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Original subtitles

Brouhaha.

-Allez, vas-y !

Allez, vas-y ! Pousse, pousse ! Tu vas l'avoir. Il va l'avoir !

-Il a quoi dans le buffet ?

-Comment qu'il tricote. Vas-y Francis !

-Il se défend bien.

-C'est un trotteur ! -Voilà Francis qui décolle !

-Oh ! A l'amende ! A la porte le commissaire !

C'est dégueulasse des trucs comme ça.

-Ils sont en combine. Hou ! Hou !

Sifflements. -J'aimerais siffler comme vous.

-C'est facile. -Comment on fait ?

-Comme ça. -Comme ça ?

Sifflements. -Magnifique.

-Comment il a décollé le Francis ! -Il récupère, fleur de nave !

-Il est à la rame.

-Va donc, dégarni ! Il gagnerait facile !

-Bien envoyé !

-Soyez polie ! -Laisse tomber, c'est un cave.

-Un cave ? -Oui, un pauv' mec.

-Mlle lui a bien répondu. Un bonbon ?

-Je préfère une pipe. -Une ?

-Une cigarette. -Volontiers. J'ai des Caporales.

-Je les préfère. -Francis qui remet ça.

-Vas-y !

-Passez madame.

-Comment il les a lessivés le môme Francis !

-Et comment alors !

-J'ai trop gueulé, je crève de soif. On va écluser un godet.

-Puis-je vous offrir une tournée ?

-Ca va. -Je connais un bistrot près d'ici.

-Oui ?

-Oh ! Non !

-Je le savais. -Quoi de neuf ? Ca roule ?

-C'est à Dédé, les appareils ? -Il a des ennuis avec les Corses.

Ils veulent tout contrôler.

-Ca se tassera.

-Que prenez-vous ? -Je sais pas.

-Un porto, un Vittel fraise ? C'est très doux.

-Moi, un Vittel menthe dans un grand verre et vous ?

-Comme Mlle. -Un Pernod bien tassé.

-2 Pernod, un tassé et un léger.

-Quatre. -Tu comptes quoi ?

-Un appareil à Dédé. Ils lâchent les jetons tous les 9 coups.

Cinq. -Vous venez souvent à Buffalo ?

-C'est la 1re fois. J'avais rendez-vous avec un ami..

..qui n'est pas venu et je vous ai rencontrée.

-Vous viendrez dimanche ? -Si vous y êtes.

-Dimanche, on fait du vélo, hein ?

-Sept.

Oui, on va à la campagne dimanche.

-Moi aussi, j'ai un vélo. Si je ne suis pas...

-Huit. Je reviens !

A moi.

-Je n'ai pas fini. -Et les autres ?

-Tout à l'heure. -Un coup et je pars.

Bruits de la machine.

-Merci.

-Santé, Mlle ? -Loulou.

-Loulou ? Joli nom. Moi, c'est Marcel.

-Ah oui ?

-A la vôtre ! -T'as gagné ?

-Tiens. Deux.

-Tu vas pas compter toute la soirée ! C'est pas drôle.

-Si je compte pas à haute voix, je m'embrouille.

J'ai rendez-vous avec P'tit Louis.

Trois. -A cause ?

-Pour une affaire. -C'est quoi ?

-Un cassement. -Où ça ?

-Pas devant un étranger !

Quatre.

Quatre ou cinq ? Je sais plus où j'en suis maintenant !

-Je comprends mal. Il est français ?

-De La Villette et moi, de Barbès.

-Tout ça, c'est de l'argot ? -Oui. L'oseille, c'est le fric.

Se faire la paire, c'est se débiner. Casser les pieds :

..emmouscailler, bonir : jacter.

-Jacter ? -Causer, quoi !

-Ah ! Vous me traduisez de l'argot que je ne comprends pas.

Et un cassement, c'est quoi ? -Je peux pas le dire.

-C'est un secret ? -Non, c'est un métier.

Ca vous intéresse pas. -Le métier de Jo ?

Il fait quoi ?

-Vous êtes curieux. Et vous, vous faites quoi ?

-Je suis bijoutier.

-A votre compte ?

-Ah non. Je suis employé.

-Ca ne fait rien. C'est tout de même intéressant.

-Loulou.

-Garçon ! Remettez-nous ça.

-Non merci, pas pour moi. J'ai pas l'habitude.

-Ne vous dégonflez pas. 2 Pernod bien tassés.

Bruits de la machine.

-A moi.

Bruits de la machine.

-Passons la monnaie.

-La bijouterie c'est comme la banque, on manie des fortunes.

On n'est pas plus fier. A votre santé.

Si on dînait ensemble ce soir ? -Ca tombe mal ce soir.

Une autre fois, oui. -Loulou. Oh pardon !

-Ca ne fait rien. -Quand vous reverrai-je ?

-Je suis libre tous les jours. -Et mercredi ?

-D'accord. -C'est ça.

Mercredi, je vous invite à dîner. Je vous prends où ?

-Au Madrid à 7 h 30. Ca va ? -Si, ça va.

Ca... Comment diriez-vous ça en argot ?

-Ca boume ! -C'est ça ! Ca boume.

Alors, on a rencard mercredi.

-Mais vous vous dessalez.

-Si par hasard j'avais un empêchement.

-Téléphonez à Trudaine 25-34. -Trudaine 25-34.

Je me rappellerai. -On me fera la commission.

-C'est là où vous vivez ? -Non, c'est un bistrot où je vais.

-Hé, pas toujours les mêmes !

-Pardon. A moi.

-Je suis repéré.

Je suis foutu.

Change-moi mes jetons.

-C'est Loulou avec toi ? -Oui.

-Et l'autre ?

-Un cave rencontré à Buffalo.

-Et Tintin ? Il a laissé tomber Loulou ? On ne le voit plus.

-Tintin est en taule pour 6 mois.

-Il est en prison ? Je ne savais pas.

-Je suis en chômage et Loulou est seulabre.

-Elle se console.

-Loulou est régulière.

T'as une idée du côté de Marcel ? -T'occupe !

-C'est pour ça que tu l'as croché ? -Tu penses pas..

..à un boulot pour quand Tintin sortira.

-Tu me dis ça alors que je viens pour un cassement !

Téléphone.

-Allô ? Oui.

Bon.

Charlot !

-Qui c'est ? -Dédé.

-Alors ?

-Il est là P'tit Louis ? -Gégène. T'as de la cavalerie ?

-Pourquoi ? -Dédé vient avec un cave.

T'en es ? -Et comment !

Attends, je vais dire un mot à P'tit Louis.

-C'est vrai qu'il prépare un cassement ?

-Oui, près de la rue Réaumur. -Une bijouterie ?

-Non, un fourreur. P'tit Louis veut le faire de jour.

-Casser une vitrine de jour, c'est pas du tout cuit.

-Ils peuvent pas faire autrement. -C'est la mode.

-Ca m'épaterait que Jo se mouille.

-Moi, tu me connais. C'est pas le premier cassement que je fais !

Je suis du métier.

-Cassement en plein jour au marteau...

Ca coûte plus cher que ça rapporte. Ca va chercher du 18 mois.

-Tu te dégonfles. -Non, c'est pas mon rayon.

J'ai l'habitude d'être avec Tintin. -C'est bon.

On se passera de toi. -Sans rancune ?

-Penses-tu ! Tu la boucles. -Oh ! Dis !

-Regarde si mes bobs sont pareils à ceux du godet. T'en dis quoi ?

-S'il n'est pas du métier, ça va.

-C'est qui ? -Un maraîcher d'Auxerre.

-Ca va. Remporte tes bobs.

On les demandera devant lui pour qu'il se doute de rien.

-Faudra donner le godet ? -Non ! Comment veux-tu l'arnaquer ?

-Tu permets ? -Quoi ?

-T'amènes les bobs avec le godet, tu joues un moment.

-Alors ? -Laisse-moi finir !

Quand je fais signe, tu prends le godet et les bobs pour un zanzi..

..sur le comptoir. A partir de là, il se doute de rien, tu commences..

..à le tondre. -Oui. N'oublie pas ton godet,

..car sans ça, on sera marron !

-Amène la berlue.

-Pourquoi pas jouer directement sur la table ?

-Faut du mou, autrement tu sais pas où tu vas !

-On continue avec les brêmes en attendant ?

-A toi de faire.

Sifflement.

-Salut ! Ca va ?

-Ce sera quoi ? -Un Byrrh cassis. Et vous ?

-Moi aussi.

-Gégène !

Eh ! Gégène ? -Il a fait quoi Gégène ?

-T'en as pour longtemps ? -Pourquoi ?

-M. est un connaisseur à la passe. Si tu te sens pour une partie...

-On fait un pok. Une autre fois, je dis pas.

-Une autre fois ! M. est de passage, il repart ce soir.

Lâchez un peu votre pok. Combien de temps vous avez ?

-Bah mon Dieu, une petite heure. -Alors ?

-Je sais pas. Vous en pensez quoi ?

-Amène les bobs.

-Faites voir.

-Ils sont bons. N'ayez pas peur.

-Oh, j'ai pas peur !

-Que se passe-t-il ? -Un cave qu'ils tondent.

-Tintin se plaît dans son palace ? -Tais-toi.

Il râle quand j'y vais car je lui apporte pas assez d'oseille.

-Vous ne voulez pas sortir avec moi. Je vous fais honte, dites-le.

M. Marcel. J'ai l'honneur de vous parler.

-Excusez-moi. C'est tellement délicat.

-Vous refusez de m'accompagner à l'Opéra Comique ?

-Je vous le répète, j'ai promis ma soirée. Allez-y avec M. Blain.

-Et que faites-vous ce soir ?

-Je... Je dîne avec un ami.

-Quel ami ? -Un ami que j'ai invité.

A ce propos, Mlle, pourrais-je obtenir une petite avance ?

C'est la fin du mois. Je suis un peu raide.

-Raide ? -Fauché.

-M. Marcel, depuis quelque temps vous avez de ces expressions !

-Oui, excusez-moi. Je voulais dire : je manque de disponibilités,

..alors 200 F me permettraient de boucler mon budget.

-Bon. Je demande à papa.

-Merci beaucoup Mlle.

-Mais c'est un peu fort. Me demander 200 F pour aller..

..avec un ami au lieu de m'accompagner !

Je finirai pas croire que vous me fuyez.

-Oh ! Mademoiselle ! Moi ? Ca alors ?

-Vous me trouvez dangereuse ? -Mais non.

Enfin, je n'oublie pas que je suis le modeste employé de votre père.

-Vous êtes trop timide. Il faut voir plus haut, plus grand.

Mon père était un employé.

