers la forme humaine.

C'est encore à Londres que j'entamais cette phase de mes expériences.

Un jour, un chien s'est enfui de mon laboratoire,

s'est mis à courir dans les rues en hurlant.

Et j'ai quitté Londres, M. Parker,

les journaux sur mes talons, et un pays excité réclamant ma peau.

J'emmenais Montgomery avec moi. C'était un étudiant en médecine

qui risquait la prison pour indiscrétion professionnelle.

C'était il y a onze ans,

onze longues années de travail.

Chirurgie plastique, transfusions sanguines,

extractions de glandes, traitement aux rayons...

Ce que j'ai découvert dans mes travaux sur les organismes cellulaires...

Mon travail et mes découvertes

n'appartiennent qu'à moi.

Ils m'ont fait annihiler des centaines de milliers d'années d'évolution.

À partir des animaux les plus primitifs, j'ai créé...

Vous le voyez vous-même, M. Parker.

Vous admettez que cette chose sur la table n'est pas humaine.

- Ses cris sont humains. - Savez-vous de quoi je pars ?

- Non. - D'un animal.

D'un animal ?

Comme ceux qui sont en cage dehors ?

Alors ces...

Ces créatures dans la jungle...

Ce sont mes créations.

- Faites à partir d'animaux ? - Oui.

Est-ce que cette chose...

Cette pauvre créature qu'on a torturé...

Quelle importance ?

De toutes les choses abjectes...

M. Parker, épargnez-moi ces horreurs infantiles, je vous prie.

Et ces...

Ces pauvres choses, là-bas dans la jungle...

Ces animaux...

Ils parlent !

Ce fut ma première grande réussite :

un langage articulé, commandé par le cerveau.

Ce fut un exploit.

Il a fallu longtemps et une patience infinie pour les faire parler.

Un jour je créerai une femme, et ce sera plus facile.

Voici certaines de mes expériences les moins réussies.

Elles fournissent le pouvoir d'en créer d'autres,

avec davantage de succès.

Mais à chaque expérience, je m'améliore.

J'approche mon but de plus en plus.

M. Parker...

Savez-vous ce que c'est que de se sentir à l'égal de Dieu ?

Je parle trop, n'est-ce pas ?

- Bonne nuit, M. Parker. - Bonne nuit.

- Vous retrouverez votre chambre ? - Oui, merci.

J'espère que vous dormirez bien.

Merci.

Bonne nuit.

Vous avez vu, Montgomery ? Elle était tendre, comme une femme.

Comme cette petite scène stimule l'imagination scientifique...

Je me demande ce qu'il reste des origines animales de Lota,

et si elle s'approche de la femme parfaite.

Il se peut que je le découvre,

avec l'aide de M. Parker.

Vous n'aurez pas beaucoup de temps s'il part pour Apia demain matin.

Ce serait une grande perte pour la science s'il partait demain matin, non ?

Quatre, avec un bon vent.

Merci, Docteur.

De rien. Je suis heureux d'avoir pu vous aider.

Oui, mais j'apprécie vraiment ce que vous faites pour...

Voilà qui est très fâcheux !

Je ne sais pas quoi en dire, je ne saurais l'expliquer.

Peut-être les indigènes... Ils étaient un peu incontrôlables, hier soir.

- Je t'ai manqué ? - Si tu m'as manqué ?

Excusez-moi, s'il vous plaît.

Il n'y avait pas un certain M. Parker à bord ?

- Parker ? - Oui.

Vous devriez demander au capitaine.

Messieurs, restez sobres !

S'il s'agit de boire, je le ferai moi-même.

Et s'il y a de la bagarre, venez m'avertir !

- Capitaine... - Salut, ma jolie.

Y avait-il un certain M. Parker est à bord ?

- Parker ? - Oui.

Non.

Mais il y a moi...

Vous ne l'avez pas repêché du Lady Vain ?

Il m'a envoyé un message depuis votre bateau.

Ah, oui ! Il a débarqué à ma première escale.

Quelle escale ?

Ce sont mes affaires.

Peut-être que le consul américain va en faire son affaire à lui.

Saluez-le de ma part !

Vous saviez que cet homme voulait se rendre à Apia, non ?

Je l'ai secouru en mer,

et l'ai déposé à ma première escale. On ne peut rien exiger de plus.

Quelle escale ?

- C'était sur une île. - Quelle île ?

Latitude 15° sud, longitude 170° ouest.

15° sud, 170° ouest.

Elle est toute petite. Vous ne la trouverez pas sur la carte.

Alors ce n'est pas une escale.

