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Musique douce
"Le temps s'enfuit", disons-nous,
parce que nous ne comprenons pas vraiment ce qu'est le temps.
Passent les jours, les saisons, les années, les siècles.
On est jeune, on vieillit, on meurt.
Nous sommes tous soumis au temps, mais nous ne le contrôlons pas.
En tout cas, bien moins que nous n'aimerions le croire.
Tremblements de terre, inondations, ouragans s'abattent sur nous,
mais pire que ces catastrophes naturelles,
il y a celles que nous créons:
guerres, famines, violence, terrorisme,
catastrophes nucléaires.
150 espèces disparaissent chaque jour
en conséquence de nos actions.
Bientôt, toutes sortes de plantes, d'oiseaux, de poissons, d'insectes
seront éteintes...
pour toujours.
D'ici peu, nous serons 8 milliards d'humains sur cette planète,
et plus d'un milliard auront faim.
Il y a des solutions pour les arracher à la misère.
Seulement, rien n'est fait!
Alors, comment peut-on agir?
Comment vivre, aujourd'hui?
Comment vivre en paix, les uns avec les autres,
avec notre planète?
Un homme a eu des réponses radicales à toutes ces questions.
Il a vécu ici,
dans cette petite ville italienne des montagnes d'Ombrie,
il y a 800 ans:
Saint François d'Assise.
Un révolutionnaire, non seulement pour le christianisme,
mais pour toute l'humanité.
Dans cette basilique édifiée en son honneur peu après sa mort,
on trouve un cycle de fresques aux couleurs vives
peintes par le grand Giotto,
qui racontent la vie du Saint
comme une gigantesque bande dessinée.
Cette image nous montre un moment décisif.
François prie dans une chapelle abandonnée,
cherchant désespérément un sens à sa vie.
L'idée d'hériter du commerce de son père,
un riche marchand d'Assise, le tourmente.
Soudain, il entend une voix
qui lui parle depuis le crucifix:
"François,
"va et répare ma maison.
"Elle tombe en ruine."
Musique majestueuse
"Répare ma maison."
Qu'est-ce que cela voulait dire?
S'agissait-il de réparer l'Église même?
François réalise qu'une transformation fondamentale
ne peut arriver qu'en reprenant l'Évangile à la lettre.
Il décide de vivre dans une pauvreté totale,
sans aucun bien, tout comme Jésus,
solidaire avec les pauvres, les malades, les déshérités,
pour montrer qu'il faut un changement complet d'attitude.
Lui et son ordre donneront l'exemple d'une nouvelle fraternité humaine.
Et n'est-ce pas exactement ce qu'il nous faut aujourd'hui?
Applaudissements de la foule
(en espagnol)
Bonjour à tous.
Vous êtes venus à pied,
arrivés de tous les coins de la ville.
Et ceux qui vous ont vus se demandent:
"Que font-ils?"
Nous marchons avec le Christ, pour aller à la fête du Père.
Dans cette ville, il y a des familles désunies,
des cœurs qui se sont éloignés.
Mais nous sommes frères, et je veux vous demander un geste.
Un geste qui nous fasse nous sentir frères,
mais qui soit en même temps un levain,
un ferment de fraternité, dans notre ville.
Quand nous allons nous embrasser comme des frères,
nous donnant une paix fraternelle,
nous donnerons le signe à cette ville de Buenos Aires
que mieux vaut être unis comme des frères
que d'être éloignés, en conflit, brouillés.
À présent, embrassons-nous fraternellement.
Musique douce à la guitare
Acclamation de la foule Musique solennelle
Bonsoir.
Vous savez que le conclave avait pour devoir
de donner un évêque à Rome.
Il semble que mes frères cardinaux
soient allés le chercher presque au bout du monde.
Mais nous voici. Acclamations
Oui, nous voici tous, pleins de grandes espérances
pour le premier pape du continent américain,
le premier de l'hémisphère sud, le premier jésuite,
mais avant tout:
le premier de tous les papes à choisir le nom de François.
Que faudra-t-il sinon du courage et de l'humilité
pour qu'à nouveau un vent franciscain
souffle sur le monde?
(en espagnol)
Le monde d'aujourd'hui est en grande majorité un monde sourd.
Et je crois que parmi nous, les prêtres,
il y a beaucoup de sourds.
Quand je parle de s'impliquer dans la vie des gens,
je parle de proximité.
Parler peu, écouter beaucoup.
Dire juste ce qu'il faut et toujours regarder dans les yeux.
Cette proximité, chez un prêtre,
reflète un sentiment de tendresse spirituelle
qui est celui de Dieu envers nous.
Musique entraînante
(en italien) - Pourquoi voulais-tu être pape?
Tu sais ce que ça signifie,
quelqu'un qui ne s'aime pas lui-même?
Quelqu'un qui veut, qui a le désir d'être pape,
ne s'aime pas lui-même.
Dieu ne le bénit pas.
Non, je n'ai pas voulu être pape.
Ça te va?
Pourquoi vous, enfin toi,
tu as renoncé à toutes les richesses d'un pape,
comme un appartement luxueux
ou bien une voiture énorme?
Tu as pris un petit appartement
près d'ici,
et tu prends même le bus des évêques. Rires
Pourquoi as-tu renoncé à la richesse?
Applaudissements
Je crois que notre époque nous parle
de tant de pauvreté
dans le monde.
C'est un scandale.
Dans un monde qui a tant de richesses,
tant de ressources pour donner à manger à tous,
on ne peut pas comprendre
qu'il y ait tant d'enfants affamés,
tant d'enfants sans éducation,
tant de pauvres.
La pauvreté aujourd'hui est un cri.
Et nous devons tous nous demander si nous pouvons
devenir un peu plus pauvres.
C'est quelque chose que nous devons tous faire.
