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Cheryl, je suis l�.
Tu as fait un cauchemar, mon amour. Un mauvais r�ve.
Maman, c'�tait horrible. Il y avait un horrible monstre.
Les monstres n'existent pas. Ce n'�tait qu'un mauvais r�ve.
Les monstres, c'est nous qui les cr�ons avec notre esprit. Ils n'existent pas.
N'y pense plus. Allez, essaie de dormir.
Tout va bien, tr�sor.
Maman, un bisou ?
Dors bien, mon ange.
- Maman ! - Qu'y a-t-il ?
Cet horrible monstre a pris Springer, mon ours en peluche.
Il l'a emmen�. Il me l'a pris.
Bien, je crois qu'on y est presque. V�rifie le plan, Cheryl.
- O� sommes-nous maintenant ? - On vient juste de passer Todi.
Il faut continuer tout droit sur 3 kms. Puis il faudra tourner � gauche et nous devrions tomber sur un village.
- Parfait, on se renseignera l�-bas. - Papa ?
- Il a combien de chevaux ce moteur ? - 170.
- A la fa�on dont tu conduis on dirait qu'il n'en a que 20. - Tr�s dr�le.
Tenez, je pense que �a doit �tre ce village.
C'est gentil de la part de ton ami de nous pr�ter son ch�teau.
- C'est un vrai ch�teau ? Avec un pont-levis et tout le reste ? - D�sol�, mais je ne r�ponds plus � tes questions.
Il est un peu triste cet endroit.
- Moi, je le trouve joli. Notre ch�teau aussi est joli ? - D'apr�s les photos, je dirai que oui.
- On fait quoi ? On descend ? - Oui.
- Alors, �a vous dit un cappuccino ? - Avec plein de mousse?
Bien s�r.
- Regardez cette merveille. - Mais ce sont des orchid�es.
Oui, j'ai lu qu'ils en cultivaient ici. Tu en veux une ?
- Tu sais que je n'aime pas trop les orchid�es. - Oui, et c'est assez �tonnant.
- Elles ont un parfum fantastique. - Bon, vous venez ? - Oui, on arrive.
- Je vous dois combien ? - 1800 lire.
- Vous �tes �trangers ? - Oui, je suis am�ricaine.
- Vous parlez tr�s bien notre langue. - Mon mari est italien. Nous vivons � Milan depuis 2 ans.
- Mais l�, on est en vacances. - Vous restez ici ?
Non, un ami nous a pr�t� un ch�teau � Trifiri.
Fais un peu plus attention � ce que tu fais.
- Pouvez-vous nous indiquer la route de Trifiri ? - Je ne connais pas cet endroit. Je n'en ai jamais entendu parler.
- A qui pouvons-nous demander ? - Au village, personne.
Vous vous �tes tromp�s. Ce n'est pas par ici.
- Bonne journ�e. - Merci.
A quoi penses-tu ?
A la femme du bar. Tu ne l'as pas trouv�e un peu �trange ?
Ch�rie, les gens sont tr�s m�fiants dans ce genre de petit village.
Oui, je le sais. Mais j'ai eu la sensation qu'elle nous mentait.
Tu vois des myst�res m�me quand il n'y en a pas.
C'est juste que ces gens aiment bien faire tourner en bourriques les �trangers.
D'accord, tu as raison. Mais je suis s�re que cette femme mentait.
Selon moi, elle savait o� �tait Trifiri, mais ne voulait pas nous le dire.
- Peut-�tre que ce lieu est hant�. - Que veux-tu dire ?
C'est peut-�tre un lieu plein de vampires ou de loups-garous.
- Allons, tu sais bien qu'ils n'existent pas. - Alors tout les choses que tu �cris ne sont que des b�tises ?
- Maman �crit de la fiction, c'est diff�rent. - Ce n'est que le fruit de mon imagination.
- Et pourquoi as-tu d�cid� de n'�crire que des histoires d'horreur ? - C'est simple.
Parce que quand j'�tais petite, je faisais des r�ves horribles.
