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ï»ż1 Dans le systĂšme judiciaire,
les crimes sexuels sont considérés comme particuliÚrement monstrueux.
Ă New York,
les inspecteurs qui enquĂȘtent sur ces crimes
sont membres d'une unité d'élite, appelée Unité Spéciale pour les Victimes.
Voici leurs histoires.
Ce tour en bateau ? Une perte de temps.
La meilleure soirée de ma vie !
On n'a mĂȘme pas tirĂ© un coup.
On a encore le temps.
Becky fait une soirée. Ses parents sont à Aspen.
OK, on y va. D'accord.
-Tu es déchiré ! C'est par là ! -Je dois pisser.
Si tu dégueules, je me tire !
Viens voir.
Ils ne l'ont pas ratée. Quel ùge a-t-elle ?
Quatorze ans, tout au plus.
-Cause de la mort ? -Traumatisme contondant.
Elle est tombée du bateau ?
Vu l'état de ses extrémités,
elle est Ă l'eau depuis 2 semaines.
Elle n'est pas décomposée.
C'est grĂące Ă l'eau froide.
Elle a pu venir du centre,
du Bronx, de Brooklyn... Elle a pu mourir n'importe oĂč.
Encore une femme violée et jetée comme un déchet.
Encore une ?
-Vous voyez ce tatouage ? -Une patte de chien.
C'est la 3e victime de viol et d'homicide qui porte ce tatouage.
Et on n'est pas au courant ?
Ce n'est pas arrivé à Manhattan.
Sandra Gardner, 16 ans, jeune fugueuse de Wichita.
Jetée dans une décharge à Hunt's Point.
-Le Bronx, c'est loin du Kansas. -Celle-ci n'a pas été identifiée.
On l'a trouvée prÚs de Newtown Creek.
AprÚs sa découverte, Brooklyn a envoyé un mémo avec ce tatouage.
C'est le mĂȘme. Et que disent les autopsies ?
Beaucoup de brutalité.
Multiples fractures du crĂąne,
mais pas la trace d'une arme.
Il les a tuées à mains nues ?
Le suspect doit avoir les mains abßmées.
Trois filles mortes en six mois. Combien d'autres va-t-on découvrir ?
Ce tatouage est un arrĂȘt de mort.
NEW YORK UNITĂ SPĂCIALE
Qu'avons-nous ?
Toutes les victimes ont ce tatouage.
Ce pourrait ĂȘtre un gang, une secte ou autre.
Mais par oĂč commencer sans identification ?
-Vous avez quelque chose ? -Ce n'est pas un gang.
Personne n'a jamais Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© avec ce tatouage.
C'est peut-ĂȘtre plus innocent. Les gamines adorent Snoopy.
Ou peut-ĂȘtre qu'elles rĂȘvent d'entrer Ă Yale.
Cette fac a un chien pour mascotte.
Chaque tatoueur a son propre style.
Un bon tatoueur pourrait l'identifier.
J'en connais un.
Miguel Alvarez. Il est trÚs doué.
Tu es tatouée ?
-Tu en as un. -Peut-ĂȘtre.
Montre-le-nous, on verra s'il est si doué.
-Crois-moi sur parole. -Et je te montre le mien.
Ce ne serait pas équitable.
Voici mon Ćuvre.
Personne Ă New York ne peut rivaliser.
Mais ça... N'importe qui peut le faire.
Je sais, mais je me disais que tu pourrais le reconnaĂźtre.
La Joconde, je sais qui l'a peinte.
Mais ça, c'est le dessin d'un enfant de quatre ans.
"Mineurs interdits". Vous l'appliquez ?
Bien sûr.
Je fais ça sérieusement.
Si on me prend Ă tatouer un enfant, je perds ma licence.
Qui tatouerait une gamine de 14 ans ?
Il y a ce gars de Brooklyn, Lenny Culp.
Il n'a pas de licence Ă cause de son casier judiciaire.
LENNIEÂŽS TATTOOS VENDREDI 20 OCTOBRE
Lenny ! Police.
C'est légal ! Il a un mot de ses parents.
Mon fils imitait mieux ma signature quand il avait huit ans.
Quand ta mÚre va voir ça, elle va te tuer.
-Mais non, elle va adorer. -"Ma" ?
Non, "Maman". Il n'est pas fini.
