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On les appelait les Jumeaux parce qu'ils �taient ins�parables.
Ils n'�taient pas fr�res et ne se ressemblaient m�me pas.
Ils n'avaient en commun que leur fa�on de regarder,
les yeux calmes, comme une fixit� �gar�e dans un regard craintif.
N�n� avait �t� reni� par sa famille et par sa classe,
une brebis galeuse, un bon � rien.
Il �tait tr�s p�le, comme s'il avait pass� en prison
plus de temps que celui qu'il y avait r�ellement pass�.
Angel n'�tait m�me pas d'ici.
Il �tait pesant, tranquille. Tr�s superstitieux.
Il voyait des mauvais pr�sages partout
et des tas de visions lui compliquaient la vie.
Ils se connurent dans les toilettes de la gare Centrale
o� N�n� allait draguer de temps en temps.
Angel y vagabondait.
Il n'avait plus un sou et ne savait o� aller.
N�n� lui offrit l'hospitalit�.
Emu et presque en guise d'avertissement,
Angel lui confessa son secret.
J'entends des voix.
Tout le temps.
Ici.
Tu viens, oui ou non ?
Cette nuit-l�, N�n� et Angel dormirent ensemble.
Et ils ne se s�par�rent plus.
Pour tout le monde, ils sont les Jumeaux.
Dans le milieu, �a se sait :
ils travaillent ensemble ou ils ne travaillent pas.
La chance est bizarre,
elle se pr�sente au moment o� on s'y attend le moins.
Sept millions ?
On voit pas �a tous les jours.
Tu es s�r ?
Au moins, sept millions.
Il y a le salaire des employ�s...
Florian Barrios �tait chanteur de tango.
Il �tait pass� � la radio et � la t�l�vision,
il avait m�me sorti un disque.
Mais il avait eu des probl�mes de drogue.
Et il perdit sa voix.
Son cousin �tait dirigeant p�roniste.
En tant qu'employ� municipal, il avait assist� � une r�union
de la commission des finances et c'est l� qu'il avait su.
Florian avait besoin de gens de confiance,
un groupe de professionnels qui se chargerait de l'op�ration.
Quelles garanties on a ?
Si le tuyau n'est pas s�r on ne peut pas...
Il l'est. J'ai v�rifi�.
Fontana �tait l'homme invisible, le cerveau magique,
il agissait � distance.
Lui seul, � Buenos Aires, pouvait pr�parer en 2 jours
l'attaque de la camionnette.
Fontana avait �t� incarc�r� par erreur
avec des prisonniers politiques.
C'est l� qu'il avait connu Fernando Aguilera,
dit Nando, un avocat qui militait dans des groupes nationalistes.
Vous devez recruter des types
qui ne se connaissent pas
et qui n'auront pas le temps de se conna�tre.
Oui, mais je ne peux pas me passer du Cuervo.
Rayez Bazan alors.
Ils se connaissent trop.
Nando fournissait les contacts avec les trafiquants d'armes.
Et surtout, les connivences avec la police.
Vous avez entendu parler des jumeaux ?
Dans le jargon des d�linquants, s'enterrer signifie se cacher
jusqu'au moment du coup.
S'enterrer. Dispara�tre. Jusqu'� l'heure H.
Vous les attendez � la sortie de la banque.
Ne vous occupez pas des gardes, ils sont presque � la retraite.
C'est l� qu'il faut les coincer.
A tout prix ! Vous avez compris Cuervo ?
Il faut que �a ressemble � un accident, c'est �a ?
Pour qu'ils ne r�agissent pas quand on leur tombe dessus.
Oscar Di Pasquo, alias Cuervo, serait le chauffeur.
Dans ce genre d'op�ration, l'homme qui est au volant est capital.
Il est la fronti�re entre la vie et la mort.
Entre fuir ou tomber.
Cuervo se procura un v�hicule chez un ferrailleur
qui achetait � la police des voitures vol�es.
Cuervo �tait accro aux drogues. Il en prenait sans arr�t.
Ca lui donnait une vision tranquille de la vie,
et en faisait un chauffeur exceptionnel,
et au sang-froid in�galable.
Et Cuervo avait un autre avantage :
un appartement qu'il partageait avec Vivi, sa petite amie,
et qui pouvait servir de planque.
Cuervo assura que l'appartement n'�tait pas fich�.
Fontana fut formel sur ce point.
Il voulait qu'ils soient tous ensemble pour �viter les fuites,
y compris Vivi qui �tait au courant de tout.
Tu en veux ?
Il n'y a rien de pire que la veille,
quand tout est pr�t, qu'il ne reste plus qu'� y aller.
Je veux un plus gros billet. Tu en as un sur toi ?
Cuervo savait bien qu'il devrait dormir pour �tre frais le lendemain.
Qu'il devrait v�rifier la voiture. Etudier le parcours.
Une route alternative. Les raccourcis.
Durant les heures qui pr�c�dent, ils essaient de dormir,
leurs corps protestent et ils se sentent mal.
Fontana pense qu'il n'y a rien de pire que la veille
et il se met � avoir des visions.
Il n'est pas s�r que Cuervo et les Jumeaux
soient les plus indiqu�s pour ce travail.
Mais il n'est plus temps d'avoir des soup�ons.
Ils sont d�j� enterr�s. Il ne peut d�j� plus y avoir de fuites.
Depuis le d�but de leur relation,
Angel et N�n� partageaient le m�me lit.
Mais derni�rement, Angel refusait tout contact sans explication.
Quelque chose s'�tait bris� entre eux.