- Taisez-vous, mon sixi�me sens me dit que nous sommes tout proches. - Esp�ce de clown.
- Maman, dis-moi la v�rit�. C'est un vrai ch�teau ? - Oui, tr�sor.
Vous avez vu le panneau ?
C'est un vrai ch�teau ! Regardez �a, il est grandiose !
Je vous l'avais dit. N'est-il pas magnifique ?
Attendez de voir l'int�rieur.
- Il parait qu'ici il n'y a pas d'�cureuils. - Mais bien s�r qu'il y en a.
On va faire de superbes ballades. On m'a m�me dit qu'il y avait des renards.
- Et des sangliers ? - Bien s�r. - Je n'ai jamais vu de sangliers.
Il est splendide, hein ?
- Qu'en dis-tu alors ? - Il est magnifique.
H�, vous deux, donnez-moi un coup de main. Vous devez avoir faim.
Je m'en occupe. Va allumer le feu.
Maman !
J'ai peur.
A l'aide ! Maman !
Cheryl !
Cheryl, c'est moi, Tom.
- �a va mieux ? - Oui, je crois que oui.
- Qu'est-ce que c'�tait ? - Un cauchemar.
- Le m�me qui m'obs�dait quand j'�tais petite. - Mais tu ne m'en as jamais parl�.
Je croyais que c'�tait du pass�. Et je pensais que tu t'int�resserais plus � mes anciens pr�tendants qu'� mes vieux cauchemars.
- Que tu es b�te. - Tu as vu mes cigarettes ?
- Rappelle-toi ce que t'as dit le docteur. - Oui. Mais juste une.
- Maman ! Maman ! - C'est Bob.
Bobby, o� es-tu ? R�ponds.
R�ponds, Bobby.
- Qu'est-ce que tu fais ? Tu m'as fait peur. - Je n'arrivais pas � dormir.
- Comment �a ? - Je n'avais pas sommeil.
�a va mieux maintenant ?
Allez, on y retourne. Voil� ton lapin. Vous allez dormir ensemble, hein ?
- Bonne nuit, mon ch�ri. - Bonne nuit. - Regarde, ton lapin dort d�j�.
Fais de beaux r�ves.
Attends. Il vaut mieux qu'on v�rifie.
Le nord est de ce cot�. Alors il faut qu'on aille tout droit, non ?
- Non, selon moi on devrait aller � droite. - Tr�s bien.
- On pourra dormir dans les sacs de couchage ? - Non, pas cette fois.
Mais on le fera avant la fin des vacances, c'est promis.
- Okay. Et maman viendra aussi ? - Bien s�r. Si elle ne reste pas � la maison pour finir son livre.
- Maman est un �crivain c�l�bre, hein ? - Oh, je dirai m�me tr�s c�l�bre.
3 millions d'am�ricains n'arrivent plus � dormir la nuit � cause de ses r�cits.
Fais attention. Regarde o� tu mets les pieds.
Attention.
Fais attention o� tu mets tes mains, Bob.
- Tu crois qu'il y a des vip�res ? - A part en Sardaigne, l'Italie est pleine de vip�res.
Mais elles sont d'un naturel peureux. Elles ne te feront rien si tu ne les emb�tes pas.
- Tu as d�j� vu une vip�re ? - Oui, � mon bureau. Elle est secr�taire.
- 120.000 lire, madame. - Voil�.
Je suis d�sol�e mais nous n'acceptons pas les cartes de cr�dit.
Comment �a vous ne les acceptez pas ? C'est pourtant ce qui est indiqu� sur la porte.
- J'ai ordre de ne pas les accepter. - Je peux parler avec le directeur ?
- Que se passe-t-il, Maria ? - Elle veut payer avec une carte de cr�dit.
Je suis navr�, madame.
J'aimerai juste comprendre pourquoi vous ne les acceptez pas alors que l'inverse est indiqu�.
- Excuse-moi, Carlo. - Qu'y-a-t-il, Anna ? - Je vais avancer l'argent pour la dame.
- Attention. - �a grimpe.
