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- On vous a demand� de venir
car le conseil de famille va vous confier un enfant
en vue d'adoption.
C'est un gar�on de 2 mois et demi, n� � Brest le 26 septembre.
Il a �t� remis � l'adoption par sa m�re biologique.
- D'accord. - Vue l'histoire
de l'enfant,
le service a s�lectionn� 3 dossiers de candidats � l'adoption
et c'est votre dossier que le conseil a retenu
pour �tre sa m�re adoptive.
- Mais s'il y a 3 dossiers qui ont �t� retenus,
que se passe-t-il pour les 2 autres ? - Il y avait 3 dossiers,
mais il n'y en a qu'un seul � avoir �t� retenu,
le v�tre.
- Donc je dois d�fendre mon dossier ?
- Non, Mme Langlois.
Nous vous proposons un apparentement.
Si vous l'acceptez, M. Ayyad, notre psychologue,
vous fera une pr�sentation du b�b�, son histoire, son bilan de sant�.
- Ah, c'est un b�b� ?
Mais il a quel �ge ?
- 2 mois et demi. - Moins d'un an ?
- Oui. Il est n� le 26 septembre dernier.
Vous pouvez r�fl�chir avant de r�pondre.
Si vous r�pondez favorablement,
vous pourrez rencontrer Th�o � la fin de la semaine
et d'ici une dizaine de jours, si tout se passe bien,
il sera chez vous.
Soupir de satisfaction
Musique douce
...
Porte
- (Jean.)
(Jean. C'est l'heure d'aller � l'�cole.)
- (Y a pas d'�cole, on est dimanche.)
(�a va ?)
(Va te recoucher, va. Allez, va.)
(Enzo ! T'emb�te pas ton grand fr�re.)
(Laisse-le dormir.)
- Arr�te ! Arr�te !
Arr�te !
G�missements
Arr�te !
...
- L�che-le !
- Laisse-moi ! Je vais le tuer ! - Tu te calmes.
Arr�te.
- Laisse-moi !
- T'as mal ? - L�che-moi !
Il tousse. - Calme-toi.
- L�che-moi ! - �a fait 2 ans que je signale
qu'il en peut plus. Il veut, il doit �tre s�par� de son fr�re.
Pourquoi on s'est jamais r�unis
pour prendre une bonne d�cision ?
- Maintenir le lien, c'est la r�gle. On ne s�pare pas les fratries.
- Pourquoi on ne s�pare pas les fratries ?
Pourquoi on les s�pare pas quand il faut les s�parer ?
Pourquoi c'est toujours � eux de s'adapter ?
On peut pas s'adapter � eux pour une fois ?
Leur vie n'est pas suffisamment difficile ?
Je te l'avais dit que �a retomberait sur le petit.
Il a failli crever. Encore 5 min et il �tait mort.
C'est �a ta fratrie, un mort et un fratricide de 11 ans ?
Enzo, � 9 ans, est d�j� sous calmants.
Il doit �tre pris en charge dans un endroit adapt�.
Je suis assistant familial. Je connais rien au handicap.
Pareil pour Jason.
Il faut le mettre ailleurs, l'�loigner de son fr�re,
de ses parents de merde !
- On n'avait pas le droit. Il faut maintenir le lien.
- C'est d�bile !
On sert � rien. On est des pauvres connards.
- �a suffit.
On en a parl�, on a compris les difficult�s que tu rencontres.
On prend des dispositions.
On peut parler de l'avenir ?
- Je veux plus d'ados.
Je veux plus faire d'accueil pour le moment.
J'ai besoin de... Y a plus d'eau dans la citerne.
- T'as beaucoup donn�, Jean.
Petit rire de d�pit
Respiration forte
...
- Je... - Bonjour.
- Je crois que je vais accoucher. - Vous avez �t� suivie ici ?
- Non. - OK.
Votre nom et votre carte vitale.
- Je veux pas le garder.
Elle soupire.
Respiration forte
...
- C'est votre premier accouchement ? Elle acquiesce.
- Pas de suivi de grossesse ?
Vous savez o� vous en �tes ?
- Je crois que c'est la fin. - Vous �tes � terme ?
- Je crois. - Je vais vous examiner.
- Je vais vous relever les jambes. Comme �a.
- Alors, respirez
bien fort.
Elle souffle.
...
Je vous examine.
...
C'est trop tard
pour la p�ridurale.
Ce sera rapide,
je sens sa t�te.
C'est quoi votre nom ? On va faire �quipe,
j'ai besoin de vous parler, de vous appeler par un nom.
Pas forc�ment le v�tre.
Poussez Charlotte. Super. On durcit le ventre.
Tirez sur vos mains. Allez, on pousse encore.
Encore, encore, encore. Et stop !
Rel�chez tout.
Je le sens, l�. Je vois sa t�te.
On y est presque, Charlotte.
C'est beau ce que vous faites, Charlotte.
Encore un dernier effort.
Allez, tirez sur les mains, bloquez tout.
Prenez plein d'air et poussez. Allez encore, encore, encore.
- (C'est bien.) - C'est super. J'ai sa t�te.
C'est parti, on y va encore. On pousse. Allez, on y va.
Encore, encore !
- (C'est bien.) - On y est presque.
- (Allez, c'est bien.)
- Stop, ne poussez plus ! Voil�.
Pleurs Et �a y est, bravo, il est l�.
...
...
- C'est un petit gar�on.
...
Vous voulez le voir ?
...
- Vous voulez le prendre sur vous ?
C'est normal d'avoir peur.
Prenez-le, �a ira.
...
Tout s'est bien pass�. �lodie emm�ne votre b�b�
et moi je m'occupe de vous.
J'enl�ve le placenta et j'irai lui prodiguer les 1ers soins.
- Il va bien ?
Y a pas de probl�me ? - Il est impec.
- J'ai des v�tements pour lui dans le sac.
- �a va b�b� ?
- T'es tr�s tr�s beau.
Du coup, j'ai �crit �a. C'est �a ?
- Tr�s bien.
- Ses affaires sont l�.
- OK.
- Je vais �couter
ta respiration.
Pleurs de nouveau-n�s
...
Elle frappe.
- �a va ?
- L'accouchement s'est bien pass�. Le b�b� va bien.
- Elle l'a mis au sein ? - Non.
- Elle l'a port� ? - Non.
- Touch� ?
OK.
- � tout � l'heure. - Oui.
Musique douce
...
- Bonjour,
je vous appelle car j'ai �t� appel�e par la maternit� de Brest.
...
- C'est ici.
...
- Merci. Au revoir. - Au revoir.
- Au revoir. - Au revoir.
...
Elle frappe.
Elle ouvre la porte.
- Bonjour. Je suis assistante sociale.
Je m'appelle Mathilde Fran�ois.
Je suis envoy�e par le Conseil d�partemental
pour vous rencontrer.
On vous a pr�venue que je venais ? - Oui.
- Je peux m'asseoir ?
- Oui.
- �a va ? Vous avez �t� bien accueillie ?
L'accouchement s'est bien pass� ?
- Oui.
Je suis arriv�e un peu tard alors j'ai pas eu de p�ridurale.
- Oh...
Forc�ment �a fait mal.
Et votre b�b�, vous avez pu le voir ? Lui dire au revoir ?
- Non.
Je veux pas le voir, je veux pas de lui.
- Vous avez droit � des aides financi�res et �ducatives
pour vous permettre d'�lever cet enfant correctement.
Je vais tout vous indiquer,
tout ce que l'�tat a mis en place. - Je sais, mais je veux pas qu'on m'aide.
Je veux pas le garder.
Je peux pas. - Je ne suis pas l�
pour vous faire changer d'avis,
mais pour vous accompagner quel que soit votre choix.
Pour remettre
votre b�b� � l'adoption, il faut �tablir un proc�s-verbal.
J'ai la d�l�gation du Conseil d�partemental
pour signer ce proc�s-verbal d'abandon.
C'est moi et moi seule qui vais le signer.
Vous resterez anonyme.
Vous avez d�cid� d'accoucher sous le secret,
et moi, je suis l� pour prot�ger votre secret.
Je suis tenue au secret.
Je suis une tombe.
Et je vais recueillir tous les �l�ments que vous me donnerez
pour remplir un document du CNAOP,
le Conseil National d'Acc�s aux Origines Personnelles.