Il l'est. Rentre chez toi.
Je ne peux pas partir comme ça.
Dégage.
C'est mauvais pour les affaires.
Vous voulez rester ouvert ? Parlez-nous de ces filles.
Prenez votre temps. Vous avez tatoué un mineur,
ça peut vous renvoyer en prison.
Elles m'ont dit qu'elles étaient majeures.
-Des pom-pom girls de la fac. -Elles avaient l'air majeures ?
Elles avaient l'air de pom-pom girls.
Mignonnes, non ?
Regarde la fille Ă droite. "Saint Ambrose".
-Allez Chantal ! Allez ! -Chantal adorait Saint Ambrose.
Je l'ai inscrite quand elle a été placée chez moi.
Vous lui avez payé une école privée ?
Chantal le méritait.
Elle avait un gros potentiel. Elle voulait ĂȘtre pom-pom girl.
-Elle a réussi ? -Elle n'a pas eu le temps.
Les services sociaux l'ont renvoyée chez sa mÚre.
-Pourquoi avait-elle été placée ? -Sa mÚre était une junkie.
Chantal était encore bébé quand elle est partie en foyer.
Elle est arrivée chez moi à huit ans. Je voulais l'adopter.
Mais vous n'avez pas pu ?
Les services sociaux ont dit que sa mĂšre allait mieux
et voulait la récupérer.
Elle voulait surtout les allocs.
Vous vous ĂȘtes battue pour la garder ?
Mon avocat m'a fait renoncer.
Les droits des parents biologiques comptent plus que la sécurité de l'enfant.
Dieu sait ce que cette folle lui a fait subir.
Je savais qu'elle finirait mal.
Elle m'a fait des ennuis
à peine arrivée chez moi.
Elle se croyait supérieure.
Ă cause d'elle, des gens se sont mĂȘlĂ©s de mes affaires.
Elle a dit à son école que mon mec la touchait.
-Ils ont appelé les services sociaux. -Attention !
-Et il est oĂč, votre mec ? -Au travail.
-Il n'a pas Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© ? -Mais non !
J'ai demandé aux services sociaux de la reprendre.
Vous avez choisi votre petit ami ?
Elle a menti. Je n'allais pas le foutre dehors pour ça.
-OĂč est allĂ©e Chantal ? -Dans un centre d'hĂ©bergement.
Si elle est morte Ă cause d'eux, je pourrais leur faire un procĂšs ?
Votre fille est morte, et vous ne pensez qu'Ă l'argent ?
-Casse-toi, salope ! -Du calme.
Quel est ce centre d'hébergement ?
Border House, sur Fountain Avenue.
Je sais que tu as envie de la frapper.
-Pas toi ? -Elle n'en vaut pas la peine.
Et donc on s'en va ?
On arrĂȘte la personne qui a tuĂ© sa fille.
FOYER BORDER HOUSE
VENDREDI 20 OCTOBRE
Chantal Vanner.
Elle a fugué aprÚs quelques semaines.
-Vous l'avez cherchée ? -On manque d'effectifs.
Elle n'avait que 14 ans.
Vous savez combien on a de fugueuses ? Des centaines.
On signale leur disparition et on envoie un courrier Ă leur famille.
Sa mÚre n'a rien reçu.
Elle a dĂ» le jeter avec ses factures.
Et vous, ça vous a suffi ?
On fait au mieux.
Elle avait besoin de vous. Maintenant, elle est morte.
Vous savez oĂč Chantal aurait pu aller ?
La plupart partent retrouver un garçon.
-Elle en fréquentait un ? -Demandez-leur.
Beaucoup de mecs traĂźnent par ici.
Une maison remplie de filles, vous voyez...
-Non, pas vraiment. -Ils viennent ici et on sort s'éclater.
Chantal "s'éclatait" avec un garçon ?
Il y avait ce type, Victor. Il lui parlait tout le temps.
-Parle-moi de ce Victor. -Il a un super SUV tuné.
Il partait avec Chantal pour lui acheter des chips et du soda.
-Elle s'est enfuie avec lui ? -C'était ce qu'il voulait.
Il lui a promis de lui acheter tout ce qu'elle voudrait.
-Je lui ai dit de se méfier. -Pourquoi ?
Ce sont tous les mĂȘmes.
-Les garçons ? -Les proxénÚtes.