- On a fait combien de kilom�tres ? - Je ne sais pas mais suffisamment pour me donner une faim de loup.
- Au fait, il y a des loups dans cette for�t ? - Comment le savoir ?
Je ne sais pas pourquoi mais je me suis sentie compl�tement perdue.
C'est un tout petit village. Ils sont un peu m�fiants avec les �trangers. Vous �tes ici en vacances ?
Oui, nous logeons dans un ch�teau sur la colline.
- Celui de Trifiri ? - Comment l'avez-vous devin� ?
Disons que c'est mon sixi�me sens.
- Tout le monde ici connait ce ch�teau. - L'endroit semble ne pas �tre bien r�put�.
- Des l�gendes, je dirais. Combien de temps restez-vous ? - Quelques semaines.
- Vous aussi, vous �tes en vacances ici ? - Non, j'y suis n�e.
J'enseigne les math�matiques et la physique. Vous savez que ce village est ensorcel� ?
- C'est vrai ? - Non.
Je dis �a pour plaisanter. Ici, on s'ennuie � mourir. Il ne se passe jamais rien.
- Tout ce que je veux, c'est la tranquillit�. - Oh, � qui le dites-vous.
Je vais y aller. Il commence � se faire tard.
Pourquoi un de ces soirs vous ne viendriez pas me trouver avec votre mari ?
Cela me ferait plaisir mais il y a un petit probl�me: je n'ai pas de baby-sitter.
Ce n'est pas un probl�me, j'ai une petite s�ur qui sera ravie de vous d�panner.
Ce serait formidable. Merci.
- En guise de bienvenue. - Merci.
- A bient�t. - A bient�t.
- Ne me dis pas qu'on s'est perdu ? - Ton p�re ne s'�gare jamais.
Papa, tu es vraiment nul. �a fait deux heures qu'on tourne en rond.
Primo, nous ne sommes pas du tout perdus. Secundo, s'il n'y a pas un peu de suspense, cette ballade ne ressemble plus � rien.
- J'y suis. Tu es fatigu� et tu veux revenir en arri�re. - Mais qu'est-ce que tu racontes ?
Et tu n'arrives plus � trouver le chemin.
Okay, Rambo junior... Voyons si toi tu es capable de le trouver.
Par l�.
Bob, attends-moi. Ne cours pas. Regarde o� tu mets les pieds.
C'est impossible.
Springer.
Ce n'est pas possible.
Maman, on est rentr�s.
Maman, o� es-tu ?
- Maman ! Maman ! - Vas voir en haut.
Cheryl, mais que t'est-il arriv� ?
Que t'arrive-t-il ?
Ma ch�rie. Allons.
Tu ne me crois pas. Dis-moi la v�rit�. Tu ne me crois pas.
- Ce n'est pas �a le plus important, Cheryl. - Alors, qu'est-ce que c'est ?
C'est trop incroyable. C'est compl�tement absurde.
Mais bien s�r que c'est absurde. Je te l'ai dit que c'�tait absurde.
Mais je te jure que c'�tait bien mon petit ours que j'ai vu au sous-sol.
Ecoute, tu es n�e dans l'Oregon. Tu y as v�cu jusqu'� ce que tu ailles au coll�ge.
Alors, comment un ours en peluche, que tu as perdu dans l'Oregon...
...a-t-il pu finir dans la cave d'un vieux ch�teau italien ?
Je n'en sais rien. Mais il y est.
Ce n'est peut-�tre pas le tien, mais un qui lui ressemble.
C'est Springer. C'est mon ours en peluche.
Il avait encore l'�tiquette du magasin o� nous l'avions achet�.
Okay. Alors o� est cet ours baladeur ?
L� en bas, dans la cave.
- O� veux-tu aller ? - C'est �vident. Je vais aller le chercher.
- Ne vas pas dans la cave maintenant. - Pourquoi, il y a une heure pour descendre � la cave ?
- Oui, seulement apr�s minuit. - Minuit est pass� depuis un bon moment.
Attends, je vais avec toi.