Nous remplirons ce document ensemble.
Vous pourrez mettre tout ce que vous jugerez utile pour l'enfant.
Vous pouvez laisser votre identit� dans un pli confidentiel ferm�
qui permettra � votre enfant d'�ventuellement vous retrouver.
Vous pouvez laisser un mot,
un objet
ou rien.
C'est vous qui d�cidez.
Tous les enfants ne font pas de recherches.
Il y en a m�me peu. Mais s'il le fait un jour,
tout ce que vous aurez bien voulu lui laisser lui sera pr�cieux
pour comprendre d'o� il vient
et le choix que vous avez fait pour lui � sa naissance.
� la signature du proc�s-verbal,
votre b�b� sera enregistr� comme pupille provisoire
et vous n'aurez plus de lien avec lui.
Vous aurez 2 mois de r�tractation pour revenir sur votre d�cision
et reprendre votre enfant.
Deux mois pour �claircir des choses pour vous,
pour �valuer si votre d�cision vous conviendra toute votre vie.
� la fin de ce d�lai,
2 mois jour pour jour apr�s la signature du proc�s-verbal,
il sera enregistr� comme pupille officiel.
Il sera adoptable.
On a le temps avant d'�tablir le proc�s-verbal :
on a 3 jours jusqu'� la d�claration en mairie.
On peut mettre � profit ces 3 jours comme vous le souhaitez.
On peut discuter de ce qui se passe pour vous aujourd'hui.
Ou on peut �tablir le proc�s-verbal tout de suite et partir.
Quel est votre projet pour votre b�b� ?
Qu'est-ce que vous envisagez pour lui ?
Vous avez des souhaits ?
- Bah...
J'aimerais qu'il soit heureux.
Qu'il soit confi� � des gens qui l'aiment,
des gens qu'ont pas pu avoir d'enfant.
- On doit faire des photos du b�b�.
- Je peux les faire.
- Je veux bien.
- OK.
- � tout � l'heure.
- � tout � l'heure.
- Bonjour Ga�lle, c'est Isabelle du PFPE.
On va s�rement avoir un pupille � accueillir.
Probablement demain. Vous seriez dispo ?
- J'ai l'impression que �a s'est bien pass�.
Votre fils avait l'air content.
- Oui.
- On continue comme �a ? Les visites le matin, c'est mieux, non ?
- Oui.
J'ai les id�es plus claires que l'apr�s-midi.
Mais plut�t fin de matin�e, sinon...
- OK, �a marche. On va faire comme �a.
Et je me suis dit, vous devriez prendre une douche
avant de venir voir votre petit. Lui, quand vous venez, il se fait beau :
il met du gel, du parfum,
la veste que vous lui avez offerte. - OK.
- Ce sera nickel. - OK.
- Elle est extra, cette veste ! Il fait des ravages avec.
Un crocodile ?
Un nounours ? - Non.
J'aimerais bien le voir plus.
- Vu comment �a se passe, on va pouvoir envisager
de prolonger les droits de visite.
Je vais en parler la semaine prochaine. - OK.
- Je sais que c'est dur.
Mais profitez aussi de ce temps o� vous �tes seule.
C'est du temps pour vous, pour vous soigner,
vous r�tablir.
On frappe.
- Bonjour. - Bonjour.
- Tu peux passer me voir ?
- C'est tr�s chiant.
Mme Richard fait d�j� un accueil. Ga�lle est en week-end dans le Sud.
Karine !
- Ah pardon. Nadia ? - J'attends qu'elle me rappelle.
- Et B�atrice ? - Connais pas.
- Ah non ! T'as pas encore travaill� avec elle.
Mais elle commence � fatiguer.
- On fait quoi ?
- On se pose, on sera plus efficaces.
- Je peux pas. Il tombe mal ce b�b�.
C'est le bordel avec les ados, c'est le bordel
au Conseil d�partemental. Je suis sous l'eau !
R�fl�chis.
Tu penses pas � quelqu'un ?
- Si. - Super !
*Radio - Bande de charlots !
*... Oui ! Il est leader dans le vestiaire !
*...
C'est faux. C'est faux.
Salut Karine.
Qu'est-ce que tu fais l� ? - T'as pas eu mes messages ?
- J'�coute pas beaucoup mon portable, j'ai besoin de couper.
- On m'a dit �a. - Oui.
- Justement, j'ai un truc pour toi.
- Une cure de sommeil ?
- Non, c'est nul, une cure de sommeil !
- Au bout d'un moment j'ai commenc� � le sentir bouger.
C'est l� que j'ai r�alis� que j'�tais vraiment enceinte,
que peut-�tre �a passerait pas.
- Et ensuite ?
- Rien.
C'�tait les 2 derniers mois.
J'ai essay� de faire un peu gaffe.
- Vous avez pu partager tout �a avec des parents, des proches ?
- Non. Personne pouvait rien faire pour moi de toute fa�on, donc...
- �a n'a pas...
- J'ai voulu en parler avec ma m�re, mais...
je pense...
Je sais qu'elle ne comprendrait pas ce que je fais.
Elle supporterait pas.
Elle supporterait pas que sa fille abandonne un enfant.
Je sais pas comment dire.
Que �a fasse partie de sa vie.
Et moi, c'est de devenir m�re avec cet enfant qui...
C'est pas possible, en fait.
C'est impossible.
- Oui.
- Pour moi, avoir un enfant, c'est quelque chose de positif.
Je l'aime pas, lui.
J'y arriverai pas.
- Bon, il est tard.
Vous voulez qu'on fasse une pause ?
Que je revienne demain matin ?
- Je veux bien.
- Si vous vous en sentez capable,
ce serait bien pour votre b�b� que vous lui parliez,
que vous lui expliquiez ce que vous avez d�cid� pour lui,
que vous avez pens� � lui,
� son avenir, � son bonheur.
- Il comprendra rien.
- Il comprendra pas les mots,
mais il percevra l'importance et l'�motion que vous y mettez.
- On m'a propos� de faire un accueil aujourd'hui.
J'ai dit non.
- Pourquoi ? - Je crois que j'ai envie d'arr�ter.
- Pour faire quoi ?
- Je sais pas.
Employ� dans un truc ou...
Je sais pas.
- Non, tu sais pas.
Tu vas pas faire un boulot � la con... - J'arr�te de travailler.
Je m'occupe du jardin, de Pauline, de toi.
Je suis fatigu�, Laure.
Il sert � rien ce boulot.
�a marche pas ce qu'on fait.
T'as bien vu.
- �a me va pas du tout, je suis pas d'accord.
Je veux bien
rapporter du fric pour 2 mais il faut que tu fasses un truc fort, utile.
Arr�te de te plaindre. Moi aussi, je suis fatigu�e.
Quand tu travailles pas, tu tournes en rond.
T'es tout tendu.
T'es pas sexy.
T'es terne.
Tu me plais pas.
Dis-leur que t'as chang� d'avis.
Il a quel �ge ?
- 15 ans.
- Ah oui...
- C'est pas vrai.
Il a 1 jour. C'est un b�b�.
- Ah ouais ?
(La vache.) - (Ouais.)
*T�l�visions
*...
On frappe. - Oui.
- Je viens lui dire au revoir.
- Ouais, bien s�r.
Il hoqu�te.
...
...
...
...
On frappe. - Oui ?
- Bonjour. �a va ?
Vous avez r�ussi � dormir ? - J'ai dit au revoir au b�b�.
- Ah ! C'est formidable pour lui, vous savez.
Vous �tes pr�te ?
On va remplir le proc�s-verbal
et r�diger les informations que vous souhaitez laisser.
Vous avez r�fl�chi au pr�nom ?
- J'en ai choisi 2.
Vous n'aurez qu'� choisir le 3e.
J'aimerais bien.
Et j'aimerais lui laisser une lettre. - Oui ?
- Je peux vous la faire lire ?
- Oui.
C'est bien.
- Je vous la laisse alors.
- Bien s�r !
Alors...
�ge.
Vous souhaitez donner l'information sur votre �ge ?
- 21 ans.
- Vous avez un moyen pour rentrer chez vous ?
- Oui, �a va.
Je vais � la fac.
J'ai un TD cet apr�s-midi.