Elle est partie pour ĂȘtre sa pute.
Dani, qu'est-ce que tu fais lĂ ? Il est tard, rentre chez toi.
On a trois ados Ă la morgue et tu veux que j'aille dormir ?
Nos pistes ne mĂšnent nulle part.
Demain, on reprendra tout à zéro.
C'est trop urgent.
En ce moment mĂȘme, une prostituĂ©e de 14 ans
va tomber victime d'un taré qui va la battre à mort.
Tu sais combien il existe de Chantal ?
Partons dans les rues,
trouvons des filles et interrogeons-les.
Et oĂč allons-nous les trouver ?
Tu as posĂ© la question aux mĆurs ?
Le meilleur quartier pour ça, c'est East New York.
J'ai parlĂ© aux mĆurs, ils feront une descente demain soir.
Dani, tu dois prendre un peu de recul.
Chacune de ces affaires va te briser le cĆur.
On peut y aller ce soir ?
Elle doit avoir 13 ans.
L'Ăąge de ma benjamine.
Et tu supportes ça ?
Alors que tu sais ce qui va lui arriver ?
Il ne faut pas bouger d'ici.
Bonsoir, mon chou. Tu m'emmĂšnes en voiture ?
Je ne peux pas.
Plus on voit de clients,
plus on aura de chances d'arrĂȘter le tueur.
Ces filles doivent savoir quelque chose.
Appel à toutes les unités. On y va !
-Police ! -Viens ici !
Allez !
Reculez.
-Par ici. -Avancez. Contre le mur.
-On s'aligne. -Contre le mur.
-Contre le mur. -Par ici !
J'ai besoin que vous regardiez par ici.
Quelqu'un connaĂźt ces filles ?
Elle travaillait ici.
Tu la connais ?
Tu ne l'as jamais vue ?
-Et toi ? -Je ne sais rien.
-Tu mens. -Je ne sais rien.
Tournez-vous. Les mains sur le mur.
Elliot ? Viens voir.
-Ton nom ? -Passion.
-Ton vrai nom. -Belinda Holt.
Belinda, connais-tu ces filles ?
Elles avaient le mĂȘme tatouage que toi, et elles sont mortes.
Elles ne sont pas mortes. Elles ont été adoptées.
-Elles n'ont pas été adoptées. -Si.
-Non. -Vous ne savez rien !
Elles sont mortes !
-Un homme tue ces filles... -Non !
-Des filles comme toi. -Menteuse.
Tu veux voir les photos ?
-Vous mentez. Laissez-moi. -Regarde toi-mĂȘme.
Je veux parler Ă Victor.
-Qui est Victor ? -Mon copain.
C'est ton proxénÚte ! Il te fait travailler.
Il ne m'oblige Ă rien ! Je l'aime.
Plus tard, on va se marier.
Elles travaillent pour lui ?
C'est Amber. Elle s'appelait Sandra, mais Victor a changé ça.
Et lĂ , c'est Chantal et Monique. On est toutes sĆurs.
-Elles ont été adoptées ? -Par un homme riche.
-Comme dans le film avec Julia Roberts. -Pretty Woman.
C'est mon préféré. Je l'ai vu des centaines de fois.
Qui est cet homme ?
Il vient nous voir, et quand une fille est trĂšs jolie,
il l'emmĂšne vivre avec lui.
Moi, il ne m'a pas choisie.
Victor a dit que je n'étais pas assez jolie.
Quand tu l'as rencontré, il t'a frappée ?
Juste une fessée, mais beaucoup de mecs aiment ça.
Que sais-tu de lui ?
Il est blanc, vieux...
-Mais plutĂŽt mignon. -Tu connais son nom ?
Amber a réussi à regarder dans son portefeuille.
Il s'appelle Blake.
Et sa voiture, qu'est-ce que c'est ?
Une Benz. Un gros SUV noir.
Rien d'autre Ă propos de lui ?
Victor a dit que Chantal vivait maintenant sur la 5e avenue.
J'ai 19 hommes blancs nommés Blake avec des SUV Mercedes noirs.
Quatre vivent sur la cinquiĂšme avenue.
Mais un seul est violent avec les femmes.
Blake Peters, 45 ans, associé dans un cabinet d'avocats.
Il a un casier ?
Son ex a déposé des plaintes pour violence,
mais il s'en est sorti avec des cours de gestion de la colĂšre.