Allez, c'est parti.
- Je suis d�sol� pour cette ballade impr�vue. - C'est rien compar� � celle qu'a du faire ton ours.
Allez, viens.
- Alors ? - Par l�.
Voil�. Il �tait l�-bas.
- C'est celui-l� ? - Oui, c'est mon ours.
Ce ne serait pas mieux de dire qu'il ressemble au tien ?
Cheryl, on en fabrique par milliers des ours comme �a.
Oui, mais tu ne trouves pas cela �trange qu'il se trouve justement ici ?
Dans cette cave ?
Ce n'est qu'une co�ncidence. Incroyable mais pas impossible.
Cette cave... je te dis que c'est la m�me. Selon toi, c'est aussi une co�ncidence ?
Ch�rie, tu �cris, pas vrai ? Et tu as une imagination d�bordante.
- Tu veux donc dire que j'ai tout invent� ? - Non, ce n'est pas ce que je veux dire.
Cheryl, o� vas-tu ? Reviens ici.
Cette demeure appartient � ma famille depuis cinq g�n�rations. Nous sommes tous n�s ici, sur cette terre.
- Tu ne l'aimes pas, pas vrai ? - Je l'adore et je le hais aussi.
Je voudrais tellement m'en aller.
- Mais tu ne peux pas. - Exact.
Regarde, c'est une serre. Une serre d'orchid�es.
Mon p�re f�t le premier � en cultiver par ici.
L'id�e lui est venue en voyant des orchid�es sauvages dans les bois.
Apr�s quelques croisements, il a obtenu celles-ci.
Les orchid�es ne t'int�ressent pas beaucoup, n'est-ce pas ?
Pour �tre franche, non.
Dis-moi, o� est donc ta petite s�ur ? J'ai vraiment besoin d'une baby-sitter.
Mais bien s�r. Je vais l'appeller.
Mais ce n'est pas possible.
Elle vous plait, ma peinture ? Elle vous plait, hein ?
Voil� Maria, ma petite s�ur.
- Bonjour, Maria. - Bonjour. Quel �ge a ton fils ?
Dix ans. Mais il a pas mal la bougeotte.
Alors on va bien s'entendre. Moi non plus, je ne reste pas en place.
- Quand commen�ons-nous ? - Tout de suite. Si tu n'as rien d'autre de pr�vu.
- Okay. Au fait je prends 8000 lires de l'heure. - Bien s�r, bien s�r.
C'est un vieil oncle. Il est un peu cingl� mais n'est pas dangereux.
- Merci pour tout, Anna. - A bient�t.
Excuse-moi, mais tu ne m'as pas dit que ce dessin �tait l'�uvre d'un vieux fou ?
Oui, c'est bien ce que j'ai dit.
Mais pourquoi a-t-il dessin� cet �trange cocon suspendu au plafond ?
C'est la m�me image que celle qui me tourmente dans mes cauchemars.
Oui, dans tes cauchemars. Pas dans la r�alit�.
Allez, tu te laisses entrainer par ton imagination d'�crivain. Admets-le.
Je n'admets rien du tout.
Et si tu veux le savoir, ce n'est pas tous les jours
qu'on se retrouve dans la cave de ses cauchemars d'enfant.
Ajoute � cela l'ours en peluche et une autre personne qui semble avoir les m�mes cauchemars.
D'accord, d'accord. Il y a quelque chose de bizarre.
Vous n�avez pas bient�t fini de vous disputer ? Je n'arrive pas � dormir.
On ne se disputait pas.
Alors tr�sor, qu'est-ce qui t'arrive ?
- Tu ne veux pas retourner au lit ? - Tu peux venir me donner un bisou ?
Mais bien s�r. Sois tranquille.
- Et essaie de dormir � pr�sent. - Okay, mais allez vous coucher vous aussi.
Alors, o� en �tions-nous ?
Ecoute, demain nous irons explorer de fond en comble cette cave.
On y mettra de la lumi�re.
On la fermera et on jettera la cl�. Qu'en dis-tu ?