Je m'appelle Clara.
- Bonjour madame.
- Bonjour.
Je viens d�clarer un enfant n� sous le secret.
- Merci.
L�, si vous voulez bien signer.
- Merci.
- Putain... - J'y suis presque.
Elle souffle.
- Tu peux nous aider ? - Non.
D�sol�, je suis pas du tout manuel.
- Moi non plus.
- Moi non plus. - Eh ben moi non plus.
Bonjour. - Bonjour.
- BONJOUR. - Bonjour.
- J'y vais. - Oui.
- T'es s�r que �a se voit pas ? - Non, t'inqui�te.
�a va, Mathilde ? J'en ai pour une minute.
- C'est une femme dans la vingtaine.
Il s'agit d'une grossesse non d�sir�e
issue d'une relation sans lendemain avec un homme qu'elle conna�t peu.
Pas de violence, a priori.
Elle habite dans le nord du d�partement.
Porti�re
- �a va ? - Oui.
Je sais pas si je saurai encore faire �a...
- Tu sauras.
Dor�navant ce gosse, c'est la prunelle de tes yeux,
c'est simple. - Voil�.
Musique douce au piano
...
...
- Vous connaissez la proc�dure ?
- Oui.
...
Bonjour. - Bonjour.
...
Bips de l'�lectrocardiographe
...
- Bonjour Th�o. Je m'appelle Karine.
Je suis �ducatrice sp�cialis�e.
...
Comme tu le sais, ta maman peut pas s'occuper de toi
mais elle nous a charg�s
de veiller sur toi.
Et nous, on est l� pour �a.
Pour toi.
...
On t'accueille comme tu es.
Si ta maman maintient son choix,
des personnes prendront une d�cision pour toi.
Le c�ur acc�l�re.
Tu auras des parents d'adoption pour la vie.
...
Si elle se r�tracte,
on l'accueillera
et on l'aidera � te retrouver
et � s'occuper de toi.
...
En attendant, tu vas aller faire une �tape chez Jean.
Il va prendre soin de toi.
...
- Je peux... - Bien s�r.
- Vous pouvez...
...
Bonjour Th�o.
Je peux ? - (Bien s�r.)
- (Viens l�.)
Salut mon bonhomme.
(Mais que t'es beau, toi, dis donc. Voil�, viens.)
Sonnette
- Bonjour. - Bonjour.
- Voil� le rapport que je vais transmettre � la commission d'agr�ment.
- C'est un avis favorable ?
- Je vais vous lire mon rapport.
- �a, je m'en fous ! - Attends.
- Je veux savoir si vous avez �mis un avis favorable ou non.
- J'ai exprim� des r�serves.
- Tu vois !
- J'ai �mis un avis d�favorable.
- C'est d�gueulasse.
- J'aimerais vous dire pourquoi. Notre psychologue et moi pensons
que vous n'�tes pas pr�ts pour l'adoption.
- Rien � battre de ton rapport de merde et de ton autorisation.
On veut un gosse, personne nous en emp�chera.
- Oui, je sais.
J'ai essay� de vous faire comprendre,
mais vous ne voulez pas comprendre.
Cet enfant ne serait pas
le m�me que celui que vous auriez eu biologiquement.
C'est plus complexe.
Vous n'�tes pas pr�ts � g�rer �a.
- On est pr�ts ! - C'est juste que...
On a tellement d'amour � donner.
- Je sais. Je comprends
votre douleur, mais il n'est pas seulement question d'amour.
- L'�coute pas. Elle sait rien. Elle nous conna�t pas.
- Je ne pr�tends pas vous conna�tre.
Mon avis n'est pas toujours suivi par la commission.
Je dois �valuer votre aptitude � devenir parents "adoptifs",
pas parents tout court. Je dois limiter les risques pour l'enfant.
- Bon, partez. Maintenant. Allez.
S'il vous pla�t.
- Mon travail c'est pas de trouver un enfant � des parents qui souffrent,
mais de trouver les meilleurs parents possibles � des enfants en difficult�.
Th�o pleure doucement.
- Tiens, mon grand. C'est bient�t fini, t'inqui�te pas.
- Je vais le piquer.
La t�tine, s'il y a besoin. - (Voil�, voil�. Comme �a.)
- Allez,
on est pr�ts. - Voil�.
... - Parfait.
C'est piqu�.
Le pire est fait. - Bien, t'es courageux !
(Regarde.)
Th�o, je reste pas cette nuit. Je reviens demain matin.
J'y vais. - OK.
- Je reviens vers 7 h. Vous serez l� ?
- Non, je travaille pas demain.
- OK. Vous le laissez pas trop longtemps tout seul ?
- Non, on va le prendre avec nous. - Merci.
Brouhaha l�ger
...
- Oh !
Salut !
Comment �a va ?
On m'a dit que tu t'appelais Th�o. C'est beau.
Il crie. - Bonjour.
- Bonjour. - �a va ?
- Oui.
- �a a �t� cette nuit ? - Je sais pas, je travaille en mater.
- Ah d'accord.
Bonjour Th�o.
Bonjour mon grand. Comment �a va ?
T'as pass� une bonne nuit ? Dis-moi tout.
- Vous �tes qui ?
- L'assistant familial.
- C'est pas vous qui serez l� cette nuit, alors ne le prenez pas
dans vos bras. - Pardon ?
En fait, je suis l� pour �a, moi.
Ses bras, pour l'instant, c'est moi. Il a mang� � quelle heure ?
- Bon bah... au revoir. Bonne journ�e.
- Pareillement. - Au revoir Th�o.
Il a mang� � quelle heure ? - 5 h 30.
- Laissez-nous, je vais lui donner le bain.
Quelle conne. Elle t'a fait pleurer cette grosse conne.
Chocolat chaud, bof. Soupe, ah non, m�me pas en r�ve.
Cappuccino, tiens. T'en penses quoi ? On se lance ?
�a va �tre tout pourri, c'est toujours pourri.
Faut continuer
� bien boire pour prendre du poids pour quitter la maternit�,
comme �a, je te ram�ne � la maison.
Toute la famille t'attend. Ils ont h�te de te rencontrer.
Je vais te pr�senter ma femme, une bombe, ma fille, une bombe aussi.
On a une grande maison pas du tout humide.
Y a un grand jardin o� il y a un potager o� poussent plein de trucs.
Et y a des lapins sympas mais relous car ils mangent les plantations.
Babillage
Cri
- (Putain.)
(Oh putain !)
Elle frappe. - Fabien !
... Fabien !
- Merci ! - Merci.
- Putain, Fabien ! - Quoi ?
- Ton python est dans mon salon ! - Oh merde.
- Bonjour. - Bonjour.
Pourquoi il fait �a ? - Non !
Toi, pourquoi tu le sors de son bocal ?
- Pour qu'il respire.
- Va chercher ton truc sinon je le bute avec un marteau.
- Attends, faut que je me fasse remplacer.
- J'en ai rien � foutre ! - Euh...
Sylvie ! - D�p�che, l�.
Musique douce au piano
...
- Mme Langlois Alice est n�e le 22 mai 1975.
Elle a v�cu son enfance au Mans.
Madame se revoit comme une enfant calme et r�serv�e
qui aimait r�vasser et lire des BD.
Elle poursuit une scolarit� moyenne
sans projet d'orientation professionnelle particuli�re.
...
Elle �tudie pendant un an les arts plastiques, puis change de voie.
Elle obtient un dipl�me de comptable et se lance dans la vie active.
Madame est la cadette d'une fratrie de 3 enfants.
Elle entretient des rapports complices et solidaires
avec cette fratrie et ses neveux et ni�ces.
Elle est aussi la marraine de l'enfant de sa meilleure amie.
Son p�re �tait m�decin.
Il travaille avec sa fille dans le milieu du handicap.
Ils ont de bons rapports, empreints d'affection et de pudeur.
Elle d�crit sa m�re comme timide et aust�re
avec qui la communication n'est pas ais�e.
Madame se pr�sente comme enti�re, tol�rante et spontan�e.
Ses proches la d�crivent comme sensible, ouverte aux autres et int�gre.
...
Elle souhaite accueillir un enfant de 0 � 2 ans,
quels que soient son origine ou son type ethnique.
...