Ces cours, c'est du n'importe quoi.
C'est un notable. Journaux mondains...
"M. Blake Peters aime le tennis, le polo et les sports nautiques."
Surtout avec des mineures.
Il s'est remarié. Sa femme semble à peine majeure.
Peut-ĂȘtre qu'il la bat, elle aussi.
Inspecteur Tutuola, Voici l'inspecteur Munch.
Blake a des ennuis ?
Tout va bien, on veut juste lui parler.
-Il n'est pas lĂ . -OĂč est-il ?
-Pourquoi ? -C'est confidentiel.
Mais l'un de ses plus gros clients est impliqué.
Il a besoin de son aide et de sa discrétion.
Je vois. Blake est au bureau.
CABINET D'AVOCATS 20 OCTOBRE
M. Peters ? Ici ? Si tard ? Vous plaisantez.
Les associés partent toujours tÎt.
Savez-vous oĂč il se trouve ?
Il ne nous parle pas de son emploi du temps.
Allez, entre frĂšres...
Je vais finir dans l'équipe de nuit si je ne le trouve pas.
Et moi, si je foire cette distribution,
je serai viré.
Désolé, "mon frÚre".
Seule la couleur des billets l'intéresse.
Elliot, on a fait chou blanc Ă son bureau.
Notre homme est introuvable.
OĂč qu'il soit, j'espĂšre qu'il paye par carte.
-Tu appelles qui ? -Les renseignements commerciaux.
Ils me transmettront l'activité de ses cartes de crédit.
HĂTEL WALLIS INN VENDREDI 20 OCTOBRE
M. Peters est arrivé il y a 2 heures.
-Seul ? -Avec sa femme. TrĂšs jolie.
-Et trÚs jeune. -J'ai remarqué, oui.
Est-ce que j'ai le droit de faire ça ?
Mon chef ne va pas aimer.
Si ce motel reçoit des prostituées,
on peut le faire fermer.
Et ça, votre chef ne va vraiment pas apprécier.
C'est ici. Qu'est-ce que je leur dis ?
M. Peters ? Il y a un problÚme avec votre carte de crédit.
Une minute, j'arrive !
Je dois repasser votre carte,
sans quoi vous devrez quitter les lieux.
-Vous prenez les espĂšces ? -Oui.
-VoilĂ . -Et voilĂ . Venez par ici.
Je vous arrĂȘte pour atteinte sur mineure.
Vous pouvez garder le silence.
Ce que vous direz sera utilisé contre vous au tribunal.
Mais j'ai 19 ans.
-Vous avez une carte d'identité ? -Oui.
-Montrez-moi. -Je ne la trouve plus.
Bien sûr.
VoilĂ . Vous voyez ?
-Date de naissance : 10/10/87. -Et je m'appelle vraiment Candy.
Depuis quand vous prostituez-vous ?
Vous plaisantez ? Je suis étudiante à Manhattan Tech.
-Les frais sont trop élevés ? -Mes parents m'aident.
Et je suis serveuse. C'est là que j'ai rencontré Blake.
-Quand ? -Ce soir.
Il était seul au bar. Il a commencé à me draguer.
J'ai vu son alliance, mais j'avais envie de m'amuser.
Ce n'est pas si grave.
Dites ça aux filles qu'il a tuées.
-Je n'ai tué personne. -Et l'état de vos mains ?
J'ai réparé ma voiture.
-Les mécaniciens sont trop chers ? -J'ai une Ferrari Daytona Spyder de 72.
Personne ne touche à mon bébé.
Vous ne prĂȘtez pas vos jouets.
Et aprĂšs le jeu, vous les cassez ?
De quoi parlez-vous ?
Amber, Chantal, Monique.
-Vous avez joué avec elles, je me trompe ? -Non.
Mais je ne leur ai pas fait de mal.
Vous avez couché avec des gamines.
Mais elles aiment ça. Elles me l'ont dit !
Vous les avez payées. Que croyez-vous qu'elles auraient pu vous dire ?
"Vous ĂȘtes nul au lit ?"
-J'ai eu tort. Je suis dĂ©solĂ©. -Vous ĂȘtes dĂ©solĂ© ?
Regardez ça.
Vous ĂȘtes si dĂ©solĂ© que vous les avez battues Ă mort ?