Je sais que je suis un peu idiote, mais je crois que j'ai �t� un peu prise de panique.
Elle �tait seule � la maison. Et dans la cave, il y avait quelque chose de terrible.
Quelque chose qui l'attendait depuis longtemps. Depuis qu'elle �tait enfant.
Mais elle ne voulait pas rencontrer son cauchemar. Elle savait qu'il �tait l�... qu'il existait.
Cela suffisait � la terrifier. Il �tait � l'affut du moindre bruit.
Tom ! Tom, non !
Non, � l'aide ! A l'aide, maman !
Bobby ! Bobby, non !
D�sol�. Encore un autre de mes cauchemars.
Cheryl, pourquoi n'arr�tes-tu pas d'�crire ce genre d'histoire ?
Je t'ai dit que j'�tais d�sol�e.
C'est moi qui dois te demander pardon.
Qu'est-ce qui se passe ?
J'ai le pressentiment que quelque chose d'horrible va arriver.
Ecoute-moi.
A partir de demain, cette cave sera tr�s diff�rente.
Je te le promets.
Salut.
Salut.
- Je m'appelle Maria. Et tu es Bob, pas vrai ? - Ah oui, tu es ma baby-sitter ?
C'est �a, mais �a ne veut pas dire que je dois subir tous tes caprices, compris ?
- Tu m'as pris pour un maniaque ? - Je t'ai apport� un cadeau. - Merci.
- Viens, je vais te faire voir ma chambre. - C'est la premi�re fois que j'entre dans la chambre d'un gar�on.
Il y a toujours une premi�re fois.
- Tu as r�ponse � tout, toi. - Je vais � bonne �cole.
Okay, voyons ce que �a donne.
- C'est bon ? - Vas-y.
Quelle merveille ! J'y installerai bien mon studio.
Ne te fais pas trop d'illusions.
- J'ai vraiment �t� idiote. - C'est une de tes qualit�s.
On remonte ?
Allez, viens l�. Tu vas voir.
Allez.
- Tu sais ce qui t'attends ? - Que fais-tu ?
Non, arr�te.
Non, on n'a pas le temps.
- O� tu vas ? - Tu as dit qu�on n�avait pas le temps.
Salaud.
Tom ! Ch�ri !
Allez, je plaisantais. Reviens ici.
Ne sois pas idiot. Tom ! Ch�ri !
Allez, mon amour. Je plaisantais.
Okay, tant pis pour toi. Je t'aurai pr�venu.
- C'est une liqueur fabriqu�e par ici. - Soyez prudents. Elle fait plus de 70 degr�s.
Mon dieu.
- Il parait que les sorci�res l'utilisaient pour leurs filtres. - Vraiment ?
Ce n'est peut-�tre pas la m�me recette mais Anna en sait surement plus que nous l�-dessus.
Pourquoi ?
Allez, dis-moi pourquoi ?
Certaines personnes dans ce pays pensent que je suis l'une des derni�res sorci�res.
- Oh, allez... - Juste parce que je m'int�resse � l'�sot�risme et � la parapsychologie.
- Je n'ai jamais cru � toutes ces choses. - Je ne me serai jamais attendu � une telle affirmation de ta part.
- Pourquoi ? Que veux-tu dire ? - Eh bien, avec tes capacit�s...
- De quelles capacit�s parles-tu ? - Tu ne sais vraiment rien des dons extra-sensoriels de Cheryl ?
Ils se limitent seulement � quelques cauchemars.
Bon, je crois que le moment est venu de se souhaiter bonne nuit.
�a ce sont des h�tres.
Et l�, c'est un cerisier. Il donne des cerises magnifiques.
- Et c'est quoi celui-l� ? - On dirait bien un ch�ne.
Tu sais ce que c'est ? Une orchid�e. La fleur pr�f�r�e des ogres.
- Les ogres n'existent pas. - En es-tu bien s�r ?
Il parait que le parfum des orchid�es rend fous les ogres.
Ils le sentent � des kilom�tres. Et alors ils arrivent en courant. En courant !
Tu vas voir !