Ca ne l'a pas empêché d'épouser la fille de son patron.

-Que dites-vous de cette allusion ?

-Je ne veux pas la comprendre.

-Elle est pas mal Mlle Mercandieu.

-Ce n'est pas mon genre. J'aime les brunes.

-Si ce n'est que ça !

-Oh ! Et je me méfie de Mlle Renée. Je pense à mon prédécesseur.

Au fond, c'est une allumeuse.

-Oh ! Oh !

-Naturellement, pas avec vous ! Mais non !

Elle cherche à se marier.

Si on lui fait la cour, elle croit que c'est pour sa dot.

J'ai une bonne place, je ne veux pas la perdre.

Y'a trop de chômage.

Si elle savait que mon ami, c'est une amie...

-Brune, probablement. -Vous l'avez deviné.

-Le numéro que vous demandez depuis 2 h, c'est le sien ?

-Oui, oui.

C'est un café. Ah ! Ca sonne.

Allô ? Oui, allô ? Trudaine 25-34.

Je voudrais parler à Mlle Loulou. Loulou.

Elle se nomme Loulou. Joli nom ?

Loulou... Loulou.

-Quand vous aurez fini de jacter mon nom !

Pour la mise en boîte, repassez. Ah, c'est vous Marcel ?

Bien sûr que je vous ai pas oublié.

Rendez-vous directo au restaurant. Ca va ?

Ce qu'on fera après ? On verra ça.

-C'est ça, oui. J'ai une idée. A nous deux, on fait le compte..

..pour la réaliser.

Allô ? Alors mon cher ami, c'est d'accord ?

Je compte sur vous. 7 h 30 au plus tard. Merci. Au revoir, mon cher.

C'est mon ami qui me confirmait le rendez-vous.

-Oui. -Votre père a bien voulu...

-Oui. Mais le téléphone de la maison Mercandieu n'est pas là..

..pour vos conversations. -Oui.

-Voilà.

-Je vous mets une serviette propre. -Oui et pensez aux fleurs.

-Très bien. -Dites, Charles.

De la discrétion. Ne vous mêlez pas à la discussion.

-Soyez tranquille. -La voilà ! La voilà.

-Salut !

-Elle ne vient pas ? -Elle paye le taxi.

-Elle paye le taxi ? -Et alors ?

-Vous, vous l'accompagnez. -Je viens casser la graine.

-Quoi ? -C'était pas convenu ?

-Ah !

Oui, oui. Charles. M. casse la graine avec nous. Euh !

M. dîne avec nous. Rajoutez un couvert.

Loulou.

-Je suis venue. -Oui, mais avec Jo.

-Vous êtes pas content ? -J'eusse préféré..

..que vous vinssiez seule. -Quoi ?

-J'aurais préféré que vous veniez seule.

-Répétez comme avant. Ah ! Jo, entends ça. Allez-y !

-J'eusse préféré que vous vinssiez seule.

-Tu te rends compte ? -C'est français.

-A qui voulez-vous faire croire ça ?

-Où on se rince les pognes ? -Au fond.

-Un Byrrh cassis pour moi. -Tu t'es assez rincé !

On croûte tout de suite.

-Quelle drôle d'allure ses invités !

-Enlevez ces fleurs, on se voit pas.

-Qu'est-ce qui va pas, le baveau Mavarçavel ?

-Le quoi ? -Vous parlez pas javanais ?

On vous a appris quoi à l'école ? -J'eusse préféré que..

..vous vinssiez seule. Voilà ce que j'ai appris.

-Ne la ramenez pas toute la soirée. Jo vous défrise ?

-Un peu.

Il est quoi exactement pour vous ?

-C'est un copain, c'est tout.

-Vraiment ? -Puisque je vous le dis !

C'est le copain à mon ami. -A votre...

-C'est son associé.

-Parce que vous, vous avez un ami ?

-Ben, dame ! -Eh oui, c'est...

Naturellement. -Ca a l'air de vous épater ?

-Comme je vous voyais avec Jo, je ne pensais pas que vous aviez...

-Je suis seulabre, alors Jo me tient compagnie.

-Votre ami est en voyage ? -Oui. Il est en voyage.

-Pour longtemps ? -Bah... Comme ça.

-Combien ? -Six mois.

-Six mois ?

Quel âge a-t-il, votre ami ? -30 ans.

-30 ans ? Ah oui, alors je comprends.

Et... Joli garçon avec ça ?

-Y'en a des plus moches. Vous voulez voir sa fraise ?

Tenez.

-Mes compliments.

-Et vous ne voyez que la tête ! Il faut voir ses endosses.

-Ses quoi ? -Ses épaules.

Comme ça qu'elles sont ! Ah ! Comme costaud, il se pose un peu là !

Hein Tintin ? -Il s'appelle Tintin ?

-Son prénom, c'est Auguste.

-Je disais qu'après le dîner, je propose le cinéma.

-Oh non ! Allons voir la boxe au Central ou le catch à Wagram.

-Vous aimez la boxe ? -Pas vous ?

-J'aime pas le cinéma y'a des films de gangsters.

-Ca choque M. ? -Mais non !

Ils enfoncent la lourde d'un coup d'endosses, ils donnent des coups !

Ils ouvrent les coffres-forts en moins de deux.

C'est pas comme ça dans la vie. -Tu le sais comment ça se passe ?

-Plutôt ! -Vous connaissez des gangsters ?

Ca doit être passionnant. -Il bluffe !

Le croyez pas. Tais-toi !

-M. a choisi ? -Oui.

-Tête de veau. -T'as fini de m'engueuler !

-Non, c'est notre choix. Deux têtes de veau.

-Pour moi, un veau marengo.

-Pour le cinéma, c'est oui ? -Ca vous tient. On joue quoi ?

-Je ne sais pas. Je serai près de vous, c'est l'essentiel.

-T'as fini ? -Oui, c'est fait.

-Deux têtes de veau, un marengo.

-Et des noix, ça fait manger du pain.

-C'est tout ? -Un kil de rouge.

-On le sert en carafe.

-Donnez une carafe qui tient le kil.

-Un litron de rouquin, ça me fait mon repas.

-Petite nature. Arrête-toi !

Celui-là, quand il mange à l'oeil, il s'arrête pas.

-J'ai pas croûté à midi. -A cause du dîner de Marcel.

-C'est plus gentil. On fait honneur à votre invitation.

-Surtout que tu n'étais pas invité. Hein Marcel ?

Il est là pour pas que vous soyez..

..seul après le dîner. -Vous ne restez pas ?

-Pas possible. J'ai promis de poser des ventouses à la mère à une amie.

-Loulou, c'est la reine de la ventouse. Hein ?

-Moi qui comptais, qui espérais...

-Il faut toujours espérer. Une autre fois, je promets.

Dimanche, on ira ensemble à la cambrousse, et là, sans charre.

-Pour ce soir, c'est fichu. -Vous irez au cinéma avec Jo.

-C'est pas la même chose.

*-A mon commandement, debout !

*-Ah ! Ah ! *-Fermez-la !

*A mon commandement, debout !

-Allons madame !

*-Asseyez-vous là. Non ! Laissez-moi cette place.

*Les gars ! Les gars !

-Hé ! -Oui ?

-C'est à vous, ça ? -Oui.

Mes croquenots sont justes alors quand je reste assis longtemps,

..je les enlève. -Prenez-le.

Ca vous plaît ?

-Quoi ? -Le film.

-J'ai pas vu. -On ferait mieux de partir.

-Oui, c'est vrai.

-Madame, je vous en prie ! -Oh !

-Ne vous couchez pas sur moi. -Où est l'autre ?

Mécontentement général.

-Voilà, je l'ai ! Vous le mettrez à la sortie.

Pardon. -Oh !

-Dites Jo. Croyez-vous que j'aie une chance avec Loulou ?

-Oh non ! Tintin, c'est mon pote. Je rentre pas dans ces combines.

-Ai-je une chance ? Qu'en pensez-vous ?

-C'est pas mes oignons. -A dimanche.

-Vous partez ? -J'habite près d'ici.

-Venez jusqu'à chez moi. -Pourquoi ?

Ma discussion vous plaît ? -Je m'embête seul. Venez.

-Oui, si vous me donnez votre avis. -Vous me faites rire, vous.

Que voulez-vous que je vous dise ? Loulou est seule à la maison.

Son homme est loin pour 5 mois. Un gars lui fait du gringue.

Comment savoir si elle sera fidèle ? Si elle vous revoit,

..c'est qu'elle vous a à la bonne. -Ah oui ? Merci.

Je vous raccompagne.

Bonjour : bavonjavour.

-Bonjon vajour. -Mais non.

Bavonjavour. C'est pourtant simple.

-Vous trouvez !

-Bavonjavour lebaveau Mavarçavel. -Oh ! Ca veut dire quoi ?

-Bonjour le beau Marcel. Ca, c'est le javanais.

-Voici pour vous. -Merci.

-Voici la broche.

On n'a rien livré ?

-Non, pourquoi ? Il y a quelque chose à payer ?

-Oui, M. Blain. 850 F.

-850 F, une robe nouvelle sans doute ?

-Non. C'est une surprise. -Pour vous ?

-Non. -Pour M. Mercandieu ?

-Non. Pour vous. -Pour moi, une surprise de 850 F ?

Je ne peux pas accepter.

-Je ne vous ai pas dit que c'était un cadeau.

-Qu'est-ce que ça peut être ?

-C'était bien avec votre ami ? -Il m'a emmené au cinéma.

-Votre ami était plusieurs. -Hélas, un autre est arrivé..

..à l'improviste.

-Ca a dû vous faire des frais. -Surtout le second.

Il peut cacher le gonze, c'est rien de le bonir.

-M. Marcel, vous avez de ces expressions !

Vos amis parlent vulgairement. Drôles de gens !

-Ne jugez pas sur les apparences ! Un Parisien qui parle argot,

..c'est comme un paysan qui parle le patois.

-Vous les défendez !

-Vous, Mlle Renée, vous êtes allée à l'école jusqu'à 18 ans !

Tout le monde ne peut pas en faire autant. Le français est difficile..

..à bien parler, le javanais aussi. -Ca, c'est vrai.

-Drôle de comparaison. Pourquoi apprendrait-on le javanais ?

-Moi, provençal, j'ai eu du mal à parler pointu.

-Vous n'y êtes pas arrivé.

-Vous trouvez ?

-Quelle est leur situation sociale ?

-Leur situation sociale ? Euh...

Aujourd'hui, ils sont aux courses.

-Des joueurs ?

-Non. Ils sont à la sortie.

-Des camelots ?

-Je ne sais pas. Jo a dit qu'il tondait au bonneteau des caves..