Eh bien, c'est une île, Monsieur. J'y ai déchargé du fret.

Je vois...

Ce sera tout pour le moment.

Oui, Monsieur.

Si je trouve la moindre irrégularité, je ferai retirer votre licence.

Bien, Monsieur.

Vous ne voudriez pas, n'est-ce pas ?

- Non, Monsieur. - C'est bien ce que je pensais.

Oui, Monsieur.

- Oui, Monsieur ! - Comment allez-vous, Capitaine ?

Mlle Thomas, le capitaine Donahue.

- Enchantée. - Enchanté.

- Quand serez-vous prêt à partir ? - Dans une heure.

Le bateau de Donahue est sûr mais pas très confortable.

Je l'ai entièrement réaménagé.

Vous connaissez la position ?

- Oui : 15° sud, 170° ouest. - C'est bon.

Eh bien...

- Bonne chance. - Merci.

- Merci beaucoup. - Je vous en prie. C'était un plaisir.

Lota...

Vous m'avez fait peur.

Vous êtes une fille bien étrange.

Parlez-moi.

Pas maintenant.

Parlez-moi.

Lota...

Savez-vous ce que c'est ?

- Livre. - Oui, livre.

De la bibliothèque du Dr. Moreau.

Il parle d'électricité, de télégraphie, de radio,

de la manière de construire un transmetteur.

Bien sûr, vous n'avez pas la moindre idée de quoi je parle, n'est-ce pas ?

Parlez-moi encore.

D'accord.

Je vais vous dire quelque chose que vous comprendrez.

Lota,

il me faut quitter cette île.

Livre...

vous emporte ?

Peut-être qu'il va m'aider.

Lota !

Pourquoi avez-vous fait ça ?

Livre emmener vous.

Lota...

J'aime une autre personne.

J'aurais dû vous le dire.

Aimer ?

Lota !

- Moreau, vous ne méritez pas de vivre. - Pardon ?

Ces créatures là-bas dans la jungle, c'est déjà horrible,

mais avoir créé une chose aussi tragique que cette fille...

- Lota ? - Oui, Lota.

Un animal avec des émotions, des chagrins, des souffrances de femme...

C'est criminel !

Vous êtes un jeune homme sans aucun esprit scientifique.

J'aurais pu fermer les yeux pour eux,

j'aurais pu vous montrer de l'estime,

mais plus maintenant.

Je dévoilerai au monde la réalité de votre être, Moreau.

Quand partez-vous ?

Vous devriez vous asseoir et vous mettre à l'aise.

- Voulez-vous une tasse de thé ? - Non, merci.

Nous pouvons parler franchement maintenant que vous savez tout.

Lota est ma création la plus achevée.

Je pensais la ramener pour l'exhiber lors d'un retour triomphal à Londres.

Je voulais prouver qu'elle était entièrement femme,

capable d'aimer, d'être une épouse et d'avoir des enfants.

Elle avait peur de Montgomery ou de moi.

Puis vous êtes arrivé.

Elle a été très attirée par vous.

Vous voyez bien quelles opportunités se sont alors présentées.

Je vous préviens, Moreau.

Vous ferez en sorte que je puisse quitter cette île

le plus vite possible,

sinon ce sera la fin de votre formidable travail scientifique.

Comment a-t-il su ?

Que lui as-tu dit ?

Qu'as-tu fait pour qu'il sache ?

Que se passe-t-il ?

La bête s'entête à réapparaître sournoisement.

C'est inutile, Montgomery, autant que j'abandonne.

Jour après jour, ça refait surface.

Ça refait surface.

Tu vois ça ?

De tous, c'est la première à verser des larmes.

Elle est bel et bien humaine !

Je ne suis pas battu !

Préparez tout.

Pour quoi ?

Cette fois, je vais éteindre toute part animale en elle.

Non !

Je la rendrai entièrement humaine !

Non !

Je vais garder Parker ici. Il est déjà attiré.

Le temps et la monotonie feront le reste.

Gola !

Bateau arrive ! Homme, et un non-homme.

- Un non-homme ? - Un comme Lota !

Bonjour là-dedans !

Je crois que c'est bon.

- Vous avez peur ? - Bien sûr que non.

Parfait. Je demandais juste par politesse.

Regardez.

On voit de drôles de choses sur ces îles.

Cette jungle n'a pas l'air très hospitalière.

Il faut avancer. Nous devons le trouver.

Bien.

Mais je laisserais volontiers ça à quelqu'un d'autre,

s'il y avait quelqu'un d'autre pour le faire...

Il y a un oiseau qui vit dans ces jungles-là,

une sorte de perroquet, qui rit comme un humain.