C'est pour �a qu'ils attendaient anxieusement le braquage.
Ils savaient bien que quand ils travaillent,
ils sont de nouveau les Jumeaux.
Amygdale... tonsil. Ami, amie... friend.
C'est l'heure.
Mets la marche arri�re !
Descends !
Les cl�s !
Du calme !
Non !
Angel !
N�n� !
Angel !
N�n� !
Du calme. Cuervo !
- Et le fric ? - La ferme !
Non, le fric !
D�barrasse-moi de �a et apporte le fric...
Ta gueule !
T'es pas cingl� ?
Putain de merde !
Tu vas tous nous faire buter !
T'as d�j� vu autant de fric ?
D�fais pas les liasses, idiote ?
Cuervo !
J'y vais !
Arr�te idiote ! Arr�te !
Eh, mec, la moquette !
Au moins sept b�tons, chef.
Personne ne nous a vus.
Qu'est-ce que vous vouliez ?
Laisser des traces de sang pour que la police les suive ?
Pourquoi vous l'avez amen� ?
Un bless� est dangereux pour tout le monde.
Vous savez ce qu'on fait dans ces cas-l�. N�n� le sait.
M�me le bless� le sait.
- A quoi pensiez-vous ? - N�n� ne m'a pas laiss� le choix.
Qui vous donne les ordres ?
Moi ou un couple de p�d�s ?
- Qu'est-ce que c'est ? - Contre la douleur.
Qu'est-ce que tu fais l� !
Va chercher le whisky qui est dans la pi�ce du fond !
Fais voir. Calme-toi.
- Tu veux le faire toi-m�me ? - Non, non.
- Alors tire-toi ! - Tu pourrais dire merci.
Tire-toi ! Tu es sourde ou quoi ?
Tu veux une ligne ?
Je pr�f�re la douleur.
A cause des voix.
Ca les maintient � distance.
Pourquoi c'est toi qui nettoies ? Si c'est pas toi qui as sali ?
Tu devais pas �tudier, toi ?
Qu'est-ce qu'on ferait nous deux � New York ?
Moi, en anglais, je comprends rien.
Il faudra que tu m'aides.
Je peux m�me pas aller aux toilettes tout seul.
Sans toi.
Comment on dit jumeaux in english ?
Reste tranquille.
Supporte encore un petit peu. S'il te pla�t.
Encore un peu. Je la tiens, je la tiens !
Rien qu'un instant... Encore un peu. Calme-toi.
Je te l'avais dit.
Je te pr�viendrai quand �a fera mal.
Essaie de dormir maintenant...
Dors... Dors.
Et m�decin en plus.
Ce n'�tait rien. Un simple pansement. Il va bien.
Vous �tes quoi vous deux ? Mari et femme ?
On est d�j� c�l�bres ?
Oui.
Et en grosses lettres.
''Deux officiers morts dans l'exercice de leur fonction,
''Aldo Racco et Sebastian Ponci...
''un trio de malfaiteurs...
''Chaos... destruction... mort.''
Ils nous attendaient.
Quand je suis arriv� � la camionnette, ils me braquaient.
Si Angel n'avait pas �t� l�...
C'est plus qu'�vident.
Ils nous tuent, laissent filer Cuervo et ils gardent l'argent.
Comment ne pas les croire ?
C'est clair qu'ils voulaient nous avoir.
Nando va venir. Faites-le entrer.
Ca me pla�t.
Le nom du trio...
Chaos, destruction et mort.
Je suis le chaos.
N�n� �tait l�.
- A l'instant ? - Oui.
Je t'ai pas dit qu'il est p�d� ?
Pour toi tous les beaux mecs sont p�d�s.
Me sous-estime pas.
Moi aussi, j'ai un beau cul, hein !
Pourquoi tu l'appelles pas ?
Ca te plairait qu'on te saute en sandwich ?
Oui...
Du calme.
J'ai dit quelque chose ?
Vous savez pas la derni�re ?
Nous sommes des terroristes.
- Qui est-ce qui dit �a ? - Le Gros Aguirre ! A la radio !
''Cette bande a le style des organisations terroristes.''
Tout le monde l'interviewe. Commissaire par-ci, par-l�...
N�n� dit que c'�tait un pi�ge.
Qu'ils les ont presque descendus.
Il se couvre.
Il sait qu'� cause de lui, ils vont l�cher les chiens.
Il a peur qu'on le lui fasse payer. Et, en v�rit�,
c'est ce qu'on devrait faire.
Vous dites qu'on devrait les donner ?
On pourrait les tuer.
Qui va les tuer ? Vous ?
Ca ne servirait � rien.
Aguirre est trop impliqu�.
Sa seule issue est de nous tuer tous.
Il risque beaucoup plus que sa part du magot.
S'ils apprennent que vous �tes dans le coup
on va tous y passer. M�me vous, Nando.
Nous sommes des l�preux. Des tueurs de policiers.
Partons en Uruguay.
Le plus vite possible.
Et avec tout l'argent.
Le vol de la camionnette devint une obsession pour la police.
La mort des deux officiers
leur br�lait les mains.
Et les croissants, Elsa ?
Termin�. J'arrive pas � fournir.
Ils firent vite et employ�rent les gros moyens.
Les habituels suspects furent les premiers � tomber.
C'est le r�sultat qui compte.
Non, pas maintenant.
Sous la pression, les policiers qui �taient dans le coup laiss�rent
�chapper le nom de Fontana. Ils n'avaient pas le choix.