Ne pas avoir tant de choses et devenir un peu plus pauvres.
Musique mélancolique
(en espagnol)
Dans le premier entretien que j'ai donné,
où je saluais les journalistes
qui avaient couvert le conclave
il y a trois ans,
une expression m'est venue du cœur:
combien je voulais une Église pauvre
pour les pauvres.
Jésus, dans l'Évangile,
nous dit qu'on ne peut pas servir deux maîtres.
Soit on sert Dieu,
soit on sert l'argent.
Et la grande tentation
qui, tout au long de l'histoire,
s'est présentée au chrétien, à l'homme
et à l'Église,
a été celle de l'argent.
Musique douce
Dans l'Église, il y a des hommes qui ont succombé
ou qui succombent à ces tentations.
(en italien)
Mes chers frères, il est beau de penser à la Curie romaine
comme à un modèle réduit de l'Église,
c'est-à-dire comme à un corps
qui s'efforce sérieusement, chaque jour,
d'être plus vivant, plus sain, plus harmonieux
et plus uni en soi-même avec le Christ.
Cependant, comme la Curie est un corps dynamique,
elle ne peut pas vivre sans se nourrir
et sans se soigner.
Comme tout corps,
comme tout corps humain,
elle est exposée aux maladies, au mauvais fonctionnement,
à l'infirmité.
Ici, je voudrais mentionner certaines de ces maladies probables.
Ce sont des maladies et des tentations
qui affaiblissent notre service du Seigneur.
Commençons par la maladie de se sentir immortel,
invulnérable, voire indispensable,
en négligeant les contrôles habituels nécessaires.
Une Curie qui ne fait pas d'autocritique,
qui n'évolue pas, qui ne tente pas de s'améliorer,
est un corps malade.
La maladie de la rivalité et de la gloriole...
La maladie des cercles fermés...
La maladie du visage d'enterrement...
La maladie de la schizophrénie existentielle...
La maladie d'Alzheimer spirituelle...
Et la dernière:
la maladie de l'accumulation,
quand le prêtre cherche à combler un vide existentiel dans son cœur
en accumulant
des biens matériels,
non par nécessité,
mais seulement pour se sentir en sécurité.
(en espagnol)
Tant qu'il y a une Église qui place son espoir
dans la richesse,
Jésus n'est pas là.
Je répète:
tant qu'il y a une Église qui place son espoir dans la richesse,
Jésus n'est pas là.
C'est une ONG
de charité ou de culture,
mais ce n'est pas l'Église de Jésus.
La pauvreté est au centre de l'Évangile.
Brouhaha
Exclamations d'admiration
Ils le saluent.
En 1970, j'ai dû me rendre
à une réunion de maîtres des novices.
Je parle de 1970.
Dans la ville où je suis allé,
on m'a fait faire un tour...
et pour la première fois,
j'ai vu un quartier fermé.
Un quartier protégé,
séparé du reste.
Je ne pouvais pas comprendre,
parce qu'en Argentine, je n'avais pas encore vu cela.
Aujourd'hui en Argentine, il y en a des masses.
Voilà l'effet.
Nous prenons un petit terrain pour nous-mêmes,
pour un petit groupe,
et les autres n'ont qu'à se débrouiller
avec les rebuts de la Terre mère que nous avons laissés derrière.
Musique douce à la guitare
Chers frères et chères sœurs, bonjour.
Ils répondent en chœur.
Que c'est bon d'être accueilli
avec amour, générosité
et joie.
Quand nous accueillons une personne avec générosité,
que nous partageons avec elle un peu de nourriture,
une place chez nous et notre temps,
nous ne restons pas pauvres,
nous nous enrichissons.
Je sais que quand quelqu'un qui a faim frappe à votre porte,
vous trouvez toujours un moyen de partager votre repas.
Comme dit le proverbe:
"On peut toujours ajouter de l'eau aux haricots."
Exclamations de joie
On peut ajouter de l'eau aux haricots?
Cris d'approbation
Toujours?
Ils répètent en chœur.
Le Pape est avec vous!
Écho des pales d'hélicoptère Musique entraînante
Cris de joie
(en italien)
Saint-Père,
je suis un travailleur. Je m'appelle Michele.
Ma condition de travailleur
ne peut pas m'empêcher de demander à Votre Sainteté
un appel pour ceux qui ont un travail.
Nous sommes de moins en moins nombreux.
Pour ceux qui ont perdu leur travail,
qui sont si nombreux,
pour ceux qui n'ont pas encore trouvé de travail,
et ils sont une multitude.
Nous avons besoin de croire que le travail est sacré.
Merci, Saint-Père.
(en italien)
Pensez un peu que parmi les jeunes de 25 ans ou moins,
plus de 40 % n'ont pas de travail!
Que fait un jeune
sans travail?
Quel avenir a-t-il?
Quel projet de vie choisir?
C'est une chose grave!
Quand on ne gagne pas son pain, on perd sa dignité.
Ce manque de travail... Applaudissements
Ce manque de travail nous vole notre dignité!
Nous devons lutter pour cela,
nous devons défendre notre dignité
de citoyens, d'hommes, de femmes, de jeunes.
C'est la tragédie de notre époque.
Nous ne devons pas rester silencieux.
Non.
(en espagnol)
La manière d'échapper au consumérisme, à la corruption, à la compétitivité,
à l'esclavage de l'argent,
c'est par le concret du travail quotidien,
le concret.
♪ aime parler des trois T:
Travail,
Terre et Toit.
Toit veut dire la maison, la famille,
retrouver le sens de la famille.
Terre veut dire travailler
à faire fructifier cette terre.
Et Travail veut précisément dire
ce qu'il y a de plus noble chez l'homme:
imiter Dieu avec ses mains,
en créant!
Ces trois T,
beaucoup les tiennent pour acquis:
assez à manger et à boire, un toit, un travail régulier.