..avec les barons. -Ca veut dire quoi ?

-Sans doute, des termes du métier.

-L'un s'appelle Jo ? -Oui.

-Et l'autre ?

-Loulou.

-C'est féminin !

-Bien sûr puisque c'est une femme.

-T'as l'air carafe avec ton parapluie, c'est rien de le dire !

-On sait jamais ce qui arrive. -T'as peur qu'il pleuve ?

Y'a pas un nuage dans le ciel. -C'est pas à ça que je pense !

...

Y'a pas un nuage dans le ciel. -C'est pas à ça que je pense !

...

-Super. -Qui ?

-Godiche, une jument qui est préparée de 1re. Gégène a dit que..

..je pouvais me déculotter dessus. C'est gagné d'avance.

Ca fera du vingt contre un. -Tu vas le jouer ?

-Je suis pas venu pour voler des fraises !

-T'es sûr qu'elle gagne ? -Oui.

-Mets 20 balles pour moi. C'est pour Tintin.

Cris.

...

-Vas-y !

-Vas-y Godiche ! Les doigts dans le tarin !

-Le 33 se débine ! -Godiche ! Ah, ben voilà.

Cris.

-Que d'échecs ! Un nom pareil, j'aurais dû me méfier.

-Pauv' Tintin. -C'est pas tout,

..il faut rattraper son oseille. -Avec quoi ?

-Avec le parapluie ! Eh carafe ! Tu me mets en caisse comme un cave.

Heureusement que je l'ai apporté avec les cartes. Allez.

Où qu'est-t-i ? Où qu'est-t-i ?

L'as de pique. Où qu'est-t-i ?

Approchez les joueurs !

As de pique, c'est gagné, les 2 rouges, c'est perdu. Suivez le jeu.

Allons MM. Où qu'est-t-i ? -Là !

-Combien ? 10 balles, 50 balles ? -Doucement, 10 balles. Tiens.

-C'est gagné. -Merci.

-Allons MM. Où qu'est-t-i ? -Là ! 10 F.

-20 F. -Moi aussi.

-30 balles ! -Pas mieux ?

C'est gagné ! Vous êtes verni, vous.

Allons MM. Où qu'est-t-i ?

-Là ! 30 balles.

-50. -C'est bon.

-J'aurais pourtant cru... -Ca alors !

-Vous allez où ? -Je suis pressé.

-Pour Charlemagne. Allons MM. Où qu'est-t-i ?

-Là ! 50 F.

C'est formidable. J'aurais bien cru qu'il était là.

-Allons MM. Où qu'est-t-i ? Celui qui met le doigt sur lui a gagné.

Allons ! Où qu'est-t-i ?

-Là, 100 balles. -200.

-250 ! -500 !

-500 !

-Montrez votre oseille. Je veux pas être marron.

Montrez le fric !

Vous avez vu ça ? Madame joue et elle a peau de balle.

Alors ? -Ben 500, j'y vais.

-Tenu ? -Tenu.

-Oh ! -Envoyez l'oseille.

-C'est du vol ! -Alors pourquoi vous jouez ?

-T'as perdu, faut payer. C'est régu.

-Faut être honnête.

-Les poulets !

-850 et 40 sous pour vous. -Merci, au revoir.

-Au revoir.

-Elle a tellement insisté, j'ai pas pu refuser.

-C'est la surprise ? -Oui. Je pourrai venir dimanche.

-Dimanche, je sors avec des amis.

-Vous me présenterez !

-Je ne sais pas si pour une... -Ils vous chaperonneront !

-Oui. Et je ne serais pas fâchée de voir ce M. Jo et cette Mlle Loulou.

Ouais.

...

-Allez, dépêchez-vous ! -Attendez-moi !

-Oh ! Il fallait vous entraîner avant. Vous nous ralentissez.

-Ils n'ont qu'à pas aller si vite. Comme politesse, je les retiens !

-Je vous avais prévenue. -Comme genre, il n'y a pas pire.

-Je ne vous ai pas forcée à venir. -Dites que je me suis imposée !

-Oh ! Allez ! Pédalez !

Hé !

-Arrête ! La môme est encore en rade.

-La gourde ! Comme fleur de nave, on fait pas mieux.

-T'as fini !

-Lui, c'est pas un homme. T'as vu ce qu'il a boni aux flics ?

"Excusez-moi M. l'agent, j'avais pas vu le signal".

Va donc, eh ! Dégarni !

Et la frangine, tu parles d'une Seccotine !

Qu'attend-il pour la laisser choir ?

-Il veut pas perdre sa place. Les voilà.

Allons-y !

-Jusqu'où qu'on va ? -On avait dit qu'on déjeunait..

..à Poissy. -Qui l'a dit ?

-C'est moi.

-Pourquoi pas à Rouen aussi ? -Vous avez raison.

Je ne savais pas qu'il fallait la pousser.

-Je ne sais pas monter à vélo ? -Si, vous savez.

Pédaler, vous ne savez pas.

-Mlle Loulou, elle, elle sait ! -C'est un fait. Pédalez !

-Stop ! -Oh ! Celui-là !

-Ca fait plus d'1 h qu'on roule.

-Et Marcel ? Qui est toujours avec Mlle.

Regarde, il est encore frais.

Enfin presque.

-Alors que fait-on ? -Jo a la rame.

-La rame ?

-La flemme, quoi ! Faut tout lui expliquer !

-On ne va pas à Poissy ?

-Allez-y à Poissy tous les deux ! On n'a pas avalé la même ficelle.

-Oh ! Mais je ne veux forcer personne.

-Il demande pas mieux. Hein Marcel ?

-On ne dirait pas. -Ca va, Jo !

-M'enfin, si c'est son idée d'aller à Poissy !

-Ca va ! On reste ici. On n'en parle plus !

-Comme c'est décidé, on s'incline.

-C'est très bien ici. -Où va-t-on déjeuner ?

-On achètera quelque chose et on mangera sur l'herbe.

-Je préfère être à une table.

-Bien. -Après, que fera-t-on ?

-Je suis pour s'allonger et piquer une romance.

-A Poissy, on aurait pu prendre un canot.

-Tu parles d'une soirée.

-Quoi ? Que dites-vous ? -Rien.

-On me fait sentir que je suis de trop. Je peux partir.

-Allons ! -On me traite..

..comme une je ne sais quoi.

-Là voilà qui se fout à chialer ! On va y aller à Poissy puisque..

..vous y tenez !

-La ferme ! -J'aime pas voir couiner..

..les gonzesses.

-On reste là. Les mécontents, aux plaintes !

-Je sais ce que je vais faire. -J'en étais sûr.

-Je vous défends de me suivre. -Votre père vous a confiée à moi.

-Quelle idée ! S'il savait les gens que vous côtoyez.

-Ca va ! Quoi ! -Soyez poli.

-Je suis poli ! -Vous me parlez sur un ton !

J'ai eu tort de vous traiter en ami. Vous n'êtes qu'un employé.

-Voilà qui est fait. -Je me souviendrai de ce jour.

-Voulez-vous qu'on essaye de passer une bonne journée ?

-Et l'oublier ? -Au moins, faire semblant.

Il n'y a pas beaucoup de dimanches.

-Ca, c'est vrai, il n'y en a pas assez. Maintenant, bouclez-la.

J'aime pas le pétard.

-On déjeune quand ?

-Vous avez les crocs ? -Quoi ?

-Vous avez faim ? -Oh non.

-Moi, ça me coupe l'appétit de me lever tôt.

-Marcel. J'ai pas une bête dans le cou ?

-Attendez.

-Là, sous ma blouse.

-Je ne vois rien.

Ca y est, je la tiens. Ne bougez pas.

Là. Elle ne m'attendait plus.

Vous ne portez pas de soutien-gorge ?

-Vous avez un mouchoir pour ma tête ?

-Un mouchoir ? Oui. Tenez.

-Vous vous allongez pas ? -Je voudrais,

..mais je n'ai pas de mouchoir, moi !

Je ne veux pas vous en priver. -Je ne m'en sers pas.

-Vous êtes gentil. Merci.

-Il faudra me le rendre. C'est un cadeau.

-Soyez serein, je vous le rendrai.

-Et le vôtre, c'est aussi un cadeau ?

-Non. Je l'ai acheté. -Alors je peux le garder ?

-Si vous voulez. -Merci.

-Il n'y a pas de quoi.

-Quand déjeune-t-on ?

-Elle pense qu'à croûter, celle-là.

-Montrez vos biscotos.

Pas trop moches.

Et moi ? Tenez.

Et ici, tâtez-moi ça.

Ca se pose un peu là, non ?

Et le bide, c'est pareil. Tâtez.

C'est pas du pâté de foie.

-C'est de la bonne qualité. -Supérieure !

-M. Jo !

M. Jo !

-Qu'y a-t-il ?

-Faudrait qu'il tâte mes biceps !

-Jo, t'entends ça ? T'as une touche avec Mlle.

-Monsieur Jo.

-Il roupille, c'te feignasse.

Eh Jo ! 22, v'là les bourres !

-C'est malin. J'étais pépère en train d'écraser.

-T'as pas honte ?

Alors que Mlle attend que tu lui fasses du gringue.

-C'est vous ? -Vous êtes chatouilleux ?

-Et vous ?

-Y'a qu'un endroit où je suis chatouilleuse. Ca me rend dingo.

-Ah oui ? Où c'est ? -Cherchez, vous verrez.

-Là ? -Non.

-Là. -Non.

-Aux doudounes, c'est sensible.

-Aux doudounes ? Mais c'est quoi, les doudounes ?

-Les gaillards, les "roberts", les nénés !

Faut tout lui expliquer à ce mec-là.

-C'est vrai ? -Oui.

-Si j'essayais ? -Plus tard, y'a trop de monde.

-J'ai compris.

Oh ! M. Jo, ils sont écoeurants !

-Vous avez pas à vous plaindre. -Oh ! M. Jo.

-Vous êtes bien balancée. Et je m'y connais. Ne vous en faites pas !

-Vous êtes trop aimable. Vous aimez les culottes pour une femme ?

-Les culottes ? -Je trouve ça affreux.

Et tellement vulgaire ! Pas vous ?

-Oh, ça dépend.

-Ca dépend comment qu'on est foutue.

-Evidemment. Quand on est trop maigre, on peut le dissimuler.

-Voilà.

-Je ne sais pas ce que vous pensez, mais rien n'est plus ridicule..

..pour une femme,

..que de vouloir être comme un homme.

-Jo, c'est intéressant.

-Allez, on va écluser un godet en douce ! Je vous invite.

Vous êtes pas bégueule. Allez !

-Où que tu vas ? -M'en jeter un. Je la sèche.