-Non. -Non ? Regardez-les.
Vous les avez frappées, encore et encore, jusqu'à ce qu'elles meurent.
Je ne les ai pas tuées.
-Je voulais les sauver. -En les adoptant ?
J'ai dit Ă Amber que je voulais l'aider Ă changer de vie.
Mais ce salopard de Victor m'a menacé avec une batte de baseball.
Il ne voulait pas que je lui prenne ses filles.
Excusez-moi.
Je cherche l'inspecteur Stabler.
Il est en plein interrogatoire.
Je suis sa coéquipiÚre, Dani Beck.
Oh, non, ça ira.
-Le commissaire est lĂ ? -Oui.
Bien.
Olivia.
-Quand ĂȘtes-vous revenue ? -Il y a quelques jours.
Je n'en a pas été informé. Je n'ai pas de place pour vous.
Elliot a une nouvelle coéquipiÚre.
Oui, je l'ai rencontrée.
Comment ça se passe ?
C'était dur au début, mais ça va mieux.
Je peux réaffecter Beck,
mais ça pourrait prendre un moment.
Non.
Je ne suis pas prĂȘte Ă revenir.
C'est ce que je suis venue vous dire.
Vous allez partir sans parler Ă Elliot ?
Il est occupé. Je l'appellerai plus tard.
Ne lui dites pas que je suis passée.
Notre piste n'était pas la bonne.
Allons trouver le proxénÚte.
Tu ne penses pas que Peters accuse Victor pour s'en sortir ?
Ces filles ont été tuées avec beaucoup de rage.
Ăa ne ressemble pas Ă Peters.
Il a vomi en voyant les photos.
Il a peut-ĂȘtre eu peur.
Il risque la perpétuité.
Pourquoi Victor irait tuer son gagne-pain ?
Ses filles voulaient partir avec Peters.
Un proxénÚte qui perd le contrÎle a tout perdu.
Il faut qu'on trouve Victor. Fais-moi confiance.
OK. Je vais interroger Belinda.
-Elle a peut-ĂȘtre son adresse. -Allons-y ensemble.
Je vais y aller seule.
La confiance, c'est réciproque.
TrĂšs bien.
Victor n'aime pas qu'on parle de son travail. Ăa le met en colĂšre.
Quand il s'énerve, il te frappe ?
Parfois. Quand on ne travaille pas assez.
Et tes sĆurs ?
Une fois, Monique a reçu un gros pourboire.
Elle a voulu le garder pour s'acheter une robe.
-Mais Victor l'a su. -Et il l'a frappée.
C'était terrible. Il lui a cassé le nez.
Elle avait un Ćil au beurre noir. Elle a dĂ» arrĂȘter pendant une semaine.
Elle me manque.
Je n'ai pas de photos de nous. Je peux garder celle-lĂ ?
-Bien sûr. -Merci.
J'ai demandé à Victor si je pouvais les voir aprÚs leur adoption.
Mais il m'a dit qu'elles étaient devenues riches
et qu'elles ne voulaient pas me voir.
Que je les embarrasserais devant leurs amis riches.
Mais tu sais qu'il a menti.
Elles sont mortes.
Ăa va aller. Tu verras.
Si tu n'as pas confiance, dis-le-moi. Mais ne m'espionne pas !
Je ne suis pas Olivia.
-Mais je suis un bon flic ! -Je sais.
Alors oĂč est ta confiance ?
Je voulais te prĂ©senter sĆur Peg
et son programme d'aide aux prostituées.
Aux "travailleuses du sexe".
J'ai pensé qu'elle pourrait nous aider.
C'est ma coéquipiÚre, Dani Beck.
Elliot m'a dit que rien ne vous arrĂȘte.
Heureuse de voir qu'il a raison.
Il faut beaucoup de passion pour aider ces filles.
Merci.
-SĆur Peg ? Vous voulez essayer ? -Bien sĂ»r.
Pendant qu'elles discutent, allons chercher Victor.
Belinda a donné une adresse.
La maison appartient à une femme nommée Venice.
Il attend lĂ le soir
pour récupérer l'argent.
RĂSIDENCE DE VENICE JONES BROOKLYN, NEW YORK
VENDREDI 20 OCTOBRE
-Police, ouvrez ! -J'arrive !
-Tout de suite ! -Je dois m'habiller.