Ce sont des droits humains auxquels chacun devrait avoir accès.
Mais puisque ce n'est pas le cas,
le pape François, dans la première année de son pontificat,
a créé un forum de mouvements populaires et d'initiatives citoyennes
représentant des paysans,
des travailleurs et des peuples indigènes.
Il revient les voir, un an plus tard, sur son continent d'origine.
(en espagnol)
Mes sœurs, mes frères, bonjour.
Je veux préciser que je parle
de problèmes communs à tous les Latino-Américains
et en général aussi à toute l'humanité.
Reconnaissons sincèrement que les choses ne vont pas bien
dans un monde où il y a tant de paysans
sans terre,
tant de familles sans toit,
tant de travailleurs
sans droits,
tant de personnes blessées dans leur dignité.
Reconnaissons que les choses ne vont pas bien
quand le sol, l'eau, l'air
et toutes les créatures vivantes
sont menacés en permanence.
Alors, si nous reconnaissons cela,
disons-le sans peur:
il nous faut et nous voulons un changement.
Nous voulons un changement dans nos vies,
dans nos quartiers, dans le salaire,
dans notre réalité quotidienne.
Disons "non!" à une économie de l'exclusion
et de l'inégalité,
où l'argent règne au lieu de servir.
Cette économie tue.
Cette économie exclut.
Cette économie détruit la Terre mère.
Musique douce
(en espagnol)
La mère et ses enfants,
la maison commune et ses habitants,
vont ensemble.
Ils vont ensemble.
La Terre mère,
la sœur Terre, comme l'appelait Saint François.
C'est pourquoi j'ai voulu commencer cette encyclique
avec l'hymne de Saint François.
Ils vont ensemble.
Et si aujourd'hui vous me demandez:
"Pour vous,
"quel est le plus pauvre des plus pauvres qui soit?"
Je dirais: la Terre mère.
Nous l'avons dépouillée.
Nous l'avons maltraitée.
En juin 2015,
un événement sans précédent se produit:
une lettre du Pape est lue par le monde entier,
pas seulement par les catholiques ou les chrétiens.
Dans son encyclique sur l'environnement,
sous-titrée "Sur la sauvegarde de la maison commune",
le pape François nous appelle à comprendre
que la protection de la planète
est la tâche la plus urgente de notre temps.
Ce n'est pas par hasard que cette encyclique Laudato si'
est présentée peu avant la très attendue Conférence de Paris
sur les changements climatiques.
Le monde est stupéfait.
Qui aurait imaginé que le Vatican soit si explicite
et dénonce si directement
l'exploitation effrénée de notre planète,
en s'appuyant scrupuleusement sur des faits et des chiffres?
Les préoccupations du Pape sont même projetées
comme sur un écran géant
sur la façade de la basilique Saint-Pierre.
(en espagnol)
La théologie qu'on trouve dans Laudato si'
est en dialogue avec la science.
On ne peut pas et on n'a jamais pu pratiquer la théologie
sans dialoguer avec la science.
Plus encore: Dieu nous a donné cette capacité d'enquêter,
cette capacité intellectuelle de chercher les vérités.
Il est évident que le récit biblique de la création
est une forme mythique d'expression de ce qui s'est produit.
Mais c'est un développement, une évolution.
Dieu, quand Il envoie l'homme dominer la Terre,
lui confie une inculture.
Et l'homme commence à transformer l'inculture en culture.
C'est ainsi que nous comprenons le progrès de la science, des arts,
des techniques,
de la recherche scientifique.
Si l'homme transforme
ce non-savoir, cette non-connaissance, cette inculture en culture,
nous sommes tous appelés,
pas seulement Adam et Ève, tous, à créer de la culture.
Mais quand quelqu'un se sent maître de cette culture,
se sent tout-puissant, la tentation se présente d'aller
au-delà et de détruire la culture.
Pensons à la réussite de la découverte de l'énergie atomique
et pensons à Hiroshima.
Applaudissements
(en espagnol)
Pour toutes les religions,
l'environnement est un bien fondamental.
La dégradation et la destruction de l'environnement
sont simultanément accompagnées par un processus irrésistible
d'exclusion.
Les plus pauvres sont ceux qui souffrent le plus
de ces agressions
pour trois raisons graves:
ils sont rejetés par la société,
ils sont en même temps obligés de vivre de déchets,
et ils doivent injustement souffrir
des conséquences de cette dégradation de l'environnement.
Ces phénomènes correspondent
à une culture aujourd'hui très répandue
et renforcée inconsciemment:
la "culture du déchet".
Musique palpitante
(en espagnol) C'est une honte
pour chacun d'entre nous.
Et nous sommes tous responsables.
Personne ne peut dire:
"Je n'y suis pour rien."
Nous sommes
tous responsables.
Selon la loi de la nature,
le monde devrait vivre en harmonie,
toutes les choses devraient vivre en harmonie, toute la création.
Alors, tout ce qui va
à l'encontre de cette harmonie de la nature
est mauvais.
Je pense, par exemple,
aux eaux contaminées
par l'exploitation minière qui répand de l'arsenic et du cyanure.
Tout cela a pour résultat
que la zone de quelques kilomètres alentour
envoie aux habitants des eaux qui provoquent des maladies.
Mais le gouvernement a autorisé cela. Alors comment résister?
Faut-il lutter contre la loi qui a autorisé cela?
Oui.
Je sauve alors un bien supérieur:
le bien de la santé de cette population
et le bien du salut de l'humanité.
Musique douce
Le bien commun,
c'était la préoccupation première de Saint François.
L'unité et la solidarité de toute l'humanité, devant Dieu,
aussi bien que notre harmonie avec la nature,
avec "sœur notre mère la Terre",
comme il l'appelait si tendrement.
Saint François était un visionnaire.