Tu veux me faire croire que le parfum d'une orchid�e peut faire apparaitre un ogre ?
Je ne veux rien te faire croire. Par chez nous, on dit que c'est vrai.
- Selon les l�gendes, il parait que les ogres femelles avaient le parfum de l'orchid�e. - Tu es vraiment un peu dingue.
Tu n'as pas �t� tr�s sympa chez Anna.
Je le sais. J'irai lui faire mes excuses.
Mais tu sais ce que je pense de certaines choses.
Oui, oui, je sais.
Reconnais-le, la parapsychologie pourrait bien expliquer tous mes cauchemars.
Il n'y a qu'une personne qui pourrait t'aider...
Continue... Selon toi, la seule personne capable de m'aider serait un psychiatre.
- Je n'ai pas dit cela. - Mais tu allais le dire. C'est que tu penses, non ?
Ce que tu as toujours pens�. Seulement tu n'avais pas le courage de me le dire.
Cheryl, tu sais que je t'aime.
Quelles belles paroles !
- Oui, c'est moi Superman ! - H�, Superman, fais attention � ne pas tomber de cet arbre !
Tom, viens ici tout de suite ! Tom, je t'en prie !
Viens, regarde !
- Je te jure qu'il y avait une empreinte dans la farine. - C'�tait certainement la tienne.
Non, c'�tait une main �norme.
- Tu ne me crois pas, n'est-ce pas ? - D�sol�, mais je ne crois que ce que je vois.
- Il y avait une empreinte dans la farine. - Tu l'as peut-�tre vue mais il n'y a rien. Regarde !
Ce n'est pas un de tes r�cits horrifiques. C'est la r�alit�.
- Et dans cette r�alit�, ton empreinte n'existe pas. - Esp�ce d'enfoir� !
M�me l'homme qu'elle aimait ne voulait pas croire � ses horribles pr�monitions.
Mais pour elle, le temps �tait compt�.
Elle s'allongea sur le lit et pris l'orchid�e qu'elle avait ramass�e.
Elle la frotta lentement sur sa peau.
Et elle sentit que le moment �tait arriv�.
L'ogre patientait depuis 22 ans et il ne voulait pas attendre plus longtemps.
Cheryl, o� vas-tu ? Reviens ! Ne fais pas l'idiote !
Allez, Cheryl...
Allez, attends-moi !
Cheryl, allez, ne sois pas stupide.
Reviens !
Cach� ou pas, me voil� !
Cheryl, o� es-tu ?
J'arrive, attends-moi !
J'arrive.
Tom.
Allez, rentre chez toi.
Tu ne m'avais pas dit que tu aimais les corridas.
Allons, ch�rie, ce n'est qu'une vache. On retourne � la maison ?
- Qu'as-tu ? - Je me suis tordu la cheville.
- Attends. - Mais o� vas-tu ? - Demander de l'aide.
- Et � qui ? - Au propri�taire de la vache.
Mais o� diable est-il cach� ? Je me le demande.
- Trouv� ! - Non, tu as trich�.
- A ton tour maintenant. - Non, �a compte pas. - Allez, � toi.
- S'il te plait... - Allez, compte.
Cach�e ou pas, me voil� !
R�ponds.
Ne me faites pas de mal.
Maria, o� es-tu ? R�ponds !
O� es-tu ? S'il te plait, sors ! Je ne veux plus jouer � �a.
Allez, descends. Merci !
- Au revoir. - Au revoir et encore merci.
Bob ?
Bob, o� es-tu ?
Bobby, o� es-tu ?
- J'esp�re qu'il n'est rien arriv�... - S'il te plait, ne recommence pas.
- Tom, �coute. - Oui, �a vient de par l�.
Ch�ri. Qu'y-a-t-il ?
Maria est partie. Elle m'a laiss� tout seul ici.
Et tu crois que c'est une bonne raison de pleurer ?
J'�tais seul. J'ai entendu des bruits �tranges.
Allons, un grand gaillard comme toi n'a peur de rien.