Ouvrez cette porte, sinon toute la rue vous verra nue !
Vous avez un mandat ?
-OĂč est Victor ? -Qui ça ?
Votre ami proxénÚte.
Vous aimez ça, prostituer des gosses ?
Je ne vois pas de quoi vous parlez.
-Pas touche Ă mes coussins ! -Je cherche des armes.
Je n'en ai pas !
Prostituer des gamines, ça ne m'étonne pas d'un fumier comme Victor.
Mais vous, une femme ?
Vous ĂȘtes pire que lui.
Asseyez-vous. OĂč est-il ?
-Je ne l'ai pas vu ce soir. -Asseyez-vous.
-Il n'est pas lĂ . -Vous voyez !
-Sortez de chez moi ! -Asseyez-vous.
Mettez-vous lĂ .
-Je l'ai payé cher, ce canapé. -Alors pourquoi ne pas vous y asseoir ?
Victor ! Vous avez trouvé la télécommande ?
-Ne lui faites pas de mal. -Appelle mon avocat.
Appelle mon avocat.
Dites-lui qu'on l'arrĂȘte pour trois meurtres.
John Victor Bodine.
Quelques condamnations pour agression et un vol à main armée.
C'est de l'histoire ancienne. J'ai appris de mes erreurs.
Oui, vous avez choisi la facilité.
Ce sont les filles qui prennent tous les risques.
Vous avez lu mon casier. J'ai l'habitude.
Je sais comment ça se joue.
Vous entrez ici, vous me criez dessus,
vous me tabassez sûrement un peu, puis mon avocat arrive et je m'en vais.
Je ne crois pas.
Chantal, Monique, Amber.
Vous les avez tuées.
Pourquoi je les aurais tuées ?
-J'adore mes petites. -DrÎle de façon de le montrer.
Vous les envoyez coucher avec des inconnus et vous récupérez le fric.
Oh, mais non...
Je n'ai jamais obligé une femme à faire ce qu'elle ne voulait pas.
Mais ce qu'elles font par amour...
Et vous leur dites que vous les aimez. Tous les jours.
Je suis un entrepreneur. Quand je décÚle un besoin, j'y pourvois.
Ces filles sont les déchets de la société.
Vous les rejetez. Moi, je leur offre un toit, une famille.
-Elles vous appellent papa ? -Vous avez des enfants ?
Il leur faut un cadre.
Sans un peu de discipline, elles me marcheraient dessus.
Elle vous plaĂźt ?
Vos mains ont beaucoup servi.
Le Gant d'Or.
J'ai été champion de boxe.
Et vous cognez des gamines.
Vous allez enfermer tous les boxeurs de la ville ?
Juste vous.
Ăcoutez.
Je vais sortir d'ici.
Vous, vous vous demanderez ce qui s'est passé.
Moi, je serai en République dominicaine,
Ă regarder mes filles jouer dans l'eau
en sirotant un Cuba Libre et en fumant un Cohiba.
En profitant de leur politique d'extradition.
D'aprĂšs Venice, j'ai besoin de vacances.
Je serai tout prĂšs, mais intouchable.
Vous ne m'échapperez pas.
Il faut que tu signes cette déposition contre Victor.
Il ne m'a rien fait.
-Il t'a prostituée. -Je vous l'ai dit,
c'était mon choix.
Il ne m'a pas forcée.
Mais tu lui as donné l'argent.
-Et alors ? -C'est un crime, ma chérie.
Si vous le mettez en prison, j'irai oĂč ? Je n'ai personne d'autre.
Et ta famille ? OĂč sont-ils ?
Ă Toledo.
On peut t'y renvoyer.
Dans un mobile home plein de gamins braillards,
avec ma mÚre couchée dans le canapé devant ses séries ?
Avec mon beau-pĂšre qui se glisse dans mon lit tous les soirs ?
Il y a de bonnes familles d'accueil.
Non merci.
Personne ne s'est jamais occupé de moi à part Victor.
C'est lui, mon pĂšre.
Voudrais-tu t'installer chez moi ?
Vous allez me rendre aux services sociaux.
-Non. -Je sais comment ça se passe.
Les juges dĂ©cident de lĂ oĂč je vais.
Je suis une nonne. Je n'obéis qu'à Dieu.
Qu'est-ce que tu en dis ?