Il a compris très tôt que l'équilibre entre l'humanité et la nature
était en danger,
que nous avions tendance, et nous l'avons encore plus aujourd'hui,
à regarder notre planète à l'envers,
à nous prendre pour ses maîtres et non pour ses gardiens.
Saint François a écrit le premier poème en langue italienne.
Dans son Cantique des créatures,
il loue Dieu dans toute la création.
"Très haut, tout-puissant, et bon Seigneur,
"à Toi sont louanges, gloire,
"honneur et toutes bénédictions.
"À Toi seul ils conviennent, ô Très haut.
"Loué sois-Tu, Seigneur, dans toutes Tes créatures,
"spécialement messire frère Soleil,
"par qui Tu nous donnes le jour, la lumière.
"Loué sois-Tu, mon Seigneur,
"pour sœur Lune et les étoiles:
"dans le ciel Tu les as formées,
"claires, précieuses et belles.
"Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour frère Vent
"et pour l'air
"et pour les nuages, pour l'azur calme
"et tous les temps par lesquels Tu donnes soutien à toute créature.
"Loué sois-Tu, mon Seigneur,
"pour sœur Eau
"qui est très utile et très humble,
"précieuse et chaste.
"Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour frère Feu
"par lequel Tu éclaires la nuit.
"Il est beau et joyeux,
"indomptable et fort.
"Loué sois-Tu, mon Seigneur,
"pour sœur notre mère la Terre
"qui nous porte et nous nourrit."
Musique douce
(en espagnol)
Saint François, dans l'histoire, a représenté
un renouveau de la personne du Christ,
de manière totalement radicale, absolue.
Sa pauvreté, "sœur Pauvreté",
son amour des pauvres, des malades,
son attention pour eux
et sa patience
envers les gens, envers leur fragilité,
jusqu'à la fragilité de ses frères et disciples.
Un homme qui a eu cette patience, cette compréhension,
se transforme
en homme de dialogue.
À propos du dialogue, je voudrais souligner
une chose à laquelle François tenait beaucoup.
Je vais le dire dans une langue très populaire.
"L'apostolat de l'oreille."
Savoir écouter.
Parfois, la rapidité du monde moderne,
sa frénésie,
nous empêchent de bien écouter ce que dit l'autre.
Il a à peine dit la moitié de sa phrase
que nous l'interrompons déjà
et voulons répondre alors qu'il n'a pas fini de parler.
Ne pas perdre la capacité d'écouter.
Et François est un homme d'écoute:
il a écouté la voix de Dieu, il a écouté la voix du pauvre,
il a écouté la voix du malade,
il a écouté la voix de la nature,
et il a transformé tout cela en un mode de vie.
Et je souhaite que ce que François a semé
grandisse dans beaucoup de cœurs.
Ils scandent son nom.
Ils chantent en chœur.
(en italien)
Vous savez qui a été le premier Saint canonisé par l'Église?
Un prisonnier.
Un prisonnier condamné à mort.
Le Christ lui a dit:
"Aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis."
La société doit apprendre de cet exemple du Christ.
Tous, nous avons besoin de demander le pardon.
Mais Dieu nous dit dans la Bible
que quand Il pardonne, Il oublie.
Si je dis: "Cet homme est un pécheur, il a fait ceci!"
Je suis le pécheur!
Car si Lui, Il oublie,
qui suis-je
pour ne pas oublier?
Vivre suppose de se salir
les pieds dans les chemins poussiéreux de la vie.
Il est douloureux de constater que les gens
croient que seuls quelques-uns ont besoin d'être lavés.
Ils n'admettent pas que votre abattement,
vos douleurs et vos blessures, sont aussi
les blessures de toute une société.
Le Seigneur nous le montre clairement au moyen d'un geste:
laver nos pieds et revenir à la table.
Une table qui a été mise pour tous
et à laquelle nous sommes tous invités.
Tout jeune aujourd'hui est idéaliste.
Au bon sens du mot.
Mais la majorité des jeunes aspire à autre chose.
Même quand ils commettent des erreurs,
des erreurs graves,
ils cherchent autre chose.
Même dans leur aliénation,
les jeunes expriment leur anticonformisme
devant le monde où ils doivent vivre,
quand ils sont aliénés...
Je dirais bien quelque chose qui ne plaira pas à tous:
à propos de la dépendance,
quand un jeune tombe dans la dépendance,
c'est parce qu'il y a dans son cœur une insatisfaction.
L'exemple de François leur montre une voie,
une voie révolutionnaire.
Et il ne faut pas avoir peur de ce mot, parce que dans l'Évangile,
quand Jésus parle de ce qu'il vient apporter sur la Terre,
il utilise des mots tout aussi forts.
Un changement de mode de vie,
dans une société qui à cette époque était conformiste et satisfaite
qui toujours écartait, rejetait,
ceux qui n'appartenaient pas à son noyau social.
François obéit à cet appel.
Aujourd'hui, un jeune qui entend François
se sent touché au cœur.
Sólo le pido a Dios (Mercedes Sosa)
Je demande seulement à Dieu
De ne pas devenir indifférente à la souffrance
Que la mort dans sa sécheresse
ne me trouve pas
Vide et seule, sans que j'en aie fait assez
Je demande seulement à Dieu
De ne pas devenir indifférente à l'injustice
(en espagnol)
J'ai fait sa connaissance en 1969, à Córdoba.
Je ne pensais pas qu'il me verrait dans la foule.
Mais ils ont ouvert la barrière
et ils m'ont aidée à descendre.
Le Pape m'a dit: "Non, Maruca, ne descends pas, je viens!"
Alors je l'ai attendu
et on s'est embrassés.
Il m'a dit: "Je t'ai reconnue de là-haut."
♪ ai été très étonnée, et reconnaissante.
C'est dommage qu'il n'ait plus le temps.