Repère un bistrot pour croûter. -Bien, mon général.

-Je viens avec vous ? -Venez.

-Ici, j'aurais peur d'être indiscrète.

-Quelle idée. Hein Marcel ? -Mlle Renée...

-Ca va. Qui rira bien qui rira le dernier.

-Ca vous fait rien d'être devant, je suis éreinté.

-Bon.

Allez, hop.

-Elle est gluante. -Ne m'en parlez pas !

J'étais sûr qu'avec elle, on aurait des ennuis et c'est pas fini.

-Elle est toujours comme ça ? -A peu près. Quand j'ai vu..

..le vélo arriver, je savais que mon compte était bon.

Même plus de dimanche !

-Le mariage l'intéresse peut-être ? -Pensez-vous !

-Pourquoi ne pas partir ? -Car il y a la crise.

Si j'étais sûr de trouver une place ailleurs.

-Vous gagnez combien ? -1800.

-C'est léger. -M. Mercandieu ne les met pas..

..avec des saucisses. Il est radin. -Ca marche pas ses affaires ?

-Comme partout. Il n'a pas de frais.

-Vous êtes combien d'employés ? -Il y a moi, un comptable qui..

..vient 3 fois par semaine et à l'atelier, ils sont 3.

-C'est bien comme boutique ? -C'est un appartement.

-Ah ! C'est en appartement. -Oui. Rue Turbigo.

-Quel numéro ?

-48. -48 ?

-Il fait trop chaud. Pas la peine de chercher plus loin. Patron !

-Voilà !

-Alors, vous prenez quoi ?

-Je tiens absolument à payer ma part.

-Ma tournée, c'est ma tournée.

Vous payerez la 2e si vous voulez.

-Oui. -Ou on la joue à la passe anglaise.

-Bonjour. -On peut croûter ?

-Bah oui. -On verra ça tout à l'heure.

Apportez 2 bières et le zanzi. -Oui.

-Je ne sais pas jouer.

-Je vais vous affranchir.

C'est du vrai, ça ? -Je pense bien que c'est du vrai.

-Y'a pas idée de l'emmener à la campagne, vous pourriez le paumer,

..le perdre. -Oh ! J'y fais attention.

-Et le tapis. -Oh !

-Vous savez jouer à l'herbe ? -Non. C'est quoi ?

-Attrapez l'autre bout. Pas avec la main ! Comme moi.

Celui qui en bouffe le plus a gagné.

-Nos bouches vont se toucher. -Ca vous fait peur ?

-Oh non.

-Un, deux, trois, partez !

Vous m'avez eue au sprint.

-On recommence ? -Ca vous amuse ?

-Si. Le gagnant doit gagner quelque chose.

-Quoi donc ? -Ce que vous voulez.

Une petite faveur. -Ca peut nous mener loin, ça.

-Je suis sûr de gagner. -Allons-y.

-Attention. Un, deux, trois. Partez !

-Et hop ! -Oh !

Vous en avez de la veine.

-Vous vous rattraperez cet après-midi.

-Je vous dois combien ? J'y tiens. J'y tiens.

Tenez. Voilà 50 F. Je vous dois encore 10 F.

-Oui. On va chercher les autres.

-Je me demande ce qu'ils font.

-Une femme comme vous n'a pas besoin d'être jalouse.

-Vous êtes flatteur. -Magnez-vous le popotin.

-Ah ! Ah ! C'est si drôle.

-Vous préparez la croûte, on revient.

Ne vous en faites pas, il vous a à la bonne, Marcel.

-Vous croyez ? -Puisque je vous le dis. Allez !

-J'en gagnerai pas une.

-Un, deux, trois, partez !

-Lâchez-moi, je vous gifle ! -J'ai gagné !

-Si la fille vous voyait ! -Je vois.

Charmant M. Marcel, charmant !

-Nous jouions au brin d'herbe.

-Un vrai jeu de société. Vous voulez jouer avec Marcel ?

-Merci.

-Alors, on va croûter ? -Oui, allons croûter.

-Pas trop tôt. -T'as gaffé ce qu'y avait au menu ?

-Des radis, de l'omelette et du veau à l'oseille. Ca ira ?

-J'aime pas l'oseille. -Tu as tort.

-Laissez-moi. Ne me touchez pas. -Bon.

-Y'a de l'eau dans le gaz. Tu sais où travaille Marcel ?

-Non. -48 rue Turbigo au 3e.

Renée habite là avec son dab, veuf. -Et alors ?

-Oh ! Celui-là !

-Ne me parlez pas. -Bien.

-Changez de ton. -Moi ?

-Ne vous moquez pas. -Mais...

-Silence. Je ne vous connais plus. -Bon.

-T'as déjà oublié qu'ils sont bijoutiers.

En route !

-Marcel ! Marcel, arrêtez-vous !

Arrêtez-vous ! J'ai perdu ma broche.

-Je ne devais plus vous parler. -Ce n'est pas le moment !

J'ai perdu ma broche. -Où ça ?

-Quelle question ! Si je le savais, je ne vous aurais pas parlé.

C'est entre le restaurant et ici.

-C'est gai ! -Cherchez !

-Que se passe-t-il ? -Elle a perdu sa broche.

-Je vous l'avais dit, c'est pas des trucs à emmener à la cambrousse !

Je vous avais prévenue.

-Vous avez raison. J'aurais dû vous la confier.

Cherchez, voyons ! -Ca va être de ma faute.

-Elle avait de la valeur ? -Je le crois bien, oui !

-J'ai pas vu qu'elle avait une broche.

-Moi si. Même tout ce qu'il y a de belle. Vise !

-Oh, celui-là ! -Oh !

-On ne renvoie pas un employé à qui on n'a rien à reprocher.

Rien de professionnel. -Bon.

Ton employé est grossier avec ta fille et tu trouves ça bien.

-Je dis que ce n'est pas un motif pour le renvoyer.

-Il est en retard de 20 mn. Sers-t'en.

-En général, il est exact. Mauvais prétexte.

-Si tu tiens à le garder, dis-le. Je m'en irai.

-Ne dis pas de bêtises. Attends 8 jours.

Si tu es dans les mêmes idées, je le balancerai. Réfléchis.

-C'est tout réfléchi. Si tu connaissais ses fréquentations...

Tu ne le garderais pas.

Porte.

-Ce doit être lui.

-Vous êtes en retard.

-Excusez-moi. Le métro a eu une panne.

-Comme par hasard. -Que ça ne se renouvelle pas.

Autrement...

Tu m'accompagnes à la réunion ce soir ?

-Quelle réunion ? -Les Anciens du 131e.

Les familles sont invitées. -Non.

-Tu as tort.

Il paraît qu'après dîner, il y aura une conférence sur l'Indochine..

..avec des projections. Ce sera intéressant.

-Non. Je préfère me coucher. -Comme tu veux.

Je monte à l'atelier.

-Bien monsieur.

Alors Mlle Renée, bien dormi après le vélo ?

Pas trop courbaturée ?

-Je vous prie de limiter dorénavant vos rapports avec moi,

..aux questions de service. -Bon. D'accord.

-Montez ce bordereau à l'atelier et vérifiez s'il est conforme.

-Bien. Porte.

-Bonjour. -Oh ! Ce cher M. Blain.

C'est l'autobus, vous, moi, c'est le métro.

-Mêlez-vous de ce qui vous regarde.

-Ca s'est bien passé votre promenade ?

-J'aurais mieux fait d'aller avec vous au théâtre.

C'eut été plus agréable. -Oh, vous savez !

-Oh si ! Vous auriez eu le tact de ne pas m'exposer à certaines..

..rencontres. Au fait, que faites-vous ce soir ?

-Ce soir ? -Oui. Je vous invite à dîner.

-Mais... -Mais si ! Papa a sa réunion.

Nous ferons un bon dîner puis nous irons à l'Opéra Comique.

-Volontiers. -Je vais le dire à papa.

-Oui.

Alors, ça ne va pas ?

-Je suis en pleine disgrâce. Mais vous ne pouvez pas savoir..

..à quel point je m'en fous. Je m'en balance, je m'en tamponne.

-Salut.

Et P'tit Louis ? -Il travaille.

-C'est son cassement ? -Je voudrais être dans 2 h.

-Ils piquent une bagnole ? -Oui, une Bd de Strasbourg.

-T'en fais pas ! Je m'en fais moi ?

-Pour toi, c'est qu'une question de fric.

-Moi, c'est mon homme. Elle est où Loulou ?

-A la Santé, voir Tintin comme tous les lundis.

-M. Blain. -Mademoiselle ?

-Vous connaissez les doudounes ?

-Les doudounes ? -Oui.

-Non, mademoiselle.

-Mais votre éducation est incomplète !

C'est comme ça qu'on nomme la poitrine des femmes.

Dans certains milieux.

-Ah ?

-Inutile de dire que c'est un milieu distingué.

M. Marcel a d'excellents amis dans ce monde-là.

Les hommes ont une vie plutôt contemplative.

Les femmes, au contraire, ont une vie très active.

Elles adorent se promener le soir de préférence,

..dans des endroits peu éclairés. Elles ont souvent de jolis noms.

Des noms très poétiques comme Casque d'Or, la Grande Mélie,

..Loulou !

-Ah non ! Cette fois, c'est trop fort.

-Qu'avez-vous ? -Vous n'avez pas le droit..

..d'insulter une femme qui... -Que vous aimez, dites-le !

-Je ne suis ici que votre employé. Je n'ai aucun compte à vous rendre.

-Parlez-moi sur un autre ton ! -Alors, respectez mes amis !

-Votre amie, vous voulez dire.

-Mlle Loulou est une personne respectable.

-Ainsi que M. Jo ? -Parfaitement !

Je ne laisserai pas diffamer mes amis, ni les amis de mes amis !

Tout de même.

Cris.

-Aux voleurs !

-Je vous mène où ? -A Barbès.

On prendra un taxi pour aller chez Fernand. Tu laisses la voiture.

Fais gaffe qu'on te repère pas. Et tu nous rejoins.

-Dommage de lâcher une bagnole qui roule si bien.

J'aurais aimé y promener ma gonzesse.

-Avec votre poste de confiance... -La confiance !

-Oui ! Il y a des amitiés intolérables.

-Vous voulez me balancer. Allez-y ! Que ce soit vite réglé.

-Il est exact que mon père à qui j'ai tout raconté,

..a voulu vous renvoyer. -Voilà !

-J'ai dit que vous alliez réfléchir.

-A quoi ? -A votre avenir que vous sacrifiez.

-Mon avenir ici ! 1800 F par mois et 100 F d'augmentation par an !

-M. Blain. -Mlle ?