On l'appelle "l'idiot rieur".

Curieux nom pour un oiseau.

Si on se dit qu'il rit comme un homme,

ce n'est pas un nom si curieux que ça, après tout.

Vous mettez beaucoup de temps, Montgomery.

Il y a un court-circuit quelque part.

M'ling !

- Ils arrivent par bateau ! - Qui ?

- Des gens. - Des gens ?

Deux.

Un comme Lota.

Dr. Moreau !

Dr. Moreau !

Dr. Moreau !

- Bateau arrive. Des gens. - Des gens ?

- Homme et autre comme Lota. - Quoi ?

Parker avait contacté Apia depuis le navire de Davies.

Salut !

Ouran.

Nous cherchons un certain Parker.

Edward Parker.

Entrez, je vous prie.

Oui, merci.

Je suis le Dr. Moreau. C'est ma maison. Soyez les bienvenus.

Merci, Docteur.

Je suis Mlle Thomas. Voici le capitaine Donahue.

- Enchanté. - Enchanté. Entrez donc.

Vous avez une bien belle maison.

Elle fait office.

Ruth !

Ouran.

C'est bon, Ouran.

Je pourrais me passer de Parker.

Voici le capitaine Donahue.

Il a eu l'amabilité de m'amener jusqu'ici.

- Enchanté, Capitaine. - Enchanté.

Vous l'avez retrouvé.

J'avais imaginé Edward perdu dans un endroit effroyable.

Mais c'est charmant, ici.

Je vais chercher mes affaires, et on pourra partir.

Il se fait tard.

- Vous m'excusez, Docteur ? - Bien sûr.

- Vous voulez entrer pour attendre? - Merci.

C'est quel genre d'endroit, ici, vous avez dit ?

Je ne l'ai pas dit.

C'est une sorte de station expérimentale

pour des recherches bio-anthropologiques.

Je vois...

Lota ?

La Maison des Douleurs...

Non.

Pas de Maison des Douleurs.

Je le promets.

Pas de crépuscule dans les tropiques, la nuit tombe comme un rideau.

Merci, M'ling.

- Un whisky à l'eau, Mlle Thomas ? - Non, merci.

- Capitaine Donahue, j'imagine que... - Je le prends sec.

Je le pensais.

Ça ira, merci.

- M. Parker ? - Non, merci.

Nous partons maintenant.

N'est-ce pas un peu imprudent, M. Parker ?

- Imprudent ? - Allons-y, Donahue.

Vous avez 1500 m de jungle à traverser.

- Je le sais. - Nous n'avons pas peur.

Je vois bien, Capitaine Donahue, que vous n'avez peur de rien.

Mais M. Parker a déjà fait l'expérience de ma jungle de nuit.

Je ne veux pas vous faire peur, Mlle Thomas,

mais si M. Parker choisit sciemment de vous exposer à un vrai danger,

il en assumera la responsabilité.

- Quelqu'un ne pourrait-il pas... - Si vous acceptez mon hospitalité,

vous pourrez partir en toute sécurité demain matin.

Il vaudrait peut-être mieux.

Capitaine Donahue, vous pouvez partager la chambre de M. Parker.

Mlle Thomas peut prendre la mienne.

M'ling,

ce sera un dîner pour cinq.

Pas de vin, Montgomery ?

Non.

Extraordinaire...

À la vôtre, Capitaine Donahue.

À la vôtre, Docteur.

Je vois que vous êtes végétarien, Docteur.

C'est à cause des indigènes.

Ils n'ont jamais goûté de viande.

Pas de "long cochon" ?

"Long cochon" ?

Il veut dire de la chair humaine.

Qu'est-ce que c'est ?

Les indigènes ont une étrange cérémonie, M. Parker en a été témoin.

Raconte-nous, Edward.

Ce...

Ce n'est rien.

Ils sont agités, ce soir.

Qu'y a-t-il, chérie ?

Rien.

Ne faites pas attention à moi.

- Encore un peu de vin, Capitaine ? - Oui,

si vous voulez bien...

M'ling, remplis le verre du capitaine Donahue.

C'est bon. Eh bien...

Santé !

Bonne nuit, Docteur. Ça c'était du bon vin !

- Bonne nuit, Docteur Moreau. - Bonne nuit, Mlle Thomas.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

C'est une bonne chose que je ne sois pas un buveur.

Vous avez très bien fait, ce soir.

- Vous devriez me voir quand... - Oui.

J'en ai une vague idée.

Je me souviens d'une soirée à Mombasa...

Capitaine,

notre chambre est là-bas.

Ah, oui...