Je ne sais pas.
-Tu as toujours cette photo ? -Oui.
Regarde-la.
Regarde-la.
Je sais que tu aimes tes sĆurs. Mais elles ne sont plus lĂ .
Victor leur a fait du mal.
Il ne me fera rien, Ă moi.
-Il m'aime. -Oui.
Tout comme il aimait Amber, Chantal et Monique.
Mais il les a tuées.
Non.
Au fond, tu sais que c'est vrai.
Il t'a fait croire qu'elles vivaient un conte de fées,
mais il les a jetées comme des déchets.
-Elles ne sont pas des déchets ! -Exactement.
Et toi non plus.
Je pourrai vraiment rester avec vous ?
Absolument.
D'accord.
Je vais signer.
Affaire numéro 6168, John Victor Bodine.
Proxénétisme.
-Que plaide l'accusé ? -Non coupable, M. le juge.
L'accusation demande une caution élevée.
L'accusé est soupçonné d'avoir tué 3 adolescentes.
C'est un scandale !
Elle cherche à influencer la décision du tribunal.
J'expose seulement les faits.
L'accusé a prostitué une fille de 14 ans.
Dans ce cas, pourquoi n'a-t-elle pas Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e ?
-Pardon ? -Le prostitution est un délit.
Si cette jeune fille faisait le trottoir,
elle devrait ĂȘtre en prison.
-C'est une victime. -C'est une pute.
Ăa suffit, M. Horowitz. La caution est fixĂ©e Ă 500 000 dollars.
L'audience est suspendue.
Les vacances, ce sera pour plus tard.
Il va prendre 15 ans pour proxénétisme.
Ăa vous laissera le temps d'Ă©lucider les meurtres.
Ce ne sera pas si long.
Vous ne pouvez plus rien faire ce soir. Rentrez chez vous.
Je suis trop fébrile.
On va boire un verre ?
Elle a été formidable avec Belinda.
-Ăa t'Ă©tonne ? -Elle n'aime pas les compliments.
Vous ne savez pas les faire.
Vous ne me dites jamais rien de gentil.
-Je ne suis pas si mauvais. -Si !
C'est pour ça qu'on vous aime. Un homme sensible, c'est ennuyeux.
-Salut, Case. -Salut, Marcus.
Il est substitut du procureur. Je dois lui parler.
-Je dois rentrer. -Tu n'as pas ta voiture.
-J'appelle un taxi. -Je te ramĂšne.
-Tu es sûr ? -Je te dépose.
-Cragen m'appelle. -Moi aussi.
Commissaire ?
Quand ça ?
D'accord, je vous retrouve lĂ -bas.
SĆur Peg a Ă©tĂ© agressĂ©e.
-OĂč est Belinda ? -Disparue.
-Comment va sĆur Peg ? -Elle a pris des coups
mais ça va aller.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? -On l'ignore.
Un voisin a entendu du bruit.
Il l'a trouvée à terre, inconsciente.
-Belinda n'était pas là ? -Non.
Et il n'y avait aucun signe d'effraction.
Belinda l'aurait agressée ?
SĆur Peg nous le dira Ă son rĂ©veil.
Vous restez pour l'interroger ?
Oui.
Je vais envoyer tout le monde chercher Belinda.
Tu crois que c'est Belinda qui a fait ça ?
-Elle pourrait ĂȘtre ta fille. -Non.
-Belinda n'est plus une enfant. -N'importe quoi.
Une fille qui se prostitue est capable de tout.
Elle est réveillée. Sous analgésiques, mais vous pouvez lui parler.
Il a été plus rapide que moi.
Ce n'était pas Belinda.
Non. C'était un homme.
On a frappé à ma porte.
J'ai ouvert, et il m'a poussée dans l'appartement.
Je suis tombée,
et il m'a donné des coups de pied.
Oui, vous avez quelques cÎtes brisées.
Il l'a enlevĂ©e. J'ai voulu l'arrĂȘter,
mais il m'a frappĂ©e Ă la tĂȘte et j'ai perdu connaissance.
Ă quoi ressemblait-il ?
Mince. Noir. Une cicatrice sur le visage.
-Comment Victor est-il sorti ? -Il n'est pas sorti.
Il attend d'ĂȘtre transfĂ©rĂ© Ă Rikers.