- Je m'appelle Lydie Magre.
Je suis assistante sociale pour le service adoption depuis 6 ans.
Je dois faire un rapport d'�valuation sur vous et votre projet.
Cette �valuation prendra la forme de 4 � 5 entretiens
sur 9 mois.
Alors je r�digerai un rapport destin� � la commission d'agr�ment
qui d�cidera de vous accorder ou non
un agr�ment pour une candidature � l'adoption.
Je ne suis pas l� pour vous juger, vous pi�ger
ou mener une enqu�te. Je vous accompagne.
D'accord ?
- D'ACCORD.
- Je prends des notes car j'ai une m�moire de poisson rouge.
Vous �tes all�s � la r�union d'information ?
- Absolument. - Oui.
- C'�tait Jo�l. Qu'en avez-vous retenu ?
- Eh bien...
Qu'on devait se marier.
On se marie le mois prochain.
- (D'accord.)
- Et finalement, je suis tr�s contente qu'on se marie.
- Et sur l'adoption
internationale, vous vous �tes renseign�s
sur le site du gouvernement ?
- Pas encore, mais on va le faire.
- C'est important que vous connaissiez le cadre de votre projet.
C'est un parcours long et laborieux qui n'aboutit pas toujours.
- On sait
que c'est dur, mais on a notre chance, comme tout le monde.
- Qu'est-ce qui
vous a amen�s � l'adoption ? - Vas-y.
- En fait, �a fait 3 ans, m�me 4 ans,
qu'on essaie de faire un b�b�.
On a essay� naturellement. L�, on a d�couvert
qu'on avait un probl�me de f�condit�. - Moi !
C'est moi qui... - C'est nous.
C'est notre probl�me, y a pas de responsable.
� partir de l�, on s'est lanc�s
dans un parcours de PMA.
On a fait plusieurs FIV, sans succ�s.
Et � la 5e, on s'est arr�t�s. - D'accord.
Qui a parl� d'adoption ?
- C'est toi, non ? - Oui, je crois.
- Moi, �a m'a pris du temps avant de pouvoir l'envisager.
Disons que �a a pas �t� �vident tout de suite...
de r�aliser...
Enfin, d'accepter que j'aurai jamais d'enfant � moi.
Enfin biologique. - C'est normal.
- Mais apr�s c'est plut�t moi qui ai relanc� l'id�e
et fait les d�marches et... - Et vous, monsieur ?
�a a pas �t� trop dur de renoncer
� l'enfant biologique ? - Non.
Je prends ce que la vie me donne ou me donne pas et j'avance,
sans trop me poser de questions. - St�phane est fort.
Si, il est plus... Moi, j'ai eu besoin de me faire aider,
j'ai vu un psy. - D'accord.
- C'est peut-�tre pas la peine de le mettre dans votre rapport.
Maintenant, �a va super.
- Un bon candidat � l'adoption, c'est pas quelqu'un qui n'a pas souffert.
C'est pas quelqu'un qui a une vie lisse ou plate, sans probl�mes.
�a n'existe pas.
On a tous des champs de mines et des champs de fleurs.
Ce qu'on veut savoir, c'est si vous avez r�ussi � d�miner votre champ.
L'adoption, c'est pas seulement la rencontre de 3 personnes,
c'est la rencontre de 3 histoires.
Vous devez dig�rer votre histoire,
comme vous devrez dig�rer celle de votre enfant,
puis aider votre enfant � dig�rer la sienne.
�tre en capacit� de demander de l'aide,
c'est tr�s important.
De se poser des questions.
Que pensez-vous des femmes qui remettent leurs b�b�s
� l'adoption ?
Elle h�site.
- (Je sais pas.) - "Puis-je aimer un enfant
"qui n'est pas issu de moi ?"
Vous vous projetez dans ce qu'il a pu vivre ?
L'abandon, les maltraitances, le d�racinement,
les ruptures, l'absence de lien affectif.
Comment le rendre heureux alors qu'il ne conna�t pas le bonheur ?
Comment allez-vous communiquer s'il ne parle pas votre langue ?
Tout ce qu'il dit, vous comprenez pas. Comment faire ?
Si votre enfant subit le racisme, comment l'accompagner ?
"Pourquoi j'ai �t� abandonn� ?"
"Mes parents sont vivants ?" �a existe plus les orphelins.
"�a t'a co�t� combien de m'avoir ?"
"Pourquoi t'a pas donn� de l'argent � ma m�re ? T'en as."
"T'es pas mon p�re, t'es pas ma m�re, t'es rien."
Comment vous r�pondez � tout �a ?
- Je sais pas.
Coups
- C'est quoi ? - Quelqu'un
veut entrer vous voir.
- Fais entrer.
- Tu causes trop, imb�cile.
- Si Nikola� Mikha�lovitch
vous devait de l'argent, je vous le rendrai,
mais aujourd'hui je n'en ai pas.
- Vous ne pouvez pas me payer ? Parfait, nous prenons note !
Et on veut que je garde mon sang-froid ! Comment n'�tre pas
en col�re ?
- La m�re est �tudiante.
A priori, il n'y a pas eu de violence pendant la grossesse.
Elle habite le nord du d�partement.
Il y a pas d'ant�c�dents de sant� connus sauf un peu d'asthme.
- Et mis � part un souffle au c�ur b�nin
qui n�cessitera une surveillance r�guli�re,
il est en parfaite sant�.
Mais il bascule de fait dans la cat�gorie
des "enfants � besoins sp�cifiques".
Le conseil de famille
a donn� ses directives pour trouver des parents � Th�o.
Vous avez 2 mois pour s�lectionner 3 ou 4 dossiers correspondant
aux crit�res suivants, dans le respect
de l'ordre chronologique des d�p�ts de demandes d'agr�ment.
43 ans maximum, sans enfant,
habitant dans le sud du d�partement.
Agr��s pour accueillir un pupille de l'�tat
pouvant pr�senter un souci de sant�.
Ici, malformation cardiaque l�g�re.
J'ajoute, et je suis heureuse de vivre �a avant mon d�part � la retraite,
que pour la 1re fois, le conseil de famille a ouvert l'accueil
d'un pupille de l'�tat nourrisson aux familles monoparentales.
Th�o est n� le 26 septembre. La date du conseil de famille
sera fix�e en d�cembre. Lydie, tu seras la r�f�rente
de ce b�b�. - OK.
- C'est la chambre de ma fille Pauline.
La salle de bain des enfants
o� tu prendras ton bain.
�a, c'est notre chambre, tu vois ?
Et l�, regarde.
Tada ! �a, c'est ta chambre !
Elle te pla�t ?
- Je suis contente qu'on retravaille ensemble.
�a faisait longtemps. - Moi aussi.
J'esp�re que �a ira car je me sens un peu �teint...
Je veux pas contaminer le petit.
- T'as pas l'air �teint.
�a va sinon chez toi ? - Oui.
- Ta fille, ta femme ?
- Ma fille, super. Et...
Avec ma femme, �a se passe tr�s bien.
Et avec Jacques, �a va ? - Pas.
�a va pas du tout. - Ah bon ?
�a va aller ?
- Non, je crois pas. Je l'ai quitt�.
- Ah oui ?
Merde, carr�ment ?
Elle rit.
T'as rencontr� quelqu'un ou... ? - Non, m�me pas.
- Merde !
Et tes gosses ? - Ils sont d�faits. C'est la merde.
Rires
- Ses mains sont minus. - Minus, oui.
Porte
- Salut mon chat. - Salut.
- �a va bijou ?
- Yes !
H� ! Salut Th�o !
T'es trop classe ! Je suis contente que tu sois l�.
- Alors mon bonhomme. T'es r�veill� ?
Il faut m'appeler.
T'as pas faim ?
(Viens mon chat.)
Viens l� mon b�b�. Oh l� l� l� l�.
T'as faim ? T'as faim ?
- Bah non !
C'est mon dernier !
Vas-y, c'est pas grave.
Voil� maman.
Bonjour.
- Bonjour.
Donne la main � maman. � dans 1 heure.
- Non ! �a se passe pas comme �a, je vous l'ai d�j� dit.
On va profiter du parc, il pleut plus.
On y va, hein ?
- Je peux pas la laisser seule avec sa gosse.