-Laissez-nous. -Avec plaisir.

-Mon père n'est plus jeune, il veut se retirer des affaires.

Vous pourriez prendre la suite.

-Je n'ai pas d'argent et il ne me fera pas cadeau de sa maison.

-Il pourrait commencer par vous intéresser puis vous associer.

Puis vous passer la main. -La vôtre ?

-Pourquoi pas ?

-Mlle Renée, là, vous me faites marcher.

-Demandez-lui, vous verrez. -Il voulait me renvoyer.

-Oui, si vous continuez à fréquenter ces gens-là.

Vous devez choisir. -C'est un ultimatum.

-Non, un dilemme. D'un côté, le brillant avenir,

..une situation inespérée, de l'autre, la sombre aventure.

La déchéance.

-D'un côté, la brune et de l'autre, la blonde.

-Si vous voulez.

-Je réfléchis.

-M. Blain !

Porte.

-Entrez. -Je ne suis pas indiscret ?

-Non, non.

-Difficile de faire les comptes.

-C'est fini.

-Alors ?

-Je réfléchis. -Quoi ?

-M. Blain, je pèse le pour et le contre.

Brune. Blonde.

Brune.

-On me dit que tu m'as remis 150 balles.

Tu charries, non ?

-Je fais ce que je peux. -Quand je sortirai,

..tu vas te faire dérouiller.

Je t'apprendrai à te foutre de moi. Je dois 3 jetées à la cantine.

On m'a dit que tu pouvais pas me faire crédit.

Je ne mangerai pas l'ordinaire.

-Non, bien sûr !

-Le secrétaire de l'avocat réclame le fric.

-Oh, ce culot !

-Envoie-lui un sac et 5 jetées.

-1500 balles !

-Oui. Il peut m'avoir une remise de peine,

..avec des combines régulières. Faut cracher.

-1500 balles. Où tu veux que je les prenne ?

-M'en fous. Jo t'aidera.

-Jo ? Y'a pas plus feignasse, pas moyen qu'il travaille.

-Dis-lui qu'il connaîtra mes pognes.

-Oui, mon Tintin.

-C'est compris ? Un sac et demi pour l'avocat.

5 jetées pour mes extra, ça fait 2000.

Maintenant, débine.

-Dis-moi quelque chose de gentil, que tu m'aimes.

-T'auras ta dérouillée quand je sortirai du ballon.

C'est pas la peine de revenir sans le carbure. J'y serai pas.

Salut. Porte.

-Ce sera quoi ? -Une fine.

-Tu as quoi ? -C'est rien !

C'est dans la vitrine, je sais pas ce qu'ils collent dans les glaces.

C'est dur à casser. -Je te fais un pansement.

-C'est rien. -Viens !

-C'est rien !

-Y'a tout ce qui faut à la cuisine.

-Quand il prend la camelote ? -Cet après-midi, vers 3 h.

-Ca s'est bien passé ? -Tu vois.

-J'aurais dû y aller.

-Ca y est ? -Oui.

-Va chercher Popaul et ramène-le.

-Mlle Renée, j'ai réfléchi.

-Faut-il que je sorte ? -Je renonce.

-Non, restez. Restez.

-Je renonce au brillant avenir, à la situation inespérée.

-Quoi ? -J'ai choisi la brune.

-Sortez M. Blain.

-Oui, je crois.

Porte.

-Vous savez ce que signifie votre choix ?

-Trouver une place ailleurs.

-Oui et on demandera des renseignements.

-Et alors ? -Je pense qu'après ça,

..on ne vous engagera pas. -De vous, je m'attends à tout.

-Je vous en prie.

Tout ça, pour une fille publique !

-Vous avez dit quoi ?

-Vous avez compris. -Retirez ça !

Retirez ça ! -Vous ne me connaissez pas !

-Vous ne le retirez pas ? -Non !

-Bien.

-Où allez-vous ? -Je pars.

-Où allez-vous ? Je vous préviens que si vous partez,

..ne revenez plus jamais ici.

-J'y compte !

-Réfléchissez. -Encore.

C'est tout vu. Adieu.

Pardon.

-Relevez-vous M. !

-Pardon. -Courez après lui,

..je dois lui dire quelque chose.

-Vous êtes derrière toutes les portes.

-Je vous ai interdit de revenir.

-Vous direz à M. Mercandieu de vous donner mon mois.

Je le prendrai chez vous demain soir. Ca m'évitera de revenir ici.

J'aime mieux ça. -Marcel !

-Au revoir. -Au revoir.

-Marcel, écoutez-moi.

-Viens, j'ai à te causer.

-Je suis occupé. -Viens, j'te dis.

Je suis en boule. -Because ?

-Tintin est en rogne. Il veut du flouze pour payer son bavard.

-Pas encore fini de le payer ? -Avec quoi il aurait payé ?

Pas avec ce que t'envoies. C'est pas tout. Sa cantine est coupée.

Pas de carbure, pas de frichti. -Alors ?

-Trouvons du carbure.

-Y'a la broche à la môme Renée. -Ca suffit pas.

Faut un sac ou deux pour le moins.

-Alors, c'est quoi ta combine ?

-Un fric-frac chez le patron de Marcel.

-T'es pas dingue ? -Non.

-Un fric-frac, rien que ça ?

-Parfaitement.

-Qui le fera ton fric-frac ? -Toi.

-Dis, tu charries en ce moment.

-Non. Si t'es un homme, montre-le.

-Je vais pas le faire seul !

-Je serai en bas.

-Toi en bas et moi en haut, tu rigoles !

-Dis que tu veux pas !

-J'y tiens pas.

-Ca se dit homme !

-On peut aussi tenir à sa peau.

-N'en parlons plus.

-Les bijoutiers mettent sûrement leur camelote dans un coffre.

-Et alors !

T'en as jamais cassé ? Les chalumeaux, c'est fait pour quoi ?

-Pourquoi tu m'envoies pas piller la Banque de France,

..pendant que tu y es !

-Alors, tu te dégonfles ? -Je me dégonfle pas.

Le fric-frac, c'est pas pour moi.

-T'en as jamais fait ? -Si, mais pas seul. Avec Tintin,

..c'est différent. Pourquoi tu demandes pas à P'tit Louis ?

Il est du métier ! Il fera ça les doigts dans le nez.

-Il a pas besoin d'oseille, moi oui !

-T'apportes l'affaire, il fait le boulot,

..on partage, c'est réglo. Je lui demande ?

-Non !

Téléphone.

-Allô ?

Loulou, c'est pour toi.

-Allô ?

-Pas besoin de lui donner d'adresse !

-Allô ?

Ah, c'est vous Marcel ?

-Un fric-frac dans la bijouterie, ça t'intéresse ?

-Quel genre ?

-En appartement. -J'ai pas meilleur. Et puis ?

-On connaît un employé. -C'est intéressant.

Il est dans le coup ? -Non, mais il est bon..

..comme la romaine. Il fait son poids, j'te jure.

-Elle a dit des choses insupportables, je suis parti.

Je ne veux pas vous le dire. Vous ne pouvez pas deviner,

..c'est inimaginable. Loulou, j'aimerais vous voir,

..vous parler. Ce n'est que près de vous que je me sens en confiance.

Je crois bien, oui ! Où êtes-vous ?

Oui. Je viens.

Loulou... Lou...

-Dans un mois, oui. -Avance un peu.

-Non. Paris est malsain pour moi, demain je vais à la cambrousse.

Ordre de la Faculté.

-Y'a pas, tu vas t'y coller. -Tu parles d'un deuil.

-Même qu'il y a un os, Marcel est parti.

-Non ? -Oui.

-Et Popaul ? -Ils l'ont sucré.

-A Barbès, chez Fernand ! Allez !

-Pars. -S'il a parlé, vous témoignez..

..que j'ai pas bougé d'ici.

-Ils croiront ça ? -Oui, faute de preuve.

-Et ta main ? -Merde.

T'as raison, faut partir. Donne la clé où on a mis la camelote.

Parle avec le fourgue et te laisse pas avoir.

Ca ne va pas mieux. -Qu'y a-t-il ?

-Les poulets sont là, un taxi et un car. Ils regardent pas aux frais.

-Pas étonnant que les impôts augmentent.

-Vos feux, vite ! -Pourquoi ?

-Je veux pas de pétards ici.

-T'as raison. Et les laisse pas rouiller.

-Restez pas comme ça. Asseyez-vous.

De quoi ça a l'air ? On dirait que vous avez jamais vu de poulets.

-T'es marrant. Y'a pas d'autre porte pour se tirer !

-Ca me fout le cafard. -Tu veux de l'eau de mélisse ?

-Ils attendent quoi ? -Que je sorte.

Ils préfèrent poisser dehors. S'ils ne sont pas pressés, moi non plus.

-Pardon MM. le café Fernand ? -Vous venez chercher quoi ?

-Je suis attendu. -Ah oui !

-Merci.

-On l'emballe ? -C'est quoi ces manières ?

-Laisse aller. -Ca !

Tout de même !

-Fais gaffe ! Un rapplique.

-Messieurs dames.

Pardon, je suis bien chez Fernand ?

-Faites votre boulot, vous foutez pas de nous.

-Je me fous de personne. -Par ici !

C'est l'employé qu'on t'a causé. -Ah bon !

-Venez par ici.

-Vous tombez au bon moment.

-Je vous avais pas vu. Ca va ?

-Y'a des jours meilleurs.

-Ca me fait plaisir de vous voir. J'avais besoin de ça.

-Ah oui ?

-Vous venez ici tous les soirs ?

-Oui. -C'est bien. C'est calme.

-Y'a des fois où c'est plus animé.

-Ah ! -Vous êtes venu un mauvais jour.

-Je préfère les lieux tranquilles. J'ai horreur du bruit.

-Vous êtes servi. -Ah oui.

C'est drôle ce café tranquille dans une rue assez mal fréquentée.

-Vous trouvez ?

-Vous ne m'en voulez pas de dire ça ?

-Causez toujours. -J'ai rencontré 2 types bizarres.

J'aurais pas voulu les rencontrer au coin d'un bois à minuit,

..au clair de lune.

Rires.

Ce n'est pas pour vous dire ça que je suis venu vous voir.

-C'est long ! -On a le temps, nous, hein ?

-Vous voilà chômeur. -Qu'est-ce que vous voulez !

-Vous allez faire quoi ? -Je ne sais pas.

Je suis allé voir deux copains qui travaillent dans la bijouterie,

..mais on débauche. -Et alors ?

-Je sais pas.

Votre ami Tintin et Jo, puisqu'ils sont associés,

..ils ne peuvent pas me prendre ? -Oh non.

-Vous savez, je ne serai pas exigeant.