Mais ils ne savaient pas comment arriver jusqu'� lui.
Aguirre est tomb� du lit ?
Oui. Il est dans son bureau.
Ils n'avaient d'autre preuve qu'une mitraillette,
celle qu'Angel avait fait tomber sur le lieu du crime
et un t�moin qui avait vu Florian Barrios au stand de tir
avec une arme semblable.
Florian �tait le seul qui pouvait mener � Fontana.
Florian �tait la cl�.
Vivi comprit pourquoi
Cuervo ne voulait pas lui parler de l'Uruguay.
Malgr� tout, elle ne se sent pas coupable de l'y avoir oblig�.
Elle pense qu'il devrait avoir r�sist�. Qu'il aurait d� se taire.
L 'avoir prot�g�e de la v�rit�.
Vivi a toujours su que la v�rit� est dangereuse.
Si elle n'avait rien su, elle n'aurait rien dit.
C'est la faute de qui alors ?
Elle ne se sent pas coupable. D'ailleurs elle ne sent rien.
M�me si Cuervo l'embrassait en ce moment,
elle ne sentirait rien.
Buenos Aires.
Une belle merde.
Pire que Bilbao.
Pire que Marseille.
Buenos Aires est une prison.
Ses rues sont comme les cours d'un p�nitencier.
Les gens circulent, silencieux, secs,
surveillant du coin de l'oeil pour ne pas se faire tuer.
Pourvu que je n'aie jamais a revenir.
En anglais "pourvu"se dit "wish ".
"I wish "signifie je d�sire.
Je d�sire N�n�.
Pourvu qu'il se d�tache de Buenos Aires.
Il est comme sa ville.
Il se hait, il s'alimente de haine.
Je veux le sauver. Je peux le sauver.
Ailleurs.
Tu ne devrais pas fumer ici.
A cause de la lueur.
Les esprits te suivent s'ils te voient.
Les esprits ?
Oui.
Ils savent nager les esprits ?
Ils flottent.
Ils sont plus l�gers que l'eau. Et ils brillent.
C'est pour �a qu'ils te suivent.
Ils te prennent pour un des leurs.
Depuis quand tu crois aux fant�mes ?
Les doigts d'Angel ont toujours la m�me odeur.
Ils sentent le bois fra�chement coup�.
La poudre.
Le sang.
Le sexe.
Ils me rappellent des souvenirs.
Les toilettes de la gare.
Les travaux.
La route.
Les h�tels bon march�. Se d�shabiller.
L 'obscurit�.
Merci.
M. Losardo et l'ami Fontana.
Qu'est-ce que tu regardes ?
Le froid fait se rabougrir les queues.
Qu'est-ce que tu veux ? Tu veux voir encore ?
Vous avez vu les photos ?
Vous les avez vues ?
Elles sont partout.
C'est pour vous que je le fais.
Au moindre faux pas, je saurais bien � qui envoyer la note.
Tu regardes parce que t'es tar� ou parce que t'es p�d� ?
Ou les deux � la fois.
C'est scientifique ma question. Le vieux m'a contamin�.
Arr�te, arr�te.
Y'a un lien entre le fait que tu sois d�bile et p�d�,
ou t'es n� comme �a ?
C'est vraiment pas de chance.
Angel, arr�te !
On ne peut pas faire �a ! C'est impossible, Angel.
Eh, mec, t'es n� comme �a ou c'est venu petit � petit ?
- Ca suffit. - Qu'est-ce que j'ai dit ?
Tu as entendu ce fumier ? Je ne suis pas un retard� !
- Il m'a trait� de... - P�d� !
J'ai dit p�d�, rien d'autre.
Si le vieux n'�tait pas l�...
Dans le cul, tu vas l'avoir !
Vous vous cacherez
au moins 5 jours.
J'ai besoin de temps pour faire les papiers.
Vu les circonstances, la plus grande discr�tion s'impose.
Quant � nous, Nando sera notre contact.
Si vous me revoyez,
ce sera mauvais signe.
On ne peut pas attendre autant.
Cinq jours, dix, cent...
pour vous c'est pareil.
Vous �tes des taupes.
Loin de la lumi�re du jour.
Cuervo, tu sais quoi faire ici ?
Qu'est-ce qu'il y a de bien ?
Les putes.
J'ai quelque chose...
Quoi ? Tu notes les t�l�phones ?
Pourquoi j'aurais un agenda sinon ?
Gabriela, Gladys, Gloria.
Ce sont toutes des putes ?
L'agenda le plus complet du c�ne Sud, mon N�n�.
Tu n'�tais pas amoureux ?
La Vivi a gard� mon �me, mais ma bite je l'ai sur moi.
Apparemment pas tout enti�re.
''Les recherches du gang sanguinaire se poursuivent,
''on suppose que... etc.''
C'est un journal argentin.
Par contre celui-ci.
''On recherche la bande argentine en territoire...''
Ce journal est uruguayen.
Vous voyez ?
Vous vous voyez ?
Nom de dieu !
Ce qui signifie que... d'abord
ils savent qu'on est l�.
Ensuite que n'importe qui peut nous reconna�tre.
- Ils ont chopp� la Vivi ! - N'importe qui.
Dans la rue. Dans l'appartement voisin.
M�me aller sur le balcon serait dangereux.
Chef, je dois faire quelque chose.
T'es sourd ?
La fille a dit ce que je vous ai donn� l'ordre...
donn� l'ordre, de ne pas lui dire.
Elle n'aurait jamais d� savoir qu'on venait en Uruguay !
Dans ces conditions
la discr�tion est essentielle.