Mais maintenant, il a sa mission.
Il est le pasteur du monde entier.
Et avec son charisme, ça ne se limite pas aux catholiques.
Vous avez vu que c'est un homme qui...
quel que soit son interlocuteur,
lui parle...
Toute sa vie est une prédication.
Je crois que Dieu nous envoie le Pape dont Il a besoin
pour chaque étape de la Terre.
Aujourd'hui, vraiment,
on vit en appuyant sur l'accélérateur du matin au soir.
Cela détruit la santé mentale,
la santé spirituelle et la santé physique.
Plus encore, cela blesse et détruit la famille,
et, par là même, la société.
"Le septième jour, Il se reposa."
Ce que les Juifs respectaient et respectent toujours
comme obligation sacrée d'observer le shabbat.
Le samedi, on se repose.
Un jour de la semaine.
Au moins cela!
Par gratitude, pour célébrer Dieu,
pour être avec la famille, pour jouer...
pour faire toutes ces choses.
Nous ne sommes pas des machines.
Et parfois, quand on vit une vie tellement accélérée,
on perd les gestes les plus humains.
Le mari oublie le jour où il s'est fiancé avec sa femme.
Les parents oublient de caresser leurs enfants
ou les grands-parents,
parce qu'il n'y a pas le temps pour une caresse,
pas le temps pour la tendresse,
pas le temps pour jouir de la vie, qui est si belle.
Applaudissements
Le pape parle en espagnol et est traduit en anglais.
Certains d'entre vous peuvent dire:
"Saint-Père,
"tu dis ça parce que tu es célibataire."
Rires et applaudissements
En famille, il y a des difficultés.
En famille, on se dispute.
En famille, parfois, les assiettes volent.
Rires
En famille, les enfants donnent des migraines.
Rires
Sans parler des belles-mères.
Rires et applaudissements
En famille, il y a des difficultés.
Mais ces difficultés,
on les surmonte par l'amour.
La division des cœurs
ne surmonte aucune difficulté.
Je vous donne un conseil:
ne laissez pas un jour se terminer
sans faire la paix avec vos proches.
♪ aime écouter les confessions.
Je ne le fais pratiquement plus, je ne peux pas.
Mais à Buenos Aires, je le faisais beaucoup.
Je confessais les gens.
Quand quelqu'un venait,
un homme ou une femme, d'un jeune couple marié,
et me parlait de ses enfants,
je demandais combien d'enfants ils avaient...
Et puis, je disais: "J'ai une question."
Ça les effrayait un peu:
"Qu'est-ce que le prêtre va me demander?"
La question était: "Jouez-vous avec vos enfants?"
Je veux le demander aujourd'hui à tous les pères et mères qui écoutent.
Est-ce que vous jouez avec vos enfants?
Est-ce que vous perdez du temps avec vos enfants?
(en italien)
J'ai une question un peu délicate.
Comment Votre Sainteté compte-t-elle aborder
la question du lobby gay?
Si quelqu'un est gay,
qu'il cherche le Seigneur et est de bonne volonté,
qui Suis-je pour le juger?
Nous devons être frères.
Le catéchisme de l'Église catholique explique très bien cela.
Il dit: "On ne doit pas marginaliser
"ces personnes pour cela.
"Elles doivent être intégrées dans la société."
(en espagnol)
La femme voit les choses d'une autre manière que l'homme.
Il m'est arrivé de tenir une réunion
sur certains problèmes avec des hommes,
puis la même réunion avec des femmes.
Et l'apport de la femme
est extraordinairement riche.
Il est nécessaire.
Le monde ne peut pas aller de l'avant
s'il n'y a pas de complémentarité et de réciprocité
entre l'homme et la femme.
Évidemment, les mouvements machistes ou féministes n'aident pas vraiment
parce que ce sont des mouvements solitaires.
Les mouvements qui aident sont ceux de la réciprocité
et de la complémentarité.
Il faut intégrer la femme.
Parce qu'un monde sans la direction,
le conseil et la vision de la femme
ne peut pas avancer.
(en italien)
Merci, Saint-Père, pour votre disponibilité,
dans ces circonstances.
Vous avez eu des mots très durs
contre les abus sexuels sur mineurs de la part du clergé.
Vous avez créé une commission spéciale
pour mieux traiter ce problème au niveau de l'Église universelle.
Que ferez-vous si un évêque ne respecte pas ces obligations?
Sur la question de l'abus des mineurs,
c'est un crime tellement affreux...
Nous savons que c'est un problème grave,
partout, mais moi, c'est l'Église qui me préoccupe.
Un prêtre qui fait cela...
trahit le corps du Seigneur.
Parce que ce prêtre doit mener cet enfant,
ce garçon, cette fille, à la sainteté.
Ce garçon ou cette fille a confiance.
Et lui, au lieu de les mener à la sainteté,
abuse d'eux. C'est extrêmement grave.
(en espagnol)
L'Église ne peut pas rester indifférente.
Devant la pédophilie,
tolérance zéro.
L'Église doit punir
les prêtres qui sont dans ce cas.
Et les évêques doivent retirer leurs fonctions sacerdotales
aux prêtres qui ont cette maladie,
cette tendance à la pédophilie,
en allant jusqu'à accompagner
la plainte des parents devant les tribunaux civils.
Il n'y a pas d'autre issue.
Tolérance zéro, parce que c'est...
un crime, non, pire:
on les laisse en vie, mais détruits.
Musique grave
Pape François Priez que Dieu bénisse les Philippins
qui n'ont ni nourriture ni logement et bénissez ma famille.
Musique triste Acclamation de la foule
(en espagnol)
Vous êtes si nombreux à avoir tout perdu.
Je ne sais que vous dire.
Je ne peux que garder le silence
et vous accompagner dans mon cœur, en silence.