-C'est pas ça, mais leurs affaires, c'est pas votre genre.

-Je n'ai pas de genre défini. Je suis dans la bijouterie..

..par hasard. Je peux faire autre chose. Je m'adapte très facilement.

-C'est pas pour vous.

-Ah...

Et autour d'eux, dans leurs relations...

Ils ne connaîtraient rien ?

-Non. Cherchez ailleurs.

-Ah... Bien.

-Je dis pas ça par mauvaise volonté ! Mais un de ces jours,

..vous comprendrez pourquoi.

-Les v'là ! -Qu'y a-t-il ?

-Police. Haut les mains ! Ne bougez pas.

-Vous avez compris ? -Vous avez entendu ?

-Comment ? -Vous avez entendu ?

-Quoi donc ? -Haut les mains. Les vôtres aussi.

-Si vous voulez.

-Vous foutez pas du monde ou ça ira mal.

-Je me fous... -Ta gueule !

-Plus vite, le bicot. -Vous avez dit quoi ?

-Le bicot ! -Oh la brute !

-Qui a dit ça ? -C'est moi.

-Encore vous. -Ca m'a échappé.

-Vos papiers. -Oui.

Tiens ? -Ca vient, oui !

-Je trouve plus mon portefeuille.

-Vous vous dépêchez !

-Je ne comprends pas. Ca par exemple, j'ai dû le perdre.

-Oui. En attendant, venez.

-Laissez-le. Il n'a pas réfléchi.

-On te demande quelque chose ? -Soyez poli avec elle !

-Quoi ? Allez ouste ! -Lâchez-moi.

-Venez ! -Vous n'allez pas me garder.

-Marchez. -Je veux téléphoner.

-Marche !

-Vous ne vous en tirerez pas comme ça. Si on peut plus aller au café !

Tout de même ! Et lui, là ? C'est vrai, ça ?

-D'où qu'il sort celui-là ? Il est marrant.

-Qu'est-ce qu'ils vont y passer.

-J'en ai mal au ventre.

-Qui lui a fauché son portefeuille ?

-Moi. J'y pensais plus. -Celui-là !

Tu vas le refiler de suite.

-Je vais me déranger pour lui ! -T'as compris !

Tu diras qu'on l'a trouvé par terre.

-Je sais pas où il est. -Tu chercheras. Grouille-toi !

-Il commence à me faire suer. On n'a que des ennuis à cause de lui !

-C'est un de vos amis ? -Oui.

-Tiens ! Curieux.

Vous pouvez venir.

-Merci M. l'agent.

Oh ! Vous l'avez retrouvé ? -Voyez.

-Merci. C'est une chance. Sans ça, ils me gardaient.

On le comprend. -On vous rend vos affaires.

-Oui. Où était-il ? -Quoi ?

-Mon portefeuille. -Par terre. Je l'ai ramassé..

..après que vous êtes parti. -C'est gentil d'être venu.

-C'est naturel. -Non !

J'en connais qui auraient attendu.

-Loulou voulait que je vienne. Moi, j'aime pas ces endroits-là.

-C'est très gentil de sa part. Très gentil !

Je peux partir ? -Oui.

-Merci M. l'agent. Au revoir. -Dites Adieu.

-Oui. Adieu MM. Encore, merci. -Oh celui-là !

Vous êtes truffe ! -Pourquoi ?

-Ils vous ont frictionné. -C'est les autres.

-C'est pareil. Comment ça va ? -Courbaturé.

-Buvons, ça vous remettra. -Oui.

-Entrez.

-Qui c'est ? -Marcel qui vient croûter.

-Ils vous ont arrangé ! Asseyez-vous.

-Oh ! Non, je peux pas. -Pourquoi ?

-Je suis sensible de là. -Ils vous ont caressé.

-Un peu, oui. -Essayez tout de même.

-Ah ! -Bougez plus.

-Votre veston, je le recouds. -C'est pas la peine.

-Laissez-vous faire.

Jo. Donne à boire.

-Un peu de marc.

-Y'en a pas. -J'en ai acheté en montant.

-Tu lui as dit un mot !

-C'était pour voir si c'était le bon.

-C'est bon pour les idées noires.

-Merci. -T'en veux ?

-Il me semble.

A la vôtre !

Comment il est ? -Bon.

-Oui. Les poulets l'ont affranchi. Il est au courant.

-Je sais que vous êtes des cambrioleurs.

-Des marcheurs ! Quand c'est que tu parleras bien ?

-Regarde-moi un peu.

Tes yeux brillent. T'es schlass.

-Schlass, pour 3 godets qu'on a séchés. Tu me fais mal.

-Un peu de rouge ? -Oui.

A la tienne. -A la vôtre.

Il est bon. -Hein ?

Où je m'assois ? -Va chercher une chaise.

-Voyez comme elle me traite.

-Ils vous ont dit quoi au commissariat ?

-Vous vous en doutez. -Tintin ?

-Oui. Tintin et vous.

-Moi ? -Oui, enfin...

Vos occupations, vos antécédents.

Votre métier ! -Buvez pas tant !

-Ah si ! Il faut pour oublier. Car une affaire pareille...

Ca marque un homme pour longtemps.

-Demain, vous sentirez rien.

-C'est pas de ça que je parle. Je parle de la douleur morale.

-Vous êtes marrant ! Et croûter ? J'attends pas d'héritage.

Y'a aussi Tintin à nourrir !

-Il mange pas là où il est ?

-Je peux pas le laisser becqueter à l'ordinaire ! Ca se fait pas.

-Vous pourriez peut-être travailler.

-C'est ce que je fais.

-Enfin, je veux dire... Un métier plus honnête.

-Je connais que ça. Ailleurs, on me prendra pas.

-Pardon. -Voilà votre veston.

-Merci.

-Te v'là, tout de même !

-A la croûte.

-Croûtez sans moi, j'ai pas faim.

Ils ont dit quoi sur lui ?

-Pas grand chose, qu'on l'appelait Jo les Bras coupés car..

..il aimait pas se fatiguer. -Tu vois ta réputation !

La renifle est au courant. -Je l'enquiquine, la renifle !

Marcel.

A la tienne.

-Ca vous fait pas bizarre de manger avec des marcheurs ?

-C'est affreux. Vous...

Vous que je plaçais si haut.

-Allez, un petit coup de marc, ça va se passer.

-A la tienne Marcel. -A la tienne Jo.

-Mange un petit morceau. -Du jambon.

-Du jambon ? Allez.

-J'oublierai jamais ce que vous avez fait.

-Oh ! Ca va ! -Ah non.

Je sais pas si vous êtes des voleurs,

..mais des honnêtes gens n'auraient pas fait ce que vous avez fait.

-Les honnêtes gens, c'est bidon, ça n'existe pas. Je vous le prouverai.

-La ferme Jo ! Tu bois trop.

-T'as pas la prétention de m'empêcher de causer !

-Laissez-le s'expliquer ! -Tu vois, il me comprend, lui.

T'es un pote, toi. Je t'avais pas à la bonne, mais aujourd'hui,

..c'est plus pareil. On est copains, hein ?

-Oui, Jo. -On se dit plus "vous", mais "tu".

-Ca va. -Allez, passe ton verre.

-J'ai trop bu. -Pour trinquer.

-Alors... -A la tienne.

-A la tienne.

-Je disais quoi ?

-Que les honnêtes gens n'existent pas.

-Ah oui, c'est vrai. T'en connais des honnêtes gens ?

Hein ? -Il me semble.

-Cherche un peu pour voir.

-Pas Mercandieu, bien sûr. Y'a pas plus fripouille.

Rires.

-Ah, tu vois ! Et toi, t'es honnête ?

-Je crois, oui.

-T'es jamais monté en 1re dans le métro avec un ticket de 2de ?

-Quand il y a foule.

-Bon. T'as la radio chez toi ?

-Oui. -Bon. Tu l'as déclarée ?

-Je m'en sers presque jamais.

-Bon. Ca va. Tu es un voleur.

On est tous des voleurs. Y'en a pas un qui essaye pas d'empiler..

..le voisin ou le gouvernement. Pas un !

-Pas un ? -Non.

-Seulement nous, les vrais, on le fait ouvertement.

C'est notre profession. Les autres, ils ont peur de se mouiller,

..alors ils prennent des métiers pour la frime.

Mais c'est encore nous les moins coquins.

Nous, on fauche jamais rien à un mec qu'on connaît.

-Comment que tu dis ?

-Je vois ce que tu veux dire.

Tu sais pourquoi elle dit ça ? -Non.

-Eh bah, je vais dire à Marcel.

-T'es encore plus schlass que je croyais.

-Il est possible que je sois schlass,

..mais Marcel est mon pote, hein ?

-Oui, Jo.

-Et à son pote, on doit la vérité, hein ?

-C'est ça.

La vérité, rien que la vérité.

-Eh bah, ton portefeuille, tout à l'heure...

C'est moi qui te l'ai pris. -Non ?

Mon portefeuille. -Oui.

Rires.

-Tu m'as volé mon portefeuille ? Toi ? Jo ?

-Je reconnais que c'était pas des choses à faire.

Surtout dans un moment pareil. Seulement, je te ferai remarquer..

..que t'étais pas encore mon pote à ce moment-là. Faut pas confondre.

-C'est pas bien ce que tu as fait.

-Je sais que c'est pas bien.

Tu veux que je te demande pardon ? -Non. Non.

Je veux pas qu tu me demandes pardon. Je vais m'en aller.

M'en aller, c'est tout. Adieu Jo.

Adieu.

Mon portefeuille.

-Ne pars pas comme ça ! Puisque je te dis que je te demande pardon !

Tu veux que je m'agenouille ? -Oh non. Je ne veux pas.

-Alors tu veux quoi ? -M'en aller.

-Non ! -Si !

-Je veux pas que tu t'en ailles ! -Moi, je veux m'en aller !

-Si les flics vous voient, vous allez au car.

-Au point où j'en suis.

-Passez-vous ça sur la figure.

Toi aussi ! -Pour quoi faire ?

-Parce que t'es noir. -Je suis pas noir.

Tu vas pas chialer, tout de même.

-Je peux pas me retenir.

-Ca vous fait ça quand vous buvez ?

-Toujours. -Ah bon !

-Chiale pas. -Laisse-le, toi !

-S'il chiale, je vais chialer aussi.

-Chialez ! Quand vous aurez fini, appelez-moi.

-Loulou.

A quoi vous pensez ?

-A la gueule de Renée si elle vous voyait.

-D'abord...

Ca m'étonnerait qu'elle passe par là.

-Je pourrais la prévenir. -Où ça ?

-Chez elle.

-Elle y est pas.