Pour que nous puissions quitter le pays et sans probl�mes,
vous devez vous en tenir � des r�gles �l�mentaires.
Ce n'est pas une formalit�, c'est une question de vie ou de mort.
R�gle num�ro 1 : nous sommes invisibles.
Personne ne doit nous voir.
Vous ne sortez pas, vous ne vous montrez pas.
R�gle num�ro 2 : nous sommes muets.
Personne ne doit nous entendre.
Tout le monde doit penser que l'appartement est toujours vide.
Troisi�me et derni�re r�gle : nous sommes seuls.
Pour nous, le monde ext�rieur a tout simplement cess� d'exister.
Laisse-moi voir cette blessure.
Voyons �a.
Elle est en bonne voie.
Tu n'�tudies rien.
Tu devrais.
Qu'est-ce que tu veux que j'�tudie ?
L'anglais.
Quand on sera � New York, on en aura besoin.
On doit parler couramment.
Nous faire passer pour...
Les papiers vont �tre � un autre nom ?
Le vieux t'a dit quelque chose ?
Je veux choisir mon nom.
Quand j'aurai un autre nom, les voix se tromperont.
Vous me parlez ?
Wrong, wrong.
Vous vous trompez de type.
Angel ? What Angel ?
Je sais que je le fais souffrir. Je ne le veux pas.
Mais je ne peux l'�viter.
Moi aussi, j'ai envie de lui.
Mais c'est impossible.
Ce n'est pas � cause des voix.
Elles me disent que oui, elles me disent que non.
Elles me traitent de p�d�, de saint. Elles veulent me confondre.
Mais je sais ce que je dois faire. C'est � cause de la semence.
Il faut la pr�server. La semence est sacr�e.
N�n� ne comprend pas que je veux le sauver.
Si notre semence se tarit, nous perdons Dieu.
La semence est sacr�e.
Attendre.
Il faut toujours attendre.
Attendre de faire le coup.
Attendre la fin des recherches.
Attendre de pouvoir sortir l'argent.
Le temps est �puisant.
Un combat perdu d'avance.
C'est comme en prison.
Tu te demandes comment passer le temps.
Pourquoi tu me regardes ?
T'as une vocation de flic, toi ?
Tu ne peux te servir de ton corps.
Tu ne peux ni baiser ni pleurer, ils te surveillent, ils te traquent.
Tu n'as que ta t�te.
Et tu penses.
A des conneries, mais tu penses.
Si je devais expliquer ce que j'ai pens� quand j'�tais en prison,
ce serait aussi long que le temps que j'y ai pass�.
Tu imagines des choses,
tu imagines ce que tu as perdu,
ce qui est rest� dehors quand tu as suspendu le cours de ta vie.
Un vol,
pas a pas,
mille et une fois, comme un film.
La construction d'une maison, brique � brique.
Une femme,
les d�tails de la rencontre,
Mots, mouvements, couleurs...
Tu vis dans ta t�te.
Tu n'es plus que �a.
Une t�te.
Un cr�ne.
En prison, je suis devenu homo, toxico,
flambeur, p�roniste.
J'ai appris les coups en tra�tre.
Ajouer aux �checs.
A casser la gueule de ceux qui me regardaient de travers.
A cr�er des formes avec le papier d'argent des cigarettes.
A baiser debout.
A m'�garer dans un livre au point de ne pas revenir.
Et j'ai continu� � faire des maisons dans ma t�te.
Pour les dynamiter.
Si on est entr�s sans papiers,
on sortira de m�me !
Ce n'est pas qu'une question de papiers.
La logistique, au Br�sil....
Vous tra�nerez comme des chiens.
Qui va vous cacher ? C'est une affaire de 2 jours, pas plus.
Vous croyez que ces types peuvent supporter deux jours de plus ?
Vous savez qui est ici, en Uruguay ?
Le Gros Aguirre !
Qu'est-ce que vous en dites ?
A Montevideo
et avec Interpol.
Je vous avais pr�venu ou pas ?
Il faut pas le doubler Aguirre !
Il veut tout ! Tout le fric !
Parlez � Losardo.
Faites pression, c'est pour �a que je vous paye.
Plus vite on partira, mieux ce sera.
- C'est les nerfs. - Quoi ?
La toux. C'est nerveux.
J'�tais pareil quand j'�tais petit.
Des bains de vapeur... �a d�gage les bronches.
O� croyez-vous aller ?
Prendre l'air.
Qu'est-ce qui vous prend, vous �tes devenu fou... ?
Deux jours, on avait dit.
Qui sont devenus 5. Et qui maintenant sont 7, 10 ou 20.
Ca m'�tonne de vous.
Moi ce qui m'�tonne
c'est qu'on continue � attendre.
Pourquoi on d�pend des passeports ?
Parce que nos photos placardent les murs du pays.
Parce que nous avons toutes les polices aux trousses.
Parce qu'ils veulent nous faire payer la mort de deux des leurs.
Et qu'ils veulent l'argent. Je continue ?
Qu'est-ce qui vous arrive ?
Vous n'�tes pas comme les autres.
Vous, vous pensez.
Vous vous servez de votre t�te.
Vous savez ce qu'elle me dit ma t�te ?
Qu'ils peuvent � tout moment faire sauter la porte et nous descendre.
Qu'est-ce qui emp�che l'uruguayen de s'�ter un poids
en nous donnant et de garder une part plus grande ?
Il y a des r�gles.
Une seule.
Celle qui dit de sauver sa peau � tout prix.