Elle est trop impr�visible. Quand sa m�re arrive,
la petite me confie son doudou.
Et je la comprends. Tu l'as vue, Christian ?
T'aurais pas peur pour ton doudou ?
- Si, carr�ment.
- On demande une expertise psychiatrique. - Oui.
On peut pas travailler avec elle.
Il faut suspendre les visites, elle fait trop de d�g�ts.
- OK.
Et le pupille ?
- �a va.
Il s'adapte bien.
- (Il est mignon.)
- Il dort beaucoup. Il est tr�s calme.
Un peu trop peut-�tre. Il est pas tr�s tonique pour le moment.
- Y avait quelque chose dans son bilan m�dical ?
- Non.
- T'es s�re du type ? - 100 %. Jean est nickel.
Rien d'alarmant. Faut juste voir comment il continue
� s'�veiller.
*Gr�sillement
*...
- Bon bah, �a va.
Il prend bien ses biberons ? - Oui.
Quand je le r�veille. Il r�clame pas, en fait.
- Jamais ? - De temps en temps.
- Pas assez.
�a ira, n'h�site pas � lui parler. - J'arr�te pas !
- Je sais. - Je vais pas le so�ler non plus.
- Continue, c'est tr�s bien. - �a, j'en sais rien.
- Jean, c'est pas de ta faute.
En journ�e, tu le prends avec vous,
toujours une bonne accroche de regard,
toujours avec toi dans ton odeur. - Oui.
- L�che pas, faut juste l'aider un peu.
Je passerai tous les jours.
- C'est super si t'as le temps de le dire.
- Normalement oui.
- Apr�s, c'est trop long. - J'ai le temps aussi.
- C'est compliqu�. Tu me d�cris
ces costumes, moi je vois rien.
"Il porte un gilet marron �lim� en laine tricot point de riz.
"Elle est envelopp�e dans un ch�le noir
"de dentelle au fuseau ajour� comme son carr� de deuil."
Franchement !
- Je vais pas juste mettre "ch�le, jupe, pantalon".
- Bah si. - Non, c'est nul.
Ils aiment aussi les jolis costumes, ils sont comme nous.
- Oui mais simplifie quand m�me.
C'est bien !
C'est bien, ma fille.
C'est nouveau, �a.
- C'est mon voisin pour se faire
pardonner. Il a failli me faire crever.
- Il a quoi ?
- Non, rien.
J'ai un truc � te donner pour l'anniversaire de Blanche.
Tiens.
- Tu viens pas ? - Bah non.
J'ai du boulot ce week-end,
et la copine de Romain serait enceinte.
L�, c'est le pompon. D�j� qu'elle me so�lait avant !
- Je l'aime bien.
- Non, elle est conne, papa. On va pas se mentir.
Elle h�site.
Je prendrai les enfants la semaine prochaine.
Dis bonjour � tout le monde.
Je suis toujours salari�e dans la bo�te de St�phane.
Il me laisse du temps pour trouver un autre truc, donc �a va.
Et puis ma famille m'aide aussi.
J'ai emm�nag�
dans un 3 pi�ces � Quimper plut�t joli. - Vous vous �tes renseign�e
sur les pays ouverts aux familles monoparentales ?
- Bien s�r.
�a r�duit le champ des possibles, c'est s�r.
Mais bon, j'aurai moins de dossiers � remplir.
Et...
j'aimerais faire une demande d'agr�ment
pour un enfant � particularit�s.
Un enfant plus grand. Je sais que j'aurai jamais de b�b�.
Je vivrai pas �a, les nourrissons. C'est comme �a.
C'est pas pour moi.
Mais...
C'est dommage parce que...
Y a un an, on �tait bien partis pour avoir
un apparentement en Colombie.
Si on s'�tait pas quitt�s, aujourd'hui on aurait peut-�tre un petit.
Elle pleure.
Je suis d�sol�e.
- On va attendre avant de lancer une nouvelle demande.
- Quoi ? Ah non.
Je suis pr�te, moi.
C'est comme avant sauf que je suis toute seule.
- Donc c'est plus comme avant.
- J'ai pas le temps. D�j� que c'est reparti pour 9 mois.
- Un divorce, c'est un carnage, �a laisse des traces partout.
Prenez le temps de vous remettre, de vous projeter en m�re seule.
- Je l'ai d�j� fait �a !
J'ai beaucoup r�fl�chi et je suis remise l�.
- Allez.
On se revoit dans quelques mois.
- Me faites pas �a.
- Alice, il faut une nouvelle dynamique.
Vous y arriverez, je vous fais confiance.
Musique douce
...
...
- Alors, ces tests ?
- Quoi ? - Vous avez pass� les tests ?
- Ouais.
- Et alors ?
- Tout va bien, il entend tr�s bien.
- Je suis juste pass� prendre des papiers.
Ils sont o� les enfants ?
- Ils d�nent chez mam�.
On fait l'amour ?
- Comment ?
- Comme tu veux. Dans le salon. Ou l�-haut.
On a le temps, je crois.
- Tu te fous de ma gueule ? Tu me quittes,
tu d�truis tout et tu veux faire l'amour ?
- On se met quel pyjama aujourd'hui ?
Celui-l� ?
Trop relou celui-l�.
Voil� !
On l'aime bien, hein ? Tu vas �tre beau comme un camion.
Th�o, regarde-moi, mon grand.
Porte lointaine
(Regarde-moi.) - Jean ?
- Je suis en haut.
Pourquoi tu me regardes pas ? - Salut les plus beaux.
- �a va ?
- Bonjour Th�o.
La porte claque.
- Il a pas boug�.
- Allez Th�o.
OK.
Allez tu grimpes, tu grimpes,
tu grimpes, tu grimpes, tu grimpes.
Il soupire.
Bravo.
Tonus faible.
Tu le prendras, tu verras, Ma�lle. Il est un peu d�lit�.
On dirait une poup�e de chiffon.
Il accroche pas.
Tu vois ? Il accroche pas.
Tu vois ? Elle acquiesce.
Elle soupire.
- Merci, Jean. - Je t'en prie.
Quoi ? Tu vois pas ? Observe !
- Mais je le regarde... mais je vois rien.
- Observer un b�b�, c'est pas le regarder, c'est ressentir.
- �a m'int�resse pas trop les b�b�s, en fait.
- Tu sors.
Va m'attendre dans la voiture. T'es en stage, pas en vacances.
Portable
- Oh !
...
All� ?
- Bonjour, c'est Isabelle du PFPE.
*-Oui. - Je suis avec Karine
la r�f�rente de Th�o et Sophie, notre psy.
On est un peu inqui�tes. - Tr�s !
- Diff�rentes observations crois�es sur le b�b�
nous font penser que Th�o d�veloppe peut-�tre
des troubles relationnels. - � 3 semaines, il s'�veille pas vraiment.
On dirait qu'il est en veille, comme une t�l�.
C'est pr�occupant et �a nous interpelle
car il n'y a aucune corr�lation entre son comportement
et ce que vous avez dit
*de sa m�re biologique. D'habitude, y en a.
*Vous �tes rest�e en contact avec elle ? - Non.
*-Vous �tes s�re que la grossesse
*s'est bien pass�e ? Pas de violence ?
- Non j'en suis pas s�re.
Je ne suis pas de la police.
Elle m'a dit ce qu'elle voulait bien me dire.
*C'est son droit. Je n'ai pas � vous en dire plus.
- On vous appelle pas pour cancaner sur cette femme.
- On travaille pour ce b�b�, et il ne va pas bien.
*-Je suis d�sol�e pour ce b�b�,
mais je n'ai rien � dire de plus.
*Elle a mis du temps � r�aliser qu'elle �tait enceinte
*et que �a ne passerait pas par magie.
*Mais apr�s, elle a r�ussi � investir sa grossesse et son b�b�.
*Elle lui a dit au revoir. Elle lui a m�me laiss� une lettre.
- Y a quoi dedans ?
*-Non mais
vous r�alisez ce que vous me demandez ?
- Y a peut-�tre une info qui aiderait le petit ?
*-D�sol�e, mais je ne vous livrerai pas le contenu de cette lettre.
Il n'y a pas de r�v�lation dedans qui puisse aider ce b�b�.
M�me s'il y en avait, je n'ai pas le droit de vous la donner.