Elle est à l'Opéra Comique.

-Y'a personne chez eux ?

-Personne.

-Menteur !

-Essayez de téléphoner.

Turbigo...

Turbigo 66...

14. Deux fois sept.

-Turbigo 66-14 ?

-Loulou, je suis tranquille. Vous descendez pour rien.

-Chante-moi une chanson, Marcel.

-Je me sens pas très bien. Je voudrais prendre l'air.

-Où tu vas ?

C'est pas là !

La fenêtre. C'est pas la fenêtre.

Hé ! La fenêtre. Hé ! Marcel !

T'es bien là. Tu veux une chaise ?

-Non merci.

-Je me demande ce qui a pu te rendre malade.

Ca doit être le jambon. -C'est peut-être le vin.

-T'es malade, dis ! Le vin, c'est tout ce qu'y a de bon.

-J'aurais pas dû boire du marc. -Le marc. Non, c'est le frometon.

-Oh non ! C'est peut-être le pastis qu'on a bu avant de monter.

-C'est l'eau ! C'est tout ce qu'il y a de sain, le pastis.

Surtout qu'on n'avait bu que 2 rhums avant.

-Ah ? Alors...

Les deux rhums.

...

-Il y a quoi ? -Il était vasouillard.

Je lui ai donné l'eau de Cologne. -Idiot !

Hé !

Vous aviez raison, ça ne répond pas.

-J'en étais sûr.

-Ils vont rentrer. -Pas avant minuit au plus tôt.

-Alors ? -Hein ?

-T'as compris ? -Quoi ?

-Ca m'aurait étonné. On va y aller.

-Où c'est ?

Où c'est ?

-Rue Turbigo.

-Sans blague !

-C'est une occasion inespérée ! 2 h devant nous, tranquilles.

A croire qu'on est protégés. -Qu'est-ce qui m'arrive ?

-Magne-toi. C'est pas le moment d'être mal.

-Une autre fois si tu veux, mais ce soir, je te jure que..

..je ne me sens pas bien.

-Ouais, ça va !

On ira prendre les outils à Julot et on se fera prêter le chalumeau.

-Une autre fois si tu veux... Si j'avais pas bu tout ce marc,

..ça serait avec plaisir. -Si tu te dégonfles,

..t'auras pas affaire à moi.

Mais à Tintin. Tu comprends ? -Mais lui ?

-T'en fais pas pour lui.

Comment vous vous sentez ?

-Ca va mieux.

-Que diriez-vous de dormir pendant qu'on sera sortis ?

-Vous sortez ? -Oui. On sera là dans 2 h.

-Je rentre chez moi. -Attendez-nous ici, c'est mieux.

-Pourquoi ? -Vous ne voulez pas m'attendre ?

-Bah... C'est-à-dire que...

-Dans 2 h, je viendrai m'y étendre.

-Et... Et moi, je resterai étendu ?

-La crois pas. Tu sais ce qu'on va faire ? Un fric-frac.

-Un fric-frac ?

-Oui, un cambriolage.

-Ce n'est pas vrai ?

-Tu pouvais pas la fermer ? C'est vrai.

-Dites, ce n'est pas Mercandieu que...

-Mais non !

-Jo fait signe que oui.

-C'est malin !

-C'est mon pote, j'ai pas le droit de le doubler.

-Dégonflé ! T'espères qu'il me fera changer d'avis. Ca m'étonnerait.

Etendez-vous et laissez-vous attacher.

Jo, la longe. -Quoi ?

-Une corde. Si la police vient, ils verront que vous n'étiez pas..

..dans le coup.

-Vous n'allez pas le faire ? -Au lit !

-Jamais.

-Vous n'allez pas nous obliger à user de la force !

-Je vous en empêcherai.

-C'est dans votre intérêt. -Ca m'est égal.

Vous n'allez pas cambrioler Mercandieu.

Si vous avez besoin d'argent, je vous en prête.

A quoi ça vous avancerait ?

-Vous me faites la morale !

-Fais-en de la morale. Fais-en ! T'as raison, c'est pas bien.

-Va chercher la longe ! -S'il veut pas !

-Vas-y où je te balance ça !

-C'est pas un battant qu'elle a dans la poitrine, c'est une pierre.

Une pierre !

-Vous voulez pas ? -Dites-moi que vous renoncez.

-C'est bon. -Bravo Loulou.

Bravo ! Je vous assure, c'était mal.

Vous êtes jeune, vous pouvez refaire votre vie.

Vous avez vu "Résurrection" ? -Non. C'est quoi ?

-Un film. Un beau film. Non, mais je vous ennuie.

-Non. Continuez.

-Voilà. C'est l'histoire d'une fille perdue qu'un jeune prince..

..relève.

-Elle était tombée en se perdant ? -Oui. Elle était tombée bien bas.

L'amour l'a relevée.

Je ne suis pas un prince, mais je me sens le courage de changer..

..votre vie. Vous verrez ce qu'est l'honnêteté !

La morale !

-Sacré Marcel.

-Tu l'as buté ?

-Magne-toi !

Qu'il soit ligoté quand il reviendra à lui.

-C'est mon pote, je refuse.

-T'en veux autant ? -Oui.

-Tu serais trop content pour échapper au fric-frac.

Grouille-toi ! Les aiguilles tournent.

T'as pris les gants de caoutchouc à Tintin ?

-Est-ce que je sais où il les met, les gants !

-Dans la commode.

-Le v'là qui revient !

Comment que tu te sens ? T'es bien ?

Tu veux que je te prête mon polochon ?

-Excusez-moi, mais vous ne m'auriez pas laissée partir.

Débine-toi.

Mon pauvre, on vous en fait des misères.

Vous m'en voulez ?

Ecoutez.

Si tout se passe bien, si vous êtes sage,

..si vous restez gentiment, quand je reviendrai,

..on vous donnera votre récompense. Ca va ?

T'as les gants ? Allez, en route.

-Bah voilà. Au revoir, mon pauvre vieux, à moins que ce soit adieu.

-Grouille.

-Soyez prudents.

-Je t'ai pas trop serré les pognes, exprès. Je te dis ça en lousdé.

-Grouille, j'te dis !

-Si on est pincés, tu viendras me voir au ballon ?

C'est vrai, tu le feras ?

-Mais oui ! Il viendra et t'apportera les gâteaux. Marche !

-Tais-toi vampire !

-Sage.

Récompense.

Opéra.

Applaudissements.

-Allons Mlle Renée, il ne faut pas vous laisser impressionner.

Ce n'est que du théâtre. -C'est pas ça.

J'ai même pas entendu. -Elle chantait pourtant fort.

-Oh silence !

Oh ! C'est pas fini !

Brouhaha.

-Silence !

-Vous ne voulez pas voir la fin ? -Dommage que vous partiez.

-Pourquoi ? -A l'acte 3, y a l'air des larmes.

-Vous pensez à M. Marcel ? -Je ne peux pas m'en empêcher.

Restez, je rentrerai seule. -Mais non, je vous raccompagne.

-Pauvre M. Blain. Je gâche votre soirée.

-Vous savez, le chant ne m'excite pas particulièrement.

J'aurais dû vous amener au Palais Royal.

Elle tousse.

-Oh excusez-moi Mme, simple inadvertance.

Pardon. Merci.

-Dites à Marcel de prendre son mois à la maison.

-Oui. -Dites que j'ai pleuré.

Et que je regrette cet incident. -Oui, oui !

-Dites M. Blain. Où peut-il être en ce moment ?

-Ah ça !

-Sûrement avec cette femme.

-Non, non ! Mademoiselle...

-Tu vas y arriver, oui ? -Faut le temps.

-Il est déjà 1h 45.

-Que veux-tu que j'y fasse ? -Tu te grouilles.

-C'est pas les murs qu'il faut éclairer, c'est moi.

Il faut toujours que tu rouscailles.

On fait tes volontés, t'es jamais contente. Je suis trop faible..

..avec toi. -Allez !

-Un fric-frac dans ces conditions !

Faut être fou pour que ça marche.

-T'as les foies ?

-Non, mais ça me rend nerveux.

-Tu parles d'un gangster !

Ca va marcher ou non ? -Voyons s'il y a de la pression.

Je m'en doutais, y'a rien dedans !

-Hein ? -C'est ouvert et rien ne sort.

Ca devrait siffler !

-T'as demandé si c'était plein ?

-Ca n'a servi qu'une fois 10 mn.

-Comment que ça se fait ?

-Comment que ça se fait ! Quand on est partis, les gosses chialaient.

Mama, ils emportent la locomotive. Ils s'en sont servis..

..pour faire le sifflet !

-Penses-tu ! -J'te le dis !

C'est toujours comme ça avec les Italiens.

Ils ont des lardons plein la chambre.

-On fait quoi ? -On va mettre les voiles.

On reviendra une autre fois. -On va pas partir !

-C'est une leçon. Ca t'apprendra qu'un fric-frac, ça se prépare.

Ca se fait pas en 5 mn. Faut du temps.

-Tu me cavales. -Ouvre-le si t'es si maligne !

Bruits de porte.

Bruits.

-Ne me faites pas de mal. -Si vous restez calme.

Avancez.

-Je veux m'asseoir. -Jo, une chaise.

-Je peux pas, je suis dessus.

-Passe-lui-en une autre.

-Je me sens pas bien.

-Oh ! Celui-là !

-Que faites-vous ici ?

-Tricoter. -Par où êtes-vous entrés ?

-Par la porte. On avait une clé. Quelle chance !

Vous avez la clé du coffre ? -Non.

-Donnez-la. -Je ne l'ai pas.

Mon père l'a. Il est sorti.

-Et en dehors du coffre ? -Tout est là.

-Et le fric ? -L'argent aussi. Il y a peu.

2000, 3000, tout au plus.

-Juste ce que j'avais besoin.

-Au revoir Mlle. Excusez-nous. Allez !

-Dites donc. C'est Marcel qui vous a dit quoi faire ?

-Lui ? Le pauvre vieux. Il a fallu l'assommer.

-C'est affreux, pourquoi ? -Il ne voulait pas qu'on vienne.

Il me faisait la morale !

-Ne vous en faites pas, on s'occupe de lui.

-Mais ! Il est donc allé vous voir ?

-Où irait-il ? Vous l'avez renvoyé.

-C'est faux. Il est parti à cause de vous.

Vous l'avez envoûté et vous ne l'aimez pas.

Vous vous êtes servie de lui pour nous voler.

-On ne peut rien vous cacher. -Où est-il ?

-Sur mon lit, ficelé comme une saucisse.

-C'est moi, Marcel.

On frappe. -Hé !

On frappe. -Ouvrez-moi.