Je veux voir la rue.
Un instant.
Maintenant que je peux.
Ca te pla�t ?
J'en sais rien. Avec ces lunettes je ne vois rien.
Enfoir�, salopard.
Maudite soit ta famille.
Viens.
Qu'est-ce que tu prends ?
- Ici ? - Oui. O� veux-tu aller ?
Une bi�re ?
- Quelque chose de plus fort. - Un whisky ?
- Encore plus fort. - De l'alcool � br�ler ?
Et une allumette !
Va prendre des jetons au tir. Celui qui perd paye les coups.
Ne tarde pas.
Entrez Mesdames et Messieurs.
Venez voir !
Combien pour ton avenir ?
On donne ce qu'on veut.
La gitane te dira tout ce que tu veux savoir.
Sur l'amour, la vie...
Non. Celle-l�.
Quelle est la diff�rence... ?
Qu'est-ce que �a dit ici ?
Deux malheureux pesos.
Le sang du Christ.
Qu'est-ce que tu regardes ?
P�d�...
refoul�.
Tu m'entends ?
Perverti, tantouse !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Sodomite,
ordure.
Tu vas te mettre � pleurer, hein ?
Tu vas pleurer.
Tu m'as abandonn�.
Je t'ai cherch�.
J'ai atterri dans un cin�.
Ta blessure saigne, laisse-moi te soigner.
C'est moi !
Vous savez que...
les Africains
ont une technique tr�s simple pour chasser le singe.
Ils font un trou dans une caisse et ils y mettent une banane.
Les singes y glissent la main et ne peuvent pas la ressortir.
Avec la banane, le poing est plus grand que le trou.
Il leur serait facile de s'�chapper, il leur suffirait d'ouvrir la main.
Mais ils ne l'ouvrent pas.
Ils restent pris au pi�ge.
Vous comprenez ?
Parfois, le renoncement
est signe d'intelligence.
C'est curieux.
Je pensais que c'�tait une m�taphore sur la nature humaine.
Sur le fait qu'elle finit toujours par nous trahir.
Prenez-le comme vous voulez.
Mais pensez-y.
La pression d'Aguirre est f�roce.
Maintenant...
si vous lui donnez l'argent...
Vous croyez vraiment qu'il en resterait l� ?
Si je n'y croyais pas...
Vous me dites �a � moi
et pas � Nando ? C'est lui l'interm�diaire !
C'est un brave type ce Nando. Mais il est bris�
et ceux qui se sont bris�s une fois
ne s'en rel�vent plus.
Ils ne supportent pas la pression.
Si Nando tombe,
n'h�sitez pas.
Faites les valises et tirez-vous.
Aguirre n'a que cette piste pour arriver jusqu'� vous.
Qu'est-ce que tu dis de �a ?
Ken Brown. Hi-fi. Avec un diamant.
En st�r�o.
Ca t'entre par l� et par l� aussi. Ca t'entre des deux c�t�s.
Tu sais comment j'ai appris � parlare italiano ?
Avec ces types l�. Bobby Solo. Luigi Tenco.
Modugno, Vianello.
Ah ! N�n�... N'oublie jamais Gassman.
Beaucoup de Gassman ! Les nanas, tu leur fais un peu de Gassman et...
211.
Ici pour appeler la police,
c'est le 211. Si vous voulez, je fais le num�ro.
Police...
Angel !
Laisse-moi entrer.
Tu te soignes au moins ?
Tu vas me punir encore longtemps ?
Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
Dis-moi ce que tu veux.
Parle-moi Angel,
parle-moi.
Dis-moi quelque chose.
Il y a pas mal de p�d�s ici.
Ils te d�rangent ?
Ce n'�tait qu'un commentaire.
Parce que ce n'est pas la 1�re fois que je te vois ici.
Un simple commentaire...
Toi non plus, tu n'es pas d'ici... Argentin.
Tu veux... tu peux... tu embrasses...
Qu'est-ce que tu fais ici ?
Je passe des tissus.
Du cachemire.
Et toi ?
Qu'est-ce que tu fais l� ?
Je vis ici.
Ca, c'est ma maison.
Mon lit.
Mon oreiller.
Dormons ensemble, alors.
Tu es mignon, Argentin.
Quand un homme me pla�t, la premi�re chose que je fais
c'est imaginer comment seraient nos enfants.
La peau blanche.
Les yeux clairs.
Des amours...
Comment tu t'appelles ?
Pour les gens d'ici, Giselle.
Mais pas pour toi.
Toi, invente-moi.
J'ai des enfants. Deux.
Ils ne me ressemblent pas. Ils lui ressemblent � elle.
A ma femme.
J'aime bien ta fa�on de mentir.
La plupart des hommes
disent qu'ils sont c�libataires.
Comme si j'�tais stupide.
Comme si c'�tait pas �vident qu'ils s'�chappent de chez eux.
Tu aimes les hommes, non ?
Par p�riode. Quel est le probl�me ?
Et tu es seul ?
J'ai un fr�re jumeau.
Angel,
ma seule famille.
Il est toujours derri�re moi.
Il dit que je le surveille. Moi. C'est marrant.
Et il me conna�t bien l'enfoir�... Comme s'il m'avait fait.
Il sait avant moi ce que je veux. Il sait ce que je vais faire.
En ce moment...
c'est dur pour moi.
C'est pas un type facile.
Par exemple, en ce moment, il ne va pas bien.
Tu lui parles, il ne r�pond pas.
Il entend des voix.
Ce n'est pas qu'il est fou.
Les voix lui parlent normalement.