- Je vais aller te pr�parer � manger. - Je n'ai pas faim. Je veux dormir.
- Tu veux rester au lit sans rien manger ? - Oui.
- Un bisou ? - Oui.
Alors, bonne nuit.
- Bonne nuit, maman. - A demain, Bob.
Tu peux rester avec moi jusqu'� ce que je m'endorme ?
Tr�s bien.
- Pr�t pour l'hyper-sommeil ? - Pr�t.
Trois, deux, un, d�collage.
- Papa ? - Commandant � l'�quipage : silence.
Nous sommes attir�s par l'hyper-sommeil.
Il s'est endormi.
- Et toi, quelles sont tes intentions ? - Je te rejoins. Je finis cette page.
La prochaine fois que tu prends une baby-sitter, essaie de mieux te renseigner.
�a ne me plait pas de laisser Bob � une folle qui l'abandonne � la maison.
Oui, tu as raison. Elle me semblait pourtant s�rieuse.
Elle est peut-�tre all�e retrouver son petit copain, qui sait ?
Bien, j'en parlerai � Anna.
- Par contre... - Par contre quoi ?
Avant de jeter � la poubelle ce que j'�cris, assure-toi au moins que j'en ai une copie.
- Ce n'est pas �a le probl�me, Cheryl. - Ah non, alors c'est quoi ?
Le probl�me c'est que tu te persuades de la v�racit� de ces histoires.
Mais elles sont vraies. Pourquoi tu ne veux pas le comprendre ?
Tu n'es pas une romanci�re. Tu veux seulement exorciser tes cauchemars.
Tu n'as pas le courage d'affronter tes peurs, et tu te contentes de terroriser tes lecteurs.
C'est �a que tu penses ?
Voil� la cl� de cette maudite cave que tu penses �tre celle de tes cauchemars.
Pourquoi ne descends-tu pas l�-bas toi-m�me au lieu d'y envoyer ton h�ro�ne ?
Il n'y a pas de t�l�phone dans mon histoire.
Allo. Qui est-ce ?
Ah oui. Qu'y-a-t-il ?
Non, elle est partie sans rien dire. J'ai compris. Tr�s bien.
J'arrive tout de suite.
- Qui �tait-ce ? - Je ne sais pas. Un ami d'Anna.
Maria n'est pas rentr�e. Il m'a demand� de jeter un �il dans les alentours.
- Attends. Je viens avec toi. - Non, laisse tomber. Reste avec Bob.
Tom, il me manque une autre page.
Mais qu'est-ce que c'est ?
C'est ma page.
Cheryl, calme-toi. C'est moi. Tom.
Ch�rie, c'est moi, Tom. Essaie de te calmer.
Tom, tu es revenu. Maria... Maria...
- Mais ce ne serait pas la premi�re fois que Maria passe la nuit dehors. - Maria est morte. Je l'ai vue.
L'ogre, je l'ai vu. Mon r�ve est en train de se r�aliser.
- Tu ne crois pas que je vais croire ces �neries ? - Tu le dois. Tu dois me croire.
C'est la v�rit�. C'est comme si j'�tais parvenue � voir ce monstre se jeter sur Anna.
- Ecoute-moi. - Non, toi �coute-moi !
La maison est illumin�e par la lune p�le.
Et le vent frais apporte l'odeur des orchid�es jusqu'� l'ogre...
...l'ogre.
Ce parfum le pousse � quitter sa tani�re.
Tout est silencieux. Seule une fen�tre illumin�e est visible de la rue.
A part l'horrible cr�ature, tout le monde dort dans la maison.
Elle a le sommeil l�ger, et le bruit l'a fait se lever de son lit.
Elle se l�ve. Elle a peur de ce bruit.
Quelque chose d'inexplicable lui fait quitter sa chambre.
Il est revenu pour toi.
- Il est revenu pour tous nous tuer. - �a suffit, tais-toi !
- Il est revenu pour toi. - Tais-toi ! Tais-toi !
Il est revenu pour tous nous tuer.
Le voil�. Il est tout proche.