Vous croyez � ce que vous faites,
et bah moi aussi. *-Mathilde, aidez-nous.
Dans ces quelques heures pass�es avec elle,
avez-vous ressenti une ambivalence forte ou latente
dans la relation de cette m�re � son b�b� ?
- Vous croyez qu'on accouche
et qu'on repart avec le ventre vide et un c�ur l�ger ?
*-Non. - Excusez-moi, j'ai � faire.
*-Attendez.
Les b�b�s ressentent les ambivalences et c'est dur � supporter.
Ils sont pas assez matures.
- C'est facile quand c'est un b�b� de dire n'importe quoi.
- Th�o a ressenti du stress, du rejet, de la violence peut-�tre !
Quelqu'un doit mettre des mots dessus
sinon le b�b� va gal�rer
et on n'a pas le droit de se planter ! Et on ne se plantera pas.
- Sinon, c'est vraiment la merde ici ! Ados pourris,
parents merdiques...
- Ce b�b� n'ira pas en adoption tant qu'il n'aura pas �prouv�
la rassurance d'un lien avec son assistant familial.
- Pour �a, quelqu'un doit assumer pour ce b�b� l'histoire de sa vie.
- Si sa m�re ne l'a pas fait,
*quelqu'un doit le faire ! *-Il doit y avoir un relais.
*-Vous l'avez fait, vous ?
*Vous non plus, vous ne pouvez pas vous planter.
- Que voulez-vous que je fasse ?
*-J'en sais rien, d�merdez-vous !
- Bonjour.
Je suis Mathilde Fran�ois, la recueillante.
- Ah oui, bonjour. - On s'est vues y a presque un mois.
- Oui, le petit pupille. - Exactement.
La nuit de l'accouchement, la maman est venue voir son b�b�.
- Peut-�tre mais j'�tais pas l�.
C'est pas moi qui �tais de garde. �lodie ?
- Oui.
Bonjour. - Bonjour.
- Tu te souviens que la m�re du pupille
est revenue le voir la nuit apr�s l'accouchement ?
- Oui, oui. Elle venait lui dire au revoir.
- Et alors ? - Rien.
Je les ai laiss�s.
Elle est rest�e
10 minutes et elle est partie.
- Je voulais m'assurer
qu'elle lui avait dit au revoir.
- Oui. - Voil�.
- Th�o va bien ?
- Oui. Enfin non, peut-�tre pas.
Merci. Au revoir.
- Attendez !
Attendez.
Elle est venue lui dire au revoir mais elle a rien dit.
- Comment le savez-vous ?
- Je suis rest�e derri�re la porte pour �couter.
Elle a pas dit un mot. Rien. - Oh.
Merci.
- Th�o,
je t'ai vu � la maternit�, mais tu dormais.
J'ai vu ta maman aussi.
Elle n'a pas pu te parler, mais elle le voulait.
Je veux te dire que ta maman t'a remis � l'adoption
pour que tu sois heureux,
Elle a voulu le mieux pour toi. Elle t'a trouv� beau.
Elle voulait savoir comment tu allais.
Ta maman t'a �crit une lettre que tu liras peut-�tre un jour.
Elle t'a �crit qu'elle avait eu de bons parents
et qu'elle voulait que tu en aies aussi.
Qu'elle savait que pour toi, elle ne serait pas une bonne m�re.
Et que c'�tait dur.
Qu'elle esp�rait l'�tre un jour
et que ses enfants seraient fiers d'elle, y compris toi.
Elle t'a �crit qu'elle esp�rait que tu pouvais comprendre.
Qu'elle ne connaissait pas bien ton papa mais qu'il avait
un beau sourire.
Et que, comme elle, il adorait la musique.
- Si �a se trouve, elle lui dit des horreurs ?
Si elle le traumatise, on fait quoi ?
- On la fout dans le canal.
- OK.
Elles me rendent dingue tes fesses.
Elle rit.
Attends, attends.
Il a pas pleur� ? - Non.
Non. T'arr�te pas.
Th�o pleure.
...
... - �a va, mon grand ?
Besoin d'un truc ?
...
Allez, viens l�, viens. T'as faim ? T'as faim, hein ?
T'as soif ? Oh oui.
...
Il pleure. Je vais te faire un biberon, bah oui.
Brouhaha
...
...
*-Bonsoir.
*Je m'appelle Alice, je vais vous accompagner
*pendant cette pi�ce de Tchekhov.
*J'esp�re que cette mise en sc�ne vous plaira. Nous sommes
*chez Mme Popova.
*Elle porte une nuisette rose p�le transparente,
*un ch�le noir de dentelle et des mitaines en r�sille.
*Louka, son serviteur, est affubl� d'un long gilet marron,
*en laine tricot point de riz.
*Noir dans la salle.
*Mme Popova, assise sur son lit, boit de la vodka au goulot.
Coup
*Ils tendent l'oreille vers le bruit. Elle fait rouler la bouteille au sol.
- �il pour �il, dent pour dent,
nous nous battrons en duel.
- Un duel ? *-Elle retire sa ceinture,
*�te sa nuisette et enfile une chemise.
- Je vais la tirer...
Rires
Comme un poulet !
*-Smirnov se colle dans son dos.
- Il faut tenir l'arme comme cela.
*-Ils �changent un regard. - Quelle femme �tonnante.
Rires
Tir
*-Elle tire en l'air, un poulet tombe.
Rires
...
- On boit tous les soirs.
- C'est sur le contrat. - Je le relirai.
- Y a un super petit bar pas loin.
- 3 nuits que je dors pas.
- J'ai soif, allez.
- Vous venez ?
- Oui, d'accord. - Ouais ?
- Je suis trop mort. � demain.
- Ciao. - Le l�che, il nous abandonne.
- C'est comme quand on entend un couple qui parle derri�re une cloison.
On entend tout mais on voit rien, et tout � coup, silence.
Que font-ils ? Nous, on est l� pour raconter ce qui se passe.
- C'est int�ressant. - Tr�s !
�a me pla�t beaucoup.
Et vous, c'est pour quand ?
- N'importe quand. Le mois prochain normalement.
- C'est votre 2e ? - 3e !
Non,
apr�s j'arr�te. J'avais d�j� dit �a la derni�re fois.
- Si vous en avez de trop, n'h�sitez pas.
- Ce nouveau travail
change des choses par rapport � l'adoption ?
- Un peu.
Disons que j'ai une vie moins stable.
Mais comme j'ai perdu ma m�re,
j'ai touch� un h�ritage et du coup j'ai ouvert
un compte �pargne-temps
qui m'octroie un plus long cong� � l'arriv�e de l'enfant.
Et je voudrais faire un changement de notice
et ouvrir mon projet � des enfants � besoins sp�cifiques.
Je pense que je serai capable de g�rer certains handicaps ou maladies.
Pas toutes mais... - Non, pas toutes,
il faudrait y �tre pr�par�e. - Oui,
je sais. J'ai commenc� �...
� faire un tri...
avec mon m�decin.
Elle fredonne.
...
Portable
Pleurs
...
...
- Et ben alors ?
...
Wa-wa-wa.
...
Mais dis donc.
T'es rigolo, il est tard, il faut dormir.
Ch�ri, ch�ri, ch�ri... Tiens, prends la t�tine.
Tiens la t�tine un peu, la t�tine.
...
On s'en fout de la t�tine.
... Tu peux pas manger toute la nuit.
... Viens, on dort.
(Je suis tellement d'accord avec toi.)
C'est bien de dormir aussi.
...
- J'aurais envie de dire vert.
Mais c'est pas vert. C'est bleu.
- OUAIS !
Applaudissements
- Qui me le donne ? - Mia.
- OK.
J'ai pas envie de me planter. Je dirais vert.
- Bravo ! - Elle est forte !
- Un autre ?
Brouhaha
...
Un seul, un seul ! - � Feddi.
� Feddi.
- Attention ! Je pense que je suis tr�s tr�s forte parce que
c'est un jaune ! Bien s�r ! Mais bien s�r !
Hou ! - On applaudit !
- Ouais !
Cris joyeux
- J'en ai au moins devin� 14 !
- Elle est forte. - Bravo les enfants.
- �a va ?
- Et toi ? - Oui.