Comme si elles le guidaient.
Quelquefois, je pense que...
je suis l'une de ces voix
qu'il a en lui.
Mais c'est moi l'imb�cile, parce que je ne le comprends pas.
Qu'est-ce qu'il veut de plus ?
Je ferais n'importe quoi pour lui.
N'importe quoi.
Je me ferais tuer, pour lui.
C'est que tu es amoureux alors.
Ouvre les yeux !
C'est �a...
Je suis l�.
Je suis arriv�.
Je suis avec toi.
A 21 ans, il a mont� un kiosque.
A 22, il s'est mari�, et � 23, le gosse est arriv�.
Infect le gamin.
Tu vois ces jets d'eau qui tournent pour arroser les jardins ?
Pareil, mais avec du vomi.
Un jour, le kiosque a pris feu et il est venu me taper,
son chiard, �coeurant, dans les bras. N�n�, donne-moi un coup.
Je lui ai dit,
''j'ai pas d'argent mais tu peux bosser avec moi''.
Non, la morale, les principes...
"Va fanculo avec tes principes,
''il faut que ton gosse bouffe, sinon il va vomir quoi ?''
Ralentis, il doit y avoir des flics.
Ne l'�coute pas. Acc�l�re.
- Tu es devenu fou ? - Acc�l�re.
Acc�l�re, allons-y.
A New York d'un trait.
C'est rien 12 000 kms. Hein ? 12 000.
Ecoute �a ! Comme dans Il Sorpasso.
Toute ma vie, j'ai r�v� de �a.
N�n�, Gassman, Vittorio. Tiens compte...
Qu'est-ce que tu fais ?
Je t'aime bien Cuervo mais pas assez pour me faire tuer pour toi.
Parla espagnol ?
A la prochaine connerie, je te laisse au bord de la route.
Et Cuervo ?
Putain. Il faut tout le temps �tre sur son dos...
Et toi qui l'encourages en plus.
Tu vas sortir ce soir ?
Qu'est-ce que tu fais le soir quand tu sors ?
L'autre jour, je suis all� au cin�.
Tu as fait des rencontres ?
Tu veux les miennes ?
Je pense que...
Quoi ?
Rien.
Ca �t� dur, non ?
Hier soir.
Non. Comme d'habitude.
Tes voix.
Mes voix ?
Pourquoi suis-je le seul � les entendre ?
Et toi ?
Tu n'entends pas des voix qui se moquent de toi ?
Qui te disent ce que tu fais de mal ?
Qui te confondent ? ''C'est pas bien.
''Ne continue pas comme �a. Tu vas tout g�cher.
''Il va conna�tre quelqu'un de mieux, tu vas voir.''
Ram�ne-le. Je vais chercher la voiture.
Tire-toi, gamin.
D'ici, c'est pas la m�me chose.
C'est comme une r�clame d'ap�ritif � la t�l�.
J'ai pris une cuite une fois.
Je pensais que j'allais voir flotter des blondes en bikinis,
et j'ai fini aux urgences.
J'ai quand m�me bais� l'infirmi�re.
Un beau cul.
On y va messieurs ?
Tu veux que je m'�touffe ?
Je le vois pas le vieux ici.
J'en ai marre qu'on me donne des ordres.
Nous, on y va.
Tu te fous de ma gueule ?
Vous m'avez amen� pour servir de chauffeur ?
Je serais peut-�tre de trop mais �a veut pas dire que je sente rien.
Vous croyez que je souffre pas ?
Qu'elle me manque pas la Vivi,
en vous voyant en pleine lune de miel.
Vous croyez que je vois rien ?
Et il faut que je vous emm�ne vous balader, � la plage.
C'est �a, hein ?
Regarde-moi ce su�on !
C'est pas en portant des paquets qu'on se fait �a.
J'ai tout foutu en l'air, non ?
Ce que je peux te dire, c'est que c'est pas moi.
Je ne me fais pas les culs qui appartiennent � mes amis.
Ou c'est ton cul qui est � lui ?
Lequel met l'autre ?
Regarde-moi.
Pourquoi tu me regardes pas ?
Fais gaffe mec. Fais gaffe.
Donne �a. Vous �tes vraiment pires que moi.
Fais pas le con mec. S'il te pla�t.
Ca va. L�che �a.
Tout le monde au sol !
Que personne ne bouge !
Monsieur, je peux vous aider ?
Mais Monsieur !
Il y a tant d'histoires sur cette peau.
Tu es comme un livre. Je te lis.
Un livre ouvert.
Qui n'a pas de fin.
Tu crois ?
Je ne vois rien ici. Il y a un passage en blanc.
Ce n'est pas facile d'y �crire.
Je peux t'aider.
Comment ?
Je t'�cris et apr�s tu m'�cris.
C'est un march� ?
Je n'ai rien � offrir.
Tu n'en sais rien.
Il vaut mieux que je parte.
Tu ne devrais pas...
Tu as peur ?
Tu n'es pas le seul, on a tous peur.
Et toi, tu aimes bien te faire grimper !
Tape-moi ! Tu seras ni le premier ni le dernier.
Tape-moi !
Tu crois que �a me fait quelque chose ?
La douleur passe !
Vas-y.
Maintenant, c'est mon tour. Jouons � ton jeu. C'est ton tour.
Va-t'en. Laisse-moi.
- Viens. - Laisse-moi.
Je n'allais pas te frapper. Je te jure.
Tu ne comprends rien. Va-t'en.
Je te jure que je n'allais pas te frapper.