Nous ne sommes pas seuls.
Nous avons Jésus, notre frère aîné.
Et nous avons aussi beaucoup de frères qui, en ce moment de catastrophe,
sont venus à notre aide.
Pardonnez-moi
si je n'ai pas d'autres mots.
Mais, avec la force
que nous donne Jésus, notre frère aîné,
allons de l'avant.
Et, en tant que frères,
marchons ensemble.
Musique triste
La vie humaine est un chemin qui va se terminer.
Nous mourons un peu chaque jour.
Parfois,
on évite de penser à sa propre mort
et on vit comme si on n'allait jamais mourir.
Et c'est dangereux, parce que ça ne mène pas à la sagesse.
Il y a quinze jours, j'ai reçu une lettre
de la tante d'un garçon
de 8 ans.
Il avait un cancer
en phase terminale.
Il a dit à sa mère qu'il aimerait saluer le pape François.
Sa mère me l'a fait savoir.
♪ ai appelé, il était endormi.
♪ ai laissé un message sur son portable.
Le lendemain, je n'ai pas appelé.
L'enfant a dit: "Le Pape s'est vexé parce que je n'ai pas répondu."
Le surlendemain, j'ai appelé, il dormait et j'ai laissé un message.
Alors, il a été content.
Enfin j'ai essayé le lendemain, et cette fois,
la mère a répondu et m'a dit: "il va très mal.
"Je ne sais pas s'il pourra parler."
Elle a mis le haut-parleur,
je lui ai parlé
et il m'a dit:
"Merci, merci."
Quelques heures après, il est mort.
Cet enfant savait qu'il allait mourir. Il avait la sagesse.
Mais il est mort et je souligne le mot,
réconcilié avec sa propre mort.
C'est une sagesse, de se réconcilier avec le fait qu'on va mourir.
Comment est-ce que je pense à ma propre mort?
Une fois, j'ai été tout près...
quand j'étais jeune.
♪ ai échappé à la mort.
Mais je sais qu'au-delà des petites morts de chaque jour,
je m'en irai.
Quand?
Quand le Seigneur voudra.
Comme le Seigneur voudra.
Mais je ne suis pas éternel.
Personne n'est éternel, seulement Dieu.
Musique solennelle
Discussion inaudible
(en espagnol)
Pourquoi les innocents souffrent-ils?
Une grande question que se posait le grand Dostoïevski.
"Pourquoi les enfants souffrent-ils?"
C'est une question
que nous nous posons tous.
Si vous me demandez pourquoi les enfants souffrent,
la seule chose que je peux vous dire, c'est:
"Regardez l'enfant de Dieu sur la Croix."
Je n'ai pas d'autre réponse à vous donner.
Mais demandons-nous pourquoi Dieu le permet,
ce qui est le cœur de la question.
Simplement parce que... Il nous a créés comme des personnes.
Et à ce titre, libres.
Dieu est respectueux de la liberté.
Il a permis que l'on tue Son fils sur la Croix.
Le jeu de la liberté humaine:
Dieu a parié là-dessus.
Ce serait plus un déshonneur pour l'homme
que Dieu puisse lui retirer la liberté
que si l'homme, avec sa liberté, commettait un crime.
Et c'est ici que l'amour entre en jeu.
Sans liberté, nous ne pouvons pas aimer
parce que l'amour suppose un choix.
L'amour total,
l'amour des parents pour l'enfant, et vice-versa,
l'amour entre les époux, entre les fiancés,
l'amour de la vie, l'amour des gens,
cela suppose un choix.
Ou bien j'aime, ou je n'aime pas, ou je hais.
Mais sans cette liberté de choix, je ne pourrais pas aimer.
(en hébreu)
Moshe Ha-Elion, né à Thessalonique, Grèce.
Après l'occupation allemande en avril 1943,
déporté à Auschwitz-Birkenau.
Sonia Tunik-Geron,
née à Stolpce, anciennement en Pologne.
Après l'invasion allemande en 1941,
déportée avec sa famille dans le ghetto.
Musique tragique
(en italien)
Adam, où es-tu?
Où es-tu, homme?
Qu'es-tu devenu?
En ce lieu, mémorial de la Shoah,
nous entendons résonner cette question de Dieu:
"Adam, où es-tu?"
Dans cette question, il y a toute la douleur du Père
qui a perdu Son fils.
Le Père connaissait le risque de la liberté.
Il savait que le fils pouvait se perdre.
Mais peut-être que même le Père ne pouvait imaginer une telle chute,
un tel abîme.
Homme, qui es-tu?
Qui t'a corrompu?
Qui t'a défiguré?
Qui t'a inoculé la prétention
de te faire maître du bien et du mal?
Qui t'a convaincu que tu étais Dieu?
Un mal s'est abattu sur nous
qui n'était jamais survenu auparavant sous la voûte du ciel.
Maintenant, Seigneur, écoute notre prière,
écoute notre supplication,
sauve-nous par Ta miséricorde.
Donne-nous la grâce d'avoir honte de ce que nous, hommes,
nous avons été capables de faire.
Plus jamais, Seigneur.
Plus jamais.
Musique intrigante
(en espagnol)
Nous devons être vigilants devant un triste signal
de la "mondialisation de l'indifférence"
qui est en train de nous accoutumer
lentement à la souffrance des autres,
comme si c'était quelque chose de normal.
C'est une tragédie, cette augmentation des migrants
qui ne sont pas reconnus comme des réfugiés
par les conventions internationales.
Nous ne pouvons pas rester indifférents à cela.
Nous n'en avons pas le droit.
Musique intrigante
Vrombissements des moteurs
Brouhaha
(en italien)
Bien chers frères et sœurs,
aujourd'hui, j'ai voulu être avec vous
et je voudrais vous dire que vous n'êtes pas seuls.