-Gueule pas si fort !

-Je suis pas en retard ? -T'as pris ton temps.

-Tu m'avais serré fort. -J'ai pourtant fait attention.

-Vous alors ! Faut que vous vous fourriez où on n'a pas besoin..

..de vous ! Où est la clé ?

-Y'en a qu'une, M. Mercandieu l'a.

-Vous voyez ! -C'est loupé.

-Vous n'étiez pas sortie ? -Si. Je suis rentrée.

-Bonsoir. -Vous partez ?

-Et comment !

-Bouclez-la. Si vous prévenez les poulets,

..y'aura des ennuis pour votre Marcel chéri.

-Ce n'est pas mon chéri ni mon employé.

-Changez de disque. Ca ne prend plus.

-Il sort de chez vous. -Vous devriez être contente.

-Oh vraiment ! -S'il était resté chez moi,

..il aurait eu une récompense. Il a préféré venir ici. Ah !

-Je voudrais être sûre qu'il soit honnête.

-S'il est honnête, que fait-il avec nous ?

-Quand je vous ai connus, je ne le savais pas.

-Vous êtes bête ! J'ai vu que c'était des malfaiteurs.

-Je sais pas, mais malfaiteurs...

-Je me demande si j'ai vraiment perdu ma broche. M. Jo.

-Oh !

-Là, vous allez un peu fort !

-Mon pauvre Marcel, ce que vous êtes cave.

-Ah oui, alors ! Ce que vous êtes cave, comme elle dit.

-Puisque je suis cave, pourquoi m'aimez-vous ?

Je ne vous aime pas. -Si !

-Non ! -Si ! Il le faudra.

-On se débine. -Restez, vous n'êtes pas de trop.

Ou vous m'aimez, ou je les dénonce.

-Il sera compromis. -Et alors ? S'il ne m'aime pas.

-Toujours des ultimatums ! -On se débine, papa va rappliquer.

Bruits de porte.

-Papa. -On est faits !

-C'est pas le moment de s'évanouir.

La garce.

-C'est toi, papa ? -Oui.

Tu es déjà rentrée ? -Oui.

Je suis avec Marcel. -Marcel ? Vous êtes réconciliés ?

-Je t'expliquerai. Je l'ai vu en sortant du cinéma. Il était désolé.

Il voulait te voir. -Il pouvait attendre.

-Je l'ai fait monter avec ses amis. -Où veut-elle en venir ?

-Planquons le matériel.

-Il y avait un vin blanc ! -Tu lui as fait honneur.

-Une fois n'est pas coutume. -Bien sûr.

-Vous faites quoi ? -Ca dépend de vous.

-Quoi ? -Sauvez vos amis.

-Comment ? -Vous êtes cave !

Papa.

Je te présente ses amis dont je t'ai parlé.

Mlle Loulou.

M. Jo. -Monsieur.

-Enchanté !

Alors Marcel, je vois qu'on est raccommodés.

-Vous voyez. -Pas tout à fait. On y est presque.

-J'ai pris un chemin sans savoir si c'était le bon.

-Il n'y a que la route droite. -Oui, la route droite.

-Celle de l'honnêteté, du devoir.

-Bien sûr. -Vous comprenez ?

-Bah...

-Celle-là, alors ! Elle a pensé à tout.

-Eh bien M. Jo ! Vous cherchiez quelque chose ?

-Asseyez-vous donc, je vous en prie.

-Merci, mais on partait. -Vous resterez bien encore 5 mn ?

-Oui, d'ailleurs, je ne vous laisse pas partir.

-Elle a bloqué la lourde.

-Pourquoi ? -J'en sais rien.

-Charmante cette Mlle Loulou. -Ah, tu trouves ?

-Elle a du chien. Offre-leur à boire.

-Dites-moi M. Jo, vous prendrez quelque chose ?

-C'est pas de refus.

-Vous avez 5 mn pour vous décider ou j'appelle la police.

Papa, je crois que Marcel a quelque chose à te dire.

-Ah ! Ah ?

Je vous écoute.

-Tout à l'heure. -Quand vous voudrez.

Vous regardez mon coffre. C'est ce qu'il y a de mieux.

-Urseli ? -C'est une nouvelle marque.

Si ça peut vous intéresser...

-Je vous remercie, j'ai ce qu'il me faut.

-C'est copié sur les coffres américains avec une taule en plus.

-Vous vous rendez compte. -Il faut ça !

Il m'est arrivé d'avoir pour plus d'un million de pierres.

-Un million ?

-Hein Marcel ?

-Oui, mais pas en ce moment. -Non, environ 30 000 F au plus.

-C'est tout de même ça ! -C'est en sûreté.

-Pas tellement. Il y a des voleurs spécialisés pour le percement.

Ils volent tout très vite.

-Non ?

-Ils ont un chalumeau oxhydrique.

-Ah bon ? Tiens !

-Ils découpent un trou de 20 cm.

Et hop ! Ils prennent tout !

Ils sont forts. -Ah ça, alors !

-Pas tous. -Peut-être pas tous.

-C'est comme dans tous les métiers, y'a ceux à la page et les ballots.

-Bien sûr.

Excusez-moi. Je vais vous montrer l'épaisseur du coffre.

-Ca n'intéresse pas Jo. -Si, ça m'intéresse.

-Regardez Mlle Loulou, une pression sur la clé et un tour à gauche.

-Retenez-moi. -Vous avez vu ?

-Oui. Refermez vite, allons. -Ca vaut mieux.

-Pourquoi ?

Téléphone.

-Qui peut appeler ? -Allô ?

C'est vous, Mlle Renée.

Elle téléphone de la salle à manger.

-Vous avez parlé à papa ? Non ? Je préviens la police. Vous avez 3 mn.

-Que veut-elle ?

-J'ai quelque chose à vous demander.

-Pas une augmentation ? -Non.

-Je vous écoute. -Je préfère réfléchir encore.

-A votre aise. -Oui.

Si je ne demande pas sa main, elle vous dénonce.

-Alors ? -Je ne veux pas l'épouser.

-T'aimes te faire prier.

Téléphone.

-C'est encore Renée ?

-Probablement. -Vous permettez que je réponde ?

-Oui.

-Allô ? C'est moi Jo. Oui ?

Il est là. Hein ?

Pas de blague ! Vous ne ferez pas ça.

Bien sûr qu'il va la demander à votre papa et tout de suite !

-Elle veut quoi ?

-Elle est gamine ! Elle adore faire des blagues aux copains.

Grouille-toi, je ne veux pas aller au ballon.

-Je l'aime pas, je suis pas un cave.

-Demande-la sinon elle ne nous laisse pas sortir.

Demain, tu diras que t'étais saoul.

-Alors Marcel, cette chose à me dire ?

-Il a dit qu'il allait épouser sa fille et on s'est débinés.

On l'avait sec.

-Et il dira que c'est faux ? -Penses-tu ! Il l'épousera.

-Il fera ce qu'il veut, du moment qu'il rapporte nos outils.

On pouvait pas le faire. Porte.

-Salut ! -Cet ami !

Marcel, un pote. Gégène, un pote.

-Voilà les outils. -A quand le mariage ?

-La semaine des quatre jeudis. -Bravo, t'es un homme.

-Renée pense quoi ? -Je lui ai pas encore dit.

-Vous n'osez pas ? -Qui ? Moi ? Oh là là.

J'aurais quelque chose à vous dire seule à seul.

-Par ici. Je reviens.

-A tout à l'heure les potes.

-Comment tu le trouves ? -Marrant. Et Loulou ?

-Comme le fric-frac est raté, elle va le laisser.

-C'est pas sérieux. La récompense, je dis pas non. Mais la vie à 2,

..c'est impossible. On n'est pas du même milieu. Vous serez toujours..

..du côté des paumés. -Des paumés ?

-Des honnêtes gens !

-Je ne veux pas l'épouser. -Elle est belle et friquée.

Vous serez patron.

Que voulez-vous de plus ? -L'amour.

-Mais vous l'aimez.

-Vous croyez ?

Pourquoi j'ai envie de la gifler ?

-Quand Tintin n'est pas au ballon, il me flanque des pâtées.

Et il m'adore.

-Hé ! Bonjour Mlle Renée.

-Bonjour M. Jo. Je viens chercher Marcel.

-Il est derrière. -Avec Loulou.

-Oui.

-Non, j'aime pas Renée.

-On dirait que vous voulez vous en persuader.

Vous êtes têtu.

-Marcel, Renée te réclame.

-Vous voyez. Elle me relance jusqu'ici.

Je ne suis pas libre.

-Il faut vous faire respecter. N'oubliez pas que l'homme commande.

-Je ne l'épouserai pas. -Non ?

-Je ne l'épouserai pas. Je suis pas un cave.

-C'est bien décidé ? -Oui.

-C'est bon. Amène Renée.

-Vous allez faire quoi ? -C'est simple.

Si vous ne l'épousez pas, elle nous dénonce.

-Vous voulez me parler ? -Oui.

Vous en savez trop sur nous. J'aime pas les bavards.

J'ai décidé une chose. -Quoi donc ?

-Vous buter. -Ne faites pas ça.

-Soyez un homme. Barrez-vous !

-Il faudra me buter d'abord.

-Merci Marcel.

-N'ayez pas peur, Renée. Je suis là.

-Eh bah ! Ca va ?

-Je vous demande pardon. Elle m'a pris de force.

-Continuez, ça me gêne pas.

Ils sont mignons.

-Vous ne tirez pas ?

-Avec quoi ? Y'a même pas de dragées dans mon feu.

Ce que je voulais prouver est fait. Vous y tenez à Renée.

Epousez-la vite.

Et souvenez-vous de mes conseils.

-Alors ? -Ils se marient..

..et auront beaucoup d'enfants. Il faudra trouver autre chose..

..pour apporter du fric à Tintin. -Alors ?

On écluse le godet de l'amitié ? -Papa nous attend.

-Minute. Le dab attendra. -Bien, mon chéri.

-Voilà.

-Fais-toi respecter. -Compte sur moi. Allez.

Au revoir petit pote. -Salut petite tête.

-Marcel.

On se dit pas adieu ? -On ne se reverra plus ?

-Non. Oubliez-nous et on oubliera la bijouterie Mercandieu.

C'est mieux comme ça. -Vous avez raison.

Adieu Loulou. -Adieu Marcel.

-Marcel ! Tiens.

La broche à ta moukère. Je la rends, elle pourrait te faire..

..des ennuis. -C'était toi.

-Je l'ai ramassée machinalement. T'es mon pote. Je veux pas que..

..tu aies un mauvais souvenir de moi.

-Merci Jo.

Et adieu. -Oui Marcel.

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