- Y a les Piriou.
Le petit serait bien
chez eux, je pense. - Euh...
Si je peux dire un truc, Th�o a eu un d�but pas tr�s simple.
Il a besoin de beaucoup de portage, d'endurance,
de disponibilit� et de souplesse aussi. Mme Piriou est extra,
mais elle est rigide.
Si les siestes ou les repas
sont pas fix�s au bout de 2 mois, elle va flipper.
- Mais non. - Si.
En plus elle peut se mettre en disponibilit� que 10 semaines.
- C'est trop peu.
Il faut �tre capable d'assumer un petit
qui a du retard � l'allumage. - Je crois que j'ai la personne idoine.
Alice Langlois.
Elle correspond aux crit�res fix�s par le conseil de famille.
Premi�re demande d'agr�ment il y a 8 ans.
Elle est ouverte aux enfants � besoins sp�cifiques.
Elle est issue d'une grande famille, vivante.
Elle peut se mettre en longue disponibilit�.
Elle travaille dans le milieu du handicap.
Elle a 41 ans, elle est c�libataire.
- Oui !
C'est ouvert aux familles monoparentales mais on n'est pas oblig�s
de pr�senter une c�libataire.
- Je me sens pas oblig�e. Je pense que c'est la bonne personne.
Si t'es pas contente, t'as qu'� changer la loi.
La Place de la R�publique est � 4 minutes.
- Je n'ai pas de probl�me avec la monoparentalit�,
mais je pourrais pas dire
qu'elle est la bonne personne.
- Toi, tu l'as vue sans la voir. T'as b�cl� ton boulot.
Si tu l'avais �cout�e
un peu plus... Mais non, t'�coutes pas, tu parles.
Et ils comprennent rien
� ce que tu leur dis, les gens ! Ils ont pas un dico psy int�gr�.
- Toi, tu ne comprends pas et pourtant je vulgarise un max,
tu sais ?
- Du calme ! Du calme. - J'ai un profil atypique
aujourd'hui, ce sont les Gautier.
Ils sont modestes, simples.
Ils ont la t�te bien faite.
Ils ont renonc� � l'adoption internationale � cause du fric.
Mais ils sont tr�s bien.
Ils sont pr�ts et je pense que leur tour est venu.
- Ils sont int�ressants.
Ils se sont pas trop boug� depuis leur 2e agr�ment...
- �videmment puisqu'ils ont renonc� � l'adoption internationale !
C'est toi qui �coutes pas. - Bon.
J'ai pens� � M. et Mme Le Garrec.
- Tu les as vus r�cemment ?
Moi, je les ai vus
le mois dernier et c'est terrible mais...
Je crois que c'est trop tard pour eux. Ils sont cram�s.
10 ans d'attente,
je les ai trouv�s fatigu�s, amers. Ils ont laiss� trop
de plumes sur le chemin.
Y a un risque que �a se passe mal.
- Alors c'est niet.
- Je pense que Mme Langlois est id�ale.
Je sais pas comment vous dire.
Elle pense bien, voil�.
Elle a toujours mis son projet � jour, elle a su rebondir.
Son d�sir d'enfant est vivant.
Au lieu de s'ab�mer, elle s'est enrichie. Elle a mis � profit
ce parcours de combattant de merde pour devenir quelqu'un de meilleur.
Elle est pr�te, je le sais.
- Qu'est-ce que tu sais ? Rien.
- Bien s�r, on travaille tous avec notre subjectivit�,
me fais pas chier.
Moi,
je vous dis qu'il aura de la chance d'�tre avec elle ce b�b�.
C'est tout.
- On vous a demand� de venir
car que le conseil de famille a d�cid� de vous confier un enfant.
C'est un gar�on. Il est n� � Brest le 26 septembre dernier.
- Mais c'est... c'est incroyable.
- Oui, c'est...
Vous pouvez r�fl�chir, bien s�r, avant de donner votre r�ponse.
- Oui mais... je crois qu'on pourra pas.
- Non.
Je suis enceinte en fait.
- F�licitations ! C'est magnifique !
C'est magnifique. - On voulait �tre s�rs avant de le dire.
L� �a fait plus de 3 mois et �a va, alors...
Deux petits d'un coup, �a ferait beaucoup.
- Oui !
- Eh oui. - Ouais.
Coups de marteau
...
...
- Bonjour Mme Langlois. - Bonjour.
- Entrez.
- Mme Magre ! Je vais avoir un b�b� !
- Oui, je sais. Je suis tellement contente pour vous.
- Merci ! Merci mille fois !
Mais comment vous avez fait ? - J'ai rien fait !
C'est votre dossier qui a parl� pour vous, votre parcours, vous.
- Elle s'occupe pas de la bouffe ? - Non.
- Les lessives ? - Oui, mais c'est tr�s rare.
�a me va. J'aime pas qu'elle tra�ne dans la cuisine.
J'aime qu'apr�s le boulot, elle se mette � l'aise,
qu'elle se sente bien, qu'elle zone sur le canap� avec Pauline.
Ma femme s'�clate pas dans son travail.
Quand elle rentre, je veux qu'elle soit heureuse.
- Attends ! - Quoi ?
- Tu fais expr�s ?
- Je fais expr�s de quoi ? - De dire des trucs comme �a.
Tu penses qu'il se passe quoi quand tu dis des trucs comme �a ?
Tu me plais, tu le sais. Tu sais que tu peux avoir tout de moi.
Mon c�ur, mon lit, tout.
Tu savais pas ? Maintenant, tu le sais !
T'es oblig� d'en rajouter ? "C'est bien la vie avec moi."
Je fais quoi ? Je tue ta femme ?
- Tu veux qu'on arr�te de se voir, de travailler ensemble ?
- Pas du tout ! Tu sauves mon ann�e, l�.
Je peux la tuer, remarque, si c'est que �a.
Mais apr�s,
tu vas �tre triste, ta fille aussi.
Putain, tu me fais chier !
J'ai pas le temps de me balader.
Et je vais pas toujours annuler mes rendez-vous
pour passer du temps avec toi !
Et j'aime aussi cuisiner pour ceux que j'aime,
donc �a marcherait pas entre nous !
L'assistant familial
est � votre disposition.
Il vous guidera sur tout.
Faudra venir tous les jours.
Il faut plus de trous dans la mise en relation.
- Oui. Je me suis organis�e.
J'ai encore 2 repr�sentations � assurer, mais le soir, et apr�s c'est bon.
- Demain, vous allez rencontrer votre enfant.
- Oui.
C'est �a.
- Vous lui direz vous-m�me le pr�nom que vous avez choisi.
- J'ai r�fl�chi et je suis emb�t�e : il en a d�j� un,
c'est bizarre de changer.
- C'est pas bizarre. C'est votre droit, comme toutes les m�res,
de nommer votre enfant. C'est m�me important pour vous.
Pour lui. Et il s'y fera tr�s bien.
Il fait noir, non ?
Vous �tes stress�e ?
Vous imaginez comment �a va se passer demain.
Demain, c'est probablement autre chose qui se passera.
C'est impossible de pr�voir sa r�action
� l'importance de ce moment ou en recevant votre �motion.
Et vous, vous ne ressentirez
peut-�tre pas ce que vous pensiez ressentir.
Peut-�tre que vous ne serez pas frapp�e par la gr�ce de l'instinct maternel.
- Peut-�tre que je vais le trouver moche. - Oui, peut-�tre !
- Ou il va me trouver moche. - Peut-�tre.
On est l� pour vous soutenir.
Pas pour �valuer si vous �tes une bonne maman.
Vous �tes la maman de Th�o.
- Oui.
- �a va ? - Tr�s bien.
�a vous d�range si je m'allonge par terre ?
- Y a pas de souci. Peut-�tre que c'est pas propre.
- C'est pas grave.
Elle souffle.
�a va super. Je me sens carr�ment pr�te.
J'ai l'estomac un peu fragile en ce moment, c'est p�nible.
- �a, l'estomac !
Bonjour. - �a va ?
Ah oui, j'avais oubli� que �a se passait ici. C'est naze !
On peut pas trouver un endroit � la hauteur du truc ?
C'est moche.
- C'est moche mais neutre.
- �a y est, tu vas rencontrer ta maman.
Ta m�re.