Ce n'est pas de ta faute.
Laisse-moi.
Je voudrais mourir.
- Tu ne vas pas mourir. - Tais-toi, ne me mens pas.
Tu ne vas pas mourir. Personne ne va mourir.
Qu'est-ce que �a peut te faire si je meurs ou pas ?
- Laisse-moi seule. - Ca suffit !
Tu ne comprends pas ? Salaud ! Je veux mourir !
Va-t'en !
S'il te pla�t, ne me mens pas. Apr�s, je reste seule et c'est pire.
J'ai un paquet de fric.
Il faut que je parte d'ici.
Je n'ai pas beaucoup de temps.
Mon fr�re est parti.
Viens avec moi.
Je veux que tu viennes.
Qu'est-ce qu'on a � perdre ?
Quelle heure est-il ? Tr�s tard ou tr�s t�t ?
Je vous attendais.
Moi ?
Je pars.
Ils ont eu Nando.
Cet endroit ne sert plus � rien.
Ce n'est que ma part.
Et les autres ?
Ils dorment.
C'est vous que j'attendais.
Pourquoi moi ?
Avec eux, on ne peut pas parler.
Ils sont assez grands. Qu'ils se d�brouillent tout seuls.
- Ils ne connaissent personne ici. - Ils ont Tabar�.
Je vous assure qu'il leur sera plus utile que moi.
Le vieux, Losardo, l'Uruguayen...
Il dit que si on donne l'argent on pourra n�goci�r.
Je n'en sais rien. Et entre le doute et l'argent...
Vous me surprenez.
Sinc�rement...
j'attendais autre chose de votre part.
Que puis-je faire d'autre ?
Si je restais, ce serait un suicide.
Si vous restiez, ce serait aussi un suicide. Vous le savez.
Que chacun s'occupe de ses fesses.
C'est le mieux.
On va pas s'entretuer, non ?
Ne vous faites pas tuer. Ca ne vaut pas la peine.
Bonjour messieurs. Vos papiers ?
Qu'est-ce que tu fais !
- R�ponds-moi ! - Halte ! Police !
Acc�l�re ! Tiens bon ou c'est moi qui te d�gomme. Enfoir� !
Qu'est-ce que tu fais mec ?
T'es cingl� ?
Arr�te... la putain de ta m�re.
Bordel de merde. Je suis vraiment un connard,
un connard qui te fait confiance.
Retard� de mes deux. Putain !
J'arrive.
Je pensais que tu ne viendrais pas.
Du calme. Tout va bien. Rien n'a chang�.
C'est le dernier service...
Tu dois me croire. C'est vrai.
Je ne pouvais rien faire d'autre, sinon...
Ne me regarde pas comme �a !
Si ce n'�tait pas indispensable, je ne le ferais pas.
Ca peut aller !
Elle va aller nous acheter quelques bricoles. N'est-ce pas ?
Tu t'attendris.
Tu as laiss� partir Tabar� qui doit avoir d�j� tout crach�.
Tu tires sur des disques...
mais tu laisses partir cette fille...
d�s qu'elle verra un flic...
C'est bien toi, N�n� ?
C'est moi,
Angel.
Je pourrais devenir fou,
perdre la t�te. Hein ?
Tu m'entends ?
J'allais t'en parler.
Il vaudrait mieux que tu ailles ailleurs. Quelques jours.
Tu sais o� aller ?
Qu'est-ce que �a peut faire ?
Tu m'as d�j� mise dedans jusqu'au cou.
Ce serait une affaire de 2 jours.
Pour la police, c'est pareil.
Apr�s on part. Comme pr�vu.
- Je te donne l'argent de l'h�tel. - Je m'y attendais.
Ce dont la pute a besoin, c'est de l'argent...
Pourquoi tu m'as menti si tu voulais juste une cachette...
Ca va. Je m'en vais.
Tu t'en vas ? O� �a ?
O� penses-tu aller ?
Tu ne comprends rien... Avec ces deux-l� ?
Tu ne feras pas vingt m�tres.
Ma cousine a une maison,
pr�s de la fronti�re br�silienne.
Un endroit s�r.
Je sais comment passer en �vitant les contr�les.
On pourrait y aller... Mais pas tous. Pas avec eux.
La police recherche 4 hommes. Un couple aurait plus de chances.
Un homme. Une femme. Toi et moi.
- Tu ferais �a pour moi ? - Oui.
- Ils pourraient te tuer. - Oui.
Qu'est-ce qu'il y a Angel ?
C'est lui Angel ? Ton fr�re jumeau ?
Je suis Giselle. Il t'a parl� de moi ?
Non. Je vois bien que non. Giselle est un secret.
A moi, il m'a parl� de toi.
Il dit que tu entends des voix. C'est vrai ?
Qu'est-ce qu'elles te disent ?
- Je suis curieuse. - Tais-toi.
Tu sais que tu le fais souffrir ? Tu le sais ?
Il dit qu'il ne te comprend pas.
C'est pour �a qu'il voulait partir. Avec moi.
Parce qu'il n'en pouvait plus. On �tait...
Tais-toi !
Laisse-la.
Angel...
attends-moi.
Tu vas devoir choisir.
P�d� !
Enfoir� de p�d� !
Va-t'en. C'est mieux pour toi.
P�d�.
Attention � qui tu parles.
Si tu me balances, je te chercherai jusqu'au bout du monde.
P�d� !
Si tu me balances, je te jure que je te trouverai.
C'est moi. C'est moi.
Pardonne-moi, s'il te pla�t.
Elle est partie ?