Au cours de ces mois et semaines,
vous avez beaucoup souffert dans votre recherche d'une vie meilleure.
Beaucoup d'entre vous se sont sentis contraints de fuir
devant des situations de conflit et de persécution,
surtout pour vos enfants, pour vos petits.
Vous avez fait de grands sacrifices pour vos familles.
Vous connaissez la douleur d'avoir laissé derrière vous
tout ce
qui vous était cher,
et, ce qui est peut-être plus difficile,
sans savoir ce que l'avenir pouvait apporter.
Dieu a créé l'humain pour qu'il forme une seule famille.
Quand l'un de nos frères ou l'une de nos sœurs souffre,
nous en sommes tous affectés.
Nous sommes venus pour attirer l'attention du monde
sur cette grave crise humanitaire,
et plaider pour sa résolution.
Nous espérons que le monde sera attentif
à cette situation de besoin tragique
et véritablement désespéré,
et répondra d'une manière digne
de notre humanité commune.
(en espagnol)
Ces gens sont les victimes d'une injustice mondiale,
globale.
Pourquoi doivent-ils quitter leurs terres?
À cause de la guerre ou de la faim.
Regardons les statistiques:
environ 80 % de la richesse du monde
est entre les mains de moins de 20 % de l'humanité.
Il y a une inégalité
dans l'équilibre économique.
Et cette inégalité marginalise,
exclut, laisse à l'écart.
Musique calme
Le processus d'intégration est difficile.
Il est évident que nous sommes devant le défi
des différences.
Et les différences
nous font toujours peur,
parce qu'elles nous font grandir.
L'uniformité
ne nous fait pas grandir et, du coup, ne nous fait pas peur.
Les différences sont créatives, elles créent une tension,
et la résolution de cette tension fait progresser l'humanité.
(en italien)
♪ ai toujours dit que construire des murs n'est pas une solution.
Nous avons vu, au siècle dernier, la chute de l'un d'eux...
Cela ne résout rien.
Nous devons construire des ponts,
mais les ponts se construisent avec intelligence,
avec le dialogue,
avec l'intégration.
Fermer les frontières ne résout rien.
Parce que cette fermeture, à la longue,
fait du mal
à son propre peuple.
(en anglais)
Membres du Congrès, j'ai le privilège et l'honneur
de vous présenter le pape François, du Saint-Siège.
(en anglais)
Honorables membres du Congrès,
chers amis,
je suis très reconnaissant pour cette invitation
à m'adresser à cette session conjointe du Congrès
dans "la terre de la liberté et la patrie du courage".
Notre monde se trouve face à une crise de réfugiés
d'une ampleur jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale.
Cela nous met devant de grands défis
et de nombreuses décisions difficiles.
Sur ce continent aussi,
des milliers de personnes sont amenées à partir vers le nord
à la recherche d'une vie meilleure pour elles-mêmes
et pour leurs proches.
Nous ne devons pas être troublés
par leur nombre,
mais plutôt les voir comme des personnes,
regarder leurs visages...
Applaudissements
et écouter leurs histoires.
Nous, les habitants de ce continent,
n'avons pas peur des étrangers
parce que, pour la plupart,
nous avons été un jour des étrangers.
Souvenons-nous de la Règle d'or:
"Faites pour les autres...
Applaudissements
"ce que vous voudriez qu'ils fassent pour vous."
Si nous voulons
la sécurité,
donnons la sécurité.
Si nous voulons la vie,
donnons la vie.
Si nous voulons des chances,
offrons ces chances.
Être au service du dialogue et de la paix
veut aussi dire
être vraiment déterminés à réduire et, à long terme,
à mettre fin
aux nombreux conflits armés dans le monde.
Applaudissements
Ici, nous devons nous demander:
pourquoi des armes de mort sont-elles vendues
à ceux qui projettent d'infliger des souffrances indicibles
à des individus et à des sociétés?
Malheureusement, la réponse, nous le savons tous,
est simplement: pour l'argent.
De l'argent qui est baigné de sang.
C'est notre devoir
de mettre fin au commerce des armes.
Musique douce
Le pape François n'a pas d'autres armes que les mots.
Mais les mots comptent-ils encore aujourd'hui?
Certains des membres du Congrès américain
étaient émus jusqu'aux larmes en l'écoutant.
Peut-être parce qu'ils étaient face à un homme qui vit ce qu'il prêche.
(en anglais)
Nous sourions, ici au studio, en voyant cette voiture.
Rires
Nous avons l'habitude des grosses berlines,
et ça, c'est un pot de yaourt
dans lequel il parcourt la ville.
De fait, la voiture du pape François
n'est pas le symbole d'un statut social.
C'est plutôt un signe qui nous dit que tous, nous pouvons vivre avec moins.
Son seul statut est de dire la vérité,
de veiller au bien commun et de miser
sur le dialogue et non la confrontation.
Il veut amener la paix, en homme de Dieu,
avec d'autres hommes et femmes de Dieu,
comme ici, à Ground Zero,
symbole même de la résistance au fanatisme religieux.
Chant religieux
Il y a 800 ans, pendant les croisades,
les guerres les plus sanglantes de son temps,
Saint François s'est rendu en Terre Sainte au péril de sa vie
pour établir la paix entre la chrétienté et l'islam.
François a d'abord tenté de convaincre les guerriers et chefs chrétiens
de mettre fin au carnage.
Puis il a pris le risque de s'adresser directement
à la plus haute autorité de l'islam,
le sultan d'Égypte.
Nous ne savons pas au juste s'il lui a simplement parlé
ou s'il a essayé de le convertir.
L'histoire rapporte que le sultan, dans sa sagesse,
fut impressionné par le courage du Saint,
par sa pauvreté et son intégrité morale.