Il est revenu. Tu ne pourras pas lui �chapper.
Cheryl, est-ce que tu m'entends ?
Tom. C'est moi qu'il veut. Il n'a toujours voulu que moi.
Ensuite, il viendra ici. Je l'ai toujours su.
A pr�sent tout est clair pour moi.
Je parviens � le voir. Je ne sais pas comment te l'expliquer.
Il va tuer Anna puis il viendra ici.
comme c'est �crit dans mon roman.
Anna entendit les pas de l'ogre dans l'escalier, mais elle n'arrivait pas � s'enfuir. Elle �tait comme paralys�e.
M�me si elle avait pu se cacher, l'ogre l'aurait trouv�e.
D�sol�, mais je n'en crois pas un mot.
Si je ne te connaissais pas, je d�finirai cela comme les fantasmes sexuels d'une m�nag�re frustr�e.
Tu ne me crois pas, hein ? Tu ne veux pas comprendre.
�a n'existe pas si tu ne le vois pas de tes propres yeux, pas vrai ?
Pour toi il est plus facile d'ignorer les choses que tu ne peux pas comprendre.
Oui, plus facile.
Mais j'ai pass� une longue p�riode de ma vie en compagnie d'un cauchemar
qui n'avait rien � voir avec les fantasmes sexuels d'une m�nag�re frustr�e.
Tom, pour moi ce cauchemar est r�el. R�el, je te dis.
- Tout n'est que suggestion. - J'aimerais bien mais ce n'est pas le cas.
Ce soir, ce que j'ai vu il y a 22 ans va se r�aliser.
Et ce sera pire parce que vous �tes ici avec moi.
Nous sommes en danger ici, Tom. Nous sommes tous en danger. Il faut partir !
Il arrive.
Il arrive. Il est dans les bois. Je peux sentir son souffle.
Il est tout pr�s.
Il attend depuis tellement d'ann�es. Cette fois il ne me laissera pas m'enfuir.
Tom, le voil�. Il est tout pr�s.
- Cheryl, �a suffit ! Arr�te ! - Pourquoi tu ne comprends pas ?
- Qu'est-ce que je devrais comprendre ? - Vas voir dans la cave. Tu y trouveras le corps de Maria.
- O� vas-tu encore ? - Je prends Bob et je m'en vais.
- Bobby, o� est-il ? - Il n'est pas ici. - Oh, mon dieu.
Bob ! R�ponds !
Bob, o� es-tu ?
- Mon dieu. - Bobby !
- Il l'a emmen�. - Vite, � la cave !
- Bob, o� es-tu ? - Papa.
Bob !
Ch�ri.
- Il �tait horrible ! J'ai peur ! - Reste calme, on va s'en aller.
Va-t-en, vite !
�loigne-toi de mon fils.
Vite, va � la voiture !
Je suis l�, viens me chercher !
C'est moi que tu veux, pas vrai ? Tu m'attends depuis si longtemps.
Eh bien me voil� ! Finis-en ! Tue-moi ! Qu'attends-tu ?
Je suis l� � pr�sent. Avance, je n'ai plus peur de toi.
Cheryl, cours � la voiture. Rejoins Bob ! Filez !
Mon ch�ri, tu vas bien ? Tu vas bien ?
Le voil�.
Reste l�, Bob.
Je l'ai tu�, Tom, je l'ai tu�.
Incroyable.
A partir d'aujourd'hui je n'�crirai plus que des contes pour enfants.
Dis-moi une chose. Comment finit ton histoire ?
Le h�ros tue l'ogre et sauve l'h�ro�ne.
Et je suppose que le h�ros c'est moi.
Si tu te sens frustr�, je peux toujours changer la fin.
C'est trop tard maintenant.
- Tu as tout pris ? - J'esp�re.
- Bob, d�p�che-toi. - J'arrive.
En avant, les jeunes !
- Au fait, Anna a t�l�phon�. Maria est rentr�e � l'aube avec son copain. - Ah, tant mieux.
- Tout est pr�t ? - Oui, capitaine !
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