-Vous ĂȘtes sĂ»r ? -C'est Ă©crit lĂ .
"Bodine, John Victor.
Caution : 500 000."
Bodine ! Venez par ici !
Ne doutez jamais de mes papiers.
Ce n'est pas Victor Bodine.
Qui ĂȘtes-vous ?
Je vous l'ai dit...
Redis-moi ton nom.
Jason Young.
Jason Young est sorti il y a trois heures.
-Vous ĂȘtes lĂ pour quoi ? -J'ai pris le mĂ©tro sans payer.
J'avais oublié ma carte.
Vous avez sauté le tourniquet. Malin.
Aussi malin que d'aider Victor Bodine.
Pourquoi faire ça pour quelqu'un que vous venez de rencontrer ?
Je connais Victor depuis toujours.
C'est une légende dans mon quartier.
Ce soir, on a discuté.
D'homme Ă homme.
Et il vous a demandé de l'aider.
Il a dit qu'il devait attendre demain matin pour payer sa caution
et qu'il avait des affaires urgentes à régler.
Et il s'est fait passer pour vous.
Il a dit que son avocat viendrait le chercher demain
et que je sortirais Ă sa place.
Il m'a donné un iPod.
Vous avez ruiné votre avenir pour un iPod ?
-Comment ça ? -Ăvasion. C'est un dĂ©lit grave.
Je ne me suis pas évadé ! Je suis là .
Mais Bodine n'est plus lĂ .
Mais vous pouvez vous en sortir.
Comment ?
OĂč deviez-vous le retrouver pour ĂȘtre payĂ© ?
Il m'a dit de le retrouver chez Venice.
La derniĂšre fois que je l'ai vu, il avait les menottes aux poignets.
-Vous l'avez perdu ? -Vous aussi, je crois.
-Comment ça ? -Victor est en cavale.
Mais il s'est donné du mal pour emmener Belinda.
Cette sale petite pute ?
Il a dĂ» se dire qu'elle serait plus jolie que vous en maillot sur la plage.
Il veut ĂȘtre en bonne compagnie pour boire son rhum-coca.
Il m'a promis de m'emmener.
Dites-nous oĂč il cache son argent,
et on pourra annuler son vol.
Vous n'allez pas le laisser filer ?
Il a un loft prĂšs du pont de Williamsburg.
LOFT DE VICTOR BODINE VENDREDI 20 OCTOBRE
-OĂč est mon portable ? -Je... je ne sais pas.
Je t'ai vue jouer avec l'autre jour !
Ne touche plus Ă mes affaires !
-Je suis désolée. -Entre !
-Belinda. -Non !
-Police ! C'est terminé ! -Compte là -dessus.
-Je me tire ! -Je ne vous laisserai pas faire.
Ă vous de voir.
-Ne lui faites pas de mal. -Reculez. Tous les deux !
Vous pouvez partir, mais lĂąchez-la.
Victor, je ne veux pas te quitter.
Tu restes avec moi.
Personne ne t'emmĂšnera.
-Tu sais que je t'aime ? -Oui.
Prends le sac de papa. Prends le sac.
C'est bien.
Viens.
Belinda, dis adieu Ă tes amis.
On y va !
Vite !
Allez !
-Aide-moi, je vais tomber ! -Plus vite !
-J'ai mal Ă la cheville. -DĂ©pĂȘche !
Victor !
Je n'en peux plus !
Belinda, viens !
Laissez-la partir.
Laissez-la partir, Victor.
-Aide-moi ! Victor ! -La ferme !
-Qu'est-ce que tu fais ? -LĂąchez vos armes ou je la jette.
Je la fais tomber !
Victor ! Reviens ! Victor !
-S'il te plaĂźt ! -Il passe par-derriĂšre !
Non !
Tiens bon.
-Prends ma main. -Je ne peux pas.
C'est bon. Je te fais remonter !
Viens lĂ .
ArrĂȘtez !
Stop !
-Je peux le voir ? -Ce n'est pas une bonne idée.
Il m'aimait.
Personne d'autre ne m'a aimée.
POMPIERS DE NEW YORK AMBULANCE
Ăa va ?
Je te ramĂšne chez toi.
J'ai besoin d'ĂȘtre seule.
CETTE HISTOIRE EST IMAGINAIRE. LES PERSONNAGES Y FIGURANT SONT FICTIFS.
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