- Bonne nuit, Mlle Thomas. - Bonne nuit.

N'aie pas peur, ma chérie,

- je serai juste en face. - Tout va bien.

De quoi aurait-on peur ?

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

- Tu devrais verrouiller ta porte. - Ne t'en fais pas, tout ira bien.

Si besoin, appelle-moi.

Bonne nuit.

Ruth ! Que se passe-t-il ?

Vite !

Tu devrais t'habiller.

Ouran a tenté d'entrer dans sa chambre.

Celle de Mlle Thomas.

Vous le saviez, j'imagine.

J'ai entendu un cri et des coups de feu.

C'est tout ce que vous savez ?

Vous ne vouliez pas que ça arrive, bien sûr.

Vous ne suggériez pas cela en disant pouvoir vous passer de Parker ?

Mêlez-vous de vos affaires.

Je ne vous connais que trop et depuis trop longtemps, Moreau.

J'ai tout supporté.

J'ai tout toléré.

Mais pas ça.

Vous êtes fou rien que d'y avoir pensé.

Désormais, j'en ai fini avec vous.

Vous allez retourner en Angleterre ?

En prison ?

Je préfère encore ça.

Le même qui observait depuis les buissons cet après-midi ?

Oui.

C'était horrible.

Cette maison n'est pas plus sûre que la jungle.

Je vous conseillerais plutôt la jungle.

Mlle Thomas y sera plus en sûreté.

Je vais sur le bateau chercher mon équipage. On va arrêter ça.

- Venez avec moi un instant. - Ne prenez pas ce risque !

J'ai été dans des endroits plus dangereux, et ma tête est toujours en place.

- Tenez, vous en aurez besoin. - Je suis déjà paré.

Je prends cette torche. Ça pourrait être utile.

Tenez !

C'est la clé du portail.

Eh bien, c'est parti !

Ouran...

Ouran...

Je veux que tu le suives et que tu l'étrangles.

- La Loi ! - C'est bon pour cette nuit.

Reculez !

Reculez !

Merci, Montgomery.

Vous devez avoir une bonne raison de nous aider.

En effet.

Je viens avec vous.

Arrière !

Reculez !

Ouran tue !

Ouran verse le sang !

Quelle est la Loi ?

Ne pas verser le sang !

Ne sommes-nous pas des hommes ?

Ne sommes-nous pas des hommes ?

Tu as enfreint la Loi.

Plus de Loi !

Plus de Loi ?

Plus de Loi ?

Tu verses le sang.

Il m'a dit de verser le sang.

Quelle est la Loi ?

Plus de Loi !

Quelle est la loi ?

Plus de Loi !

Moreau...

Ils sont plus que jamais agités, cette nuit.

Où est le capitaine Donahue ?

C'est un homme comme lui ?

Homme comme lui.

Homme mort.

Mort.

Il peut mourir ?

Il peut mourir.

Il peut mourir !

Ils sont hors de contrôle, cette nuit.

Dr. Moreau !

Ils viennent ! Pour tuer !

- Où est le capitaine Donahue ? - Mort.

- Donnez-moi le fouet. - Ne soyez pas bête. Rentrez à l'intérieur.

Vous avez peur ? Fermez le portail, dans ce cas.

Je vais à leur rencontre.

M'ling,

le chien fidèle...

Quelle est la Loi ?

Loi ? Plus de Loi.

Quelle est la Loi ?

Ne pas verser de sang.

Il m'a dit de verser le sang !

Quelle est la Loi ?

Plus de Loi !

Venez, Montgomery.

Laissez-lui ouvert, s'il veut fuir. Essayons par derrière.

Vite, ils arrivent.

Lota !

- Lota... - On ne peut pas l'abandonner.

Attendez-moi ici !

Vous avez oublié la Maison des Douleurs ?

Vous...

Vous nous avez créés dans la Maison des Douleurs !

Vous avez fait de nous...

des choses !

Ni hommes !

Des choses !

Ni bêtes !

Des choses !

Mi-hommes,

mi-bêtes !

Des choses !

Mi-hommes,

mi-bêtes !

Arrêtez, bandes d'idiots !

C'est la Maison des Douleurs !

Arrêtez !

La Maison des Douleurs !

Qu'y a-t-il ?

Où est Lota ?

Vous...

repartir...

à la mer.

Elle est fichue.

- Allons-y ! - Portons-la jusqu'à la mer.

Mieux vaut la laisser ici.

Le feu va bientôt détruire toute l'œuvre de Moreau.

Les petits couteaux !

Ne te retourne pas.

timing et traduction : unheimlich 02/2021

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