Oui.
- Elle va revenir ? - Non.
Elle comptait pour toi ?
Non.
C'�tait une planque. Rien de plus.
Truco.
Par ici la bonne soupe, b�b� !
Il faut lui apprendre. Tu sais jouer au truco mec ?
C'est le jeu national,
comment tu veux comprendre les argentins, sinon ?
D'abord, il faut m�moriser quelques r�gles.
Les cartes importantes sont :
le 1 d'�p�es, le 1 de bastos,
le sept d'�p�es...
- On y va non ? - Attends, il est encore t�t.
Apr�s, vient le renvoi. Ca se compte comme �a.
Par exemple,
vingt-sept, tu vois.
Une fois que t'auras tout appris,
les vannes, � la couleur, sans...
Eh, mec...
quand tu sauras tout �a, t'en auras rien � foutre.
Il faut mentir. Tu comprends ?
Celui qui ment le mieux gagne � tous les coups.
That is the question.
Il n'y a personne.
Ne r�ponds pas.
C'est peut-�tre un client de ta copine.
Fais-le monter, on lui piquera son fric !
Qui est-ce ?
Il dit que c'est la police.
Ils vendent des billets de tombola ?
Eteignez la lumi�re.
Fontana, Salvo, Di Pasquo, Brizuela,
nous savons que vous �tes dans l'appartement 9.
L 'immeuble est cern�.
Vous n'avez aucune chance de vous �chapper.
Nous vous intimons l'ordre de vous rendre.
- Et le couloir ? - Plein de flics.
- Le toit aussi. - Au moins mille.
On a assez de balles.
Une pour chacun.
La troisi�me Guerre Mondiale. Il �tait temps.
Du calme.
Tant qu'on a le fric, ils ne peuvent rien nous faire.
On dirait des fourmis. Il y a toute la police de Montevideo en bas.
Allez bosser ! Bande de faignants !
Donne-moi un coup.
On va tirer, N�n�, on va tirer.
Attends. Je te dirai quand.
Boule de graisse !
On a ton bl� !
Je r�p�te pour communiquer votre d�cision...
agitez un mouchoir blanc par la fen�tre
ou d�crochez l'interphone.
Sans r�ponse de votre part, nous nous verrons...
La ferme nom de Dieu !
Jetez tout ce qui br�le !
Le feu fera monter les gaz.
Bravo !
Bravo ! Bravo !
On dirait le dernier des Mohicans.
D�partement 22.
Oui, elle est l�. Parfaitement.
Tu peux partir.
Je n'entends rien.
Les voix.
Elles ont disparu.
Silence parfait.
Pourquoi tu chuchotes ?
Pour ne pas les r�veiller.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu t'appuies contre moi et �a me fait bander.
C'est math�matique !
Moi aussi.
C'est pas le meilleur moment.
On l'a �chapp� belle.
Comment �a ?
On s'est pas encore rendus.
On a encore le fric.
Maintenant.
Vous deux d'abord. Je vous couvre.
Angel !
Ca va.
Revenez !
On y va.
T'es devenu fou mon vieux ? Je suis foutu. Vas-y, tire-toi.
Angel !
Poules mouill�es.
Vous gagnez combien ?
Vous allez vous faire tuer pour...
Je suis riche.
Je vais mourir plein aux as.
Tu es sourd ? Vas-y, ach�ve-moi et tire-toi.
T'imagines, mon pote,
s'ils me r�parent et me foutent en taule ?
Donne-moi une arme alors.
Je suis riche !
Les sujets ont d�ploy� une violence sans �gale
que nos cam�ras vous montrent
gr�ce � un travail de production sans pr�c�dent.
Les 4 Argentins refusent toujours de se rendre.
Il y a plusieurs bless�s parmi la police
bien qu'il n'y ait encore aucune information officielle.
Vous pouvez entendre, en ce moment, les coups de feu.
On attend d'un moment � l'autre
que les forces sp�ciales entrent dans l'immeuble.
Regarde, regarde !
Fils de pute !
- Crame ! - Tu veux le fric ?
C'est �a que tu veux !
Venez le chercher, salauds !
Venez le chercher !
C'est �a, boule de graisse !
Viens le chercher.
Regarde comme �a flambe !
Flambe saloperie !
Flambe boule de graisse !
Tu vois, regarde !
Venez nous chercher, enfoir�s !
Fils de pute !
Vous voulez le fric ! C'est �a que vous vouliez !
Tu le vois le fric, enfoir� ?
Vous le voyez, le fric ?
Venez le chercher alors !
Attention !
N�n�,
�a va ?
Oui et toi ?
Oui.
Pousse-toi.
N�n�. Tu m'entends ?
Je vais te sortir de l�.
Tu crois que je vais partir seul ?
T'imagines la t�te du gros quand il ne verra que des cendres !
J'entends...
des voix.
Taisez-vous !
Ca y est, elles sont parties.
Il n'y a plus de voix. Tu ne les entends plus.
Je vous salue Marie pleine de gr�ce
Le seigneur est avec vous
Vous �tes b�nie entre toutes les femmes
Et J�sus le fruit de vos entrailles...
Sainte Marie, m�re de Dieu Priez pour nous pauvres p�cheurs
Maintenant et � l'heure de notre mort.
Bien s�r.
Toujours, toujours. Qu'est ce que tu croyais ?
On est presque arriv�s.
Dans quelques minutes, on sera loin.
Tu verras. On n'est pas loin.
Tu verras comme on est loin.
Sous-titrage vid�o : C.M.C.
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