Il l'écouta et le laissa repartir
en lui disant quand ils se quittèrent:
"Prie Dieu pour moi,
"afin qu'll me révèle les commandements et la foi
"qui Lui conviennent le mieux."
Chacun des deux hommes apprit de l'autre.
Voici le pape François, lors de son voyage
en Terre Sainte.
Il prie sur les rives du Jourdain,
où Jésus fut baptisé.
(en espagnol)
Hier, j'ai dialogué avec le grand imam d'Al Azhar, en Égypte.
C'est le principal représentant de l'islam sunnite.
Nous avons pu parler de Dieu très fraternellement.
Parce que tous deux, nous nous comprenions comme des frères.
Mais jamais, je tiens à le souligner,
aucun n'a cherché à convertir l'autre.
Jamais.
Brouhaha
Croassements
Discussions mêlées
Musique douce
(en espagnol)
Il y en a qui disent
que le Dieu des musulmans n'est pas le même que...
Nous sommes les enfants d'Abraham.
Cela, personne ne peut le nier.
Par conséquent, nous sommes frères, que cela nous plaise ou non.
Nous sommes frères.
Conversation inaudible
Le temps s'enfuit toujours,
que nous le voulions ou non.
Il semble même s'accélérer.
Notre monde est en crise constante.
Même la vérité est devenue une espèce menacée
lorsque les fake news gouvernent l'information
et que le cynisme, le mensonge et la corruption
sont à l'ordre du jour politique.
En 2018,
le pontificat du pape François entre dans sa sixième année.
Plus que la plupart de ses prédécesseurs,
n a fait bouger l'Église,
malgré de fortes résistances.
La vieille ville d'Assise est aujourd'hui
un centre spirituel pour toutes les religions,
comme ici, en cette Journée mondiale de prière pour la paix.
Musique douce
l'héritage de Saint François est toujours vivant.
(en espagnol)
Dieu ne regarde pas avec les yeux.
Dieu regarde avec le cœur.
Et l'amour de Dieu
est le même pour chacun.
Quelle que soit sa religion.
Si c'est un athée, c'est le même amour.
Quand arrivera le jour du Jugement dernier
et qu'il y aura assez de lumière sur la Terre
pour voir les choses telles qu'elles sont,
nous en aurons, des surprises.
Croyez-vous que Mahatma Gandhi ou Martin Luther King
sont moins aimés par Dieu qu'un curé ou une nonne?
Dieu nous aime et nous regarde tous avec le cœur.
C'est peut-être le seul lien qu'il y ait entre nous, les hommes:
le lien de l'amour de Dieu.
À part cela, nous sommes libres.
Et même libres de ne pas l'aimer.
Chant religieux
Aucun de nous n'est une île,
un "moi" autonome et indépendant des autres.
Nous ne pouvons construire l'avenir qu'ensemble,
sans exclure personne.
Comme il serait beau
qu'au progrès des innovations scientifiques et technologiques
corresponde aussi
une égalité et une inclusion sociale de plus en plus grandes.
(en anglais)
Notre diversité nous rend plus forts.
En travaillant ensemble,
nous pouvons faire beaucoup plus qu'en tant qu'individus.
(en italien)
Comme il serait beau que,
tout en découvrant des planètes lointaines,
nous puissions redécouvrir les besoins des frères et des sœurs
qui gravitent autour de nous.
Musique religieuse
Ce n'est qu'en éduquant à la fraternité,
à une solidarité concrète,
qu'on peut vaincre la "culture du déchet",
qui ne concerne pas seulement la nourriture et les biens matériels,
mais, avant tout, les personnes.
Permettez-moi de le dire clairement:
plus vous êtes puissant,
plus vos actes ont un effet sur les gens,
plus vous serez amené à être humble.
Parce qu'autrement, le pouvoir vous détruira,
et vous détruirez les autres.
La tendresse n'est pas une faiblesse, c'est une force.
La tendresse, c'est se servir des yeux pour voir l'autre,
des oreilles pour entendre l'autre,
pour écouter le cri des enfants,
des pauvres, de ceux qui craignent l'avenir.
Écouter aussi le cri silencieux
de notre maison commune, la Terre contaminée et malade.
Nous avons tant à faire, et nous devons le faire ensemble.
Dans la nuit des conflits que nous traversons,
chacun de nous
peut être une bougie allumée qui rappelle
que la lumière prévaut sur les ténèbres
et non le contraire.
Pour nous, chrétiens,
l'avenir a un nom,
et ce nom est l'espoir.
L'espoir est la vertu d'un cœur qui ne se verrouille pas,
qui ne s'arrête pas au passé
pour vivoter dans le présent,
mais sait voir le lendemain.
Écho des pales d'hélicoptère
Une des choses qui aide le plus dans la vie
est l'expression de la beauté.
Un artiste est un apôtre de la beauté, qui aide les autres à vivre.
Pensons à tous les artistes qui ont réalisé cela,
mais aussi à chacun de nous.
Si vous me demandez: "Donnez-moi un exemple
"de beauté simple, quotidienne,
"grâce à laquelle nous puissions aider les autres
"à être meilleurs, plus heureux",
je pense à deux exemples:
le sourire
et le sens de l'humour.
Le sourire, la capacité de sourire.
Le sourire est la fleur du cœur.
Surtout quand il est gratuit,
qu'il n'est pas manipulé par l'intérêt de séduire: un simple sourire.
"Le frais sourire", comme on dit en littérature.
Et le sens de l'humour.
Ici, je dois faire une confession personnelle.
Tous les jours, après avoir dit les laudes,
je récite la prière de Saint Thomas More
pour demander le sens de l'humour.
Sense of Humour.
Elle commence d'une manière qui fait rire.
"Donne-moi, Seigneur, une bonne digestion,
"mais aussi quelque chose à digérer."
Voilà.
Musique douce
Sous-titrage TITRAFILM
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