T'inqui�te pas. �a va bien se passer.
T'es un super mec.
- On y va ? - Oui.
Bonjour. - Bonjour.
- Vous pouvez vous placer en face de Th�o.
- Th�o, voici Mme Langlois.
Alice, ta maman adoptive.
Vous pouvez lui dire un mot.
N'h�sitez pas.
- (Bonjour.)
Elle toussote.
Bonjour.
- Tu connais pas encore ta maman,
mais vous allez faire connaissance en prenant le temps qu'il faudra.
- Tu peux regarder ta maman, mon bonhomme.
Il gazouille.
...
...
- On va te laisser un peu avec ta maman.
...
Porte
- �a va bien se passer.
Elle rit.
Il gazouille.
...
- (Je suis...)
(Je...)
Je suis si heureuse de te rencontrer.
...
...
Et tr�s �mue.
J'ai peur de te dire des b�tises.
...
Tu es formidable.
Tu me plais beaucoup.
On va apprendre � se conna�tre.
- Elle a l'air bien. - Oui.
- J'ai choisi un pr�nom.
Il va bien t'aller, je crois.
Choc Il gazouille.
- J'ai d�cid� de t'appeler Mathieu.
...
Qu'est-ce que t'es beau !
Gazouillis rieur
...
Musique calme
...
- Alice, tu veux boire un truc ? Caf�, th�, jus ?
- Oui, un th� ou un jus.
Je veux bien, merci.
- Un th� ou un jus ?
- Oui. Th�o gazouille.
Je t'am�ne les deux. Et je te tutoie. Karine ?
- Pareil, les 2.
...
- Vous pouvez le prendre dans vos bras.
- Oui ?
...
- Super.
- N'h�site pas, il est pas en sucre.
Il tient bien son cou. Si �a va pas, il te le fera savoir.
L�, il a l'air bien. - Nickel.
...
- Tu vas lui donner le biberon, d'accord ?
...
- Plus contre votre flanc.
...
- Couche-le carr�ment.
Il sera mieux.
...
Exactement.
- Il est bien dans votre regard.
...
- Super.
...
- On va vous laisser dire au revoir � votre b�b� ?
- J'ai fait comme vous m'aviez dit. Je peux lui laisser ?
- Absolument. Parfait.
Il gazouille.
...
... - Je t'ai amen� un doudou.
...
Tiens.
...
*-Bonjour. Je m'appelle Alice.
*C'est moi qui vais vous accompagner le long de cette repr�sentation.
*Et je serai ravie
*de vous accompagner...
*d'�tre l� avec vous, � la fin, pour �changer.
*Bon spectacle.
Bouteille qui roule
- Ce n'est pas bien madame.
- (Merde).
- La servante et la cuisini�re sont all�es aux fraises.
*-Chers... Chers aveugles...
*Un probl�me technique
*qui va �tre "r�sou" dans...
*D�s que... Sous peu !
- Vous restez enferm�e comme une nonne.
Gr�sillement puissant
*-Pardon.
*Pardon. N'importe quoi !
- Un an que vous restez ici.
- (Alors...)
- Lui est dans la tombe, moi entre ces 4 murs, on est morts tous les deux.
- (C'est pas vrai.)
- Je n'�coute plus.
- (T'as pas une lampe)
(frontale ?)
- (Si.)
- (Tu me la pr�tes ?) - (J'en ai besoin.)
(Demande � l'accueil.)
*-Bon, on va faire comme on peut. Elena Ivanovna... Papova
*est dans son lit � baldaquin.
*Elle se l�ve, elle descend les rideaux
*et le fait rouler sur lui-m�me, le lit.
Soupir
*Plein de lumi�re.
*Un tr�s bel acteur...
*charismatique... Il d�fonce la porte. C'est Grigory
*Stepanovich Smirnov.
*Il porte un gros manteau en fourrure...
*Gros et un chapeau.
- Grigory Stepanovich Smirnov. Il y a plusieurs marques de pistolets.
Vous appuyez
sur ce petit truc...
Rires
- Comme ceci ? - Oui.
Puis vous visez.
*-Il lui caresse
*la nuque. - La t�te l�g�rement en arri�re.
*-Elle appr�cie �norm�ment.
- Les bras bien tendus.
Et que votre main ne tremble pas.
Tir
*-Elle tire en l'air, un poulet tombe du ciel.
Rires
*Ah bah non.
- Retirez-vous.
*-Ils s'embrassent.
*Et ils se serrent tr�s fort.
*C'est un long baiser. Tr�s beau. Tr�s sensuel.
*Tr�s tr�s charnel. C'est vraiment super.
*C'est tr�s bien.
- C'est pas trop chaud ? - C'est bon.
Tiens. Papa, souvent,
il l'arrose comme un r�ti.
- Alors il aime �a ? Tu aimes le bain ?
Tu aimes �a. - �a va bien ?
- �a va ! - Oui.
- �a va bien.
(Attends. Je me suis tromp�e.)
Il gazouille.
- C'est quoi, ce bordel ?
Y en a partout.
Tu sais pas donner un bain ?
D�sol� mais �a va pas le faire. Impossible.
Je rigole.
Je fais une blague ! Voil�, il est propre,
il est pas noy�, il a l'air content, c'est nickel.
Hein, c'est nickel !
H� non mais h� ! Alice ! Non !
C'�tait une blague. D�sol�, c'�tait pas dr�le, mais...
Je suis le roi des cons. Regarde-moi.
Personne te l'enl�vera ce gosse.
� part la DASS... Non, je plaisante.
Tu fais quoi ? Tu restes ?
- Non, je vais y aller.
- Reste un peu.
- � ton avis, il peut partir quand ?
- Apr�s-demain.
Il me cherche presque plus du regard. �a va vite l�.
- C'est la fin, quoi.
- C'est pas asiatique. - C'�tait comment ce soir ?
- Vous en avez pens� quoi, de l'int�rieur ?
- Bizarre. C'�tait mou, je me suis trouv� � chier.
- Oh non, je trouve pas.
- On s'est d�j� vus. Vous bossez ici ?
- Pas sp�cifiquement, je travaille dans plein de th��tres.
Je suis audio-descriptrice.
- Oui, pour les sourds !
- Non, pour les aveugles.
- Oui, bien s�r.
On va d�ner, vous venez ?
- Ah j'aurais aim� mais ce soir je peux pas, non.
- OK.
- Salut. - Salut.
- Mais est-ce que je peux vous appeler ?
- Oui.
- Dans � peu pr�s 6 mois ?
- D'accord.
- Super ! - Super.
Brouhaha
...
- J'ai l'impression que je te le prends. - Non.
J'en veux pas.
Je l'ai gard� au chaud pour toi, je suis pay� pour �a.
- Comment te dire merci encore ?
- Comme �a, c'est tr�s bien.
- Merci.
...
- Il va falloir cr�er votre bulle avec votre enfant.
Il faut lui laisser le temps de s'enraciner avec vous
dans un lien d'attachement.
Pendant quelques semaines, quelques mois,
pr�servez-vous de la famille. Les parents, les fr�res...
N'�coutez pas votre s�ur qui vous dit comment faire.
Faites ce que vous sentez, ce que vous avez envie de faire,
ce dont vous vous sentez capable.
Donnez le plus de regard, donnez tout ce que vous pouvez.
Donnez toute la nourriture possible, votre odeur, votre voix,
votre peau.
Tout pour cr�er ce lien d'attachement. Vous n'en ferez pas un b�b� capricieux.
� 3 mois, � 6 mois, un b�b� n'est pas capricieux.
- �a va ?
- (Ouais.)
C'est pas un accouchement, c'est une greffe.
Vous ne l'avez pas port�, cet enfant
mais ce que vous allez faire avec lui
est extraordinaire.
Peu de gens sont capables de le vivre.
- Je pourrai pas t'appeler,
j'en ai pas le droit, en fait.
Le petit, je le verrai pas avant longtemps mais...
Si tu veux me donner des nouvelles,
t'es pas oblig�e, mais tu peux. - Compte sur moi.
- (Allez.)
Musique l�g�re
...
...
...
... Gazouillis
...
... ...
...
... ...
...
...
...
...
...
...
...
...
Musique douce au piano
...
...
...
Sous-titrage : HIVENTY
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